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Monde virtuel de Castle

Trouble

Créateur : Minefuji 
Date de création : 24.12.2018 à 13h20

Message du créateur :
Cette année, j’ai eu envie de mettre un petit cadeau au pied du sapin du quartier Castle. L’inspiration m’est venue cette fois en écoutant la chanson Trouble de Cold Play.

Cet épisode compte 123 paragraphes

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Chapitre quatre-vingt-un

 

Rick vacillait. Il était vraiment faible.

- Appuie-toi sur moi, dit Kate. J’aurais moins de mal à te soutenir qu’à te porter.

- Je suis désolé... 

- T’en fais pas pour ça, je vais te traîner jusqu’à l’ascenseur de ton immeuble... Ce n’est pas très loin.

- Non... Pour le test... Pour ne pas t’avoir fait confiance... Je suis vraiment, vraiment désolé.

- Je sais... Et puis... Tu as été piégé par ton ex femme... C’était pas vraiment ta faute... Oh! Bon sang ce que tu es lourd!

- Tu sais pour Gina? S’étonna Castle.

- J’ai regardé les vidéos de surveillance de ton immeuble... Elle est passée chez toi la veille de notre retour de L.A., répondit Kate en l’aidant à avancer doucement. Je ne vois pas ce qu’elle aurait pu y faire d’autre...

- Tu as consulté les vidéos de surveillance de mon immeuble?  Tu as fait ça pour moi? Murmura Castle ému. Je croyais que tu ne voulais plus me voir.

- Il fallait que je comprenne... Il ne pouvait être ni à Martha... Ni à Alexis... Il fallait que je sache qui avait fichu le bazar entre nous... Wahhh... Il va vraiment falloir que tu réduises ta consommation de crème chantilly... Constata Kate essoufflée en passant la porte de l’immeuble.

- Gina m’a drogué, expliqua Castle sans prêter attention à cette dernière réflexion de Kate. Je n’ai pas couché avec elle... Elle a tout manigancé pour nous séparer... Le barman de l’hôtel est venu me le dire tout à l’heure. Elle a même soudoyé un de ses collègues pour qu’il m’amène dans sa chambre alors que j’etais Inconscient. 

- On reparlera de ton manque de discernement en ce qui concerne les femmes et de tes relations avec tes ex quand on sera à Grenade sirotant un délicieux cocktail au soleil, répondit Kate en l’installant dans l’ascenseur. 

- À Grenade? Tu veux toujours y aller? Alors, ça veut dire que tu me crois?

- Un peu que je veux! Assura Kate. J’ai besoin d’être seule avec toi pour nous retrouver. Et oui, je te crois.  Je ne laisserai pas ton ex-femme gagner. Mais ne te crois pas sauvé pour autant! J’ai encore en travers de la gorge ce que tu m’as fait! 

Il sourit faiblement.

- Ouais...Tu es folle de moi et de mon corps d’Apollon...

- Ce qui est certain, c’est que tu sais me rendre dingue, répondit-elle amusée. 

- Kate...

- Oui?

- Comment tu as su que Lockwood tentait de m’enlever?

- Je ne le savais pas. Je le cherchais.

- Alors... Pourquoi es-tu venue le chercher devant mon immeuble? 

- Disons que le chasseur est devenu le chassé, répondit Kate évasive. 

- Tu t’es tapie dans l’ombre et tu l’as pisté? Mais c’était super dangereux! 

- Je me suis mise à penser comme lui, rectifia Kate. Je me suis dit qu’il avait dû se renseigner sur moi... Or, grâce à Meredith, qui parle de nous sur son Facebook, notre relation n’est plus un secret pour une bonne partie des habitants de ce pays! Je suis tombée sur sa page en cherchant mon nom sur Google! C’est flippant! Et si je suis tombée dessus, Lockwood a aussi dû la trouver...

- Meredith... Grogna Rick en étouffant un juron.

- Ouais, elles assurent tes ex! Bref, je me suis dit que Lockwood tenterait peut être de t’approcher pour m’atteindre, alors j’ai surveillé ton immeuble...

- Pardon Kate, murmura Castle la voix ensommeillée.

- Tu n’es pas responsable des actions de ton ex, répondit Kate. Mais s’il te fallait un autre argument pour te convaincre de la tenir à distance de ta vie privée, tu viens de l’avoir!

- Je te promets que le seul lien que je garderai avec elle, sera pour parler d’Alexis! 

- Tu m’en vois ravie.. Ça ne t’ennuie pas si je t’emprunte ton portable? Demanda Kate en sortant l’appareil de la poche de Castle.

- Qu’est-ce que tu fais? demanda l’écrivain à moitié dans les vapes alors qu’elle pianotait sur son téléphone.

- Je ne peux pas me servir de mon téléphone, ils l’ont certainement tracé, le tien est plus sûr.

- Qu’est-ce que tu fais, Kate? Insista Castle.

- J’envoie un message à Martha et Alexis. Je leur dis que tu es dans l’ascenseur. Elles vont s’occuper de toi.

- Non Kate! Fais pas ça! la supplia Castle. Ne me laisse pas.

Elle posa ses mains en coupe sur son visage et l’embrassa tendrement. 

- Tu dois te reposer et je dois voir le capitaine. Je vais revenir, assura-t-elle. On n’a qu’à se retrouver à l’aéroport demain pour partir à Grenade comme c’était prévu. 

- Ne pars pas... Cette affaire...

- Cette affaire représente beaucoup pour moi, acquiesça-t-elle. Mais tu représentes plus encore. Je t’assure que je serai à l’aéroport demain. On sera peut être contraints de repousser notre départ, mais je te promets que je serai là, Castle. Je ne t’abandonnerai pas aussi facilement.

- Non... C’est... N’y va pas... Le capitaine... Marmonna Castle avant de sombrer dans l’inconscience, épuisé.

 

Kate passa la main sur son front. Il dormait. Le laisser là dans cet état lui crevait le coeur, mais elle devait le faire. Lockwood était dans la nature. Elle se releva, appuya sur le bouton de l’étage du loft de Castle avant de quitter l’ascenseur déterminée.

 

Une fois dehors, elle remonta la capuche de son sweat sur sa tête et disparut dans l’ombre des ruelles. Il fallait qu’elle reste discrète. Elle se mêla à la foule d’un bar, d’où elle appela le capitaine. 

- Kate! Où êtes-vous bon sang? Demanda le capitaine au bout du fil.

- À Manhattan.

- Au moins vous conservez votre sens de l’humour... 

- Je sais pour Lockwood, annonça Kate sans détour. Je viens d’assommer plusieurs de ses complices près de l’immeuble de Castle.

- Kate...

- Pas la peine de m’expliquer pourquoi vous ne m’en avez pas parlé, rétorqua Kate. Je connais vos raisons par coeur. Je suis trop impliquée...

- Au moins vous écoutez parfois ce que je dis, soupira le capitaine. 

- Et si vous, vous écoutez ce que je dis, vous savez que je ne peux pas rester en dehors de ça! Ils ont tué ma mère et ce soir, si je n’avais pas été là, c’est à Castle qu’ils s’en seraient pris pour m’atteindre! 

- J’envoie une équipe pour le protéger, répondit aussitôt Montgomery. 

- Merci capitaine.

- Vous devriez rester avec lui et partir avec lui comme c’était prévu, conseilla Montgomery.

- Je sais, souffla Kate. Mais il faut que nous parlions de Lockwood Capitaine et vous le savez.

- ... Dites-moi où vous êtes et j’arrive.

- Je vous attends à la planque des Di Stephano, venez seul, dit-elle en raccrochant. 

 

Kate quitta le bar, repassa par Broome Street où elle jeta un dernier regard en direction du loft de Castle. Les lumières allumées indiquaient que Martha et Alexis étaient réveillées. Elles s’occupaient de Rick.

Rassurée, Kate se remit en chemin, le cœur partagé entre cette affaire qui l’habitait depuis maintenant treize longues années et celui qui l’avait ramenée à la vie chamboulant toutes ses certitudes et ses priorités.


Minefuji  (14.03.2019 à 18:00)

Chapitre quatre-vingt-deux

 

Beckett n’avait pas voulu rentrer dans les locaux de la douzième brigade, Lockwood étant dans la nature, il ne faisait aucun doute pour Kate, qu’il chercherait à la retrouver pour terminer sa mission, et il avait très certainement mis tous les lieux qu’elle avait l’habitude de fréquenter sous surveillance. Et son poste de police devait être en tête de liste.

C’est pourquoi elle avait choisi la planque d’une famille de mafieux que ses collègues d’une autre brigade avait arrêtée un mois auparavant. C’était Ryan, qui lui en avait parlé. Il avait gardé des liens avec des collègues des stups et avait appris avec soulagement que l’une des familles qu’ils avaient dans le collimateur depuis des années avait enfin commis l’erreur qui avait permis de les arrêter. 

N’ayant aucun lien avec cette affaire, Beckett pensait bien pouvoir y attendre le capitaine Montgomery en toute sécurité.

Elle attendait donc là, dans cet ancien immeuble désaffecté, dont le Rez de Chaussée avait servi d’entrepôt jadis, rongeant son frein et brûlant d’impatience de mettre la main sur Lockwood pour pouvoir ensuite rejoindre Rick. 

Elle était inquiète pour lui depuis qu’elle l’avait laissé dans l’ascenseur de son immeuble brûlant de fièvre. C’était la première fois qu’elle le voyait ainsi. En presque trois ans, elle ne l’avait jamais connu malade ou enrhumé. Peut-être s’etait-il encore promené nu sur le cheval d’un policier pour fêter le printemps...

