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Monde virtuel de Castle

Trouble

Créateur : Minefuji 
Date de création : 24.12.2018 à 13h20

Message du créateur :
Cette année, j’ai eu envie de mettre un petit cadeau au pied du sapin du quartier Castle. L’inspiration m’est venue cette fois en écoutant la chanson Trouble de Cold Play.

Cet épisode compte 23 paragraphes

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Allez, hop, je mets mon cadeau au pied du sapin. Soyez sage et attendez minuit tout de même. 😁

Chapitre un

Beckett

Les lumières des spots publicitaires et des buildings illuminaient Manhattan, malgré l’heure avancée de la nuit, la ville qui ne dormait jamais portait parfaitement son nom. Beaucoup de NewYorkais travaillaient dans le monde de la nuit, ce qui n’empêchait pas les autres de dormir, habitués qu’ils étaient à vivre dans un monde de bruit et de lumières perpétuels. C’était d’ailleurs habituellement le cas des membres de la douzième brigade, qui savouraient pleinement une pleine nuit de repos lorsqu’elle se présentait. Pourtant, cette nuit là faisait exception à la règle pour quelques uns d’entre eux.

Agacée de ne pas trouver le moyen de sombrer dans les bras de Morphée, Kate Beckett ouvrit brusquement les yeux et se redressa dans son lit. Elle jeta un œil au réveil sur sa table de chevet. 3h21. Elle avait sommeillé à peine vingt minutes. Désespérée par ce constat amer, elle se laissa retomber sur son oreiller et remonta sa couette sur son menton. La journée à venir serait difficile. Elle avait l’impression de se retrouver à ses débuts dans la police. À l’époque, les nuits qui suivaient une intervention délicate se passaient en pointillés et sans véritable sommeil réparateur. Mais avec les années, elle avait appris à gérer cela et n’avait plus de souci de sommeil. Même quand, comme aujourd’hui, la vie de ses collègues avait été en danger.

L’image de son partenaire s’imposa dans son esprit et son corps frissonna. Le baiser... Une simple couverture... Une idée farfelue de plus de la part de Castle. Elle ne doutait pas qu’il en avait profité, mais elle... La moindre occasion était la bonne pour lui, il n’était pas du genre à se poser des questions et le danger de la situation dans laquelle il se trouvait était souvent le cadet de ses soucis. Il suivait ses désirs sans réfléchir.

Mais elle! Elle était une professionnelle! Jamais au grand jamais elle ne se laissait distraire de son objectif! Surtout lorsque la vie de ses équipiers était en jeu!

Lorsque Castle l’avait embrassée, elle avait simplement joué le jeu. Il ne s’agissait que d’ un artifice pour tromper l’adversaire! Elle n’avait aucune raison d’y repenser et encore moins que cela lui fisse encore de l’effet! 

Bon sang! Il aurait pu trouver une autre solution pour tromper le garde quand il s’était avéré évident que le coup de la fin de soirée trop arrosée ne fonctionnait pas! D’accord, sortir son Glock et foncer dans le tas tête baissée n’était certainement pas la meilleure option. Elle aurait même pu coûter la vie à Ryan ou Esposito... Heureusement que Castle l’en avait empêchée. Comme toujours, il avait su lui éviter de commettre une belle erreur sous le coup de l’impulsion. Castle...

Une fois de plus le visage souriant et charmeur de son équipier s’imposa dans son esprit.

D’un mouvement d’humeur, elle attrapa son oreiller et le plaqua contre son visage. Comme si cela suffirait à effacer ses pensées!

Dire qu’elle se croyait guérie de lui! Après cet été épouvantable passé à espérer qu’il tiendrait sa promesse de revenir à l’automne malgré le retour de flamme entre lui et son ex femme, elle pensait avoir fait une croix sur les sentiments qu’elle avait pour lui! Elle avait surmonté la douleur qu’elle avait ressentie à l’idée de l’avoir perdu à cause de son indécision. Ils étaient revenus à  une relation plus claire, un partenariat amical... Il était en couple avec son ex-femme et éditrice,  elle avait rencontré Josh et tout était simple et clair. Du moins, c’était ce qu’elle croyait... Pourquoi avait-il fallu qu’il l’embrassât? Et surtout, pourquoi avait-il fallu que ce baiser la troublât autant? 

Si Lanie savait ça, elle la regarderait avec son air réprobateur qui signifierait  : « Alors ça m’a vieille, tu es bien la seule à ne pas le savoir! Et dire que je te croyais intelligente! »

Beckett se leva brusquement, envoyant son oreiller à l’autre bout de la pièce

- Merci, Lanie! Tu viens de détruire mes derniers espoirs de trouver le sommeil cette nuit! Maugréa-t-elle en prenant la direction de la cuisine.

Quitte à ne pas dormir, autant se lever et se servir un bon café!

 

Castle

À quelques rues de là, dans son loft de Broome street, Richard Castle ne dormait pas non plus. Lui aussi était troublé par le baiser qu’il avait échangé avec Kate. Car il n’était pas fou, ils avaient bien échangé un baiser! Le premier, certes, il lui avait volé. Alors qu’elle s’apprêtait à dégainer son arme et à foncer dans le tas pour sauver Ryan et Esposito, il avait retenu son bras et imposé un baiser sous couverture pour mieux tromper l’ennemi... Certainement sa plus brillante idée à ce jour! Depuis le temps qu’il en rêvait! Bon, ce n’avait pas été le baiser espéré. Surprise, Beckett n’avait pas été très réactive et lorsqu’il y avait mis fin, il avait bien crû qu’il allait se prendre son poing dans la figure! Mais non. Heureusement pour son visage délicat, elle s’était approchée et l’avait embrassé à son tour. Et quel baiser! Il avait échangé de nombreux baisers au cours de sa vie et avait une belle réputation dans ce domaine auprès de ses partenaires, mais jamais il n’avait partagé un baiser aussi passionné, aussi incroyable, aussi fantastique! 

Comment avait-elle pu aussi bien garder le contrôle de la situation au point de parvenir à étaler le garde en une fraction de seconde? Lui, avait totalement perdu pied avec la réalité! Peu importait l’urgence de la situation, seules comptaient les lèvres de Beckett et ses petits gémissements de désir et de satisfaction. Il n’avait pas rêvé, ce baiser n’était pas un simple artifice, il y avait eu de la passion dedans!

    Décidément cette femme était un mystère qu’il ne parviendrait jamais à totalement élucider. 

Il regarda l’heure qu’affichait la pendule du salon. Inutile d’espérer fermer l’œil cette nuit. Il alla se servir un café et s’installa à son bureau. Autant travailler, Gina serait contente s’il n’avait qu’une semaine de retard pour lui livrer les derniers chapitres de son roman cette fois. La fenêtre de texte s’ouvrit sur l’écran, il se remémora rapidement l’intrigue et l’endroit où il s’était arrêté et sourit. Ça allait être chaud entre Nikki et Rook!


Minefuji  (24.12.2018 à 19:05)

Chapitre deux

Aux premières heures du jour, Kate sortit de chez elle en survêtement. Elle avait besoin de se défouler. Quelques kilomètres de course dans Central Park lui feraient du bien. Elle enfonça son bonnet sur ses oreilles, fit quelques mouvements d’échauffement et démarra sa course avec un bon rythme. Quelques NewYorkais matinaux profitaient également de ce beau début de journée hivernale pour échapper au stress de la vie à Manhattan. S’efforçant de chasser l’image de Castle ainsi que le souvenir de leur baiser de son esprit, Beckett avalait les kilomètres sans prêter la moindre attention au paysage ou aux autres coureurs. 

Elle accéléra l’allure autant qu’elle le put et ne ralentit que lorsque son corps émit de sérieuses objections. Lorsqu’elle rentra chez elle, elle en était toujours au même point: Castle tournait en boucle dans ses pensées.

Elle prit une douche et se prépara pour aller travailler. Au moins cela lui changerait les idées! Enfin si une affaire se présentait, parce que ce n’était pas avec une journée paperasse qu’elle y parviendrait!

********                                          

Lorsque le réveil sonna, Lanie Parrish s’étira longuement, savourant le fait que pour une fois elle n’avait pas été tirée du sommeil par la sonnerie de son téléphone qui lui aurait annoncé un nouveau crime.

Alors qu’elle s’apprêtait à quitter le confort douillet de sa couette, un bras musclé lui enserra la taille.

- Mmhhmmm, Chica, reste un peu au lit, marmonna Esposito déposant un baiser léger en bas de son dos.

- Cette proposition est alléchante, mais j’ai du boulot et il ne va pas se faire tout seul.

- On n’a pas d’affaire, j’ai eu une journée éprouvante hier, on a bien le droit de prendre le temps de s’en remettre.

- Tu as le droit de prendre le temps de t’en remettre! Moi, je n’ai pas eu maille à partir avec un tueur professionnel, corrigea Lanie. 

- Roh... Tu...

- Personne n’est au courant pour nous, ça paraîtrait suspect si j’appelais pour dire que je reste à ton chevet et ...

- Et on n’a aucune envie d’entendre Ryan et Castle bavasser à notre sujet... termina Esposito en soupirant.

Lanie sourit et lui piqua un baiser sur les lèvres avant de se lever.

- Je passerai ce midi. Qu’est ce qui te tente pour le déjeuner? Chinois?

- Pizza plutôt!

- Ça marche. Je passerai chez Nick l’authentique fantastique avant de venir.

- T’es une perle, Chica.

- Je sais. Tâche de ne pas l’oublier.

 

Une bonne douche plus tard, Lanie Parrish quitta l’appartement de son amant, passa chez elle pour prendre ses affaires et se changer, s’arrêta dans un café pour y commander un petit déjeuner, avant de rejoindre la morgue. Pas d’appel pour une nouvelle affaire, cela signifiait qu’elle aurait devant elle un peu de temps pour remplir la paperasse qu’elle avait en retard. Bien qu’elle ne soit pas une dingue de ces tâches administratives, elle n’aimait pas voir les dossiers en cours s’accumuler sur son bureau, aussi l’idée de faire un peu de tri là-dedans n’était pas pour lui déplaire.

Elle venait à peine de franchir la porte de la morgue que la vue d’une silhouette assise sur la table d’autopsie la fit sursauter et pousser un cri d’effroi.

- Bon sang! Ça ne va pas bien de me faire des frayeurs pareilles! Pesta la légiste lorsqu’elle reconnut sa meilleure amie.

- Il faisait vraiment trop froid dehors, répondit Beckett dans un haussement d’épaule. Tu veux un muffin?

- J’ai amené mon petit dej... Rétorqua Lanie en feignant l’indifférence. Bon sang, tu sais bien que je n’ai pas l’habitude de voir des vivants dans ma morgue quand j’arrive le matin!

