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Monde virtuel de Castle

Fix you

Créateur : Minefuji 
Date de création : 22.03.2020 à 12h07

Message du créateur :
Une histoire qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Je vous laisse découvrir où mon esprit un peu tordu est parti cette fois-ci.

Cet épisode compte 11 paragraphes

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Chapitre un : Où l’on fait connaissance avec lui

 

Janvier 20..

 

Trouver à se loger à Manhattan pouvait être difficile et onéreux pour le commun des mortels, qui cherchait un minimum de confort et de surface, mais quand vous ne faisiez pas trop le difficile, vous pouviez trouver une belle surface pour un loyer modique. Heureusement, c’était le cas de notre héros, le chauffage central était un luxe dont il pouvait se passer.
Les bâtiments désaffectés n’étant pas rares de même que les marchands de sommeil, il avait donc pu s’installer en toute discrétion dans une usine désaffectée. Il avait un vaste espace à sa disposition pour une somme plus que raisonnable, ce qui lui permettait de mettre une jolie petite quantité  d’argent de côté, pour son projet d’avenir. Il était  quelqu’un de prévoyant, lui, comme il aimait à le répéter. 

Tout dans sa vie était parfaitement planifié, organisé dans ses moindres détails. Il était quelqu’un qui ne laissait rien au hasard, pas même sa retraite. 

La retraite... Qui, me direz vous, pense à sa retraite alors qu’il n’a commencé sa carrière que depuis quelques années et qu’il n’a pas même pas encore atteint la trentaine? 

Et bien cette personne, c’était lui! Et il assumait parfaitement cet état d’esprit. Il n’était pas fait pour le monde du travail et ses règles étouffantes. Il était un être profondément  libre et solitaire et lorsque l’heure de la retraite sonnerait, dans quelques années, cinq au maximum, il en était persuadé, il le serait plus encore. Il aurait mis suffisamment d’argent de côté pour pouvoir se payer un joli chez lui bien tranquille dans un bel endroit reculé, loin de NewYork et de sa population bien trop bruyante, envahissante et pour la plupart malveillante. Une île déserte, peut être. Il y installerait son château et y mènerait enfin la vie à laquelle il aspirait.
 Cynique lui? Non réaliste! La vie lui avait appris que le monde n’était pas tout rose, personne ne vous faisait de cadeau et encore moins si vous aviez le malheur d’être parmi les plus faibles.

Aujourd’hui, son job lui permettait de se faire une opinion bien arrêtée et plutôt négative de l’espèce humaine, ou tout du moins de l’homo Sapiens de type NewYorkais. Moralité: pour vivre heureux, il vivrait caché et loin des gens! 

Pour le moment, il avait établi sa tanière quelque part dans un bâtiment désaffecté de Manhattan où personne n’aurait jamais l’idée de venir le chercher. Un endroit peu avenant qui n’intéressait même pas le plus avide des promoteurs immobiliers. La plupart de ses voisins étaient des rats ou des junkies tellement défoncés qu’ils n’auraient pas vu un éléphant devant leur nez, alors de là à le remarquer... D’autant qu’il était tellement discret qu’il en était quasiment invisible.

Le confort de son logement était plutôt Spartiate, peu de meubles, pas de chauffage, mais il avait l’avantage d’y avoir de la place et d’y vivre seul sans personne pour lui dicter sa conduite. 

Oui, si vous ne l’aviez pas encore compris, notre héros était du genre solitaire. Personne ne connaissait sa véritable identité et c’était très bien comme cela. Il n’avait besoin de personne pour être heureux, se suffisant à lui même. C’était ce que la vie lui avait appris: ne jamais compter sur les autres: ils finissent toujours par vous laisser tomber tôt ou tard.

 

Ce jour-là, il devait faire à peine plus d’un ou deux degrés dehors. Il n’avait pas de mission et se trouvait donc tranquille chez lui dans son antre. Le moment idéal pour une petite partie de Guitar Hero!

L’installation de sa salle de jeu personnelle était parfaite. Un écran géant, un espace géant. Il aurait pu y installer un court de tennis s’il l’avait voulu. D’ailleurs c’était ce qu’il faisait quand il jouait à son jeu de tennis préféré sur sa console dernier cri. 

Cela pouvait paraître étrange, étant donnés l’aspect spartiate de son logement et sa vie frugale, mais tout de même, il s’autorisait quelques petits plaisirs et son installation vidéo en faisait partie. 

La foule était en délire. Il était un as à ce jeu. Ses doigts dansaient sur le manche de sa manette-guitare avec tellement d’aisance que les plus grandes star du rock auraient pu envier son doigté. S’il était un peu plus sociable, il aurait pu être une star dans le milieu des gamers. Ou si encore il avait vécu à une autre époque, il aurait pu faire partie de ces légendes qui avaient imposé le rock à l’humanité. Jimmy Hendrix... Jim Morrison.... Janis Joplin... 

Oui, il aurait pu faire partie de ces légendes, mais ils avaient  rejoint le Nirvana un peu trop tôt à son goût . Mieux valait pour lui de rester une légende méconnue sur sa console de jeux vidéos que de rejoindre le tristement célèbre club des 27!

 

Il en était au dernier morceau de son concert improvisé. Au solo de guitare plein de combos et particulièrement intense. La sueur lui piquait les yeux et son cœur battait à tout rompre tellement il se donnait à fond, quand soudain la musique s’arrêta et un bonhomme digne d’un cartoon apparut sur l’écran.

 


Minefuji  (22.03.2020 à 12:27)

Chapitre deux: Où il reçoit une nouvelle mission...

 

L’apparition soudaine le surprit tellement qu’il sursauta et tomba brutalement au sol.

- Mais! Bon sang! Qu’est-ce qu’il t’a pris? J’allais réaliser un nouveau record! Je t’ai déjà dit au moins mille fois de ne pas faire ça! Grogna-t-il en se relevant péniblement.

- Hin! Hin! Hin! C’est moi qui ait installé ta protection antivirus, je peux faire ce que je veux! Répondit le personnage cartoonesque tout en lignes. Et puis, tu n’as qu’à répondre au téléphone, si tu ne veux pas que je passe par des chemins détournés pour te joindre. Je devais te parler de toute urgence.

- On a une ligne téléphonique dédiée pour ça, utilise la! Marmonna-t-il, bon sang, je vais avoir un bleu mal positionné.

- Ça fait presqu’une heure que je fais sonner  ton téléphone. Soit tu l’as mis sur silencieux, soit tu es devenu sourd.

- Ni l’un, ni l’autre, j’étais en plein concert! Marmonna-t-il. On n’interrompt pas un concert devant cent mille personnes pour un coup de téléphone!

- Quand le concert est virtuel on peut! Surtout quand c’est ton boss qui t’appelle! 

- Arf... J’allais droit vers un Perfect, Soupira-t-il à court d’arguments. Alors, quelle est cette urgence qui ne pouvait attendre la fin de mon solo de guitare?

- Un boulot, évidemment. 

- Quel est le boulot? Demanda-t-il en épongeant avec une serviette la sueur qui dégoulinait sur son visage et dans son cou.

- C’est du gâteau! Et super bien payé. Un colis à réceptionner et à livrer. Tu vas être content!

- Si c’était du gâteau, ils auraient engagé un coursier, ça leur aurait coûté beaucoup moins cher, rétorqua-t-il méfiant.

- Je voulais dire du gâteau pour toi...rectifia sa boss.

- Mouais... Pas la peine de me passer de la pommade, laisse-moi juger de la facilité de cette mission.

- Comme je viens de te le dire, il s’agit de récupérer un paquet et de le faire parvenir à notre client. Je l’adore ce client, il paye super bien et à chaque fois c’est du gâteau.

- Dit la personne qui se planque dans son bunker en se contentant de pianoter sur son clavier.

- Chacun ses talents. Bref, le rendez-vous est fixé à l’heure de sortie des bureaux aujourd’hui, dans le métro. Je t’ai envoyé les détails par mail. Il y a la description du type que tu dois y retrouver pour qu’il te donne le paquet.

- L’heure de sortie des bureaux aujourd’hui! J’ai intérêt à me manier si je veux y être à temps! S’exclama-t-il en jetant un œil à sa montre.

- Je t’ai dit que c’était urgent. Tu aurais eu plus de temps si tu avais décroché ton téléphone.

Il se contenta de soupirer en levant les yeux au ciel avant d’éteindre son écran.

Celui de son ordinateur portable s’allumait presqu’aussitôt. 

- Je déteste quand tu me coupes la chique comme ça! Gronda le personnage aux airs de FidoDido.

- Tu pourrais au moins respecter ma vie privée! Rétorqua-t-il sur le même temps. Les hackers ne  respectent-ils donc rien? 