Dans quel état allait-elle le retrouver? Si seulement elle pouvait appeler Martha pour prendre de ses nouvelles... 

Dehors, l’aube se levait, mettant fin à cette interminable nuit, durant laquelle elle n’avait pas arrêté de repenser à son face à face avec Lockwood. Les paroles du tueur à gage tournaient en boucle dans sa tête. Pourquoi avait-il parlé de Montgomery? Le connaissait-il? Pourtant rien dans l’attitude de son chef ne lui avait laissé à penser qu’il le connaissait. 

Elle se remémora toute l’enquête sur l’affaire du meurtre de sa mère et les liens qu’elle et ses coéquipiers avaient établis entre lui et les enlèvements de Mafieux par MacAlister et Raglan. Ils avaient découvert l’existence d’un troisième flic avec eux. Un flic dont on ne savait rien... Serait-ce possible que...? Elle n’osa même pas formuler entièrement cette hypothèse. Et pourtant... Que savait-elle de la carrière de son capitaine avant sa rencontre avec lui? Rien. Il aurait très bien pu faire équipe avec eux.

Non! C’était impossible! Montgomery était plus jeune que Raglan et MacAlister! À l’époque, il devait tout juste sortir de l’académie de police!

La bouteille qu’elle avait placée sur la clenche de la porte d’entrée tomba dans un grand fracas. Elle se saisit de son arme et se prépara à accueillir son visiteur.

- Beckett, c’est moi! Annonça la voix du capitaine Montgomery.

 

Un miroir tiré par une cordelette, pivota au bout du couloir, envoyant le reflet du capitaine en direction de la jeune femme. Il admira l’astuce dont elle s’était servie pour assurer sa sécurité. 

Elle apparut enfin, pointant son arme vers lui. Il montra celle qu’il tenait dans sa main.

- On dirait que MacGyver a été votre mentor, tenta le capitaine pour détendre l’atmosphère.

- C’est Castle, il est capable de raconter n’importe quel épisode de mémoire, expliqua Beckett sans relâcher son attention.

- C’est un homme débrouillard et plein de ressources, approuva Montgomery. Vous faites une bonne équipe.

- Vous en avez mis du temps...

- J’avais des choses à régler, dit-il son arme désormais visible dans sa main.

- Posez votre arme, Capitaine! Ordonna-t-elle. 

- Beckett...

- Pas la peine d’essayer de m’embrouiller, j’ai eu largement le temps de réfléchir pendant presque toute la nuit entre ces quatre murs. Lockwood vous connaît. Il n’y a pourtant aucune raison pour qu’un tueur à gage connaisse vos intentions. Vous êtes le troisième flic, celui qui enlevait les mafieux avec Raglan et MacAlister! Je répète: posez votre arme, Capitaine. 

- Je n’irais pas en prison, Kate. Je ne veux pas infliger ça aux miens !

- Qu’est-ce que vous êtes venu faire ici alors? Me tuer?

- Jamais je ne ferai ça, tu le sais bien, tu me connais, dit-il en rangeant son arme en signe de bonne fois.

- Je croyais vous connaître, rectifia Kate.

- Je n’ai pas voulu tout ce qui est arrivé, tu dois me croire, Kate.

-  Alors pourquoi? Demanda Kate au bord des larmes.

- J’étais un bleu quand c’est arrivé, expliqua le capitaine. MacAlister et Raglan étaient des héros à mes yeux. Je croyais en ce qu’on faisait. C’était nous les gentils! On devait enlever Pulgatti ce soir-là. Seulement, on n’avait pas prévu que Bob Armen serait là. Armen s’est saisi de mon arme et le coup est parti. J’avais même pas compris d’où venait le coup de feu quand j’ai vu que Armen tombait. MacAlister m’a poussé dans la camionnette. Il me répétait, « t’inquiète pas fiston, c’est pas ta faute, on voit ça tous les jours dans cette ville ». MacAlister et Raglan ont noyé ça dans l’alcool, mais pas moi. Je me suis engagé corps et âme dans mon boulot. Je suis devenu le meilleur flic que je pouvais devenir et quand tu es arrivée à la 12ème, j’ai cru que c’était Dieu qui t’envoyait. J’ai senti qu’il me donnait une seconde chance, la chance de te protéger comme j’aurais dû protéger ta mère.

- Avez-vous tué ma mère ? Demanda Beckett sans ciller.

- Non, elle est morte des années après, mais c’était à cause de ce qu’on avait fait ce soir-là, déplora Montgomery.

- Alors qui l’a tuée ? Insista Beckett.

- Je ne sais pas comment, mais il a appris ce qu’on avait fait. Il aurait pu tous nous dénoncer, au lieu de ça il a exigé l’argent de la rançon. C’est grâce à cet argent qu’il a tout ce pouvoir aujourd’hui. Que Dieu me pardonne mais c’est peut-être ma plus grande faute.

- Donnez-moi le nom de cet homme, insista Kate. Vous me devez au moins ça !

- Si je te donnais le nom de cet homme. Tu irais te jeter tout droit dans son piège, autant te tuer tout de suite! 

- Il va pourtant bien falloir mettre un terme à cette histoire.

- Je sais et j’ai un plan, assura Montgomery. 

- Un plan? Répéta Kate baissant légèrement son arme.

- Je sais où seront Lockwood et ses hommes ce soir, c’est à ce moment là que nous agirons, mais il faudra que Castle soit là.

- Castle n’est pas flic, il n’a pas à se mettre en danger, contra Beckett.

- Il ne courra aucun danger, promit le capitaine. Il sera ton garde-fou et mon assurance que tu ne feras rien de stupide ou dangereux.

- Il n’est pas question qu’il soit là! S’entêta Beckett.

- C’est à prendre ou à laisser, rétorqua le capitaine. Tu peux aussi choisir de partir avec lui comme c’était prévu, je te promets qu’à ton retour tu n’auras plus rien à craindre.

Kate demeura silencieuse, fulminant intérieurement devant ce choix qu’elle ne pouvait se résoudre à faire. Jamais elle ne pourrait faire prendre un tel risque à Rick.


Minefuji  (15.03.2019 à 19:31)

Chapitre quatre-vingt-trois

Kate baissa complètement son arme, toujours silencieuse.

- J’ai apporté des croissants et du café, dit Montgomery en déposant son sac à dos. Je suppose que tu dois avoir faim! 

- Je ne peux pas faire ça, soupira Kate. S’il lui arrivait quelque chose... Je crois que je ne m’en remettrait jamais.

Le capitaine sourit, heureux de constater que sa protégée avait trouvé quelqu’un de plus important que sa croisade contre les assassins de sa mère.

- Je te promets qu’il ne lui arrivera rien, assura-t-il finalement. Tiens, un bon café bien chaud. Ce n’est pas celui de Castle, mais il est très bon aussi.

- Merci, sourit à son tour Kate.

- Tu sais, expliqua Montgomery, tu as le droit de vivre pour toi. Ta vie t’appartient. 

- C’est ma mère, qu’ils ont tuée Roy! Comment voulez-vous que je vive tranquillement alors que celui qui a commandité son meurtre vit tranquillement sa vie sans être inquiété?

- Ta mère n’aurait jamais voulu que tu sacrifies ton bonheur pour ça.

- Elle a bien sacrifié son bonheur pour sa cause, rétorqua Kate amère. Elle a défendu Pulgatti et ça lui a coûté la vie. Seule la vérité comptait pour elle. Comment pourrais-je laisser son meurtrier s’en sortir impunément?

- Ta mère t’aimait Kate, elle était extrêmement fière de toi.

- Vous l’avez rencontrée? Demanda Kate. Quand?

- Quand elle essayait d’innocenter Pulgatti. J’ai essayé de l’aider et ça à conduit à son assassinat. Aujourd’hui encore cet échec me hante. 

- Alors aidez-moi à coincer celui qui est derrière tout ça! 

- Il est trop puissant! Répondit fermement le capitaine. Trop de gens sont morts dans cette histoire! Je ne commettrai pas la même erreur avec toi, Kate. Je vais te protéger.

 

*******

 

Le jour s'était enfin levé. Il faisait un temps superbe. Une journée qui promettait d’être magnifique, un nouveau départ pour Rick et Kate, qui coïncidait avec leur départ pour leur séjour en Espagne. Peut être était-ce cette perspective, qui avait donné un regain d’énergie à l’écrivain.

En effet, après une nuit d’un sommeil agité, délirant à cause de la fièvre, Rick s’était réveillé en meilleure forme. Il avait tenté d’appeler Kate, mais son téléphone était éteint. Il ne se souvenait pas vraiment de ce qu’il s’était passé la veille, mais il était presque sûr que Kate l’avait embrassé. Elle lui avait pardonné.

Il prit leurs billets pour l’Espagne et sourit en se rappelant à quel point il était heureux quand il les avait achetés. Ils devaient commencer par passer quelques jours à Grenade. Il se rappelait combien Kate était ravie à l’idée de la visiter. La Sierra Nevada, l’Alhambra, la cour des Lions... L’idée de découvrir ces lieux qui la faisaient rêver avec lui l’enchantait. Elle n’avait pas cessé d’en parler à chaque fois qu’ils avaient évoqué leur futur voyage. 

