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Monde virtuel de Castle

Pas sans toi

Créateur : billy1 
Date de création : 03.10.2018 à 17h05

Message du créateur :
Fic OCC . Que se passe-t-il quand tout ce à quoi vous vous raccrochiez a disparu?

Cet épisode compte 18 paragraphes

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Chapitre 11.


- Le prince la prit donc pour femme, sûr maintenant d'avoir trouvé une vraie princesse, et le petit pois fut exposé dans le cabinet des trésors d'art, où l'on peut encore le voir si personne ne l'a emporté. Et ceci est une vraie histoire.

- Vraie ? bailla Lily en serrant son doudou contre son corps

- Ça veut dire que c'est réel, cacahuète

- Hum, gémit-elle fatiguée de cette journée shopping entre filles

- Allez chérie, sourit Rick, heureux d'avoir eu un instant en tête-à-tête avec elle ce soir. Il est l'heure de fermer les yeux et de faire de jolis rêves

- Nuit, papa

- Bonne nuit cacahuète, chuchota-t-il en lui embrassant tendrement la joue avant de sortir de la chambre.

Cette après-midi, il avait pris une décision, une de celle qui ne prend pratiquement jamais, car elle était contraire à sa règle numéro 1 dans la vie. Il allait suivre les conseils de sa mère. Si l'idée de séduire à nouveau Beckett l'émoustillait, celle qu'elle refuse ces avances l'angoissait beaucoup plus.

Il lui avait promis une amitié mais après plus d'un mois à se côtoyer, sa mère avait raison, il devait prendre le taureau par les cornes et pousser un peu plus Kate dans cette relation qu'on nommait : mariage.

Nerveux comme un jeune premier, il n'avait pas osé aborder le sujet quand elle était revenue avec Lily de sa journée shopping. Il avait préféré attendre que la petite soit coucher pour si besoin est, pouvoir panser ses blessures seul, en cas de refus.

Inspirant, en sentant son anxiété culminée, il observa avec nostalgie son alliance en se remémorant ses vœux de mariage :

« Dès le moment où je t'ai rencontrée ma vie est devenue extraordinaire, tu m'as plus sur moi-même que je n'aurai pu imaginer, tu es la joie de mon cœur, tu es la dernière personne que je veux voir chaque soir avant de fermer les yeux, je t'aime Katherine Beckett, et ton mystère est le seul que je veux passer le reste de ma vie à explorer… »

Il avait l'impression que c'était dans une autre vie, que ce n'était pas lui, pas eux à cet instant-là, comme si les années passées à ses côtés avaient été un doux rêve éveillé. Il avait l'impression qu'il avait perdu la seule chose auquel il tenait le plus au monde, pourtant, malgré toutes ses angoisses et ses peurs, sa mère avait raison, la raison de ses tumultes se trouvaient en bas. Elle était près de lui, bien vivante et il n'appartenait qu'à lui , de réécrire l'histoire. Il devait juste se battre un peu plus fort pour eux, il devait se battre pour retrouver son rêve.

XXXXXXXX

Allongée sur le canapé du salon, Nikki Heat dans les mains et un plaid sur les jambes, Beckett appréciait ce moment de détente après une après-midi de shopping avec Lanie. Elle avait espéré que d'emmener Lily tempérerait la frénésie de sa meilleure amie au sujet du nombre incalculable de boutique à faire ou à voir, mais c'était sans compter sur sa fille.

Beckett avait découvert une nouvelle facette de Lily Castle : elle aimait faire les boutiques. Comment même une enfant de cet âge pouvait-elle-même apprécier ce genre de choses ? Elle ne se souvenait pas d'un instant de sa tendre enfance ou shopping ne rimait pas avec torture. Une chose était certaine selon Kate, Lily devait tenir ça de son père.

Les magasins s'étaient succédé au même rythme que les questions indiscrètes de Lanie, ce qui avait finit de la fatiguer :

- Tu te souviens que quelque chose ?

- Non

- Vous vous êtes embrassées ?

- Non

- Vous avez couché ensemble ?

- Non !

- Pourquoi ?

- Parce que je ne me souviens pas !

- Tu ne te souviens pas comment on fait ?

- Lanie ! avait-elle grincer des dents ,irriter par son manque de discrétion

- Vous êtes mariés et il est sexy

- Lanie !

- Moi, je dis juste qu'il faudrait peut-être goûter le menu pour une fois. Tu n'es pas au régime après tout.

Oui, elle était éreintée ce soir. Même si les remarques que son amie avait pu lui faire aurait pu sembler pertinente, Kate n'était pas disposée à discuter de sa non-relation avec Castle devant les oreilles chastes de sa fille.

C'est pourquoi, ce soir, elle décompressait en terminant le second volet de Nikki Heat. Si elle n'avait pas été une fan de ce nom de strip-teaseuse, elle était définitivement tombée sous le charme de cette histoire. La façon avec laquelle il décrivait cette détective lui démontrait le nom d'heures incalculable qui l'avait dû passer à ses côtés. Il la connaissait…..réellement. Et désormais, après ce second tome pratiquement achever, elle se demandait à quel point cette romance entre Rook et Nikki ressemblait à celle de Kate et Rick.

Fermant les yeux en mettant mentalement leurs noms juxtaposés dans sa tête…Kate et Rick, elle les ouvrit face à cette odeur de menthe poivré qui lui chatouilla les narines.

- Le livre est tellement ennuyeux que tu t'endors dessus ? sourit Castle, les deux mains dans les poches en la contemplant amoureusement.

- Non…..je pensais juste.

- Oh, puis-je savoir à quoi ?

- Ah rien, dit-elle embarrasser. Ce n'était vraiment rien.

- Je connais tes « rien » et ça…ce n'est pas un « rien », allez dis-moi, murmura-t-il en s'installant au bout du canapé en veillant à ne pas effleurer ses pieds.

Levant un sourcil en le voyant complètement attentif, elle posa son livre sur l'accoudoir en se mordant la lèvre inférieure avant de lui avouer timidement :

- Je pensais à Rook et Nikki

- Oh, tu en es au deuxième tome, tu dois te demander si Rook est mort ?

- Rook….est mort !s'estomaqua-t-elle en ne connaissant pas la fin de l'histoire

- Tu n'as pas lu jusqu'à la fin ? la taquina-t-il en sachant qu'elle détestait qu'on lui donne la fin d'un livre

- Non, idiot !siffla-t-elle en lui lança un oreiller. Et pourquoi vouloir le tuer !Qu'est-ce qui te prend de tuer tous tes personnages.

- D'abord, je n'ai pas tué tous mes personnages, je n'ai tué que Derrick

- Mais, tu as…

- Et secondo, je te taquinais, rit Rick en la voyant le fusiller du regard. Tu es si facile quand il s'agit de Nikki, Beckett.

- Et tu te crois drôle en plus ! sourit-elle du bout des lèvres amusées en le voyant plus détendu à ses côtés

- Un petit peu…je suis connu pour ça, tu sais…..en plus d'être sexy

- Sexy ? Tu es sûr de ça?

- Oh, Beckett, tu me vexes.

Souriant tous les deux devant la facilité de leur joute verbale, ils se contemplèrent quelques secondes avant qu'elle n'ose enfin lui poser sa question :

- A quel point l'histoire de Nikki et Rook ressemble à celle de Kate et Rick ?

- Kate et Rick…..j'aime ce mot dans ta bouche, répéta-t-il rêveur

- Je pensais que tu aimais autre chose, dans ma bouche, mais ma mémoire me fait défaut alors, le taquina Beckett en le voyant ouvrir puis fermer la bouche comme un poisson rouge.

Oui, pouvoir passer une soirée sans tension était réellement agréable. Elle aimait passer du temps avec lui dorénavant, ils avaient cette facilité à communiquer qui la troublait parfois mais qui la rassurait en même temps. Elle pouvait comprendre pourquoi il était devenu plus qu'un partenaire, plus qu'un ami.

- Tu…..tu…, bégaya, toujours sur le choc, Rick de sa boutade.

- Le chat à voler ta langue ?

- Diablesse, inspira-t-il en se mordant le poing pour montrer un peu plus de théâtralité et la faire sourire un peu plus.

Il aimait une Kate plus détendue. Ce soir, elle semblait plus disposer à sourire, à écouter et même à s'amuser. Heureux de partager cet instant avec elle, il l'observa quelques secondes avant de lui répondre d'une voix chaude et sérieuse :

- Rick et Kate sont différents de Nikki et Rook. Rick et Kate sont extraordinaire ensemble.

- Extraordinaire comment ? à quel point de vue ? chuchota-t-elle, heureuse de pouvoir aiguiller la conversation où elle le désirait

Souriant à sa question, Castle se positionna de tel sorte qu'il soit face à elle, une main en appui sur le sofa qui lui soutenait la tête et la seconde sur le pied de Kate qu'il effleura par-dessus son plaide, comme pour s'ancrer à un point fixe, il la contempla avant de lui murmurer :

- Je ne sais pas…on a cette chimie quant on est ensemble. C'est comme si rien ne pouvait nous résister. Tu as une fois comparer notre histoire à ce que tu pouvais ressentir à écoutant du Coltrane.

- J'adore Coltrane, chuchota-t-elle

- Hum…je sais.

- Alors…toutes ces scènes dans tes livres ne sont pas réels ?

- Si tu me parles des cas d'homicides, certains sont tirés de la vie réelle, répondit-il en la voyant baisser le regard déçu par sa réponse. Mais si tu me parles de toutes ces scènes de sexe, continua-t-il en l'observant se mordiller la lèvre.

- Hum ?

- Rien de ce qui s'est passé entre nous n'a fini dans un livre. Tout d'abord parce que tu me tuerais en me mutilant avant de jeter mon corps sexy et chaud dans l'Hudson, et ensuite parce que je n'arriverais jamais à rendre justice à nos ébats. On est tellement, bon à ça.

- Ne soit pas si vaniteux, murmura-t-elle embarrasser en se disant que les scènes entre Rook et Nikki l'avaient émoustillé ,alors, si la fiction n'était qu'une pale mesure de la réalité, elle était désormais…..plus qu'attentive à ses propos et désireuse.

- Je ne suis pas vaniteux. Le sexe entre nous est torride ! Et tu …tu rougis ? rit-il en l'observant. Je ne pensais jamais voir Katherine Beckett rougir en parlant de sexe

- Je ne rougis pas, mentit-elle en le fusillant du regard

- Oh si, tu rougis…..c'est mignon, continua-t-il heureux. Toi qui n'es pas prude à ce sujet, c'est amusant de te voir dans ce registre.

- Oh, je ne suis pas non plus une dévergondée, ronchonna Kate en ramenant ses jambes contre son corps pour les enlacer et poser sa tête dessus

- Non, mais jusqu'à présent, on a toujours parlé de sexe ouvertement et sans taboo entre nous.

- Eh bien, c'est plus facile de parler de ta vie sexuelle quand tu te souviens dans avoir une, rétorqua-t-elle en le voyant la contempler amoureusement.

- Tu as raison. Ma faute. Si tu as des questions à ce sujet, je serais heureux de t'éclairer.

- C'est bon

- Tu es certaine ?

- Castle, c'est bon, je n'ai pas besoin de savoir comment nous faisons ou pas l'amour.

- Bien

- Bien.

Silencieusement, ils baissèrent dans une même synchronisation leur regard. Rick, ne savait pas comment orienter la conversation vers un éventuel rendez-vous. Même si elle semblait plus à l'aise et plus ouverte avec lui, cela ne signifiait pas qu'elle désirait plus. Les jours s'étaient succédé et il avait pu voir son regard sur lui changer. Elle était passée d'hargneuse à amicale. Mais amicale ne voulait pas dire : je veux tenter ma chance avec toi.

Inspirant, il allait lui demander si elle désirait sortir samedi quand elle lui coupa l'herbe sous le pied en le questionnant timidement :

- Qu'est-ce qui te manque le plus ?

Cette question la taraudait depuis quelques semaines. A chaque fois, qu'elle observait son regard sur elle, qu'elle contemplait une photo d'eux ou qu'elle entendait des anecdotes à leurs sujets.

Tous étaient du même avis, Lanie, son père, Martha….ils avaient été dans une réelle relation, une de celle qu'elle avait secrètement désiré. Son père avait même osé comparer sa relation avec Rick avec celle qu'il entretenait avec sa mère.

Si elle avait roulé des yeux à cette déclaration, depuis quelques semaines, elle revenait sur ses aprioris. Il n'était plus ce playboy entouré de Bimbo. Il était attentionné, drôle, gentil avec une extrême patience, c'était aussi un père formidable. Elle pouvait voir pourquoi la Kate qui l'avait épousé avait pu tomber amoureuse.

Et cette question la taraudait désormais. Quand on vit ce genre de relation, quand on aime à ce point-là , qu'est-ce qui nous manque le plus de l'être aimé ?

Elle s'apercevait de sa douleur. Elle entrevoyait dans chacun de ses regards, de ses sourires. Elle l'entendait parfois pleurer la nuit quand elle allait veiller sur Lily par manque de sommeil. Comme un animal blessé, agonisant, elle écoutait le coeur lourd, cet homme sangloté seul, la femme qu'il avait perdu.

C'est surement pour toutes ces raisons, pour cette amitié qu'elle commençait à tisser avec lui, qu'elle s'inquiétait de la suite. Qu'adviendrait-il si ses souvenirs ne revenaient pas ? Si elle ne pourrait pas pallier à ce manque ? Lui en voudrait-il si elle partait ? Pourrait-il rester amis ?

L'observant lever la tête en fronçant des sourcils à sa question , elle se passa une mèche derrière les oreilles en l'écoutant lui demander :

- Je ne comprends pas

- Je….je veux dire. Qu'est-ce qui te manque le plus dans l'ancienne Kate…..Qu'est-ce qui te manque le plus ? Nos relations aux boulots ? ou peut-être une routine qu'on avait la maison ? Le sexe ? ou…

- Ton regard…Son regard, soupira-t-il la boule au ventre en comprenant le sens de sa question.

- Je…mon regard ? reprit-elle dans l'incompréhension

- Hum….tu avais cette façon si adorable de me regarder…..avec cet amour inconditionnel dans les yeux. C'est cette lueur qui me manque. Celle que j'entrevoyais même quand on se disputait, quand c'était difficile…il y avait toujours cette chose dans ton regard qui me disait que même dans les pires moments…toi et moi, ce n'était pas futile…..c'était réel. Rick et Kate étaient réels. Et maintenant….c'est cette lueur qui me manque. J'ai besoin de cette lueur, déglutit Rick les larmes aux yeux devant les larmes de Kate qui l'écoutait en sentant son cœur se tordre. J'ai besoin de savoir que j'ai encore de l'espoir, parce que…..si cette lueur ne revenait plus, je…je me demande comment j'arriverais à vivre sans toi. J'ai besoin de ma femme pour vivre…..j'ai besoin de toi, Kate.

Il n'avait pas prévu de s'épancher autant sur ses sentiments, il avait simplement prévu une sortie mais la soirée ne s'était pas déroulée comme il l'avait espéré et il se trouvait, le cœur en berne devant la femme de sa vie, en train de lui demander de ne pas l'abandonner.

L'estomac noué, les yeux rougis, il déglutit en la voyant en larmes devant lui, les bras enroulés autour de ses jambes et sa tête sur ses genoux. Elle pleurait en silence sans le lâcher du regard.

Elle ne s'attendait pas une telle déclaration, un tel désespoir dans sa voix. Le cœur tout aussi noué que lui, elle se rendit compte qu'elle partageait les mêmes craintes à un niveau différent. Son amnésie rendait le futur de Rick tout aussi incertain que le sien mais , elle ,contrairement à lui , ne vivrait pas avec la perte de l'amour de sa vie.

Inspirant en sentant tout le poids de cette conversation dans sa gorge, elle tenta de chasser aux loin ses larmes d'un revers de la main avant de murmurer à l'homme qui se trouvait devant elle, le cœur en berne :

- Je suis désolée

- Kate, soupira-t-il en ne souhaitant pas qu'elle culpabilise

- Ça va faire plus d'un mois maintenant…..je sais que tu sais que mes chances sont moindres. J'ai essayé Rick…..mais je ne sais pas comment faire pour me souvenir.

Baissant les yeux devant ses mots, il les referma en serrant ses poings. Il n'avait pas besoin qu'elle continue pour comprendre. Elle s'excusait, elle lui demandait pardon et bientôt, elle lui avouerait vouloir partir. Il l'avait fait sans doute fait fuir avec cette déclaration, ou simplement prendre conscience de l'éléphant dans la pièce. Sentant son cœur se brisé en milles morceaux, il ouvrit de nouveau les yeux devant ses dires et sa voix tremblante et incertaine:

- Mais, quelqu'un de très sage m'a un jour dit : «que souvent quand les gens se retrouvent face à un mur, ils laissent tomber. Mais pas moi. Moi, je continue, je ne veux pas renoncer. C'est ce qui fait que je suis extraordinaire » Cette personne m'a même écrit une saga, alors je tend à penser que ce n'est pas une petite amnésie qui me ferait reculer.

- Petite amnésie, hein ? répéta-t-il, la gorge noué

- Oh, tu sais c'est toi l'écrivain dans cette relation bancale, ne me juge pas, sur mon vocabulaire, renifla-t-elle le sourire aux lèvres.

- En tout cas, cette personne dont tu fais référence à raison

- Ah oui ?

- Hum….Kate Beckett ne recule pas…..Kate Beckett se bat pour ce qui est difficile pas pour ce qui est facile.

L'observant en fronçant les sourcils sur son choix de mots, elle ouvrit la bouche puis la referma avant de murmurer en réfléchissant :

- J'ai l'impression d'avoir déjà entendu ça

- Tu ne l'as pas entendu…..tu les as toi-même dit, avoua Rick, les yeux pleins d'espoir en ajoutant devant son air interrogateur. A ton examen de Capitaine. Tu as dit que tu ne traversais pas la ligne. Que tu te posais dessus .

- J'ai dit ça, hein ? dit-elle en se mordant la lèvre inférieure

- Oui

Inspirant, elle déglutit en fermant les yeux avant de lui chuchoter timidement :

- Comment on fait ?

- Comment on fait quoi, Kate ?

- Comment fait-on pour que mes souvenirs reviennent ?

A sa demande, il soupira de soulagement. Elle ne partait pas. Elle se battait encore pour eux. Elle ne l'abandonnait pas. Excité comme le matin de noël, il la contempla amoureusement comme le plus beau des présents. Elle était tellement belle devant lui, avec ses yeux rougis, ses cheveux en bataille et ses minuscules doigts autour de ses jambes….elle était extraordinaire.

- Castle ? déglutit-elle devant son regard d'adoration.

Elle ne souhaitait pouvoir trouver une solution pour alléger le cœur de cet homme. Elle voulait se donner toutes les chances de réussir avant de se dire qu'elle avait tout tenté. Même si elle était terrifiée sur ce que son cœur venait d'accepter, quelque part elle savait qu'elle pouvait lui faire confiance, qu'il ne pousserait pas si elle n'était pas prête. Et sa réponse, la rassura dans son sens :

- Et si on n'apprenait pas à se connaitre. Je veux dire, sans pression, juste Kate Beckett , lieutenant à la criminelle et Rick Castle.

- Tu proposes …un début ?

- Je propose un rendez-vous.

- Oh, hoqueta-t-elle surprise, ne s'attendant pas à cette réponse

- Sans pression. Juste…une sortie où l'on pourrait apprendre à se connaitre…un tête-à-tête hors du loft et de tous ses regards indiscrets.

- Tu me connais déjà, Castle

- Oui….mais je ne me lasse pas de découvrir encore et encore et j'aimerais que tu me connaisses Kate…..alors qu'en dis-tu ? Veux-tu connaitre l'homme que tu as épousé?

Se remémorant les mots de son thérapeute, des semaines plutôt, elle se gratta nerveusement la nuque en se mordillant la lèvre avant de hocher fébrilement la tête et de murmurer :

- Pas de grands plats dans les petits et pas de pression. Je veux dire, des pas de bébé.

Bon dieu, elle acceptait ! Kate Beckett acceptait un nouveau premier rendez-vous avec lui. Cette soirée n'aurait pas pu être plus magique. Elle l'avait écouté épancher toutes ses peurs et elle n'avait pas fuit….au contraire. Le sourire jusqu'aux oreilles, il lui répondit avec cette voix grave et chaude qui lui retournait toujours le cœur d'une façon douce et enchanteresse :

- L'angelica retransmet un film de science-fiction…heu….planète interdite, je crois, on pourrait aller à cette séance.

- Planète interdite ? s'extasia-t-elle avec la même lueur dans les yeux que des années précédentes

- Oui, je crois…ce n'est pas ce film avec le robot ? continua Rick l'air de rien, heureux de la charmer une seconde fois.

- Tu ne connais pas Planète Interdite ?

- Je suis plutôt le genre Star Wars ou alors Matrix

- C'est justement le film qui les inspirer tous les deux

- Oh….d'accord….alors c'est un « oui » ? demanda Castle anxieusement.

Se mordillant la lèvre inférieure, elle sourit en se disant qu'il fallait un début et lui répondit :

- C'est un « oui »

- Super

- Super

- Mais...

- Des pas de bébés, et...Je peux rajouter que j'aime beaucoup cette version « Beckett »….parce que l'ancienne version m'a fait poireauté 4 années avant un rendez-vous alors je suis preneur avec un mois et demi

- Ne pousse pas ta chance non plus

- D'accord, rit-il avec elle soulager tous les deux par la tournure des événements.

Se levant du canapé en prenant Nikki Heat en main, il le lui tendit en souriant :

- Merci, Kate

- Je….

- Merci d'essayer, je sais que c'est difficile pour toi alors...merci d'essayer...et pour ce qui est de Rook, ajouta-t-il en lui montrant le livre. Ne t'inquiète pas pour lui. Lui et Nikki auront leurs fins heureuses.

- Oui ?

- Toujours.

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Debout à faire les cent pas, le téléphone à l'oreille, Kate gesticulait en se lamentant à sa meilleure amie :

- Qu'est-ce qu'on porte pour une soirée ciné avec Rick Castle ?

- Avec son mari, rectifia Lanie amusée par l'angoisse de Beckett

- Je vais à un premier rendez-vous et l'homme en question c'est tout de moi….c'est flippant Lanie !

- Tu t'angoisses pour rien

- Pour rien ? cet homme connait mes plus sombres secrets, mes meilleurs souvenirs et…

- Kate…

- Bon dieu, il m'a aussi vu nue ! Et moi…moi, je ne sais rien sur lui.

- Ce n'est pas non plus un inconnu et je suis sur que Rick ne te mettra dans une position que tu ne veux pas. C'est un homme est un ange, un peu trop selon moi

- Lanie, soupira Kate

- Respire un bon coup et détends-toi, tu vas voir un film et certainement manger un hamburger après. Un tête à tête avec un mec beau et sexy, il y a pire dans la vie.

- Ok, inspira-t-elle tremblante en tenant à bout de bras sa serviette autour du corps tout en observant sa penderie

- Porte quelque chose dans lequel tu es à l'aise.

- Pas de robe, alors ?

- Kate, il souhaite juste une occasion de te montrer une autre facette de lui et crois-moi, tu vas adorer cette facette.

- Bien, je vais prendre, mon jean noir slim et ma chemise blanche

- Bien….et les sous-vêtements ? la taquina-t-elle

- Les sous-vêtements ? Tu plaisantes, j'espère ! Il est hors de question qu'il se fraye un chemin dans mon lit après un seul rendez-vous !

- C'est dommage pour toi, je t'assure que tu ne faisais que des éloges sur ses attributs et avec quelle dextérité, il s'en servait, rit la métisse

- Ok, je vais raccrocher maintenant. Bonne nuit, Lanie.

Et sans lui laisser le temps de répliquer, Kate s'exécuta avant de se laisser choir sur son matelas. Les cheveux encore légèrement mouillés de la douche, elle inspira en sentant son angoisse culminée. Elle sortait avec Rick Castle…elle sortait avec Richard Castle, ce soir !

XXXXXX

Les gestes étaient timides, les regards incertain et craintif et ils soufflèrent de soulagement quand la séance avait débuté.

Le stress était plus que palpable pour cette première soirée en tête à tête depuis des années. Rick , qui tentait de garder son calme mais il n'arrivait pas à chasser au loin cette angoisse qui lui martelait, qu'il avait une chance ce soir mais qu'il n'en aurait peut-être pas deux. Beckett allait mieux, beaucoup mieux et il savait que dans très peu de temps, elle pourrait reprendre son travail et donc son indépendance.

S'il n'avait plus aucun doute sur le lien qui unissait Kate à Lily , il doutait du sien avec cette dernière. Rien ne l'obligerait à rester près de lui à part cet idéal du mariage , son « one and done ». Seulement, il ne voulait pas de sa pitié, il souhaitait son amour et c'est sure cette angoisse qu'il toussota devant elle.

- Le film t'a plu ? débuta Kate en prenant en main la carte devant elle.

Après « Planète Interdite », ils étaient partis se restaurer dans un petit restaurant italien choisit par Rick. Si ce genre de restaurant l'avait surpris au départ, Kate était soulagée qu'il n'est pas mis les petits plats dans les grands. L'endroit était simple, chaleureux et surtout à son budget, elle ne se sentait pas oppresser.

Ce qu'elle ignorait en revanche, c'était que ce restaurant représentait pour eux….il avait été le premier qu'ils avaient partagé, des années auparavant, en tant que couple.