- ...

- Qu’est-ce qu’il y a?

- Je réfléchissais.

- À quoi donc?

- Est-ce qu’il y a quelque chose que je respecte.

- Je vois. Et donc?

- En réalité, je ne pense pas respecter grand chose, mais je respecte certainement  plus de choses qu’un mercenaire de ton acabit ne le fait.

- Ah! Ah! Bon, je me prépare. Je te contacterai dès que je serai en place.

- Ne traîne pas, surtout, c’est un contrat juteux!

- Ça sent les ennuis à plein nez.

- Ne sois pas si pessimiste.

 

Après avoir étudié les informations que sa boss lui avait transmises par mail crypté et enfilé sa tenue de travail, il quitta discrètement son logement et attrapa un bus à quelques rues de là pour se rendre à Manhattan.

Il se retrouva quelques temps plus tard à son poste d’observation. Il ne laissait jamais rien au hasard, il y allait de sa sécurité. Toujours arriver bien en avance afin de pouvoir analyser les lieux et parer à toute éventualité. 

Une station de métro de Manhattan à l’heure de pointe était le meilleur endroit pour une transaction en toute discrétion. 

Comme Clark Kent, son déguisement était simple, mais diablement efficace. Un sweat à capuche noir sous son blouson en simili cuir noir également, une casquette noire et des lunettes.

Cependant il n’avait pas les super pouvoirs de Superman, mais la technologie venait à son secours: ses lunettes ultra sophistiquées lui permettaient de filmer et zoomer à volonté d’un simple geste du doigt. Ainsi, il pouvait envoyer à M, sa boss, toutes les données qu’elles engrangeaient sur les lieux et en cas de besoin, le verre s’assombrissait pour dissimuler ses yeux bleus et ainsi le rendre totalement méconnaissable. 

- M, tu peux me rappeler combien on est payé pour ce boulot? Demanda-t-il soudain au micro de son oreillette Bluetooth.

- Suffisamment pour que tu puisses vivre sans te soucier de la fin des deux prochains mois, pourquoi?

- Parce qu’on n’est pas les seuls sur le coup, je viens de repérer une autre équipe. Tu crois qu’on cherche à me piéger?

- Le client est sûr, j’ai vérifié, tu penses bien! 

- Dans ce cas, le colis est bien plus précieux qu’un salaire de deux mois, marmonna-t-il. Il y a de la concurrence... De la vilaine concurrence. Je laisse tomber.

- Quoi? Non ! Tu ne peux pas laisser tomber cette mission!

- Je vais me gêner! Ma vie et ma liberté valent plus que quelques milliers de dollars.

- Dois-je te rappeler combien de boulots tu as eu ces derniers mois? Grinça M dans l’oreillette.

Il leva les yeux au ciel, la vérité faisait toujours mal. Il jeta un dernier coup d’œil à la situation et poussa un énorme soupir. 

- Bon... Allez... Rends-moi invisible... marmonna-t-il .

- C’est parti! Première caméra... J’adore ce boulot, j’ai vraiment l’impression d’être une magicienne! Jubila M.

- Ça te va bien de dire ça, tu es bien au chaud dans ta tour d’ivoire...

 

Ignorant le commentaire de son employé, M pianota sur le clavier de son ordinateur et remplaça les images des caméras de surveillance par celles prises quelques secondes avant l’arrivée de son protégé, qui put ainsi arriver dans la rame de métro sans laisser de trace.

 

 


Minefuji  (23.03.2020 à 14:57)

Chapitre 3 : Où la mission se complique un peu

 

Une fois dans la rame de métro, il repéra facilement son contact: un petit homme accroché à son attaché-case et bien trop nerveux pour être un simple employé de bureau sans histoire. 

- Storm? Tu l’as repéré? Demanda M dans son oreillette.

- Je pense, oui, répondit le jeune homme à voix basse. Et je ne suis pas le seul... Il y a des malabars qui l'observent à l'autre bout du wagon. On ne peut pas dire qu'ils soient très discrets.

 

À ces mots, Storm envoya l'image du petit homme à M grâce à ses lunettes ultra sophistiquées, cette dernière confirma rapidement son idée.

- Oui, c’est lui, pas de doute.

 

Storm jeta un rapide et discret coup d’œil alentours, pour photographier également la concurrence qui était toujours là. Une jolie bande de gros bras à qui il ne valait mieux pas se frotter. « Une mission facile », « c’est du gâteau! » Tu parles! Songea Storm. 

Heureusement pour lui, l’équipe de gros bras ne pouvait rien faire au milieu de cette foule. Il faudrait seulement qu’il soit très discret et inventif pour partir d’ici et leur échapper avant qu’ils ne puissent agir.

- Rappelle-moi pourquoi je suis là, marmonna-t-il.

- Parce-que c’est un contrat facile et bien payé, répondit la voix de son boss dans son oreillette. Tu n’as pas les moyens de renoncer à un contrat facile et lucratif.

- Il faudra que je t’offre un dictionnaire, histoire de te rappeler la définition de facile, souffla-t-il.

- Roh ! Toujours à pinailler sur le vocabulaire... Tu aurais pu être prof de lettres... ou écrivain! 

 

Discrètement, Storm se faufila dans la foule et s’approcha de sa cible ou plutôt de son contact, il n’avait pas l’intention de lui refaire le portrait, il ne devait surtout pas l’effrayer. Le petit homme semblait déjà très nerveux. Avait-il remarqué qu’il était suivi?
Les types de l’autre équipe n’étaient pas les meilleurs mais ils n’étaient quand même pas des amateurs. Quant à Storm, il se considérait comme le meilleur, ce qui pourrait passer pour de la vantardise, mais il en était certain, il était impossible que son contact l’ait remarqué. Ce qui signifiait que cette mission était bien plus difficile qu’une simple livraison de colis... Quand cette mission serait terminée, il faudrait qu’il en touche deux mots à M.

 

- Il va falloir que vous me fassiez confiance sur ce coup-là, chuchota-t-il à l’oreille du petit homme décidément très nerveux.

 

Ce dernier sursauta. La sueur inondait son visage, cet homme était vraiment  loin d’être serein! Ça sentait les ennuis à plein nez.

 

- Je suis là pour ce que vous transportez, expliqua Storm. Confiez-le moi, je l’apporterais à mon client en toute sécurité.

- Je ne vous le donnerai que lorsque je serai certain d’être moi-même  en sécurité, répliqua le petit homme. Je ne suis peut être pas un expert, mais j’ai remarqué les gros bras qui me surveillent depuis mon arrivée dans la station de métro.

- Je ne suis pas garde du corps, marmonna Storm. Donnez-moi le colis, que je puisse faire mon job. 

- Dans ce cas, considérez que je suis le colis, rétorqua le petit homme.

- Quoi? 
- Je suis le colis, vous me transportez en lieu sûr et vous pourrez vous délester de l'emballage.

 

Storm soupira et jeta un rapide coup d’œil à l’équipe qui les surveillait. Diable, ils étaient nombreux, même pour lui!

- comment ça se présente à la prochaine station? Demanda-t-il à voix basse.

- Comment voulez-vous que je le sache? Rétorqua le petit homme agacé.

- Schhh ! Un colis ça ne parle pas marmonna Storm.

- Mais... protesta le petit homme inquiet face au nombre de ses poursuivants.

 

Storm lui colla un doigt contre la bouche, il ne protesta pas davantage.

- M, tu peux intervenir sur ce métro? Demanda-t-il toujours à voix basse. 

- Voyons voir... Il est quasiment automatique... Oui, ça sera un jeu d’enfant! Annonça son boss en pianotant frénétiquement sur son clavier.

 

En moins de temps qu’il n’aurait fallu pour le dire, le métro s’arrêta net entre deux stations et les portes en face d’eux s’ouvrirent. Dès que les lumières s’éteignirent, Storm poussa son colis hors de la rame. Les portes se refermèrent derrière eux, bloquant ainsi le passage à ses concurrents. 

- Pas ... si... vite... s’époumona le petit homme en claudiquant derrière lui tandis que Storm l’entraînait derrière lui.

- Vous êtes trop lourd pour que je puisse vous transporter dans mon sac à dos, grogna Storm.

- Maïs ... Je...

 

Un bruit de débandade derrière eux leur indiqua que leurs poursuivants étaient parvenus à sortir de la rame. Storm n’aimait décidément pas ce contrat!

Il attrapa son « colis » par le col et l’expédia dans un renfoncement pour l’entretient des installations électriques.

 

- Pas un bruit! Grogna-t-il en rabattant la capuche de son sweat sur sa  tête. 

 

- Ça va être l’heure de valser, marmonnais-t-il en faisant craquer ses articulations.