- Ils sont à la myrtille! Précisa Beckett ignorant les protestations de son amie.

- Pourquoi faut-il toujours que tu trouves toujours le moyen de m’amadouer? Soupira Lanie en piochant dans le paquet que lui tendait Beckett.

- Je te connais bien, sourit timidement cette dernière.

- Alors... Qu’est-ce qu’il a fait?

- ... De quoi tu parles? Demanda Kate faisant mine de ne pas comprendre l’allusion de son amie.

- Arrête de feindre l’innocence! Tu sais très bien de qui je parle, rétorqua la légiste.

- Non, je ne vois pas du tout de...

- Continue comme ça et je t’écrase ce muffin sur le nez! Menaça Lanie. Tu ne viens jamais ici aux aurores à part quand Castle t’as mise en pétard.

- Je ne suis pas en pétard! 

- Ben voyons... Et moi je suis la reine d’Angleterre. Alors, qu’est-ce qu’il a fait?

- ... Rien... soupira Beckett... Enfin... Si... Mais c’était rien...

- Si tu es venue chercher conseil, il va falloir que tu sois plus claire! Alors, qu’est ce Castle n’a pas fait  qui te cause un tel tracas?

- Hier soir... Quand on cherchait Ryan et Esposito...

- Tu veux dire quand vous vous êtes jetés dans la gueule du loup sans renforts, reprocha Lanie.

- On n’a pas eu vraiment le temps de réfléchir, se défendit Kate. Il y avait urgence! Et puis si on appelait la cavalerie, tu peux être sûre qu’ils auraient descendu les gars.

- Mouais... N’empêche que ça aurait pu super mal finir! 

- Bon, tu me laisses raconter ou tu veux me faire un sermon comme Montgomery hier soir?

- Ah! Tu y as déjà eu droit? Se réjouit la légiste. Heureuse de savoir qu’il reste des gens sains d’esprit dans l’an police de NewYork! Bon! Dans ce cas là, vas-y, raconte!

- On est arrivé près du hangar, mais l’entrée était gardée. Alors, pour tromper la vigilance du garde, avec Castle, on a fait semblant de revenir d’un dîner un peu trop arrosé...

- Et ça n’a pas fonctionné, le gars n’y a absolument pas cru.

- ... Comment tu le sais? Demanda la détective effarée.

- Chérie, tu as beaucoup de qualités, mais tu es une piètre comédienne! Je me souviens de la fois où tu as joué un rôle pour le Noël de la police... Grimaça Lanie.

- Je t’interdis de parler de ça à Castle! 

- Ne t’en fais pas, je suis toujours de ton côté, tu le sais bien. 

- Ouais... Merci Lanie.

- Alors... qu’est ce qu’il s’est passé ensuite? Tu as sorti ton glock? 

- J’allais le faire, dit Beckett en songeant que décidément Lanie la connaissait trop bien, mais... Castle m’en a empêchée et... il m’a embrassée!

- ...

- Je t’en supplie Lanie, dis quelque chose! Ne reste pas plantée la bouche grande ouverte comme une carpe! 

- ... Toi dis quelque chose! Parce que là, je ne vois que deux options! Soit tu lui as collé ta main dans la figure... soit...

- ... Je l’ai embrassé à mon tour, avoua Kate.

- ... Ouah!

- La diversion fonctionnait alors...

- Alors tu as remis ça! Rit Lanie. Il n’y a pas que la diversion qui devait être efficace! 

- Roh! La ferme! Bouda Beckett en rougissant.

- Oh non, ma belle! Je ne vais pas me taire! Tu te voiles la face depuis trop longtemps avec Castle! Pour une fois qu’il y a une avancée, je ne te laisserai pas faire l’autruche une fois de plus!

- Je ne fais pas l’autruche! 

- Ah oui? Et qui s’est dégonflée l’été dernier?

- Je ne me suis pas dégonflée! Quand j’ai voulu lui parler, il est retourné se mettre en couple avec son ex-femme! Qu’est ce que je pouvais y faire?

- Te battre, si tu y tenais vraiment, tu aurais dû lui avouer tes sentiments malgré tout.

- Je voulais le faire à son retour! Contra Beckett. Mais il n’est pas revenu! Il avait fini son bouquin et n’était pas revenu! Ce n’est que parce qu’il y a eu cette affaire de meurtre qu’il est revenu dans l’équipe! Pourquoi lui aurais-je avoué mes sentiments s’il n’en avait rien à faire?

- Il en a eu marre d’attendre! Et dois-je te rappeler que tu flirtais avec le copain d’Esposito? Tu ne peux pas lui en vouloir d’avoir eu envie d’aller voir ailleurs! 

- Je croyais que tu étais de mon côté!

- Je suis de ton côté, chérie, mais tu dois reconnaître que tu as malmené le cœur de Castle! Non seulement, tu ne lui laisses pas sa chance, mais en plus tu dragues d’autres types sous son nez! 

- Je n’ai aucun compte à rendre à Castle! 

- Peut-être, mais il serait temps de savoir ce que tu veux! Cette situation n’est bonne ni pour toi, ni pour Castle. Alors, après ce baiser, qu’est-ce que tu as fait?

- J’ai étalé le garde.

- ... Tu es pathétique...

- Je pensais à sauver les gars! Tu devrais être contente!

- Pourquoi devrais être contente? Demanda Lanie.

- Arrête ton char, je sais pour Espo et toi.

- Quoi? Le nul! On devait garder le secret! S’offusqua la légiste.

- Esposito n’a rien dit, rassure-toi. C’est juste que vous n'êtes pas très doués pour les secrets.

- Mince... Enfin bref, le sujet n’est pas là. Qu’est ce que tu vas faire au sujet de Castle?

- Rien! J’ai un petit ami! Je ne vais pas tout ficher en l’air à cause de Castle!

- Dans ce cas, rends lui sa liberté.

- Mais il est libre! Ce n’est pas moi qui lui ai demandé de me suivre pour écrire des bouquins! Ma vie était bien plus simple avant!

- Tu lui laisses espérer qu’un jour votre situation évoluera...

- Je ne lui laisse rien espérer! C’est lui qui s’impose en espérant je ne sais quoi! S’emporta Beckett en quittant subitement la morgue.

- Il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir! Cria Lanie. Jusqu’à quand vas-tu porter des œillères? 

La porte de la morgue qui claque fut la seule réponse qu’elle reçut.

 


Minefuji  (25.12.2018 à 19:26)

Chapitre trois

 

Castle.

Lorsque Martha se leva ce matin-là, elle fut étonnée de trouver son fils sur un tabouret de la cuisine lisant le journal du jour.

- Tu n’es pas parti au poste de police? 

- Bonjour Mère, ça me fait plaisir aussi de te voir ce matin, rétorqua Castle sarcastique.

- Idiot! Tu sais bien que je suis toujours ravie de te voir, dit Martha en l’embrassant sur la joue. C’est juste que d’ordinaire quand je me lève à cette heure là, tu es déjà parti. Les crimes se manifestent de bonne dans cette ville...

- Que veux-tu, le monde de la nuit est dangereux...répondit Castle sans lever le nez de son journal.

Martha prépara un sachet de thé qu’elle déposa dans une tasse, puis mit la bouilloire à chauffer.

- Alors? Tu n’as toujours pas répondu à ma question, rappela l’actrice.

- Il n’y a pas d’affaire...

- Oh! Je vois!

- ...

Castle dévisagea sa mère, attendant qu’elle développât ce qu’elle sous-entendait, mais comme elle finissait de préparer son thé  sans donner l’impression de vouloir en dire plus, il se décida à le lui demander.

- Comment ça « tu vois » ? Qu’est-ce que tu sous-entends?

- Rien... Juste qu’il y a un léger froid entre la Muse et son auteur...Ouh! C’est chaud, fit-elle en soufflant sur sa tasse fumante.

- Il n’y a aucun froid entre Beckett et moi!

- Bien sûr! C’est pour cela qu’aujourd’hui tu ne lui apportes pas son café.

- Je ne suis pas cafetier! Si elle veut du café, elle est tout à fait capable de s’en servir un toute seule avec la super machine que j’ai offerte à la douzième!

- Richard, tu peux te raconter des histoires pour te consoler, mais moi, je vois clair dans tout ça. Alors? Tu dis toujours que Beckett ne sait pas se servir de cette machine et que c’est parce que des forces supérieures veulent qu’elle ait besoin de toi pour avoir sa dose de caféine. Alors, qu’est-ce que Beckett a fait?

- Rien! Elle n’a rien fait! Il n’y a pas d’affaire, alors j’en profite pour rester ici et avancer dans l’écriture de mon nouveau roman!

- Et tu le fais perché sur ce tabouret, le nez plongé dans le journal?

- J’ai bien le droit de me détendre un peu! J’ai déjà écris vingt pages ce matin!

- Tu es debout depuis combien de temps? 

- ... Tôt... Je n’avais plus sommeil... bredouilla Castle.

- Alors... si ce n’est pas de la faute de Beckett...Dis-moi, qu’est-ce qui a causé cette insomnie?

- On a eu une enquête difficile hier soir. Ryan et Esposito étaient en danger.

- Cela fait partie des risques de leur métier... répondit Martha dans un haussement d’épaules.

- Je sais... soupira Castle conscient du souci qu’il causait à sa mère depuis qu’il suivait les enquêtes de Beckett.

- Par contre, ça ne fait pas partie des risques du métier d’écrivain, ajouta Martha. Surtout lorsqu’il écrit des romans policiers!

- Je devais aider mes amis! 

- Vraiment?... Chéri... Tes amis connaissent leur métier. Ils n’ont pas besoin de toi pour le faire! En tous cas, personne ne te demande de le faire... Et puis... Je crois que tu en as assez vu pour écrire ta nouvelle saga!

- ...

- Ce que je veux dire, Trésor, c’est que si ces enquêtes te causent des insomnies, cela veut peut-être dire qu’il est temps pour toi d’arrêter d’y participer.

- Oui... Tu as peut-être raison... soupira Castle.

- Évidemment que j’ai raison! Chéri... Il est peut être temps pour toi de prendre une décision pour ton avenir.

- De... Que veux-tu dire? 

-  Décidément tu manques de perspicacité quand tu n’as pas ton compte de sommeil! Ce que je veux dire, c’est qu’il est évident que tu ne fais plus cela pour tes bouquins!

- Mhm... Tu as raison, reconnut l’écrivain. Je ne fais plus ça pour mes bouquins.

- Et?

- Et je ne sais pas! S’écria l’écrivain agacé en quittant l’appartement.