- J'ai adoré, l'intrigue était géniale et comme je suis un fan inconditionnel de SF, je dois dire que c'est une bonne surprise.

- Bonne surprise, hein ? répéta-t-elle ne souriant tout en levant un sourcil pour l'observer

- Oui….et toi ? tu as aimé ?

- Oh, eh bien, ce n'est pas le film de l'année, je ne le regarderais surement pas une deuxième fois mais c'était correct.

- Correct ? s'étouffa-t-il en la dévisageant. Correct ? C'est ton film préféré ! Comment peux-tu….

- Je le savais !

- Quoi ?

- Tu as déjà vu ce film, d'ailleurs on a déjà dû le voir ensemble, non ?

- Je…comment tu le sais ? soupira-t-il pris la main dans le sac

- Outre le fait que tu viens d'avouer que j'adore ce film et que tu en es conscient, tu as l'air d'oublier que je suis flic, je sens une entourloupe à des kilomètres…et Rick Castle, écrivain de mystère, fan de SF qui ne connait pas « Planète Interdite » c'est impossible.

- Oh…je….d'accord, je l'admets. J'ai déjà vu ce film, on a déjà vu ce film.

- Pourquoi ne pas le dire dès le début ? demanda Kate amusée par sa moue

- Parce que j'avais peur d'un refus….je voulais ce tête à tête et j'avais peur que tu dises « non »…..je sais, …c'est pathétique.

L'observant quelques secondes, elle se fit la réflexion qu'ils étaient tous les deux nerveux. L'idée qu'il est peur d'un refus, lui démontrait à que point il s'était mis en retrait pour elle depuis ces dernières semaines. Et même si elle n'était pas prête pour une grande histoire amour, elle devait admettre que l'homme de ces souvenirs était bien loin de celui qu'elle avait face elle. Il avait mûri et ce constat n'était pas déplaisant.

Désirant désamorcer un peu l'ambiance, elle posa sa carte des menus et lui répondit gentiment :

- Non….je trouve ça mignon, en fait.

Souriant nerveusement tous les deux, ils hochèrent simplement de la tête avant que le serveur ne vienne pour prendre leur commande. Une fois, fait, Rick inspira avant de relever les manches de son pull bleu cachemire et lui déclarera :

- Ok, le but de ce rendez-vous c'est qu'on apprenne à se connaître. Alors, si tu as des questions ou…..

- En fait, j'en ai quelques-unes, admit-elle en le voyant sourire à cet aveu

- Vas-y, je suis tout ouïe

- Tout le monde a remplit plus ou moins les blancs de ces dernières années, chacun avec une anecdote qui lui est propre et je suis pas certaine que de connaître certaines informations sur nous, sur cette « Kate » dont je me souvienne pas, soit réellement bénéfique.

- Donc ? demanda-t-il en fronçant les sourcils

- Donc ma question, mes questions ne seront pas dirigées sur nous mais sur toi, souffla-t-elle timidement

- Oh, oh, un interrogatoire, en bon et due forme

- Hum, hum….alors Rick, sourit-elle sans le lâcher des yeux, raconte-moi ton enfance

L'entendre prononcer son prénom lui provoqua des frissons dans le dos. Elle le regardait avec tellement attention, que Castle se fit la réflexion que se serait certainement son meilleur second rendez-vous avec Kate Beckett.


billy1  (23.12.2018 à 15:01)

Chapitre 12.



- Alors, c'est tout ? Plus de questions ? demanda Rick tout en sortant du restaurant

- Plus pour le moment, sourit Kate

- Tu as résolu le mystère Rick Castle , détective?

Le repas s'était déroulé avec une telle facilité que Beckett en avait apprécié chaque seconde. Elle avait pu apprendre comment Castle était devenu cet écrivain riche célèbre, ou comment il avait une fois fait brûler ses cheveux malencontreusement, il l'avait ému sur ses premiers pas en tant que père et fait sourire avec ces anecdotes de fac.

- Une partie en tout cas, admit-elle timidement en passant devant lui en se mordillant la lèvre inférieure

Rick n'arrivait pas à ôter ses yeux de sa grâce naturelle, de son sourire envoûtant et de sa silhouette époustouflante. Subjuguer par elle, il inspira tout en la contemplant avant de lâcher dans un murmure:  

- Dieu que tu es belle

- Quoi ?

- Je...Non,rien , toussota-t-il mal à l'aise en se rendant compte de ses paroles. Tu veux rentrer ou je peux pousser un petit peu….et te proposer une ballade ?

Le contemplant quelques secondes en face d'elle, Kate sentit que quelque chose avait changé entre eux. Doucement, un lien se tissait et elle pouvait facilement comprendre pourquoi elle l'avait épousé. Seulement ces années perdues l'effrayaient toujours un peu.

Si tout cela était nouveau pour elle, c'était complètement différent pour lui. Chaque sourire était un nouvel espoir qu'elle lui offrait et elle se sentait mal à l'aise de ne pas éprouver de sentiments à son égard.

Souriant, elle baissa le regard au sol avant de lui répondre gentiment :

- Une ballade serait sympa

- Oui ? s'étonna Castle extatique qui pensait qu'elle refuserait

- Oui….et pour info…..t'es pas mal non plus, Castle , sourit-elle en lui poussant l'épaule avec la sienne avant de passer devant lui pour commencer à marcher.

Déglutissant à sa remarque, Rick hocha simplement de la tête avec un tel éclat dans les yeux, qu'il aurait pu illuminer Manhattan. Elle l'avait entendu et elle n'avait pas fuit…au mieux encore, elle lui avait fait un compliment.

Figer sur place tout en admirant la femme en face de lui, Rick se demanda s'il était possible de tomber amoureux deux fois de la même personne. Son cœur se gonflait tellement d'amour pour Kate qu'il pouvait éclater à n'importe quel moment.

Inspirant pour reprendre l'air qu'il avait bloqué sans le savoir, il la vit se retourner et lui rétorquer en levant un sourcil :

- Tu viens , Castle ?

- Toujours, admit Rick la voix rauque, en augmentant son pas pour être à sa hauteur. .

Épaule contre épaule, leurs corps se frôlèrent à chaque foulée sans jamais tenter un rapprochement.

Les mains dans les poches, Castle appréciait cette marche dans New-York au côté de Beckett à sa juste valeur. Après plus de deux ans, il pouvait enfin apprécier un moment avec elle. Un de ceux, ou il pouvait simplement humer son odeur de cerise, converser avec elle et simplement l'aimer.

Levant le regard sur le sourire de Rick, Kate le baissa immédiatement. Elle était timide….et ce constat la troublait quelque peu. Depuis quand était-elle timide ? Ou si peu sûre d'elle ? Elle avait l'impression que cet homme lui faisait perdre toutes ces années d'expérience. Elle se sentait gauche, comme si Rick Castle était son premier béguin.

Déglutissant, elle passa une main dans ses cheveux avant de lui déclarer :

- J'ai une bonne nouvelle

- Oui ?

- Le Dr Burke m'a donné le feu vert pour retourner travailler, avoua-t-elle en observant sa réaction

- Oh , fit-il étonné en se stoppant pour la contempler

- Oui. Il pense que retourner au poste serait bénéfique pour moi.

- Et tu veux y retourner ?

- Oui, être flic…..c'est la seule chose dont je me souvienne. J'ai besoin de me sentir utile

- Tu es utile à la maison, avec Lily…..avec moi

- Castle, soupira-t-elle

- Mais si retourner au poste est ce que tu souhaites, murmura-t-il anxieusement, je suis certain qu'Espo serait ravi de te laisser ta place de Capitaine.

Il avait peur….il était terrifié qu'elle retrouve son indépendance. Il connaissait Kate Beckett . Dès qu'elle n'aurait plus besoin de son aide, elle volerait de ses propres ses ailes. Douloureusement, il l'observa baisser le regard et lui avouer :

- En fait, j'ai demandé à Espo de garder ma place

- Quoi ? Mais tu t'es battue pour être Capitaine, tu ne peux pas…

- Tout ce dont je me souviens, c'est d'être un détective. Et j'aime être flic, il n'y a rien de discréditant dans ça et…

- Je n'ai jamais dit ça. Tu sais que j'admire ton travail….enfin tu le savais, se reprit-il en en soupirant devant sa gaucherie

- Castle….ça fait plus de deux mois. On sait tous les deux que mes chances de retrouver ma mémoire sont nulle maintenant.

- Alors quoi ? tu balayes tout ce que tu étais ? Et tu redeviens la Kate dont tu te souviens ?

- Qui a-t-il de mal avec la Kate que je suis actuellement ? siffla-t-elle blesser par ses propos

- Rien, il n'y a rien de mal, souffla-t-il en reprenant son chemin pour la laisser complètement atterrer derrière lui.

Tout se basculait dans sa tête. Tous ses souvenirs heureux ou malheureux avec Beckett. De leur rencontre à son réveil. Et désormais, il se demandait comment il allait faire. Comment il allait trouver le courage de vivre sans elle.

Très bientôt, elle reprendrait son poste de détective et elle redeviendrait à la Kate Beckett de ses souvenirs. Et il n'avait plus la force de se battre pour eux. Il n'avait plus la force de voir des Tom , des Josh défiler devant lui sans rien pouvoir faire que d'attendre qu'elle soit prête.

Il avait pensé qu'elle était prête à essayer, que ce rendez-vous signifiait quelque chose pour elle mais apparemment il avait eu tort. Les larmes aux yeux , il fourra un peu plus ces mains dans ses poches avant que des doigts frêles mais ferme ne le stoppe en lui attrapant le coude.

- Ne pars pas, comme ça.

- Comme quoi ? demanda-t-il d'un ton bourru sans lever le regard sur elle

- Comme si j'avais fait quelque chose de mal. Je ne sais pas pourquoi tu sembles si blesser ou en colère mais…

- Tu vas partir, la coupa-t-il d'une voix rauque en se tournant pour la voir le dévisager

- Quoi ?

- Tu vas devenir à nouveau cette super détective qui veut sauver la veuve et l'orphelin. Tu vas accumuler les heures de travail et un jour tu vas te demander pourquoi tu restes auprès d'un homme que tu n'aimes pas.

- Rick

- Et le pire dans tout ça, c'est que je ne peux même pas t'en vouloir. Je ne peux même pas crier ma frustration ! hurla-t-il en la faisant sursauter comme un bon nombre de passeur. Tu as sauvé ma vie en y entrant, Kate….tu as sauvé ma fille, alors comment pourrais-je t'en vouloir ! Pourtant, tous les jours depuis deux ans, je me demande pourquoi tu as sauté devant ce foutu camion !

- Castle, déglutit-elle devant ses larmes

- Pourquoi tu as sauté devant ce camion, répéta-t-il bouleversé en reniflant

- Pour Alexis, Rick, murmura-t-elle en lui prenant la main tendrement. Pour Alexis.

- J'aurai aimé que tu ne le fasses pas, j'aurai aimé avoir plus de temps avec toi, j'aurai aimé tellement plus, on méritait tellement plus. Tu as sauté devant ce camion....et je t'ai perdue Kate. 

S'avançant doucement, elle le surprit en l'enlaçant. Ses mains autour de son cou, sa bouche près de son oreille, elle le serra si fort qu'il sentit son cœur se brisé un peu plus. Pleurant comme un enfant, il s'agrippa à elle , alors qu'elle lui chuchotait doucement :

- Ça va aller….chut…..ça va aller.

C'était la première fois qu'il la tenait dans ses bras depuis plus de deux ans. Son corps contre le sien. Il n'aurait jamais pensé pouvoir être aussi malheureux à cet instant-là. Elle était là avec lui et pourtant il avait l'impression de la perdre. 

Kate, elle , agrippa tout autant à lui que Rick. Ses mots l'avaient peiné, elle ne savait pas comment pouvoir avancer , elle ne savait pas comment faire pour que personne ne se brûle les ailes dans cette foutue situation. 

XXXXXXXXXXXX

Le trajet du retour se fit finalement dans un taxi dans un silence de mort. Cette fin de soirée n'avait pas été celle qu'ils avaient escompté tous les deux.

Kate avait imaginé plus de sourire, de rire et pourquoi pas , un baiser ? Un de ses baisers qui vous font sourire pendant des jours, qui vous donne des papillons au ventre et qui peut-être avec plus de chance, lui ouvrirait les portes de sa mémoire. Mais désormais, les mots de Rick lui trottait en tête « j'aurai aimé avoir plus de temps avec toi, j'aurai aimé tellement plus, on méritait tellement plus ....Tu as sauté devant ce camion....et je t'ai perdue Kate.».

Ce n'est pas elle qu'il attendait, qu'il désirait. Ce n'était pas cette Kate, et ce constat lui retourna le ventre. Parce que même si ses sentiments n'étaient pas les mêmes, elle commençait à ressentir quelque chose pour cet homme. Seulement comment pouvoir rivaliser avec la Kate de ces souvenirs ? Elle n'était pas cette femme. Elle n'était pas ouverte, joviale…..elle n'avait pas tous ses souvenirs communs, elle ne serait jamais à la hauteur de ses attentes . 

Fermant les yeux, elle laissa tomber sa tête contre la vitre du taxi pour réfléchir alors que Rick l'observait sans rien dire.

Comment avait-il pu craquer à ce point ? Comment avait-il pu lui hurler dessus ? Elle souhaitait simplement reprendre sa vie en main, reprendre ses marques. Elle ne méritait pas une telle scène en plein Manhattan après tout le mal qu'elle s'était donné pour s'ouvrir à lui.

Se maudissant pour sa perte de contrôle, il inspira en contemplant la femme à ses côtés. Elle était tellement belle que son souffle se coupait à chaque regard.

Les yeux ancrés sur elle, il soupira en s'apercevant que le taxi se stoppait. Sans un mot, il la vit sortir du taxi pour pénétrer dans l'immeuble.

XXXXXXXXXX

Les manteaux suspendus dans le placard, les chaussures retirées, ils s'observèrent anxieusement. Et maintenant ? C'était certainement , le moment le plus gênant de la soirée. Frottant sa nuque, mal à l'aise, Castle lui déclara d'une voix rauque et honteuse :

- Je suis désolé

- Tu n'as pas à l'être

- Kate, je t'ai hurlé dessus, tu ne méritais pas ça et…

- Castle, le coupa-t-elle en soupirant, fatiguée. Depuis mon réveil, tu as pris énormément sur toi, je ne vais t'en vouloir pour avoir craquer. Tu as le droit de pleurer ta femme

- Tu n'es pas morte, marmonna-t-il en la voyant rouler des yeux pour partir s'installer sur le canapé du salon.

- Non…..mais c'est tout comme pour toi, pour ton cœur.

- Kate

- Je ne peux pas devenir la personne que tu souhaites, Rick…j'ai essayé pendant des semaines et…..ça ne marche pas. Je ne peux pas être cette Kate là, je ne peux pas être ta femme. 

Déglutissant devant ses paroles, il baissa la tête en fermant les yeux. Les mains dans les poches, il avait l'impression que le sol l'engloutissait peu à peu. ça y ait, le moment était venu. Elle allait partir, sortir de sa vie et il ne pouvait pas lui en vouloir. 

- Tu sais, je me dis qu'on s'y prend mal, soupira-t-elle en se frottant le visage comme pour prendre du courage et terminer cette conversation. 

- A quel sujet ? chuchota-t-il blesser

- A propos de nous. .....S'il-te-plait, viens t’asseoir près de moi...je ne peux pas faire ça, si tu es debout à me regarder. 

- Tu vas partir ? sanglota-t-il en levant le regard pour la voir en larmes aussi. Tu vas me quitter? 

- Non

- Non ?

- Non.....Pour le meilleur et pour le pire, Castle, tu te souviens? 

- Pour…..

- Viens t’asseoir.

Hochant silencieusement la tête, il s'installa près d'elle en veillant à ne pas la toucher. Il se sentait tellement perdu près d'elle et cette situation l'agaçait. Levant les yeux sur elle, il la vit se triturer les doigts tout en se mordillant la lèvre et inspira en s'apercevant qu'elle était tout aussi terrifiée que lui. Elle était terrifiée et pourtant, elle essayait encore d'arranger la situation , d'avoir une conversation avec lui. Tous ces gestes lui démontraient qu'elle essayait réellement.....parce que là Kate Beckett de son passé n'aurait jamais agit comme-ça.....la Kate Beckett de ses souvenirs serait partie depuis des semaines. 

Doucement, il posa ses mains sur les siennes et caressa délicatement sa peau. Cette action la figea quelque secondes et elle releva le regard sur lui.

Yeux dans les yeux, ils s'observèrent avant que Rick murmura :

- A quel sujet on a eu tort, Kate ?

Baissant la tête à sa question, elle chercha ses mots pour tenter de lui faire comprendre son raisonnement sans le blesser une nouvelle fois. Inspirant plusieurs fois, pour tenter de calmer ses battements cardiaques, elle lui répondit fébrilement :

- Je ne suis pas la « Kate » que tu souhaites

- Tu es tout ce que je désires, réfuta Rick

- Je ne suis pas ta femme….celle de tes souvenirs…..et je crois qu'on ne devrait pas tenter de retrouver cette relation. Ce n'est plus  "nous" désormais.

- Je sais…c'est pourquoi on avait décidé de ce rendez-vous, acquiesça-t-il en la voyant relever le regard sur lui.

- Hum…..alors pourquoi « planète interdite » ? Pourquoi « ce resto italien » ? Je suis certaine que ce ne sont pas des sorties ou des lieux inconnus à notre histoire ? Ce n'était pas un tête-à-tête, premier rendez-vous. 

Ouvrant la bouche pour s'opposer à son raisonnement, il la referma automatiquement. Elle avait raison. Il avait tenté par le biais de cette sortie, un petit road trip dans leur passé en espérant secrètement raviver sa mémoire. Et il regrettait ces choix désormais. Il lui avait promis une soirée sans pression et finalement , il n'avait pas tenu promesse. Il était sortie en espérant retrouver sa femme, sa Kate, en négligeant les sentiments de la femme qui se trouvait en face de lui. 

Baissant le regard sur leurs doigts toujours lié, il l'entendit chuchoter :

- Je ne t'en veux pas. Tu as cru bien faire.

- Je suis désolé.

- Désolé ? Si mon mari ne se souvenait pas de moi, je suis certaine que j'aurai fait la même chose. Tu n'as pas à être désolé pour ça.

- Si c'était stupide

- Non….juste humain.

Relevant les yeux à ses mots, il la vit arquer un sourcil à son changement de comportement. Elle ne s'apercevait pas de la portée de ces mots. Par moment, elle lui ressortait des phrases qu'elle avait l'habitude d'emprunter auparavant et c'est ce qui le déroutait le plus. ça lui donnait de l'espoir.....mais elle avait raison. Elle ne retrouverait sans doute jamais la mémoire et il devait faire le deuil de sa femme pour l'apprécier à sa juste mesure. 

- Rick, si j'ai décidé de retourner travailler en tant que détective , c'est pour reprendre mes marques ; J'ai besoin de savoir qui je suis, confia-t-elle en le sortant de ses pensées. 

- Je sais

- Et qui nous sommes

- Nous ? s'étonna-t-il en la voyant le visage ravagé par les larmes mais le sourire aux lèvres

- Oui, nous. En tant que partenaire.

- Partenaire ?

- Il parait qu'on était plutôt bon tous les deux….et d'après les dire de tout le monde, notre partenariat a été la base de notre relation.

- Tu veux recommencer dès le début ?

- Je veux être Kate Beckett…..sans culpabilité….le détective Kate Beckett …..et peut-être qu'un jour, je serai le Capitaine Beckett. Peut-être qu'un jour, on n'aura notre fin heureuse parce qu'on aura crée notre propre histoire….. une seconde fois, sans pression et sans comparaison à des stigmates du passé. Je dois apprendre à te connaitre mais tu dois aussi apprendre à me connaitre...une nouvelle fois, enfin cette version de moi. On a besoin de repartir sur des bonnes bases et de voir ou ça nous mène. 

- Et…et si ça ne marche pas ? Si la détective Beckett ne tombe pas sous le charme de son acolyte, une seconde fois ? demanda-t-il anxieusement

- Eh bien…..on pourra dire qu'on aura essayer

- Essayer, soupira Rick

- Hum….c'est tout ce que je peux t'offrir pour le moment. Je sais que ce n'est pas le genre de relation que tu espérais, que ce n'est pas…..

- Non…..c'est parfait, déglutit-il en la coupant avant de serrer ses doigts tendrement. 

Il pensait l'avoir perdu et elle lui proposait de revenir sur le début de leur histoire. Un partenariat avec amitié avant d'avoir plus....il pouvait le faire. Il pouvait être son ami quand elle lui laissait espéré plus.  

- Sûr ?

- On va devoir s'acclimater avec Lily mais être ton partenaire, je peux le faire. …..et puis, dans quelque temps, tu verras à quel point je suis indispensable dans ta vie,Kate Beckett, ajouta-t-il le cœur serré en espérant ne pas avoir tort sur ce point

XXXXXXX

Il aurait pensé que sa reprise de travail serait plus difficile mais Beckett sans sortait à merveille. Quatre semaines s'étaient écoulées depuis sa venue au commissariat et Castle avait l'impression qu'elle n'avait jamais quitté ses fonctions.

Si les premiers temps étaient quelque peu maladroit avec ces collègues, Kate avait su mettre tout le monde à l'aise en expliquant que le Capitaine Esposito était tout à fait légitime à ce poste et qu'elle devait être traiter comme l'une des leurs….une simple détective.

Après plusieurs accolades de bienvenue, de chuchotements dans les couloirs, la vie commençait tout doucement à prendre le dessus.

Martha s'était gentiment proposée pour garder Lily sur ces journées de repos au théâtre, laissant à Castle un bon nombre de temps libre pour épauler Kate au poste.

Leur relation était des plus cordiales. Beckett appréciait énormément de pouvoir faire équipe avec Rick. Elle le découvrait sous un nouveau jour et Castle, lui, attendait patiemment qu'elle prenne ses marques auprès de lui pour lui proposer un nouveau rendez-vous, sans voyages dans le temps cette fois-ci.

Tout redevenait normal, jusqu'à ce matin-là….

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- Alors que veux-tu dîner ce soir ? demanda Rick en engloutissant son donut au chocolat sur sa chaise du commissariat

- Diner ? Castle, il est neuf heures du matin, je viens tout juste de sortir du petit déjeuner et toi….toi, tu manges encore

- Et ? je ne vois pas où tu souhaites en venir ? la taquina-t-il , le nez plein de sucre

- Je n'ai pas faim et le dîner semble à des années lumières. Tu es en ventre sur pattes, ma parole.

- Tu connais l'adage, Beckett, « le véritable chemin pour toucher le cœur d'un homme passe par son estomac »

- Encore, faudrait-il qu'elle veuille toucher ton cœur, mec, ou tout autre partie de toi, ricana Anderson en prenant un des donuts de Rick dans sa boite.

Andrew Anderson, grand, brun, beau comme un dieu mais avec un égo démesuré. Cette nouvelle recrue faisait dorénavant équipe avec Ryan et donc avec Beckett et Caste. Si Kate tolérait sa présence, son mari lui , ne la supportait pas. Il avait même tenté de soudoyer Espo avec sa ferrari si, par inadvertance, il le mettait à la circulation.

Andrew Anderson, grand, brun, beau et avec un penchant pour Kate Bekettc. Si la plupart des autres officiers gardaient une certaine distance avec leur ancien Capitaine, Andrew lui ne cachait pas ses attentions. Il flirtait sans vergogne malgré les centaines de fois où Castle avait rafraîchit la mémoire de ce Don Juan sur la vie maritale de sa femme.

Kate, elle , était amusée par l'attitude de Rick à son égard et ne prêtait guère attention aux charmes de son collègue. Préférant s'axer sur le travail plutôt que sur le plaisir . Elle avait à coeur à reprendre ses marques au commissariat, à construire une relation avec sa fille et à apprendre qui est son mari en dehors du poste. Leur amitié commençait à s'étoffer au fur à mesure des jours, et elle commençait à vouloir peut-être quelque chose de plus entre eux.  

- Ah, ah très drôle, maugréa Rick en l'observant s'installer sur le côté droit du bureau de Kate.

- Alors Beckett ? puis-je vous offrir un café ?

- C'est gentil mais Castle s'est chargé de mon obsession de caféine ce matin, le rabroua-t-elle gentiment

- Oh vraiment ? sourit-il

- Oui, vraiment ! s'agaça Castle. Tu n'as pas autre chose à faire que de faire le Barista, Anderson ?

- Apparemment non, rétorqua-t-il en haussant les épaules

- Les gars pourriez-vous….

La phrase de Kate fut interrompue par la voix du Capitaine :

- Beckett, Castle dans mon bureau

Levant le regard sur Esposito, Rick se leva en séchant ses mains pleines de sucre et de chocolat sur une serviette, alors que Kate se tournait vers Andrew pour lui rétorquer :

- Puisque vous n'avez rien à faire. Voici quelques dossiers à vérifier et à signer

- Mais…

- Merci, le coupa-t-elle en passant devant son mari pour rejoindre son capitaine.

- Un peu de paperasse ne va pas te tuer, Anderson, ricana fièrement Castle

XXXXX

Faisant les cents pas dans son bureau, sous les yeux attentifs et inquiets de Rick et Kate, Espo tentait de trouver les mots pour les informer de la situation.

Quelques minutes plutôt, le FBI venait de l'informer qu'un enfant de six ans venait d'être kidnapper et que le mode opératoire du suspect était semblable à celui d'un tueur d'enfant qu'il traquait depuis quelques semaines.