 

Avant même que leurs poursuivants n’aient le temps de réaliser ce qui allait se passer, il se jeta sur les deux premiers en leur assénant de magistraux coups de poing et de pied. À un contre cinq, autant profiter de l’effet de surprise.

La violence de la scène qui suivit pouvant heurter les âmes sensibles, elle ne vous sera pas décrite, mais sachez que notre héros avait suivi une formation poussée en arts martiaux, il les maîtrisait tous et n’avait vraiment rien à envier à Bruce Lee. 

Les autres étaient bien entraînés eux aussi, Storm se prit quelques coups au passage. Heureusement aucun n’atteignit son visage. Il en fut ravi, car ce n’était  pas pour se vanter, mais il se trouvait plutôt beau gosse.

 

Bref, après une scène de bagarre digne des meilleurs films d’arts martiaux, il parvint à conduire le petit homme dans un lieu sûr. Ce dernier lui confia le colis non sans lui demander une fois encore s’il accepterait d’être son garde du corps.

 

- Non merci! Répondit Storm, je suis un asocial et fier de l’être. 

 

Leurs chemins se séparèrent donc, à regrets pour le petit homme, sans aucun regret pour Storm, qui expédia le véritable colis, une clé USB cryptée, à M en lui rappelant une fois encore qu’elle ferait bien de se renseigner scrupuleusement à l’avenir avant d’accepter un contrat.

Enfin, il regagna son chez lui et sa solitude adorée, espérant que le prochain boulot que M lui trouverait serait plus tranquille.

 

 

 

 

 


Minefuji  (24.03.2020 à 14:02)

Chapitre 4 : Où l’on fait connaissance avec elle

 

Comme chaque matin, la jeune femme dont nous allons parler désormais, quitta de bonne heure son domicile un Thermos de café à la main et un grand sac de sport accroché en bandoulière à son épaule. 

- Salut Swan! Tu es bien matinale, comme toujours, lança une voix derrière elle.

Elle se retourna et sourit en apercevant celui qu’elle considérait comme un oncle. Un gaillard de près de deux mètres, la boule à zéro, des tatouages partout, il avait plus l’air d’un repris de justice que d’un gentil baby-sitter. D’ailleurs, il faisait peur à la plupart des gens, surtout à ceux qui avaient le malheur d’approcher d’un peu trop près de sa protégée. 

- Salut Tonton! Je ne suis pas plus matinale que toi. 

- Moi, c’est parce que ma tête fait peur aux clients! Dès que le café ouvre, ton père m’enferme dans l’arrière-boutique. 

- Ne dis pas de bêtises, tu es aux cuisines parce que tu es de loin le meilleur cuisinier et pâtissier. C’est à peine s’il sait correctement faire cuire des pâtes!

- La cuisson des pâtes est tout un art. N’importe quel italien te le confirmera. Ça demande un savoir faire qui n’est pas à la portée de tous.

- Tu vois? C’est bien ce que je disais, tu n’es pas confiné en cuisine à cause de ta tête, mais plutôt du fait de tes talents culinaires.

- Tu es mignonne, sourit son oncle. Tiens, ton paquet est prêt.

- Oh! Tu es adorable! Merci Tonton! Tu me gâtes beaucoup trop!

- Tout ce que je fais, c'est pour toi, tu le sais bien, dit-il avec un sourire qui aurait terrifié n'importe qui.

- Il faut que j’y aille, annonça-t-elle après avoir jeté un œil à sa montre. À ce soir!

- Sois prudente, surtout!

- Promis!

- Et dis bien à tes petits camarades qu’ils ont intérêt à bien veiller sur toi!

- Jamais je ne leur dirai un truc pareil!

- Dans ce cas amène les moi, je leur dirai! 

- Ce sont mes collègues, pas mes petits camarades et il pleuvra des ours le jour où je les amènerai à la maison. Allez Ciao! À ce soir! 

Elle n’attendit pas son reste et fila avant que son oncle n’ait le temps d’ajouter quoique ce soit.

La porte du café s’ouvrit et le patron en sortit.

 

- Tu n’as pas encore balayé la terrasse, l’ours? Qu’est-ce que tu fichais? On ouvre dans une heure, il faut que nous installions les tables et les chaises!

- Je parlais avec Swan. Je m’inquiète pour elle. Tu n’aurais pas dû la laisser faire un job pareil! 

- Tu la connais, elle a encore un plus fichu caractère que toi! Soupira le patron.

- En matière de fichu caractère, tu n’as rien à envier à qui que ce soit, Royce! Rétorqua l’ours.

- Mhm ... Comment voudrais-tu qu’elle soit docile avec des modèles tels que nous, soupira Royce.

- En tous cas, on lui a appris à se méfier des types louches, se consola L’ours.

 

La jeune femme parcourut quelques rues pour arriver à une station de métro où sa meilleure amie l’attendait déjà. 

- Swan! Je ne pensais jamais voir arriver le jour où je serai la première arrivée ici. Qu’est-ce qu’il t’est arrivé? Une panne d’oreiller?

-  Salut Lanie! J’ai dû attendre qu’ils sortent du four, répondit Swan en tendant un sachet en papier à son amie. 

- Des muffins! S’écria cette dernière en jetant un regard à l’intérieur. 

- Ils sont à la myrtille, précisa Swan.

- Ce sont mes préférés! Se réjouit Lanie en croquant dans l’un des petits gâteaux avec un plaisir non dissimulé. 

- C’est ce que j’ai cru comprendre, rigola Swan.

- Il faut absolument que tu me donnes l’adresse de cette pâtisserie! 

- On ferait mieux de se dépêcher ou nous allons être en retard, dit Swan en se dirigeant vers le métro.

 

Lanie n’était pas dupe, elle avait bien compris que son amie avait délibérément ignoré sa requête. Elle ne lui en tint pas rigueur, son amie était maladivement secrète. 

- Mes « clients » sont déjà morts, tu sais, ils peuvent bien attendre un peu. Les tiens aussi d’ailleurs!

- Mon patron est bien vivant, lui. Je ne tiens pas à ce qu’il me prenne pour un tire au flan! Rétorqua Swan. 

- Ton boss te mange dans la main! 

- N’importe quoi. Et puis il y a mes coéquipiers. Ryan et Esposito n’arrêteraient pas de me chambrer si pour une fois, ils arrivaient les premiers au poste.

- Ils n’oseraient jamais, ils ont bien trop peur de toi!

- Tu ne les connais pas si bien que ça, apparemment, remarqua Swan.

 

Le métro arriva. Les deux jeunes femmes pénétrèrent dans la rame en continuant leur conversation joyeusement.

Une vingtaine de minutes plus tard, le capitaine de la douzième  brigade de la police de NewYork observait d’un œil bienveillant l’arrivée de sa plus jeune et plus prometteuse recrue. 

- Bonjour Chef! Lança Swan en apercevant son patron alors qu’elle arrivait à son bureau.

- Bonjour lieutenant Swan! Quelle bonne odeur! Seriez vous passée chez votre mystérieux pâtissier? 

- Rien ne vous échappe, chef! Sourit Swan. Ce sont des muffins  à la myrtille, servez vous.

- Merci! Ils vont m’aider à faire passer le goût de cet horrible café que nous fait la cafetière du poste. Vous en voulez une tasse?

- Non merci, j’ai mon thermos, indiqua Swan en déposant sa bouteille sur son bureau.

- J’ai oublié celui que ma femme m’a préparé ce matin, se désola le capitaine. Tant pis pour moi, ça m’apprendra à être distrait. Mhm! Ces gâteaux sont vraiment délicieux. Votre pâtissier est vraiment un as. Ce doit être une personne d’une finesse et d’une délicatesse rares pour faire des merveilles pareilles.

Swan se retint d’éclater de rire, L’ours avait un physique imposant et un look de repris de justice à qui il ne valait mieux pas chercher des crosses. Délicatesse et finesse n’étaient pas les premiers mots qui vous venaient à l’esprit quand vous le rencontriez. Et pourtant ses pâtisseries ne trompaient personne et révélaient son cœur d’or.

Sur ces paroles, le capitaine retourna dans son bureau et Swan s’installa au sien.

Une sonnerie familière annonça peu de temps après, l’arrivée de l’ascenseur dont  les portes  s’ouvrirent sur les coéquipiers de Swan. Ryan et Esposito formaient un duo presque comique tant ils étaient différents, mais ils se complétaient parfaitement.

 

- Déjà là, Swan! Constata Esposito en arrivant près d’elle. On va finir par croire que tu dors ici.

- M’enfin Espo, ne me dis pas que tu n’as pas remarqué son lit dans le local de matériel de notre salle de sport, rigola Ryan.