Malheureusement, il n’avait jamais imaginé que le jour tant attendu de leur départ, il bouclerait seul sa valise avec en prime un mal de tête carabiné, résidu de sa lutte contre un virus carabiné. Gina avait réussi à semer la zizanie entre eux avec son plan tordu,  il se sentait coupable de l’avoir laissé faire. Il avait tellement eu peur de souffrir en cas d’échec de sa relation avec Kate, qu’il ne lui avait donné aucune chance dès lors que son ex avait semé le doute. Il était resté sur la défensive et avait bien failli passé à côté du plus grand bonheur de sa vie. 

Heureusement, il avait une nouvelle chance et il comptait bien ne pas la laisser passer. 

Il regarda sa montre. Il était inquiet pour Kate et tentait de se rassurer en se disant que s’il lui était arrivé quelque chose, quelqu’un l’aurait appelé.

De leur côté, Martha et Alexis ignoraient tout de l’affaire Lockwood, Kate avait été très évasive dans son message, elle ne l’avait même pas signé. Et Rick ne leur avait pas donné de précisions sur la façon dont il s’était retrouvé dans l’ascenseur, elles n’avaient pas insisté pour le savoir, trop inquiètes pour sa santé. Elles pensaient simplement que Kate était toujours fâchée contre lui à juste titre.

Elles prenaient leur petit déjeuner quand il arriva dans le séjour.

- Oh! Trésor! Tu as l’air d’aller mieux!

- Oui, la fièvre est tombée. J’ai encore un peu mal à la tête, mais c’est supportable, répondit-il en piochant rapidement dans l’assiette de pancakes.

- Tu nous as fait peur, dit Alexis. Ça faisait longtemps que je ne t’avais pas vu aussi abattu par un rhume. C’est peut être la grippe.

- Ça va mieux, c’est l’essentiel, la rassura-t-il.

- Tu sors? Demanda Martha alors qu’il enfilait sa veste. 

- J’ai quelques comptes à régler avant mon départ pour l’Espagne.

- Tu y vas quand même? S’étonna Alexis. Je croyais que Kate t’en voulait à mort!

- Elle est prête à me laisser une nouvelle chance, sourit Castle. Elle a comprit que Gina avait monté un coup tordu.

- À la bonne heure! Se réjouit Martha.

- Je savais bien qu’elle était follement amoureuse de toi! Ajouta Alexis tout sourire. Mais tout de même, tu n’es pas raisonnable, tu as été tellement malade cette nuit qu’on a bien failli t’emmener aux urgences.

- Ça va mieux! Assura Castle. 

- Et... Euh... Tu n’as pas l’intention de repasser par ici avant ton départ? Constata Alexis en remarquant sa valise.

- Je risque d’en avoir pour un moment ce matin, alors je me rendrai directement à l’aéroport.

- Tu devrais peut être reporter ces vacances, suggéra Alexis. 

- Je dois retrouver Kate à l’aéroport. Rien ne m’empêchera de m’y rendre. Mais rassure-toi Pumpkin, si je ne suis pas suffisamment en forme pour partir, nous serons raisonnables et nous décalerons notre séjour de quelques jours.

- J’aime mieux ça, sourit Alexis. 

- Tu veux que je t’accompagne? Proposa Martha.

- Pourquoi?

- Pour la mise à mort de Gina! Depuis le temps que je rêve de te voir t’en débarrasser! 

- Ça va être sanglant, promit Castle. 

- Évite de finir en prison, conseilla Alexis. Kate préfèrerait certainement des retrouvailles ailleurs que sur une de ses enquêtes. Et comme suspect en plus!

- Mon avocat sera là, je me tiendrai correctement, assura Castle.

- C’est plus raisonnable en effet, répondit Martha en l’embrassant. Surtout achevez la! Il ne faut pas qu’elle s’en sorte trop bien! 

- Et profite bien de tes vacances avec Kate, ajouta Alexis en l’embrassant à son tour.

 

Une demi-heure plus tard, il était dans les bureaux de Black Pawn face à Gina. 

- Mais enfin, c’est stupide! S’écriait Gina. Tu ne peux pas quitter Black Pawn comme ça! 

- Je vais me gêner, rétorqua Rick.

- C’est une rupture de contrat! Ça va te coûter une fortune, cracha Gina. 

- Je sais, heureusement que je suis riche, railla Castle.

- Profites-en bien, parce que quand nous en aurons fini, il ne te restera plus que tes yeux pour pleurer! 

- Et le fait de m’avoir drogué, tu crois que ça va chercher dans les combien? Siffla Rick. Si je ne m’abuse, ça va plutôt se compter en années de prison ferme, ça non?

 

 


Minefuji  (16.03.2019 à 20:03)

Chapitre quatre-vingt-quatre

 

- Tout doux! Tout doux! Intervint l’avocat de Castle. Nous allons nous comporter en gens civilisés et régler ça à l’amiable.

- À l’amiable? Sa place est en prison! Enragea Castle.

- Tu n’as aucune preuve! Rétorqua Gina.

- Monsieur Castle, vous vouliez que cela soit réglé ce matin, rappela son avocat. Il va falloir accepter le dialogue.

- Ça prendra le temps que je voudrai! Déclara Gina avec un petit sourire diabolique.

- Dans ce cas, lançons la procédure de plainte contre madame Cowell, annonça Rick. 

- Ne nous énervons pas, voyons! Gina, et  si vous nous faisiez apporter quelques rafraîchissements? suggéra l’avocat de l’éditrice à sa cliente.

 

Gina leva le nez agacée et quitta la pièce pour faire ce que lui avait conseillé son avocat. Visiblement, il avait dû lui toucher deux mots sur ce qu’elle risquait.

Rick sourit, satisfait. On avait beau dire, une petite vengeance, ça avait du bon!

Lorsqu’elle revint avec son plateau de rafraîchissements, Gina semblait avoir retrouvé un peu de sang froid. Elle servit chacun et vînt s’installer près de son avocat. 

- Bien, déclara ce dernier. Si chacun y met de la bonne volonté, nous devrions trouver un compromis satisfaisant pour les deux parties.

Après deux bonnes heures de négociations, Castle quittait enfin les bureaux de Black Pawn, libéré de l’emprise de son ex-femme.

Il trouvait que son avocat avait été un peu trop gentil avec elle en lui octroyant une jolie compensation, mais c’était le prix de la liberté. Et puis ça avait l’avantage d’avoir été rapide!

- Richard! L’appela Gina derrière lui.

 

C’était trop beau pour être vrai, songea l’écrivain.

- Gina, soupira Castle en se tournant vers elle agacé.

- Tu ne peux pas partir comme ça, voyons! Pense à ta carrière!

- Tant que j’aurais un stylo et du papier, ma carrière ira très bien et tant que tu resteras loin de moi, je me porterai comme un charme, rétorqua Castle froidement. Maintenant, estime toi heureuse que mon avocat se soit montré clément avec Black Pawn et que je n’ai pas envie de perdre mon temps à te poursuivre en justice, mais sois assurée que si tu tentes à nouveau quelque chose contre moi ou contre Kate, je te poursuivrai jusqu’en enfer s’il le faut!

- Cette femme n’est pas celle qu’il te faut, dit Gina avec mépris. Elle fera toujours passer sa carrière avant sa famille! 

- Elle a laissé tomber son rêve de devenir présidente de la cour suprême pour rechercher l’assassin de sa mère, répliqua Castle. Elle est plus attachée à sa famille que tu ne le seras jamais.

- Elle n’est pas du même milieu que toi! Tu es une célébrité adulée de tous, elle n’est rien d’autre qu’une petite fliquette insignifiante!

- Primo, tu ne la connais pas, répondit Castle. Secundo, elle est la meilleure lieutenant de police de NewYork et tertio, celle qui a toujours fait passer son travail avant sa famille, c’est ma seconde ex-femme et il se trouve que... Oh! Où avais-je la tête? Tu le sais déjà, puisque cette femme c’est toi!

- Oh, c’est mesquin ça! J’étais bien obligée de penser au travail à la maison, parce que tu passais ton temps à procrastiner!

- Eh bien te voilà soulagée: je ne suis plus ni ton mari, ni l’un des écrivains de ta maison d’édition.

Il tourna les talons et quitta les locaux de Black Pawn soulagé de s’être enfin débarrassé de sa sangsue d’ex-femme. Il allait préparer un avenir radieux pour Kate et pour lui loin de ses ex-femmes tordues.

Il regarda sa montre. L’heure de son rendez-vous avec Kate approchait. Où était elle? En sécurité? Les journaux télévisés n’avaient annoncé aucun règlement de compte cette nuit, il prit cela comme un bon signe. Il ramassa sa valise et héla un taxi, le coeur rempli d’espoir à l’idée de retrouver Kate et de pouvoir lui faire oublier toute cette histoire sordide.

********

Le capitaine Montgomery venait d’arrêter sa voiture devant chez Kate. Il allait régler les derniers détails pour leur rendez-vous du soir seul, elle avait le choix: partir avec Castle ou venir à leur rendez-vous avec lui. Il avait été ferme sur ce point: il ne lui donnerait pas l’adresse s’il n’était pas sûr que Castle viendrait aussi.

- Allez, dit-il alors qu’elle demeurait silencieuse et immobile sur le siège passager.

- Monsieur... Dit-elle finalement en le regardant droit dans les yeux, je vous pardonne.

- Quoi?

- Il est inutile de vous sacrifier pour me protéger, répondit Kate. Je vous pardonne!

- Je sais où est ma place, Kate.