- Ouh! Au moins les choses vont avancer! Sourit Martha en portant sa tasse de thé à ses lèvres. Ouhhh! C’est chaud! Je devrais peut être me mettre au thé glacé.

*********

 

À la douzième, après s’être débattue pendant un long moment avec la machine à café, Kate Beckett décida finalement de mettre la bouilloire en marche pour se préparer une tisane. Elle trouva un sachet dans un placard et se servit en espérant que son propriétaire était d’un genre partageur.

 - Bahhh! Qu’est-ce qu’elle est amère ! Marmonna-t-elle en grimaçant. Je n’arrive pas à croire qu’il y a des gens dans ce poste qui arrivent à boire un truc pareil!

Elle tenta d’avaler une autre gorgée de ce breuvage et grimaça.

- Beurk...     Le capitaine Montgomery entra à son tour dans la salle de pause.

- Bonjour Beckett! 

- Bonjour Chef!

- Oh! Vous ne carburez pas au café aujourd’hui! Remarqua-t-il.

- Cette satanée machine ne m’aime pas, elle refuse de m’obéir, grommela la détective. Je suis sûre que Castle l’a trafiquée pour que je ne puisse pas m’en servir.

- Il faut bien qu’il serve à quelque chose, plaisanta le capitaine. Et puis, ça vous aura donné l’occasion de goûter à cette merveilleuse tisane que ma femme m’a achetée. D’après elle, c’est excellent pour lutter contre le stress et les troubles du sommeil.

- Vous avez des problèmes de sommeil? S’étonna Beckett.

- Non, mais ça fait des années que ma femme me fait boire cette tisane... Elle doit être diablement efficace.

Au moins elle a ce mérite, pensa Beckett en feignant d’en reprendre une gorgée du bout des lèvres. Le constat fut le même, c’était infâme. 

- Faites attention, on en devient vite accro, l’avertit Montgomery. Castle serait déçu, si vous ne vouliez plus de son café!

- Vous avez raison! Il vaut mieux que je n’abuse pas de ce précieux breuvage! Je ne voudrais pas vous priver. 

- Il n’y a pas de risque, j’ai une bonne douzaine de boites d’avance dans ce placard et force est de constater que dans ce poste, tout le monde respecte la propriété d’autrui! 

- Tu m’étonnes, marmonna Beckett. Bon... je vais retourner à ma paperasse.

- À ce propos, vous auriez pu rester chez vous aujourd’hui. L’affaire d’hier a été éprouvante.

- Oh! Non... ça a été éprouvant pour les gars, pas pour moi.

- Sans doute parce que vous ne savez pas où sont vos limites, fit remarquer le capitaine.

 

Cette remarque fit lever les yeux au ciel à la détective, qui fila rejoindre son bureau. Le côté paternaliste de son supérieur avait le don de l’agacer. Elle avait passé l’âge d’avoir besoin d’être protégée.

Bizarrement, cela ne l’agaçait pas quand cette attitude venait de Castle. Elle l’avait d’ailleurs remercié de l’avoir protégée la veille, que ce fut en l’empêchant de foncer dans le tas tête baissée ou en démolissant la figure de Hal Lockwood. Elle avait même été touchée quand l’écrivain lui avait répondu qu’il l’a protégerait toujours.

Lanie avait peut être raison... Elle devrait peut être arrêter de se voiler la face... Castle n’était pas un simple consultant encombrant...


Minefuji  (26.12.2018 à 19:40)

Chapitre quatre

Castle.

Castle erra un long moment dans les allées de Central parc, puis comme cela ne suffit pas à le distraire de ses pensées entièrement occupées par la jolie détective, il décida de se rendre au Old Haunt. Ce bar dont il avait fait l’acquisition quelques semaines auparavant, était tellement chargé d’histoire et de secrets de NewYork qu’il devrait lui permettre de se changer les idées. 

 

 - Salut Brian! Lança-t-il en s’approchant du comptoir.

- Bonjour Patron! Vous êtes venu écrire quelques chapitres ou simplement prendre un verre? Demanda le Barman en déposant le verre qu’il venait d’essuyer à côté des autres.

- Qui sait... J’espère me changer les idées, cela fera peut être venir l’inspiration... soupira Castle.

- Je vois... Le blues de l’artiste. Comment va votre jolie partenaire?

- Je croyais que les barmen étaient de fins psychologues, grinça Castle en lui adressant un regard noir.

- Éviter un sujet ne résout pas le problème, rétorqua Brian. Vous avez donc des soucis avec la jolie détective... Je vous envierais presque.

- Presque? Comment ça presque? 

- Je préférerais ne pas en avoir et l’inviter à dîner. Je ne suis pas maso!

- Eh bien tentez votre chance, soupira Castle. Et servez-moi un whisky tiens! 

- Que s’est-il passé? Vous aviez l’air de bien vous entendre pourtant lorsque vous êtes venus ici... 

- C’est peut être ça le problème, murmura l’écrivain en saisissant le verre que Brian venait de déposer devant lui. Je ne me suis pas méfié et je suis tombé dans la case amitié sans m’en rendre compte. Quoi qu’il en soit, il est trop tard. 

Castle avala d’un trait son verre de whisky et en réclama un autre.

- En tout cas, il est trop tôt pour boire comme ça!

- Eh! C’est mon chiffre d’affaires que vous ruinez avec votre conscience! Râla Castle.

- Vous êtes sympa comme patron, j’ai envie de vous garder, expliqua Brian.

- Ne vous en faites pas, je suis piéton. J’ai bien le droit de noyer mon désespoir dans l’alcool. 

- Patron... il n’est jamais trop tard! Je connais des tas de gens qui ont quitté la case amitié pour aller dans celle des amants.

- Vraiment? Et comment ont-ils fait? Demanda Castle intéressé.

- Ils ont pris le taureau par les cornes, ils ont arrêté de réfléchir et se sont lancés.

- Aïe...

- Comment ça aïe?

- Il semblerait que j’ai déjà attrapé le taureau...

- Oh... Et ça a mal tourné...

- Détrompez-vous! C’était génial! Le meilleur baiser de ma vie!

- Et ensuite?

- Ensuite... Rien. Les gars étaient en danger, elle est allée leur porter secours. 

- Et vous n’en avez pas reparlé? 

- Non... 

- Pourquoi?

- C’est... compliqué...

- Ça n’a rien de compliqué, vous allez la voir et vous parlez! Au pire, vos sentiments ne sont pas réciproques, mais vous serez fixé et vous pourrez passer à autre chose! Et d’après moi, vous ne craignez pas grand chose...

- Pourquoi? 

- La jolie détective a un faible pour vous, annonça Brian comme une évidence. 

-  Vous croyez?

- J’avais même cru que vous étiez ensemble, assura le barman.

- Brian! S’exclama Castle en se levant.

- Euh... Oui?

- Vous êtes un excellent barman! Je vous donne une augmentation!

- Wah! Merci patron! Bredouilla Brian tandis que Castle se ruait hors du bar.

******

Lorsqu’il arriva à la douzième, Castle fut déçu de ne pas trouver sa muse. Les gars n’étant pas là non plus, il ne put leur demander s’ils savaient où la trouver. 

Le tableau blanc était rangé. Beckett était venue faire la paperasse concernant l’affaire de la veille et aucun meurtre n’était venu la remplacer. Bonne nouvelle, elle ne l’évitait pas, elle ne l’appelait jamais quand il n’y avait pas d’affaire.

L’écrivain se dirigea vers la salle de pause où il rencontra le capitaine.

- Castle? Qu’est ce que vous faites ici? S’étonna ce dernier en déposant sa tasse dans l’évier. Il n’y a pas d’affaire pour l’équipe de Beckett.

- Euh... Je sais... Je voulais lui poser une question... improvisa l’écrivain. C’est... pour mon roman...

- Vous savez qu’elle n’apprécie pas que vous mettiez des détails personnels dans votre fiction! 

- Je sais! Ça n’a rien de personnel! C’est une question professionnelle.

- Dans ce cas, je peux peut être vous aider, je suis flic moi aussi! 

- Euh... C’est à dire que... Euh... Je voudrais connaître la façon dont Beckett réagirait dans une certaine situation... 

- Elle est flic, elle réagirait en flic, sourit Montgomery amusé, demandez-moi! Je serais ravi de participer à l’élaboration de votre roman.

- Enfin... Et... Euh... Sauf votre respect, c’est d’une réaction féminine dont j’ai besoin et... vous êtes un peu trop viril pour...

- Oh! Dans ce cas, je vais appeler Karpowski, dit le capitaine l’œil pétillant de malice ravi de faire tourner l’écrivain en bourrique.

- Euh... Beckett n’est vraiment pas disponible? Demanda timidement Castle. Nikki n’est pas n’importe quelle femme flic... Elle est compliquée, mystérieuse, fascinante...

- Eh quoi? Je ne suis pas fascinante? Intervint Karpowski en entrant dans la pièce.

- Quoi? Euh... Non! Ce n’est pas ce que je voulais dire, bafouilla l’écrivain.

- Mais vous l’avez sous-entendu, reprocha le capitaine. Pour un écrivain, vous ne maniez pas très bien les mots!

- Je peux être très fascinante et mystérieuse! Dit Karpowski d’un air sévère.

- Vous devriez la suivre, tiens! Renchérit le capitaine, ça vous permettrait d’étoffer la psychologie de vos personnages.

 

La tête dépitée de Castle provoqua le fou rire des deux policiers. 

- Sérieusement? Vous vous payez ma tête? 

- C’est tellement facile, Castle, s’esclaffa le capitaine. 

- Je comprends pourquoi Ryan et Esposito vous trouvent si drôle, ajouta Karpowski, vous ne marchez pas, vous courez!

- Ah! Ah! Ah! Grinça Castle. Donc Beckett...

- ... est rentrée chez elle, termina le capitaine. La tisane de ma femme va lui permettre de dormir comme un bébé cette nuit.

- Une tisane? 

- Vous devriez en prendre vous aussi, vous avez les traits tirés, constata le capitaine en servant une tasse. Laissez infuser trois minutes, vous m’en direz des nouvelles!

- Ah?

 

Le capitaine et Karpowski quittèrent la pièce le sourire aux lèvres, laissant Castle seul face à sa tasse.

- Une tisane? Pas de café? Elle doit sacrément avoir du mal à dormir pour laisser tomber le café... Ou alors elle m’en veut...

 

Il porta la tasse à ses lèvres et but une gorgée du breuvage. Il grimaça. 

- Bahhhh! C’est amer! Comment font-ils pour boire un truc pareil?

 

Se rappelant la nuit chaotique qu’il venait de passer, il tenta d’avaler une nouvelle gorgée.