- Quand vous aurez fini de dire n’importe quoi les comiques, vous vous mettrez peut-être au travail, claqua Swan d’un air sévère.

- On n’a pas d’affaire...

- Eh bien profitez-en pour rattraper votre paperasse en retard, dit-elle en s’installant à son bureau.

Ils s’éloignèrent vers leurs bureau sans protester.

- Mon vieux, le jour où elle obtiendra le poste de chef d’équipe, on aura intérêt à filer droit, souffla Ryan à son coéquipier.

- Tu parles, ça ne changera rien, c’est déjà elle qui commande, marmonna Esposito.

Un paquet atterrit sur le bureau de Ryan.

- Faites pas ces tête-la, rit Swan. La paperasse fait partie de votre job! Il reste un muffin pour chacun, régalez vous! 

- Woah! T’es la meilleure Swan! S’exclama Esposito.

- Si tu n’avais pas un si mauvais caractère, on pourrait te demander en mariage, rigola Ryan.

- Oh! La ferme! Claqua Swan.

 

 


Minefuji  (25.03.2020 à 12:01)

Chapitre 5: Où il est question d’une nouvelle mission pour Storm.

 

Deux semaines sans appel de M, autant dire deux semaines de vacances! Lui, qui adorait procrastiner, il avait eu le temps de ranger son logement de fond en comble, ce qui, étant donné le peu de biens matériels qu’il possédait et son manque d’intérêt pour les taches ménagères, signifiait qu’il commençait à s’ennuyer ferme.
Il avait terminé les derniers jeux vidéos dont il avait fait l’acquisition et lu l’ensemble de ses BD deux fois. Il avait même commencé à créer la sienne, malheureusement, s’il avait un réel talent pour l’écriture, il n’en était pas de même pour le dessin! Le héros qu’il avait imaginé n’était vraiment pas mis en valeur par son coup de crayon!

Bref, ce jour là, il s’ennuyait fermement. Il aurait peut être fallu qu’il sorte un peu, histoire de rencontrer des gens avec qui il aurait pu jouer au poker par exemple... La vie d’ermite avait ses inconvénients finalement...

 

Soudain son écran de télévision s’alluma et le personnage dont l’arrivée tel un diable surgissant hors de sa boite d’ordinaire l’horripilait au plus haut point , cette fois le réjouit, il allait enfin avoir de quoi s’occuper. Il la salua aimablement.

 

- Eh bien! S’exclama le personnage avec une expression de surprise sur le visage. On est de bonne humeur! 

- Je suis toujours de bonne humeur, grommela-t-il un brin vexé. 

- Pas quand je te contacte, j’ai toujours droit à un accueil exaspéré.

- Ça, c’est parce que tu me contactes à chaque fois que je passe à table. Depuis que je te connais, tu as dû perturber au moins un millier de mes repas.

- Tu manges trop souvent.

- Pas plus que le commun des mortels, marmonna-t-il. 

- Dans ce cas, tu devrais peut-être mettre un peu de régularité dans tes repas, tu sais qu’il y a des horaires pour passer à table? Et puis, depuis quand possèdes-tu une table?

- C’était une façon de parler. Bon, et si tu me disais la raison de ton appel? Un nouveau contrat, j’espère.

- Oui et tu vas être content, c’est un job facile et lucratif comme tu les aimes.

- Notre client préféré est revenu?

- Exactement. Il a une nouvelle cible et il voudrait quelques renseignements...

- Ce type est bizarre, payer autant pour quelques photos et quelques informations sur une jeune femme. Heureusement que je n’ai pas d’éthique, parce que je pourrais le dénoncer aux flics de la brigade des mœurs...

- On ne sait pas ce qu’il fait de ces renseignements, c’est peut être un auteur en mal d’inspiration...

- Ou un dragueur invétéré, qui collectionne les conquêtes et les cœurs brisés...

- Heureusement que tu n’as pas d’éthique...

- Et qu’il paye bien, termina Storm. Qui est la cible?

- À toi de le découvrir. Je t’envoie les infos.

- Merci.

 

Le personnage disparut aussitôt et le silence se refit dans la pièce. Storm consulta sa boîte mail, M lui avait déjà envoyé les instructions pour son nouveau travail. Elle était diablement efficace comme toujours.

Pour l’avoir déjà fait à plusieurs reprises, Storm savait parfaitement en quoi le job consistait: épier une femme, certainement très jeune et rapporter le plus de renseignements sur elle à son client. 

Il étudia attentivement les renseignements dont il disposait et élabora un planning pour le lendemain, comme son maître n’avait eu de cesse de le lui répéter: « plus la préparation est minutieuse, plus on se facilite la tâche. »

Storm devait reconnaître que ce vieux croûton n’avait pas tort.

Le lendemain, il s’était installé à son premier poste d’observation aux aurores, histoire de ne pas manquer sa cible. Ne sachant pas si elle était du genre ponctuelle ou au contraire retardataire invétérée, il s’était assuré d’avoir une large amplitude horaire. Il chaussa ses lunettes spéciales et vérifia machinalement leur fonction zoom, quand elle apparut devant la bouche de métro qu’il surveillait. Ponctuelle, il aimait cela.

Son client n’avait que cet indice la concernant, il l’avait aperçue à cet endroit à plusieurs reprises.

Cheveux châtain, assez grande sans pour autant entrer dans la catégorise «  grande perche », le moins que l’on pouvait dire, c’était que notre client n’aimait pas trop la diversité tant ses cibles se ressemblaient. Et ce qui était certain, c'est qu'il aimait les jolies filles et celle-ci était vraiment très jolie!
 Storm tapota légèrement la branche de ses lunettes, prenant ainsi ses premiers clichés. Elle tourna la tête dans sa direction au même moment, Storm eut tout juste le temps de se retrancher dans sa cachette. Il était peu probable qu’elle l’ait remarqué étant donnée la distance qui les séparait, mais il fut tout de même troublé. 

Une jeune femme à la peau mate arriva à sa hauteur et la salua. Elles discutèrent quelques instants avant de s’engouffrer dans la bouche de métro. Avant de disparaître, la cible de Storm tourna de nouveau la tête comme si elle se savait observée. Étrange. 

 

- Elle est entrée dans la station de métro, annonça-t-il. M, il va falloir que tu me guides.

- Pas de souci, je l’ai sur une caméra. Je ne la quitte pas des yeux. Dépêche-toi quand même.

- T’inquiète.

 

Storm se précipita à son tour dans la station de métro et grâce aux indications de sa boss, il put suivre sa cible tout en restant à bonne distance. 

Les jeunes femmes se séparèrent devant le bâtiment de la douzième brigade de police, la cible se dirigeant vers les bureaux de la police, tandis que son amie rejoignait les locaux de la morgue. Storm prit encore quelques photos, M fouinerait dans les ordinateurs de la brigade pour compléter ces découvertes.

Il suivit sa cible lorsqu’elle fut appelée sur une scène de crime au milieu de la matinée. Son équipe était composée, en plus d’elle, de deux autres lieutenants de police. Ces derniers semblaient être un peu plus âgés qu’elle, mais de ce qu’il pouvait en voir, c’était elle, qui dirigeait l’équipe. Un autre policier, bien plus âgé, lui, certainement le capitaine de la brigade, chapeautait le tout. À le voir agir avec elle, il avait l’air d’agir en mentor pour elle et il semblait évident qu’il plaçait beaucoup d’espoir dans sa jeune padawan. Storm engrangea les photos, M aurait du travail pour un bon moment.

Il passa le reste de sa journée à observer la jeune femme à bonne distance, remarquant au passage quelques précieux éléments qu’il pourrait fournir à son client. Ce dernier était loin d’être avare, surtout lorsque les renseignements qu’on lui apportait étaient détaillés.

 

Pendant les temps creux de sa filature, le jeune homme se plaisait à imaginer ses économies faire des petits et son projet de retraite dorée prendre forme. À cette allure, son rêve deviendrait réalité avant cinq ans si cela se trouvait.

 


Minefuji  (26.03.2020 à 13:40)

Chapitre 6: Où la mission n’est pas si facile que ça.

 

À la fin de la journée, la cible rejoignit son amie qui travaillait à la morgue. Ensemble, elle quittèrent la brigade. Storm les suivit à une distance raisonnable. 

Elles s’arrêtèrent deux rues plus loin et entrèrent dans un pub, dans lequel elles passèrent un long moment. 

Leur journée avait dû être difficile, elles devaient avoir besoin de décompresser un peu, songea Storm. Il prit quelques photos et demanda à M de faire quelques recherches. 

Après plusieurs entrées et sorties de divers clients, Storm commença à trouver le temps long.  Il n’aurait jamais imaginé qu’elles puissent être des piliers de bar. Comme quoi, les apparences sont parfois trompeuses. Quoique...

