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Monde virtuel de Castle

Pas sans toi

Créateur : billy1 
Date de création : 03.10.2018 à 17h05

Message du créateur :
Fic OCC . Que se passe-t-il quand tout ce à quoi vous vous raccrochiez a disparu?

Cet épisode compte 3 paragraphes

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Avec toi


-Je n'arrive pas à dormir la nuit

-Je ne pense pas que l'usage des médicaments soit bien utilisés dans votre cas , vous avez déjà des …

-Non, je ne veux pas de médicaments, en tout cas, pas plus que ce que j'ai déjà, soupira-t-il , les yeux cernés et rougis, les épaules affaissés et le regard mélancolique.

Il avait l'impression de ne pas avoir dormit depuis une décennie. Chaque jour qui passait était un enfer sur terre pour lui, il avait du mal à commencer une nouvelle journée, à simplement respirer. Tout était démunie de sens sans elle. Il avait l'impression d'être dans un gouffre, un gouffre dans lequel il ne pourrait pas sortir... sans elle.

-Que souhaitez-vous alors Richard?

Levant les yeux avec un regard larmoyant, il voulait lui dire « juste elle », tout ce qu'il voulait c'était « elle », mais ce désir était presque dénué de sens . Il se sentait complètement abattu par la situation, par ces séances de thérapies hebdomadaires qu'il jugeait inutile alors il murmura désemparer :

-Je voudrais que vous me disiez ce que je dois faire

-Vous savez que les raisons de ces séances sont pour que vous trouviez seul votre voix. Je peux vous aider, je….

-Je suis ici depuis un an . Un an,…un an, sans dormir sans elle, sans la voir sourire, ou rire, un an à me demander si je suis fou d'attendre encore ou pire d'y croire encore. Je n'en peux plus. Je n'y arrive plus. Je n'ai pas besoin que vous m'aidiez à trouver ma voix, je veux simplement que vous me donniez la solution. Je ne peux plus continuer comme ça, vous ne le voyez pas?

-Mr Castle vous ai-je déjà expliquer les étapes du deuil?

-Je ne suis pas en deuil, Beckett….Kate est encore en vie! S'exclama-t-il sur un ton tellement abattu à force de le répéter à tout son entourage qu'on penserait qu'il a dû mal à y croire lui-même. Elle est en vie. Pourquoi tout le monde me parle de deuil!

-Comme vous me l'avez souligné, cela fait déjà un an. Les médecins, les études, tout indique qu'après plus de six mois dans le coma, personne ne se réveille.

-Alors quoi? On arrête tous les soins et on la laisse mourir sous prétexte que les études nous démontrent que personne ne se réveil ?

-Richard, je…

-Vous la connaissez. Vous savez qui est ma femme. Elle est Kate Beckett, elle ne meurt pas devant une balle, ou dans un congélateur, ou devant une bombe sale ! Vous la connaissez ! sanglota Rick, le cœur brisé devant le regard attristé de Burke qui le voyait se débattre semaine après semaine après l'accident. Elle est Kate Beckett, elle ne peut pas mourir…..Vous attendez, elle ne peut pas mourir, reprit-il difficilement en sentant ses poumons manquer d'air et la bile remonté.

- Oui, je vous entend, Richard, abdiqua le thérapeute démuni devant sa détresse.

XXXXXX

- Alors j'ai dit à Gina que mon contrat avec elle était terminée. Je sais…j'aurais dû le faire depuis longtemps, sourit-il en observant chacun de ces traits.

- Espo est passé hier avec Lanie, je crois qu'ils sont de nouveaux ensemble…je sais, ça ne me regarde pas et je ne devrais pas fouiller, mais quand même, tu n'es pas un peu curieuse ? ….

- Je….., soupira-t-il en ne la voyant pas réagir. Kate ? tu m'entends, chérie ? tu m'entends ?

XXXXXXXX

Alors, on arrive à la phase cruciale...blanc ou bleu, Beckett? demanda-t-il en brandissant deux rouge à ongles devant le corps endormie de sa femme.

C'était la fin d'après-midi et il se retrouvait seul avec Kate. Les visites se faisaient de plus en plus rare désormais. Les gars n'arrivaient plus à entrer dans la chambre et regarder leur supérieure, leur amie dans le coma. Lanie, elle, passait trois fois dans la semaine mais ces visites se faisaient de plus en plus courte. Seul Martha, Jim et Alexis passaient régulièrement voir Beckett. Tantôt pour un peu de lecture, tantôt pour lui parler et converser de leur journée, tantôt pour simplement être présent pour elle.

Rick, lui, ne quittait que très rarement le chevet de sa femme. Il venait tous les jours, tous les après-midi et tentait par ses mots , par ses gestes d'établir un contact avec elle. Mais les jours, les semaines, commençaient à peser sur son coeur et il avait de plus en plus de mal face à cette solitude.