«  Argh! C’est infâme! » s’écria-t-il en vidant le contenu de sa tasse dans l’évier.

- Ça va Castle? Demanda Montgomery en revenant à la porte de la pièce.

- Oui! Oui! Tout va bien! S’exclama l’écrivain. Je me suis juste légèrement brûlé en buvant la tisane. Elle est si bonne que je n’ai pas pu attendre qu’elle refroidisse!

- Ah! Je vous comprends. Tenez, vous n’avez qu’à prendre deux paquets dans le placard, comme ça vous pourrez en profiter tous les soirs.

- Mhmmm! Merci! C’est super gentil, mais je ne voudrais pas vous priver! 

- Pensez-vous! Ma femme en commande des caisses entières. Et puis, c’est une façon de vous remercier pour la machine à café que vous nous avez offerte.

 

Castle quitta donc le poste avec deux paquets de l’horrible tisane de Mme Montgomery en se faisant la promesse de ne plus jamais faire de cadeau à la douzième Brigade de Manhattan. 

- Je n’en reviens pas, se réjouit Montgomery en le regardant quitter le poste, en une journée je viens de me débarrasser de quatre paquets de cette affreuse tisane. Je suis un génie!

 


Minefuji  (27.12.2018 à 18:51)

Chapitre cinq

 

Beckett revenait chez elle en soupirant. Elle était passée chez Castle, bien décidée à avoir une conversation avec lui au sujet de ce baiser et de ce qu’ils ressentaient l’un pour l’autre. Malheureusement, elle n’avait trouvé que Martha, qui s’apprêtait à rejoindre des amis pour la soirée. L’actrice l’avait alors rapidement saluée et annoncé que son fils avait quitté le loft depuis le matin sans préciser quand il comptait rentrer.

La jeune femme se retrouvait donc une fois de plus seule face à ses pensées, sans personne à qui se confier, Lanie étant occupée avec Esposito. Elle n’avait pas intérêt à lui parler du baiser! Si Espo l’apprenait, il le dirait à Ryan et alors tout le poste serait au courant. Elle n’aurait plus aucun répit, elle devrait se mettre en mode badass en permanence!

 

Une fois chez elle, Kate fit une nouvelle tentative avé celle la tisane du capitaine. Nouveau désastre gustatif. Elle s’empressa de se débarrasser des boîtes offertes par  Montgomery. Elle consulta sa messagerie. Dans la journée, elle avait tenté de joindre Josh et Castle pour clarifier les choses. Elle détestait la situation dans laquelle elle se trouvait. Elle avait besoin de mettre de l’ordre dans sa vie sentimentale et commençait à regretter le temps où elle n’avait pas de vie en dehors de son travail.

 Aucun message de Castle, ni même de Josh, qui demeurait aux abonnés absents depuis plusieurs semaines déjà. C’était dingue comme son côté « courant d’air » commençait à lui taper sur les nerfs. Et dire que c’était ce qui l’avait attirée au départ! 

Elle décida alors de se faire couler un bain, histoire de se changer les idées. Le sort en décida autrement quand elle remarqua une petite fuite au niveau de la douche.

Résignée, elle  retourna au salon et laissa un message sur le répondeur de son jeune voisin du dessus, qui l’avait déjà dépannée quand son évier s’était bouché. Priant pour qu’il ne rentre pas trop tard du boulot, elle enfila un vieux tee-shirt et retourna dans la salle de bain afin de limiter les dégâts.

Quelqu’un sonna à la porte.

- Super! Tu as fait vite! Se réjouit-elle en ouvrant la porte.

 

Étonné, Castle regarda autour de lui avant de revenir vers Beckett gêné.

- Vous attendez quelqu’un? 

- Oui! Mon voisin plombier! Répondit elle surprise et heureuse de la visite de l’écrivain. J’ai une fuite dans la salle de bain.

- Oh! Je devrais peut-être passer une autre fois.

Elle ne lui laissa pas le temps de s’éloigner, pas question de passer une journée de plus à se chercher. Il fallait qu’elle mette de l’ordre dans sa vie, sinon ses insomnies auraient raison de sa santé! 

- Ne soyez pas ridicule, Castle, dit-elle en le tirant par le bras pour le faire entrer. C’est mon plombier, pas mon amant!

- Heureux de l’apprendre... Et...euh... Josh?

- Oh! Il est en Afrique en train de sauver le monde! Donnez-moi votre manteau! Vous avez dîné? 

- Euh... Non... euh... Répondit Castle de plus en plus décontenancé par l’attitude de sa Muse.

- J’allais passer une commande, pizza, ça vous dit?

- Euh... Oui... mais pas d’anchois!

- Je déteste ça moi aussi, approuva-t-elle en composant un numéro de téléphone.

 

Abasourdi, Castle l’observa passer sa commande. Elle avait l’air de bonne humeur et désireuse de passer un moment avec lui. Était-ce leur baiser sous couverture, qui avait produit cet effet sur elle? Avait-elle enfin décidé de parler avec lui de leur relation ambiguë? Ou alors s’ennuyait-elle tellement en l’absence de son petit ami, qu’elle avait sauté sur l’occasion de ne pas passer une nouvelle soirée de solitude?

- Les pizzas arriveront dans une heure, annonça-t-elle en raccrochant. J’espère que vous n’avez pas trop faim.

- Non... ça ira... 

Ils se regardèrent en silence un instant, puis Castle se décida à prendre la parole.

- Alors... vous avez un souci de plomberie?

Bravo Castle! On peut dire que tu vas droit au but, toi! Se morrigéna-t-il.

- Oui, c’est la poisse, soupira-t-elle. J’avais envie de prendre un bain... c’est raté.

- Je peux peut-être y jeter un œil... proposa-t-il.

- Vous vous y connaissez?

- Bah... un petit peu... mon évier a fuit le mois dernier...

- Ah...

Soudain, Beckett se rendit compte qu’elle ne lui avait même pas demandé pourquoi il était venu. Elle l’avait fait entrer et invité à dîner sans même le laisser parler. Depuis quand se conduisait-elle de la sorte? Elle avait l’impression d’être redevenue la jeune femme qu’elle était avant l’assassinat de sa mère. Une jeune femme confiante, qui ne se cachait pas derrière la crainte de souffrir. Qu’y avait-il dans la tisane des Montgomery pour qu’elle fut aussi détendue et sûre d’elle? 

- ... Donc... Je peux voir? Demanda-t-il tandis qu’elle demeurait silencieuse.

- Pardon?

- La fuite... dans votre salle de bain, précisa-t-il devant son air perdu.

C’était étrange, elle d’ordinaire si terre à terre, elle semblait perdue dans ses pensées.

-... Ah! Euh... Oui! Bien sûr! C’est par là.

 

Elle l’emmena jusqu’à sa salle de bain. Rick en profita pour apprécier les lieux, Beckett avait aménagé son intérieur avec goût. La plupart de ses meubles avaient été chinés. Il se demanda combien de week-end elle avait passés à les chercher?

- Ça vous plaît? Demanda-t-elle.

- Oh! Oui... vous avez beaucoup de goût! 

- La salle de bain est là.

Il marqua un temps d’arrêt.

- Qu’est-ce qu’il y a? 

- Rien... Je... J’étais en train de me dire que la dernière fois que j’étais venu jusqu’à votre salle de bain... elle était en feu et que j’avais eu la peur de ma vie...

- Oh... Heureusement que la baignoire était solide, sourit-elle.  

- Vous étiez nue et pleine de suie, se rappela l’écrivain le regard dans le vague. 

- Castle! Le rappela à l’ordre la détective.

- Désolé! C’est une image que je n’arrive pas à oublier. Vous étiez... enfin...

- C’est bon! Revenons à ma fuite d’eau! 

- Oui! Vous avez des outils?

- Oui, là dans le coin, indiqua-t-elle. Je les ai préparés.

 

Castle attrapa une clé à molette et s’approcha du tuyau de la douche. Beckett s’avança également.

- Alors? Demanda-t-elle.

- Oh! C’est trois fois rien, il suffit de resserrer le... euh... bidule qui tourne là.

- Le bidule qui tourne? Demanda Kate légèrement inquiète.

- Oui, je ne connais pas le vocabulaire, mais ne vous inquiétez pas, ça sera réparé en trois coup de cuillère à pot. Enfin... de ce truc à molette, expliqua-t-il. 

 

Il avait à peine commencé la manœuvre, qu’un jet d’eau les inonda. 

 

- Une serviette! S’écria Castle tandis que Beckett se précipitait vers le meuble où elle les rangeait. Prenez en plusieurs, tout compte fait!

Beckett lui tendit les serviettes et quitta la pièce, laissant Castle seul avec le geyser. 

- Hé! Ne m’abandonnez pas! Implora-t-il.

Elle revint rapidement près de lui.

- Ouvrez la bouche! 

- Euh ... C’est que... Je n’ai pas très faim là tout de suite...

- C’est pour colmater la fuite! Ouvrez la bouche, ordonna-t-elle en lui enfournant plusieurs chewing-gum dans la bouche.

- Bahhhh! Ils sont sans sucre! 

- Comment croyez vous que je garde la ligne? Mâchez!  

 

Ils colmatèrent la fuite comme ils purent et s’écroulèrent sur le sol dans les bras l’un de l’autre et trempés jusqu’aux os. 

Réalisant la position dans laquelle ils se trouvaient, ils se regardèrent un instant, troublés par leur proximité. Le souvenir de leur baiser s’imposa à eux. Comment ne pas y songer. Beckett, trempée des pieds à la tête était encore plus désirable si cela était possible. Le regard bouillant de désir de Castle posé sur elle faisait naître des papillons dans le ventre de Beckett. La pensée de Josh et du fait qu’elle n’avait pas clairement rompu avec lui aurait dû la ramener à la raison, mais son envie de goûter une nouvelle fois aux lèvres de Castle était plus forte.

Ils restèrent ainsi perdus dans le regard l’un de l’autre avant de s’embrasser gagnés par un désir trop longtemps refoulé.

Castle avait déjà glissé ses mains sous le tee-shirt trempé de sa muse, qui s’était assise sur ses cuisses et entourait son visage de ses mains sans pudeur afin d’approfondir leur baiser, quand la dizaine chewing-gum céda et que le jet d’eau recommença. Rappelés brutalement à la réalité, ils rompirent leur baiser à contre coeur. La sonnette retentit et Beckett alla ouvrir tandis que Castle limitait les dégâts en appuyant les serviettes éponges contre le tuyau.


Minefuji  (28.12.2018 à 20:15)

Chapitre six

- Ah! Tom! Tu tombes à pic! S’exclama Kate en ouvrant la porte d’entrée. 