Saisi d’un doute Storm appuya sur le bouton d’appel de ses lunettes. Son appel fut accueilli par des grognements si réalistes qu’il crut un instant avoir composé le numéro d’un ours ou du grand méchant loup.


- Chewbacca? Demanda-t-il.


- Si tu oses me réveiller pour faire des blagues vaseuses, c’est que tu sous-estimes ma capacité à pourrir ta vie, grommela M.


- Étant donnée ta capacité à m’appeler à chaque fois que je me mets à table, sois assurée que je n’en doute pas, rétorqua Storm un brin moqueur.


- Mhm... De quoi as-tu besoin?


- La cible est entrée dans un pub, il y a plus de deux heures et demi... Elle n’en est toujours pas sortie...


- Peut être qu’elle y travaille... La vie à Manhattan est chère, beaucoup de gens cumulent deux emplois.


- Avec sa copine? C’est un pub, pas un club de striptease...


- Je ne t’imaginais pas avec de tels clichés! 


- C’est pas ça... Enfin si... C’est cliché... C’est juste que... Elles n’ont pas le profil...

 

- Attends! Tu essaies de me dire que tu as perdu la cible? Demanda M qui semblait soudain parfaitement réveillée.


- Perdu... Perdu... N’exagérons rien... 


- Elle t’a grillé? 


- ... 


- Entre dans ce bar immédiatement! 


- Ouais, ouais, soupira Storm. Mais il est impossible qu’elles ne soient pas là! Je suis le meilleur, personne ne s'est jamais rendu compte que je le suivais.

 

- À se voir trop beau, on finit par devenir imprudent, déclara M docte.

 

- On croirait entendre le vieux schnocke, grommela Storm.

 

- Ne sois pas insolent gamin et entre dans ce pub!

 

- Ouais, ouais...

 

Quelques instants plus tard, Storm avait passé en revue tous les clients du pub et ne put que constater l’amère réalité: l’oiseau avait filé.

M commença alors à lui faire la leçon, il coupa aussitôt son téléphone.

D’abord furieux, de s'être fait avoir de la sorte, Storm finit par se dire qu’il avait cumulé suffisamment de renseignements pour satisfaire son client. D’autant que M, avec ses talents de hackeuse hors pair, avait dû trouver de quoi largement compléter son rapport. 

Il se remit en chemin, s’arrêta pour acheter un plat à emporter dans un petit restaurant chinois où il avait ses habitudes et regagna donc son repaire solitaire. 

 Il fit un peu d’exercice, cette journée de filature lui ayant causé quelques douleurs de-ci de-là. L’avantage d’avoir une vaste surface et peu de meuble, c’était qu’il disposait facilement d’une salle d’entraînement à domicile. 

Après une bonne heure d’exercices, exténué et détendu, Storm fit chauffer son plat et s’installa dans son canapé pour dîner.

Il avait à peine avalé deux bouchées, que le grand écran en face de lui s’alluma pour faire apparaître l’avatar de M.

- C’était trop beau, grommela-t-il en plantant ses baguettes dans son bol.

- Je ne te dérange pas?

- Si je te réponds que si, tu vas t’en aller?

- Non.

- Alors pourquoi poses-tu la question?

- Par politesse. C’est important la politesse! Rétorqua M docte.

- La politesse exigerait que tu me laisses finir mon repas et que tu reviennes plus tard!

- Ah... Pas le temps, il faut que je te parle tout de suite.

- Allons bon. Qu’est-ce qui ne pouvait attendre la fin de mon dîner?

- Notre client m’a contactée. Il est content de tous les renseignements que je lui ai envoyés, il veut en savoir plus.

- Ça pouvait attendre ça! Grogna Storm.

- Non, ça ne pouvait pas attendre!

- Tiens donc, et pourquoi ça? La cible doit être chez elle et dormir à l’heure actuelle, soupira le jeune homme.

- Parce que moi aussi je veux aller me coucher! Et je tiens à ce que tu disposes de toutes les informations nécessaires pour te mettes au travail demain à la première heure sans avoir besoin de me réveiller pour ça.

- Quelle logique imparable, souffla Storm. Alors, dis moi, qu’est ce que je dois savoir?

- La cible travaille à la brigade criminelle, elle s’appelle Lola Swan. Elle a 22 ans et est sortie major de sa promotion à l’académie de police. C’est un élément très brillant, mais également très discret. On ne dispose que du minimum de renseignements à son sujet.

- Et ça ne suffit pas à notre client? Qu’est-ce qu’il veut savoir de plus?

- Des banalités, ses hobbies, ses fréquentations...

- Woah! Ce type est d’une fainéantise! Il va falloir que je la drague à sa place aussi?

- Étant donné ta sociabilité légendaire, il ne vaut mieux pas, ça serait contre productif.

- On est bien d’accord. Quoi d’autre?

- Rien, c’est tout pour le moment, répondit M. Je vais me coucher. Bonne nuit, Storm!

- Bonne nuit, répondit ce dernier en piochant une nouvelle bouchée de son plat. Bahh! C’est tiède! Marmonna-t-il. Je le savais! 

Il soupira, agacé, avant de se lever pour faire réchauffer son plat au micro-ondes.

Lorsqu’il eut terminé son repas, il alluma son ordinateur et ouvrit le mail que lui avait envoyé sa patronne. Il devait reconnaître qu’elle était vraiment très douée dans son domaine. Avec tous ces renseignements, il n’aurait aucun mal à trouver l’endroit où elle vivait.

Il fit ensuite défiler les photos qu’il avait prises lors de cette première journée de filature, lorsqu’il éteignit son ordinateur, il remarqua qu’il avait passé une heure à faire cela. Cette jeune femme avait une sorte de pouvoir attractif sur lui, hypnotique même. Il devait reconnaître qu’elle était vraiment très jolie... Swan... Ce nom lui allait vraiment très bien. Comme le cygne, elle avait une grâce et une beauté naturelles qui ne le laissaient pas indifférent. Il repensa à sa mission. Que pouvait bien lui vouloir son mystérieux client? Si ça se trouvait ses intentions n’étaient pas bienveillantes... 

 

- Storm, ça suffit, mon vieux! Se morigéna-t-il. Ce n’est qu’une mission comme les autres! Ne te laisse pas attendrir! Ce n’est pas le moment d’avoir des scrupules!

 

 

 


Minefuji  (27.03.2020 à 12:17)

Chapitre 7:  Terreur nocturne.

 

Partir. Partir très vite. Pas le temps de prendre des affaires. Je ne trouve pas  mon doudou, il va devoir rester ici. Dehors il fait noir, je suis en pyjama, je dormais déjà quand maman est venue me chercher. Maman a peur, je l'ai compris. 

J’ai peur aussi. Mon cœur s’accélère, j’ai envie de pleurer. 

Quelqu’un me prend par la main. C’est maman. Elle est forte ma maman, même si elle a peur. Tout ira bien, maman est là. 

Sa voix est douce malgré la panique que je perçois dans ses mouvements. J’ai envie de pleurer.

La chaleur de sa main dans la mienne me réconforte un peu. Je ne vais pas pleurer. Tout ira bien, elle me l’a dit, je la crois. Maman ne me ment jamais. Et puis, elle est forte ma maman!

Elle m’entraîne vers la porte, on doit partir. Où est papa? Pourquoi il ne vient pas avec nous? J’essaye d’être forte, mais je m’inquiète beaucoup. « Papa... 

 

- Papa nous attend là-bas chérie. Dépêche-toi."

 

D’habitude papa ne va jamais quelque part sans nous... Sauf au travail bien sûr. Je n’aime pas quand je ne comprends pas ce qu’il se passe. D’habitude maman m’explique toujours... J’ai envie de pleurer.

Maman n’est pas comme d’habitude. Elle a peur, je me sais, même si elle ne le montre pas. Je n’aime pas ça.

Nous dévalons les escaliers. Pourquoi on ne prend pas l’ascenseur comme d’habitude? 

Je n’aime pas beaucoup les escaliers, c’est dangereux, papa me le répète toujours. Je trébuche et je manque de tomber. Maman me sauve, heureusement. Elle est tellement pressée, qu’elle n’essaye même pas de me consoler. J’ai envie de pleurer, mais il ne faut pas. Je dois être une grande fille et ne pas pleurer.

Maman essaye de ne pas le montrer, mais je sais bien qu’elle a peur elle aussi, je le sais, même si je n’arrive pas a voir son visage. 