- Allez, va falloir me le dire, sinon, je vais devoir prendre la décision tout seul...allez, Beckett, blanc ou bleu ?

L'observant encore quelques secondes, il soupira en ne la voyant toujours pas réagir. Elle était allongée, les yeux clos, les cheveux tressés en train de dormir paisiblement. Déposant ses effets sur la table de chevet, Rick se gratta la nuque et murmura abattu :

- On va partir sur le blanc, je sais que le bleu tu n'y tiens pas vraiment.

Lentement, il s'installa sur une chaise près d'elle et lui découvrit les membres inférieurs pour lui caresser tendrement le bout des pieds. Sans sans apercevoir, il commença à pleurer silencieusement en se demandant encore combien de temps il arriverait à tenir sans elle.

XXXXXXX

Six mois plus tard.

Assis comme à son habitude depuis des mois, il caressait tendrement la main de sa femme en lui racontant sa journée. Il avait espoir que quelque part, le son de sa voix guiderait Beckett et qu'un jour , elle se réveillerait.

La dernière étude en date sur ce sujet démontrait que certain patient était capable de se remémorer des conversations qu'ils avaient entendu dans le coma. Alors, comme un rituel bien huilé, il lui contait chacune de ses journées, de ses fantaisies ou de ses maladresses avec l'espoir de la voir se réveiller, ou lui sourire ou simplement rouler des yeux à ces élucubrations.

Mais ce rituel qui avait commencé comme un espoir était de plus en plus douloureux pour lui. Il avait de plus en plus de mal à y croire, à faire face à toute cette situation. Les jours, les semaines, les mois se succédèrent et son état était toujours le même.

Un an et demi à l'attendre, un an et demi à se battre avec le corps médical pour continuer les soins, à affronter ses proches qui tentait vainement de lui faire prendre conscience de la situation, un an et demi à vivre un cauchemar vivant.

Pleurant silencieusement, il l'observait les yeux clos , le visage apaisé, et les cheveux toujours brossé avec soins. Elle semblait endormie et bien loin de ses préoccupations. Le cœur brisé, il renifla en avalant douloureusement sa salive , tout en lui murmurant :

-Je sors de chez Burke…qui aurais cru que j'ai passé plus de temps de thérapie que toi ?…,déglutissant en repensant à leur conversation, il hésita à continuer avant de dire:

-Tout le monde s'inquiète pour moi…pour mon état psychologique….je leur dirais bien d'aller au diable, de s'occuper de leurs petits maux et de me laisser en paix, …..nous laisser en paix, mais…je ne peux pas. Je ne peux pas parce qu'il commence à envisager de placer Lily. Kate, il faut que tu te réveils. Tu m'avais promis que la prochaine fois que je referais ça, je ne serais pas seul. Tu m'as promis , Kate. Alors, s'il te plait réveil toi, ne m'oblige pas à choisir entre toi et Lily…s'il te plaît.

XXXXXXXXX

Cinq mois plus tard.

-Alors, moi je prend la tasse rose à paillette et toi celle avec des coccinelles ?

-Oui! sourit Lily affublé d'un costume de fée avec des ailes dans le dos et entourées de toutes ces peluches pour le thé de l'après midi avec son père.

-Tu es sûre que tu ne veux pas la tasse rose ? sourit Castle en la voyant froncer des sourcils tout en étudiant les deux tasses.

Lily était une petite fille pleine de malice et très très active. Elle était un joli mélange de Rick et Kate. Brune aux yeux bleus, la silhouette élancée de sa mère et les cheveux mi-long, elle était aussi gourmande que Rick mais avec pris du côté de sa mère pour la réflexion. A chaque sourire, chaque froncement de sourcil de sa part, Castle sentait son ventre se noué face à l'image qu'elle lui renvoyait. Elle ressemblait à Kate….même un peu trop à son gout.

-Lily, déglutit-il, le ventre noué, en la voyant toujours silencieuse avec le même regard que Beckett

-Non, sourit-elle avec le même sourire ravie que sa mère lui lançait quand elle était heureuse. Je veux les coccinelles !

-Va pour la tasse rose à paillette pour moi alors, bougonna Rick en commençant le service de thé. Alors qui veut de la tisane Mesdames? ajouta-t-il en direction de toutes les peluches sur le sol

-Moi, moi !

-Les invités d'abord, jeune fille, rit-il devant son enthousiasme.

Alors qu'il allait commencer son rituel, la sonnerie de la porte le stoppa dans ses activités et il soupira.

-Qui ose interrompre le thé des Castle? fit-il dramatiquement pour faire sourire sa fille

-gram's!

-non, chérie, elle est allée faire du shopping alors elle ne rentrera qu'à l'aube

-Lexi!