- J’en ai bien l’impression, sourit le jeune homme en découvrant sa voisine trempée jusqu’aux os. Qu’est ce qu’il t’est arrivé? Tu as pris ta douche toute habillée?

- Une fuite dans la salle de bain que mon ami a essayé de réparer, expliqua la jeune femme. 

- Il s’est pris pour l’un des frères Mario? Rit Tom en entrant. 

- Le pire c’est que c’est bien possible, grinça Beckett en songeant que Castle pouvait très bien se penser expert en plomberie après avoir gagné une partie de Super Mario sur sa console. 

 

Elle accompagna Tom jusqu’à la salle de bain. Deux minutes plus tard, le jeune homme annonçait à Castle qu’il pouvait arrêter de maintenir les serviettes contre le tuyau. 

- Wah! Ça ne fuit plus! Constata l’écrivain admiratif. Comment avez vous fait?

- J’ai coupé l’eau, déclara Tom comme une évidence.

Devant l’air ahuri de Castle, Beckett ne put s’empêcher d’éclater de rire.

- ... Couper... On peut couper l’eau!? S’étonna Castle.

- C’est même la base de la plomberie, dit Tom en se retenant de rejoindre Beckett dans son fou rire.

- Un expert en plomberie! Chez Nintendo, oui! s’esclaffa la détective.  

- J’ai terminé le jeu en vingt-cinq minutes l’autre jour! Se défendit Castle.

- Laissez-moi la place, je vais voir ce que je peux faire, dit Tom.

 

Il s’écarta et aida Kate à éponger les dégâts. Vingt minutes plus tard, Tom rentrait chez lui. Il avait changé le joint de la douche et tout était rentré dans l’ordre. 

- Vous devriez prendre une douche bien chaude, dit Kate. Vous allez attraper un rhume carabiné si vous restez comme ça. Je vais vous trouver des vêtements secs pendant ce temps.

- Vous d’abord, répondit Rick en gentleman.

- Vous êtes mon invité, refusa Beckett.

 

Ne voulant pas la contrarier, il accepta et prit la douche la plus rapide de sa vie afin qu’elle ne restât pas trop longtemps à grelotter. Kate lui avait préparé un sweat de hockey et un bas de survêtement qu’il enfila en s’efforçant de penser qu’ils appartenaient au père de Beckett et non à Josh, même si une petite voix dans sa tête ne cessait de lui rappeler que le père de Kate était loin d’avoir la carrure que pouvait contenir ce sweat.

Lorsqu’ils furent tous les deux réchauffés et secs, le livreur de pizza arriva et ils purent se mettre à table.

Ils commencèrent à manger en silence, n’osant ni l’un ni l’autre évoquer ce qu’il s’était passé dans la salle de bain. Et pourtant la scène tournait en boucle dans leurs têtes. Tout cela était surréaliste. Kate se demandait qu’elle mouche l’avait piquée. Cela ne lui ressemblait pas de se laisser ainsi aller à ses désirs, car elle devait bien le reconnaître, elle désirait Castle. Ce baiser sous couverture et celui dans la salle de bain lui avaient  montré l’évidence qu’elle ne cessait de nier depuis des mois: elle avait un sacré béguin pour Castle. Plus qu’un béguin, même. Il l’avait charmée avec ses livres alors qu’elle ne le connaissait pas et depuis qu’il la suivait, il illuminait ses journées à la criminelle, même les plus sombres.

- Cette pizza est délicieuse, dit-il finalement pour entamer la conversation.

Elle leva le regard vers lui.

- Tout comme ton baiser, répondit Beckett encore perdue dans ses pensées. 

 

Bon sang qu’est-ce qu’il lui arrivait? Elle piqua un fard gênée des paroles qu’elle venait de lâcher sans faire attention.

Castle, quant à lui, fut tellement surpris qu’il en renversa le verre de vin qu’il venait de prendre. Kate se précipita  pour essuyer les dégâts sur la table.

- Désolé, lâcha Castle confus. Je suis une vraie calamité ce soir.

- C’est ma faute, je n’aurais pas dû être aussi directe.

- Non! Ne t’excuse pas! J’aime quand tu es directe, dit Castle en lui prenant la main pour avoir toute son attention. 

- Ah... Tant mieux... sourit Beckett. Oh non! Ta pizza est gâchée! Le vin est tombé dessus.

Il se leva à son tour et la regarda dans les yeux.

- Laisse tomber la pizza. Je crois qu’on ferait mieux de parler.

- Parler? Grimaça-t-elle.

- Euh... Oui... Pourquoi? Tu ne veux pas?

- Si...Bien sûr, dit-elle légèrement confuse et embarrassée. 

- Ce baiser sous couverture... ce n’était pas juste pour distraire le garde, commença-t-il. Ça m’a chamboulé et je ne crois pas être le seul...

- Non, tu as raison... avoua-t-elle la gorge nouée par l’émotion. Depuis hier soir, je n’arrête pas de penser à ce baiser que nous avons échangé pour distraire le garde et à ce que j’ai ressenti... Castle... C’est toi que je veux.     

 

Elle se hissa sur la pointe des pieds et l’embrassa. Surpris, Castle resta sans réaction pendant un instant. Elle  l’embrassa de nouveau, se promettant de ne pas insister si Castle restait sans réaction. Heureusement pour elle, il sembla balayer ses questions et répondit passionnément à son baiser. Lorsqu’ils se séparèrent, essoufflés et brûlants de désir, ils ne se quittèrent pas des yeux.

- c’était époustouflant... Murmura Castle...

- ...

- Et je ne parle pas de la façon dont tu as mis le garde KO hier soir, ajouta-t-il.

 

Elle sourit.

 

 - Il y a quand même un détail que je voudrais éclaircir... ajouta-t-il. Josh...

- Moi aussi, soupira-t-elle, mais il est injoignable.

- Tu as essayé de l’appeler? Dit-il étonné.

- Évidemment! Pour qui me prends-tu?

- Quand? 

- Quand je me suis rendue compte que c’était toi que je voulait.

- Et si mes sentiments n’avaient pas été réciproques? 

- J’aurais quand même été honnête avec Josh. Il mérite quelqu’un qui l’aime vraiment.

- Tu ne l’aimais pas vraiment? 

- Je l’aimais vraiment beaucoup. C’est quelqu’un de bien. Mais ce n’était pas suffisant.

Elle avait le regard plongé dans celui de Castle, qui demeurait silencieux, enregistrant chacune de ses paroles. 

 

- C’est moi que tu veux? Répéta-t-il finalement le sourire aux lèvres.

Elle lui lança un regard exaspéré, comment pouvait-il en douter après ce qu’il venait de se passer.

- Donc Josh... Tu ne veux plus de lui. C’est sûr... 

- Évidemment! Que je ne veux plus de lui. J’ai pris ma décision, je ne suis pas une girouette! 

Il sourit, approcha de nouveau son visage de celui de sa muse en murmurant: « moi aussi... c’est toi que je veux... »

 

Il l’embrassa et ils se laissèrent emporter par le brasier qu’ils venaient d’allumer.      

Castle l’entraîna vers le canapé sur lequel il l’allongea. Tendrement, il déboutonna son chemisier dont il écarta les pans comme s’il ouvrait le plus délicat des paquets cadeaux. De ses baisers, il traça une ligne imaginaire depuis son nombril jusqu’à sa poitrine.

- Tu es merveilleuse... murmura-t-il la tête entre ses seins. Je...

- Mhm... Castle...

- Oui? Fit-il en relevant la tête.

- Tais toi et embrasse-moi!

- Oh! D’accord! Dit-il en s’exécutant avec application.

Elle gémit de plaisir sous ses caresses, il succomba sous ses baisers enflammés. Jamais ils n’auraient cru ressentir cela. C’était évident, ils se complétaient, se comprenaient parfaitement. 

**********

À quelques rues de là, dans la maison des Montgomery, Evelyn fouillait frénétiquement ses placards. Alerté par le raffut des portes qui claquent, Roy arriva à son tour dans la cuisine. 

- qu’est ce que tu fais? 

- Je cherche mes tisanes...

- Elles sont au poste comme toujours.

- Tu as emmené les nouveaux paquets que j’ai commandés? Demanda Evelyne effarée. 

- Bah oui, comme toujours... Pourquoi?

- Ce n’est pas ta tisane habituelle pour lutter contre les insomnies!

- Ah bon? Je ne savais pas... Elle est pour quoi cette tisane?

- Celle-ci est pour... Enfin... Elle a des vertus... aphrodisiaques...

- Oh! Evelyn Montgomery, vous êtes une sacrée coquine, dit-il en l’embrassant. Mais ne t’en fais pas, je n’ai pas besoin d’aphrodisiaque...

Il lui murmura quelques mots à l’oreille.

- Mhmm! Roy Montgomery, vous êtes un sacré coquin...

- Oh! Oh! 

- Comment ça « Oh!Oh! »?

- Beckett a bu de la tisane.

- Oh! Eh bien son petit copain sera content, sourit Evelyn.

- Tu as raison, fit Roy en haussant les épaules. Alors... où en étions nous?


Minefuji  (29.12.2018 à 20:40)

Chapitre sept

 

Au petit matin, Kate se réveilla la première. Elle se sentait incroyablement bien, apaisée, reposée et ce n’etait pas la tisane du capitaine qui était responsable de cet état de beatitude. Elle ouvrit les yeux et son regard se posa sur Rick endormi. Le voir là, étendu dans son lit, paisible, gonflait son coeur de joie. Elle se sentait bien, heureuse pour la première fois depuis longtemps. Un sourire fleurit sur ses lèvres. Enfin elle se sentait en phase avec elle même. Pourtant, il ne fallait pas qu’elle s’emballe, Castle, elle en avait conscience, pouvait la rendre heureuse comme il pouvait la briser. Elle avançait sans filet avec lui.  Doucement, sans faire de bruit, elle se leva et quitta sa chambre.

Quelques instants plus tard, Castle se réveilla en sursaut dans le lit de sa muse. Il regarda autour de lui. Ce n’était pas un rêve, il avait bel et bien passé la nuit dans les bras de Kate. Où était elle? Une vague de panique s’empara de lui.

Calme-toi Ricky, tu es chez elle, elle ne peut pas être partie bien loin, pensa-t-il. Il avait désespérément besoin de se rassurer. Kate n’était pas comme les autres, elle avait un côté mystérieux et sauvage. C’était une écorchée vive, il en avait conscience. Elle pouvait le briser, avec elle, pas de filet de sécurité.

La jeune femme apparut à cet instant dans l’encadrement de la porte, vêtue simplement du maillot de hockey qu’elle lui avait prêté la veille. Elle était diablement sexy. Si seulement ce maillot n’était pas celui de Josh, songea-t-il jaloux.