Je ne pose pas de question, même si j'en ai beaucoup.
Je suis sage. Je dois être courageuse pour Maman. Je manque une marche cette fois, mon cœur panique. Maman me rattrape juste à temps et me prend dans ses bras. Je me blottis le plus possible contre elle pour ne pas la gêner dans sa fuite. J’en profite pour respirer son parfum de cerise que j’aime tant. Mon cœur se calme un peu. Je ferme les yeux et j’essaye de me concentrer sur la douceur et l’odeur fruitée de ma maman.

Quand nous arrivons dehors, le froid me prend par surprise, je me crispe un peu. Maman a dû s’en rendre compte, elle resserre sa prise autour de moi pour me réchauffer. Nous passons par des ruelles qu’elle m’interdit de prendre d’habitude. Quelque chose de grave se passe. J’ai peur. J’ai envie de pleurer.

J’ai hâte qu’on retrouve papa. J’essaye de ravaler mes larmes, mais c’est difficile. Trop difficile. J’étouffe un sanglot. « Ne pleure pas mon bébé, ça va aller... » 

Je resserre mes bras autour de son cou. J’ai peur. Soudain on s’arrête. Mes pieds retrouvent le contact avec le sol, maman me pousse dans un renfoncement.

« Ne bouge pas de là, je vais revenir te chercher. »

  La panique m’inonde. Mes pauvres barrières se brisent, je pleure. « Non! Maman! Ne me laisse pas! »

Je supplie, je sanglote, elle m’embrasse et dépose sur moi son manteau en me répétant de ne pas faire de bruit et de ne surtout pas bouger de là. Je ne veux pas. J’ai peur. Il fait si sombre. Je supplie:

- Maman! Je veux rester avec toi! 

- Il faut que tu sois courageuse, Katie. Reste là, je vais revenir te chercher très vite. Tu peux être sage et courageuse pour maman?

Je ravale mes larmes et je hoche vaillamment la tête pour la rassurer. 

Au loin un loup hurle. Je sais bien que c’est un chien qui aboie, mais j’ai si peur que je ne suis pas raisonnable. Mon cœur bat de plus en plus vite, je comprends ce qu’il va se passer d’une seconde à l’autre et je ne veux pas. J’ai si peur. Un dernier bref sourire, un dernier baiser sur ma tempe et puis c’est fini. Sa main quitte la mienne et je suis seule. 

Une porte métallique se ferme sur moi. Je suis dans le noir complet. J’ai froid. Je resserre le manteau de maman contre moi. Je panique. Les battements de mon cœur résonnent dans ma tête tellement fort que j’ai envie de hurler. « Pas de bruit » « Pas de bruit » « Pas de bruit » « Pas de bruit »

Je me balance d’avant en arrière en me répétant les noms de mes étoiles préférées. Je n’arrive pas à me calmer. Un bruit explose dans la nuit. Mon cœur s’arrête. Je n’arrive plus à respirer. J’étouffe. Au secours! 

 

Swan bondit en hurlant et soudain l’air revint dans ses poumons. Elle ouvrit les yeux. Il lui fallut quelques instants pour réaliser qu’elle était dans son lit et qu’elle était une adulte.

D’un bond, elle quitta son lit et se précipita à la fenêtre ouverte. La température extérieure était proche du zéro en cette saison, mais la fenêtre de sa chambre était ouverte. Elle n’avait jamais été capable de dormir en la sachant fermée. Elle tourna la tête de tous les côtés, le regard hagard, la respiration erratique. Encore ce cauchemar. Ça avait l’air tellement réel qu’il lui fallait à chaque fois un long moment pour s’en remettre. Elle alluma la lumière, ce geste l’aida à revenir à la réalité. 

Elle était trempée de sueur malgré la fraîcheur de la pièce. Elle soupira avant de revenir près de la fenêtre de sa chambre. Dehors l’air était plus que frais . Les bruits et les lumières de la ville qui ne dort jamais la rassurèrent. Elle se faufila sur l’échelle de secours et s’y installa, les jambes repliées contre sa poitrine. Une sirène retentit au loin. Une voiture de police. Elle imagina la course des agents du NYPD à la poursuite d’un quelconque petit malfrat. Elle avait appris à aimer ces bruits qui la terrorisaient jadis. Peu à peu les images de son cauchemar s’éloignaient, tout comme son angoisse. Ça allait aller. La petite Katie avait bien grandit. Elle était devenue une femme forte malgré l'abandon dont elle avait été victime. Elle chassa la pensée de ses parents biologiques, elle avait eu la chance d'être recueillie par un homme bon et aimant. Inutile de se torturer l'esprit avec cette mère qui l'avait abandonnée et n'était jamais revenue la chercher.

Elle avait été tentée de rechercher ses parents biologiques, mais elle n'avait que ce prénom, Katie, comme indice. Elle était trop jeune à l'époque et le traumatisme de cet abandon avait effacé le reste.

Son esprit vagabonda. Elle avait envie d’appeler son père pour entendre sa voix rassurante, mais elle ne le fit pas. Il s’inquiétait déjà beaucoup trop à son sujet, tout comme son oncle, L’ours, d’ailleurs. 

 

Elle leur parlerait dans quelques heures, quand il ferait jour. D’ici là elle aurait complètement oublié son cauchemar et elle pourrait leur parler sans leur causer d’angoisse supplémentaire à son sujet. Ils avaient déjà bien du mal à accepter le fait qu’elle soit entrée dans les forces de police, inutile de leur donner des arguments supplémentaires pour la pousser à démissionner! 


Minefuji  (28.03.2020 à 12:56)

Chapitre 8 : Une ombre mystérieuse

 

Les lumières de la ville brillaient au dessous de lui. Il se serait presque pris pour Spiderman! Le costume ridicule en moins évidemment. 

D’accord, il n’avait pas ses super pouvoirs non plus, mais il se débrouillait très bien sans! Pas besoin de lancer des toiles avec ses poignets pour passer d’immeuble en immeuble. Storm se sentait presque comme chez lui sur les toits des immeubles, il se déplaçait de l’un à l’autre très facilement lui aussi. Il devait tout de même reconnaître que pouvoir s’accrocher aux murs comme le faisait l’homme-araignée aurait pu s’avérer très utile!

Il devait reconnaître que son activité était amusante et super cool.
Combien de personnes pouvaient se vanter d'avoir un job aussi amusant? 

 Les voitures semblaient minuscules de là où il était. Telles des fourmis qui se hâtaient vers la fourmilière, elles se suivaient à la queue leu leu. Leurs déplacements étaient tellement similaires qu’on aurait pu penser qu’elles étaient conduites par des robots. Quand on y songeait, c’était un peu le cas. Ces NewYorkais étaient enfermés dans leur schéma « métro, boulot, dodo ». Même leurs loisirs étaient programmés à la minute près! Une vie bien rangée, avec une famille exemplaire et des amis qui menaient le même train train bien réglé, voilà ce à quoi ils aspiraient tous. Pas de surprise. Le seul suspens dans leurs petites vies bien réglées, provenaient des séries télé qu’ils s’empressaient de regarder en rentrant chez eux. Parfois il les enviait un peu. Un peu seulement, car quand il aurait suffisamment d’économies, il s’achèterait une île déserte et il s’y installerait avec tout le confort qu’il lui faudrait pour mener une vie tranquille loin de ses congénères bruyants et fatigants.

Il s’étira, ses articulations craquèrent. Il jeta un œil à sa montre, la nuit était déjà bien avancée. Les New-yorkais ne dormaient donc jamais, pensa-t-il en regardant la circulation en contrebas.

Il marmonna dans sa barbe: 

- Bon sang que c’est inconfortable de passer des heures dans ce recoin! Heureusement que ce boulot est bien payé!

- Tu voulais un boulot tranquille, lui rappela soudain M dans son oreillette. De quoi tu te plains?

- Je ne sais pas moi, peut-être du fait que tu as un peu trop tendance à ramener ta fraise alors que je ne t’ai rien demandé... 

- Tu parles, je te réponds, ça s’appelle le savoir-vivre.

- Je pensais que tu dormais.

- Pas en ce moment. Comment ça se passe?

- C’est plutôt calme, ce qui est plutôt normal, car les gens dorment à cette heure en général, répondit Storm.

- Jette un dernier coup d’œil pour t’en assurer et tu pourras rentrer.

- Vos désirs sont des ordres, patron, souffla Storm.

 

Il rechaussa mes jumelles à infrarouges...

- Bon sang! S’écria-t-il.

- Qu’est-ce qu’il se passe?

- Son lit est vide! 

- Ça t’apprendra à rêvasser pendant une mission! Tu n’as plus qu’à la retrouver maintenant!

Pestant contre lui-même  et contre sa boss, qui ne perdait pas une occasion de le sermonner, Storm se redressa et se déplaça sur quelques mètres pour tenter de savoir où sa cible avait bien pu passer.