Si l'information la chagriné sur le moment, le reste de la conversation le déstabilisa un peu plus.

D'ici quelques minutes, le FBI prendrait les locaux du douzième comme QG, afin de collaborer et d'enquêter sur cette nouvelle affaire.

- Espo, tout va bien ? s'inquiéta Kate en le voyant maugrée en espagnol dans sa barbe

- On a une nouvelle affaire , soupira-t-il en observant Rick

- Une affaire ? Chouette, j'en avais marre d'écouter Anderson et d'observer Beckett faire de la paperasse

- Un rapt d'enfant

- Oh, déglutit-il détestant ce genre d'affaire

- Apparemment le mode opératoire serait le même que le tueur d'enfants qui sévis depuis quelques semaines dans le pays.

- Oh… d'accord…..mais cette affaire ne relève-t-elle pas du FBI ?

- Castle a raison, avec tout le respect que j'ai pour toi, le FBI serait beaucoup mieux à même de gérer cette opération et…

- Le FBI est sur le coup, ils sont même en chemin pour collaborer

- Très bien, alors pourquoi fais-tu cette tête-là ? demanda Rick qui sentait que quelque chose n'allait pas.

Observant tour à tour ses amis, Javier se demandait comment lâcher la bombe sans que Castle s'agace. Ces dernières semaines avaient été rude pour lui, et Espo savait à quel point il prenait sur lui depuis le réveil de Kate, seulement les ordres avaient été clair et très ferme, il n'avait pas le choix….on ne lui donnait pas le choix.

- C'est le FBI qui va coordonner toute cette opération . Si jamais vous ne souhaitez pas prendre l'affaire, je peux la laisser à l'équipe de Karpowsky ou…

- Ne soit pas ridicule, la vie d'un enfant est en jeu et il est hors de question qu'on…

- L'officier en chef de cette affaire est Sorenson, lâcha Espo en coupant Beckett, qui recula de deux pas à cette information en sentant toute son assurance depuis son réveil s’effriter. 

- Sorenson….comme dans….. ? déglutit Rick en se souvenant des mots de sa femme à son réveil « tout ce dont, je me souviens c'est de me donner une nouvelle chance avec Will. J'étais avec lui et…je me suis réveillée ici.. »

- Comme je le proposais plutôt, Karpowsky peut se charger de l'affaire, commença Javier avant d'être couper par deux coups à la porte. Quoi? 

- Monsieur, les interrompit Anderson le sourire aux lèvres , le FBI est ici. 

A cette information, Kate détourna le regard pour observer son bureau, ou les mains dans les poches, les yeux rivés sur son tableau blanc, se trouvait le dernier homme avec qui elle avait des souvenirs....le dernier homme pour qui elle avait eu des sentiments. 

- Beckett? Tu veux que je donne l'affaire à....

- Non, le coupa-t-elle sans lâcher des yeux Will. Non, je prend l'affaire.



Le dernier chapitre de 2018, en espérant que vous passerez tous et toutes de bonnes fêtes de fin d'année. 

A très bientôt en 2019. 

PS: que pensez-vous d'Anderson? Et du retour de Will? moi, je trouve que ça met un peu plus de piquant à l'histoire. 


billy1  (30.12.2018 à 18:07)

Chapitre 13


Après un moment beaucoup trop long à son gout, Rick arrêta d'observer le regard de Kate sur Sorenson et sortie du bureau d'Esposito pour venir saluer son plus gros cauchemar depuis le réveil de sa femme.

Elle lui avait confié n'avoir aucun souvenir de lui ,sauf de cet homme…en face de lui , cet homme a qui elle aurait donné une seconde chance.

Cet homme pour qui elle avait encore des sentiments à en juger par son regard sur lui depuis son arrivé.

Agacer de faire deux pas avant, trois pas en arrière, Rick tendit sa main à l'agent du FBI qui lui sourit avec un simple hochement de tête :

- Castle

- Sorenson, quel plaisir de vous revoir, mentit-il en apercevant Beckett s'approcher d'eux. Comment va Mme Sorenson ?

Il savait qu'il était puéril avec cette question. Qu'il allait blesser Kate en évoquant le mariage de son ex dont elle n'avait aucun souvenir. Mais à cet instant, il était tellement paniqué par la situation, qu'il décida d'informer sa femme que son retour de flamme était marié et donc pris.

A sa remarque, Kate se figea. Marier ? il était marié ? Tout se bousculait dans sa tête pour tenter de retrouver une bride de souvenir. Mais seuls les soupirs de son amant dans son lit étaient les seuls moments dont elle se remémorait. Comment avait-elle pu coucher avec lui et se réveiller le lendemain, marier avec Castle et lui avec une autre ?

Le poids autour de son cœur se resserra à cette information et elle vit Will lâcher la main de Rick pour venir la rejoindre tout en répondant :

- Nous avons divorcé, il y a quelques mois.

- Divorcer, s'étrangla l'auteur

- Oui, je crois que vous connaissez le principe, non ? mais…je vous remercie de prendre de ces nouvelles. Kate, tu es toujours aussi resplendissante, assura Mr muscle en lui tendant la main avec le plus beau de ses sourires

- Je te remercie. Bonjour Will, déglutit-elle nerveusement sous son toucher

Lui souriant en l'examinant de la tête au pied, il murmura :

- J'ai appris ce qu'il t'était arrivée. Tu as l'air en forme

- Ça va. Tu as l'air en forme aussi.

Huit années avaient passé et Kate pouvait voir les stigmates du temps sur la peau de son ex. Légèrement un peu plus grisonnant, un peu plus marquer par les années, Will Sorenson était plus sexy huit ans après que dans ses souvenirs.

- Ça peut aller. Je ne pensais pas te voir au travail si vite, mais tu m'en vois ravi. Aurais-je la primeur d'avoir votre duo de choc sur cette affaire ? demanda-t-il en l'observant avant de regarder Castle qui fronçait les sourcils devant leur interaction.

- Le capitaine venait juste de nous informer de l'affaire, et si tu nous en donnais tout le contenu ? suggéra Kate.

XXXXXXXXXX

« Le dormeur de banc » , voilà comment était surnommé le kidnappeur et meurtrier de ses enfants. Dans chaque état, il faisait une victime supplémentaire, il n'avait pas de profil défini, pas de laps de temps entre les rapts et aucun indice pouvant l'identifier. Depuis six mois, l'équipe du FBI avait couru après un fantôme dont le seul mode opératoire était de changer d'état à chaque victime et de laisser ses victimes âgées d ans , allongées sur un banc en pyjama, d'où son surnom.

Trois enfants avaient été la cible de ce psychopathe, trois de trop et bientôt quatre selon Sorenson.

Le jeune Kyle Abott, 5 ans, était porté disparu ce matin par sa nourrice qui l'avait perdu de vue dans un parc. Si rien n'indiquait que le « dormeur de banc » était le responsable, l'âge de la victime et le lieu du rapt donnaient assez d'indice au FBI pour traquer une nouvelle fois ce psychopathe.

Assise sur une chaise avec les dossiers des différentes victimes, Kate tentait d'assimiler les éléments des affaires précédentes pendant que Sorenson et son coéquipier étaient allés interroger les parents et la nourrice de la victime.

Elle avait l'impression d'être assise depuis des heures et sentait son estomac se nouer à chaque nouveau corps découvert sur ces bancs.

Elle n'avait jamais apprécié ce genre d'affaire mais depuis la venue de Lily dans sa vie , elle avait encore plus de mal à compartimenter personnel et professionnel quand il s'agissait de la vie d'un enfant.

Perdue dans sa lecture en attendant que Rick ramène le déjeuner, elle s'interrompit face à une voix douce et amicale :

- Tu t'en sors

Levant le regard, elle resta quelques secondes muettes en se demandant comment avait-elle pu oublier tant de choses. Elle avait passé ces dernières semaines à se concentrer sur son travail et sur une nouvelle façon de découvrir Rick Castle mais à la vue de Will devant elle, Kate s'aperçut que tout ce qu'elle désirait s'était de combler ses années de lacunes.

Elle avait l'impression de ne pas pouvoir avancer correctement, de ne pas prendre les bonnes décisions. On dit souvent que si on n'avait une seconde chance, on ne referait pas certaines choses… et si Will ou Rick étaient l'une de ces choses ? Et si, une part d'elle avait regretté que cette seconde chance avec Sorenson soit tomber à l'eau. Était-ce pour ça qu'elle s'était réveillée à cette époque ? Est-ce que son subconscient tentait de lui dire qu'elle se fourvoyait ?

Fatiguée, elle posa son stylo en lui répondant sans le lâcher du regard :

- Je viens de terminer.

- Bien. Quelque chose que j'aurai manqué ?

- Non….ce type sait couvrir ses arrières. Qu'a donné l'interrogatoire des parents ?

- Ils sont dévastés. Rien n'indique que la maison est été sous surveillance, j'ai ramené d'autres bandes vidéo à vérifier, Ryan et Anderson sont de dessus.

- Bien

- Et Castle, où est-il ?

- Il est partit nous chercher quelques vivres.

Hochant simplement de la tête, il la contempla à son tour. Elle était toujours aussi belle que dans ses souvenirs. Les années avaient fait un chef d'œuvre de Kate Beckett. Elle était encore plus sexy et désirable que dans ses souvenirs.

Mettant ses mains dans ses poches, il lui murmura :

- Tu sais…je t'ai visitée à l'hôpital

- Oh….je ne savais pas. Je….merci, balbutia-t-elle prise au dépourvue face à cette révélation.

- De rien, sourit-il devant sa réponse. Je suis venu deux fois et à chaque fois, j'ai été subjugué par l'amour que te porte ton mari

- Castle ?

- Oui, tu en as épousé un autre ? la taquina Will alors qu'elle le fusillait du regard

- Non, pas que je sache, mais tu sais ma mémoire me fait défaut, alors…qui sait

- Il t'aime…vraiment, continua Sorenson en la voyant baisser les yeux sans doute par gêne. A chaque fois que je suis venu, il était là, en train de te parler, de te masser, il y a même cette fois, où je l'ai surpris en train de te faire les ongles.

- Les ongles ? rit Kate en imaginant Rick Castle en train de faire de la manucure

- Oui, j'ai toujours pensé que ce type était fou et j'avais raison…..il est fou de toi…mais qui pourrais le blâmer, avoua-t-il en haussant des épaules.

Levant les yeux sur sa déclaration, Beckett déglutit. Elle avait tant d'années à combler, tant de choses qu'elle souhaitait connaitre alors sans réfléchir, elle demanda :

- Pourquoi ?

- Pourquoi, je ne peux pas le blâmer ?

- Pourquoi toi et moi ça n'a pas marché, chuchota-t-elle peu sûre d'elle en refermant le dossier devant elle. Dans mes souvenirs, on se donnait une seconde chance….je ne me souviens de rien d'autre. Pourquoi ça n'a pas marché ? Tu as trouvé mieux ? Ou tu es partit pour un nouveau job ? ou…

- C'est toi qui est partit Kate, la coupa-t-il doucement mais toujours blesser huit années après

- Je…suis partie ? Mais pourquoi ? fit-elle prise au dépourvu

Avant que Will puisse s'expliquer, il fut interrompu par l'arriver de Castle, les bras chargés de mets à emporter et avec un air contrarié :

- Le repas est servi, maugréa-t-il en les observant tous les deux, en tête à tête et bien trop à l'aise à son goût

- Vous en avez acheté pour un régiment, Castle

Ne relevant pas la remarque de Mr FBI, Rick déposa tous ses sachets sur la table avant de demander à Beckett sur un ton peu amical :

- Tu as terminé avec les dossiers

- Je…oui

- Bien. Je peux les emmener avec moi à la maison

- Tu rentres ? fit-elle surprise en sachant que Martha s'était proposée de garder Lily ce soir

- Ma fille me manque, tacla-t-il en prenant les papiers en main.

Voyant Sorenson sortir de la pièce sans un mot et refermer derrière lui la porte pour leur donner sans doute un peu plus d'intimité. Castle cracha excédé par la situation :

- Tu seras là pour le coucher ?

- Je….attend, pourquoi es-tu si en colère ? demanda Beckett abasourdie par son comportement

- Je ne sais pas, à ton avis, Kate ?

- Je n'en ai aucune idée. Mais si tu as besoin d'un punching-ball pour passer tes nerfs, tu peux aller faire un tour . Je n'ai pas le temps pour ce genre de comportement quand la vie d'un enfant est en jeu.

- Whaou, seulement quelques heures avec le FBI et tu débites déjà des répliques de série B

- Je…..non, mais je rêve, tu es jaloux ! s'exclama-t-elle en le dévisageant

- Non !

- Non ? Alors pourquoi tout ce cinéma avec le FBI, pourquoi ignorer Will quand tu es arrivé et….

- Ah maintenant, c'est Will ?

Le dévisageant, elle sentait sa colère monter. Elle n'avait rien fait de mal, elle avait simplement discuté avec Sorenson. Éreintée par cette journée de travail, par ce yoyo émotionnel, elle lui siffla, les deux mains sur les hanches et le regard noir :

- Tu es ridicule !

- Et toi marié si tu ne te souviens pas !

- Je…..

La réplique de Beckett se coupa face à trois coups à la porte. Inspirant pour tenter de reprendre ses esprits et de faire bonne figure, elle vit Ryan passer la tête avec hésitation et demander timidement :

- On m'a dit que le repas était servi

- En fait, Ryan, avec Castle , on….

- Se disait aurevoir, la coupa-t-il peu enclin à écouter ses reproches. On se voit à la maison ce soir…ou demain, je ne voudrais pas t'empêcher de faire ton boulot ou tout autre chose.

Et sans un autre mot, il prit le dossier de l'affaire et partit sous le regard effaré de Kate.

XXXXXXX

Les mots qu'il lui avait prononcé tournait en boucle dans sa tête. Il avait été injuste et puérile. Elle ne faisait rien de plus que son travail ou discuter cordialement avec son ex. Depuis des semaines, elle ne lui avait jamais laissé entrevoir qu'il ne pouvait pas avoir confiance en elle. Seulement depuis des semaines, il se languissait d'un rapprochement avec elle. Cela faisait bientôt trois mois que sa femme était révéillée et son corps, son souffle, ses caresses lui manquait. Il avait besoin de faire avancer leur relation et l'arrivé de Sorenson bousculait toutes les idées de Rick.

Assis sur le sol du salon au milieu des poupées de sa fille, il tentait de garder le sourire sans lâcher la porte des yeux.

Cela faisait deux heures qu'il lui avait fait une scène en plein poste, dans très peu de temps , il allait couché Lily et il se demandait combien de temps Kate allait prendre avant de rentrer.

Soupirant en se frottant la nuque, il écouta Martha le sermonner une tisane à la main.

- Tu devrais aller la rejoindre et ramper pour ton pardon

- Je ne rampe pas

- Tu devrais

- Mère, grinça Rick

- Katherine fait des efforts , tout comme toi. Vous commencez à avancer, ce n'est pas une dispute puérile alors qu'elle est avec son retour de flamme qui va pencher en ta faveur

- Je te remercie pour ton soutien

- Richard, va donc la retrouver, je m'occupe de Lily

- Non, ronchonna-t-il en se levant avant de prendre sa fille dans les bras. J'ai un dossier a étudié…Allez, cacahuète c'est l'heure du coucher

- Mais..maman ?

- Maman travail, chérie. Tu la verras, demain.

Roulant des yeux , devant l'entêtement de son fils, Martha l'observa monter les escaliers et se demanda combien de temps ces têtes de mules allaient encore mettre avant de se rendre compte de leurs sentiments.

XXXXXXXX

Faisant tournoyer son café à l'aide d'une cuillère, Kate réfléchissait à toute cette soirée. Ils n'avaient pas avancé sur l'affaire et elle s'était disputée violemment avec Rick.

Elle ne comprenait pas pourquoi il avait été si virulent. Elle savait très bien que ces semaines, ces mois d'attentes étaient longs pour lui, mais elle faisait d'énormes efforts pour pouvoir leur donner cette seconde chance.

Elle était humaine, avec des sentiments et elle ne pouvait pas simplement se lancer dans une histoire avec lui sans prendre en compte ses espoirs, Lily ou leur famille.

Soupirant en sentant la fatigue tomber sur elle, elle ouvrit les yeux quand Will lui murmura en entrant dans la pièce :

- Tu devrais rentrer, tu es épuisée

- Pas avant d'avoir trouver quelque chose

- Kate

- Je ne suis pas en sucre, je ne vais pas tomber de fatigue après seulement quelques heures de travail

- Oh, je le sais , crois-moi, rit Sorenson à sa remarque en la voyant se tourner pour lui faire face.

Yeux dans les yeux, elle observait la seule personne dont son subconscient se souvenait. Tout était tellement bizarre, elle se sentait désemparer face à la situation. Soufflant de frustration, elle vit Will se rapprocher d'elle et lui chuchoter , comme s'il pouvait comprendre toutes ses interrogations:

- Tu m'as quitté parce que tu as eu peur

- Peur ? déglutit Beckett alors que son souffle se mélangeait désormais au sien

- Je t'ai dit que je t'aimais…..mais je pense que tu n'étais pas prête. j'ai été idiot et je t'ai fait peur.

- Will, je….

- Alors tu es partie et j'ai foncé tête baisser dans le boulot pour t'oublier, mais on n'oublie pas facilement Kate Beckett…...je ne t'ai jamais oublié

- Je….

Avant qu'elle ne puisse rétorquer quelque chose ou même penser à ces dires, elle fut coupée par ses lèvres sur les siennes.

XXXXXXXX

La tête entre ses mains, Rick avait de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts, au-dessus de ces dossiers. Il était une heure du matin et sa femme n'était toujours pas revenue. Plusieurs fois, il avait observé son cellulaire dans l'espoir d'avoir un message de sa part mais après la scène qu'il lui avait fait au commissariat, il se doutait bien qu'elle ne serait pas enclin à lui donner de ses nouvelles.

Fermant les yeux quelques secondes, en sentant son estomac se noué, il les ouvrit en entendant la porte du loft s'ouvrir. Soulager qu'elle n'est pas découchée, il se leva pour l'observer retirer son manteau et ses chaussures.

Elle n'avait pas encore remarqué sa présence, mais quand elle se tourna pour lui faire face, il s'aperçut qu'elle avait pleuré. Ses yeux étaient rougis. Se sentant responsable de son état, il soupira et décida d'appliquer les conseils de sa mère :

- Kate, je suis désolé.Je n'aurai pas du te faire tout ces reproches. Tu n'y es pour rien si...

- Castle, je..

- Non, laisse-moi m'excusez correctement, la coupa-t-il en la voyant s'approcher anxieusement vers lui. J'aurai du te dire que quoi qu'il arrive, je te fais confiance et je…..

- Will m'a embrassé, lâcha-t-elle, le cœur lourd en le voyant reculer d'un pas.

- Que….quoi ?

- Will m'a embrassé, répéta-t-elle


Je sais vous allez me tuer avec un cliff pareil, mais la suite ne devrait pas tarder à arriver. Petite question, que s'est-il passé avec Will? Que va faire Kate? Que va faire Castle?

Je vous souhaite cependant une bonne et heureuse année 2019 en espérant que tout vos souhaits se réalisent.


billy1  (05.01.2019 à 21:48)

Chapitre 14.


L'air était chargé d'une tension qui aurait pu faire imploser la grande Pomme en quelques secondes. Rick était figé et tentait d'assimiler les propos de Kate tout en tentant de garder son rythme cardiaque dans la limite de la normal.

« Will m'a embrassé »….. « Will m'a embrassé »..Voulait-elle réellement dire ce que cela voulait dire ?

Bien sûr idiot ! Il est une heure du matin et ta femme était avec son retour de flamme. Mon Dieu pourquoi n'avait-il pas écouter sa mère pour une fois dans sa vie ! Il serait allé ramper auprès d'elle et peut-être que….peut-être que…..

- Castle, murmura Kate la boule au ventre. Rick, dis quelque chose

- Will t'a embrassé, dit-il à haute voix comme si l'exprimer rendrait cette vérité moins douloureuse

- Je…oui, répondit-elle en serrant ses bras autour de son corps comme pour se protéger.

Serrant les poings en sentant la nausée le prendre, Castle vit sa vie maritale défiler en quelques secondes. De sa rencontre avec Kate, à cette nuit d'orage où elle l'avait rejoint, jusqu'à ses mots fatidiques. « Will m'a embrassé ».

Ouvrant puis fermer la bouche, il la dévisagea avec un regard noir. Il l'avait l'impression de ne pas connaitre la femme qui se trouvait sous ses yeux. Car rien n'avait pas de sens. Sa Kate n'aurait jamais permis ça, sa Kate ne l'aurait jamais trompé avec ce connard de Sorrenson, sa Kate…sa Kate était morte dans cet accident de voiture.

Inspirant en sentant ses entrailles se retourner, il la vit s'avancer prudemment vers lui et lui murmurer :

- Rick, je… je ne sais pas comment ça s'est passé, tenta-t-elle expliquer. Une seconde nous parlions de…

- Non, la stoppa-t-il en sifflant avec un ton sans appel.

C'était trop pour lui…il en avait assez supporté et désormais il devait l'écouter sur son amour naissant pour son ex ? Bon dieu, il avait prié son réveil pendant deux ans, tous les jours , à chaque minute et tout ça pour ça ? Pour la voir partir dans les bras d'un autre ?

Il n'avait pas besoin de son explication ou de sa confession. Il n'était pas son prêtre mais son mari ! Mari qu'elle avait oublié dans l'équation du baiser.

Reculant d'un nouveau pas, il sentit son cœur battre à tout rompre, ses entrailles se serrées et ses jambes vacillées. Comment tout ceci avait-il pu se produire ? Comment avait-elle pu embrasser un autre homme ? Quatre mois ! quatre mois à attendre qu'elle soit prête, à attendre qu'elle lui fasse confiance pour qu'elle retourne vers Sorenson au premier sourire !

Kate, elle, était désemparée devant sa réaction. Elle avait l'impression qu'il blêmissait de seconde en seconde et le regard qu'il posait sur elle était tellement colérique, qu'elle tenta d'expliquer rapidement la situation en séchant les larmes qui menaçaient de couler :

- Il m'a embrassé et….

- C'est bon j'ai très bien compris cette partie, cracha-t-il écoeurer

- Castle, j'essaie de…

- De quoi ? M'expliquer comment ta langue a fini dans sa bouche ? C'est bon , Beckett, je n'ai pas besoin de tes foutus explications ! cria-t-il en la faisant sursauter avant de se retourner pour partir dans son bureau.

Elle resta figer sur place par la dureté de leur échange. Jamais encore, il ne lui avait crié dessus avec autant de force et de véhémence.

Fatiguée, elle déglutit tout en chassant au loin une larme sur sa joue. La journée avait été longue…..trop longue et désormais elle ne savait plus comment faire. Devait-elle insister pour qu'il écoute ses explications ou simplement attendre demain qu'il se calme ?

Se frottant le visage, elle avança de quelques pas pour l'observer se servir un verre de wisky qu'il but d'une traite avant de recommencer.

Le ventre noué, elle pénétra dans son bureau et lui murmura :

- Boire n'est pas la solution

- Coucher avec un autre homme que ton mari n'est pas une solution non plus, siffla-t-il, le dos tourné en pleurs.

- Cou….coucher ? non mais attend, rembobine, s'énerva-t-elle en le voyant vider ce foutu bouteille de pure malt, ce qui avait le don de raviver de mauvais souvenir. Je n'ai jamais couché avec Will et…..

- C'est bon , Beckett, pas besoin de trouver une excuse, claqua-t-il en se tournant pour la fusiller du regard. Ton retour de flamme est revenu sur New-York et tu t'es aperçu de tes sentiments. Je ne suis pas un idiot, je sais assimiler deux plus deux.

- Je n'ai pas couché avec Sorenson, siffla-t-elle excédée

- Ah non ? Alors que faisais-tu jusqu'à une heure du matin ? Parce qu'on a passé l'âge de se tripoter jusqu'à point d'heure ! Il t'a embrassé et on sait tous les deux comment ça c'est fini !

Le fusillant du regard face à sa remarque, elle serra ses poings pour éviter de culminer encore plus. Elle avait pensé qu'il serait contrarié mais jamais elle n'aurait imaginé autant de bassesse de sa part. Elle n'avait même pas le droit de s'expliquer, qu'elle était déjà condamnée de tromperie.

- Alors, j'attends, siffla-t-il l'œil noir

- Tu attends quoi, une explication ou une raison d'hurler ? répondit-elle sur le même ton. Parce que j'ai surtout passée l'âge du sermon du soir !

- Je…

- Je pensais que tu me connaissais mieux que ça mais apparemment j'avais tort ! Je pensais même que tu avais compris depuis tous ces mois que j'essayais vraiment avec toi mais j'avais tort aussi ! Alors si tu veux savoir ou j'étais jusqu'à une heure du matin, la réponse est dehors ! J'étais dehors, dans ce fichu parc, au milieu de la nuit pour réfléchir….mais apparemment, j'ai eu tort de prendre ce temps-là pour savoir ou nous en étions parce qu'apparemment, nous sommes nulle part !

- Je te demande pardon ?! fit-il surpris par sa tirade.

Elle n'était pas avec lui ? Elle avait erré seule au milieu de la nuit ? Complètement perdu, il déglutit devant ses prochains mots.

- Si tu penses que j'ai couché avec un autre homme que toi, nous sommes nulle part Castle. Si tu n'as pas confiance en moi, je ne vois ce que nous tentons même de sauver.