- J’ai fait du café, dit-elle en montrant les tasses qu’elle portait.

Il se contenta de sourire sans cesser de l’admirer.

- Ça va? Demanda-t-elle.

- Oui... je me demandais juste ce que j’allais enfiler pour sortir du lit, étant que tu portes mon maillot.

- Euh... techniquement, c’est mon maillot.

- C’est un maillot d’homme! 

- La loi n’interdit pas aux femmes d’acheter et de porter des maillots taillés pour les hommes...

- Tu veux dire... que c’est vraiment ton maillot? S’étonna l’écrivain.

- Oui, je l’ai acheté il y a quelques années, quand mon père m’a emmenée voir un match. J’aime le porter pour traîner à la maison, il est très confortable... À qui croyais-tu qu’il était?

-... Euh... à personne!

- Attends! Tu crois sérieusement que je t’aurais filé le maillot d’un de mes ex?

- Euh... Un ex ou ton père... dit Castle confus.

- ...

- Je suis trop nul, soupira-t-il.

 Elle s’était assise sur le bord du lit et l’observait Castle en souriant tendrement.

- Je ne te trouve pas nul, dit-elle finalement.

- Ah non? S’étonna-t-il en relevant la tête.

- Non... juste humain.

- Touché. Il sourit, rassuré.

- Et... Si tu as besoin de ce maillot, ajouta-t-elle le regard malicieux, tu n’as qu’à venir le récupérer.

- Oh! Mais c’est ce que je vais faire de ce pas! Assura l’écrivain en posant sa tasse et celle de sa muse sur la table de chevet.

Elle se laissa faire en riant. Bon sang, il ne pourrait plus se passer de ce rire! Il en était déjà accro! Il roula sur elle, lui révélant au passage le désir qu’elle provoquait chez lui.

- Wahoo! Round quatre! Se réjouit-elle.

- J’espère que tu n’avais pas l’intention d’être à l’heure au boulot, dit-il d’un air coquin.

- On est samedi, Castle. Je ne bosse que s’il y a une affaire.

- Heureux que les méchants prennent leur week-end!

 

Ils furent finalement tiré du lit en milieu de journée par les revendications bruyantes de leurs estomacs. Face aux placards de la détective désespérément vides, ils décidèrent de se faire livrer de quoi organiser un brunch gargantuesque. Ils s’installèrent dans le salon pour pique-niquer, désireux de rester blottis l’un contre l’autre.

Bien calée entre les jambes de son amant, le dos appuyé contre sa poitrine, Kate grignotait un cronut, lorsque Rick engagea la conversation sur le sujet qui le préoccupait depuis le réveil.

- Alors... Dis-moi... ce n’est pas un coup de tête dû au stress subi avant hier?

- Euh... non... pas pour moi... dit-elle en se tournant vers lui.

- Cool! Moi non plus!

- Cool, soupira-t-elle rassurée.

Il l’embrassa tendrement, se délectant de son merveilleux parfum. Elle se cala de nouveau contre sa poitrine avant de lui avouer ce qu’elle avait sur le coeur.

- Tu sais... Ça faisait un moment que j’en avais envie.

- Tiens donc? Tu m’en diras tant. Et depuis quand?

- Je ne sais pas vraiment... Mais j’avais l’intention de te le dire quand...

 

Elle s’arrêta, hésitant à l’idée de se dévoiler.

- Quand? Insista l’écrivain en la serrant contre lui.

- L’été dernier... Tu avais décidé de partir et j’avais peur que tu ne reviennes pas...

- Oh... fit Castle en se remémorant ce moment lors de son pot de départ où elle avait demandé à lui parler en tête à tête. Et Gina est arrivée...

- Mhm... J’ai raté le coche cette fois là...

- Je suis désolé...

- Ne le sois pas! C’est moi qui le suis. Il y avait Demming... Je t’ai malmené à force de tergiverser...

- C’est vrai, qu’est ce que tu lui trouvais à ce bellâtre? Je veux dire à part son joli minois, ses abdos durs comme de l’acier et sa bonne éducation?

- Il n’était pas toi.

- ... Mhm... Je ne sais pas si je dois me sentir flatté là... dit-il un peu vexé.

- Tu n’as qu’à claquer des doigts pour avoir une dizaine de filles accrochées à tes bras ou à te supplier de signer sur leurs poitrines!

- Oh... Tu as eu peur...

- J’étais morte de trouille, quand tu m’as invitée chez toi, avoua-t-Elle. Avec Demming, j’étais sûre de ne pas souffrir...

- C’était juste un week-end! On se serait amusé, on aurait pu apprendre à se connaître en dehors du boulot... Je ne t’aurais pas fait souffrir! 

- Je ne suis pas quelqu’un qui s’en livre facilement, tu sais... Mes collègues ne savent presque rien de ma vie privée. Et toi... Tu as une capacité à deviner mes secrets...

- C’est mon métier, je devine les histoires, dit-il fièrement.  

- Oui et bien ça me fiche les jetons, si tu veux tout savoir! Demming n’était pas dangereux, lui!

- Donc, je  devrais être un peu moins brillant, perdre quelques neurones pour te plaire? Mhm... Ça peut se faire... Je vais me mettre au football dès demain! Quelques commotions cérébrales et ça  devrait aller.

- Crétin! Soupira-t-elle avant de continuer. Alors quand tu as fait ton pot de départ, j’ai eu peur que tu ne reviennes plus. Je t’avais repoussé une fois de plus, la fois de trop sans doute. Esposito m’a ouvert les yeux. Alors, j’ai laissé tomber Demming et j’ai voulu te parler...

- Mais Gina est arrivée, conclut-il en se rappelant cette conversation étrange qu’il avait eue avec elle ce soir là.

 

Il resserra son étreinte et l’embrassa dans le cou, désireux par ce geste de chasser la peine qu’elle avait ressentie à ce moment là. Elle lui prit la main et la serra contre elle. Cette femme le bouleversait comme aucune autre. Il soupira de bien être, heureux que ces moments de doute, ces actes manqués fussent derrière eux.

- Je n’en reviens pas, murmura-t-il. On dirait un rêve.

- Non, c’est pas un rêve, affirma-t-elle.

- Ah non?

Elle lui pinça la main.

- Aïe! Qu’est ce qu’il te prend?

- C’était pour te montrer que tu ne rêvais pas.

- Le retour de madame la cartésienne, souffla l’écrivain.

- Dis-donc monsieur l’écrivain, la vie est parfois mieux que les rêves et il faut savoir en profiter!

Il sourit et l’embrassa. Il la câlina, heureux de constater qu’elle avait raison une fois de plus. D’ailleurs, elle pouvait avoir raison pour le reste de la vie, si cela impliquait des moments comme celui-là.

- Tu avais raison, tu sais? Dit-il au bout d’un moment.

- Je sais, mais à quel propos? Demanda-t-elle d’un air coquin.

- Je n’avais pas idée...

- Oh! Ça! Rit-elle se rappelant très bien ses paroles lorsqu’elle avait décliné l’invitation de son auteur favori à la fin de leur première enquête en duo. Et encore! Tu n’as pas tout vu!

- Et toi non plus, assura-t-il en l’embrassant dans le cou. Alors... Qu’est ce que tu veux faire cet après-midi?

- Oh... On pourrait lire... suggéra-t-elle.

- Ou regarder la télé...

- Oui... on pourrait...

La sonnerie du téléphone de Castle les interrompit.

- Mais c’est pas vrai, râla Castle, le monde ne peut pas tourner rond sans nous?


Minefuji  (30.12.2018 à 18:29)

Chapitre huit

- Tu devrais répondre, dit Kate alors que Rick la picorait de baisers, c’est peut être important.

- Ou alors c’est ma mère, qui a besoin de ma carte de crédit pour organiser une de ses fêtes ou ses prochaines vacances... T’inquiète, je la rappellerai.

- Et si c’était Alexis? Tu n’es pas rentré cette nuit, elle doit se demander ce que tu fais.

Rick soupira et attrapa son téléphone à contre-coeur. 

- C’est ma mère, grommela-t-il. 

- Réponds, c’est peut être important.

- J’en doute fort, marmonna-t-il en appuyant sur la touche verte de son téléphone. Oui, Mère? Que puis-je pour toi?

- Me dire que tu vas bien! Tu n’es pas rentré cette nuit.

- Ce n’est pas la peine de t’inquiéter, j’ai passé l’âge de te demander la permission de minuit et puis ce n’est pas la première fois que je passe la nuit dehors, rappela-t-il. 

- Peut être, mais moi, je n’ai pas passé celui de m’inquiéter pour toi, s’indigna l’actrice. Je serai toujours inquiète pour toi, je suis ta mère.

- Je vais bien, ne t’en fais pas.

- Tu comptes rentrer bientôt?

- Je ne sais pas, pourquoi?

- T’occuper de ta fille par exemple.

- Que se passe-t-il avec Alexis? S’inquiéta Castle.

- Ah! Tu vois, il n’y a pas que les mères qui s’inquiètent!

- Elle a un problème? S’impatienta l’écrivain.

- Non, mais elle a une nouvelle à nous annoncer, elle compte sur ta présence pour le dîner.

- J’y serai, ne t’en fais pas, soupira Castle. À ce soir Mère.

- À ce soir Trésor!

- Il n’y a pas un âge auquel les mères arrêtent d’envahir la vie de leurs enfants? Râla Castle en raccrochant. Elle aurait pu se passer de m’appeler sur ce coup là!

- Castle, le coupa-t-elle. Ne dis pas des choses pareilles.

- Bah quoi? C’est ma mère, j’ai bien le droit de...

- Je donnerais n’importe quoi pour que ma mère s’inquiète pour moi ou envahisse ma vie quand ça lui chante!

- Oh... Pardon... Parfois j’oublie que... Enfin...

- Ne t’en fais pas, murmura-t-elle en essuyant les larmes qui trahissaient ses émotions. C’est normal que tu l’oublies.

 

Il la serra dans ses bras, enrageant d’être impuissant pour soulager sa douleur. 

Elle se blottit contre lui, elle n’aurait jamais cru s’y sentir aussi bien. 

 

*******

 

Quelques heures plus tard, Castle enfilait ses vêtements enfin secs et s’apprêtait à rentrer chez lui. Ils avaient décidé de garder secrète leur relation, désireux de conserver pour eux leur bonheur tout neuf.

- Ça va aller? Demanda-t-il alors que Kate venait de lui piquer un petit baiser sur les lèvres.

- Ce ne sera pas la première fois que je passerai une soirée seule, rigola-t-elle.

- Je sais bien, mais... Tu vas me manquer, expliqua-t-il un peu gêné.