 

Perchée sur l’échelle de secours, Swan aperçut  soudain une ombre qui se faufilait sur le toit de l’immeuble en face du sien. Etait-ce un cambrioleur? Si c’était le cas, il n’avait pas encore accompli son forfait, car il voyageait léger. Ou alors il s’agissait d’un tueur à gage. Dans tous les cas, elle devrait peut être aller chercher son arme de service sous son oreiller pour tenter de le coffrer. Au lieu de ça, je restait là, subjuguée par son allure féline et sa démarche toute en souplesse. Elle évalua son gabarit, il était grand et plutôt costaud. Comment faisait-il pour être aussi agile avec un tel physique?

 Il ne semblait pas avoir remarqué sa présence, ce qui lui fait penser qu’il devait s’agir d’un amateur. L’envie de se moquer de lui était trop forte. Elle cria:

Il va falloir encore travailler chaton, parce que là, tu viens de te faire griller en beauté!

 

Sur le toit de l’immeuble en face, Storm marmonna en l’entendant.

- ... Petite peste... M. Je vais avoir besoin d’un de tes prodiges...

- Tiens donc! Je croyais que j’avais un peu trop tendance à ramener ma fraise...

- J’ai besoin de tes talents de magicienne, pas de tes reproches!

- Qu’est-ce que je dois faire?

- Trouve un moyen de détourner son attention et vite.

- Ben voyons, soupira M en pianotant sur les touches de son clavier d’ordinateur.

 

Swan ne l’avait pas quitté des yeux et réfléchissait à un moyen de l’attraper. Soudain l’interphone de son logement se mit à sonner, ce qui détourna son attention une seconde. Qui pouvait bien venir sonner chez elle au milieu de la nuit? Personne de sensé ne ferait une chose pareille!

 

Elle décida d’ignorer cet importun et de se focaliser de nouveau sur son cambrioleur amateur, qui... avait disparu! Elle fronça les sourcils. Non! Ce n’était pas possible... Comment aurait-il pu faire une chose pareille?

Elle fila vers l’entrée de son logement aussi vite qu’elle le put. Son père était dans l’entrée. L’interphone avait cessé de sonner. 

- C’était qui? Demanda-t-elle.

- Personne, marmonna son père. Une plaisantin sans doute...

- Ça ne peut pas être un gamin qui s’amuse, pas  à cette heure-ci!

- En tout cas, il n’y a personne à la porte. Allez, retourne donc te coucher, inutile de perdre de précieuses heures de sommeil pour ça. 

Swan retourna dans sa chambre et se réinstalla sur son perchoir pour tenter de retrouver le mystérieux cambrioleur amateur en vain. Il avait bel et bien filé.

 

- Bien joué! Se réjouit Storm qui avait déjà presque rejoint le trottoir.

- Heureusement que je suis là pour te sauver les miches! Ricana la voix dans son oreillette.

Il soupira une fois de plus. Il détestait quand elle le narguait comme ça.

- Ça va... Pas la peine de fanfaronner.

- Je ne fanfaronne pas, je constate. À part ça, dis-moi, tu as pu obtenir assez d’informations?

- Il faudra que ça suffise de toute façon. Elle m’a grillé, plus question de poursuivre la surveillance aujourd'hui, je réessayerai demain matin.

- Dans ce cas, tu as intérêt à filer te reposer, parce qu’elle ne te facilitera certainement pas la tâche!

- Ça, je le sais bien, merci! Tu me fais disparaître? Je n’ai pas envie de me faire griller par une caméra par dessus le marché. 

- C’est comme si c’était fait. 

 

Il entendit M pianoter sur les touches de son clavier comme un de ces virtuoses qui se produisent au Carnegie Hall et dans la seconde qui suivit les images des caméras de surveillances furent remplacées par les images des minutes précédentes passées en boucles. Le tour de passe passe était bluffant, il disparaissait des radars.

 


Minefuji  (29.03.2020 à 16:16)

Chapitre 9 : Où il est question d’une étrange requête 

 

En chemin, Storm s’arrêta chez Nick le fantastique, qui avait un système de distribution de pizza 24 heures sur 24. Ce type était un génie, il ajoutait ainsi à sa clientèle classique les fêtards, les insomniaques et même les asociaux dans le genre de Storm. En plus, sa pizza peperonis était mortelle, ce qui ne gâchait rien.

Enfin rentré chez lui! Storm jeta un œil à l’horloge de son coin cuisine: trois heures quarante. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien faire sur l’échelle de secours à une heure pareille? Elle ne dormait pas cette fille?

Il réchauffa sa pizza au micro-ondes et s’installa tranquillement sur son canapé ultra confortable, qui jurait avec le reste de ses meubles tous récupérés sur les trottoirs de la ville. 

Storm adorait  ce silence qui régnait  chez lui. Vivre seul était une bénédiction.

Son écran plat s’alluma une nouvelle fois sans crier gare et un l’avatar de M apparut. Il leva les yeux au ciel. Adieu  tranquillité.

 

-Bien joué mon grand! Se faire griller sur une planque de routine! On croirait un bleu!

 

Il marmonna : 
- Roh ça va... C'est pas si grave.

- Pas si grave? Dois-je te rappeler combien on est payé pour ce boulot?


- Je n’ai pas échoué dans ma mission que je sache. 

- Parce que tu crois que ça va être facile de continuer à prendre des photos à son insu? Elle va se méfier maintenant!
- On en a plein des photos, le client devrait être satisfait, non?
- Ça, c’est lui qui le décidera, ça n’est pas à toi de le faire à sa place.
- Tu devrais aller te coucher, M, à ton âge, on a besoin de sommeil.

 

Pour toute réponse le personnage sur mon écran lui tira la langue de façon grossière avant de disparaître aussi soudainement qu’il était apparu.  

Enfin la paix! Storm détestait être déranger pendant ses repas! Machinalement, il réchauffa de nouveau sa pizza, son esprit vagabondant au gré des derniers événements de sa journée.

Quand on y repensait, elle n’avait pas froid aux yeux la miss. Interpeler comme ça un type qui ressemblait plus à un voleur qu’à un gentil voisin... Ou alors elle était inconsciente...


- Mais qu’est ce qu’il me prend? Ma journée est finie, inutile de penser au boulot! Pffff! Vivement que j’ai amassé suffisamment d’argent pour mon île! ... Ouh! Ch’est chaud! Maudit micro-onde! Je ne l’avais pourtant pas mis au maximum de puissance! Ouch! Ouille! Mes pauvres papilles! Je ne vais plus pouvoir sentir le goût de mes aliments pendant au moins deux jours!

 

Au lever du jour, Storm fut réveillé en sursaut par les sonneries de son téléphone, de son réveil et même de son four, le tout accompagné par son écran géant et sa stéréo qui s’allumèrent en même temps.

- Qu’est-qu’il te prend? Hurla Storm. 

- Je devais te parler.

- Tu voulais me tuer, oui! Tonna le jeune homme en s’approchant de son ordinateur d’un air menaçant.

- Te tuer... Comme tu y vas, rit M. Je voulais te réveiller.

- Ce n’est pas une façon de faire pour réveiller les gens!

- Les gens, non, mais toi, tu as le sommeil très lourd et je devais absolument te parler rapidement. Et puis, c'est une petite vengeance pour hier soir...

- Qu’est-ce qu’il y a encore? Soupira le jeune homme.

- Ta mission. Notre client a une nouvelle demande.

- Qu’est-ce qu’il veut encore ce pervers? La taille de ses sous-vêtements?

- Non, rassure-toi, tu n’auras pas à aller fouiller dans ses tiroirs, gloussa M.

- Qu’est-ce qu’il veut alors?

- Un échantillon d’ADN.

- De l’ADN? 

- Oui, à croire qu’il recherche une personne. 

- Tu lui as adressé un nouveau devis? Demanda Storm, parce que là, on est en dehors de la première mission!

- Evidemment, tu me connais.

- Ok.

 

De l’ADN, songea-t-il, ça ne va pas être commode si elle me repère déjà alors que je suis de l’autre côté de la rue.

- Pique lui son sac, suggéra la voix de M. Il doit y avoir sa  brosse à cheveux dedans. Pour un mercenaire tel que toi, le vol à la tire, ça doit être une partie de rigolade.

- J’me marre déjà, grinça Storm, piquer son sac à une flic, je vais faire ça les doigts dans le nez. 

 

Peu de temps après, Storm se trouvait dans une rame de métro à moins d’un mètre cinquante de Swan, qui pour une fois voyageait seule. Caché derrière ses lunettes ultra sophistiquées, sa casquette vissée sur la tête, le jeune homme analysait la situation. Comment allait-il faire pour lui prendre le sac qu’elle tenait fermement en bandoulière? 