-Hum, hum…allons voir , jolie fée, sourit-il en se levant avec des ailes sur le dos, une tiare sur la tête et des paillettes sur le visage.

Heureux, il s'étira avant de partir ouvrir et découvrit Jim à la porte , le visage fatigué, l'air soucieux malgré un sourire timide.

-c'est l'heure du thé avec ma petite fille ? demanda le patriarche devant l'accoutrement de son gendre

-Oui, bonjour Jim, rentrer

-bonjour Richard, sourit-il, usé par le poids de ces deux dernières années. Comment ça va Lily Bug ?

-Papi ! s'exclama folle de joie , la petite en renversant quelques peluches sur le passage pour aller embrasser son grand-père

-hey, chérie, soupira tendrement Jim en l'enlaçant dans les bras tout en humant son odeur pour se sentir moins briser.

A chaque fois qu'il prenait Lily dans ses bras, il avait le même rituel. Il l'enfermait dans une tendre étreinte, fermait les yeux et tentait par le biais de sa petite-fille de retrouver un peu de sa fille aussi. Ce spectacle attristait toujours Rick. Son beau-père avait déjà dû faire face à la perte de sa femme et il devait aujourd'hui, faire le deuil de sa fille.

Déglutissant devant cette image, Rick inspira fortement pour se redonner bonne figure, et demanda sur un ton qu'il souhaitait joyeux:

-Jim, souhaitez-vous un café ?

-Oh, je ne veux pas déranger, je suis juste venu discuter et ….

-Vous êtes à la maison. Vous ne ne nous déranger pas, pas vrai cacahuète?

-Oui! sourit la petite en sortant de l'éteinte de son grand-père pour repartir jouer avec ces poupées.

-Dans ce cas , je ne refuserais pas un café

-Je dirige le chemin, sourit Rick en partant à la cuisine pour commencer le service.

Un brin anxieux et d'une infinie tristesse par rapport à la discussion qui allait avoir lieu, Jim se gratta maladroitement le cou de lassitude. Ses deux dernières années avaient été en enfer pour lui. Il avait dû affronter le coma de sa fille, la naissance de sa petite fille et la descente aux enfers de son gendre avec tellement d'impuissance que le désir de retomber dans l'alcool avait été parfois irrésistible.

La vie était si injuste. Sa fille aurait mérité de vivre une once de bonheur, elle aurait mérité de connaitre sa fille, elle aurait dû avoir droit de construire sa vie de famille. Au lieu de ça, il la regardait dépérir dans son lit d'hôpital jour après jour le cœur meurtri.

-Jim? l'interpella Rick en le voyant toujours au milieu du hall dans ses pensées

-Oh, pardon, s'excusa le patriarche , le ventre noué et des cernes aux yeux.

Inspirant doucement, pour se donner du courage , il sourit à sa petite-fille qui disputait MonKey Bonky pour avoir mangé tous les cookies et se dirigea près de l'ilot de la cuisine, ou Castle l'attendait en l'étudiant.

-Alors que me vaut le plaisir de votre visite? demanda l'écrivain en lui offrant sa tasse de café et un sucre.

-Je suis allée voir Kathie , aujourd'hui

-Un souci? L'hôpital ne m'a pas appelé et…

-Non, non, tout va bien, Richard, enfin…c'est toujours la même chose, soupira-t-il vaincu.

Hochant silencieusement de la tête, Castle ferma quelques secondes les yeux, en sentant son cœur s'emballer. Il n'était pas allé voir Kate depuis deux jours. Le docteur Burke ainsi que le pédopsychiatre de l'hôpital l'avaient informé que Lily ne devrait pas être aussi souvent au chevet de sa mère. Qu'inconsciemment la petite aurait plus tard des difficultés à assimiler les choses et qu'il n'était pas bénéfique pour un enfant de son âge de passer son temps dans les couloirs des hôpitaux à attendre le réveil de sa mère.

S'il avait régulièrement occulté leur propos, le temps et les mois passés lui firent réviser ses idées. L'état de Kate était inchangé et les questions de Lily étaient de plus en plus fréquentes et précises. Elle avait de plus en plus de mal à rester dans la chambre de sa mère et demandait fréquemment pourquoi elle ne se réveillait pas comme blanche-neige et la belle au bois dormant. Pourquoi sa mère ne voulait pas la voir et si elle était douloureuse.

Après moult hésitations, Rick avait ralenti les visites à l'hôpital pour le bien être de sa fille et devait attendre que sa mère ou Alexis puisse la garder pour rester au chevet de sa femme.

-J'ai vu le médecin Kobalt aujourd'hui, continua sur un ton incertain le patriarche

-hum

-Il m'a notifié qu'à la fin du mois, on en sera à deux ans.

