VOTE | 692 fans

Monde virtuel de Castle

Trouble

Créateur : Minefuji 
Date de création : 24.12.2018 à 13h20

Message du créateur :
Cette année, j’ai eu envie de mettre un petit cadeau au pied du sapin du quartier Castle. L’inspiration m’est venue cette fois en écoutant la chanson Trouble de Cold Play.

Cet épisode compte 123 paragraphes

Afficher l'épisode

Chapitre soixante et un

 

- Non! Paula! Il n’est pas question que l’on ajoute des dates à cette tournée! Râlait Castle au téléphone.

- ....

- Gina peut dire ce qu’elle veut, nous avions convenu d’un planning, il n’est pas question de le changer!

- ...

- Mais parce que j’ai une vie et que j’ai déjà prévu des choses pour le moment où je rentrerai de cette tournée! 

- ...

- Non, je ne te dirai pas de quoi il s’agit. Il n’est pas question que je change mes projets!

- ...

- Parce qu’il s’agit de ma vie privée et que le mot privée est suffisamment clair pour être compris même par mon ex-femme qui a un compte en banque à la place du coeur!

- ...

- C’est ça! Et dis lui que je lui offrirai un dictionnaire pour son anniversaire! Et j’y collerai des repères aux pages des mots vie privée, respect et contrat!

 

Alexis, qui venait de descendre de son tabouret,  fit trois pas vers le bureau de son père s’arrêta et s’écria vers la porte ouverte:

- Papa! Je file au lycée! Kate m’y emmène en moto! Passe une bonne journée à ce soir!  

- A ce soir chérie! Lança la voix de Rick depuis le bureau.

Kate secoua la tête amusée, attrapa sa veste et deux casques dans la penderie et en tendit un à la jeune fille dont le visage s’ornait maintenant d’un immense sourire.

 

- En moto? Réagit Rick au bout d’un bon quart d’heure.

 

Calme-toi Ricky, il ne faut pas prendre l’Interstate pour se rendre au lycée de ta fille, se morigéna-t-il. Et puis Kate ne prendrait pas le moindre risque avec Alexis à l’arrière de sa moto.

 

Il s’apprêtait à appeler Kate lorsque Martha arriva dans son bureau. 

 

- Bonjour Trésor! Oh! Toi, tu as ta tête des mauvais jours! Qu’est-ce qu’il t’arrive encore?

- Beckett a emmené Alexis au lycée ce matin... En moto!

- Et alors? Si tu n’étais pas d’accord il suffisait de le lui dire. Elle aurait compris.

- Justement, j’étais au téléphone avec Paula quand Alexis me l’a dit, je ne l’écoutais que d’une oreille très distraite...

- Comme hier soir, quand Alexis nous a raconté que ses amis et elle étaient partis en quad pour leur excursion...

- En quad?

- Elle est maligne, ces engins ont quatre roues, mais ils sont tout de même suffisamment dangereux pour faire paniquer n’importe quel parent!

- Pourquoi faut-il que les adolescents soient fascinés par ces engins? Soupira Castle.

- Parce que ça leur donne une certaine indépendance! Répondit Martha. Et les parents ne peuvent pas lutter contre ce besoin qu’éprouvent les jeunes d’être libres. C’est la vie. Dois-je te rappeler ce que tu m’as fait subir, toi quand tu avais l’âge d’Alexis? Et ce que tu me fais encore subir maintenant en jouant les policiers avec Katherine? 

- C’est totalement différent! 

- En quoi est-ce différent? 

- Bah... Euh... Je ne sais pas, mais c’est différent, c’est tout! Ronchonna l’écrivain.

- C’est vrai, c’est différent, reconnut Martha après réflexion.

- Ah! Tu vois? Tu le reconnais!

- Oui! Alexis est bien plus mature et raisonnable que tu ne le seras jamais! Déclara Martha.

- Touché, soupira Rick devant l’évidence.

- Et tu ferais mieux de profiter de tes moments avec Katherine et ta fille au lieu de psychoter comme ça! Premièrement parce que la peur n’évite pas le danger et deuxièmement parce que tu pars en tournée dans deux jours et qu’elles te manqueront atrocement à ce moment là. 

- La voix de la sagesse, sourit l’écrivain.

- Eh oui et comme dit l’adage, la sagesse n’attend pas le nombre des années.

- La sagesse? Ce ne serait pas la valeur n’attend pas le nombre des années, plutôt?

- Non, Pluto, c’est le chien de Mickey!

- Où avais-je la tête, sourit Castle en l’embrassant avant de quitter son bureau.

- Où vas-tu?

- Passer quelques heures avec ma petite amie! 

- Bravo! Approuva Martha en levant le poing. Carpe diem ! 

 

Rick arriva peu de temps après au poste et déposa un café sur le bureau de sa muse, qui lui adressa un merveilleux sourire  en relevant la tête.

- Un latte sans sucre avec double dose de vanille, annonça-t-il fièrement.

- Oh! Rick! Tu lis dans mes pensées!

Il s’installa sur sa chaise, heureux d’être là.

- Toujours punie? Demanda-t-il sur le ton des confidences. 

- Toujours. Mais ne t’en fais pas, je sais rester tranquille, et puis la paperasse, ça n’est pas le grand frisson, mais c’est mieux que la circulation.

- En parlant de circulation... Ça a été pour déposer Alexis à son lycée?

- Oui! Je sais que la moto te fait flipper, mais j’ai été très prudente et ça nous a permis d’être à l’heure malgré la circulation.

- Ce sont surtout les autres conducteurs qui me font flipper quand deux des femmes les plus importantes de ma vie sont sur une moto.

- Dis-toi que le fait que je l’emmène de temps en temps en moto, fera peut être passer l’envie à ta fille d’avoir sa propre moto.

- Ou cela confirmera son envie et elle trouvera le moyen de s’en procurer un avant la fin de l’année.

- Rick...

- Ne t’en fais pas, j’ai bien conscience que c’est un moyen d’émancipation pour les adolescents et que ma fille finira bien par quitter le nid. Autant commencer à m’y habituer, soupira-t-il.

- Oh! Toi, tu as eu droit à une conversation mère-fils !

- Exactement! On t’a déjà dit que tu étais bien trop qualifiée pour ce job?

- Je suis utile, c’est tout ce qui compte, sourit Beckett.

- Et sinon... Où sont les gars?

- Sur le terrain. Ils ne sont pas punis, eux.

- Ils ont une affaire?

- Eh oui. Et ils ne se sont pas privés de me taquiner à ce propos, soupira Beckett.

- Je n’aurais jamais cru le capitaine Montgomery capable d’une telle sévérité envers toi. Il te passe tout d’habitude!

- N’importe quoi! Si je ne suis pas punie d’habitude, c’est parce que je respecte les règles! Je suis une grande professionnelle et c’est d’ailleurs pour ça que je suis chef d’équipe!

- Mhm... Il n’a rien dit quand tu m’a passé ton arme de secours quand on pourchassait Scott Dunn...

- C’était un cas de force majeure ! L’agent Shaw était en danger!

- Et la fois où...

- Ne cherche pas, dit-elle alors qu’il se creusait la tête depuis plusieurs minutes, celui qui a l’habitude de ne pas respecter les règles, c’est toi! Pas moi.


Minefuji  (22.02.2019 à 19:39)

Chapitre soixante-deux

 

Cela faisait quatre jours que Castle était parti en tournée. Le temps était pluvieux, heureusement Kate avait retrouvé sa bonne vieille Crown Victoria.

Beckett avait repris ses habitudes de célibataire de même que son logement. Elle passait également voir Alexis chaque matin et en profitait pour prendre son petit déjeuner avec elle avant de l’emmener au lycée. Elle l’aidait même parfois pour certains devoirs. Ça égayait un peu ses journées monotones passées au poste en attendant que la colère du capitaine soit retombée. 

Elle venait de déposer Alexis au lycée et avait décidé de passer voir Lanie avant de rejoindre son poste pour une nouvelle journée enfermée au poste.

- Salut Lanie! Lança-t-elle en passant la porte de la morgue.

- Salut Chérie! Dis-donc, tu as l’air en forme! 

- Pourquoi je ne le serais pas? Demanda Kate étonnée.

- La tournée de Castle ! Il ne te manque pas trop ?

- Je n’ai plus dix-sept ans! Je sais passer quelques jours sans voir mon petit ami...

- Oh! Il n’y a pas d’âge pour la maladie d’amour, plaisanta la légiste. 

- Et toi, dis moi ? Il fait toujours beau au paradis ?

- Je n’ai pas à me plaindre. Javier est très attentionné, il sait se montrer prévenant et serviable, tout en n’oubliant pas de me laisser l’espace nécessaire pour que je n’étouffe pas...

- Oui, il en profite pour aller voir des matchs avec Ryan ou pour jouer aux jeux vidéos, sourit Beckett qui avait entendu ses collègues planifier leur prochaine soirée entre mecs.

- Et j’en suis ravie! Je crois qu’on a trouvé un bon équilibre. 

- C’est chouette. 

- Revenons à toi, annonça Lanie bien décidée à tout savoir de son amie. Tout va bien?

- Oui, ça va...

- Oh! C’est un tout petit ça va, ça! Qu’est-ce qu’il se passe?

- Rien! J’en ai juste marre d’être cantonnée au poste. Montgomery a la rancune tenace.

- Il faut dire que tu as fait fort aussi, rappela Lanie. 

- Il fallait bien! Le meurtrier de Royce allait s’en sortir!