Le métro s’arrêta. Swan descendit en même temps qu’un  grand nombre de passagers. Storm voulut profiter de la cohue pour s’emparer de son sac, mais un type avec un  énorme étui à instrument de musique passa devant lui, contrariant ses plans. 

Agacé, le jeune homme leva les yeux au ciel et serra les poings, avant de se reprendre très vite et de repartir à la poursuite de la jeune femme.

Storm remarqua qu’il n’était pas le seul sur l’affaire, un type on ne peut plus banal était en approche. Il n’avait pas l’air nerveux,  ça n’était certainement pas un amateur. 

Swan ne sembla pas remarquer qu’elle était suivie. Elle quitta la station de métro et se mêla à la foule plus dense des passants sur le trottoir. Petite maligne songea Storm en souriant. L’autre gars était toujours derrière elle, mais avait plus de mal à la suivre en restant calme.

Swan changea soudain de direction et disparut du champ de vision de Storm. 

- Pas dans une ruelle! Marmonna Storm.

 

Il accéléra le pas, l’autre gars avait disparut également. Il arrivait au niveau de la ruelle, quand il vit réapparaître le gars devant lui. Tournant la tête dans tous les sens, il semblait chercher quelque chose ou plutôt quelqu’un. Quel amateur, il s’était fait avoir.

Storm le regarda s’éloigner et vraisemblablement choisir une autre cible. Un banal pickpocket.

Il bifurqua à son tour dans la ruelle et s’avança avec la discrétion d’un chat longeant le mur.

Il se hissa avec agilité et sans bruit sur une échelle de secours et attendit quelques minutes. Il sourit lorsqu’il aperçut Swan sortir discrètement de sa cachette et s’assurer qu’il n’y avait plus personne. Cette fille était décidément très méfiante.

 

 


Minefuji  (30.03.2020 à 14:21)

Chapitre 10: Où il y a un premier contact entre eux

 

Storm suivit la jeune femme toute la journée.  Il devait reconnaître qu’elle était diablement prudente. Lui piquer son sac, ne serait pas une partie de rigolade comme l’avait sous-entendu M. 

Il n’aimait pas cette idée, car tout contact avec ses cibles mettaient en danger son anonymat, mais il allait devoir changer de stratégie ou cette mission prendrait des lustres. 

Le lendemain, Swan ne travaillait pas, à force de la suivre, il connaissait son emploi du temps. Il avait un plan. Il aurait son ADN.

Il se posta à l’aube devant le salon de thé où elle habitait. Il n’eut pas à attendre longtemps avant de la voir en sortir en tenue de jogging, un bonnet léger sur la tête. Elle salua chaleureusement un homme de la taille d’un grizzli et aux allures de repris de justice, qui nettoyait la devanture. Il se demanda s’il s’agissait de son père et en ce cas, comment la génétique avait permis à ce monstre d’engendrer une telle beauté.

Il n’eut pas le temps d’y réfléchir trop longtemps, la jeune femme s’éloignant déjà pour son footing dans central Parc.

Storm, de part son travail de mercenaire, avait une forme olympique et c’était heureux, car la miss aurait pu faire carrière dans l'athlétisme. Il ne put se contenter d’y aller doucement pour suivre son rythme. Heureusement, il était très tôt et la foule des joggers n’était pas encore de sortie. 

Il décida d’agir lorsqu’elle fit une série d’exercices d’assouplissement près d’un banc. Il prit une seconde pour évaluer la situation et assombrir les verres de ses lunettes et passa en mode ninja.

Elle ne le vit pas arriver, cette fois, il s’était méfié du radar naturel de la jeune femme. Il l’agrippa par derrière, l’empêchant au passage de se retourner pour apercevoir son visage.

- Ne bouge pas si tu ne veux pas que je te fasse du mal, l’avertit-il à voix basse.

Elle resta figée, semblant comprendre parfaitement son avertissement. Délicatement, il sortit une paire de ciseaux de sa poche et sans aucun geste brusque les approcha de son visage. Il voulait seulement lui couper une mèche de cheveux, elle ne dut pas comprendre son intention, car il sentit son rythme cardiaque s’accélérer brutalement.

Une douleur soudaine irradia dans son pied, suivie presqu’aussitôt d’une autre toute aussi violente en plein milieu de son plexus solaire, qui l'obligea à lâcher prise et à reculer de quelques pas.

 

Un bon coup de talon sur le pied de son agresseur, suivi d’un coup de coude dans son sternum, Swan venait de se libérer de la prise  de son agresseur. Elle leva les poings pour terminer de le mettre KO, malheureusement pour elle, son adversaire n’était pas un amateur, il était surentraîné. Il lui fit un balayage éclair, qui l’envoya au sol, il la retourna aussitôt sur le ventre et pesa de tout son poids pour l’empêcher de se retourner. Elle crut sa dernière heure arrivée et pourtant il se contenta de lui couper une mèche de cheveux. 

- Je t’avais dit de rester tranquille, reprocha son agresseur dans un murmure. Tu n’es pas assez prudente!

- Je ne suis pas du genre à me laisser agresser sans réagir, rétorqua-t-elle par bravade.

- ... 

Cette réplique l’impressionna. Quelle force de caractère, songea-t-il. Décidément, cette fille n’était pas banale. 

- Je te l’ai dit: tu dois être plus prudente! Gronda-t-il finalement.

 

Sur ces paroles, il lui rabaissa son bonnet sur les yeux et fila. Elle se releva aussitôt et enleva son bonnet pour voir son agresseur, qui malheureusement pour elle, avait déjà disparu.

Elle regarda autour d’elle, analysa les lieux comme elle le faisait sur une scène de crime. Elle passa une bonne demi-heure à la recherche d’un quelconque indice qui lui permettrait de remonter une piste jusqu’à son agresseur. Malheureusement pour elle, le gars était un pro, il n’avait laissé aucune trace.  Elle enragea. Comment avait elle pu se faire avoir de la sorte? 

 

 

- TU AS QUOI? S’époumona Lanie au téléphone lorsque Swan lui eut raconté sa mésaventure.

- Ne t’énerve pas, je t’en prie, supplia Swan. Si j’avais voulu entendre quelqu’un partir dans les aigus et s’affoler, je l’aurais raconté à mon père.

- Tu devrais peut être le faire! Rétorqua Lanie. Tu t’es faites agressée tout de même.

- Il est à la retraite! C’est moi la flic de la famille désormais. Et puis... Il ne m’a pas vraiment agressée.

- Excuse-moi, mais il s’agit d’une agression! 

- Il m’a coupé une mèche de cheveux! Crois-moi, s’il avait voulu me faire mal, je serais morte à l’heure actuelle! Rétorqua Swan.

- C’est un fétichiste! Dois-je te rappeler que ça le range dans la catégorie des psychopathes et qu’ils sont hyper dangereux!

- Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un psychopathe, répondit Swan songeuse. Il doit y avoir autre chose...

- Préviens le capitaine Montgomery, conseilla Lanie. Ça craint cette histoire.

- Je t’interdis d’en parler à qui que ce soit! L’avertit Swan. Ni au capitaine, ni aux gars!

- Mais...

- Pas de mais! Les connaissant, ils voudront me mettre sous cloche et tu sais à quel point j’ai besoin d’espace!

- Je sais bien... Mais...

- Lanie! Promets!

- Ok... Je te promets que je n’en parlerai à personne... Soupira Lanie.

 

Quelque part, sur une rive de l’Hudson, un endroit désert et rarement fréquenté, une moto déboula à pleine vitesse et s’arrêta de manière acrobatique à un mètre de Storm, qui ne bougea pas d’un pouce. 

- Je t’ai déjà dit de ne pas faire ça! Gronda Storm en donnant une légère tape sur le casque du pilote. La prudence est la règle numéro un dans notre branche.

- Ça va je maîtrise, répondit une jeune femme en levant la visière de son casque. Alors? Tu as le paquet?

- Oui, le voilà, répondit le jeune homme en lui tendant une enveloppe. Porte ça à M sans traîner, c’est assez urgent.

- Ça roule! 

- C’est sérieux! Pas de détour! Je te préviens, je le saurai! 

- Ce que tu peux être grognon! Qu’est ce qu’il t’arrive? 

- Je manque de sommeil, grommela Storm. Allez! File!

- M l’aura avant que tu sois chez toi, assura la motarde. Tu seras tellement content que la prochaine fois tu me donneras une vraie mission.

- C’est ça, tu peux toujours rêver. 

Le moteur de la moto rugit et Storm regarda son coursier filer en laissant un nuage de poussière derrière lui.

 

 


Minefuji  (Avant-hier à 18:04)

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