- Tu n'as pas couché avec lui, murmura-il atterrer face à son regard furibond

- Non ! Mais pour qui me prens-tu ! …..Dès qu'il a posé ses lèvres sur les miennes, je l'ai repoussé

- Tu l'as repoussé

- Oui et tu le serais si tu m'avais laissé m'expliquer au lieu de me hurler dessus ou de m'accuser à tort ! Maintenant, la journée fut longue, je vais aller me coucher et je te suggère de poser cette fichue bouteille et d'en faire de même ! claqua-t-elle le cœur en berne en se rendant compte qu'il ne lui faisait pas confiance.

Sans un autre mot, elle passa devant lui et pénétra dans sa chambre en veillant bien à fermer derrière elle. Les épaules affaissées, le visage en larmes, elle se traina jusqu'à son lit ou elle s'effondra pour pleurer dans ses oreillers.

Cette soirée avait été un véritable calvaire pour elle. Elle avait pensé avoir eu la bonne habitude face à Sorenson mais apparemment elle avait eu tort. Il ne lui faisait pas confiance. Il la pensait blottie dans les bras d'un autre après toutes ces dernières semaines, après tout ce qu'ils avaient traversé. Elle était épuisée psychologiquement et physiquement mais elle était surtout blessée qu'il ne lui ai même pas laissé une chance de s'expliquer.

Fermant les yeux en gémissant, elle entendit Rick tapoter contre la porte de la chambre et de lui demander d'ouvrir. Mais elle était fatiguée et contrariée. Elle ne souhaitait pas entrer dans un nouveau combat ou pire entendre des excuses alors qu'elle savait dorénavant toute la confiance qu'il lui portait.

- Kate, je suis désolée…..vraiment…..s'il-te-plaît, ouvre-moi, il faut qu'on…..

- Va-t'en Castle

Le ventre noué, les jambes recroquevillées sur elle-même, elle laissa pleurer sa peine jusqu'aux premières lueurs du matin.

XXXXXXX

- Et maintenant, on ajoute du…

- Cocolat, sourit Lily , de toutes ses dents , dans son pyjama sur sa chaise haute alors que Kate lui donnait son petit déjeuner sous les yeux de Martha.

La matriarche était venue tôt ce matin pour garder sa petite fille et pour permettre à son nigaud de fils de retrouver Kate au commissariat. La confession de Richard hier et son refus de rejoindre sa femme, l'avait poussé à rejoindre le loft afin de permettre à Castle de passer un peu de temps avec Katherine. Mais quand elle avait fait ses premiers pas dans l'appartement, elle soupira à la vue éreintée de sa belle-fille. Des cernes sous les yeux, emmitouflés dans un peignoir et les yeux rougis, Beckett tentait de faire bonne figure devant Lily alors que Rick était toujours à l'étage, certainement entrain de dormir.

Après plusieurs minutes à tergiverser sur la manière d'aborder cette discussion, Martha décida de prendre le taureau par les cornes et déclara en buvant sa tisane, alors que Kate tartinait le pain de sa fille, sous ses yeux rieurs :

- La nuit fut longue ?

- Hum…l'enquête n'avance pas vraiment, éluda Beckett qui savait pertinemment que son accoutrement et son air fatigué éveillaient les soupçons de la matriarche

- L'enquête ou Richard ?

- Les deux, soupira-t-elle à contre cœur en donnant à Lily sa tartine. Tiens chérie.

Elle savait très bien qu'il ne servait à rien de mentir. Si elle avait compris une chose au fil de ces derniers mois s'était que Martha Rodgers n'abandonnait pas une discussion facilement.

- Ci, maman.

Se retournant pour se laver les mains et tenter de cacher les nouvelles larmes qui commençaient à arriver, elle entendit Martha lui répondre :

- Tu sais qu'il t'aime, chérie.

- Hum….Ça ne suffit pas. Parfois, l'amour ne suffit pas, murmura-t-elle toujours autant blesser par ses propos de la veille

- Balivernes, l'amour soulève des montagnes.

Observant sa belle-fille, toujours dos à elle, les épaules voûtées, Martha lui murmura sur un ton doux et amical :

- Vous allez y arrivé, il faut juste que…..

- J'ai essayé, Martha, on a essayé, mais ça ne fonctionne pas, avoua-t-elle en se retournant tout en croisant ses bras atour de son buste.

- Essayer plus fort, alors

- Martha, soupira-t-elle

- IL n'y a pas de Martha qui tienne. Vous tournez en rond. Vous n'essayez pas . On dirait des petits oscillions craintifs avant leur premier envol. Si cela était frustrant, il y a des années, cela devient pathétique dorénavant.

- Des oisillons craintifs ? répéta Beckett, en levant un sourcil

- Katherine, soupira la matriarche en déposant sa tasse sur l'ilot . Une personne sage a un jour dit « qu'à force de laisser un pas en dehors de la relation, on ne sait plus où l'on n'en est. »

- Oh, une citation du grand Rick Castle, certainement, dit-elle ironiquement en se grattant la nuque

- Oh, non, de la grande Katherine Castle, renchérit tout sourire Martha fière de sa réplique, alors que Kate déglutit en comprenant le sens de sa réponse. Et je dois dire, chérie, que tu avais raison. Il faut juste que tu appliques tes mots.

Soupirant, Kate se rapprocha de Lily en lui retirant son assiette tout en déclarant à Martha sur un ton lasse et fatiguée :

- Je n'ai pas un pied en dehors de la relation

- Ah non ? Alors pourquoi tournez autour du pot ?

- Je ne…

- « On va être ami », « on va avoir un premier rendez-vous »,« soyons partenaire »….soyons surtout réaliste, chérie, ça ne fonctionne pas. De mon temps, ces choses là se réglaient par un petit tour entre les draps et…

- Martha, s'indigna rouge de Honte Beckett en cachant les oreilles de sa fille qui riait

- Maman, cha'ouille !

- Quoi ? au moins ma solution donne plus de plaisir que de pleurs

- Oh mon dieu, soupira Kate en se disant que la mâtinée pouvait être pire qu'elle ne le pensait, tout en nettoyant le visage de Lily qui était plein de chocolat.

- Chérie, il suffit juste de sauter dans cette relation

- Hum….seulement dans cette relation, il y a une enfant et un homme avec des sentiments, je ne peux pas sauter sans réfléchir à toutes les conséquences.

- Alors tu abandonnes ? tu te dis que c'est trop compliqué ?

- Martha, souffla Beckett épuisée en prenant Lily dans ses bras, en s'apercevant qu'elle avait également tâché son pyjama. Je vais aller la débarbouiller en haut.

Observant sa belle-fille fuir cette conversation, Martha soupira et rétorqua :

- Je peux m'en occuper si tu veux aller prendre une douche ou….

- Non, je ne l'ai pas vue hier soir. J'aimerais passer un petit moment avec elle avant d'aller travailler

- Bien…..mais remet lui un pyjama et non une tenue de ville, j'ai prévue soins du visage ce matin avec ma princesse.

- Elle n'est pas trop jeune, s'étonna Kate en observant les jolis yeux bleus de sa fille et sa mine réjouie dans ses bras

- Il n'y a pas d'âge pour prendre soin de sa peau….et Katherine, l'interpella la matriarche en la voyant monter les escaliers

- Hum

- La discussion n'est pas close et comme le disais ta mère "la vie ne donne rien que l'on ne peut supporter"

- ça...c'est bas, grommela-t-elle en regagnant la chambre de Lily.

XXXXXXXXX

Allongé, les yeux rivés de fatigue face au plafond, Rick tentait de prendre son courage à deux mains et d'aller affronter cette nouvelle journée. Les mots de Kate avaient tourné dans sa tête encore et encore ainsi que le son de ses pleurs cette nuit. Il regrettait amèrement ses paroles et ses déductions. Il l'avait jugé sans lui faire confiance et sans lui laisser le temps de s'expliquer.

Il savait qu'il avait eu tort mais il ne savait pas comment réparer sa bêtise .

« Si tu penses que j'ai couché avec un autre homme que toi, nous sommes nulle part Castle. Si tu n'as pas confiance en moi, je ne vois pas ce que nous tentons même de sauver. »

Elle avait raison…tellement raison. Soupirant en se frottant énergiquement le visage, il entendit les rires de Lily dans la chambre voisine et les murmures de Kate.

Déglutissant, il se leva en se demandant comment réparer ce fiasco. Les épaules affaissées, les jambes lourdes et le visage cerné, il sortit pour découvrir les deux femmes de sa vie en train de s'amuser sur la table à langer :

- Lily Castle, arrête de gigoter, maman n'arrive pas à mettre la couche

- Plus couche, ricana la petite

- Plus couche ? Comment ça , plus couche ? s'étonna Kate en la contemplant en train de sucer son puce

- Plus couche, répéta-t-elle comme une évidence. Lily, plus couche.

- Heu…..c'est comme ça que ça marche ? un jour tu te lèves et ta fille ne veut plus de couche ? c'est aussi simple que ça ? s'interrogea-t-elle à voix haute avant de voir Rick entrer dans la pièce.

Il avait les mains dans les poches, les yeux rougis et la mine aussi éreintée qu'elle. Baissant le regard sur sa fille , elle l'entendit lui murmurer avec hésitation :

- Elle me dit ça depuis hier soir

- Quoi ? soupira Kate en comprenant pas ses mots

- Qu'elle ne veut plu de couche. Pour Alexis, j'ai dû insisté pendant plus de deux semaines…..alors, je suis assez surpris qu'elle souhaite la retirer comme ça.

- Hum…qu'est-ce que tu veux que je fasse alors ? chuchota Kate avec la couche dans la main sans lever le regard sur lui.

Déglutissant en s'apercevant qu'elle n'arrivait même pas à soutenir son regard. Rick se frotta la nuque en l'observant avant de lui répondre :

- Demain, c'est le week-end, je m'en chargerais. Je ne vais pas laisser à mère les fuites de Lily pour la journée.

- La journée ? parce que tu ne restes pas avec elle, blêmit-elle en changeant sa fille.

- Pas couche !

- Attend, chérie

Il ne restait pas à la maison ? Il allait venir au poste avec elle ? Avec cette mine de chien battu et avec Sorenson dans les parages ? Si elle pensait que la journée allait être longue ce matin , elle n'était évidemment pas arrivée au bout de ses surprises.

- J'ai appris tout le dossier hier, je pensais pouvoir aider, murmura honteusement Rick.

Prenant Lily dans ses bras pour aller lui chercher un nouveau pyjama, Kate sentit la nausée la prendre. Elle ne savait plus comment agir désormais. Il ne lui faisait pas confiance et pourtant il s'obstinait à la suivre. Elle ne comprenait pas sa démarche et elle était certainement trop fatiguée pour essayer.

- Je pense qu'un peu de temps seul à seul nous ferais du bien, avoua-t-elle

- Kate, je suis désolé, vraiment. Je n'aurai jamais dû t'accuser ainsi et…..

- Pas devant Lily, le coupa-t-elle en rhabillant la petite qui lui tirait quelques mèches de cheveux

Elle n'avait jamais aimé assister au conflit de ses parents et elle était bien décidé à préserver Lily de ce spectacle.

- Je voudrais simplement te dire que…..attend….je crois que…., balbutia-t-il en observant sa fille

- Rick, pas devant Lily, insista-t-elle éreintée en l'habillant

- Le pyjama, tu as vu le pyjama

- Quoi, le pyjama ? grommela-t-elle excéder. Ta mère veut faire un soin du visage, elle m'a demandé de la remettre dans un pyjama.

- Non….je…le pyjama est le même que les enfants sur ce dossier, chuchota-t-il penaud devant son agacement.

Inspirant fortement pour tenter de garder son calme, elle fronça les sourcils à sa remarque et se mit à observer Lily. Son vêtement était en effet similaire à celui des autres enfants. Il se différenciait simplement par sa couleur. Réfléchissant à toutes les photos qu'elle avait observé la veille, elle se rendit compte que deux des enfants disparus avaient le même style de pyjama.

N'étant pas une experte de ce genre de vêtement, elle avait pensé que ces pyjamas étaient essentiellement vendus par de grandes enseignes dans tout l'état et que le FBI avait dû s'y pencher dessus sans résultat.

Soupirant, en se frottant la nuque de fatigue, elle lui demanda sur un ton plus doux :

- Ce genre de vêtement ne se vend pas n'importe où ?

Toujours les mains dans les poches et l'air penaud, Rick s'aperçut de son changement d'attitude et s'avança doucement vers elle, pour lui répondre :

- Non….c'est ton père qui l'a offert à Lily, il y a quelques mois. Une de ces connaissances les fait à la main. Je n'avais pas remarqué hier la ressemblance mais ce matin…je…..enfin, je pense que c'est la même personne.

- Les autres enfants étaient dans des états différents, souligna-t-elle en pensant à sa théorie

- Elle peut très bien exporter sur demande

Fermant les yeux, Kate comprit qu'ils avaient peut-être une chance de trouver l'assassin et le kidnappeur de tous ses enfants grâce à la déduction de Castle. Elle allait donc devoir faire avec lui aujourd'hui pour maximiser ses chances de retrouver le petit Kyle Abott. Ouvrant les yeux pour tomber sur ceux de Lily, elle entendit sa fille lui demander :

- Dors maman ?

- Non, chérie…..maman réfléchit. Allez viens mon cœur, on va aller voir ta grand-mère, papa et maman vont devoir aller travailler.

Prenant Lily dans ses bras, elle s'avança vers Rick qui l'étudiait avec culpabilité et lui murmura :

- Si tu viens avec moi, je ne veux pas de scène au commissariat

- Quoi….je ne pourrais rien dire à Sorenson, ronchonna-t-il en la voyant plisser des yeux

- Non. Contrairement à ce que tu penses, je lui ai dit ce que je pensais et j'aimerais assez que mes soucis personnels restent personnel comme son nom l'indique.

- Mais, il t'a embrassé et….

- Ok, tu restes ici avec Lily. J'irai parlé à mon père et…..

- Non, c'est bon ; je ne dirais rien, ronchonna-t-il en la voyant l'observer

- Castle, tu…

- Je ne lui dirais rien.

- Sûr ?

- Parole de scout

Levant les yeux à sa remarque, elle commença à sortir de la chambre et lui rétorqua :

- Tu n'as jamais été scout

XXXXX

Assis tous les deux dans la crown Victoria, ils circulaient dans les rues de New York pour se rendre au poste. Kate était au téléphone avec son père pour connaitre l'identité de cette dame a qui il avait acheté de Pyjama de Lily, pendant que Rick réfléchissait à sa soirée désastreuse.

Beckett lui avait pratiquement pas parlé depuis leur descente de la chambre de Lily, elle fuyait son regard ou même sa présence alors il avait espéré aplanir un peu les choses en commençant par des excuses dès qu'ils seraient seuls , mais ses espoirs étaient tombés à l'eau quand elle avait prit son cellulaire.

Fatigué et irrité de devoir retourner au poste sans pouvoir dire ces quatre vérités à Sorenson, Castle soupira avant de murmurer à sa femme toujours au téléphone :

- Tu peux t'arrêter sur le chemin, j'ai besoin d'un café.

Avec un simple hochement de la tête, il observa Kate tenter d'assimiler les propos de son père avant de bifurquer et de se garer près d'un starbuck.

- Je dois avoir son numéro de téléphone ainsi que son adresse dans mon carnet, chérie, sourit Jim heureux de pouvoir aider sa fille

- C'est gentil , papa, répondit nerveusement Beckett en observant du coin de l'œil , Rick sortir de la voiture.

Elle savait que son comportement était puéril mais à cet instant elle ne savait pas comment réagir vis-à-vis de lui. Hier, il l'avait blessé avec ses insinuations mais Martha avait raison. Elle n'avait pas été clair avec lui. Ils n'agissaient pas comme un couple marier lambda, il était donc normal qu'il soit effrayé par la situation.

Soupirant, en le contemplant totalement peiné et perdu, elle sortie de ses pensées par son père :

- Tu as un souci, Kathie ?

- Non, non , mentit-elle bien trop vite pour être convaincante

- Tu n'as jamais su me mentir, ricana Jim

- Ce n'est pas drôle papa, ronchonna Beckett en fermant les yeux de fatigue

Comment allait-elle régler le problème tout en résolvant une affaire ? Comment allait-elle-même pouvoir rester éveiller toute la journée ?

- Qu'est-ce qui se passe Kathiebug ?

- Rien, tout va bien, commença-t-elle en observant la devanture du café. C'est juste que…., hésita-t-elle à dire.

Elle n'était pas du genre à s'épancher sur ses problèmes et encore moins sur des problèmes de cœur. Seulement les mots de Martha ce matin avaient fait mouche et elle espérait pouvoir trouver du réconfort auprès de son père.

- Juste que quoi, chérie ? répéta doucement Jim qui la sentait à fleur de peau

- Je me suis disputée avec Rick, avoua-t-elle péniblement

- A quel sujet ?

- Ce n'est même pas le sujet , finalement le cœur du problème, c'est….je…papa, tu penses que je suis investie dans mon mariage ? souffla-t-elle en repensant aux dires de Martha

- Investie ?

- Est-ce que tu penses que Castle sait que je veux réellement essayer….. je veux dire, j'ai croisé un homme, un homme que je connaissais et Rick….disons je crois qu'il ne me fait pas confiance, continua-t-elle fébrilement, en sentant son estomac se noué

- Richard, ne te fais pas confiance ? sourit-il comme si l'idée était inimaginable. Je ne connais personne qui puisse te donner autant de confiance. Il te suivrait autour du monde.

- Oui , mais…..

- Mais il est un homme, Kathie, ajouta-t-il en comprenant ou sa fille désirait en venir….…et cet arrangement que vous avez décidé à ta sortie d'hôpital est peut-être ce qui rend les choses difficiles. Ça va faire plus de quatre mois, Kathie

- Je sais

- Je pense juste que tu devrais savoir ce que tu souhaites désormais

- Et si je ne le fais pas ? demanda-t-elle , les larmes aux yeux, en le voyant sortir du magasin avec deux cafés en main. Si je ne sais toujours pas ce que je souhaite ?

- Tu ne te poserais pas toutes ses questions si tu n'avais pas de sentiments pour lui. Le plus dure parfois, ce n'est pas de savoir, c'est simplement de sauter.

- Sauter ?

- Es-tu prête à sauter dans cette relation ou non ?

Séchant une larme, elle inspira fortement pour contenir ses émotions et rétorqua d'une voix rauque et fatiguée alors que Rick ouvrait la porte de la crown Victoria :

- Merci papa…..je vais devoir te laisser.

- Si tu as besoin qu'on se voit ou…..

- C'est gentil, merci papa... mais Castle vient d'arriver et on doit retourner au poste, le coupa-t-elle pour lui faire comprendre qu'ils n'étaient plus seuls

- Très bien. Bonne journée chérie

- Bonne journée papa, souffla-t-elle en comprenant que finalement le problème sétait elle.

XXXXXX

- On l'a ! s'exclama Sorenson en sortant de la salle de conférence , un papier à la main. On a l'adresse de cette fameuse couturière. Tu viens l'interroger avec nous ?

Levant le regard sur Will puis sur Castle qui était dans la salle de repos en train de faire un nouveau café sans doute pour rester éveiller, Kate soupira. Son instinct de flic la poussait à suivre à Sorenson afin d'interroger le seul témoin potentiel sur cette affaire mais son cœur n'y était pas.

Depuis les paroles de Martha et de son père, Beckett commençait à prendre conscience de ambivalence de sa relation avec Rick et dans quelle posture elle l'avait mise. Sa colère avait laissé place à de la lassitude et à une réelle envie de s'expliquer désormais.

Après quatre mois passés à ses cotés, elle était tombée doucement sous son charme. Sa carrure de père de famille l'avait fait fondre et sa patience ainsi que sa gentillesse l'avait conduite à revoir ses positions envers lui, son père avait raison, elle avait des sentiments pour Rick et c'était certainement pour ça qu'elle avait repoussé Will.

Si le comportement de Castle, la veille n'avait pas été des plus agréables, elle pouvait désormais comprendre ses peurs et ses doutes. Elle avait été trop indécise, elle avait trop attendue et elle l'avait souffrir, Martha avait raison. Elle avait laissé un pied en dehors de la relation.

Se mordant la lèvre inférieure, elle vit Will s'approcher d'elle et lui demander :

- Tu viens ou tu préfères rester ici ?

Sorenson n'était pas non plus à l'aise avec la situation. Si hier, il s'était sentit confiant et plein d'espoir, les mots de Beckett et son refus l'avait totalement refroidi.

Le fait de devoir affronter son mari le lendemain sur son enquête était tout aussi frustrant et il espérait pouvoir terminer cette affaire au plus vite pour lécher ses blessures.

Relevant les yeux vers lui, Beckett se leva en prenant son manteau tout en lui déclarant :

- J'arrive, attend-moi en bas.

- Ok, très bien, abdiqua-t-il en claquant un doigt pour faire venir son second derrière lui ,avant de repartir.

Levant les yeux sur ce comportement plus qu'hautain, Beckett rejoignit Rick dans la salle de pause et referma derrière elle pour s'assurer un minimum d'intimité.

- Je crois que je vais sauter cet interrogatoire et t'attendre ici, rumina Castle , dos à elle, qui n'avait pas perdu une miette de son échange avec Sorenson.

Il était peiné, fatigué et se sentait coupable de la façon dont il s'était comporté la veille, mais il était aussi très frustré de ne pas pouvoir dire ses quatre vérités à cet agent du FBI. Il avait naïvement cru ce matin, que la présence de Kate a ses côtés ainsi que l'affaire apaiseraient ces maux mais dès ses premiers pas au commissariat , il avait voulu rentrer chez lui .

- Tu ne veux pas assister à l'interrogatoire ? demanda-t-elle timidement en ne sachant pas comment amorcer la conversation

- Non. Je préfère rester par là et voir si je peux donner un coup de main à Ryan ou Anderson.

- Anderson , sérieusement ? sourit-elle pour tenter d'apaiser leur échange. Tu préfères rester avec Anderson ?

- S'il faut choisir entre lui et Sorenson, le choix est vite fait, bougonna-t-il en se retournant sa tasse à la main.

Il semblait tellement affliger et peiner, que Kate soupira. Tout ceci devait cesser, tous ses pleurs, ces incertitudes pour rien. Alors, doucement, elle se rapprocha de lui et lui murmura :

- Hier…..je voulais te dire que….

- Je suis désolé pour hier, s'empressa-t-il de dire, le cœur en berne en craignant que ne l'éloigne un peu plus

- Je sais…..je suis désolée, aussi

- Tu es désolée ? Kate, c'est moi qui est…..

- Je suis désolée de ne pas t'avoir rassuré sur mes intentions. Avec le recul….je comprends ta réaction, souffla-t-elle la boule au ventre, en le voyant froncer les sourcils

- Tu…..comprends, déglutit Rick qui n'arrivait pas à en croire ses yeux.

- Hum…tout ça pour dire que….enfin je…..

- Tu ...quoi ?

Se mordant la lèvre inférieure tout en se passant une mèche de cheveux derrière les oreilles, Kate cherchait ses mots. Elle ne savait pas comment exprimer ses sentiments…C'était lui l'auteur...lui l'homme de lettres, pas elle.

- Kate ?

- Je saute, dit-elle en fronçant les sourcils sur son choix de mots

- Tu….sautes ? répéta Rick qui ne comprenait pas. Tu sautes, ou ça?

- Dans ça avec toi, déglutit-elle nerveusement en observant sa réaction. Je ne veux pas que tu sois mon ami ou mon partenaire ou encore simplement le père de ma fille. Je veux que toi…. je veux qu'on soit plus.

- Tu…veux.., balbutia-t-il pris au dépourvu par ce changement de réaction.

- Ce que j'essai de te dire, c'est que…

- Beckett ? les interrompit Ryan en entrant dans la salle de pause

- Quoi ? claqua-t-elle énervée et éreintée de ne pas pouvoir terminer ce qu'elle avait entrepris.

- Heu….Sorenson et son équipe attentent et…je vais lors dire d'attendre encore un peu, se reprit-il devant son regard noir.

Sans un autre mot, il sortit de la salle aussi vite qu'il était entré, en laissant Kate complètement paniquer par le manque de temps. Observant sa montre, elle s'aperçut qu'elle ne pouvait pas les faire attendre encore plus sans risquer de compromettre l'affaire.

- Tu devrais y aller, fit compréhensif Castle

- Mais, je…..

- La vie d'un petit garçon est en jeu…moi, je peux attendre

- Tu es sûr ? soupira -t-elle prise entre son cœur et sa raison.

- Oui, va les rejoindre, avec un peu de chance, l'enquête sera vite bouclée et on pourra discuter calmement.

- Ok..ok, abdiqua-t-elle à contre cœur en observant la porte puis Rick. Tu es certain de ne pas vouloir venir ?

- Sûr, je serais très bien avec Ryan

- Et Anderson ? sourit-elle sans le lâcher du regard.

- Et Anderson, grommela-t-il en souriant lui aussi.

Hochant simplement de la tête, elle se rappela les paroles de Martha et se demanda s'il avait bien compris ses intentions ou s'ils partaient à nouveau sur des non-dits. Soupirant, en sentant la fatigue culminée, elle se rapprocha de lui et le vit déglutir avant d'inspirer comme s'il attendait le coup de grâce.