- On n’a qu’à prévenir les gars, Esposito peut placer une équipe de tireurs d’élites et Ryan planquerait des hommes avant l’heure du rendez-vous.

- Lockwood est loin d’être idiot, il flairerait le piège et ne viendrait pas. Et dans ce cas, inutile de te dire qu’aucun de nous ou de nos proches ne serait  en sécurité.

Kate soupira, il avait raison et elle le savait.

- Ce soir toute cette histoire sera réglée, assura le capitaine en ouvrant la portière de Kate pour lui signifier que la discussion était close.

 

Elle descendit du véhicule à contre coeur. Il démarra en trombe aussitôt. Elle regarda sa voiture disparaître au loin le coeur lourd, un mauvais pressentiment s’emparant d’elle.

********

Dans le taxi qui l’amenait à l’aéroport, Castle sentit son mal de tête reprendre de la vigueur. S’il pensait s’être débarrassé d’elle, la grippe se chargeait de lui rappeler qu’elle ne faisait pas partie de ces affections dont on se débarrasse en une seule journée.

 Il maudit ce virus, qui allait certainement causer le report de ses vacances avec Kate. Pourquoi ne pouvait-il pas avoir un moment de paix avec elle? Quand ce n’était pas leur entourage qui jouait les troubles fête, c’était un satané virus qui s’en occupait.

Lorsqu’il arriva à l’aéroport, il avait le cœur qui battait à tout rompre et de grosses gouttes de sueur qui perlaient à nouveau sur son front. Il alla se poster sous l’écran annonçant les prochains départs et commença son attente, épongeant son front avec son mouchoir. 


Minefuji  (17.03.2019 à 19:37)

Chapitre quatre-vingt-cinq

 

Après avoir quitté Beckett, le capitaine mît son plan à exécution. Il avait quelques heures devant lui avant que Beckett ne revienne de l’aéroport, à moins que Castle ne soit convaincant et parvienne à l’emmener loin d’ici, ce qu’il espérait vivement. 

À cause de lui, la jeune Kate Beckett avait vu sa vie voler en éclats. Du jour au lendemain elle avait enterré sa mère, ses rêves et sa joie de vivre. Quand il l’avait rencontrée, elle ne vivait plus que pour son travail et l’enquête sur le meurtre de sa mère. Elle avait trouvé en elle la force de surmonter le drame qui l’avait frappée, mais elle ne vivait plus, elle survivait. C’était l’arrivée de Castle, qui lui avait redonné le sourire et sa joie de vivre au fil des années. 

Montgomery arrêta sa voiture au niveau d’une intersection et attrapa son téléphone pour envoyer le message qu’il avait préparé à Lockwood.

 

Toujours sur le trottoir en face de son immeuble, Beckett tenait la bague de fiançailles de sa mère entre ses doigts. Elle était face à un choix cornélien: d’un côté, il y avait l’affaire du meurtre de sa mère. Poursuivre Lockwood pouvait la conduire au commanditaire de l’assassinat de sa mère. De l’autre, il y avait Castle et l’avenir qu’elle pourrait avoir avec lui. Si elle choisissait Lockwood, elle prenait le risque de perdre Castle en trahissant sa promesse. Si elle choisissait Rick, c’était la promesse qu’elle avait faite sur le tombe de sa mère qu’elle trahissait.

Elle prit son téléphone et composa le numéro de Castle. Ce n’était pas prudent, mais elle avait besoin de se confier à lui.

Malheureusement, elle tomba sur sa messagerie. Il devait déjà être  à l’aéroport. Elle renonça à lui laisser un message, c’était inutile, sa décision était prise, elle le lui dirait de vive voix.

Elle hésita encore une fraction de seconde, puis se décida à traverser la chaussée pour rentrer chez elle où l’attendait son sac de voyage.

Toute à sa joie, elle n’entendit pas tout de suite le vrombissement de la voiture qui se dirigeait vers elle à pleine vitesse. Lorsqu’elle tourna la tête, il était trop tard, elle ne put l’éviter, le choc violent la fit basculer et passer par dessus le toit du véhicule. Elle roula encore sur plusieurs mètres avant de s’immobiliser sur le bord du trottoir, inconsciente. 

********

À l’aéroport, l’état de Castle empirait. Une violente douleur dans la poitrine lui coupa le souffle. Un employé de l’aéroport, qui avait remarqué sa détresse s’approcha de lui.

- Ça ne va pas monsieur? 

- Je... Je... Argh...

- Hé! Monsieur! S’écria l’employé en le rattrapant alors qu’il s’écroulait terrassé par un mal inconnu. A L’AIDE! IL FAUT UN MÉDECIN ICI!

 

Lorsque Lockwood et ses hommes arrivèrent sur le lieu de rendez-vous fixé par Montgomery, il fut très désappointé de ne pas trouver la jeune femme.

 

- Où est Beckett ? Demanda-t-il en s’approchant du capitaine

- Vous ne l’aurez pas !

- Je te l’ai dit pourtant c’est soit elle, soit ta famille. Ne sois pas stupide. Elle ne nous échappera pas. Pas à moi !

- Je crois que tu n’as pas bien compris. C’est toi qui m’échappera pas ! Déclara Montgomery en tirant en direction de Lockwood qui se cacha derrière un de ses comparses.  

Le capitaine enchaîna les tirs, tuant sur le coup trois des hommes de Lockwood avant d’être touché à son tour. 

Il ne restait plus que lui et Lockwood. Ce dernier sortit brusquement de sa cachette et fit feu, Roy Montgomery s’écroula mortellement touché.

- C’était quoi, demanda Lockwood en s’accroupissant près de lui. Ton baroud d’honneur ? C’est triste mon vieux, puisque de toute manière je l’aurai.

-  Non, répondit Roy agonisant. Tu ne l’auras pas et lui non plus. J’ai fait ce qu’il fallait. C’est fini pour toi Lockwood et pour moi aussi ! 

*******

Les badauds s’attroupaient sur le trottoir.

- Appelez les secours!

- Que s’est-il passé?

- Une voiture a démarré en trombe et lui a foncé dessus!

- J’ai une couverture de survie dans ma voiture! Il faut la couvrir! 

- J’ai eu les secours! Une ambulance et en chemin!

- Les flics aussi, c’est un délit de fuite!

******

Montgomery utilisa ses dernières forces pour tirer sur Lockwood à bout portant avec son arme de secours. Au loin, le bruit des sirènes de voitures de police et d’ambulances retentissaient. Prévenus par des riverains qu’une fusillade se déroulait, les secours arrivèrent rapidement. Ryan et Esposito, qui patrouillaient non loin de là, furent les premiers sur les lieux. Ils assistèrent impuissants aux tentatives des ambulanciers pour sauver la vie de leur capitaine.

- Il faut retrouver Beckett, dit Ryan angoissé.

- Je sais bien, bro, mais son portable doit être éteint. Ça fait trois fois que je lui envoie des textos, elle ne répond pas.

- Et Castle? Elle est peut être avec lui, suggéra Ryan.

- T’as vu les magazines? Il est retourné avec son ex! Grogna Esposito. S’il y a bien un endroit où Beckett n’est certainement pas, c’est avec Castle.

Le téléphone de Ryan sonna à ce moment là. Il prit l’appel et blêmit.

- Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda Esposito inquiet.

- C’était Karpowski. Beckett a été renversée par une voiture folle.

- Tu crois que c’est le Dragon? 

- Il a dû envoyer quelqu’un finir le boulot, elle rentrait chez elle quand ça s’est passé. Il devait y avoir une équipe qui l’attendait pour finir le boulot au cas où...

 

Au loft de Castle, Martha et Alexis discutaient tranquillement dans le salon, quand le téléphone sonna.

- C’est papa, annonça Alexis. Il veut sans doute nous dire au revoir avant le décollage. Allô!

Le sourire de la jeune fille disparut à mesure que la personne au bout du fil lui annonçait la terrible vérité, son père venait de faire une crise cardiaque. Les ambulanciers s’apprêtaient à l’emmener à l’hôpital.

 

Trois équipes d’ambulanciers, en trois lieux de Manhattan, tentaient de maintenir en vie leurs patients, une femme et deux hommes. Enchaînant les massages cardiaques et les soins de première urgence, ils stabilisèrent tant bien que mal les victimes pour les emmener vers trois hôpitaux différents. En chemin, il y eut trois nouveaux arrêts cardiaques. 


Minefuji  (18.03.2019 à 18:23)

 

Chapitre quatre-vingt-six

 

La neige recouvrait les rues de NewYork, Noël serait bientôt là. Un bouquet à la main, elle entrait dans le cimetière comme chaque jour depuis maintenant huit mois, depuis qu’il était parti. 

Plus jamais elle ne serait aussi heureuse qu’à l’époque où l’homme de sa vie était à ses côtés. Elle arriva devant la tombe, enleva les fleurs fanées et déposa les nouvelles. Du revers de la main, elle balaya la neige qui recouvrait la pierre tombale. Ces gestes étaient devenus un rituel qu’elle accomplissait chaque jour: veiller à ce que la tombe soit propre et fleurie. Elle l’imaginait rire en la voyant faire, s’il le pouvait, il lui dirait certainement qu’il aurait préféré recevoir toutes ces attentions de son vivant.

- C’est peut-être ridicule, mais j’en ai besoin! Lui répondit-elle comme s’il était là.

Elle se releva, prenant une grande inspiration pour tenter de contenir l’émotion qui l’étreignait. C’était difficile. Vivre sans lui était tellement difficile.