- Et tes petites vacances supplémentaires avec ton écrivain? C’était histoire de décompresser? Sourit la légiste.

- Bah, techniquement, j’étais en congés, répondit Beckett dans un haussement d’épaules. J’aurais eu tort de ne pas en profiter...

- Sans doute, mais ne te plains pas d’avoir retrouvé le capitaine furax. Esposito m’a raconté qu’il n’était vraiment pas à prendre avec des pincettes quand tu étais absente... Il y a eut une épidémie de grippe au poste pendant ton absence. Ils ont été en sous-effectif pendant tes vacances!  Il n’a vraiment pas été ravi d’apprendre que tu avais choisi pile ce moment pour les prendre! 

- De toute façon je m’en fiche, si c’était à refaire, je referais la même chose, fit Kate indifférente.

- Wah! J’adore quand tu es comme ça ! Enfin pas trop, hein! Quand tu risque ta peau, je n’aime pas du tout! Bon. Donc, si c’est pas le boulot qui te tracasse, qu’est-ce que c’est? Un souci avec Castle?

- Non, ça va.

- Menteuse! Accouche! Ordonna Lanie. Qu’est-ce qu’il s’est passé avec Castle?

- Bah rien. Tout allait pour le mieux, c’est juste qu’il est devenu... Bizarre... finit par avouer Beckett en fronçant les sourcils.

- On parle de Castle là! Bizarre, c’est son deuxième prénom! Rétorqua Lanie comme s’il s’agissait d’une évidence. Alors? Bizarre comment?

- Bizarre comme refuser qu’on boive une seule goute de vin la veille de son départ... Tu imagines ça? C’était devenu un petit rituel romantique entre nous! 

- Boire de l’alcool quotidiennement, c’est le début de l’alcoolisme, répondit Lanie docte. Ça n’est pas mal s’il en a conscience et qu’il essaye de freiner votre consommation.

- C’était seulement du vin! Pas du whisky ou de la vodka!

- Ça reste de l’alcool, tu es bien placée pour le savoir, répondit la légiste se souvenant parfaitement des difficultés rencontrées par le père de son amie après le décès de sa femme. Mais il n’y a pas que ça, n’est-ce pas? 

- Non! Il s’est mis à se réjouir du fait que je sois coincée au poste! Il sait pourtant combien j’aime les enquêtes sur le terrain.

- C’est peut-être sa façon de dédramatiser son départ. Il n’avait pas envie que tu « t’amuses» sans lui. 

- Ouais... Il est assez immature pour avoir pensé ça...

- Tu vois? Pas la peine de t’en faire pour ça. Tu devais bien imaginer que votre relation aurait un côté surréaliste.

 

 

********

 

De son côté, Rick s’installait dans la suite luxueuse de l’hôtel que Black Pawn avait réservé à Boston. Il ouvrit les rideaux pour découvrir un temps aussi maussade que son humeur. 

 Tout allait encore parfaitement bien pour lui quelques jours auparavant, mais tout ce bonheur semblait si loin déjà. Il poussa un énorme soupir avant de se décider à vider sa valise. Encore! Ça faisait partie des choses qu’il détestait dans les tournées: faire et défaire ses valises tous les deux jours!  Il y renonça presque aussitôt, pour s’intéresser au contenu du minibar, la faim commençant à se faire sentir.  Des petites bouteilles d’alcool, des paquets de noix de cajou, des chips, des barres chocolatées, des sodas… Rien que des choses recommandées par les médecins et les dentistes! Tant pis, ça lui permettrait d’attendre jusqu’au dîner. 

Il venait d’entamer le paquet de noix de cajou, quand la porte de sa chambre s’ouvrît.

- Alors? Qu’est ce que tu fabriques? S’écria Paula son agent en entrant à la façon d’une tornade. 

- Salut Paula, content de te voir, répondit-il. Une noix de cajou?

- Non merci! Tu as oublié que tu es attendu pour discuter des derniers détails avant les festivités de ce soir?

- Nan, répondit-il nonchalamment en gobant au vol une noix qu’il venait de lancer. Wah! T’as vu ça? 

- Okay! Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda Paula qui connaissait parfaitement l’écrivain.

- Rien... C’est seulement... Tout ce cirque là... Ça me barbe un peu...

- Sérieusement? Il va y avoir des tas de filles qui vont te supplier de signer sur leur poitrine! Ça ne t’a jamais ennuyé jusqu’à aujourd’hui!  

- Eh ben maintenant ça m’ennuie, bougonna l’écrivain. Il faut croire que j’ai mûri.

- J’aurais pu te croire, si tu ne venais pas de jouer avec des noix de cajou comme un gamin!

- Mûrir ne signifie pas renoncer à tous les petits plaisirs de la vie, répondit Rick nonchalamment.

- C’est ta rupture avec Gina qui te tracasse? J’ai discuté avec elle hier soir, elle ne t’en veut pas, tu sais?

Rick jeta le paquet de noix de cajou dans la poubelle et retourna vers le minibar.

- Gina n’a rien à voir là dedans, répondit-il au bout de quelques instants. Rahhh! Pourquoi n’ont ils pas mis de chantilly dans ce minibar?

- S’il n’y a que ça pour te faire plaisir, je vais demander à ce qu’on aille t’en chercher. Dépêche- toi de te préparer!

- Okay soupira l’écrivain. Je serai en bas dans vingt minutes.

- Parfait! Au fait, tu dînes avec Gina ce soir!

- Quoi? Pourquoi je suis puni?

- Ça s’appelle le travail, Castle! Même toi t’es obligé de t’y coller de temps en temps! Lança Paula avant de quitter la pièce.

- Pfff! Le travail! Soupira l’écrivain avec dédain.


Minefuji  (23.02.2019 à 19:35)

Chapitre soixante-trois

 

La sonnerie de fin des cours avait à peine retenti, qu’un flot continu de lycéens se dirigeant d’un pas plus ou moins rapide vers la sortie de l’établissement s’était formé.

Alexis Castle, discutant joyeusement avec ses amis apparut au milieu de la foule des adolescents soulagés de pouvoir enfin regagner leurs pénates.  La jeune fille aperçut rapidement une voiture désormais familière, salua ses amis et rejoignit le véhicule en trottinant.

- Salut Kate! C’est gentil d’être passée me chercher! 

- Salut Alexis! J’ai fini tôt aujourd’hui, alors je me suis dit que je pourrais passer te prendre et te proposer une soirée cinéma, qu’est-ce que tu en dis?

- Que c’est une super idée! En plus demain c’est samedi, donc je n’ai pas de devoirs! 

- Alors c’est décidé, on passe chez toi pour déposer tes affaires et appeler ton père et on file! 

- C’est un super programme! Approuva l’adolescente.

 

Elles arrivèrent assez rapidement au loft, Beckett, qui connaissait NewYork comme sa poche, savait parfaitement éviter les rues encombrées de circulation à cette heure. Dans le salon, Martha était en grande agitation, comme souvent. 

- Salut Grand-mère! Lança Alexis en venant l’embrasser avant de filer vers sa chambre.

- Bonsoir Trésor! Répondit Martha sans cesser de s’agiter au milieu d’un tas de papiers déposés çà et là dans le salon.

- Bonsoir Martha! Tout va bien? Demanda Beckett en entrant à la suite d’Alexis. 

- Oh! Bonsoir Darling! Oui, ça va... C’est cette paperasse, monter sa propre école de théâtre a des côtés administratifs plus que barbants...

- Comme je vous comprends, sourit Kate compatissante. La paperasse... Mais... Je pourrais vous donner un coup de main en rentrant du cinéma ou demain, si ça vous dit.

- Ne vous embêtez pas pour moi, Darling, je saurai me débrouiller... 

- Ça ne m’embête pas du tout! Nous ferons ça autour d’une tasse de thé et de quelques viennoiseries.

- Faisons ça alors, se réjouit Martha, on papotera entre filles, j’aime joindre l’utile à l’agréable.

 

Pendant ce temps, Alexis, qui avait fini de se préparer, appelait son père comme chaque soir.

- Hey! Salut ma puce! Se réjouit Castle heureux d’entendre la voix de sa fille comme tous les soirs.

- Tu t’ennuies toujours autant, constata Alexis perspicace.

- C’est mortel! Gémit l’écrivain. 

- Je croyais que tu aimais ces soirées où tu étais le centre d’interêt et où tes fans te demandaient de signer sur leur poitrine...

- Les soirées ça va... Même si je me contente de signer sur des papiers ou dans mes bouquins désormais. Non, ce qui est pire que tout, ce sont ces moments affreusement longs passés dans ma chambre d’hôtel ou à faire des ronds de jambe devant les VIP. Je pensais que j’étais la VIP!

- Il faut bien en passer par là, si tu ne veux pas avoir à payer les frais de cette tournée... Répondit Alexis sagement.

- Mhm... marmonna Castle incapable de trouver d’autres arguments. Sinon, qu’est-ce que tu fais ce soir?

- Je vais au cinéma avec Kate. 

- Oh! Génial! Vous prenez la voiture, hein? La moto ce n’est pas très prudent par ce temps...

- Papa, il ne pleut plus depuis ce matin! Les rues sont sèches.

- Oui, mais il y aura des conducteurs éméchés, c’est vendredi soir! 

- Papa... soupira Alexis, qu’est ce qu’il te prend? Tu es bizarre depuis que tu es en tournée! 