Ne souhaitant pas partir avec de tels appréhensions de sa part, elle se rapprocha un peu plus jusqu'à sentir son souffle sur sa peau, son odeur lui chatouiller les narines et sans attendre une nouvelle interruption ou une nouvelle peur de sa part, elle lui chuchota sur le bout des lèvres :

- Juste pour être clair….ce que j'essaie de te dire….c'est que je saute

- Tu sautes ? déglutit-il en sentant ses effluves de parfum lui retourner le cœur, son souffle lui caresser la , tu l'as déjà dit.

- Je saute avec toi, Rick.

Et sans un autre mot, elle posa ses lèvres sur les siennes, sans aucune appréhension, sans aucune peur, juste avec un réel désir de goûter enfin à lui…..à eux.


 


billy1  (15.01.2019 à 19:09)

CHAPITRE 15.



L'interrogatoire n'avait pas été aussi concluant qu'ils ne l'avaient espéré. Mme Blanc Nicole avait répondu à toutes les questions de Sorenson ou de Beckett dans un réel souci de trouver l'assassin de ces enfants. Elle avait été horrifiée et sous le choc de la nouvelle et avait sans hésité offert son aide à l'enquête.

Malheureusement, en suivant ses relevés de compte, il n'était pas possible de trouver le kidnappeur de Kyle Abbott en suivant un compte bancaire. Plusieurs versements par liquide avait été effectué dans les divers états ou les meurtres avaient eu lieu, et le FBI ainsi que le NYPD devaient dorénavant dans un souci d'éthique et de morale, retracer tous les acheteurs par paiement liquide via leur boite postal et espéré trouver une concordance et un suspect.

Fatiguée et déçue de ne pas avoir plus avancée, Kate se dirigeait vers son bureau pour y déposer ses affaires et avertir les gars de leur avancée quand elle se mit à sourire bêtement devant une note posée sur sa paperasse ,près de sa tasse à café .

« je saute aussi ».

Finalement la mâtinée n'avait pas été aussi désastreuse. Heureuse et soulagée par ce mot, elle se remémora avec tendresse et douceur ce baiser qui l'avait définitivement conquise, quelques heures plutôt. 

Flash-back :

Bouche contre bouche, corps contre corps, ils gémirent dans une même synchronisation au moment ou leurs langues rentrèrent dans la partie.

Elle avait souhaité un simple baiser, un de ceux qui vous promette un espoir, mais la sensation des lèvres de Rick sur les siennes l'avaient fait chaviré dans un monde d'ivresse et de plaisir.

Jamais encore un baiser ne lui avait provoqué autant de désir, de frissons et d'envie. Ses mains autour de sa nuque, elle gémit à la sensation des doigts de Rick sur le bas de son dos qui la pressa un peu plus contre lui. Elle avait l'impression que son corps réclamait le sien, comme une nécessité vitale, un besoin trop longtemps oublié. 

Leurs soufflent se mélangeaient, leurs langues se battaient, et quand elle lui mordilla la lèvre inférieure, elle le vit reculer d'un pas et murmurer d'une voix rauque et tellement sexy qu'elle sentit son bas ventre se contracter :

- On va devoir s'arrêter…..ou je ne réponds plus de mes actes

- Et si je ne veux…

- Kate, déglutit-il devant ce regard qu'il connaissait tant.

Il la connaissait par cœur. Quand elle le contemplait avec autant de passion, d'électricité, il savait par expérience que son désir culminait. Et cette déduction l'enchanta….. Kate Beckett avait envie de lui….sa femme le désirait…bon dieu, elle voulait sauter avec lui.

Heureux comme un pape, il s'avança à nouveau vers elle dans le but de lâcher prise et de s'abandonner à ce nirvana perdu,  quand son cellulaire sonna et les interrompit.

Déglutissant d'envie sans le lâcher du regard, Beckett sentait toutes ses résolutions fondre comme neige au soleil. Elle pourrait très bien laisser Sorenson gérer cet interrogatoire et partir discuter avec Rick. Souriant en se disant à elle-même que ce qu'elle désirait ce n'était pas une discussion mais régler le problème comme Martha l'avait suggéré plutôt : entre les draps. Elle le vit sourire lui aussi et lui murmurer amuser :

- C'est ton téléphone qui sonne

- Quoi ? chuchota-t-elle comme une midinette, avec des idées toutes sauf chastes en tête

- Ton téléphone, Kate, rit-il heureux de l'avoir chambouler à ce point avec un simple baiser

- Ne te moque pas, bougonna-t-elle en s'apercevant qu'elle agissait comme une ado devant son premier béguin.

- Je ne me moque pas, je suis flatté

- Pff, soupira Beckett avant de voir que Will tentait de la joindre.

Pestant contre les forces extérieures qui s'acharnaient à les séparer, elle rangea son cellulaire dans son manteau et déclara à Rick :

- Je dois y aller. On se voit tout à l'heure, j'aimerais qu'on parle

- Tu veux simplement discuter ? sourit-il pour la taquiner

- Je ne sais pas, Castle…ça dépendra de toi, assura-t-elle en se tournant vers la porte de sortie, en tentant de reprendre contenance 

- De moi ?

- Hum…..je verrais si ta bouche me sers mieux pour discuter ou pour…

- Tu es une allumeuse ! s'estomaqua-t-il en la voyant sourire avant de lui rétorquer avant de partir

- Always.

A sa remarque il se figea. Toujours. Elle avait dit toujours. Comme si c'était naturel et sans aucune conséquence. Comme si ce simple mot avait déclenché quelque chose, Rick déglutit en se souvenant de ses paroles.

« J'étais dehors, dans ce fichu parc, au milieu de la nuit pour réfléchir…. » Se pourrait-il qu'elle lui est fait une référence à leur parc ? Leur balançoire mais qu'avec la colère et la fatigue, il n'avait pas relevé cette information ?

Déglutissant en l'observant monter, le sourire aux lèvres dans l'ascenseur, il se demanda si sa femme pouvait finalement retrouver sa mémoire.

Fin du Flashback.

- Alors ? une avancée ? demanda Espo en la faisant sursauter et lâcher la note de Rick par la même occasion. Excuse-moi, je t'ai fait peur ?

- Non, non, soupira Kate en tentant de calmer son rythme cardiaque. J'étais en train de réfléchir. L'enquête avance mais pas aussi vite qu'on ne l'aurait espéré. J'allais rejoindre les garçons et les avertir qu'on devait suivre certaines adresses postales

- Pourquoi le FBI ne lance-t-il pas la reconnaissance avec leur écran digital ?

- Will n'est pas persuadé que cette piste soit plausible.

- Mais le témoin n'a pas reconnu ses pyjamas sur les enfants ?

- Si. Seulement, une marque a récemment déposé un brevet pour racheter son idée. Comme elle avait des difficultés financières, elle a accepté. Ses pyjamas sont en vente dans diverses boutiques depuis six mois, ce qui coïncident avec le début des rapts. La seule manière de savoir si ses pyjamas sont bien les siens et non celle d'une enseigne lambda, ce serait de vérifier qu'ils sont faits mains.

- Il faut juste avoir la main sur les pièces à convictions.

- Sorenson a demandé au bureau de DC de vérifier mais avant que les bureaucrates ou le labo se bougent, soupira Kate. Je préfère tenter ma chance de mon côté, on ne sait jamais. Parce que si Castle a raison, le meurtrier de ces enfants est parmi les boites postales que Mme Blanc nous a fournis.

- Bien. Si vous avez besoin d'aide , n'hésitez pas à demander.

- C'est gentil.

Souriant à Javier, elle reprit ses notes en main puis se dirigea vers la salle de conférence où se trouvait Castle, Anderson et Ryan et se stoppa devant leur discussion masculine.

- Arrête de rêvasser, grogna Anderson à l'intention de Rick qui n'avait pas tourné une feuille depuis plusieurs minutes

- Je ne rêvasse pas

- Non ? Parce que pour un lecteur rapide, je te trouve plutôt long. Dis-moi, Castle, tu prends ton temps comme ça pour tout ?

Si Kate avait l'habitude de ce genre de discussion depuis des années, elle n'appréciait guère la pic d'Anderson au sujet de son mari. Cet officier prenait un vilain plaisir à taquiner Rick qui restait toujours calme et cordiale pour ne pas faire de vague au poste, mais aujourd'hui, avec le manque de sommeil, Kate sentait l'irritation prendre sur elle.

- Non parce que tu sais, par moment, il faut savoir se bouger un peu.

- C'est bon, Anderson, intervint Ryan qui n'aimait pas non plus les propos de son collègue

- Tu m'étonnes que ta femme préfère oublier quel mari , elle a pu avoir ,si tu es lent comme ça pour tout, ajouta-t-il en ricanant. C'est peut-être plus simple d'être amnésique que d'être marier à toi !

Avant que Kate n'est eu le temps d'intervenir pour remettre à a place comme il se devait ce connard présomptueux, Rick s'était déjà levé et avait collé son poing dans la figure à ce jeune avorton.

Il avait tenté de garder son calme depuis le départ de Beckett, en se plongeant dans l'enquête et dans ce souvenir si merveilleux à son cœur qu'était ce baiser, mais sa patience avait des limites et les propos d'Anderson avait fait sortir Castle de ses gonds.

D'une droite bien habille, il terrassa son collègue qui tomba à terre sous le coup de la surprise et du coup. Le nez ensanglanté, il se leva pour retourner la faveur quand Ryan s'interposa entre les deux hommes :

- Ça suffit !

- Il m'en a collé une ! hurla-t-il alors que Castle souriait de toutes ses dents

- Tu en redemandes ? Parce que pour quelqu'un de lent , tu ne l'as pas vu arrivé celle-là !

- Castle, grinça Ryan qui avait du mal à contenir son collègue d'une tête de plus que lui

- Laisse-moi lui régler son compte !

- Non , mais vous vous croyez ou ! s'indigna Kate qui entra dans la pièce en calmant tout le monde juste par sa présence.

- Ton mari m'en a collé une !

Observant Anderson en sang puis Rick qui se dandinait sans savoir comment réagir, Beckett s'avança vers eux et déclara sèchement à l'intention de son collègue:

- Tu la méritais depuis des lustres celle-là. Maintenant soit tu vas te nettoyer et bosser sérieusement, soit nous allons voir le capitaine et nous discuterons de tes propos plus que douteux sur mon amnésie ou ma vie sexuelle !

Elle avait tenté depuis son retour de faire abstractions aux taquineries et boudâtes d'Anderson envers Rick, elle ne souhaitait pas faire de vague pour son retour et donner de l'eau au moulin pour les cancan. Et si le voir flirter de tant à autres, l'avait partiellement dérangé, l'entendre taquiner Castle sur leur relation et sur son amnésie fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase.

Anderson, lui observa avec colère Rick puis Beckett avant de pousser vers l'avant, fou de rage, Ryan et de sortir en trombe de la salle de conférence.

- Je te jure qu'il a commencé le premier, clarifia Castle en sentant une douleur irradié son poing droit ce qui le fit grimacer.

- Tu t'es blessé ? s'inquiéta Kate en venant près de lui et observer sa main

- Non, ça va

- Tu as avoir un hématome, soupira-t-elle en observant les dégâts. Je ne t'ai jamais appris à cogner ?

- Heu….non, répliqua Rick en fronçant les sourcils alors que Ryan souriait.

- Tu devrais emmener Mohammed Ali en salle de pause avec de la glace, rétorqua l'irlandais.

- Oui….Va voir Espo, il te mettra au courant de l'avancer de l'enquête pendant que je m'occupe de lui, fit-elle en montrant à Rick du coin de l'œil la sortie de la pièce.

Déglutissant en ne sachant pas si elle était énervée ou pas contre lui, il baissa la tête et se hâta de la suivre dans la dite pièce en se préparant déjà mentalement à de nouvelles excuses.

S'installant sur une chaise, il la vit prendre la trousse de premier secours puis un saut de glaçon avant de venir s'installer en face de lui pour lui prendre la main délicatement. Son toucher était si prudent et si doux, qu'il sourit bêtement :

- Allez, viens là, Mohammed Ali que je vérifie ta main, chuchota-t-elle heureuse de pouvoir passer un moment avec lui.

Depuis son départ du poste, elle se demandait comment leurs retrouvailles se passeraient. Serait-ce maladroit ? gênant ? ou un peu déstabilisant ? Mais contrairement à toutes ses idées reçues ou ses apriori , cela se faisait avec beaucoup de naturel et ça la rassura dans son choix. Elle était bien avec lui....tellement bien, qu'elle ne souhaitait qu'une chose : que le temps s'arrête. 

- Je préférerais Chuck Norris à Mohammed Ali, souligna Castle en ayant une impression de déjà-vu face à ces soins prodigués.

Il se revoyait des années en arrière, dans cette ambulance après son corps à corps avec Al Lokwood. A ce moment là de leurs vies, ils y avaient tant de non-dits, d'ex ou de cachotteries que l'idée de pouvoir être avec Kate Beckett était un fantasme.

Pourtant des années, plus tard, ils étaient là , l'un en face de l'autre, dans la même position mais en mari et femme. Si ces derniers mois, ces deux dernières années ne lui avaient rien épargné, il ne changerait pour rien au monde son histoire avec elle.

Car elle était toujours aussi époustouflante, aussi mystérieuse et aussi sexy. Kate Beckett était extraordinaire et elle était sienne.

Bien loin des souvenirs, de Rick, Beckett, elle appréciait ce moment avec lui . Seul dans la salle de pause, genoux contre genoux, sa mains dans la sienne, elle vérifiait qu'il ne s'était pas cassé une phalanges ou le poignet et lui répondit, le sourire aux lèvres :

- Chuck Norris, hein ? C'est le côté cowboy et farwest ?

- Il y a un peu de ça, mentit Rick en sentant des frissons lui parcourir le dos à son toucher. Dis tu ne m'en veux pas trop ?

- Pour ?

- Pour avoir frappé Anderson , grimaça-t-il

- Un peu

- Kate, il n'arrête pas de…., commença-t-il avant d'être couper par son délicieux sourire

- Un peu parce que tu m'as coupé l'herbe sous le pied. Mais la prochaine fois tape en prenant une légère inclinaison. Je n'arrive pas à croire que je ne t'ai jamais montré comment frapper.

- La prochaine fois ? …..attend, tu veux m'apprendre à me battre, releva-t-il ébahi en s'imaginant déjà dans la salle de sport, avec une Beckett dégoulinante de sueur.

- Arrête ça, ricana-t-elle en comprenant ou allait ses penser à la mine réjoui qu'il avait

- Arrêter quoi ?

- De fantasmer, il n'y a rien de sexy avec un entrainement de sport, déclara-t-elle en se levant pour attraper la glace . Et il n'y a rien de sexy à défendre mon honneur, si tu termines avec la main cassée.

- Détrompe-toi…je t'imagine assez bien dans ton legging noir et ton débardeur violet, suante et éreintée avec un souffle rapide. Ta poitrine se soulèverait si rapidement que….

- Castle, l'interrompit Beckett légèrement gêner en positionnant quelques glaçons sur sa main

- Hum ? rêvassa-t-il

- Dois-je te rappeler qu'on est au poste ? Alors arrête d'imaginer ma poitrine ou…

- Mais Beckett, c'est comme m'interdire de ne pas jouer à Cash royal. Il y a des choses impossibles sur cette terre, et arrêter de fantasmer sur toi,est l'une de ces choses.

Souriante et amusée par sa répartie, elle lui lança au visage un torchon qui traînait sur le côté avant de se lever pour ranger le matériel de premier secours et lui répliquer :

- Tu n'as rien de cassé. Tu vas devoir garder cette glace sur toi quelques temps, si tu ne veux pas avoir un œdème ou un bleu.

- D'accord, sourit-il en se levant tout en suivant à la lettre ces instructions.

Elle était dos à lui, en train de ranger tout le matériel sur un placard en hauteur. Le regard de Rick se perdit sur sa chute de dos, sur le petit bout de peau dévoilé par ses bras levés, puis descendit sur ses fesses…ces délicieuses fesses avant de la voir se retourner et de rougir à ses yeux sur elle.

Elle ne serait comment expliquer cette connexion qui la liait à lui . Elle pouvait sans le voir le sentir arriver ou savoir ou son regard se situait sur elle. Et là, dos à lui ,était un de ces moments ou elle sentait l'intensité de la pièce montée d'un cran.

Déglutissant en se retournant pour le voir la reluquer sans vergogne et sans honte, elle leva un sourcil et lui demanda pour tenter de ne pas montrer son trouble ou son désir :

- Prêt à rejoindre l'enquête ?

- Ça dépend

- De ?

- Puis-je remercier mon infirmière personnelle avant ? sourit-il pour s'avancer vers elle sans la lâcher du regard.

- Et bien, je…..

- Beckett ? les interrompit Espo en entrant dans la salle tout sourire devant leur proximité. Je dérange ?

- Non, non, mentit-elle en s'éloignant de Rick

- Non ? Parce que vous me sembliez …

- Tu es venue faire la causette ou , siffla-t-elle excéder d'être interrompue à tout bout de champs

- Juste pour dire que Ryan et Anderson commencent à fouiller dans tous les dépôts postaux

- On va aller les rejoindre dans ce cas, dit-elle à contre cœur en commençant à avancer vers la sortie

- Hum….Et Castle ? interpella Javier

- Oui ?

- La prochaine fois, incline ton uppercut, mon frère, ricana le latino en sortant dans la pièce, ce qui fit sourire Beckett avant de partir aussi.

XXXXXXX

Ils avaient passé la journée sous une tonne de factures. Malgré une organisation sans faille, ils avaient l'impression de ne pas avancer.

Anderson n'avait pas ouvert la bouche depuis l'entrée de Kate et Rick dans la salle et s'était attelé à la tâche dans son coin.

Ryan, lui, commençait à sentir la fatigue le submerger, alors après des heures de recherches, il proposa de faire une pause et de revenir demain matin.

Sous le regard de Castle, il était sorti en emmenant avec lui son coéquipier et les laissa tous les deux entourer de leur pile de dossier.

- Tu devrais rentrer. Lily va avoir besoin de toi, suggéra éreinter Beckett en soupirant

- Elle a autant besoin de moi que de toi

- Castle, je ne peux pas m'arrêter maintenant.

- Je sais, je sais. Mais…tu n'y arriveras pas toute seule. Et, il est sept heures du soir. On a besoin de se reposer

Inspirant en écoutant ses arguments, Kate observa encore tout les dossiers à traiter. Après des heures d'investigations, ils avaient réussit à ressortir quelques adresses postales mais il restait encore du travail à faire pour pouvoir enquêter.

Son instinct de flic lui disait de continuer mais son cœur….son cœur voulait rentrer . Elle souhaiter pouvoir voir sa fille, la câliner, la coucher pour le soir …..elle désirait aussi pouvoir passer un tête à tête avec Castle afin de savoir où cette nouvelle relation les portait.

Perdue dans ses pensées, elle en sortie par la voix de Rick :

- Tu sais, le FBI vient de partir. Certainement pour faire une pause ou manger.

- Et ?

- Il y a leur ordinateur central, en quelques clics, toutes ces factures seraient triées et on aurait enfin nos suspects.

- Castle, je ne vais pas aller utiliser un matériel classé secret défense , qui fonctionne certainement avec des codes d'accès pour certainement l'endommager par manque de formation.

- Kate, c'est un ordi, sourit-il , les mains dans les poches

- Si c'était aussi simple qu'un ordi, je pense que le douzième en aurait déjà fait l'acquisition.

- Hallelujah ! ça fait des années que je te tanne pour que tu m'achètes cet ordi. 

- Castle, soupira-t-elle de fatigue en se frottant les tempes.

Elle était éreintée et à bout de force. Elle souhaitait juste embrasser sa fille, manger un bout, prendre une douche et dormir. Elle n'avait guère envie de passer une nouvelle nuit blanche au poste mais la vie d'un petit garçon en dépendait. Alors entendre Castle bavasser commençait à l'épuiser encore un peu plus. 

La sentant sur la réserve, il décida d'aller droit au but et d'exposer son idée avant qu'elle ne perde patience: 

- Tu ne t'en souviens pas, mais on a travaillé, il y a des années avec le FBI sur la recherche d'un tueur qui te prenait pour Nikki Heat.

- L'affaire Dunn, le coupa-t-elle alors qu'il la dévisageait à sa réponse.

Elle avait répondu si naturellement, qu'il vit tous ses espoirs culminés. Elle se souvenait! Elle se souvenait de Scott Dunn et certainement aussi des balançoires. Heureux, il perdit son sourire en l'entendant se justifier: 

- J'ai lu les dossiers sur lesquels on a bossé…les plus gros ou plus important selon Ryan., c'est pour ça que je connais l'affaire Dunn..........Quoi ? ajouta-t-elle en le voyant froncer les sourcils à ces informations.

- Tu as spoilé ton passé !

- J'ai…..quoi ?

- Tu as été enquêter sur ton passé. Tu t'es spoilée Beckett. Ou est l'effet de surprise ou…

- L'effet de surprise ? Je crois que j'ai assez donné niveau surprise depuis mon réveil .Et puis, on ne spoile pas son propre passé, on est censé le connaitre, Sherlock!

- Oui mais….ok, tu as certainement raison, soupira-t-il en la voyant se lever en prenant ses dossiers à la main. Mais, c'est dommage de se souvenir de tout son passé sur papier, si tu veux mon avis.

- Je suis d'accord avec toi…tu crois que je ne préférerais pas me souvenir de mon passé? de nous? de Lily? ....Rick , je donnerais tout me souvenir

- Je sais, je suis désolé, soupira-t-il penaud en ne souhaitant pas la culpabiliser. Je suis désolé....oubli, s'était déplacé et aucunement pertinent. Tu peux te spoilé autant que tu le désires. 

- C'est un peu étrange, dit comme ça, sourit-elle en le contemplant amoureusement.........mais, je souhaiterais te rappeller que je me souviens pas de tout, j'ai encore plein de zones d'ombres que je souhaiterais que tu éclaircisses et non pas sur papier. 

- Comme ? demanda naïvement Rick en la voyant s'avancer vers lui , en se mordant la lèvre inférieure avec cette façon si sexy qu'il déglutit de désir. 

- Comme .....quel effet ça fait de t'embrasser sans être interrompu, ou quel sentiment procure ton corps contre le mien....

- Kate, je....

- ou à quel point sommes-nous extraordinaire ensemble ? le coupa-t-elle en effleurant légèrement ses lèvres avec les siennes avant de reculer pour l'observer

- Oh, je…serais….plus qu'heureux de t'éclaircir tous ses points, déglutit-il en sentant son odeur de cerise lui titiller ses sens.

- Moi aussi, Castle, moi aussi, sourit-elle sans le lâcher du regard .

Dieu, elle donnerait n'importe quoi pour quitter ce commissariat et rentrer chez elle. Elle donnerait n'importe quoi pour une heure avec lui, une heure ou elle pourrait s'abandonner totalement et sans aucune restrictions à ses bras.... mais un enfant dépendait d'elle. Un enfant était captif et malgré toute l'envie et tout le désir qu'elle avait à cet instant de poser  à nouveau ses lèvres sur celle de son mari , Kate recula d'un pas et demanda en éludant le désir qui grondait dans son bas ventre:

- Alors pourquoi me parles-tu de l'affaire Dunn ?

- Je…quoi ? balbutia Rick, les mains moites, et le regard noir.

- L'affaire Dunn , Castle….focus, sourit-elle heureuse de le voir aussi perturbé qu'elle

- Oh…je…..oui….Alors comme tu dois le savoir, on travaillait avec l'agent spécial Jordan Shaw et avant de partir, elle m'a donnée les codes d'accès.

- Elle t'a donnée les codes d'accès ? s'estomaqua Beckett, en le dévisageant dorénavant devant cette information

- Heu…

- Tu as couché avec elle !

- Non

- Non ? Oh allez, Castle, des codes d'accès secret défenses ? Non, mais comme si….

- Ok,ok, elle me les a pas données, j'ai vu l'agent Avery les taper, déglutit-il. Mais ma version était tellement plus cool avant que tu ne la balayes avec ton esprit Beckettien!

L'observant quelques secondes, Kate se demanda si elle devait être stupéfaite qu'il pense qu'un mensonge était cool ou que des codes d'accès de plus de 7 ans n'est pas été changés selon lui ? Mais bizarrement, ce sentiment de colère qui l'aurait envahit il y a quelques semaines, laissait place à une autre interrogation. Et si c'était possible ? et si, il venait de lui donner le moyen de terminer ce travail de fond et de sauver peut-être la vie de ce petit garçon.

Inspirant en se demandant encore quoi faire, Castle lui répliqua tout sourire :

- Pour la justice, Beckett

XXXXXX

- Ça y est tu as terminé ? s'impatienta-t-elle en observant avec appréhension l'ascenseur du 12ème.

Ils étaient dans la salle de conférence depuis plus d'une demi heure dorénavant. Malgré son sens de l'éthique et de la déontologie , elle avait cédé à l'idée de son mari.

Seulement, elle n'avait pas considéré le fait qu'il fallait numérisé toutes les factures pour que l'ordinateur les traite et les tri.

Appréhendant le retour de Will et son équipe, elle commençait à perdre patience et à vouloir faire marche arrière.

- C'est bon, c'est bon, plus que deux minutes

- Castle, si le FBI revient et nous vois fouiner dans leurs affaires ,ce n'est pas ma plaque que je risque mais la prison.

- Sorenson ne t'arrêtera pas….moi peut-être….surement même, mais toi ? Non, tu es en sécurité, répondit-il convaincu en lançant la dernière impression de facture.