- Tu nous manques tellement, murmura-t-elle dans un sanglot. 

 

À quelques blocks de là, l’effervescence de la chasse aux cadeaux de Noël battait son plein, ignorant la tristesse de cette femme pour qui Noël serait une épreuve de plus.

Javier Esposito, qui avait horreur du tumulte des magasins à cette période de l’année, faisait une exception pour cette année et certainement pour celles à venir. Les événements qui avaient bouleversé les vies des policiers de la douzième brigade huit mois plus tôt, avait changé radicalement sa vision des choses. Désormais, aucun moment passé avec Lanie Parrish ne lui semblait trop long, même les courses de Noël une semaine avant les fêtes.

- Tu crois que ça lui plaira? Demanda Lanie en lui montrant une un tableau représentant un éléphant.

- Encore un tableau? Marmonna Esposito. Ça fait pas un peu beaucoup? Je suis sûr qu’il n’y a plus aucune place sur ses murs!

- Mhmmm... Je devrais peut être me rabattre sur un livre ou une compilation de Jazz ou de Sinatra.

- Et si on allait déjeuner avant? Suggéra Javier dont l’estomac commençait à se manifester. On continuera cet après-midi...

- Cet après-midi tu vas voir un match avec Kevin et tu sais bien que je vais à la patinoire, répondit-elle.

- Tu crois que c’est raisonnable? 

- Je le lui ai promis, je ne peux pas revenir sur ma promesse.

- Ouais, mais... C’est dangereux! Il y a des accidents chaque année:  des fractures et même des traumas crâniens! 

- Je serai vigilante, assura Lanie. Et ne soit pas si protecteur, tu sais bien qu’elle n’aime pas ça.

- Ouais, je sais, marmonna Esposito.

- Allez, viens, allons manger, sourit Lanie en l’embrassant.

- Mais... Et ton cadeau?

- On reviendra la semaine prochaine.

- Quoi? Mais... Ça sera pire encore! Protesta le latino. 

Lanie rit devant son air consterné et le prit par le bras pour l’emmener dans la pizzeria qu’elle avait repérée en arrivant. Après les épreuves vécues ces derniers mois, les fêtes de fin d’année signifiaient tourner la page d’une année extrêmement difficile pour eux. Le changement d’année qui approchait serait le début  d’une nouvelle époque.

 

Dans Central Parc, Richard Castle savourait sa première sortie en solo depuis des mois. Cela n’avait pas été facile de convaincre Martha et Alexis de le laisser partir seul, mais il y était parvenu après d’âpres négociations et l’installation d’un bouton panique sur son téléphone. 

Il s’était servi de l’excuse de la chasse aux cadeaux de Noël pour convaincre sa fille de le laisser y aller seul, mais il n’avait pas le coeur à la fête cette année. Lui qui d’habitude célébrait Noël comme un gamin, n’avait même pas sorti ses boîtes de décorations. Tout lui semblait terne cette année.

Il était assis sur une balançoire, le regard dans le vague, observant sans le vouloir les passants. Des enfants fabriquaient des bonshommes de neige, d’autres traçaient des anges dans la neige. Une bataille de boules de neige faisait rage un peu plus loin. 

C’est alors qu’il l’aperçut. Son coeur rata plusieurs battements, il n’y avait pas de doute, c’était elle, toujours aussi belle. Elle tenait le bras d’un homme. Grand, la mâchoire carrée, un sportif certainement et plutôt bel homme. Le genre d’homme qui vous file des complexes! Il lui dit quelques mots. Elle éclata de rire. Elle avait l’air tellement heureuse avec lui. Son coeur se serra. Elle avait tourné la page. Il faisait désormais partie de la liste de ses ex. 

Il aurait dû partir, la laisser à ce bonheur qu’elle méritait. Lui n’avait dû lui apporter que de la peine et des tourments. 

Alexis et Martha ne cessaient de lui répéter qu’un jour lui aussi tournerait la page. Il en doutait sérieusement. Trouver quelqu’un de mieux, de plus attentionné, de plus sérieux que lui, était de l’ordre du possible. Trouver quelqu’un de mieux qu’elle était de l’ordre de la fiction! 

Il n’arrivait pas à la quitter du regard. Elle était toujours aussi parfaite à ses yeux. L’apercevoir lui suffisait. Peut être qu’il pourrait passer le reste de sa vie à l’observer de loin, veiller sur elle comme un ange gardien. Ça lui suffirait.

L’homme lui adressa quelques mots et la quitta. Elle resta seule, contemplant les enfants jouer dans la neige.

 

Il resta sur sa balançoire, savourant le simple fait de l’observer, se rappelant à quel point ça l’énervait quand il faisait ça au poste alors qu’elle remplissait sa paperasse.

Il mourrait d’envie d’aller la saluer. Alexis l’en dissuaderait certainement, lui expliquerait qu’il ne faisait que remuer sa peine. Elle était sortie de sa vie, il devait l’accepter. Elle n’était pas celle qu’il lui fallait. Il trouverait un jour quelqu’un qui lui ferait l’oublier. 

Il poussa un énorme soupir, doutant sérieusement de cette promesse d’un avenir meilleur sans elle. Ses déboires avec la gente féminine prouvaient si cela était nécessaire  qu’il manquait sérieusement de jugement. 

Soudain une boule de neige fusa et la toucha à l’arrière de la tête. Déséquilibrée, elle chuta en avant, sans doute à cause du verglas.

Sans réfléchir, il quitta sa balançoire et se précipita pour l’aider à se relever.

- Merci, souffla-t-elle une fois debout.

Leurs regards se happèrent. Aucun d’eux ne parla. L’émotion nouant la gorge de l’écrivain.


Minefuji  (19.03.2019 à 20:18)

Chapitre quatre-vingt-sept

 

L’adolescent qui avait lancé la boule de neige vint s’excuser platement. Elle lui sourit et le rassura, il n’y avait pas de mal.

Son ami revint vers eux, apportant des crêpes appétissantes.

- Ne lui dites pas que je suis tombée, chuchota Kate expressément.

 

Il la regarda un peu perdu et acquiesça.

 

- Tout va bien? Demanda son ami.

- Euh... Oui...

- Je suis tombé, s’empressa de dire Castle. Il y avait une plaque de verglas sous la neige, je ne me suis pas méfié, j’ai fait un joli vol plané. Vous auriez dû voir ça! Je suis certain que j’aurais pu gagner un prix tellement c’était spectaculaire. Bref, votre amie m’a aidé. 

- Ah... Heureusement que vous n’avez rien, répondit le jeune homme.

-  Oui, une simple blessure d’orgueil... Merci, ajouta Rick en se tournant de nouveau vers elle. Je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps.

- Prenez une crêpe, proposa le jeune homme, ça vous fera du bien.

- Non, merci, déclina Castle. Je...euh... Je surveille ma consommation de sucre. Et puis il faut que j’y aille, on m’attend. Au revoir!

- Au revoir, répéta Kate en même temps que son ami.

 

Elle le regardait s’éloigner, quand son ami se rappela à son bon souvenir.

- Pas de bobo?

- Quoi? De quoi tu parles?

- Ta chute! Ne me regarde pas comme ça, je ne suis peut être pas flic, mais je suis capable de faire des déductions. Ton manteau est plein de neige!

- Oh! Non, ça va. Pas de bobo, déclara-t-elle avec un grand sourire. Merci de ne pas te fâcher.

- Dis tout de suite que je suis un bourreau! Mais, tu devrais peut être renoncer à la patinoire cet après-midi.

- Ah non, hein! Tu ne vas pas me faire ce coup là! S’insurgea-t-elle. J’ai reçu une boule de neige, c’est pour ça que je suis tombée! 

- Tu es sûre?

- Certaine! Regarde! 

Elle fit  quelques pas à la manière d’un funambule.

- C’est bon! Je te crois, sourit-il. Mais n’oublie pas que tu ne dois pas faire d’imprudence! 

Elle roula des yeux, agacée d’entendre sans arrêt les mêmes rappels à la prudence.

 

En chemin, Rick songeait à cette rencontre surréaliste. Beckett ne semblait pas avoir été troublée le moins du monde par leur rencontre. Il comprenait qu’elle n’ait finalement pas pu trouver la force de lui pardonner, mais de là à s’adresser à lui comme s’il avait été un inconnu, c’était exagéré.

Et pourtant elle venait de passer huit mois sans essayer d’avoir des nouvelles de lui. Il se souvenait encore de la souffrance qu’il avait ressentie quand à son réveil on lui avait annoncé que Kate n’était pas là et qu’elle ne s’était absolument pas inquiétée de sa santé.

 

- Ah! Papa! Tu es revenu! Dit Alexis alors qu’il venait de passer la porte du loft.

- Et je vais très bien! Tu peux ranger tes angoisses, elles sont vraiment superflues! 

- Ne lui en veux pas, dit Martha depuis le tabouret de la cuisine sur lequel elle était perchée. Tu nous as fait une sacrée peur.

- C’était il y a huit mois! J’ai fini ma rééducation et la semaine dernière , mon cardiologue m’a assuré que mon coeur avait retrouvé toutes ses facultés. J’ai le coeur d’un jeune homme.

- Satanée Gina, marmonna Alexis frissonnant de rage. Elle a bien failli te tuer avec ses drogues.

- Et je persiste à dire que tu aurais dû porter plainte contre elle, renchérit Martha.