-Je n'ai pas besoin de ce médecin pour savoir quand j'ai perdu ma femme ou pour connaitre la date d'anniversaire de ma fille.

-Je le sais, je le sais, temporisa Jim qui savait par expérience que cette conversation risquerait d'être houleuse.

-Mais? insista Rick qui sentait que son beau-père était sur la réserve au sujet de cette situation.

-Je ne pense pas que Kathie aurait souhaité ce genre de vie. Ça fait deux ans, Richard, et rien n'indique qu'elle se réveillera.

-Alors quoi? On arrête tout? pesta-t-il en regardant du coin de l'œil Lily jouer l'air de rien

-Je sais que vous l'aimez, je n'aurais pas pu mieux espérer pour ma fille mais rendons nous à l'évidence….. Kathie n'aurait pas souhaité ce genre de vie pour elle, pour vous ou pour Lily. Il s'agissait aussi de ma fille, ma fille et…

-Je ne peux pas, Jim. Je ne peux pas arrêter….c'est au-dessus de mes forces.

-Laisse-moi prendre la décision dans ce cas, fils.

A la demande de son beau-père, Rick releva brusquement la tête pour le dévisager. Venait-il de lui demander d'être le décisionnaire des soins de Kate? venait-il de sous-entendre qu'il arrêterait les soins de sa fille pour le soulager de cette décision?

Complètement pris au dépourvu par cette demande, il déglutit douloureusement en écoutant Jim lui confesser avec une extrême tristesse :

-Je ne veux pas lui dire au revoir. Kathie….Kathie était tout ce qui me restait …mais ce n'est pas la vie qu'elle aurait choisi….tu le sais, au fond de toi, tu le sais. Elle était indépendante et forte, elle n'aurait pas souhaité qu'on la veille jour après jour sur un lit d'hôpital. Même si je sais que je ne pourrais jamais me relever de la perte de ma fille, il est temps que nous commencions à prendre conscience que…

-Elle n'est pas morte, il y a encore de l'espoir et…

-Elle est partie Richard. Elle n'est plus là et on va devoir sans faire une raison. Ma petite fille est partie….ta femme est partie, pleura silencieusement le patriarche en sentant son cœur se briser en mille morveux à la vue de Rick. Je suis désolé mais Kathie est partie , il y a deux ans. Ma petite fille n'aurait pas voulu cette vie là...deux ans, Richard, il est temps de la laisser partir en paix.

Il avait l'impression de se voir des années en arrière à la mort de Johanna, sauf que cette image que lui renvoyait Castle était infiniment plus douloureuse. Sa fille ….était morte et voir son gendre qu'il considérait comme son fils aussi anéantit était pire que sa propre douleur à l'époque.

XXXXXXXX

Une semaine plus tard.

Assis l'un à côté de l'autre dans ce vaste bureau médical, Castle écoutait le cœur brisé les explications du docteur Kovacs sur l'arrêt des soins de Kate.

Il avait l'impression que son monde s'écroulait.

Assis à ses côtés ; Jim peinait à retenir ses larmes. Le médecin leur expliquait que l'euthanasie n'était pas légalisé dans le pays et mais qu'il pouvait faire en sorte d'alléger les souffrances de Kate , en arrêtant certains médicaments et en laissant la nature reprendre son droit.

A ces mots, il sentit son gendre se crisper et grimacer de douleur. Abattu lui aussi, il lui prit la main d'un geste paternel pour lui montrer son soutien et ne la lâcha pas jusqu'à la fin de l'entretien.

Ils avaient convenu d'arrêter les médicaments dès le lendemain mais le médecin leur avait expliquer qu'il faudrait surement attendre des jours voir des semaines.

Complètement démuni, il observa Rick hocher simplement la tête, et se lever sans un mot avant de signer fébrilement la feuille de limitation thérapeutique.

Fermant les yeux, Jim inspira deux fois avant de se donner le même courage et d'apposer sa signature auprès celle de son gendre.

Les yeux rougis, le visage ravagé par les larmes, Rick observait avec une douleur intenses les mots écrits sur le papier :

« arrêt des soins médicalisés de Madame Katherine Castle née Beckett. Refus de réanimer. Seuls les soins de conforts et d'hygiène sont autorisés »

Sentant la bile lui remonter au fond de la gorge, il sortit brusquement du bureau pour retrouver les toilettes pour homme, ou il régurgita son petit déjeuner tout en pleurant et se maudissant.

Comment avait-il pu perdre espoir ? Comment avait-il pu signer ça ?

Le retour dans la chambre de Kate fut le plus douloureux qu'il est eu à faire. Il culpabilisait pour ses actions, il culpabilisait de ne pas avoir pu empêcher l'accident, il culpabilisait de l'avoir laissé sortir ce jour-là, il culpabilisait pour tout….