- Rien! Je n’ai rien! Se défendit Castle. Il ne m’arrive absolument rien! Et toi, dis moi? Tu n’as rien à me dire? Tu sais bien que tu peux tout me dire!

- Non, je n’ai rien à te dire, pourquoi est-ce que tu crois que je te cache quelque chose?

- Euh... Pour rien! Passe une bonne soirée ma puce! 

- T’es sûr que ça va Papa? 

- Oui, ça va, répondit Rick la voix légèrement étranglée par l’émotion. Ça va. Tu me manques, c’est tout. 

- Tu devrais te coucher plus tôt ce soir, conseilla Alexis. Ça ne te va pas le manque de sommeil... Tu n’es plus tout jeune papa...

- Non mais oh! Un peu de respect! Râla l’écrivain. Je ne suis pas vieux! Je peux enchaîner les nuits blanches sans problème!

- Papa... souffla Alexis comprenant qu’il songeait déjà à faire n’importe quoi pour lui prouver qu’il était jeune. Kate est là, tu veux que je te la passe?

- Kate est avec toi?

- Elle discute avec Grand-mère dans le salon, je descends pour te la passer.

- D’accord, fais ça.

 

Alexis dévala donc les escaliers pour passer le téléphone à Kate. En attendant, Rick se réjouissait qu’Alexis et Kate  s’entendent si bien, ce qui était étrange car il n’avait pas du tout  aimé quand Gina avait essayé de se rapprocher de sa fille. Peut-être qu’il ne se sentait pas menacé par Kate. Kate n’essayait pas de s’immicer entre Alexis et lui, elle complétait le tableau plutôt. Et puis, contrairement à Gina, il ne se lassait jamais de la présence de Kate. Quand il ne la voyait pas une journée, il en était malade! 

- Hey! Salut toi! Lança la douce voix de Kate dans le combiné.

- Hey! Salut! Répondit-il joyeusement. Comment vas-tu?

- Bien. Enfin, tu me manques, mais je vais bien. Le capitaine semble s’être calmé, il ne devrait pas voir d’inconvénient à ce que j’aille sur le terrain pour notre prochaine affaire.

- Le travail au poste, c’est bien aussi! Répondit Rick sur un ton qu’il espérait détaché. Tu es une experte quand il s’agit de mettre les indices sur le murder board et tu n’as pas ton pareil pour les assembler et débusquer la faille dans le plan du meurtrier.

- Tu es sûr que tu vas bien? Demanda Kate de plus en plus déboussolée par l’attitude de Rick.

- Bien sûr que je vais bien! J’ai signé au moins trois cents dédicaces aujourd’hui! J’en ai presque des ampoules aux mains. La soirée d’hier était fantastique, mais tu m’as beaucoup manqué, comme toujours. Et toi? Dis-moi? Tu n’as rien d’autre à me dire? 

- Non... Euh... Ah si! J’ai découvert une fantastique petite pizzeria l’autre jour, il faudra que je t’y emmène quand tu seras de retour, leur calzone est délicieuse! 

- Oui, ça sera génial...

- Tu vas bien? Ta voix est bizarre...

- Oui, ne t’en fais pas, c’est que je viens de me rappeler que je dois dîner avec Gina ce soir, c’est l’angoisse.

- Elle ne doit pas être si horrible que ça, rit-elle. Après tout tu l’as bien épousée.

- Ouais... Je me demande bien ce qu’il m’a pris ce jour là... soupira l’écrivain. Bon, je vais te laisser ou tu seras en retard pour ta séance de cinéma... Je t’appellerai demain matin.

- Oh! non, ne m’appelle pas! J’ai un rendez-vous demain matin, je t’appellerai quand je serai sortie. 

- D’accord. Bonne nuit Kate.

- Bonne nuit Rick. Bon courage pour ton dîner. 

 

 


Minefuji  (24.02.2019 à 20:55)

Chapitre soixante-quatre

 

Cela faisait une bonne heure que Rick tentait d’écouter ce que Gina lui racontait, mais tout ce qui lui parvenait aux oreilles n’était qu’une immense suite de bruits ressemblant à « bla-bla-bla bla bla bla bla. » Pourquoi fallait-il qu’il subisse ces repas d’affaires pour vendre ses bouquins? Au début de sa carrière d’accord, mais maintenant? Il n’avait plus besoin de ça. Son nom à lui seul garantissait un nombre confortable de ventes! Même s’il avait tué son héros pour lancer un nouveau personnage! Ses fans le suivaient les yeux fermés. Le premier volume de la saga Nikki Heat avait rencontré un très beau succès! Un succès tel qu’il allait être adapté au cinéma! 

Il se sermonna mentalement, ce n’était pas le moment d’énerver Gina en se montrant impoli! Elle semblait contente du déroulement de la tournée et ne lui parlait pas des délais pour son roman suivant. S’il se tenait bien, il n’aurait pas à se planquer pour partir en vacances avec Kate.

Il se concentra sur son visage, s’il la regardait, elle ne s’apercevrait peut être pas qu’il ne l’écoutait absolument pas. Était-ce un bout d’épinard là entre ses dents? Il était absolument énorme! Comment pouvait-elle ne pas s’apercevoir qu’il y avait un morceau de cette taille entre ses dents? Ça devait la gêner pour parler... 

- Richard? Tu vas bien? Richard? RICHARD!

- Hein? Ah... Euh... Oui, je suis d’accord, bafouilla Castle avant de se rendre compte qu’il venait peut être d’accepter quelque chose dont il ne voulait absolument pas, mais... Je ne suis pas certain... On devrait en reparler plus tard...

- Arrête ça! Tu n’as rien écouté de ce que je t’ai dit, soupira Gina loin d'être dupe.

- Mais je t’assure que j’ai essayé! Se défendit l’écrivain.

- Qu’est-ce qu’il se passe? Tu as des soucis? 

- Non, je n’ai pas de souci...

- Mais quelque chose t’ennuie, conclut Gina. Tu peux me parler, tu sais?

- Je sais, oui, mais je n’ai absolument pas envie de me confier à toi. Tu es mon ex-femme, ce qui signifie que nos rapports ne sont plus suffisamment proches pour que tu deviennes ma confidente. Nous n’avons pas d’enfants, notre seul lien est professionnel!

- Ne t’en fais pas, je sais très bien tout ça! Répondit Gina d’un air pincé. 

- Bien! Tant mieux! Se réjouit Castle.

Finalement ça n’etait pas si difficile que ça de mettre les limites à son ex-femme.

- Parfaitement! 

- Euh... Excuse-moi, mais il faut que j’aille aux... Enfin... tu vois?

- Oui, pas la peine de me faire un dessin, vas-y!

 

Il s’absenta quelques minutes et revint à leur table, bien décidé à ne pas faire traîner leur dîner en longueur. Gina était calme et détendue, ce qui atténuait un peu la corvée que représentait ce dîner, si en plus il réussissait à l’abréger, cette soirée ne serait pas aussi épouvantable que prévu.

*********

De leur côté, Kate et Alexis passaient une soirée très agréable. Le film qu’elles avaient choisi était excellent  et elles avaient terminé la soirée en discutant autour d’un chocolat chaud agrémenté de mini marshmallows avec Martha. 

- Tu n’as pas trouvé que papa était bizarre tout à l’heure au téléphone? Demanda finalement Alexis à Kate.

- Si... Un peu... Il est bizarre depuis qu’il est parti en tournée, reconnut Kate.  

- Richard est souvent étrange, fit remarquer Martha. Il part dans son imaginaire comme ça sans prévenir. C’est une de ses manies d’écrivain.

- Oui, mais là, il semblait penser que je lui cachais quelque chose, argumenta Alexis.

- Tu grandis, chérie, répondit Martha. Il ne sait pas vraiment comment se positionner par rapport à ça.

- Et ce ne sont pas les ados à problème que nous croisons au détour de nos enquêtes qui vont le rassurer, ajouta Kate en se demandant ce qu’elle même avait bien pu faire pour que Rick se demande si elle lui cachait quelque chose.

 

*********

 

Le lendemain matin, Kate arriva de bonne heure au loft avec les viennoiseries promises. L’idée d’aider un peu Martha à monter son école de théâtre lui plaisait beaucoup. Ou alors était-ce l’idée de passer un peu de temps avec elle, comme elle l’aurait fait avec sa propre mère si celle-ci avait été encore en vie. Oh! Bien sûr Martha était bien plus excentrique que Johanna, mais elle l’accueillait toujours avec bienveillance et n’était jamais avare de câlins quand elle la saluait et si cela avait surpris la détective au départ, cela lui réchauffait le cœur désormais.

Martha et Alexis l’attendaient et lui ouvrirent la porte à peine avait elle appuyé sur la sonnette. 

L’odeur du café fraîchement passé embaumait la pièce. Elles s’embrassèrent chaleureusement et prirent leur petit déjeuner en discutant gaiement. Kate aida Martha à compléter sa paperasse tandis qu’Alexis étudiait non loin d’elles, en vue d’un contrôle de chimie. 

- C’est très gentil à vous, Darling, de m’aider à venir à bout de tout ce bazar, déclara Martha. 

- C’est naturel, répondit Kate. Et puis ça m’occupe! Je n’ai pas tellement l’habitude de n’avoir rien à faire un samedi matin. D’habitude, c’est le moment où je me pose enfin après une longue semaine pendant laquelle mon travail m’a tellement accaparée que je n’ai pas eu le temps de faire du sport ou un peu de rangement chez moi...