- Oh génial, après plus de deux mois de réveil et un coma, je vais devoir conjuguée ma vie de mère célibataire avec les visites conjugales en taule, boougonna-t-elle fatiguée

- Tu sais que les visites conjugales sont souvent très très chaudes, Beckett ? …..d'ailleurs la dernière fois qu'on a été dans une cellule, l'ambiance était électrique.

- On a été arrêté ? s'estomaqua Kate qui n'avait rien lu de tel dans les dossiers que Ryan lui avait sélectionné. Quand ? ou ? pour quel motif ?

- Oh, non pas vraiment arrêté, arrêté….. on enquêtait. Mais on est resté coincé dans cette cellule et c'était vraiment….

- Pas besoin de me raconter comment j'ai fini nue derrière les barreaux, soupira-t-elle

- Nue ? Non, ça c'était mon idée, enfin mon fantasme…..mais…toi , tu as fini sur le plafond, enfin dans le plafond pour être exact.

- Je….quoi ?

- Le tueur s'était évadé par les canalisations situés au-dessus de la cellule…tu as suivi la piste et tu m'as laissé avec mes fantasmes, répondit-il en faisant la moue ce qui la fit rire.

- Eh bien, espérons que la prochaine fois, je puisse réaliser les deux, rétorqua-t-elle sans réfléchir à la porter ses mots

- La…prochaine fois, balbutia Rick

- Ah enfin ! ça marche ! s'exclama-t-elle heureuse et soulagée en s'approchant de l'écran géant pour le voir commencer à traiter et analyser ses factures.

- Dis-tu voulais vraiment dire que….

- Castle ?

- Oui ? couina-t-il

- Focus !

XXXXXXX

L'idée de Rick avait été lumineuse. En moins d'une demi-heure, ils avaient réussi à mettre quatre boite postal suspect de côté. Épuisés et effrayés à l'idée de se faire attraper par Will et son équipe , ils étaient rentrés au loft.

Assise sur le canapé avec l'ordinateur de Castle dans les mains, Kate tentait de mettre un nom sur chacune de ses boites postales afin d'étudier les profils des envoyeurs pendant que Rick s'affairait à préparer un repas rapide.

Ils étaient arrivés trop tard pour le coucher de leur fille, ce qui avait miné Beckett. Elle détestait être un courant d'air pour Lily. Elle avait l'impression de ne pas profiter d'elle à sa juste valeur et de manquer encore des choses dans son existence. Si Martha avait tenté d'alléger sa peine avec quelques anecdotes de la journée, Beckett avait soupiré et était partit travailler, les yeux rougis au salon.

Elle se demandait comment elle allait pouvoir concilier sa vie de famille avec sa vie de flic. Avec une seule affaire, elle s'était rendue compte qu'elle n'avait pas pu passer plus de deux heures avec sa fille durant ces trois derniers jours.

Rick, lui, avait tenté de lui donner un peu d'espace pour traiter ses émotions et après avoir remercier sa mère pour la journée de garde . Il s'était afféré à la confection de sandwich avant de rejoindre Beckett au salon.

- Tu vas voir, j'ai fait des….

Il se stoppa devant sa tirade, en l'apercevant complètement endormie, recroqueviller dans le canapé.

La journée avait été longue et la nuit dernière n'avait pas été non plus de tout repos. Posant ses mets sur la table basse, il ôta doucement le pc des mains de Kate avant d'hésiter sur la marche à suivre. Devait-il la laisser là ? ou la porter pour l'emmener dans sa chambre ?

Il redoutait de la réveiller dans la manœuvre et de la voir recommencer l'enquête mais en même temps, à la façon dont elle s'était endormie, elle risquait d'avoir un torticolis ou un mal de dos d'enfer à son réveil le lendemain.

Etudiant toutes ses options, il se décida à passer ses bras sous ses jambes et son dos et la souleva tendrement et avec attention. Sans même sans rendre en compte, comme un automatisme, Kate entoura de ses bras la nuque de Rick et gémit de bonheur.

Heureux et souriant, Castle la porta jusqu'à son lit ou il la déposa, avant de la border et de la contempler.

Elle semblait si belle et apaisée à cet instant qu'il n'osa pas bouger. Cette journée avait été longue mais ô combien intéressante et réjouissante pour lui ….pour eux. Elle leur donnait une chance….une réelle chance de faire fonctionner tout ça.

Ne souhaitant pas la contrarier et la faire reculer dans sa décision, Rick l'embrassa doucement sur le front en humant les yeux aux larmes ,cette délicieuse odeur de cerise qui lui avait tant manquer ces derniers mois...puis sortie de la chambre pour lui donner l'intimité et le temps dont elle avait besoin. Mais avant d'ouvrir la porte, il l'entendit gémir et murmurer :

- Reste….reste avec moi, ce soir, Castle. 


billy1  (22.01.2019 à 10:26)

CHAPITRE 16.


Ses mains se posent de part et d'autre de sa tête, et Castle presse son nez contre le sien. Elle a l'impression que son corps est en feu et qu'il met tout en œuvre pour qu'elle se consume sous ses yeux taquins.

Le poids de son corps sur le sien, le souffle de son partenaire sur son visage la font chambouler dans un désir tel qu'elle gémit son nom…..non ,mendit son nom, pour qu'il ne fasse plus qu'un.

D'un sourire heureux, elle le voit s'approcher doucement, très doucement de ses lèvres et avant que sa bouche n'entre enfin en contact avec la sienne, Kate se réveille par le rire dans ses oreilles de Lily, qui la sort de ce délicieux rêve, le ventre contracté et son shorty mouillé :

- D'bout maman !

- Lily, grogna-t-elle, encore pleine de fatigue en se tournant pour échapper à sa fille avant de rentrer en contact avec un corps qui n'était pas le sien.

Ouvrant les yeux paniqués, elle découvrit Richard Castle, étendu torse nu dans son lit , les cheveux emmêlés et le sourire aux lèvres :

- Hey

- Hey, déglutit Kate en fronçant les sourcils avant que les souvenirs de la veille ne l'assaillent et qu'elle ne lui rende son délicieux sourire. Hey...

Flash-Back.

Reste avec moi , Castle…..reste, soupira-t-elle d'aise en découvrant une partie du lit pour qu'il la rejoigne.

- Heu…., hésita Rick qui ne souhaitait pas sauter les étapes

- J'ai attendu ça toute la journée, avoua timidement Kate en levant la tête de son nid douillet pour le contempler se dandiner nerveusement près de la porte

- Ça ?

- Toi et Lily…..je suis arrivée trop tard pour elle…..et je me suis endormie avant de pouvoir discuter avec toi….alors s'il-te-plait, reste avec moi ce soir.

- Pour…discuter ? demanda Rick soulager, qui n'avait guère envie de sauter les étapes avec elle pour la voir regretter par la suite

- Je….oui…..enfin, je veux dire que…..

- Kate, je veux discuter aussi, admit-il pour ne pas la rendre mal à l'aise.

Doucement, il se rapprocha du lit et la contempla quelques secondes. La dernière fois qu'ils avaient partagé un lit, elle était enceinte de lui et c'était le matin de son accident…deux ans et deux mois après, il allait réitérer l'expérience.

Un tantinet nerveux, il retira ses chaussures puis ses chaussettes avant de s'asseoir sur le lit pour rejoindre Kate.

- Tu dors habillé, Castle ? le taquina Beckett pour dédramatiser la situation.

Elle le sentait à fleur de peau et tendu. Elle se doutait bien que partager ce lit avec elle avait une toute autre signification pour lui que pour elle. C'était son lit…leur lit…..celui-là même ou ils avaient certainement conçu Lily… celui qu'elle lui avait refusé depuis son réveil.

- Dormir ? Je croyais que tu souhaitais discuter ? déglutit-il en observant sa tenue

- Je suis fatiguée…tout comme toi…..alors si jamais je m'endors ou tu t'endors pendant la discussion, on…..

- Je ne m'endormirais pas

A sa réflexion, elle se tourna sur son flanc pour l'observer et posa sa tête sur sa main avant de lui rétorquer doucement mais fébrilement :

- Tu ne veux pas dormir avec moi ?

Elle savait bien qu'il ne fallait pas placer la charrue avant les bœufs mais elle n'était pas non plus une adolescente, ils étaient mariés et ils devaient pouvoir se sentir à l'aise les uns avec les autres. Elle en avait aussi marre de marcher sur des oeufs avec lui. Elle voulait que sa présence près d'elle devienne naturelle...et pas timide.

- Ce n'est pas ça, grimaça-t-il en se sentant gauche auprès d'elle

- Je ne vais pas te manger tu sais, sourit-elle…..je veux juste, je veux juste commencer par quelque chose…..et dormir ensemble, ne me semble pas absurde. Je veux dire on est marié, alors….

- Tu as raison, la coupa Rick en se sentant ridicule avec ces appréhensions.

Depuis ce matin, elle avait réellement fait des efforts pour s'ouvrir avec lui et pour l'inclure dans cette relation. Elle voulait « sauter » avec lui et malgré toutes ses craintes, il devait lui aussi « sauter » dans cette relation, s'il ne souhaitait pas la faire fuir.

Alors doucement, il se releva pour retirer son haut et son pantalon, sous les yeux contemplatifs de Beckett qui n'en perdait pas une miette, avant de s'allonger dans la même position qu'elle, en caleçon sous les couvertures.

Elle souriait en se mordant la lèvre inférieure, sans le lâcher du regard. Heureux de la voir à l'aise avec lui, il retourna le sourire et chuchota pour garder cet instant comme dans une bulle :

- Alors, de quoi veux-tu parler ?

- Je…je ne sais pas par où commencer, à vrai dire

- Je peux débuter, si tu le veux ? assura-t-il pour la mettre en confiance

- Je t'écoute

- Hier soir….tu m'as dit que tu avais passé ta soirée dans un parc à regarder des balançoires. Où était ce parc ?

- C'est tout ce que tu as retenu de ma tirade d'hier ? répliqua-t-elle amuser par le début de cette conversation.

Elle aurait pensé qu'il lui demande ce qui s'était passé avec Will ou pourquoi elle avait finalement décidé de leur donner cette chance, mais comme à son habitude, il la surprenait toujours.

- Non, pas tout…..mais je suis intrigué par le parc, avoua-t-il plein d'espoir.

Caressant de sa main libre, le bout de draps qui se situait entre eux, elle lui répondit doucement :

- Je t'avouerais que je n'ai pas fait attention où se situait ce parc. Quand j'ai quitté, le poste, j'étais tellement….fatiguée et perdue….que j'ai marché un moment avant de m'installer sur cette balançoire.

- Il y a avait-il un restaurant près de là ? Ou un café ?

- Castle, pourquoi ce parc te fascine autant ?

- Réponds-moi, s'il-te-plaît

- Je n'en sais rien, il faisait nuit, j'avais froid et….

- Un magasin ? Une librairie ou…..

- Il y avait peut-être une librairie, le coupa-t-elle en bougonnant.

Elle avait tellement de questions, tellement de choses à lui dire, qu'elle commençait à s'irriter par cette conversation qui n'avait ni queue ni tête pour elle. Désirant mettre fin à cette discussion, elle ajouta en espérant noyer le poisson :

- C'était Bernard&Nobles, cette librairie où tu signes souvent tes dédicaces.

- Tu es retournée au parc, murmura aux anges Rick alors que Kate fronçait les sourcils.

- Ok, là, je suis perdue, tu peux éclaircir tout ça ?

Prenant sa main qui triturait toujours le draps entre eux, Rick enlaça ses doigts aux siens et lui chuchota :

- C'est notre parc….c'est celui où tu m'as annoncé vouloir une histoire avec moi, en me demandant un peu de temps…celui où je t'ai demandée de m'épouser…..celui où tu m'as parlé du poste de capitaine ou de ton désir d'enfant…..C'est notre parc , Kate…

- Notre parc ?

- Hum…C'est celui où tu vas quand tu te sens perdu. C'est ton refuge. Et hier soir, inconsciemment , ta tête t'y a ramené .

- Oh

- Oui, sourit-il en lui caressant la paume.

- Rick , ça ne veut pas dire que je me souviens ou même qu'il y a une chance que….

- Je sais, je sais, l'interrompit-il en la voyant paniquer à l'idée de lui donner des faux espoirs. Je suis juste heureux de savoir que malgré tout ce qui s'est passé, quelque part ta tête veut se souvenir…

- Et si je me souvenais, jamais ? Et si….

- Alors on sera tout autant extraordinaire….. l'important n'est pas ton amnésie…..l'important est juste sous nos yeux, c'est nous deux, Kate…à nous de construire la relation que nous souhaitons avoir.

Soulagée et émue devant ses mots, elle baissa quelques secondes son regard sur leurs mains liées avant de lui murmurer :

- Tu sais à quoi je pensais quand Sorenson m'a embrassé ?

- Par quelle manière, j'allais enterré son corps ?

- Enterrer son corps ? pouffa-t-elle

- Quoi ? Je suis le maître du macabre, j'ai étudié le crime parfait depuis des années , sans compter toutes les ressources financières et humaines dont je dispose.

- Et de quelle ressources humaines exactement ?

- Lanie,répondit-il comme une évidence

- Lanie ? Elle ne t'aiderait pas à cacher un cadavre….Elle m'aiderait à cacher le tien, mais ton cadavre ? surement pas.

- Ok, Javier et Kévin, supposa-t-il en la voyant lever les yeux au ciel. Ou toi ? la taquina-t-il heureux de pouvoir discuter aussi simplement avec elle.

- Moi ? rit-elle. Dois-je te rappeler mon métier ? Je traque des criminels

- Tu ne traquerais pas ton propre mari ? demanda-t-il en faisant mine d'être offusquer

- Je ne sais pas…il faut voir qui est la victime, éluda-t-elle, heureuse elle aussi de leur échange.

Yeux dans les yeux, ils se contemplaient avec tendresse et amour. Timidement, elle baissa le regard et tomba sur son torse musclé. Sa peau semblait si douce et si robuste à la fois qu'elle avait envie de tendre la main pour le toucher. Se mordant la lèvre inférieure, elle l'entendit lui demander d'une voix douce :

- Si c'était Anderson, tu m'aiderais à cacher son corps ?

- Définitivement, rit-elle en sortant de ses pensées pour l'observer tout sourire.

- Ça m'avait manqué

- Quoi donc ?

- Ton rire, au lit au milieu de la nuit….ça m'avait manqué, avoua-t-il sans la lâcher du regard.

Emue, elle déglutit face à ces yeux noirs de désirs et s'avança plus près de lui…..tellement près qu'elle pouvait sentir son souffle sur sa peau, doucement , elle lui murmura en observant tantôt ses lèvres, tantôt lui :

- Alors..tu sais à quoi je pensais quand Sorenson m'a embrassé ?

- Je..non, déglutit Rick en posant délicatement sa main sur sa joue pour la caresser.

Soupirant d'aise et de désir à face à son geste, Kate gémit en fermant les yeux avant de lui répondre :

- Je me demandais, comment se faisait-il que je connaisse le goût de ses baisers et pas des tiens ?

- Je crois t'avoir donné une réponse aujourd'hui

- Hum…..je crois que j'ai oublié, sourit-elle en se mordant la lèvre inférieure

- Tu as un réel problème de mémoire, femme, rit Rick en passant sa main de sa joue à sa nuque avant de déposer ses lèvres sur les siennes.

La douceur de son baiser lui retourna ses sens, heureuse et désireuse , elle s'abandonna totalement à ses lèvres, à ses caresses, sans aucune restriction.

Deux mois…..il lui aura fallu deux mois pour avoir en confiance à cet étranger qu'était son mari, mais depuis plusieurs semaines, elle savait pourquoi elle l'avait épousé. Il la rassurait, il la défiait, il l'a faisait sentir vivante et femme. Cet homme doux et attentionné qui lui avait donné le plus cadeau au homme : Lily.

Lentement les mains de Kate dévièrent sur le torse musclé de Rick pendant que sa langue se frayait un chemin dans ce baiser qu'elle souhaitait plus voluptueux.

Aux anges face aux caresses sans équivoques et aux gémissements de sa femme, Rick augmenta la cadence de leurs étreintes. D'une poussée forte et virulente, il la repoussa sur le dos sans lâcher ses lèvres des siennes. De son corps , il la surplomba et sourit en sentant ses jambes ô combien sexy lui encercler la taille pour le rapprocher encore plus d'elle.

Son désir pressé contre l'intimité de Beckett, le fit frissonner de plaisir. Il en avait la chair de poule. Deux ans et deux mois sans son contact, sans ses caresses, ses halètements, ses baisers…deux ans et deux mois sans pouvoir l'aimer comme il le désirait.

Posant ses mains sur les hanches de Kate, il remonta doucement son débardeur tout en ne relâchant pas la cadence de son baiser quand un cri le figea sur place.

- Papa !

- C'est…..haleta Kate qui avait passé ses mains dans le caleçon de Rick pour lui empoigner les fesses.

- Lily, grogna Castle dans le cou de sa femme en tentant de calmer son excitation

- Maman ! pleura la petite

- C'est pas vrai, marmonna-t-il en sortant de la douce étreinte de sa femme

- Je vais y aller , déglutit-elle en voyant à quel point il la désirait sous ce fin tissu.

Sortant de son lit, elle sourit face au mécontentement de Rick et à ses muscles internes si contractés . Elle le désirait à un tel point, qu'elle pensait se consumer sur place.

- Finalement, ce n'est pas Anderson que je veux enterrer tout de suite

- Castle! le réprimanda-t-elle outrer

- Je...ok, désolé, soupira-t-il en fermant les yeux de frustrations

Montant un à un les escaliers, elle entra dans la chambre de sa fille, pour l'apercevoir dans le coin de son lit, son doudou à la main et en pleurs.

- Chut, papillon, maman est là, s'inquiéta Beckett, qui n'avait jamais géré un cauchemar jusque-là

- Monst'e !

- Les monstres n'existent pas , chérie, tenta-t-elle en la prenant dans ses bras ce qui calma aussitôt la petite

- Si ! Sous lit !

- Sous le lit ? reprit Kate en lui caressant les cheveux alors qu'elle sanglotait en s'agrippant à sa mère

- Voui !

- Tu veux que maman regarde sous le lit ?

- Non, monst'e !

- Maman va chasser le vilain monstre, assura Kate qui se sentait légèrement démunie face à la situation.

Doucement, elle relâcha l'étreinte de sa fille et alluma sa lame de chevet avant de se mettre à quatre pattes et assurer à Lily , tout sourire :

- Pas de monstre, papillon

- Pas monst'e ? s'étonna la petite toujours en pleurs

- Pas de monstre. Maman la chassé…..tu vas pouvoir te rendormir

- Non

- Non ? soupira-t-elle fatiguée

- Non. Dodo avec maman

- Papillon, tu ne peux pas…..

- Avec maman, pleura Lily exténuer.

Se relevant du sol, Kate sourit face à la mine de sa fille. Serrer dans son coin avec son doudou à la main, les cheveux en bataille et ses yeux de cocker, elle craqua. Elle ressemblait tellement à son père dans cet instant-là, que Beckett n'eut pas le cœur à lui résister. Et puis, elle avait passé la journée à rêver d'un câlin avec sa fille, elle pouvait désormais joindre l'utile à l'agréable même si cela arrêtait toute la discussion sous les draps avec son mari.

Doucement, elle prit sa fille dans les bras et éteignit la pièce avant de rejoindre Castle dans la chambre qui l'attendait assis au milieu du lit, entourer des oreillers et des couvertures mais illuminés par une dizaine de bougies.

Le sourire de son mari faiblit quand il aperçut le petit corps que Kate transportait et qui annulait tout ses espoirs de câlin.

- Désolée, grimaça Kate en observant toute l'ambiance qu'il avait créé. Il y avait un monstre sous son lit, elle ne veut pas se recoucher seule

- Oh…..viens là cacahuète, s'inquiéta Rick en tendant les bras à sa fille ce qui fondre Kate un peu plus.

Quel homme ne pesterait pas contre son enfant qui interrompait certainement une belle partie de jambe en l'air ? Au lieu de ça, il ouvrit tendrement ses bras à sa cadette et lui embrassa le front avant de lui chanter une berceuse pendant que Kate soufflait sur toutes les bougies dans la pièce en les replongeant dans la pénombre.

Observant Beckett se réinstaller dans le lit avec Lily entre eux deux, Rick sourit de toutes ces dents. Ce n'était pas le genre de soirée qu'il avait espéré en allumant toutes ses bougies mais elle surpassait ces rêves.

Après deux ans et deux mois d'attentes…il était au lit avec les deux femmes de sa vie. Il en avait tellement rêvé à la naissance de Lily, quand pendant ses nuits d'insomnies à bercer le bébé en pleurs, il observait démunie le côté du lit de Kate vide .

Mais ce soir était différent…ce soir , Lily avait ces deux parents…. Ce soir, il s'endormait avec le cœur moins lourd et plus léger.

- Bonne nuit les filles, susurra-t-il en faisant sourire Kate

- Bonne nuit, Rick.

- Nuit maman, nuit papa

- Bonne nuit papillon..fais de beaux rêves.

Fin du Flash-back.

- Ça va ? sourit Rick en la contemplant s'éveiller doucement

- Oui, murmura-t-elle en se mordant la lèvre inférieure.

Ils avaient passé une super soirée…malgré l'enquête, le cauchemar de Lily . Elle en avait adoré chaque moment. Baissant le regard sur le torse dénudé de Rick, elle s'approcha doucement pour déposer ses lèvres sur les siennes quand elle sourit au son de la voix de sa fille :

- Berk

- Berk ? rit Rick en enlaçant sa femme dans ses bras pour découvrir Lily cachant ses yeux sous son doudou. Maman fait un câlin un papa, ce n'est pas berk.

- Si, berk, sourit-elle en faisant sourire ces parents.

Levant la tête sur le réveil de Castle, Kate soupira en déposant sa tête sur son épaule et lui murmura :

- Je dois retourner au poste

- Je vais aller te préparer le petit déjeuner et…

- Je n'ai pas le temps Castle…..mais je dis pas non contre un déjeuner plus tard, en lui picorant la bouche avant de s'asseoir dans le lit pour s'étirer sous les yeux de son mari.

- Maman, partir ? demanda Lily tristement

- Maman va aller travailler , papillon…..mais ce soir, c'est maman qui te donne le bain, assura Beckett en prenant sa fille dans les bras pour l'enlacer tendrement

- Pomi's ?

- Promis mon cœur.

Souriant de toutes ces dents face à cet instant de famille, Kate contempla Rick dans ce lit et lui susurra avant de quitter le lit, en se déhanchant plus que nécessaire :

- Peut-être qu'on pourra finir notre discussion ce soir, Castle ?

- Arght, gémit-il en serrant le poing dans sa bouche. Tu es une allumeuse !

XXXXX

L'idée de Rick de se servir du serveur du FBI la veille avait porté ces fruits, grâce à l'aide Ryan et Tory, Kate avait réussi à réduire sa liste de suspect à deux individus sur plus d'une centaine d'adresses postales.

Se frottant les tempes face au mal de tête qui l'assaillait, elle écouta Ryan demander comment procéder aux interpellations :

- On n'a deux suspects et la vie d'un enfant en jeu, on fait deux équipes pour limiter les pertes de temps, soupira-t-elle

- Ok, mais Castle n'est pas là, on l'attend ou….

- Tu y vas avec Anderson et je vais voir avec Sorenson , s'il veut bien me suivre, argumenta-t-elle

- Et s'il refuse ? grimaça Ryan qui ne souhaitait pas la laisser partir sans renfort dans son dos

- Alors, je verrais avec Espo. Maintenant qui prenez-vous ?

- Honneur aux dames, sourit de toutes ces dents Anderson ce qui fit rouler des yeux Beckett.

- Quelle galanterie

- Je suis comme ça, Beckett

- Hum….je prend ce …..David Pitt et vous prenez William Jazz.

- Ok, très bien….mais tu n'y vas pas seul, ajouta Ryan en enfilant son manteau sans la lâcher du regard

- Oui, papa, sourit-elle en faisant de même avant de partir en direction de la salle de conférence où Will examinait certains dossiers.

XXXXX

Deux heures, plus tard…

- Tu es certaine que ça ne t'embête pas de garder Lily ? s'assura Castle en rangeant rapidement le désordre dans le salon.

Il avait passé sa mâtinée avec sa fille à faire des cabanes au milieu du loft tout en racontant des histoires de princesses et de dragon. Lily avait été aux anges pour ce bout de temps passé avec son père, mais n'avait pas arrêté de demander quand Kate reviendrait à la maison.

Le sourire aux lèvres à l'idée que sa fille réclame sa mère, le réconforta sur le lien que Beckett avait réussit à créer avec Lily en si peu de temps.

Seulement, le repas de midi arrivait à grands pas, et Rick avait promis à Kate de venir la restaurer tout en l'accompagnant sur l'enquête. Il n'avait pas eu de ses nouvelles ce matin et espérait donc pourvoir l'aider rapidement à mettre fin à cette enquête.

- Mais, non , sourit Alexis toute heureuse de pouvoir passer un peu de temps avec sa sœur. On va manger et après sa sieste, on ira au parc

- Pa'c ! Lex ! s'exclama Lily en sautillant tellement fort de joie, que ses nattes rebondissaient sur ses épaules.

- Oui, parc, chérie.

- Ok, ok…alors votre repas est prêt, tu n'as qu'à faire réchauffer les légumes et…

- Papa, dois-je te rappeler que je suis adulte ?

- Je…non… ne me le rappel pas, ça m'évitera de penser que je suis vieux et que tu n'as plus besoin de moi, bougonna-t-il.