Assis près de sa femme, il lui prit la main et se mit à pleurer en lui demandant pardon sous les yeux démunis de Jim:

-Pardon, Kate….pardon…. je suis désolé….je t'aime, chérie, je t'aime…je suis vraiment désolé.

XXXXXX

Deux semaines, plus tard

Endormis de son côté du lit sans déborder de celui de sa femme, Castle dormait. Il n'arrivait pas à rester endormi plus de quatre à cinq heures par nuit depuis l'accident mais depuis la signature d'arrêt des soins, son sommeil s'était encore plus de réduit.

Il avait l'impression d'avoir pris dix ans tous les matins. Ces cernes étaient de plus en plus difficile à masquer et son rasage laissait à désirer. Il déambulait tristement dans la chambre de Kate tous les jours en lui murmurant les mêmes mots :

- Allez, si tu dois te réveiller c'est maintenant…allez, Kate…

Les nuits étaient toujours les mêmes. Les cauchemars ne s'estompaient pas et la culpabilité grandissait d'heures en heures.

C'est donc complètement endormi, en boule sur un côté du lit qu'il se réveilla en sursautant en attendant la sonnerie de son téléphone. Les yeux somnolent mais les gestes vifs, il se releva brusquement le cœur tambourinant en reconnaissant la sonnerie de l'hôpital et répondit anxieusement au bout de quelques secondes :

-Castle

-Mr Castle , bonsoir, je suis désolée de vous appeler au milieu de la nuit mais vous devez vous rendre rapidement au chevet de votre femme.

-Qu'est-ce qui se passe? déglutit-il les mains tremblantes

-Je n'ai pas droit de donner de nouvelles par téléphone. Nous vous attendons dans sa chambre, monsieur.

-Est-ce qu'elle est…est-ce qu'elle est partie? pleura Rick en sentant un gouffre s'ouvrir

-Monsieur, vous devriez venir. Je suis désolée, je ne peux pas vous en dire plus à son sujet par téléphone, souhaitez-vous que j'en informe le deuxième contact sur la liste des appels? Il est notifié qu'il s'agit de Mr Beckett, son père ?

-Je…non…enfin….je ne sais pas, balbutia-il les mains tremblantes, le visage ravagé par les larmes.

-Mr Castle, vous…

-Appelez-le,…je serais là dans quelques minutes, l'interrompit Rick en raccrochant le cellulaire pour se laisser tomber au sol.

-Kate….mon dieu Kate….non, sanglota Rick en tombant les genoux sur le parquet tout en sentant la nausée le prendre.


billy1  (03.10.2018 à 17:06)

Pas sans toi...chapitre 2


Il avait l'impression de marcher à reculons. Chacun de ses pas étaient lourds. Ses pleurs ne se tarissaient pas depuis qu'il avait reçu l'appel téléphonique de l'hôpital. Sa respiration était de plus en plus saccadée, il avait l'impression de manquer d'air.

Comment avait-il pu arrêter les soins ? Comment avait-il l'abandonner ?

Inspirant en sanglotant, il sentit une légère pression sur son avant-bras et sans lever le regard sur sa mère qui se trouvait à ses côtés, il murmura d'une voix brisée par le chagrin:

- Je l'ai tuée, j'ai tué Kate

- Richard, fulmina la matriarche en se stoppant au milieu de ses couloirs froids et hostiles. Ne soit pas ridicule, tu…..

-Comment ai-je pu faire ça, comment ai-je pu l'abandonner, gémit-il en reniflant sans cesser sa marche funèbre. Comment j'ai pu lui faire ça?

Levant les yeux sur la démarche précaire de son fils, Martha sentit son cœur se briser un peu plus.

Elle avait pensé être prête à la nouvelle. Deux ans à attendre l'inévitable, pourtant quand elle s'était réveillée face aux sanglots de son fils, Martha avait senti la nausée la prendre, une de celle qui vous donne envie de vomir et d'hurler de douleur en même temps. Les sanglots de son fils était si intense qu'elle sut à la minute même ou elle l'entendit que Katherine était partie.

Celle qu'elle avait appris à aimer comme sa fille, la mère de sa dernière petite fille et la femme se son fils unique les avait laissé après deux ans de lutte acharner.

Sentant son courage s'amoindrir à chaque pas qu'elle avait repris pour rejoindre son fils, elle se figea face à l'image devant elle. Assis devant la porte de Kate, la tête entre ses mains, se trouvait Jim Beckett en pleurs. Elle pouvait voir ses épaules se lever et s'affaisser à chacune de ses respirations anarchiques.

Comment le monde pouvait-il être si cruel ? Comment pouvait-on perdre sa fille et sa femme ? Comment son fils pourrait-il se relever de la mort de Kate ? Comment allait-elle faire face à la perte de celle qu'elle considérait comme sa fille ?