- On n’avait aucune preuve que la drogue venait d’elle, seulement des soupçons. 

- Et elle était la seule suspecte! Quand je pense que ses saletés t’ont causé une myocardite qui a bien faillit te coûter la vie, s’énerva Martha. Heureusement qu’elle est sortie de nos vies!

 

Le sujet était extrêmement sensible pour l’actrice d’ordinaire si insouciante et conciliante. Elle avait failli perdre son fils unique et nourrissait une haine farouche à l’encontre de son ex-belle fille.

 

- Elle m’a coûté une partie de ma vie de toute façon, soupira l’écrivain soudain mélancolique.

 

Martha et Alexis échangèrent un regard sombre. Elles avaient pourtant cru que Kate était la femme qu’il lui fallait, qu’elle l’aimait sincèrement, et pourtant... Elle avait complètement disparu de la circulation du jour au lendemain.

Elle avait déposé Castle malade et bouillant de fièvre un soir dans l’ascenseur de l’immeuble et n’avait pas hésité à partir. 

Et quand elles l’avaient appelée à plusieurs reprises lorsqu’il avait été cloué sur un lit d’hôpital entre la vie et la mort, Kate n’avait pas répondu. Elle n’était jamais venue le voir pendant les semaines où il avait été hospitalisé, n’avait jamais appelé pour prendre de ses nouvelles. Pour Martha et Alexis, Kate les avait abandonnés. 

Seul Rick n’avait jamais voulu y croire. Même lorsqu’il s’était rendu au poste de police plusieurs mois après sa crise cardiaque et qu’il avait été raccompagné à la porte manu militari  par les gars et sans aucune autre explication que celle de sa conduite honteuse avec son ex femme, il avait continué de croire que Kate n’avait pas ignoré les appels de sa fille de gaité de cœur. Il avait cru qu’elle faisait cela pour l’éloigner du danger que représentait le Dragon. 

Il n’avait pas voulu les croire lorsque sa mère et sa fille lui avaient dit que Beckett était passée à autre chose et qu’il ferait bien d’en faire autant. 

Il n’avait pas voulu le croire jusqu’à ce jour. 

Il s’assit dans le canapé du salon, abattu. Martha et Alexis vinrent s’installer près de lui. Depuis qu’il était passé à deux doigts de la mort, elles le couvaient, attentives au moindre coup de mou, qui signifierait que son coeur montrait de nouveau des signes de faiblesse. Il avait beau leur assurer qu’il était parfaitement capable de s’occuper de lui seul, elles le surveillaient comme le lait sur le feu.

Alexis avait même renoncé à demander une entrée anticipée à Stanford où son petit ami Ashley avait été admis, pour rester à ses côtés. Il doutait sérieusement qu’elle opterait pour Stanford en septembre et l’idée que sa fille renonce à son rêve à cause de lui, l’attristait au plus haut point.

- Que s’est il passé Richard? Demanda doucement Martha.

- Je l’ai vue ce matin. Kate était au parc, annonça-t-il tristement. Elle était au bras d’un Apollon. Si vous l’aviez vue, elle rayonnait, elle avait l’air tellement bien.

- Elle est passée à autre chose, répondit Alexis. C’est comme ça, tu n’y peux rien.

- Et tu ferais bien d’en faire autant, conseilla Martha. Si tu savais comme je m’en veux de ne pas l’avoir mieux cernée. 

- Ne la juge pas mal, dit Rick. C’est moi le fautif. Je lui ai fait trop de mal. Finalement elle n’a pas dû pouvoir me le pardonner. C’est ce que les gars m’ont dit quand j’ai essayé d’aller la voir au poste.

- Elle n’est même pas venue quand tu as eu cet arrêt cardiaque et que tu as passé des semaines à l’hôpital! Rappela Alexis les larmes aux yeux.. Même si elle t’en voulait, elle aurait dû venir! Après tout ce qu’on avait vécu avec elle, elle aurait dû être là!

 

Alexis souffrait encore énormément d’avoir été abandonnée par Kate. Castle non plus ne comprenait pas ce revirement de la part de la jeune femme. Ce n’était pas parce qu’elle lui en voulait qu’elle pouvait piétiner les sentiments de Martha et d’Alexis de la sorte! Cela lui ressemblait tellement peu... Quelque chose clochait. Si seulement il savait quoi.


Minefuji  (20.03.2019 à 17:43)

Chapitre quatre-vingt-huit

 

La patinoire était bondée, normal pour un samedi après midi à une semaine de Noël dans une ville de plus de huit millions d’habitants. Kate était excitée comme une petite fille à l’idée de patiner, contrairement à Lanie, qui était angoissée au plus haut point. 

- Tu es sûre que tu veux le faire? Demanda encore une fois Lanie inquiète.

- Ça fait vingt fois que tu me poses cette question et ça fait vingt fois que je te réponds que oui, j’en suis absolument certaine! Souffla Beckett. Allez! Viens, ça va être marrant!

-:Ça le sera moins si tu te casses la figure!

- Tu as vu le monde qu’il y a là-dessus? Il n’y a même pas la place pour tomber! Et puis, je vais avancer doucement, je n’ai pas l’intention de faire un triple lutz! 

- Tu as toujours réponse à tout, hein? Répondit Lanie mi-amusée, mi-résignée.

- Puisque je te promets d’être prudente! Je vais juste mettre un pied devant l’autre, insista Kate. Allez! Cesse de jouer les rabats-joie! Détends-toi! 

- Et toi cesse de faire l’enfant capricieux! Rétorqua Lanie les larmes aux yeux.

Kate lui prit les mains et la fixa droit dans les yeux.

- Hey! Je suis là! Je vais bien! Rappela-t-elle doucement. Je sais bien que tu as eu la peur de ta vie quand cette voiture m’a fauchée et que les mois qui ont suivi, ont été très pénibles et angoissants pour toi, mon père et les gars, mais je m’en suis remise finalement. 

- Ce matin tu es tombée à cause d’une boule de neige lancée par un gamin! Rétorqua Lanie en essuyant ses larmes.

- Roger n’a pas pu s’empêcher de cafter, hein? Grogna Kate. Je vais lui refaire le portrait!

- Il s’inquiète pour toi et puis c’est un fait, tu es tombée à cause d’une boule de neige. 

- C’était un ado super fort! Je suis sûre qu’il finira par intégrer les Yankees avec un lancer pareil! Allez, viens, je te promets d’être prudente.

- Et si tu te cassais de nouveau la jambe?

- On ne vit pas avec de « et si ça se passait mal », répondit sagement Kate. Et puis je serai prudente. Je n’ai pas envie de me casser la jambe. 

Vaincue, Lanie attrapa la main tendue par son amie et avança avec elle sur la glace.

Finalement, tout ce passa parfaitement bien, comme Kate n’avait cessé de le répéter. 

La jeune femme comprenait qu’après l’accident dont elle avait été victime et les mois de rééducation qu’elle avait dû endurés, ses proches se montrent protecteurs envers elle, mais elle commençait à en avoir plus qu’assez de la façon dont ils la traitaient. Elle n’était pas en sucre, elle pouvait faire beaucoup de choses par elle même désormais. L’accident dont elle avait été victime appartenait au passé désormais. 

Elles étaient en chemin pour rentrer chez Kate, quand celle-ci s’arrêta devant une librairie.

- Qu’est-ce que tu fais encore? Demanda Lanie. Tu sais qu’il est important que tu te reposes.

- J’ai passé l’âge de faire la sieste et puis j’ai besoin d’un livre, je n’ai plus rien à lire.

- Et c’est si urgent que ça? 

- Je viens de te dire que je n’ai plus rien à lire. Tu peux y aller, si tu as rendez vous avec Esposito.

- Mais non c’est pas ça, dit Lanie. Je veux simplement que tu ne présumes pas de tes forces. 

- Je vais acheter un ou deux bouquins, pas courir un marathon, rétorqua Kate en entrant dans la boutique.

 

Lanie suivit son amie, ce n’était pas une mauvaise idée, au moins quand elle lisait elle restait tranquille.

Elles ressortirent un peu plus tard, leurs trouvailles sous le bras.

- Alors? Tu es contente de tes trouvailles? Demanda Lanie.

- Plutôt oui! J’ai trouvé un livre de Richard Castle que je n’avais pas encore lu.

- Tu as déjà tout ses livres, dit son amie.

- T’es sûre? Je ne l’ai pas vu dans ma bibliothèque. Et je suis sûre d’avoir lu tous les bouquins qu’il y avait dedans.

- J’en suis certaine! Tu as dû le ranger ailleurs. Tu as des livres dans tous les coins chez toi.

- Mince... Bof, tant pis, je l’aurais en double, répondit Kate en haussant les épaules. 

- Ça doit être chouette de pouvoir relire tous ses livres préférés comme si c’était la première fois...

- Ouais et bien c’est le seul avantage, crois-moi! Répondit Kate. Pour tout le reste, c’est hyper pénible.

- J’imagine. Alors, tu as essayé de lire les livres de Connely?

- Ouais, mais ce n’est pas aussi bien que ceux de Castle. J’adore ses bouquins! Et avant aussi je crois, ceux que j’ai sont presque tous dédicacés. J’ai dû en passer des heures dans les files d’attente pour ça! Tu crois qu’il va en sortir un nouveau au printemps?  Si c’est le cas, j’irai le faire dédicacer aussi.

- Tu ne peux pas rester debout aussi longtemps, rappela Lanie.