- Toi aussi, tu vas me manquer, le rassura-t-elle, mais si tu veux garder notre secret, il ne faut pas que tu passes trop de temps hors de chez toi. 

- Tu as raison... Je t’appelle tout à l’heure. 

 

Il l’embrassa tendrement et quitta l’appartement de sa muse. Lorsqu’elle referma la porte, Kate se retourna et s’appuya contre cette dernière, ravie.

Elle balaya la pièce du regard et sourit. Comment avait-elle pu mettre aussi longtemps pour se rendre compte que ce qu’elle cherchait, elle l’avait sous les yeux depuis deux ans. Non, elle s’en était rendue compte depuis longtemps déjà. Elle avait simplement laissé ses craintes diriger sa vie. Castle avait par le passé une réputation de playboy, ça avait de quoi effrayer, d’autant qu’il avait deux divorces à son actif! Elle se sentait heureuse d’avoir réussi à mettre ses craintes de côté pour avancer. 

Son sourire s’effaça lorsqu’elle réalisa ce qu’elle venait de faire.

«  Bon sang! Je suis adultère! Il va vraiment falloir que je parle à Josh! »

 

***********

- Chéri! S’exclama Martha lorsque Rick pénétra dans son loft. Heureusement tu vas bien!

 

L’actrice vint l’étreindre, il se laissa faire, conscient désormais de la chance qu’il avait de l’avoir auprès de lui. 

- Pourquoi tant d’angoisse? Ne put-il s’empêcher de demander tout de même.

- Mais enfin! Dois-je te rappeler l’état dans lequel tu as quitté le loft hier matin? 

- Oh! Ne t’en fais pas, j’avais besoin de faire le point. Mais ça va mieux maintenant, ne t’en fais pas pour moi.

- Où étais-tu? 

- De ci de là...

- Tu as parlé à Beckett?

- J’ai bien réfléchi, rectifia-t-il. Ne t’en fais pas, je suis au clair avec tout ça.

- Tu vas arrêter de suivre ses enquêtes?

- Non, pas du tout. Nikki Heat est un personnage authentique et je veux garder cela et donc je dois poursuivre mes recherches.

- Et Beckett?

- J’ai clarifié la situation. Elle a un petit ami et semble heureuse. Je dois respecter cela.

- Oh! Et tu n’en souffrira plus?

- Plus du tout! Alexis est rentrée?

- Euh... Elle vient d’appeler, elle dîne chez son amie Ashley. Nous allons dîner en tête à tête!

- Gnné? Mais et la nouvelle qu’elle voulait nous annoncer?

- Bah en fait, j’ai peut être un peu exagéré... Elle voulait simplement nous dire qu’elle avait une soirée pyjama.

 

À la tête de son fils, Martha comprit qu’elle avait un peu abusé, mais elle était si contente de passer un peu de temps avec son fils qui avait l’air si déprimé la veille, qu’elle balaya bien vite ses scrupules. 

- Allons! Ça nous fera du bien! Lança l’actrice en le prenant par le bras .

- Ça dépend, c’est toi qui a cuisiné? 

- Chameau! Râla-t-elle en lui donnant un léger coup de poing sur l’épaule. J’ai commandé au service traiteur du Q3. 

 

Durant le repas, Martha fit passer un véritable interrogatoire à son fils, elle voulait s’assurer qu’il était guéri de Beckett et qu’il ne risquait pas de sombrer une fois de plus dans la déprime et l’insomnie.

- Je t’assure que tout se passera bien, assura-t-il en se servant une part de tiramisu. Beckett et moi sommes partenaires, je n’espère rien de plus que l’inspiration pour mes bouquins.

- Mhm... Tu aurais peut-être dû accepter d’écrire de nouveaux romans sur cet espion anglais...

- Non! Nikki Heat est authentique. Pas besoin de gadgets farfelus pour rendre la justice, elle ne sauve pas le monde, mais ce qu’elle fait est bien plus important.

- Tu n’es pas guéri d’elle, soupira Martha en constatant l’évidence.

- ... Je préfère être son partenaire pour résoudre des enquêtes que rien du tout, avoua-t-il.

- Oh Richard!

- Je vais bien! Rassure-toi! Ça me convient parfaitement!

- Et lorsqu’elle se mariera avec un autre? Est ce que cela te conviendra encore?

- Elle est déjà mariée à son boulot! Crois moi, les petits amis défileront, mais notre équipe de justicier restera!

- Donc si je comprends bien, tu choisis de faire équipe avec elle parce que tu crois qu’elle sera toujours incapable de s’engager dans une autre relation?

- Elle a érigé une véritable forteresse autour de son coeur, expliqua Rick,  personne ne pourra jamais y entrer, crois-moi!

- Pas même son docteur Moto?

- Mobylette! Le docteur Mobylette, rectifia l’écrivain. Ce rigolo, c’est déjà de l’histoire ancienne!

- Ah? Elle te l’a dit?

- Beckett? Se confier sur sa vie amoureuse? Elle ne ferait jamais ça! 

- Alors comment le sais-tu?

- Euh... Je suis écrivain, je suis fin psychologue, je lis l’âme des gens comme dans un livre ouvert.

- Ah oui? Et que lis-tu dans mon âme?

- Oh! Il y a bien longtemps que j’ai renoncé à lire en toi, je ne suis pas fan du fantasque ni du farfelu.

- Oh! Toi! S’indigna Martha en lui jetant sa serviette à la figure.

- Eh! Où vas tu? Il faut débarrasser!

- Ce sera ta punition! Je vais rejoindre des gens qui apprécient mon côté fantasque. Ne fais pas de bêtises!

- Toi non plus!

 

Lorsque la cuisine fut rangée, Castle regarda l’heure, se demandant s’il pouvait encore appeler Kate malgré l’heure tardive. 

Il opta finalement pour le texto, cela ne risquait pas de la réveiller.

« Tu dors? »


Minefuji  (31.12.2018 à 10:29)

Chapitre neuf

 

Désireuse de clarifier au plus vite sa situation, Beckett avait tenté de joindre Josh. Malheureusement, comme à chaque fois qu’il partait en mission, il était  impossible à joindre. Pourquoi fallait-il que ses missions se fassent toujours dans des endroits dépourvus de réseau? Se rappelant de la guerre qui faisait rage là-bas, elle pria pour qu’il ne lui arrivât rien. Elle se sentait déjà minable de l’avoir trompé, elle ne s’en remettrait pas s’il était blessé ou pire... Elle se ressaisit, inutile de culpabiliser alors qu’elle était certaine de ses choix. Josh n’avait pas éprouvé le besoin de rester près d’elle, cela signifiait qu’il était aussi peu engagé qu’elle dans cette relation.

Elle laissa un nouveau message sur sa boîte vocale, dans lequel elle lui demandait de la joindre rapidement.

Puis, incapable de rester inactive, elle avait entrepris de faire le grand ménage chez elle. Castle étant occupé avec sa famille, cela l’empêcherait de tourner en rond. D’ailleurs c’était loin d’être superflu, son appartement, d’ordinaire si bien rangé, semblait avoir été dévasté par une tempête tropicale.

Elle avait à peine commencé, qu’on sonna à la porte. Elle ouvrit après avoir vérifié par l’œilleton l’identité de son visiteur.

- Salut Lanie! On avait prévu une soirée fille? Demanda-t-elle en voyant le sac en papier qu’apportait son amie.

- Non, j’avais besoin de parler, expliqua la légiste. Et puis te connaissant, je me suis dit qu’un samedi soir tu devais être en mode mémère sur ton canapé.

- Hé! Je ne suis pas une mémère! Protesta Kate.

- ...

- Okay... pas tout le temps. Et puis j’aurais pu être avec Josh!

- Le courant d’air qui te sert de petit ami?

- ... touchée.

 

Lanie s’avança dans l’appartement de son amie.

- Et bien! Quel chantier! Qu’est ce qu’il s’est passé ici?

- Dégât des eaux...

- Et quand tu as un dégâts des eaux, tu planques ta lingerie derrière le canapé? Rigola Lanie en désignant  les dessous de Kate qui trainaient.

- La salle de bain était inondée, j’ai dû expédier mes affaires... ils ont dû tomber du panier de linge... mentit Kate en tâchant de cacher sa gêne.

- Mouais... c’est ça ...

- Et si tu me disais plutôt ce qui t’amène, demanda Kate en ramassant rapidement le linge éparpillé dans le salon.

- Étant donné ce que tu m’as fait hier matin, je suis venue voir comment tu allais... Apparemment tu as un plombier super efficace, sourit Lanie.

- De quoi parles-tu?

- Arrête ton manège! Tu as l’air d’avoir pris du bon temps, ça se lit sur ton visage! Tu es allée voir Castle?

- De une, non je n’ai pas pris de bon temps. De deux, qu’est-ce que Castle a à voir là-dedans?

- Tu es allée le voir? Vous vous êtes à nouveau embrassés? Demanda Lanie surexcitée.

- J’ai paniqué un peu vite, cette histoire de baiser sous couverture, ce n’était rien...

- Ne me dis pas que tu fais encore machine arrière!

- Je ne recule pas puisqu’on n’avait pas avancé! Et puis revenons à la raison de ta présence ici, ajouta  Beckett pour signifier à son amie que le sujet était clos.

- Ah... ça... J’ai ramené le dîner, expliqua Lanie en déposant son sac sur la table basse.

- Qu’est ce qu’Esposito a fait?

- Qui?

- Ne fais  pas la maligne! L’avertit Beckett.

- Rien... Il est super... C’est juste que... C’est moi... Je ne suis pas...

- Ne me dis pas que tu veux faire marche arrière, dit Kate ravie de renvoyer le reproche à son amie.

- C’est pas ça... c’est seulement que je suis satisfaite de ce qu’on a et...

- Tu ne veux pas plus, termina Beckett, qui connaissait bien son amie.

 

Lanie acquiesça. Elle n’était pas prête à donner plus à sa relation. Elle avait l’impression qu’elle perdrait sa liberté si elle le faisait.

 

- Tu veux voir d’autres personnes?

- Non! Non! Fit Lanie un brin choquée par l’idée. Je ne fréquente qu’une personne à la fois!

- Bah alors? Je ne vois pas où est le problème.

- Je ne veux pas plus que ce que nous avons. On fait des galipettes, on fait quelques sorties, mais chacun vit chez soi et personne n’est à la disposition de l’autre.

- Je ne suis pas certaine qu’Esposito veuille plus pour le moment, dit Kate qui connaissait parfaitement le côté solitaire de son équipier.

- Tu crois? Il parle souvent de Ryan et Jenny... Je me dis que c’est ce qu’il souhaite que nous devenions.