Les yeux embués par les larmes, elle retint un nouveau sanglot en repensant à tous les après-midi shopping qu'elle avait eu l'occasion de faire avec Beckett, a toutes ses conversations auprès d'un thé ou d'un café qu'elles avaient partagé, à l'annonce de leur mariage puis à celle de sa grossesse de Lily. Elle pouvait entendre son rire, voir son sourire. Au fil des années, elles s'étaient rapprochées , Beckett était devenue Kate aux yeux de Martha. Elle était devenue la fille qu'elle n'avait jamais eue. Déglutissant de douleur, elle leva le regard sur son fils et le vit murmurer face à la vue de Jim, comme si on lui arrachait un membre :

- Non, non…qu'est-ce que j'ai fait.

-Richard, tu.., sanglota-t-elle

-Kate, je suis désolée, Kate, pleura Rick en entra dans la chambre de Beckett sans tenir compte de l'appel de Jim derrière lui et resta figer, le cœur brisé.

Là devant lui, se trouvait le lit vide de sa femme, entouré de quelques infirmières. Le sourire aux lèvres, elles discutaient tout en refaisant le lit vide de Kate.

Perdu et en colère face à toute cette situation, il demanda rageusement en observant chaque recoin de la pièce comme s'il espérait la voir apparaître :

- Ou est ma femme ?

-Mr Castle, on….. ;

-Ou est-elle ! hurla-t-il face à son lit vide. Vous n'aviez pas le droit de la déplacer ! Vous ne pouvez pas attendre que les gens qui l'aime puisse lui dire au revoir, vous ne pouvez pas….

-Elle est en train de passer des examens, Richard, l'interrompit, les yeux rougis mais un sourire aux lèvres Jim, d'une main sur l'épaule

-Vous ne pouvez pas….je…..quoi ? balbutia-t-il , le visage ravagé par les larmes alors que Martha hoquetait derrière lui de surprise

- Elle passe un examen et…

- Un examen ? Quel examen ? Pourquoi Kate passe un examen à ….trois heures du matin !

- Elle s'est réveillée, fils, souffla le patriarche en le prenant dans ses bras tellement forts que la respiration de Castle se bloqua. Elle est réveillée, Richard. Kathie s'est réveillée.

A l'annonce de son beau-père, Rick se figea en tentant d'assimiler ses propos. Sa femme était partie à un examen à trois heures du matin parce qu'elle était réveillée ? Étais-ce une blague de mauvais goût? Les gens étaient-ils aussi cruels pour lui faire endurer ça ? Relevant le regard, il tomba sur sa mère qui pleurait de joie derrière Jim.

-J'ai eu la même réaction que toi mais quand je l'ai vue, je…..

- Tu l'as vue ? le coupa Rick en sortant de son étreinte pour le dévisager

Il sentait que son cœur battait à un rythme effréné, que son estomac se nouait à chaque parole et que la position debout, face à toute ce yoyo émotionnel était plus que précaire.

-Oui. Elle était au bout du couloir avec une batterie d'infirmière. Elle était réveillée, fils, pleura Jim tout sourire. Elle était réveillée…ma Kathie.

- Réveillée ? je….tu es sûr ? parce que….

- Je t'assure que je ne suis pas sénile, rit-il face au regard stupéfait et craintif de Rick . Elle m'a pas parlé et…..

-Elle t'a parlé ? déglutit Rick qui n'arrivait toujours pas à y croire

- Oui. Elle était fatiguée mais elle m'a reconnue.

Castle le dévisagea quelques secondes en se demandant si tout ceci pouvait être vrai. Jim semblait si heureux et euphorique, que lorsque l'idée que Kate pouvait bel et bien être réveillé, il se laissa choir sur le sol, les genoux a terre en tentant de chercher son air. Apeurer en l'observant se mettre à terre de peur qu'il ne fasse un malaise, Jim et Martha crièrent :

-Richard !

- Qu'a-t-elle dit ? pleura-t-il en inspirant pour trouver l'oxygène qui semblait lui manqué depuis deux ans.

- Richard, on devrait peut-être aller te chercher un brancard ou l'une de ces chaises qui donne pour les patients, je….

-Qu'a-t-elle dit ? répéta-t-il sur un ton impatient

-Oh… pas grand-chose, juste « papa » et « mal ».

-Mal ? Elle a mal ? s'inquiéta-t-il soudainement

-Le médecin a dit que c'était normal. Que ses muscles s'étaient enquilosés depuis deux ans malgré les heures de kinésithérapeute et qu'il faudrait certainement des semaines de rééducation, voir même des mois

-Mais… elle est réveillée ?

-Oui, fils, elle est réveillée, sourit en larmes, Jim, avant de s'agenouiller pour reprendre Rick dans les bras et le serrer tendrement.