- C’est calme au poste en ce moment? Demanda Martha.

- Plus que calme! Après mon coup d’éclat quand j’ai poursuivi un suspect jusqu’à L.A, mon chef a décidé de me cantonner au poste, ce qui fait que chaque soir de la semaine, je me suis défoulée en faisant le ménage et du sport! Ce qui fait que ce matin, je n’avais rien à faire à part un rendez-vous en fin de matinée.

- Eh bien vous m’en voyez ravie, se réjouit Martha, car grâce à vous, ma paperasse est faite! Et j’ai horreur de ça!

- On sait de qui Rick tient ça, rit Kate.

- La vie est trop courte pour s’embarrasser de ces choses bassement Terre à terre, rétorqua Martha avec emphase, ce qui fit bien rire Kate et Alexis.

- Vous avez bien raison, approuva Kate.

 

Leur tâche terminée, Kate les aida à tout ranger avant de leur souhaiter une bonne journée et de filer à son rendez-vous. Ni Alexis, ni Martha ne lui avait demandé de précision quant à ce rendez-vous et elle leur en savait gré. Elle n’aimait déjà pas ce genre de démarche, alors si en plus elle devait en parler! Kate Beckett aimait la discrétion, Alexis et Martha l’avaient bien compris et respectaient cela.

 


Minefuji  (25.02.2019 à 18:10)

Chapitre soixante-cinq

 

Un peu avant midi, Kate appela Rick en revenant de son rendez-vous, comme elle l’avait promis. Bien qu’il ait nié avoir le moindre souci, elle le trouvait vraiment très bizarre depuis son départ et était bien décidée à mettre les pieds dans le plat et à lui faire cracher le morceau. Quelque chose l’ennuyait, elle le savait. C’était l’un de ses super pouvoirs: elle savait déceler les mensonges des gens ou deviner quand ils ne lui disaient pas toute la vérité. Et là, il était évident qu’il lui cachait quelque chose! Il n’avait jamais été aussi bizarre avant ça. Elle repensa à ce qu’ils avaient fait les jours précédent son départ, mais ne trouva rien qui puisse expliquer ces angoisses. Il devait pourtant bien y avoir quelque chose qui avait pu amener à cela, car connaissant l’imagination débordante de Rick, un rien avait pu mettre en marche ses méninges. Si ça se trouvait, il s’était fait tout un cinéma dans sa tête en regardant un reportage à la télé , ce qui expliquait son inquiétude débordante à son égard ou au sujet de sa fille.

Il fallait régler ça au plus vite. Qu’il s’inquiète pour sa fille devenant une jeune femme au milieu de la jungle NewYorkaise, passe encore, c’était même normal! Les adolescents en grandissant ne se confiaient plus autant à leurs parents et leur désir d’émancipation pouvait les mener à faire des choix discutables et les mettre en danger. Même une fille aussi raisonnable qu’Alexis pouvait se tromper et s’attirer des ennuis!

 Mais qu’il s’inquiète ainsi pour elle! Non! Elle était une adulte qui n’avait pas eu besoin de lui et de ses conseils pour vivre seule à Manhattan pendant près de dix ans! Il allait devoir accepter le fait que leur nouvelle relation ne changeait rien à la façon dont elle menait sa vie. Elle était flic, elle n’allait pas cesser ses fonctions sur le terrain parce qu’il venait de se rendre compte qu’elle faisait un métier dangereux! Après tout en trois ans, il avait eu tout le loisir de s’en rendre compte et ça n’était pas maintenant qu’il allait se mettre à jouer les machos protecteurs! 

Est-ce qu’elle flippait parce que son métier à lui rendait des tas de femmes folles de lui? Non, et pourtant quand elle l’avait connu, il couchait avec son ex-femme dès que l’occasion s’en présentait et signait ses autographes sur les poitrines de ses fans les plus délurées! 

Elle lui faisait confiance et même si son côté frimeur l’agaçait parfois, elle ne doutait absolument pas de lui ! À aucun moment lors de leurs conversations téléphoniques, elle ne lui avait demandé si une de ses fans ne s’était pas montrée un peu trop pressante. Elle n’avait même pas pris ombrage du fait qu’il soit là- bas  avec sa deuxième ex-femme, alors qu’il n’avait pas su se montrer ferme avec Meredith quand elle avait débarqué à NewYork ! Il était temps de remettre les pendules à l’heure et de rappeler à Rick la définition du mot confiance. 

 

Elle prit donc son téléphone et lança son appel. Pas question de laisser des non-dits gâcher leur bonheur tout neuf. 

 

À des centaines de kilomètres de là, la chambre de l’écrivain était encore plongée dans l’obscurité , malgré l’heure avancée de la journée. La sonnerie de son téléphone tira Rick du sommeil. Son bras s’éleva de sous les draps pour attraper l’appareil. Il fit tomber au passage les quelques affaires qu’il avait posées sur la table de chevet. Il grogna, avant de remarquer l’heure sur sa montre, la matinée était déjà très avancée. Comment avait-il pu dormir autant alors qu’il n’avait pas fait la fête? Du moins... Un rapide coup d’œil à sa chambre lui confirma qu’il n’avait rien fait de répréhensible. C’était déjà ça! La sonnerie de son téléphone insistait. C’était Beckett. Au moins son mystérieux rendez-vous ne s’était pas éternisé! Quoique...

 

- Castle! Fit la voix de Rick encore ensommeillée.

- Ouh! La nuit fut courte! Rit Beckett. Tu sais qu’il est déjà presque l’heure de déjeuner?

- Mhmmm... Je sais, grogna Rick. Je pense que j’ai un peu abusé hier soir... 

- Tu ne dînais pas avec Gina hier soir?

- Si! Et c’était mortel! Se rappela l’écrivain. Ensuite, nous sommes rentrés à l’hôtel où le maire de... Dans quelle ville est-ce que je suis déjà? Euh... Bref, le maire et presque tout son conseil municipal donnait une réception. Il m’ont convié comme invité d’honneur et adieu le coucher de bonne heure...

- Je vais te laisser te reposer dans ce cas, rappelle-moi quand tu te sentiras un peu mieux, dit Kate compréhensive.

- Non... Attends... Ça va... Marmonna Rick en s’asseyant dans son lit.

- Tu es sûr?

- Oui! Je suis sûr. Tu me manques tellement que je ne vais pas manquer une seule occasion d’entendre ta voix, répondit Castle  sincère. Alors, dis moi, comment te sens-tu ce matin?

- Euh... Bien! Dit Kate un peu désarçonnée par cette question qui tournait à l’obsession ces temps-ci. 

- Tu es sûre?

- Évidemment que je suis sûre! Et si toi, tu me disais clairement ce qui te tracasse? 

- Qu’est-ce qui me... Mais rien voyons! Qu’est ce que tu vas im...

- Castle! Le coupa-t-elle, ça fait des jours que tu es bizarre! Alexis aussi te trouve bizarre! Alors, dis moi ce que tu me caches! 

- Moi je ne te cache rien! Se défendit l’écrivain. C’est toi, qui fais des cachoteries! 

- Mais enfin qu’est-ce que tu vas chercher? De quoi parles-tu? Demanda Kate fronçant les sourcils.

- De ton rendez-vous de ce matin! Répliqua Rick en haussant le ton. Tu ne t’en es pas vantée! 

- D’abord, loin de moi l’envie de m’en vanter, parce qu’il n’ y a aucune raison de s’en vanter... Ensuite ça n’est pas une cachoterie puisque tu es au courant! Dit Beckett piquée.

- Tu me l’as annoncé hier soir! Et en plus, tu ne m’as pas dit de quoi il s’agissait! Rétorqua Castle agacé. On ne peut pas dire que tu m’en aies parlé.


Minefuji  (26.02.2019 à 21:48)

Chapitre soixante-six

 

Il y eut un court instant de silence. Rick s’en voulut de la bousculer ainsi, il savait à quel point il lui était difficile de se livrer, mais c’était sorti tout seul et ça n’était pas plus mal.

- Excuse-moi, se radoucit-il aussitôt. Je n’ai pas à te poser ce genre de question. Tu as tes petits secrets et c’est normal...

- Tu ne me fais pas confiance? S’inquiéta Beckett.

- Si! Bien sûr que je te fais confiance! C’est... Je ne peux pas m’empêcher de m’inquiéter pour toi et pour Alexis... Tu me le dirais si tu avais des ennuis?

- Je n’ai pas d’ennuis, Castle, souffla Kate. 

- Tant mieux... Alors... 

- Pose ta question! Ordonna Beckett. Je n’ai pas envie que tu repartes en roue libre dans ton imaginaire débordant!

- Tu avais rendez-vous ce matin et il est presque midi à NewYork... C’est un rendez-vous super long, non?

- J’ai pris le petit déjeuner avec ta mère et ta fille, j’ai aidé Martha à faire sa paperasse administrative pour la création de son école. Ensuite je me suis rendue au rendez-vous que j’avais! Il n’a pas duré plus de trente minutes.

- Ah...

- C’était un rendez-vous médical de routine! Déclara finalement Kate.

- Tu... Tu es malade? S’inquiéta aussitôt l’écrivain.

- Non, c’est un rendez-vous de routine! J’ai vu ma gynécologue ! Il faut bien y aller de temps en temps... 

- Oh! 

- Tu te trouves un peu stupide maintenant, hein? Dit Kate. 

- Et tout va bien? Demanda Rick surprenant encore une fois sa petite amie.