- J'aurai toujours besoin de toi, sourit-elle attendrit par sa moue en venant lui picorer la joue d'un baiser

- Promis ?

- Promis, assura-t-elle en le voyant sourire.

- Bien….et toi, ne grandit pas trop vite en mon absence, ajouta Rick en prenant Lily dans les bras pour l'embrasser.

- Bisou, papa

- Bisou, mon ange.

Heureux d'avoir ses filles auprès de lui, Castle commença à se préparer quand son cellulaire sonna dans sa poche arrière, le sourire toujours aux lèvres, il répondit sans regarder l'identité de l'appelant :

- Je suis sûr que c'est Beckett qui me demande où sont ses nem's ou ses rouleaux printemps…..Castle ?

- Hey…..Rick, c'est Javier, balbutia la voix de son ami au téléphone

- Espo ?

- Je…..il y a eu un souci. Beckett est blessée, bro.

- Je….quoi ? dit-il complètement perdu, le ventre noué. Elle n'est pas au poste pour étudier les profils des dossiers ?

- Non….avec Ryan, ils ont réussit à trouver deux suspects et pour gagner du temps, ils se sont divisés. Beckett est allée interroger un suspect avec Sorenson mais il y a eu un problème.

- Quel problème ? demanda-t-il, la peur au ventre en mettant à la hâte ces chaussures alors qu'Alexis se rapprochait face au teint blême de son père

- Papa ?

- Elle est à l'hôpital, Bro….Presbytérien Hôpital….tu devrais venir.

- Est-ce que…qu'elle va bien ?

- Je ne sais pas…..j'attends de ces nouvelles.

Fermant les yeux simplement quelques secondes, il sentit la nausée le prendre face aux mots de son ami. C'était les mêmes mots qu'il avait reçu lors de son accident

« - est-ce qu'elle va bien ?

-Je ne sais pas, Kiddo…..tu devrais venir. »

- Papa ? l'interrogea Alexis en voyant son père faiblir.

- Kate est à l'hôpital, je t'appel plus tard, déglutit Rick en sortant de l'appartement, les jambes flageolantes et les mains tremblantes.

« Ne meurt pas….ne meurt pas….ne m'abandonne pas ..pas..encore Beckett.. »murmura-t-il tout le long du chemin jusqu'à l'hôpital.



 

 

 

 


billy1  (27.01.2019 à 09:17)

CHAPITRE 17.


Il avait l'impression qu'il avançait au ralenti. Que chacun de ses pas le faisait reculer. Comme s'il se battait avec le temps. Les mains tremblantes, le ventre noué, les larmes aux yeux, il avait une désagréable sensation de déjà-vu.

Les couloirs étaient les mêmes, toujours aussi froid et aussi impersonnel mais cette fois-ci ces questions n'étaient plus même Il ne se demandait pas si Kate ou le bébé allaient bien ou comment avait-elle pu atterrir aux urgences en allant faire du shopping .

Non, cette fois-ci , il se demandait simplement s'il allait pouvoir en supporter plus. Si toutes ces semaines, toutes ces années avaient été vécues pour cette fin ?

Le souffle court, il arriva à quelques pas de la salle d'attente ou il pouvait observer Esposito donner des ordres au téléphone au côté de Ryan et Anderson.

- Ou est-elle ? demanda Rick sans préambule

- Castle, déglutit Kévin en s'avançant vers son ami

- Ou est Kate ! grinça-t-il effrayer

- On ne sait pas. Elle est prise en charge depuis moins d'une heure, nous attendons de ces nouvelles.

- Que s'est-il passé ?

- Beckett a réussi à réduire la liste à deux suspects. Sur ces ordres, nous sommes allés interroger ces personnes. Elle est partie avec Sorenson

- Sans renfort ! grinça-t-il en dévisageant Espo qui venait tout juste de raccrocher

- On n'avait aucune raison de suspecter que ce David Pitt soit potentiellement dangereux. Elle devait simplement vérifier les alentours et prévenir en cas de souci

- Et ?

- On n'en sait pas plus. Tout ce que je peux te dire, c'est que Sorenson a pris une balle au bras gauche avant d'abattre ce fils de pute. Ils ont retrouvé le gamin en vie.

- Et Beckett ?

- Il y a une lutte entre elle et ce fils de pute pour le désarmer …sa tête à frapper violement du parpaing. Elle aurait perdu connaissance.

- Je….combien de temps., balbutia-t-il qui savait pertinemment qu'une perte de connaissance n'était guère bon et encore plus avec ces antécédents.

- Plusieurs minutes, Ryan estime à….

Avant qu'il puisse terminer sa phrase, il vit Rick se retourner pour aller vider l'intégralité de son estomac dans la première poubelle qu'il trouva dans un coin.

Perte de connaissance ? Voulait-il dire qu'elle était de nouveau dans le coma ? Il n'arrivait plus à penser correctement, son estomac se soulevait encore et encore. Le front perlé de sueur, il sentait ses jambes se dérober sous lui.

Comment la vie pouvait-elle être aussi injuste ? Comment pouvait-on lui retirer à nouveau l'amour de sa vie ?

Elle avait perdu connaissance….plusieurs minutes. Tous les scénarios les plus horribles lui trottaient en tête et ne faisaient qu'augmenter son mal être.

Il ne sut depuis combien de temps, il resta là à vider son estomac dans cette salle d'attente sous les yeux désolés de ses amis, mais il sortit de sa détresse par la voix d'un médecin qu'il connaissait bien trop à son gout.

- Famille de Katherine Castle ?

- Là….je suis là, inspira douloureusement Rick en se relevant

- Mr Castle , bonjour

- Docteur Shepherd. Comment va Kate ?

XXXXX

Quelques minutes, plus tôt

Sa tête lui faisait un mal de chien, elle avait l'impression d'être dans un étau. Fermant les yeux face à la lumière des spots au-dessus d'elle, elle écoutait attentivement les directives du médecin en ayant un désagréable goût en bouche.

- Mme Castle, vous m'entendez ?

- Hum, gémit-elle

- Savez-vous où vous êtes ? Pouvez-vous ouvrir les yeux ?

Grimaçant de douleur, elle ouvrit à nouveau les yeux pour observer les environs avant de répondre faiblement :

- Hôpital

- ….Savez-vous pourquoi vous êtes ici ?

Fermant les yeux à nouveau à sa question, Kate tenta de se concentrer en se remémorant ses derniers souvenirs.

Flashback :

- On devrait appeler des renforts, suggéra-t-elle en observant son suspect entré dans un entrepôt.

- Je n'arrive toujours pas à croire que tu as réussi à tomber sur lui avec toutes ces adresses postales, en aussi peu de temps, grinça Sorenson en vérifiant son arme

- Castle m'a aidé, mentit à moitié Beckett qui n'avait pas le cœur d'avouer qu'elle avait sans doute transgresser une dizaine de lois fédérales en pénétrant dans l'ordinateur du FBI.

L'entrepôt en face d'elle était délabrée et loin de toute civilisation. David Pitt, homme caucasien de 40 ans avait vécu dans des foyers depuis sa plus tendre enfance après que sa mère l'ai abandonné dans un parc publique. Ce passé combiné avec ses achats de pyjama en faisait selon Kate, le suspect numéro 1, et à cet instant, en observant les lieux en face d'elle , son instinct lui dictait d'appeler les renforts pour une intervention soignée et réglementée.

- Allez, on y va, soupira Will qui avait du mal à digérer que cet écravillon est résolu cette affaire en trois jours alors que lui…..y bossait depuis des mois.

- Will appelle les renforts, on ne sait pas s'il est armé ou s'il est seul

- Il y a un môme à l'intérieur de cet entrepôt, il est hors de question que j'attende une seconde plus. J'appelle les renforts mais j'y vais avec ou sans toi, ensuite.

Et sans lui laisser le temps de répliquer, il sortit du SUV son téléphone à la main pour prévenir la cavalerie alors que Kate observait les lieux avec hésitation.

Que lui arrivait-elle ? Elle n'avait jamais hésité à aller au-devant d'une situation précaire avant …surtout si la vie d'un enfant était en jeu…pourtant aujourd'hui, elle hésitait. La promesse qu'elle avait fait à sa fille ce matin lui trottait sans cesse en tête

« Je serais là pour te donner le bain…..promis »

Fermant les yeux, quelques secondes, elle sentit son cœur se serrer, ses mains tremblées à l'idée de ne pas pouvoir honorer cette promesse. Comme prise de panique, elle inspira lourdement en se chuchotant :

- Du calme…..ce n'est rien.

Elle n'avait jamais eu aussi peur avant une interpellation, comme si son corps, sa tète tentait de lui faire comprendre quelque chose dont elle se souvenait pas. Ouvrant à nouveau les yeux, elle vit Will enfiler son gilet et sentit une affreuse douleur sur sa poitrine entre ses deux monts.

Comme un stigmate de sa vie passé, sa cicatrice dont elle avait encore du mal à observer, lui brulait la peau. Inspirant, elle se frotta les mains sur son jean et sursauta à l'ouverture de la porte :

- Tu viens ou j'y vais seul ?

Hésitante encore sur la marche à suivre, elle inspira en sentant son ventre se noué et sortie de la voiture pour enfiler à son tour son gilet par balle.

Fin du Flashback.

- Mme Castle ? Savez-vous pourquoi vous êtes ici ? répéta doucement le Dr Sheperd, en étudiant de près cette patiente qu'il connaissait bien trop à son gout.

- J'étais sur une intervention, dit-elle d'une voix rauque. Kyle….comment va-t-il ? IL était menotté et….

- L'enfant va bien, la coupa-t-il en la sentant paniquer. Il va bien, grâce à vous et votre équipier. Le petit Kyle va bien.

- Je..bien, déglutit-elle en fermant les yeux.

- Avez-vous mal quelque part ?

- La tête…j'ai mal à ma tête.

- D'après votre partenaire, le suspect que vous souhaitiez interpeller vous a malmené contre un mur. Votre tête à taper violement plusieurs fois du parpaing

- Je m'en souviens, grimaça-t-elle en se remémorant, les mains fortes et robustes de son assaillant sur elle qui tentait de l'étouffer tout en l'assommant. Que s'est-il passé ?

- Eh bien …

- Will ? est-ce que l'agent Sorenson va bien ? S'inquiéta-t-elle d'un coup, en se souvenant du coup de feu qui avait terrassé au sol son ex petit-ami

- Il est en chirurgie pour le moment. La balle a touché son bras.

- Et….Castle…ou est mon mari ? soupira-t-elle douloureusement en grimaçant face à la douleur.

- Mme Castle, dans la lutte avec votre suspect, vous avez perdu connaissance. D'après les renforts, votre inconscience a duré plusieurs minutes.

- Je ne comprends pas, murmura-t-elle

- Vous avez une légère commotion cérébrale et plusieurs ecchymoses sur le corps, elles sont surtout localisées sur votre cou mais…rien de grave , mais aux vues de vos antécédents, je préférais faire un bilan plus pousser.

- Quel bilan ?

- Juste quelques questions et la vérification de vos pupilles. L'infirmière va vous administrer un antalgique pour votre douleur.

- Bien….ok ….

XXXXX

- Comment va ma femme ? répéta terrifier Rick

- Elle va bien , le rassura aussitôt le médecin. Elle a été inconsciente plusieurs minutes et…

- Combien de temps ?

- Douze minutes, répondit honteusement Ryan qui sortit de sa retraite

- Tu..tu étais là ? s'enragea Rick qui ne comprenait plus rien

- Sorenson a appelé les renforts avant l'interpellation. Avec Anderson , on n'était pas très loin, on s'est donc dirigé vers l'entrepôt. Quand je suis arrivé sur place, tout a été si vite que….eh bien….

- Ryan que s'est-il passé dans ce foutu hangar ! s'impatienta Castle en le bousculant légèrement.

- Sorenson était à terre avec une balle dans le bras et inconscient, quand à Beckett….elle luttait contre ce forcené mais le temps que je n'arrive à son secours avec Anderson, sa tête à heurté violement un mur et elle s'est écroulée. On a interpellé ce fils de pute et nous avons donné l'alerte pour les premiers secours. Douze minutes, elle est restée douze minutes inconscientes, déglutit-il douloureusement en culpabilisant de n'être pas venu avec elle.

Fermant les yeux quelques secondes, Rick se demanda quelles répercussions pouvaient engendrer douze minutes d'inconscience. Le médecin lui affirmait qu'elle allait bien mais elle allait bien aussi avec huit ans de vie perdue. Le ventre noué, les poings serrés en attendant la sentence, il rouvrit ses yeux avant que les nouvelles du docteur ne le figent une nouvelle fois sur place.

XXXXX

- Comment va la douleur, Mme Castle ?

- Bien mieux, soupira Kate qui arrivait à mieux réfléchir depuis que son mal de tête diminuait légèrement.

- Je vais vous donner un nouvel analgésique afin d'avoir un plus large spectre sur votre douleur, il ne faut pas qu'elle ne s'installe trop.

- Ou est mon mari ? déglutit-elle , les larmes aux yeux en baissant son regard sur ses mains agrippées sur les draps.

- Je termine avec ma perfusion et je vais me renseigner, madame .

Hochant silencieusement la tête, elle tentait de retenir les larmes qui l'asseyait depuis l'interrogatoire du médecin.

Flashback :

- En quelle année sommes-nous ?

- 2019

- Bien. Pouvez- vous m'indiquer votre nom complet ?

- Katherine Hougton Beckett Castle

A son nom, le médecin releva le regard sur elle en lâchant son bloc note et l'observa silencieusement. Elle avait des bleus autour de son cou, au niveau de sa pommette avec une jolie entaille et ses cheveux étaient en bataille mais quelque chose dans son regard l'interpella. Quelque chose était différent et il ne savait pas encore quoi.

- Mme Castle, me reconnaissez-vous ?

- Hum….. vous êtes mon neurologue depuis mon réveil

- Bien

- Et, je…..je…., balbutia-t-elle en le dévisageant, comme si sa question l'interpellait

- Oui ?

Fermant les yeux en sentant la panique l'envahir, elle se sentit suffoquer devant le flot de souvenir qu'elle avait en tête. Tout lui revenait comme dans un boomerang sans vraiment avoir une chronologie : elle se voyait enceinte, ou capitaine, avec Castle ….tout revenait ou du moins c'est ce qu'elle pensait quand elle se figea en pleurs face au souvenir de ce camion qui la heurta…et là…. Le néant. Un trou noir sans fond.

- Doucement, doucement, tenta le médecin. On va lui administrer un décontractant et….

- Non, gémit-elle paniquer, les yeux clos, le ventre noué et effrayer comme jamais

- Kate vous tachycardé, votre cœur s'emballe ce qui monte votre tension avec votre commotion cérébrale, je…

- J'ai dit non, grinça-t-elle en pleurs en comprenant enfin ou le médecin souhaitait en venir avec son interrogatoire. Je veux mon mari…. Je veux Rick.

XXXXXXX

- Comment ça elle se souvient ?

- Elle a des brides de son passé. Je n'ai pas pu éclaircir tous ses points avec elle, elle panique et…

- Pourquoi ? s'inquiéta-t-il

- Votre femme se souvient de son accident, de sa vie d'avant, c'est comme si elle venait de se réveiller dans un endroit totalement inconnue pour elle . Elle a perdue deux ans de sa vie et ça la terrifie

- C'est mieux que huit, non ? marmonna Anderson avant d'être repris de voler d'une claque derrière la tête par Espo

- Hey !

- Elle vous réclame, continua le médecin en voyant son interlocuteur blêmir

- Je…oui…je… ;elle se souvient ? bafouilla Castle qui ne savait plus comment agir

- Oui, monsieur Castle, votre femme se souvient. Et avec sa commotion cérébrale, il faut que sa tension diminue, j'ai besoin de vous pour calmer ses craintes.

- Ok…je…..elle se souvient, déglutit-il en tentant d'assimiler les faits.

XXXXXXXX

Les mains tremblantes, le cœur tambourinant, elle observait sans un mot son annulaire à la main gauche dépourvu d'alliance. Elle se souvenait très clairement de ces dernières semaines, de son refus de s'approcher de Castle ou de porter sa bague de mariage.

Elle en avait la nausée, comment tout ceci pouvait-il être possible ? Comment avait-elle pu retrouver une partie de ses souvenirs ?

Fermant fermement les draps autour de ses poings, les larmes coulaient sur sa joue et son cœur se fendit face à ce qu'elle avait manqué : sa fille. Elle avait eu une adorable petite fille et elle n'en avait aucun souvenir.

Dire que dans ses souvenirs, elle redoutait son accouchement et que dorénavant elle donnerait tout pour y assister.

Il lui avait fallu des années pour abattre le mur qui protégeait son cœur afin d'être heureuse avec Rick…..des années à vouloir cet enfant et désormais, elle avait l'impression qu'on lui avait retiré ce bonheur-là. Elle ne connaitrait jamais qu'elle joie on éprouve quand on découvre pour la première fois son enfant, ou le bonheur qui vous irradie à chacune de ses prouesses ( le pot, les mots, les rires, les premiers pas…)….. Elle avait perdu deux ans…..Elle avait perdu les deux premières années de sa fille.

Suffocant, elle tenta de respirer mais les mots de son père, de Martha lui revenaient en tête et aggravait son état.

« Richard n'a pas quitté ton chevet pendant deux ans, il a été là tous les jours, il te lisait des histoires, de brossait les cheveux, te parlait…il n'a pas quitté ton chevet ».

Sanglotant silencieusement en tentant de refreiner ses palpitations cardiaques, elle se stoppa en gémissant d'appréhension au bruit de la porte. Ouvrant les yeux en reniflant, elle vit Rick entrer d'un pas prudent et hésitant, les larmes aux yeux dans sa chambre.

A cet instant, tout devint encore plus douloureux. Deux années…il l'avait entendu deux années et tout ce qu'elle lui avait apporté ensuite était de la souffrance et de l'indifférence. Elle ne méritait pas cet homme.

Avançant de quelques pas sans la lâcher du regard, le cœur de Castle se serra à la vue de sa femme dans ce lit d'hôpital. Elle était pleine d'ecchymose, son cou portait les stigmates des doigts de son assaillant et elle était en pleurs, mais quelque chose dans son regard lui retourna l'estomac, le bouleversa comme jamais…il y avait cette étincelle…cet éclair qui ne brillait que pour lui…cet éclair qu'il avait prié pendant deux années et qu'il avait perdu à son réveil.

Les mains tremblantes, il déglutit avant de chuchoter d'une voix rauque et émue légèrement intimider et effrayer:

- Hey

- Hey , renifla-t-elle en le découvrant sous un autre regard

Il avait perdu du poids, ses traits étaient plus prononcés, comme si ses deux années lui avaient infligés beaucoup plus d'années, ses épaules étaient affaissées et sa démarche était hésitante comme s'il redoutait sa réaction auprès elle. Le cœur en berne face à ce constat, elle murmura en pleurs en tendant sa main pour pouvoir le toucher :

- Je suis désolée… je suis tellement désolée

- Hey, chut….non, non, non…tu n'as pas à être désolée, s'enquit Rick en s'installant sur le lit pour la prendre dans ses bras délicatement. C'est cet idiot de Sorenson, je te jure que si je le vois , je…

- Je suis désolée de t'avoir oublier, Rick…de nous avoir oublier, rectifia-t-elle en le voyant reculer à sa tirade pour la dévisager

- Alors c'est vrai…tu te souviens ?

- Je…..oui…..je pense que oui, pleura-t-elle honteusement

- Tu….

- Je me souviens de chaque seconde, Castle. Je me souviens de chaque foutu seconde.

- Oh mon dieu…..tu te souviens, hoqueta-t-il en pleurs en la serrant tellement fort , qu'elle grimaça. Oh, désolé, désolé, s'empressa-t-il de dire en desserrant son étreinte.

- Ça va…..c'est juste que ce type à pris mon corps pour un punching-ball

Hochant simplement de la tête, il lui caressa le visage avec tellement de délicatesse et de révérence qu'elle déglutit sous ses yeux. Deux ans…..ils avaient manqué deux ans et pourtant malgré ces dernières semaines, ces derniers mois, elle entrevoyait toujours autant d'amour et de tendresse sous ses yeux.

- Tu te souviens, déglutit-il en ayant encore du mal à y croire et en observant sa femme d'un nouvel œil.

- Oui….et je suis….

- Arrête de t'excuser…mon dieu, Kate…..tu es revenue, tu m'es revenu, pleura-t-il en posant son front contre le sien.

Doucement, il huma cette odeur de cerise en se délectant de chaque respiration, chaque souffle de sa femme. Il se revoyait encore entrain de signer l'arrêt des soins, se revoyait encore dans ce couloir à son réveil…et après plus de deux mois et demi de souffrance, elle était revenue vers lui.

Tendrement, il inspira avant de déposer ses lèvres sur les siennes. Avec une infinie lenteur, il retraça la courbure de sa bouche avant de sourire et de lui murmurer en sanglotant :

- Vous m'avez manqué Mme Castle

- Tu m'as manqué aussi, Rick. Tellement.

XXXXXX

Enlacer dans ses bras , elle pleurait silencieusement. Elle se sentait démunie face à la situation, elle avait l'impression de se réveiller une nouvelle fois et devait faire face à tous ses nouveaux changements.

Inspirant en sentant la main douce et affectueuse de Castle lui caresser le dos pour atténuer sa douleur, elle l'entendit lui murmurer à l'oreille :

- Dis-moi ce qui te tracasse

- Tout

- Kate, tout va bien se passer

- Comment ? sanglota-t-elle en relevant ses yeux démunis sur lui pour le voir en pleurs lui aussi

- Parce que tu es là…..et je suis là

- Rick…..j'ai l'impression de….de….

- Dis-moi

- J'ai une fille…..et je m'en souviens pas.

- Tu ne te souviens pas de Lily, s'angoissa-t-il en se faisant la réflexion qu'il ne savait toujours pas où se situait sa mémoire

- Je ne me souviens pas d'avoir accoucher, de ses premiers mots, de ses premiers pas….je suis une mère affreuse

- Ne dis pas ça. Tu es extraordinaire

- Pff

- Kate, quand tu t'es réveillée, tu ne te souvenais pas de nous ou de cet enfant que nous avions conçu et pourtant contre toute attente, tu l'as acceptée et tu l'as aimée au premier regard. Tu as été extrêmement courageuse

- Et égoïste, ajouta-t-elle en se remémorant ses agissements envers lui

- Non, tu avais peur…..

- Castle

- C'est humain, Kate…..et dois-je te rappeler que dernièrement malgré ses réticences ou tes appréhensions, tu avais décidé de « sauter » et autant dire que cette Kate là, n'a pas mis quatre ans avant de succomber, la taquina-t-il pour tenter de la faire sourire

- Idiot, soupira-t-elle en s'essuyant du revers de la main sa joue. Si tu y tiens tant à cette Kate là, je peux facilement me cogner la tête.

- Et bien…..

Aux yeux noirs et triste qu'elle lui lança, il lui sourit avant de l'embrasser tendrement sur la tête :

- Trop tôt pour en plaisanter ?

- Définitivement trop tôt

- D'accord, acquiesça-t-il en savourant d'avoir à nouveau sa femme dans ses bras.

XXXXXX

- On aurait dû rester à l'hôpital, bougonna Rick dans l'ascenseur qui les menait au loft en scrutant Kate sur tous les angles depuis son arrivé à l'hôpital

- C'est bon, ce n'est qu'une légère commotion cérébrale

- Légère ? ça a dû frapper drôlement fort pour te faire perdre connaissance et te remémorer ses huit dernières années

- Disons que ça m'a remis les idées en place, soupira-t-elle fatiguer

- Kate…

- Surveillance pupillaire toutes les 3 heures, en cas de vomissements, vertiges ou nausées, on retourne à l'hôpital, mais à moins d'avoir un de ses symptômes, je vais rentrer chez moi, et…..et, déglutit-elle les larmes aux yeux sous le regard intrigué de Rick

- Et quoi ?

- Et je vais donner le bain à Lily, je lui l'ai promis….mon dieu, hier j'étais enceinte et aujourd'hui, je donne un bain à une fillette de deux ans , s'angoissa Beckett, la boule au ventre, les mains tremblantes comme si elle allait de nouveau redécouvrir sa fille.

- Kate….

- Ne me dis pas que ça va aller, Castle….parce que…Parce que ce n'est pas vrai, déglutit-elle en posant son front sur la porte du loft en inspirant plusieurs fois. Ce n'était pas censé être ainsi, je devais être présente…j'étais supposé être là…et maintenant…..j'ai perdu deux ans. Alors ne me dis pas que ça va bien se passer.

Démuni devant la détresse de sa femme, il baissa la tête avant de s'avancer vers elle et de déposer sa main entre ses deux omoplates et doucement il lui chuchota :

- Tu as tord….tout ira bien. On trouvera la solution comme Toujours.

Le visage ravagé par les larmes, elle se retourna pour contempler celui qui ce matin n'était à ses yeux que son petit-ami. Après plus de deux ans à l'attendre, il méritait tellement plus qu'une crise de conscience ou d'angoisse. Il méritait tellement plus que ce qu'elle avait pu lui donner alors doucement, elle se rapprocha de lui et sourit en sentant son souffle sur son visage.

- Kate, chuchota-t-il, le cœur tambourinant en observant avec amour ces iris verte le contempler comme autrefois.

- Je suis…..

- Ne dis pas que tu es désolée, tu….

- Ok….alors…je vais simplement te dire ce que j'aurai du te dire à mon réveil…Je t'aime Rick…Je t'aime chéri.