XXXXXX

Assis dans le couloir, il regardait d'un œil attentif son gendre faire les cent pas depuis plus d'une heure. Martha était partie chercher un café et avertir Alexis de la situation depuis plusieurs minutes déjà en sentant sa patience s'amoindrir face aux aller-venues de son fils unique.

-Combien de temps, encore ? pesta Rick qui n'avait toujours pas vu sa femme ou eu de nouvelles

-Je ne sais pas, soupira Jim en sentant Richard à fleur de peau

-Il ne faut pas des heures pour faire un examen ? Et s'il y avait un problème ? Et s'il était de nouveau dans le coma ? Et si….

-Richard ! le stoppa le patriarche sévèrement en le dévisageant. Respire et calme-toi.

- Me calmer ? Me calmer ? Ma femme s'est réveillée après deux ans de coma et je…

-T'agiter ne fera pas remonter Kathie plus vite et tu commences à …

-Pour Madame Katherine Castle ? les interrompit un médecin , en blouse blanche, d'une cinquantaine d'année , un dossier à la main.

Levant leur regard dans un synchronisation parfaite, Jim et Rick se précipitèrent à son encontre en répondant d'une même voix :

-Oui !

-Bonjour, je suis le Dr Pierce. C'est moi qui est pris en charge Madame Castle depuis son réveil , commença le médecin avant de faire une pause pour les laisser assimiler l'information.

Fatigué par toute cette attente , Castle l'observa quelques secondes avec impatiente avant de le questionner sans relâche devant son manque d'élocution :

- Comment va ma femme ? Est-elle réveillée ? a-t-elle dit quelque chose ? Mon beau-père me dit qu'elle est douloureuse, lui a-t-on donné quelque chose ? Je….

- Oula , doucement, doucement, temporisa la blouse blanche en lui souriant. Il va falloir penser à respirer et à vous calmez

- C'est ce que je m'efforce de lui dire, grommela Jim en tendant la main au corps médical. Bonjour, je suis Jim Beckett, le père de Kate et voici Richard Castle son mari.

- Bonjour, Mr Beckett, comme je le disais je suis le médecin de garde de cette nuit. Je dois dire que je n'ai jamais eu de cas comme ceci durant ma carrière, mais je suis heureux de vous annoncer que contre tout attente et par miracle, votre fille s'est réveillée.

- Tout un coup ? comme ça ? s'étonna Rick qui bouillonnait de d'interrogation et de stress

- Non, son réveil a du se faire par pallier. Mais comme elle n'était plus reliée au matériel médical, en raison de son arrêt thérapeutique , il a fallu attendre des signes extérieurs. Elle a commencé a bougé doucement puis à gémir, ce qui a alerté les infirmières. Après quelques heures à l'observer, on a remarqué une ouverture des yeux.

- Après quelques heures ? On aurait pu être au courant depuis un moment !s'indigna Castle qui avait l'impression d'avoir perdu un temps énorme

- Nous souhaitions être certains avant de vous alerter en pleine nuit. Comme je vous le disais, le cas de votre femme est extrêmement rare, c'est une rescapée.

Hochant simplement la tête en déglutissant , les yeux emplis de larmes, il tenta de temporiser le tremblement de ses mains face à cette nouvelle inattendue. Kate s'était réveillée. Après des jours, des semaines, des mois et des années à attendre, à la supplier, à garder espoir, elle s'était enfin réveillée.

- Après plusieurs examens, il en résulte que votre femme est un mystère médical, ajouta le Dr Pierce en les observant absorber toutes les informations avec attention et angoisse.

- Un mystère médical ? s'inquiéta Jim

- Elle est totalement réveillée désormais et pleinement consciente de son entourage. Les différents examens que nous avons menés nous indiquent que tout est normal. Malgré deux ans de coma, elle n'a pas perdu le sens du langage, ces gestes spatio-temporel sont cordonnées, elle peut mobiliser tous ses membres malgré la douleur due aux années d'alitement.

- Elle va bien alors ?

- Oui….Sur le plan physique, elle aura des répercussions. Elle aura besoin d'aide pour marcher et pour tous les gestes de la vie quotidienne pendant quelques semaines, le temps que ces muscles se remettent à fonctionner sans douleur

- Je…elle va bien, soupira soulagée Rick en dévisageant le médecin et son beau-père comme s'il s'imaginait un plein rêve.

- Elle va bien, sur le plan physique comme je le disais….mais sur le plan psychologique

- Quoi ? qu'est-ce qu'elle a ?

- Rien de grave, temporisa le médecin devant leur regard inquiet. Madame Castle est restée plonger dans un coma pendant deux ans, il est normal de voir des troubles apparaître. Je suis même étonné qu'il n'y en est pas d'autres.

- Quels genres de troubles ?