-:Alors là ma vieille, tu te trompes, rétorqua Beckett sûre d’elle. Tu verras qu’au printemps prochain je ne serai plus aussi frêle et mes jambes me porteront sur la distance du marathon de NewYork! 

- On verra, soupira Lanie en songeant que la bourrique qui lui servait de meilleure amie était bien capable de réaliser cet exploit.

Sa présence à ses côtés en ce moment étant déjà la preuve que lorsque Kate Beckett décidait quelque chose rien ne pouvait l’en empêcher pas même un énorme trauma crânien et des jambes brisées en plusieurs morceaux façon puzzle.

 

Elles arrivèrent chez Kate. Lanie resta un peu avec elle, comme à chaque fois, pour s’assurer que tout se passerait bien. Cela ne faisait pas très longtemps que Kate vivait de nouveau seule et cette situation angoissait les proches de la jeune femme. Mais elle était têtue et rien n’avait pu la dissuader de retourner dans son appartement.

- Roger va passer ce soir? Demanda la légiste.

- Oui, vers dix-huit heures, répondit Kate en fouillant parmi les pliés de livres posées sur les marches de l’escalier. Oh! Tu avais raison! Je l’avais déjà!

- Évidemment, c’est ton auteur favori. Tu vas travailler lundi?

- Il faut bien que je gagne ma croûte. 

- Tu sais bien que tu n’étais vraiment pas obligée de reprendre si vite. Tes médecins voulaient prolonger ton arrêt maladie.

- J’en avais besoin, rétorqua Kate en s’installant confortablement dans son fauteuil. Et puis le capitaine a tout de suite accepté d’aménager mon poste.  

- Passer tes journées avec le gant de fer, je te plains ma vieille, dit Lanie. Esposito n’arrête pas de s’en plaindre.

- C’est parce qu’il procrastine toujours avec la paperasse, que Victoria est toujours sur son dos. Quand tu fais ton travail consciencieusement elle est très sympathique.

- Sympathique? Le gant de fer? Tu es bien la seule à utiliser cet adjectif pour la qualifier.

- Absolument! Elle ne me traite pas comme une petite chose fragile, qui risque de se briser à tout moment, elle. J’apprécie vraiment ça chez elle.

- Tu dois nous comprendre aussi, dit gentiment Lanie. Ton premier mois dans le coma, on craignait chaque jour que l’hôpital  nous appelle  pour nous dire que c’était fini. Et puis cette infection que tu as eu à la jambe...

- Je sais, je comprends, soupira Kate.

 

Un peu avant dix-huit heures, Lanie rentra chez elle. Roger prendrait le relais, puis viendrait le tour de son père. Leur organisation tournait bien, ainsi ils veillaient sur elle en lui laissant reprendre peu à peu son autonomie


Minefuji  (21.03.2019 à 05:12)

Chapitre quatre-vingt-neuf

 

Le lendemain matin, Jim revint chez sa fille les bras chargés de paquets pour leur brunch traditionnel. Bien que cette tradition se fut arrêtée avec le décès de Johanna, il l’avait reprise lorsque Kate s’était miraculeusement sortie de son terrible accident. 

Il bénissait chaque jour passé avec sa fille désormais et le dimanche, il célébrait leur bonheur retrouvé. 

Ce matin là, il la trouva plongée dans sa lecture comme à chaque fois. Cependant cette fois là, elle semblait préoccupée.

- Qu’est-ce qu’il y a Katie? Demanda-t-il en déposant ses paquets sur la table.

- C’est cet auteur, Richard Castle... Sa tête me dit quelque chose...

- Tu te souviens?

- Non... Je crois que c’est le type qui est venu m’aider hier quand j’ai reçu une boule de neige... Enfin je pense, j’ai encore un peu de mal avec la passoire qui me sert de cervelle...

- Ne sois pas trop exigeante avec toi même, répondit Jim. Ton médecin est très content de la vitesse à laquelle tu récupères tes facultés. Tu es une miraculée.

- Une miraculée qui a besoin de noter les informations qu’on lui donne pour être sûre de ne pas les oublier, soupira Kate. 

- Beaucoup de personnes ont besoin de faire ça et pourtant ils ne n’ont pas été fauchés par une voiture lancée à vive allure, contra Jim. Tu as besoin de temps pour recouvrer pleinement tes capacités, tu dois être patiente.

- Je ne recouvre rien! J’apprends mon histoire comme on apprend une leçon! Répliqua Kate exaspérée. Je ne me souviens pas de mes amis, j’apprends ce qu’a été ma vie avec eux! Tu parles d’un progrès! 

- Mais tu es vivante et ça n’a pas de prix. Je sais bien que tu détestes te sentir diminuée, mais tu as déjà surmonté tellement d’épreuves, rappela Jim, regarde! Tu es revenue vivre chez toi comme avant! 

- Ouais, je sais tout ça, soupira Kate. Dis, pourquoi as-tu demandé si je me souvenais tout à l’heure quand je t’ai parlé de Richard Castle? Je le connaissais?

- Euh... Tu l’as rencontré lors de ses séances de dédicaces, répondit Jim mal à l’aise. 

- Ah... Oui. C’est vrai que pas mal de mes livres sont dédicacés... Mais bon, rencontrer un auteur lors d’une séance de dédicaces, ce n’est pas vraiment le connaître.

- Ne te tracasse donc pas avec ça, répondit Jim, prends une gaufre, ça te fera du bien.

- Mhm. 

 

Après le déjeuner, Jim rentra chez lui. Persuadé que sa fille resterait tranquillement chez elle à se reposer, il ne s’imaginait pas qu’elle pourrait avoir décidé de profiter de se retrouver seule pour partir à l’aventure.

Pourtant c’était ce qu’elle faisait chaque dimanche après midi depuis qu’elle était revenue chez elle. 

Elle commença par se rendre au cimetière, où Evelyn Montgomery l’attendait comme le dimanche précédent. Elle avait été étonnée la première fois qu’elle avait rencontré la jeune femme devant la tombe de son mari. Elle tenait à peine sur ses jambes et regardait fixement la pierre tombale de Roy, comme si elle s’attendait à ce qu’il vienne lui répondre.

Elles avaient discuté plusieurs heures cet après-midi là. Kate cherchait à se rappeler des événements précédents son accident. Malheureusement, Evelyn ne savait pas grand chose à part l’admiration et la fierté que Roy ressentait à égard de la jeune femme.

 Depuis cette première rencontre, elles se retrouvaient là le dimanche après-midi pour parler de Roy, de la façon dont Evelyn et les enfants se débrouillaient sans lui et des progrès de Kate dans sa rééducation.

 

Kate se rendit ensuite dans Central parc et s’installa à une table près d’un petit chalet qui vendait des snacks et des boissons.

Elle commanda une boisson et sortit son livre, savourant ce moment de solitude sans l’un de ses proches scrutant le moindre de ses gestes de peur de la voir se blesser.

- Excellent choix de lecture, dit une voix près d’elle.

 

Elle releva la tête et découvrit celui qui l’avait aidée la veille. Elle lui sourit, puis fronça les sourcils avant de retourner son livre pour en examiner la quatrième de couverture.

- Oh! Ben ça alors! Sourit-elle. Si je m’attendais à ça! 

- ...

- J’adore vos bouquins! La série Derrick Storm en particulier, dites pourquoi l’avez-vous tué? 

- Je n’avais plus rien à raconter sur lui, répondit-il sans cesser de l’observer pour comprendre ce qu’elle lui faisait.

- Woah!! C’est un peu... Radical comme méthode pour changer de personnage... déclara-t-elle. Vous auriez pu le mettre à la retraite ou l’estropier...

 

Fronçant les sourcils, il s’installa sur la chaise en face de la sienne. Tout cela était surréaliste. Il devait comprendre.

 - Ça évite de retourner dans la zone de confort qu’on connaissait. Ça oblige à aller de l’avant, dit-il sans la quitter des yeux.

- Oui... Sans doute... répondit-elle songeuse. Mais c’est bien d’avoir une zone de confort, ça permet de se ressourcer...

Il ne l’avait toujours pas quittée du regard, cherchant à comprendre ce qu’elle lui faisait. Si elle était passée à autre chose, si elle avait décidé de ne plus le voir, pourquoi ne le lui disait elle pas clairement au lieu de lui faire le coup de... De quoi d’ailleurs? Il sentait la colère monter en lui et s’en voulait de ressentir cela vis à vis d’elle, car c’était sa colère qui avait ruiné leur histoire. Mais tout de même, faire comme si elle ne le connaissait pas, c’était un peu cruel comme façon de faire pour lui signifier qu’elle l’avait rayé de sa vie.

Comme il la fixait avec insistance, elle finit par demander: 

- Oh... On se connaît?

- À quoi joues-tu ? Demanda-t-il à son tour fâché en se relevant.

- Ne vous énervez pas! Je suis désolée si je vous ai vexé, s’empressa-t-elle de dire pour l’empêcher de partir. J’ai quelques petits soucis de mémoire et euh...  Rahhhh! Mince! Je suis désolée, je n’arrive pas à... C’est...

Elle se frappa la tête furieuse contre elle même. Il attrapa sa main et arrêta son geste.

- Ça va! Ça va! Pas la peine de vous frapper pour ça! 

- Je suis désolée, vous n’êtes pas le premier qui vient me parler comme ça... L’autre jour encore, une jeune femme est venue me remercier, apparemment mon équipier et moi avions réussi à arrêter le meurtrier de son petit ami l’an dernier... Aujourd’hui c’est vous... Je suis vraiment sincèrement désolée de n’en pas vous reconnaître.