- Il est toujours fourré avec Ryan, expliqua Kate. Ce n’est pas étonnant qu’il te parle de lui. Mais si ça peut te rassurer, il est aussi flippé que toi quand il s’agit de l’idée d’avancer dans votre relation.

- Bah alors, pourquoi il m’en parle?

- C’est Ryan qui lui met ça dans la tête! Il est tellement heureux avec Jenny, qu’il pense que tout le monde devrait boire du lait chaud au miel en rentrant chez lui!

- Beahhhh! Grimaça Lanie.

- C’est Ryan, il est très fleur bleue. Il suffit de rassurer Esposito en lui expliquant que contrairement à Jenny, tu ne souhaites pas c’est trucs dégoulinants de mièvrerie...

- Tu crois?

- J’en suis sûre! Esposito sera ravi d’apprendre que tu n’attends pas de lui qu’il soit toujours collé à tes basques.

Le téléphone de Kate se manifesta à ce moment là, annonçant l’arrivée d’un message. La jeune femme s’empressa de le lire.

« Tu dors? 😘»

« Non. »

« Je peux venir? Alexis dort chez une amie. »

« Non. Lanie est ici. »

« Un souci? »

« Pas vraiment, elle avait besoin d’un conseil. »

« J’ai envie de passer chez toi. »

« Lanie est ici. »

« Et alors?

«  Ça lui mettrai la puce à l’oreille. »

«  Tu ne lui as pas dit pour nous? »

« Non, pour l’instant je veux garder ça pour nous. »

« Tu as honte de moi? »

« Mais non! J’ai seulement envie de te garder pour moi toute seule pendant quelques temps. »

« Pourquoi? Elle voudrait un plan à trois? 😱 Argh! Pas à 4 avec Espo! 😱😨😱 »

« T’es bête! 😂 »

«  Je pourrais avoir besoin d’un conseil...🤫 »

« Quel genre de conseil? »

« Ma nouvelle petite amie est un super coup, j’ai peur de ne pas être à la hauteur. »

«  Peu crédible. »

« Et pourtant! Quatre rounds en une nuit! C’est une sacrée performance! »

 

- Eh! Je dérange peut être? Demanda soudain Lanie rappelant au passage sa présence à son amie.

- Non, euh...

- C’est qui?

- Euh... mon père..

- Ton père te fais rougir comme une collégienne? Arrête ton char! C’est qui? C’est Castle?

- C’est mon père! Mentit Kate. Il vient de m’envoyer par erreur un message qu’il destinait à sa petite amie!

- Ton père fréquente quelqu’un?

- Depuis peu. Apparemment il s’essaye aux sextos.

- Hiarkkk! Blêmit Lanie.

- C’est traumatisant. Pour lui comme pour moi.

- Il sait qu’il s’est trompé de numéro?

- Je le lui ai dit, je n’ai pas envie de savoir ce qu’il porte sur lui ou pas!

- Tu m’étonnes, fit Lanie en songeant à son propre père.

Le téléphone de Kate bipa de nouveau.

 

« Qu’est ce que je fais alors? »

« Tu écris. Ou tu dors. Je t’appellerai plus tard. »

« 😢 »

« Et inutile d’essayer de m’amadouer! » ajouta Beckett.

 

- Un souci? Demanda Lanie.

- Plus maintenant, déclara Kate en prenant son verre de vin. Je lui ai rappelé ce  qu’il me dit à chaque fois que j’ai un nouveau petit ami: «je ne veux rien savoir tant que ça n’est pas du sérieux! »

- Si je comprends bien, ton père ne sait rien de ta vie amoureuse.

- Heureusement! Le connaissant, il aurait déjà eu une bonne dizaine de crises cardiaques.

 

 


Minefuji  (01.01.2019 à 20:30)

Chapitre dix

 

Dépité de ne pouvoir rejoindre sa muse pour finir la nuit dans ses bras comme il l’avait espéré, Castle finit par tomber de sommeil au beau milieu du chapitre qu’il écrivait. C’est ainsi qu’Alexis le découvrit le lendemain matin allongé dans le canapé de son bureau, son ordinateur portable sur les genoux. Délicatement, elle saisit l’appareil et le déposa sur le bureau de son père qu’elle couvrit d’un plaid.

Puis elle retrouva sa grand-mère dans la cuisine.

- Eh bien au moins il dort, se réjouit-elle. Ses insomnies commençaient à m’inquiéter.

- Il paraît qu’il a eu une tisane très efficace, répondit Martha. Je pense plutôt qu’il a réglé ses problèmes.

- Ses problèmes? Il t’a parlé de quelque chose? S’inquiéta Alexis.

- Pas vraiment, mais j’ai cru deviner qu’il s’était passé quelque chose entre le lieutenant Beckett et lui...

- Ils se sont disputés?

- Ou il commence à se lasser de ce jeu du chat et de la souris auquel ils jouent depuis deux ans... supposa Martha.

- Tu crois qu’il va arrêter de suivre le lieutenant Beckett?

- C’est ce que je pensais, mais depuis hier, ce n’est pas à l’ordre du jour... Nikki Heat est un personnage trop complexe, il a besoin de continuer ses recherches, enfin, c’est ce qu’il dit! 

- Ce n’est pas comme ça qu’il va résoudre ses problèmes, soupira Alexis.

- D’après lui, être son partenaire sur les enquêtes lui convient parfaitement.  

- À d’autre! S’agaça Alexis.

- Écoute chérie, ton père est un grand garçon. Il sait ce qu’il fait.

- Comme la fois où il a plongé la dinde dans la friteuse?

- Mhm... Il sait ce qu’il fait la plupart du temps... Rectifia Martha.  Et puis ses sourcils ont fini par repousser... Ce n’était pas si dramatique...

- Je ne veux pas qu’il souffre.

- Ça, chérie, malheureusement personne ne peut empêcher les autres de souffrir. Ton père aussi voudrait te protéger de la souffrance...

- On parle de moi? Demanda la voix ensommeillée de Castle qui venait de franchir la porte de son bureau.

- Nous sommes seulement ravies de constater que tu n’as plus de problème d’insomnies.

- Ouais, c’est Gina qui le sera moins, répondit l’écrivain. Je suis plus productif quand je n’arrive pas à dormir...

- Peut être, mais dans ces cas là, tu fais une dizaine de fautes à chaque page et tes intrigues sont confuses, rappela Alexis.

- Touché.

- J’ai préparé du café, annonça Martha. Je t’en sers une tasse?

- Euh... d’accord, mais je ne petit déjeune pas ici, annonça Castle.

- Ah bon? Et en quel honneur, l’interrogea Alexis.

- Secret défense.

- Oh! Ça a à voir avec le retour de ton sommeil et le fait que tu aies découché vendredi soir?

- Elle est jolie? Demanda Alexis.

- Vous ne saurez rien! Chantonna Castle. Argh! Mère! Ce café est... indescriptible!

- Ce café est très bon! C’est juste que tu as tendance à avoir la main lourde sur le sucre d’ordinaire!

- N’importe quoi! Mon café est doux et sucré comme il faut. Le tien est une arme de destruction massive de papilles! 

- Ça fait toujours plaisir! Grinça Martha.

- Bon, je file! À plus tard!

- Ça alors! Fit Alexis lorsque Castle eut quitté le loft. Il ne m’a même rien demandé au sujet de ma soirée pyjama!

- Mhm... c’est louche.

- Tu crois qu’il va faire une bêtise?

- Il essaye d’oublier son béguin pour Beckett, il va forcément faire une bêtise.

- Pourquoi tu dis ça? Beckett n’est pas la première femme qu’il a draguée...

- Oh détrompe-toi! Beckett était bien plus qu’un simple béguin! Il en a fait l’héroïne de ses romans. Il ne l’oubliera pas comme ça, crois moi!

- Surtout s’il continue de suivre ses enquêtes, s’inquiéta Alexis.

 

********

 

Castle avait à peine quitté son immeuble, que son téléphone sonnait. Beckett s’ennuyait-t-elle de lui? Il n’osait l’espérer. Il fut cependant déçu en découvrant l’identité de la personne qui l’appelait.

- Bonjour Gina, lança-t-il sarcastique. Que me vaut le plaisir de ton appel?

- Oh, je t’en prie, Richard, nous sommes en bon termes.

- Oui, mais tes appels au petit matin sont rarement ceux de mon ex femme avec qui j’ai gardé d’excellents rapports, mais plutôt ceux de mon éditrice vampiresque, qui veut me tuer à la tâche.

- Te tuer à la tache? Voilà autre chose! S’étouffa Gina au téléphone. Tu ne sais même pas ce que c’est que le travail! Tu le fuis depuis ton premier best-seller! Tu as même tué Derrick Storm parce que tu avais l’impression de bosser! 

- Mhm! Touché! Reconnut l’écrivain. Alors? Pourquoi cet appel?

- Te parler du planning de promotion de ton prochain roman...

- Il n’est même pas terminé! Pourquoi en faire la promotion? 

- Parce que contrairement à toi, les grandes personnes ont des contraintes de temps liées à leur travail. Alors je te demanderai d’accélérer le rythme et de m’envoyer ton nouveau chapitre... disons après-demain.

- Quoi? Impossible! 

- Si, c’est possible, il suffit que tu te mettes sérieusement à ton bureau et que tu écrives.

- Je ne peux pas, je dois faire des recherches!

- À d’autres! Tu vas arrêter de jouer au flic avec ton lieutenant de police tant que ce chapitre ne sera pas terminé. 

- Premièrement, je suis une grande personne, je n’ai pas besoin qu’on me dise ce que je dois ou ne dois pas faire. Deuxièmement, je ne joue pas au flic, j’aide le lieutenant Beckett dans ses enquêtes! 

- Elle n’a pas besoin de toi pour faire son travail, contra Gina. Elle le faisait très bien sans toi et continuera à le faire quand tu te seras lassé de ton hobby du moment.

- Bon, Gina, je te rappellerai plus tard. Mon hobby m’attend et je n’ai pas l’intention de la faire attendre plus longtemps. 

- Mais...

- Ne t’en fais pas, tu auras ton chapitre après-demain.

 

Il ne lui laissa pas le temps de répondre et raccrocha. Gina avait l’art de deviner quand il se laissait aller à la procrastination! Comment diable faisait-elle? Peut être avait-elle mis un traceur sur son téléphone? Ou un logiciel espion dans son ordinateur? Il se fit la promesse d’appeler Max, son ami informaticien pour lui demander de vérifier l’ensemble de son matériel, puis ils éteignit son téléphone et continua son chemin. Gina ne changerait pas les plans qu’il avaient élaborés pour sa journée! Hors de question! 


Minefuji  (02.01.2019 à 19:43)

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