- Mais oui! Pourquoi demandes-tu ça? 

- Pour rien... Enfin... J’ai fait un cauchemar l’autre nuit, mentit Rick. Je... Ça m’a rendu un peu parano...

- Un peu, hein? Écoute, je vais bien, Alexis va bien, ta mère va bien. On a toutes hâte que tu rentres à NewYork, mais ne t’inquiète surtout pas pour nous, nous allons très bien!

- Merci Kate, murmura Castle.

- Always.

 

Lorsque Kate raccrocha, Rick resta un instant silencieux à observer son téléphone. Il aurait tellement aimé être certain que tout allait bien, mais soit Kate lui mentait, soit c’était sa fille qui le faisait. 

Il ouvrit la pochette secrète de sa valise et en sortit l’objet qui depuis plusieurs jours hantait son esprit.

Le matin de son départ, alors qu’il nettoyait sa tasse de café, il avait remarqué un problème avec l’écoulement de son évier. Comme il avait un peu de temps devant lui avant de partir, il avait décidé d’essayer de trouver ce qui n’allait pas. Il avait donc ouvert les portes du meuble sous l’évier, déplacé la poubelle et les différents bidons et récipients qui se trouvaient dedans et ce fut là, qu’il l’avait découvert. Il avait immédiatement reconnu ce petit objet pour en avoir utilisé un avec Meredith un peu moins de dix-huit ans auparavant. Il l’avait alors ramassé pour l’observer de plus près. Un sentiment mitigé s’était alors emparé de lui car il ne savait pas à qui appartenait l’objet. S’il était à Kate, c’était une merveilleuse nouvelle. S’il était à Alexis, c’était une catastrophe! 

Il avait tout remis à sa place, à part l’objet, puis avait appelé un plombier pour régler le problème de plomberie.

Il n’avait rien dit de sa découverte, espérant qu’Alexis se confierait à lui ou que Kate lui annoncerait la bonne nouvelle. Mais cela faisait plusieurs jours désormais et aucune des deux ne lui avait parlé. Alexis ne semblait pas soucieuse. Ce test ne devait donc pas être à elle. 

Il sourit en songeant au fameux rendez-vous de Kate. Son coeur se gonfla de joie à l’idée d’être papa de nouveau. Kate attendait sans doute son retour à NewYork pour lui annoncer la bonne nouvelle. Oui, ça devait être ça! Elle lui préparait une soirée en tête à tête pour le lui annoncer en bonne et due forme.

Rassuré, il se leva et fila dans la salle de bain pour se préparer pour ses obligations professionnelles.

Les jours qui suivirent, Rick fut sur son petit nuage. Il passait son temps libre à surfer sur le net à la découverte des nouveautés pour bébé. Bon sang, qu’il avait hâte que Kate lui annonce la bonne nouvelle! Ils pourraient faire des projets ensemble pour leur future famille! 

- Future famille! Oh! Mais oui! Moi aussi je vais lui préparer une méga surprise pour la super soirée où elle va me faire son annonce! Tilta soudain l’écrivain.

 

Il se leva et attrapa sa veste pour filer en trombe hors de sa suite. Il avait à peine ouvert la porte, qu’il tomba nez à nez avec Gina dans le couloir.

- Richard? Tu sors?

- Je n’en ai que pour une heure! Deux tout au plus! Pas la peine de t’inquiéter, je serai de retour pour le début de la soirée dans la grande salle!

- J’espère bien! Il y aura du beau monde ce soir, tu sais?

- Je sais, je sais! Pas de problème! Je serai parfait. Tu seras fière de moi!

 

Il fila aussitôt sous le regard intrigué de son ex-femme.

 

Pendant ce temps, à NewYork, Beckett savourait son retour sur le terrain depuis que le capitaine lui avait pardonné son incartade à Los Angeles. Après quelques jours de calme plat, une nouvelle affaire lui avait été confiée. Enfin un peu d’action dans sa vie professionnelle monotone!

Le soir même, elle s’empressa d’appeler Rick pour lui annoncer la bonne nouvelle.

- J’ai une super nouvelle à t’annoncer! Lança-t-elle sans préambule.

- Je t’écoute! Répondit Rick ravi que Kate n’ait pas réussi à attendre plus longtemps pour lui faire son annonce.

- J’ai une nouvelle affaire! 

-  Ne me dis pas que tu te réjouis de la mort de quelqu’un, dit Rick sur un ton de reproche.

- ... Tu as raison... blêmit Kate honteuse. C’est horrible! Je suis une personne horrible! 

- Mais non, tu n’es pas horrible, la réconforta-t-il aussitôt. Je fais ça tout le temps!

- Oui mais toi tu es un gamin inconscient! 

- Oh! T’es dure! 

- Je sais... Pardonne moi s’il te plaît. C’est... C’est la faute du capitaine! Mais oui! C’est ça! S’il ne m’avait pas torturée comme ça pendant des jours, je n’aurais pas été tellement frustrée que j’en serais venue à me réjouir d’avoir une nouvelle affaire!


Minefuji  (27.02.2019 à 17:25)

Chapitre soixante-sept

 

- C’est entièrement la faute du capitaine!  Approuva Castle. Tu as raison! Alors, dis moi, cette nouvelle affaire, euh... Tu penses que les services secrets sont dans le coup? La mafia? Un gang?

- Rien de tout ça, rit Beckett en se disant qu’il était décidément indécrottable avec ses théories improbables. Je pense que c’est une histoire de tromperie. L’assassin est soit la femme, soit la maîtresse de la victime...

- Ouf! J’aime mieux ça! Soupira Castle. 

- Tu es incorrigible! Un vrai gamin qui ne veut pas que j’ai des enquêtes cool sans lui. 

- On ne se refait pas, acquiesça Castle se réjouissant à l’idée que l’enquête de sa muse ne soit pas trop dangereuse. Je tiens à être là quand on fera un remake du parrain ou de James Bond! 

- Ce sont des films, Castle! Rien à voir avec la réalité!

- Certains films sont tirés de la réalité.

- Pas ceux là. Ce sont de pures fictions!

- Pfff... Il y aura bien un jour où tu seras obligée d’admettre le contraire... 

- C’est ça, allez, je t’embrasse Castle, à bientôt! 

- Moi aussi je vous embrasse, répondit machinalement l’écrivain.

- Nous? Tiqua aussitôt Beckett.

- Euh... Toi... Martha et Alexis! Je suppose que tu vas passer les voir, non?

- Tu supposes bien... Bye Castle!

- Bye...

 

Kate resta un instant pensive devant son téléphone éteint. Elle attrapa son calepin et barra une journée de plus avant le retour de son écrivain. Il était temps que cette tournée s’achève et qu’ils se retrouvent enfin!

 

************************************************************************

 

Deux jours plus tard, nouvelle soirée de promo, nouvelles fans hystériques prêtes à tout pour obtenir un peu d’attention de la part de leur idole, nouveau tête à tête avec Gina, qui se révélait étrangement être plus patiente et plus tolérante envers lui et finalement nouvelle victoire pour Castle, qui avait encore survécu à une journée loin de sa précieuse fille et de sa chère Kate. Sa mère aussi lui manquait, mais il n’était pas encore prêt à le reconnaître. Tout comme elle s’évertuait à faire en sorte qu’il garde les pieds sur Terre et ne prenne pas la grosse tête face à son succès, lui s’était fait un devoir de lui faire comprendre que Martha Rodgers était une femme forte et indépendante, qui n’allait pas passer le restant de ses jours à vivre aux crochets de son fils!

Fier d’avoir survécu à une journée de plus de cette tournée promotionnelle, Rick traça un nouveau trait à la manière d’un prisonnier dans son calepin. Il aurait trouvé beaucoup plus cool de les tracer sur le mur, mais comme il changeait d’hôtel tous les deux jours, il aurait eu du mal à tenir le compte...

Il ouvrit le minibar et se saisit d’une bombe de chantilly, son pêcher mignon. Il s’en versa une bonne rasade à même la bouche et s’allongea sur son lit. Si seulement Beckett ou Alexis avait pu l’accompagner! Ils se seraient  amusés... Ils auraient pu visiter les villes dans lesquelles il posait ses valises. 

- Rick! Lança Paula en entrant dans sa chambre.

- Hey! Tu pourrais frapper avant d’entrer! Râla l’écrivain. Je pourrais être dans une tenue que la décence réprouve!

- À chaque fois que j’entre dans ta chambre, tu es en train de te goinfrer de cochonneries! C’est ta balance, qui réprouve ce comportement! Répondit Paula du tac au tac.

- Mais je m’ennuie comme un rat mort ici! Geignit Castle.

- Tu t’ennuies? Et la dizaine de pile de bouquins que tu dois dédicacer pour ce soir? 

- Nan, c’est naze!

- C’est ça ou un tête à tête avec Gina pour préparer l’événement de ce soir.

- Où est mon stylo? Demanda Castle en sautant en bas de son lit.

 

Pendant ce temps, au poste de police de la deuxième brigade de NewYork , Ryan et Esposito s’occupaient de terminer de la paperasse à leur bureau. 

- Eh, vieux, chuchota Ryan à l’adresse de son comparse.

- On n’est pas à l’école, Ryan, bougonna Esposito. Tu peux me parler normalement.

- Jenny a acheté des magazines... commença l’irlandais. Elle les feuilletait hier soir et...

- À d’autres, rigola Esposito.