- Que vous est-il arrivé? 

- Un accident, répondit-elle évasive. 

- Un accident? Quand?

- Au printemps dernier, ne me demandez pas de détails, c’est le Black out total, répondit-elle. Mais je vous en prie, parlons d’autre chose, pour une fois que quelqu’un ignore ce qu’il m’est arrivé... C’est tellement rafraîchissant l’idée d’avoir une conversation avec quelqu’un qui ne me voit pas comme une personne fragile ou malade.

 

Il n’avait pas lâché sa main, il s’en sentait incapable tellement il était heureux de retrouver ce contact. Elle ne l’avait pas abandonné, c’était la fatalité, qui les avait séparés.  

Il l’observait tandis qu’elle parlait. Une fine cicatrice apparaissait à la base de son cuir chevelu. Comment avait-t-il pu ne pas la remarquer? Il frissonna d’effroi à la pensée qu’il aurait pu la perdre  dans cet accident.

- Ça va? Demanda-t-elle remarquant son trouble.

- L’ ornithorynque est un mammifère qui pond des œufs, déclara-t-il soudain. 

 


Minefuji  (23.03.2019 à 07:36)

Chapitre quatre-vingt-dix

 

Elle le fixa un instant étonnée puis éclata de rire avant d’entrer dans son jeu.

- C’est incroyable et vraiment très intéressant, dit-elle.

- N’est-ce pas? Et puis ce bec de canard! Je trouve cet animal fascinant, pas vous? Saviez-vous que pour chasser ses proies sous-marines, il ne se servait pas de sa vue mais de son bec? Il est entouré de très nombreuses terminaisons nerveuses et doué d’électroréception, un peu comme le sonar des chauves-souris, mais pour repérer les infimes modifications de champs électriques que provoquent les mouvements des insectes ou des larves.

- C’est fascinant, répondit Kate. Alors comme ça, en plus d’être un auteur de polars à succès, vous êtes aussi un expert des ornithorynques ?

- J’ai vu un reportage à leur sujet à la télé l’autre jour.

- Je ne savais même pas que ce genre d’émissions existait.

- Normal, quand on n’a pas la télévision, pensa-t-il à voix haute. Et puis ces émissions sont réservées aux insomniaques.

- Comment savez-vous que je n’ai pas la télé? Demanda-y-Elle surprise.

- Oh...Euh... J’ai dit ça comme ça...

- Et vous avez fait mouche, dit-elle en fronçant les sourcils.

- Un coup de bol, je devrais jouer à la loterie. Sinon, dites-moi? Que fuyez vous?

- Qui vous dit que je fuis quelque chose?

- Ce n’est pas la meilleure saison pour lire dehors... Sérieusement? Mon siège est tellement froid que je crains d’attraper des engelures sur une partie sensible de mon anatomie!

- Ouh! Je vous plains!

- Quoi? Votre siège est isolé peut être?

- J’ai transporté mon livre dans un sac à dos, j’ai pris un coussin aussi. Là, je suis assise dessus...

- Oh! Vous êtes prévoyante, c’est bien. Sinon? Vous n’avez pas répondu à ma question, rappela Castle.

- Ici, je suis sûre que personne ne viendra me demander si je vais bien comme si j’étais si fragile que le moindre coup de vent pouvait me faire tomber.

 

Non, juste une boule de neige lancée par un ado, songea-t-il.

 

- Je sais bien qu’ils s’inquiètent pour moi, ajouta-t-elle, mais ce n’est pas en paniquant au moindre de mes gestes qu’ils empêcheront le danger! Tout ce qu’ils réussissent à faire, c’est me gâcher la vie. Si je dois mourir brutalement d’ici quelques mois, j’aimerais au moins pouvoir profiter du temps qu’il me reste!

 

Il sourit, comprenant parfaitement ce qu’elle voulait dire parce qu’il ressentait la même chose. Martha et Alexis réagissaient exactement de la même manière avec lui depuis son arrêt cardiaque et il trouvait ça exaspérant.

Les dernières paroles de Kate l’inquiétèrent, mais il n’osa pas lui en demander plus sur sa santé.

 

- Je vous offre quelque chose à boire, proposa-t-elle pour changer de sujet. Qu’est-ce que vous voulez?

- Euh... La même chose que vous... Répondit-il surpris.

- Vous êtes sûr? Grimaça-t-elle.

- Pourquoi cette question? Qu’est-ce que vous buvez?

- Une grenadine. Ce n’est vraiment pas terrible...

- Une grenadine? Répéta-t-il étonné. Pourquoi en buvez-vous si vous n’aimez pas ça?

- C’est justement parce que j’espère me rappeler pourquoi...

- Pourquoi? Répéta-t-il intrigué.

- Quand je me suis réveillée après mon ... accident, expliqua-t-elle évasive ne souhaitant pas entrer dans les détails, c’est le premier et le seul mot que j’ai été capable de dire pendant des jours.

- Grenadine? Répéta-t-il amusé. Qu’est-ce que c’est? Un mot de secours pour un club SM?

Elle éclata de rire.

- Je ne sais pas si j’étais une adepte de ce genre de club avant, mais si c’est le cas, je ne suis pas en capacité d’y retourner pour le moment. Alors? Vous voulez une grenadine?

- Parfaitement! J’aime bien la grenadine.

 

Elle passa la commande et revint s’installer en face de lui. Elle ne cessait de l’observer en douce. Cela amusa beaucoup Rick, car sa curiosité exacerbée l’empêchait d’être discrète. Il se sentait heureux de la retrouver, de passer un peu de temps avec elle, même si elle l’avait oublié.

- Alors? Demanda-t-il au bout d’un moment de silence. Mon visage vous dit quelque chose?

- Non... Répondit-elle désolée.

- Ça n’est pas grave, ça reviendra, sourit-il gentiment. Et sinon? Qu’est ce que vous en dites? Ce visage vaut le coup d’œil, non?

 

Elle pouffa.

- Eh! C’est vexant! Protesta-t-il.

- Ne vous vexez pas! Votre visage est très joli!

- Joli? C’est curieux comme choix d’adjectif.

- C’est un synonyme de beau, je ne vois pas ce que ça a de curieux.

- Ça fait enfantin ou féminin...

- Oh! Je ne voulais pas froisser votre virilité! Le rassura-t-elle. Votre visage est très beau.

- J’aime mieux ça.

- C’est votre nez...

- Qu’est-ce qu’il a mon nez? Demanda-t-il en le couvrant aussitôt avec sa main.

- Ne le cachez pas, rit-elle, il n’est pas difforme.

- Qu’est ce qu’il a alors?

- Il est légèrement dévié, comme s’il avait été cassé. Pourtant vous n’avez pas l’air du genre à aimer vous battre.

- Oh! Bien joué Sherlock! Fit-il admiratif. Vous avez raison, je suis plutôt du genre non-violent, mais j’ai reçu un sacré coup de poing un jour.

- Mince! Et vous n’avez jamais songé à voir un chirurgien esthétique pour rectifier les dégâts?

- Non, ce coup de poing était mérité et mon nez me rappelle combien j’ai été stupide à chaque fois que je me regarde dans un miroir.

 

Le téléphone de Kate se mit à sonner. Elle leva les yeux au ciel agacée.

- Il est minuit Cendrillon? Comprit Castle.

- C’est un peu ça, mon amie est arrivée chez moi et panique parce que j’ai disparu.

- Vous n’avez pas prévenu vos proches que vous sortiez?

 

Elle se contenta de lui adresser un regard coquin. Elle avait peut être oublié leur passé, mais elle restait la même. Une jeune femme forte, indépendante et un peu rebelle.

- Il faut que j’y aille, annonça-t-elle en se levant, sinon je vais avoir droit à une crise monumentale.

 

Le téléphone de Rick sonna à son tour.

- On dirait que le couvre-feu vient également de sonner pour moi, dit-il.

- Bon, bah il est temps d’y aller, sourit-elle.

- A très bientôt j’espère, répondit-il rêveur.

- Bonsoir, ça suffit. 

- Pour un écrivain c’est banal de dire « bonsoir», tandis que « à très bientôt j’espère » c’est plus prometteur. 

 

Elle ne répondit pas tout de suite, semblant réfléchir à ses paroles.

- À très bientôt j’espère, ça me va, sourit-elle avant de le quitter.

 

Il ne la quitta pas du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse au loin. Il se laissa retomber sur sa chaise en soupirant: « Je l’aime! »

Son regard se posa sur le verre de Grenadine qu’elle avait laissé sur la table.

- De la grenadine...?

 

 


Minefuji  (23.03.2019 à 13:15)

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cinto, 15.10.2019 à 18:51

Vous voulez poser une question à Henry? RDV au sondage chez The Tudors et Régalez-vous à commenter. Merci à tous.

CastleBeck, 15.10.2019 à 22:21

Un nouveau concours d'écriture vous attend sur le quartier Castle. Merci

juju93, Avant-hier à 22:14

3ème catégorie des L d'or de The L Word : le personnage masculin (oui masculin vous avez bien lu) qui aurait mérité d'être + approfondi.

Locksley, Hier à 15:33

L'interview de bloom74, HypnoVIP, est publiée à l'Accueil ! Bonne lecture et bon après-midi !

sabby, Hier à 21:05

Hello bonsoir ! Un nouveau survivor vous attend sur S.W.A.T Bonne soirée à tous !!

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