Et juste avec ces quelques mots, avec ce regard et son sourire malgré ses peurs, il sentit tous ces maux s'envolés. Malgré les pleurs, les doutes , les cris, il savait que quoi qu'il arrive, quoi qu'il advienne, sa femme était de nouveau avec lui…..après plus de deux ans…Kate était revenue….Sa Kate.

- Je t'aime aussi Mme Castle.


billy1  (03.02.2019 à 17:52)

Chapitre 18 .



Agenouillée près de la baignoire, Kate observait les larmes aux yeux, sa fille s'amuser avec des jouets pour le bain. Les cheveux trempés, le sourire aux lèvres, Lily déversait de l'eau d'un verre à l'autre en fronçant les sourcils ce qui amusa et attrista Beckett en même temps.

Elle n'aurait su dire à cet instant ce qu'elle pouvait ressentir. C'était comme si elle était bloquée dans une sorte de cauchemar. Elle ne comprenait pas trop cette réaction. Elle était réveillée depuis plus de deux mois, elle avait appris à vivre avec cette nouvelle vie, elle avait déjà pleuré pour toutes ces années perdues, pourtant, aujourd'hui , elle avait l'impression de retourner sur ces pas.

Aujourd'hui était différent, car aujourd'hui, elle savait ce qu'elle avait perdu. La gorge nouée par l'émotion, elle se demandait comment combler cette douleur qu'elle ressentait au fond de son cœur.

Elle avait envie d'hurler, de crier à cette injustice, elle avait l'impression qu'on lui avait volé ce qu'elle désirait le plus : voir grandir son enfant.

Celle qui avait appréhendé pendant des années cette maternité, c'était peu à peu ouverte à cette idée grâce à l'amour de son mari. Elle avait désiré Lily comme jamais et aujourd'hui, devant cette baignoire, elle se lamentait en se demandant tout ce qu'elle avait raté.

Mordillant sa lèvre inférieure pour tenter de retenir ses larmes, elle inspira douloureusement en sentant la présence de Rick derrière elle qui devait certainement l'observer de loin.

Pour lui aussi le retour avait été un yoyo émotionnel. Il était heureux, plus que ravi même, de retrouver sa femme. De pouvoir enfin montrer toute l'étendue de son amour sans avoir peur de l'effrayer, mais en même temps il était chagriné par sa détresse. Il n'aimait pas la voir souffrir et se débattre et il se sentait impuissant devant la situation.

Quand ils étaient revenus au loft, il avait dû jongler avec les questions d'Alexis et de sa mère tout en contemplant nerveusement les réactions de Kate près de Lily ou même des siens.

Beckett l'avait contemplé comme si s'était la première fois. Il pouvait lire dans son regard, dans ses gestes combien elle était fière et heureuse mais en même temps combien tout ceci était difficile pour elle.

Après un temps bien trop long selon lui de retrouvailles, il avait suggéré à Lily d'aller prendre son bain afin de laisser à Kate, un peu plus d'intimité avec sa fille.

Ses interactions avec Alexis avaient aussi chamboulé son cœur. Voir sa femme serrée de toutes ses forces sa fille en lui murmurant qu'elle était soulagée qu'elle allait bien avait fait sangloter la jeune rouquine qui culpabilisait depuis bien trop longtemps de cette situation.

On était bien loin de cette joie presque insouciante d'il y a quelques heures , quand Kate avait quitté le loft le sourire aux lèvres mais la mémoire en berne.

Alors ce soir, le cœur serré, il observait sa femme se débattre avec ses émotions tout en s'occupant de Lily.

- Maman, plouf ! s'extasia la petite Castle en tapant dans l'eau ce qui éclaboussa Beckett

- Oui, plouf, mon cœur, sourit tendrement Kate en lui caressant la joue, émerveiller par toute sa beauté naturelle.

- Encore ?

- Encore, acquiesça-t-elle en observant sa fille s'amuser dans son bain avec toute l'innocence du monde.

Mouiller sur tout son chemisier, Beckett contempla encore quelques minutes Lily avant de la sortir du bain pour la sécher et la mettre en pyjama. Levant le regard sur Rick qui n'avait pas bougé d'une semelle, elle lui murmura :

- Observer est toujours aussi flippant , Castle

- Hum….mais ô combien plaisant. Je crois que je ne me lasserais jamais de vous voir interagir ensemble

- Hum, déglutit Kate en pensant à ces deux dernières années

- Et te contempler dans ce chemisier trempé est un régal pour mes yeux, sourit-il en la voyant repartir dans ses songes en espérant lui rendre son sourire. 

Levant le regard à son insinuation, elle l'observa quelques secondes puis se sécha d'une serviette sans réellement relever ses propos ce qui intrigua Rick. Avançant doucement de peur de l'effrayer, il lui chuchota alors qu'elle habillait Lily, les larmes aux yeux :

- J'ai dit quelque chose de mal ?

- Non…c'est juste que…je me rends compte qu'il y a des choses dont on n'a pas réellement discuté depuis mon réveil

- Des choses ? comme quoi ?

- Des choses, répéta-t-elle, la boule au ventre en lui montrant du regard Lily

Fronçant les sourcils sur cette discussion qu'elle ne souhaitait apparemment pas avoir devant leur enfant, Rick se tut et se demanda ce qui pouvait traverser l'esprit de Beckett.

De quelles choses n'avaient-ils pas parlé ? Il lui avait seulement fait une de ces insinuations sexuelles dont il avait l'habitude depuis leur rencontre, il ne comprenait pas pourquoi elle semblait sur la défensive et apeurée.

Après plusieurs minutes à tergiverser et à réfléchir sur le sujet de discussion qui pouvait embêter sa femme, il la vit se lever avec Lily dans ses bras pour partir dans sa chambre pour lui lire son histoire du soir et la coucher .

La contemplant passer devant elle , le regard au sol, il lui attrapa délicatement le coude pour la stopper dans son élan et lui murmura :

- Dis-moi

- Pas devant Lily, déglutit-elle en tentant de lui sourire sans vraiment faire son effet.

Hochant simplement de la tête, il la relâcha et lui indiqua qu'il l'attendait en bas pour la laisser en tête à tête avec la jeune Castle.

XXXXXXXXX

- La princesse et le prince vivèrent heureux et eurent beaucoup d'enfants, termina toute souriante Kate en apercevant sa fille, le doudou serré contre elle et les yeux clos.

Tendrement elle lui caressa la joue en lui embrassant le front. Elle n'arrivait pas à se lasser de la toucher, la caresser ou de la humer. Comme si quelque part, elle avait peur de l'oublier une seconde fois.

Les yeux rougis, elle resta près d'elle plusieurs minutes à profiter de cet instant-là avant de descendre et de rejoindre Rick.

XXXXXXXX

Debout en train de faire les cent pas, Rick attendait patiemment le retour de Kate.

Il était entrain de passer par différents états, tantôt heureux, tantôt anxieux, tantôt craintif. Il ne savait plus comment agir et quoi penser.

Kate semblait bien mais néanmoins préoccupée, il ne pouvait pas la blâmer mais il n'arrivait pas à savoir ce que lui ressentait à cet instant.

Depuis son réveil, il avait prié pour que sa mémoire revienne, pourtant depuis quelques jours, il s'était fait à l'idée de recommencer une nouvelle histoire avec sa femme. Ce matin avait même été magique mais ce soir…ce soir, il ne savait pas quoi penser.

Elle souhaitait parler et semblait sur la défensive, alors anxieusement, il rangeait tout ce qui lui passait sous la main en tentant de ne pas laisser son imagination prendre le dessus sur ses angoisses.

XXXXXX

Elle l'observait s'affairer à ranger chaque millimètre du salon. Les larmes aux yeux, elle contemplait celui qu'elle avait repoussé de toutes ses forces depuis son réveil. Elle se rappelait des mots qu'elle lui avait adressé, de son refus de vivre avec lui ou même de porter son nom, comme si quelque part être assimiler à cet homme merveilleux était une honte.

La boule au ventre, elle se demandait comment elle pouvait le mériter. Il ne l'avait pas laisser, à aucune des étapes et désormais, alors qu'elle avait retrouvé la mémoire, il prenait encore sur lui pour lui donner le temps et l'espace qu'elle réclamait.

Non, elle ne méritait pas autant d'amour, pas après les mois qu'elle venait de lui faire vivre. Mais…aujourd'hui, elle se souvenait, …..de lui….d'eux….de cette chimie qui existait entre eux.

Alors doucement, elle descendit les escaliers et sans vouloir l'effrayer, elle l'interpella d'une voix fragile mais ô combien amoureuse :

- Hey, toi.

L'entendre stoppa net les actions de Rick, le cœur gonflé à bloque mais anxieux, il se retourna pour la voir en larmes mais le sourire aux lèvres.

- Hey…..tout va bien ?

- Oui, Lily dort, assura-t-elle en s'approchant plus près pour le contempler.

Comment avait-elle pu l'oublier ? Lui qui avait été une ancre dans sa vie depuis son arrivée ? Comment avait-elle pu oublier la meilleure partie de sa vie ?

- Et ta tête ? des douleurs ? des nausées ou…..

- Tout va bien…promis, ajouta-t-elle en le voyant froncer des sourcils comme pour juger de la véracité de ces dires.

- Ok. Je…..tu veux peut-être te reposer ? ou je pourrais te faire couler un bain et….

- Castle

- Sinon, on pourrait manger et…..

- Rick, le coupa-t-elle plus franchement cette fois-ci en lui agrippant le devant de sa chemise sans le lâcher du regard

- Oui ? déglutit-il devant son regard de jade.

- Je…merci, murmura-t-elle la voix rauque. Merci.

- De rien….mais..heu pourquoi exactement me remercies-tu ?

- Pour être toi…pour avoir cru en moi, en nous quand personne n'y croyais plus…même moi, avoua-t-elle péniblement. Merci de ne pas avoir perdu l'espoir.

Elle connaissait l'histoire de son coma. Lanie lui avait tout raconté, il y a quelques semaines. Comment Castle ne l'avait pas quitté. Avec quel acharnement, il avait résisté aux assauts des médecins, de leurs amis et même de son père.

Elle ne pouvait pas les blâmer d'avoir perdu l'espoir. Deux ans de coma…..qui aurait pu se réveiller de ça ? Pourtant, Rick l'avait fait…il avait eu foi en elle, il ne l'avait pas abandonné.

Ce jour-là quand Lanie lui avait conté toutes les attentions que son mari avait eu envers elle durant son coma, son cœur s'était gonflé d'amour pour cet homme mais ce soir….ce soir, il se serrait. Ce soir, elle pouvait difficilement imaginer la terreur, l'angoisse et la solitude qu'il avait dû traversé en l'accompagnant, la veillant chaque jour tout en élevant encore une nouvelle fois seule, sa fille….leur fille.

Elle ne savait pas si elle aurait eu le même courage, la même abnégation envers lui mais elle espérait pouvoir traverser cette nouvelle épreuve à ces côtés en s'en relevant encore plus fort.

Agripper à sa chemise, le visage ravagé par les larmes, elle le vit déglutir devant ses mots et baisser son regard comme honteusement avant de chuchoter :

- J'ai abandonné Kate

- Quoi ? non, tu…

- J'ai arrêté tes soins, avoua-t-il douloureusement en se souvenant de ce jour où il avait signé l'arrêt thérapeutique.

- Castle, tu…..

- J'ai signé…..je…je ne savais plus quoi faire, sanglota-t-il en avouant enfin ce pan douloureux de leur vie. Lily avait besoin de moi….tout le monde me disait que je n'étais pas assez présent pour elle et…..quand ton père est venu me voir en me demandant de laisser sa petite fille partir…je….je nous ai abandonné. Je ne savais plus quoi faire et Jim......ton père souhaitait juste que tu trouves la paix....alors j'ai signé...je t'ai abandonné et....

- Jamais, le coupa-t-elle anéantit par sa détresse. Tu m'entends, jamais…tu as été là pour moi , pour Lily pendant plus de deux ans, Rick. Tu ne m'as pas abandonné, au contraire….tu as été toujours là. Je ne connais personne qui aurait fait ce que tu as fait. Tu es exceptionnel Rick Castle…. alors merci…merci de t'être battu pour moi, pour nous, déclara-t-elle avec tant de conviction dans le regard, dans la voix que son mari hocha simplement de la tête toujours en pleurs avant qu'elle ne dépose ses lèvres sur les siennes comme pour apaiser ses maux. 

Le baiser était doux mais ô combien significatif après tout ce qu'ils venaient de traverser. Dans les bras l'un de l'autre, ils s'agrippèrent à chaque bout de cher qu'ils pouvaient, comme si quelque part, ils étaient terrifiés à l'idée de se perdre à nouveau.

Leurs bouches bougèrent dans une même synchronisation comme une douce mélodie. D'un pas en avant, elle bouscula légèrement le corps de son mari pour qu'il recule. Souriant devant les intentions non dévoilées de sa femme, Rick se laissa faire jusqu'à trébucher sur le fauteuil du salon.

Sans jamais lâcher son étreinte, Kate le surplomba avant de s'installer en califourchon sur lui. Ses mains étaient partout sur lui, sa bouche le caressait inlassablement et doucement… très doucement, elle murmura entre deux baisers :

- Je t'aime.

Au son de la voix de sa femme, Castle ne retint pas ses larmes. Deux années….il lui aura fallu attendre deux ans, pour connaitre une nouvelle fois le bonheur d'avoir Kate Beckett dans ses bras… corps et âme.

Il savait que toutes les blessures ne guériraient pas comme ça. Elle avait manqué les deux premières années de sa fille, il avait manqué deux années avec elle ….mais à cet instant avec son corps enveloppé contre le sien, sa langue dansant avec la sienne, son souffle se mélangeant au sien, il sut que rien ne pourrait leur résister.

- Je t'aime aussi….tellement, avoua-t-il ému en posant ses mains sur ses hanches tout en frissonnant en sentant sa peau contre la sienne.

Pleurant tout en souriant, elle ondula du bassin contre le sien et accentua le rythme du baiser. Elle avait soif de lui, envie de lui au-delà des mots ou de la raison. Elle avait besoin de se sentir vivante dans ses bras.

Frissonnante et haletante, Kate entendit Castle gémir contre elle et murmura sur un ton rauque :

- J'ai envie de toi….j'ai besoin de toi, Rick.

A ces mots, il remonta ses mains de ses hanches à ses omoplates en savourant chaque grain de peau dévoilé, chaque caresse sur elle. Il comprenait ce besoin qu'elle ressentait…lui aussi avait une telle envie d'elle qu'il pensait ne plus pouvoir tenir le tempo. Son érection était douloureuse et ô combien impressionnante contre le pubis de sa femme, mais les dernières heures lui revinrent en tête et comme une sonnette d'alarme, il ralentit le baiser avant de lui chuchoter contre les lèvres :

- Tu as besoin de repos

- J'ai seulement besoin de toi

- Kate….tu as une commotion cérébrale. Le médecin a dit aucun exercice intense pendant 48 heures.

- Je vais bien , ronchonna-t-elle en le serrant un peu plus contre elle en ramenant son visage près d'elle.

- Pas moi, soupira-t-il en s'éloignant d'elle pour la voir froncer des sourcils à ces dires.

Tendrement, il lui caressa la joue en chassant au loin les stigmates de ses pleurs et la contemplant amoureusement. Elle était tellement belle, enlacée entre ses bras. Ses cheveux tombant de part et d'autres de ses épaules, avec ces yeux…..ses yeux qui la regardaient avec tant d'amour et de dévotion qu'il sentit son estomac se tordre face au souvenir de ses dernières semaines.

Il n'arrivait toujours pas à croire qu'elle se souvenait….Que sa femme était belle et bien de retour. Perdue dans ses pensées, il en sortie par la voix de soucieuse de Kate :

- Tu ne vas pas bien ? tu es blessé ou….

- Non….non.. je ne veux juste pas risquer ton rétablissement avec un câlin.

- Tu ne risques rien et…

- Kate, ta tête a frappé fort. Je ne suis pas à quelques jours près.

Déglutissant devant son regard, Beckett hocha de la tête et avoua timidement :

- Deux ans c'est long

A sa remarque, il l'observa et comprit son attention. Elle souhaitait simplement lui apporter le réconfort et la promesse qu'elle lui avait fait dans la matinée. Seulement , les choses avaient changé, il n'avait plus dans les bras Beckett mais Kate, sa femme, et il ne souhaitait pas qu'elle fasse passer ses besoins avant les siens surtout quand ceux-ci rimaient avec son rétablissement, alors comme à son habitude, il tenta par ses mots à apaiser ses craintes :

- Tu sais ce qui m'a le plus manqué pendant ses deux ans ?

- Non, chuchota-t-elle timidement sans le lâcher du regard.

- Toi. Toi toute entière. Ce qui m'a manqué c'est la façon avec laquelle tu poses ton regard sur le mien, la façon avec laquelle tu interagis avec moi, ou comme d'une simple caresse , d'un simple geste tu calmes tous mes maux. J'ai tellement prié pour t'entendre rire une nouvelle fois ou simplement me crier dessus

- Je ne te cries pas dessus

- Tu oublies toutes les fois où je t'exaspère

- Oh, non crois-moi, je ne l'oublis pas mais je ne te cries pas dessus

- Ou toutes les fois ou je te fais crier en te faisant venir, ajouta-t-il taquin en la voyant sourire avant qu'elle ne lui tape l'épaule gentiment

- Idiot

- Tu vois, tu ne le dément même pas.....c'est ça qui m'a manqué….toi et moi au quotidien. Et même si l'envie de te faire l'amour, d'embrasser chaque parcelle de ton corps ou de sentir ta peau contre la mienne en devient douloureux…je préfère mille fois être là avec toi.

- Castle, on peut…

- Je veux juste être là avec toi. Passer ma nuit enlacer avec toi et me réveiller demain matin auprès de ma femme et de ma fille. J'ai besoin que tu ailles bien, Kate…..alors les câlins attendront le temps que ta tête guérisse.

Prenant en considération chacune des paroles, elle déposa chastement un baiser sur ses lèvres avant de se blottir contre lui et de lui chuchoter contre son oreille :

- D'accord, mon cœur.

XXXXXXXX

Enlacer l'un contre l'autre dans leur lit, Kate sentait ses paupières se fermer et le sommeil l'emporter. Il était trois heures du matin et Rick venait tout juste de la réveiller pour vérifier sa conscience, ses pupilles et une éventuelle douleur.

Elle se sentait tellement bien dans ses bras, une jambe par-dessus les siennes, et le visage calé contre son torse.

Rick, lui, lui caressait tendrement le dos en redoutant l'arrivée du matin. Il était terrifié à l'idée que sa commotion cérébrale ne soit le déclencheur de sa levée d'amnésie et que dans quelques heures, elle ne l'oublie une nouvelle fois. Alors, sans lui avouer son angoisse, il profitait de chacune des secondes qui lui étaient octroyés pour la choyer, la contempler et l'aimer.

- Je préfère quand tu joues au docteur avec ta blouse et ton stéthoscope, bailla Beckett en sentant que Rick se perdait sans ses pensées.

Elle n'était pas dupe et elle le connaissait suffisamment pour savoir à quoi il réfléchissait, il n'avait pas fermé l’œil de la nuit pour s'occuper d'elle.  Et elle n'osait pas lui dire que ses angoisses étaient aussi les siennes. Et si demain matin ou dans quelques jours, elle ne se souvenait plus de lui ou de Lily? Et si cette parenthèse, cette bulle qu'ils venaient de créer allait de nouveau exploser?

Elle était terrifiée. Malgré les mots rassurant de son neurologue qui lui avait assuré que la mémoire ne s'effaçait pas ainsi, qu'elle avait subi un traumatisme qui avait enclenché ses souvenirs, elle en restait tout de même méfiante et sur ses gardes.

- Moi aussi, crois-moi…neurologue ce n'est pas très sexy, murmura Rick en déposant un baiser sur son front

- Je ne sais pas, Castle…..dans mes souvenirs, ce n'est pas vraiment ta spécialité qui me fait venir.

- Tu es…diabolique, rit Rick à sa répartie en resserrant sa prise sur elle pour humer sa délicieuse odeur de cerise.

Souriant tous les deux à la légèreté de leurs échanges, ils se laissèrent emporter par ce moment hors du temps. Kate caressait paresseusement le torse de Castle en effectuant des arabesques alors que son mari lui profitait de chaque seconde à ses côtés.

- Tu sais, déglutit Beckett, plusieurs minutes après, le jour où je me suis réveillée , je n'ai jamais été aussi paniqué dans ma vie.

- Je sais….tu étais sous le choc, murmura Rick en repensant douloureusement à l'instant ou ses yeux s'étaient posés sur les siens avec une indifférence totale.

- Tu l'étais aussi…et j'ai été tellement odieuse avec toi

- N'importe qui aurait réagit de cette façon en apprenant qu'elle était mariée et mère de famille.

- Oui….mais, c'est nous, ….c'est toi, ajouta-t-elle en relevant le visage pour tomber sur son regard peiné. Ma tête et mon cœur m'ont trahi…t'ont trahi et…..

- Kate, ton cœur ne m'a jamais trahi, sourit Rick en comprenant qu'elle tentait de faire ses excuses.

- Mais…

- J'étais cet idiot d'écrivain playboy à tes yeux et pourtant tu as tout de même accepté de venir vivre avec moi et Lily

- Après que mon père m'est réprimandée comme une enfant de 5 ans

- Réprimande ou pas, personne n'oblige Kate Beckett a faire quelque chose qu'elle ne souhaite pas

- Oui mais…

- Quand cet idiot de Sorenson t'a fait des avances, tu l'as repoussé, pourtant c'était le souvenir stable que ta tête avait, grimaça-t-il à cette idée. Mais ton cœur …..ton cœur est resté fidèle à moi.

- C'est vrai, sourit-elle à son explication

- D'ailleurs, tu ne m'avais jamais dit que tu avais remis le couvert avec Mr Muscle

- Sérieux ? tu es jaloux d'une histoire de plus de dix ans ? Il y a prescription depuis, rit Beckett devant son air contrarié. En plus, cela n'a durée que quelques semaines. 

- Eh ben, quand la dite histoire était ton seul souvenir, je ne peux que m'inquiéter sur mes performances ou…..

- Castle, ce que toi et moi avons c'est magique. Ce que Will et moi avions ce n'était que du sexe et…..

- Ne me parle pas de Will et toi, j'ai toutes ces images en tête et…

- Et il ne t'arrive pas à la cheville.

- Il…pas à ma cheville ? sourit-il heureux de cet aveu

- Jamais. Tu es ….je n'ai pas de mots pour te dire à quel point je t'aime….tu es mon monde Rick…sans toi , je ne suis rien. J'ai besoin des tes mots pour me réconforter, de tes bras pour me bercer, de ton souffle pour m'apaiser, de ton corps pour m'aimer….j'ai besoin de chaque parcelle de toi….et même si ma tête avait du mal à se souvenir de toi, je savais que quelque part , qu'il me manquait quelque chose.

- Oui ? répondit-il ému par sa déclaration alors que les yeux rougis de Kate le contemplaient.

- Oui.

- Alors pourquoi as-tu l'air si triste ce soir ? ….je…j'ai l'impression que tu n'es pas heureuse d'avoir récupérer tes souvenirs, je….enfin. je veux dire…

- Lily, le coupa-t-elle en soupirant, avant de baisser son regard honteusement

- Lily ?

- J'ai tout manqué…on a enfin eu ce mini nous et….j'ai tout manqué, pleura-t-elle. Je déteste ces photos ou elle dort sur moi à l'hôpital, je déteste en avoir aucun souvenir. Ce n'est pas le genre de mère que je souhaitais être…..et…..je suis tellement en colère…..je ne pourrais jamais combler ces deux premières années.

- Non, déglutit Rick en chassant d'un revers de la main les larmes de sa femme sur sa joue, mais tu pourras être là pour elle dorénavant. Kate….j'ai vraiment cru que Lily ne te connaîtrait pas….et maintenant tu es là…..alors oui, tu n'as pas été là pour ses premiers pas, ses premiers mots mais tu serais là pour sa première lecture, la première fois qu'elle fera du vélo ou pour son premier béguin. Je préfère que tu manques deux ans de sa vie et que sa vie entière.

Aux mots de son mari qui apaisa un peu son cœur, elle inspira avant de poser ses lèvres sur les siennes. Doucement, elle retraça le contour de sa bouche avant de murmurer et d'approfondir son baiser :

- Je t'aime

- Je t'aime aussi, Mme Castle. 



 

Désolé pour le retard. Nouvel ordi arrivé. J'espère que ce chapitre vous aura plu. On arrive bientôt vers la fin de la fic. 


billy1  (20.02.2019 à 09:24)

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cinto, 15.10.2019 à 18:51

Vous voulez poser une question à Henry? RDV au sondage chez The Tudors et Régalez-vous à commenter. Merci à tous.

CastleBeck, 15.10.2019 à 22:21

Un nouveau concours d'écriture vous attend sur le quartier Castle. Merci

juju93, Avant-hier à 22:14

3ème catégorie des L d'or de The L Word : le personnage masculin (oui masculin vous avez bien lu) qui aurait mérité d'être + approfondi.

Locksley, Hier à 15:33

L'interview de bloom74, HypnoVIP, est publiée à l'Accueil ! Bonne lecture et bon après-midi !

sabby, Hier à 21:05

Hello bonsoir ! Un nouveau survivor vous attend sur S.W.A.T Bonne soirée à tous !!

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