- Bon, d’accord, j’étais en train d’en feuilleter un, quand je suis tombé sur cet article... Continua Ryan sans prêter attention au regard affligé de son collègue. Ils disent que Castle s’est remis avec Gina Cowell son éditrice et ex-femme.

- Quoi? Mais c’est n’importe quoi!

- Peut être, mais là, ils disent que Castle a été surpris la prenant dans ses bras et pendant le dîner, il avait le regard perdu dans le sien...

- Quel torchon! Heureusement que Beckett ne lit pas ce genre de trucs! Déclara Esposito dédaigneux.

- Il y a une photo! Il a vraiment l’air fasciné par la contemplation de Gina!

 

Esposito attrapa le magazine et le planqua dans son sac à dos.

- Hé ! Mais qu’est-ce que tu fais? Protesta Ryan.

- Pas un mot de tout ça à Beckett! Ordonna le latino. Ça va faire deux semaines que Castle est parti, c’est déjà assez dur comme ça, pas la peine d’en rajouter avec ces conneries!

- Mais si elle tombait dessus?

- Heureusement pour nous, Beckett ne lit pas ce genre de magazine. Il devrait donc suffire de ne plus en apporter au poste!

- Pourquoi tu me regardes comme ça? S’étonna Ryan. Je ne suis pas le seul qui lit ce genre de magazines.

- Nan, mais t’es le seul qui les ramène au boulot. Heureusement que Beckett n’est pas là aujourd’hui.

- C’est vrai ça. Pourquoi elle n’est pas là?

- Elle a pris sa journée... Le pourquoi ne te regarde pas.

-  Lanie ne te l’a pas dit, hein?

- Non, apparemment, c’est un secret entre filles... 

- Qu’est-ce qu’on fait? On appelle Castle?

- Pour lui demander ce qu’elle a?

- Non, pour négocier notre silence quant à cet article sur lui et son ex femme, sourit Ryan. Ça vaut au moins des places pour le basket, ça !

- Ou une virée en Ferrari, sourit à son tour le latino.


Minefuji  (28.02.2019 à 20:41)

Chapitre soixante-huit

 

Alerté par l’appel de Ryan et d’Esposito et par leur tentative de chantage, Rick s’empressa d’appeler Kate, histoire de dissiper tout malentendu. Il n’y avait rien de vrai dans ce que disait ce magazine et il espérait bien que Kate le croirait. Quelques sonneries passèrent, il pria pour qu’elle n’ait pas lu les magazines et qu’elle ne lui fasse pas la tête. Chaque sonnerie supplémentaire était une véritable torture. Finalement au bout d’un temps qu’il trouva interminable, elle décrocha.

 - Hey! Lança la voix joyeuse de Kate dans le combiné.

Ouf! Apparemment elle n’avait pas lu les magazines! 

- Hey! Répondit l’écrivain aussi gaiement. Je finissais par croire que tu ne décrocherais jamais! 

- Mon téléphone était au fond de mon sac, il a fallut que le trouve. Alors? Comment vas-tu?

- Bien! Notre calvaire touche à sa fin! Dans deux jours je serais à NewYork ! Donc ça va de mieux en mieux.

- Oui, se réjouit la détective, comme ça tu pourras me dire si je dois m’inquiéter au sujet de ton engagement dans notre relation...

- Tu as lu le magazine, hein? Compris l’écrivain.

- Exact, rit-elle. Alors? Comme ça, tu as un retour de flamme pour Gina? 

- Mais pas du tout! Tu sais très bien que je suis totalement engagé dans notre relation! Se défendit-il paniqué.

- Ah, donc, tu n’avais pas le regard perdu dans la contemplation de son beau visage? 

- Elle avait un énorme morceau d’épinard entre les dents! J’étais plutôt fasciné par sa capacité à...

Beckett éclata de rire.

- Ravi de voir que ça ne te dérange pas, soupira Castle soulagé.

- Non, puisque ça n’est pas vrai, répondit Beckett. Et puis ça me donne des occasions de te torturer...

- Et l’élève a dépassé le maître, marmonna l’écrivain. Alors? Ton enquête?

- Bouclée! C’était le mari de la maîtresse! Si elle l’avait quitté, il aurait perdu énormément d’argent...

- Te voilà donc revenue à la paperasse, dit-il compatissant.

- Même pas! Ce sont les gars qui s’en chargent!

- Ah bon? Et toi? Où es-tu?

- Euh... Je ne travaille pas aujourd’hui... répondit Kate ennuyée d’avoir trop parlé.

- Tu es chez  toi? C’est pour ça que tu lis les magazines! Mais attends! Tu n’as pas ce genre de magazines chez toi! Où es-tu? Chez le coiffeur? La manucure? Tu te fais belle pour moi? Non, je ne reviens que dans deux jours. Pour qui alors? 

- Castle! Calme-toi! Je ne me fais belle pour personne! Le coupa Kate.

- Pas de pomponnage, okay. Mais alors qu’est-ce qu’il se passe? Tu l’as lu chez le dentiste? Chez le docteur! Oh! Bon sang! Tu es malade! C’est grave? S’empressa de demander l’écrivain.

- Ne va surtout pas te faire un film ou t’inquiéter ! L’avertit Kate. Ça n’est rien du tout!

- Rien du tout, mais tu es en arrêt...

- C’est juste pour quelques jours et encore, je pense bien reprendre plus vite que prévu. Tout va bien! Et si je ne t’en ai pas parlé c’est justement parce que ça n’est rien du tout! 

- Dis-moi au moins ce qu’il se passe!

- Okay, mais d’abord promets-moi de ne pas paniquer.

- Laisse-moi en juger...

- Promets ou je ne te dis rien! S’entêta Beckett.

- D’accord, c’est promis, abdiqua l’écrivain à contre coeur.

- Je suis retournée chez ma gynécologue, avoua Beckett. J’ai dû y retourner pour une petite intervention de routine, rien de grave. Aujourd’hui, je suis au repos, mais très bientôt, je retournerai au poste. Voilà, tu sais tout.

- Ah... Bon... C’est... Bon! Comme tu vois, je ne panique absolument pas! Mentit Castle du mieux qu’il put.

- Ouf! Je ne t’en avais pas parlé, parce que je ne voulais pas que tu t’inquiètes et que ça gâche la fin de ta tournée!

- Non, tu ne gâches rien, répondit calmement l’écrivain. Euh... On frappe à ma porte! Ça doit être Paula, qui vient me chercher de peur que j’ai encore oublié une de mes obligations. Je t’appelle plus tard! Bye! 

- Bye, Castle, tu me manques! Répondit Kate alors qu’il raccrochait déjà.

 

Castle resta un moment figé devant l’écran de son téléphone. Un frisson glacé avait parcouru son dos lorsqu’elle lui avait parlé de cette petite intervention. Ce n’était pas possible! Ça ne pouvait pas être... Il n’osait pas formuler ses pensées de peur que ça ne les rende réelles. 

Personne n’avait frappé à sa porte. Il avait menti. Il avait eu besoin de couper court à cette conversation qui devenait tellement anxiogène pour lui qu’il avait craint d’énoncer l’irréparable.

Il se prit la tête dans les mains. Comment allait-il réussir à encaisser cette information? Il sortit le petit écrin qu’il conservait dans sa poche depuis qu’il en avait fait l’acquisition.  Il était tellement heureux ce jour-là, lorsqu’il avait deviné le secret de Beckett. Il était persuadé que ce signe du destin, cet enfant de la providence, montrait à quel point ils étaient faits l’un pour l’autre. Il pensait que Kate partagerait son avis. Il s’etait précipité dans une bijouterie et avait trouvé la bague parfaite pour Kate. Cet avenir promis par cette bague était-il encore possible désormais? Kate et lui n’en avaient clairement pas la même vision...

Bien sûr, Kate ne s’était pas cachée de son désir de ne pas avoir d’enfant et il respectait ce choix. Mais c’était avant que ce petit bébé Caskett soit conçu... 

 C’était une chose de ne pas vouloir d’enfant, c’en était une autre de mettre fin à... Elle aurait tout de même pu lui en parler! Il était concerné, non?  

Lui, qui était le premier à trouver normal que les femmes disposent pleinement de leur corps, il aurait pu comprendre. Du moins, il le pensait... Il était  facile d’avoir un avis sur ce sujet, ça l’était moins d’y être confronté...

Il avait l’impression de naviguer dans le brouillard. Une vraie purée de pois! Paula vint le chercher pour la soirée. 

Elle remarqua aussitôt sa mine sombre tandis qu’il tentait de noyer sa détresse dans une bombe de chantilly.

- Deux jours! Ça n’est pas le bout du monde! Lança-t-elle pour le secouer. 

Rick se contenta de marmonner dans sa barbe, tandis qu’elle ouvrait la penderie et en sortait la tenue de soirée de l’écrivain.

- Enfile ça! Dépêche-toi! Si tu es en retard, j’en connais une qui va faire de ma soirée un enfer!

- Pas envie... répondit-il morose.

Paula ouvrit le minibar, se saisit d’une petite bouteille de whisky qu’elle lui tendit aussitôt.

- Bois ça! Ça t’aidera.

 

Il observa le flacon un instant, puis se décida à s’en saisir. Noyer son désespoir dans l’alcool, un cliché sans aucun doute, mais c’était sans doute le mieux à faire! Le plus simple tout du moins...

Il vida le flacon d’un trait, puis prit le costume préparé par Paula et se dirigea vers la salle de bain.

Ce soir-là, il se laissa griser par l’ambiance festive et la fête. Gina se montra particulièrement prévenante et amicale avec lui. Peu à peu le souvenir de ce qui lui causait son mal-être se dissipa dans les vapeurs d’alcool et les cris hystériques de certaines fans éméchées.

 

 

 


Minefuji  (01.03.2019 à 19:31)

Chapitre soixante-neuf

 

Lanie Parrish avait quitté la morgue de bonne heure. Après un petit détour par son appartement pour se changer, elle passa chez un traiteur avant de se rendre chez Beckett. Son amie avait beau affirmer le contraire, elle devait avoir envie d’avoir de la compagnie. C’était son super pouvoir à elle, savoir exactement quand Beckett avait besoin de compagnie alors qu’elle affirmait le contraire. Lorsqu’elle arriva chez son amie, elle la trouva pâlotte et fatiguée.

- Salut ma belle! Comment te sens-tu? 

- Un peu vaseuse à cause des médocs, mais ça va. D’après le doc, dans une semaine, je serai d’attaque pour le boulot. Mais je le serai bien avant. Euh... Qu’est-ce que tu fais avec ce sac?

- Tu ne croyais tout de même pas que j’allais te laisser seule cette nuit? Je vais assurer ta surveillance médicale! Rétorqua Lanie d’un ton sans appel.

- Tu es légiste, Lanie!

- Ça n’est pas parce que le vivant n’est pas ma spécialité que je ne suis pas capable de m’en occuper! Rétorqua Lanie en posant une main sur le front de son amie. De toute façon ce n’est pas négociable! Tu es un peu fiévreuse. Tu as pris de quoi faire baisser la fièvre ?

- J’en prendrai avant de me coucher. Pour l’instant ça va, répondit Kate en bâillant. 

- Tu es fatiguée, allez, va t’installer confortablement dans ton fauteuil, je m’occupe de tout! Tu as besoin de repos. Et puis ça nous donne l’occasion de passer une chouette soirée entre filles.

- Tu as raison, sourit Kate. Je commande le dîner?

- Pas la peine, je suis passée chez le traiteur avant de venir. J’ai pris un assortiment varié de plats, comme ça, tu as le choix. 

- Tu es géniale, merci Lanie.

- C’est normal. Tu as vu Martha et Alexis aujourd’hui?

- Oui, je suis passée les voir ce matin. J’ai conduit Alexis au lycée ce matin, comme d’habitude. Elles vont bien.

- Elles savent que tu es en arrêt?

- Je n’allais pas les embêter avec ça. En plus, je pensais n’en avoir que pour la journée. 

- Elles vont se poser des questions quand tu ne passeras pas les voir demain matin...

- Non, puisque j’ai bien l’intention de passer les voir demain, affirma Kate.

- Tu dois te reposer un peu tout de même! 

- Puisque je te dis que je me sens bien! Et puis, j’irai en voiture et je prendrai l’ascenseur. 

- Rien de ce que je dirai ne te fera changer d’avis, n’est ce pas?

- Tu me connais bien, sourit Beckett.

 

~~~~~~~~~~

 

- Et voilà! Faites moi signe quand vous voudrez l’effacer! Dit Castle avec un sourire charmeur après avoir signé sur la poitrine d’une de ses charmantes fans.

- Oh! Monsieur Castle! Je suis bien contente que vous repreniez vos habitudes.

- Qui pourrait refuser de contenter une fan telle que vous.

- Richard!

- Ah... Excusez-moi! Miranda Priesly s’est réincarnée, rit Castle. Et c’est moi qui lui fournis ses tenues Prada.

- Tu n’as pas bientôt fini tes bêtises? Râla Gina lorsqu’il se tourna vers elle.

- Quelles bêtises? Je me montre aimable et serviable, les fans sont ravies. Je vais vendre des tas de bouquins! Ton compte en banque sera très bien garni. Tu devrais être contente.

- Je le suis, soupira Gina... Mais n’en fais pas trop tout de même. Tiens je t’ai amené une coupe de champagne.

- Woah! Miranda Priesly serait donc capable de se soucier des autres? 

- Arrête ça, veux-tu? Je n’ai rien fait qui justifie que tu t’en prennes à moi! Ce n’est pas de ma faute si tu es malheureux.

- Un peu quand même! Je déteste cette tournée, bougonna l’écrivain. 

- Cette tournée est bientôt terminée, tu vas bientôt retrouver NewYork et ta famille. 

- Trop tard, souffla l’écrivain. Il est déjà bien trop tard...

Il avala le contenu de sa coupe de champagne d’une traite, la déposa sur le plateau d’un serveur qui passait à proximité et retourna auprès de ses fans, feutre à la main.

- Qui veut un autographe à même la peau?

 

Une poignée de fans hystériques et déjà éméchées se précipita vers lui. 

- Ah! Mes fans! Toujours prêtes à s’amuser! Se réjouit l’écrivain en dénouant sa cravate pour l’attacher autour de sa tête.

 

~~~~~~~~~

 

Confortablement installée dans le canapé de son salon, Kate regardait sagement Lanie préparer leurs plateaux télé et son ordinateur portable, la légiste lui ayant expressément interdit de l’aider. 

- Heureusement que j’ai loué des DVD en passant, ta vidéothèque n’est pas très fournie.

- Je préfère lire, répondit Kate naturellement.

- Quelle chance pour toi, maintenant tu as ton auteur préféré sous la main! Plaisanta Lanie. Tu as droit à ses histoires en avant première.

- C’est vrai ça... Quand on y pense... Combien y avait-il de chance pour que le meurtrier d’une de mes affaires se soit justement inspiré des romans de Castle?

- Pas beaucoup... C’est ce qu’on appelle le destin, répondit simplement Lanie. 

- Castle dirait que c’est l’Univers qui a tout mis en place pour que nous nous rencontrions, sourit Kate.

- J’adore ce sourire sur ton visage quand tu parles de lui, dit Lanie. Tu as l’air tellement sereine! Castle fait des miracles. Ou alors ce sont les médocs. Qu’est-ce qu’elle t’a prescrit?

- Ce ne sont pas les médocs, assura Kate. C’est Castle!

- Eh bien! Mais c’est qu’elle est drôlement accrochée! Je suis ravie pour toi ma chérie! Tu mérites d’être enfin heureuse. Et comme Castle est ton auteur préféré , on peut dire que ça fait d’une pierre deux coups! Il sait que c’est grâce à ses livres que tu as surmonté le meurtre de ta mère?

- Qui t’a raconté ça? 

- Sorenson, je l’ai rencontré quand il a enquêté avec vous... Je l’ai rencontré quand il était de passage au poste...

- Non! Tu as dragué Sorenson!

- Je ne savais pas qu’il était ton ex. J’ai stoppé toute tentative de drague quand j’ai compris qu’il était ton ex! Mais j’en ai quand même profité pour discuter un peu avec lui...

- Tu es incorrigible, Lanie!

- Tu es tellement secrète, il faut bien que je trouve mes renseignements ailleurs! Et pour en revenir à cette enquête sur le meurtre de l’assistante sociale, en fin de compte c’est une chance que Harrisson Tisdale avait lu les romans de Castle, s’il s’était inspiré d’un autre auteur de polars, tu n’aurais jamais rencontré Castle! 

- Oui, mais si je n’avais pas lu les livres de Castle, je ne serais pas allée le trouver et on se serait peut être trompé de meurtrier... Tu sais ce que Castle dirait? Que les planètes et les éléments se seraient alignés de telle sorte que moi, une fan des livres de Castle, je sois justement sur cette affaire pour que le meurtre de cette assistante sociale ne reste pas impuni.

- Woah! Et que répondrait Katherine Beckett?

- Que même sans lui elle aurait démasqué le tueur. 

- Logique, rit Lanie. Castle aurait trouvé ça probablement cruel, mais je pense aussi que tu aurais résolu cette enquête.

Lanie mit en route le DVD et s’installa près de Kate. Elles passèrent donc une soirée très agréable et tranquille avant de se coucher à une heure très raisonnable. 


Minefuji  (02.03.2019 à 19:18)

Chapitre soixante-dix

 

Lorsque Lanie se réveilla, le petit déjeuner était déjà prêt. Elle sourit en découvrant une tasse de chocolat chaud sur la table. Kate était toujours très attentionnée, enregistrant chaque détail concernant ses proches au fil de conversations anodines. 

 

- Salut Lanie, dit Kate en déposant une assiette remplie de pancakes au milieu de la table. Bien dormi?

- Parfaitement! Cette couverture est géniale! Où l’as-tu trouvée?

- Elle était à ma mère, sourit Kate. Installe-toi, j’ai fait des œufs brouillés aussi, tu en veux?

- Oui, je veux bien. Comment te sens-tu ce matin?

- En pleine forme! Comme tu peux le constater, déclara Kate alors que Lanie avait posé sa main sur son front.

- Tu n’as pas l’air d’avoir de fièvre.

- Tu vois? Répondit Kate triomphante. Allez, viens prendre ton petit déjeuner!

- Tu vas vraiment aller voir Martha et Alexis?

- Bien sûr! Et je te promets qu’ensuite je reviendrai ici et que je me prélasserai dans mon canapé avec un bon bouquin.

- De toute façon, quoique je dise, tu n’en feras qu’à ta tête, alors je vais dire que ça me va, répondit Lanie.

 

***********

 

Lorsqu’elle arriva au loft, Kate fut accueillie à bras ouverts, comme chaque matin, confirmant ce qu’elle pensait, si elle n’était pas venue, la grand-mère et la petite fille auraient débarqué chez elle le matin même.

 

- Nous n’avons pas encore terminé notre petit déjeuner, dit Alexis. On a un peu traîné.

- Ça n’est pas grave, répondit Kate. Nous ne sommes pas en retard.

- Un café? Proposa Alexis. 

- Volontiers, sourit Kate en s’installant avec elle à la table.

- Tu as une petite mine, constata Martha dont l’œil expert ne manquait jamais ce genre de détail. Tu es souffrante?

- Non... Euh... J’ai fini tard hier soir, une enquête difficile, mentit Kate soucieuse de ne pas les ennuyer avec sa santé.

- NewYork peut être un véritable coupe gorge dans certains endroits, déplora l’actrice. Surtout fais attention à toi.

- Ne vous en faites pas Martha, je suis très prudente et mes équipiers aussi. 

- À la bonne heure, se réjouit Martha. Il ne reste plus qu’à espérer que ton enquête soit bouclée demain pour le retour de Richard!

- Ne vous en faites pas, répondit Kate. Rien ne m’empêchera d’aller le chercher demain.

 

***********

 

Un bruit de marteau-piqueur vrillait le cerveau de Castle. Pourquoi diable s’était-il endormi près d’une zone de travaux? Cet ouvrier était un véritable psychopathe prenant plaisir à torturer les pauvres gens qui tentaient de dormir après une soirée arrosée et une nuit très très raccourcie.

Peu à peu ses sens s’éveillèrent, l’odeur printanière des diffuseurs d’ambiance et la douceur des draps luxueux contre sa peau, lui rappelaient peu à peu où il se trouvait. Pas de doute, il était à l’hôtel. Il n’y avait donc aucun marteau-piqueur dans les environs. Il avait clairement abusé la veille! Il n’ouvrit pas immédiatement les yeux, préférant se concentrer sur ce qu’il avait bien pu faire la veille. Il avait bu, c’était certain! Pourquoi diable avait-il bu autant?

Au prix d’un effort qui augmenta son mal de crâne, il se rappela sa conversation téléphonique avec Kate. Elle avait fait quelque chose... Quelque chose qui avait anéanti ses espoirs... Quelque chose qui l’avait anéanti... Une intervention! Elle avait subi une intervention! Leur bébé! Leur bébé ne verrait jamais le jour! Comment avait-elle pu faire une chose pareille sans lui en parler? 

Comment avait-elle pu leur faire ça? Elle ne voulait pas devenir mère... Voilà pourquoi. Elle ne s’en était jamais cachée et cela ne lui posait pas de problème... Enfin... Jusqu’à ce qu’il trouve ce test de grossesse et que l’idée qu’un petit bébé Caskett soit en préparation ne vienne enchanter un peu plus le bonheur qu’il vivait avec Kate. Une vague de désespoir et de détresse déferla en lui, lui donnant la pire nausée qu’il n’ait jamais eue. Ou alors c’était l’abus d’alcool de la veille...

Soudain, il sentit quelque chose bouger contre son mollet. Il bondit hors du lit comme un diable hors de sa boite. 

- AHHHHHH! 

- Pas si fort... Il est encore tôt... Se plaignit une voix qu’il connaissait beaucoup trop bien. 

- GINA?!!!!!! QU’EST CE QUE... S’écria Castle d’une voix suraiguë en tirant sur le drap pour s’enrouler dedans.

- J’essaye de dormir...

- Oui, eh bien tu t’es trompée de chambre! S’énerva Castle. Ici, c’est MA chambre!

- Ne joue donc pas les vierges effarouchées, maronna Gina en enfouissant son visage dans la couverture.

- Et toi, ne joue pas les « Marie couche toi là! » Siffla Castle. Sors de ma chambre! 

- Mhmm... J’ai trop sommeil! 

- Tu pourras faire la grasse matinée, quand tu seras dans ta chambre! Allez Ouste!

 

Gina se leva de mauvaise grâce, entièrement nue. Rick se retourna aussitôt, piquant un fard. 

- Oh! Ça va! Ça n’est pas comme si c’était la première fois que tu me voyais nue, soupira Gina en enfilant une tenue.

- On a divorcé, Gina! J’ai volontairement effacé de ma mémoire tous les souvenirs des fois où je t’ai vue nue!

- N’importe quoi! Qu’est-ce que c’est que cette lubie?

- J’ai une petite amie! Et j’ai bien l’intention de lui être fidèle! Enfin je crois, murmura-t-il en baissant le regard sur sa tenue.

- C’est un peu tard pour y penser, non?

- Il ne s’est absolument rien passé! Rétorqua Rick.

- Qu’en sais-tu? Tu ne te rappelais même plus que tu étais dans mon lit...

- Tu étais dans mon lit! Rectifia Castle.

- Ouvre les yeux! C’est toi qui est dans ma chambre! 

 

Il regarda autour de lui et blêmit. Cette soirée avait clairement viré à la catastrophe! Il fronça les sourcils, se concentrant pour rechercher et rassembler les bribes de mémoire qu’il lui restait. Il ne pouvait pas avoir fait ça! C’était impossible! Il aimait Kate! 

 

- Tu vois? Sourit Gina. 

- Qu’est-ce que tu as fait? Grogna Rick hors de lui.

- Mais rien du tout voyons! Tu sais bien que je t’aime, je ne ferai rien qui puisse te nuire...

- Oh bon sang! Si Kate apprend ça... Gémit Castle paniqué.

- Tu lui en voulais hier! Tu as oublié ce qu’elle t’a fait?

- Qu’est-ce qu’elle m’a fait tiqua Castle. Comment peux-tu savoir ce qu’elle m’a fait?

- Tu me l’as raconté hier soir.

- Non, non, non! Je ne t’ai rien raconté de ce qu’il se passe entre Kate et moi!

- Tu étais saoul comme un cochon! Tu ne te souviens même pas de la façon dont tu es arrivé ici! Rétorqua Gina.

 

Rick la dévisagea. Ses souvenirs de la veille étaient plus que flous effectivement. S’était-il vraiment confié à Gina? Elle s’était montrée gentille ces derniers jours, mais de là à la se confier à elle... Pourquoi ne s’était-il pas tourné vers le barman? Normalement on se tournait toujours vers le barman pour s’épancher! C’était d’ailleurs une des raisons pour lesquelles il s’était offert un bar! Ainsi il pourrait jouer les barmen de temps en temps et obtenir de super anecdotes pour ses romans. 

- Il faut que je sorte de là! Marmonna-t-il.

 

Il enfila ses vêtements à la hâte et se dirigea vers la porte, il devait quitter cet endroit au plus vite avant de commettre un meurtre.

Gina tenta de l’arrêter au moment où il franchissait la porte. Un flash puissant l’éblouit. Il eut le temps d’entendre le bruit caractéristique du mode rafale de l’appareil photo avant de refermer la porte brusquement. Il jeta un œil à sa tenue, sa chemise grande ouverte dévoilait son torse et son pantalon n’était même pas fermé. Il se tourna vers Gina, qui le tenait par le bras dans sa nuisette très décolletée et dont la longueur était très très largement en dessous des normes de la décence! L’horreur!

- Oh c’est pas vrai! Se lamenta-t-il.


Minefuji  (03.03.2019 à 19:21)

Ne manque pas...

HypnoPlume 2019: Participez!
On vous attend! | Teaser YouTube

Activité récente
Actualités
[Tamala Jones]  Holiday Rush sur Netflix le 26 novembre

[Tamala Jones] Holiday Rush sur Netflix le 26 novembre
C'est dès le 26 novembre que les abonnés de Netflix pourront découvrir Holiday Rush, dans lequel...

Stana Katic: L'Exorcisme d'Hannah Grace bientôt sur OCS Choc

Stana Katic: L'Exorcisme d'Hannah Grace bientôt sur OCS Choc
Si vous êtes abonné à OCS Choc et amateur de films d'horreur, ne manquez pas votre chose de voir le...

Un nouveau concours d'écriture pour les 10 ans de la série!

Un nouveau concours d'écriture pour les 10 ans de la série!
Le quartier Castle continue de célébrer le 10e anniversaire de la série! Et il était impossible de...

De nouveaux EV à découvrir

De nouveaux EV à découvrir
Cet automne de nouveaux épisodes virtuels ont été publiés pour vous faire revivre de nouvelles...

Sondage | Halloween

Sondage | Halloween
Le précédent sondage s'intéressait au passage de Jon Huertas et de Seamus Dever dans The Rookie....

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage
Partenaires premium

Nathan Fillion French Website

HypnoRooms

cinto, 15.10.2019 à 18:51

Vous voulez poser une question à Henry? RDV au sondage chez The Tudors et Régalez-vous à commenter. Merci à tous.

CastleBeck, 15.10.2019 à 22:21

Un nouveau concours d'écriture vous attend sur le quartier Castle. Merci

juju93, Avant-hier à 22:14

3ème catégorie des L d'or de The L Word : le personnage masculin (oui masculin vous avez bien lu) qui aurait mérité d'être + approfondi.

Locksley, Hier à 15:33

L'interview de bloom74, HypnoVIP, est publiée à l'Accueil ! Bonne lecture et bon après-midi !

sabby, Hier à 21:05

Hello bonsoir ! Un nouveau survivor vous attend sur S.W.A.T Bonne soirée à tous !!

Viens chatter !

Change tes préférences pour afficher la barre HypnoChat sur les pages du site