- Eh bien , commença le médecin en cherchant ses prochains mots avec soins. Votre femme était fatiguée , on a dû la soulager pour la douleur, elle s'est donc rendormie pendant l'examen mais…

- Elle est de nouveau dans le coma !

- Non, non , elle dort simplement. Son corps a subi un traumatisme énorme et elle doit se reposer pour récupérer un maximum.

- Alors quel est le problème avec Kate ?

- Ces réponses à nos questions étaient clairs et précises, mais face à son épuisement , on n'a pas encore pu donner une estimation de son état psychologique.

- En d'autres termes ? s'agaça Jim qui sentait que le médecin tournait au tour du pot

- En d'autres termes, Madame Castle semble avoir perdu quelques mois , peut-être quelques années de mémoire immédiate.

- Je…..elle a perdu la mémoire ? s'estomaqua Castle

- Cette perte peut être induite par son coma et peut-être tout a fait réversible. Dès les premières heures du matin, je contacterais un neurologue qui pourra nous éclairer sur son cas, mais comme je vous le disais, elle est la première patiente connue dans cet hôpital ou dans cet état à s'être éveillée au bout de deux années. On devra faire des recherches sur les cas antérieures et…

- Combien de temps ?

- Pardon ?

- Combien de temps , ma femme a perdu ?

- Oh …eh bien….

- Combien de temps ! s'impatienta Rick au bord de l'épuisement psychologique

- Richard, calme-toi, fils

- Nous n'avons pas terminé notre bilan neurologique mais d'après ces réponses, elle savait qu'elle se nommait Katherine Beckett mais n'avait pas l'air de connaitre son nom de femme.

- Elle …quoi ?

- Madame Castle pense être en juillet 2010.

A l'annonce du médecin, Rick fit trois pas en arrière complètement estomaquer. Son cœur arrêta de battre, ses poumons de respirer et il tenta de calmer son stress qui lui dictait qu'elle ne se souvenait pas d'eux. Elle ne se souvenait pas d'eux…et encore moins de Lily. Comment étais-ce possible? Comment avait-elle oublier huit années de sa vie?

- Est-ce permanent ? s'inquiéta Jim devant le teint blanchâtre de Rick

- Je préfère attendre le neurologue pour vous répondre. Son bilan psychologique et son expertise des différents clichés que nous avons effectué au scanner, nous en dira plus.

- Très bien. Peut-on aller la voir ?

- Oui, oui. Comme je vous le disais, elle dort suit au calmant que nous lui avons administrer. Il serait bon de la laisser se reposer mais rien de ne vous empêche de veiller sur sommeil.

- Très bien…je vous remercie

- On se voit dans quelques heures, conclu le Dr Pierce avant de les quitter au milieu des couloirs de l'hôpital.

Fermant les yeux en tentant de calmer ses battements cardiaques, Jim inspira quelques secondes avant de se tourner pour observer son gendre, totalement effarer et figer sur place. Ses mains tremblaient, son regard était perdu dans le vide et des larmes silencieuses coulaient le long de ses jours.

Se grattant la nuque, il s'avança lentement vers Rick et lui murmura :

- Elle est réveillée

- Je sais

- Tout n'est pas réversible

- On ne le sait pas

- Richard, soupira Jim

- Ça va, ça va, mentit-il en reniflant. Je suis sous le choc de toutes ces nouvelles, c'est tout. Je suis ….ça va. Elle est réveillée, c'est tout ce qui compte.

- Bien. Et je suis certains que dans quelques temps, tout lui reviendra. Il n'est pas possible que Kathie t'oublie.

- Hum

- Mais…heu….si jamais, le processus est plus long que l'on ne l'espère

- Oui ? soupira Castle en levant les yeux vers Jim

- Elle t'aime Richard. Elle n'a jamais aimé quelqu'un d'autre comme toi.

- Elle ne s'en souvient juste pas

- A toi de l'aider à s'en souvenir. Tu es son mari, elle va devoir y faire face, alors à toi de l'aider. Si en se réveillant, elle se croit toujours en 2010, elle va paniquer. Elle va avoir besoin de toi.

- Je ne crois pas que le moi de 2010 va l'enchanter, gémit-il le coeur brisé

- Elle va avoir besoin de son mari, de son partenaire

- Oui….je vais juste devoir lui dire que l'écrivain égoïste et playboy qu'elle pense connaitre actuellement, l'a épousé et qu'ils ont une petite fille ensemble. A part ça, tout ira bien, dit-il dépité en se remémorant qui était Kate Beckett quand il la connu

- Richard, tu…..

- Elle est réveillée, elle est en vie, c'est tout ce qui m'importe pour le moment. Le fait qu'elle se croit en 2010 n'est qu'une broutille, je veux dire, elle est réveillée, tenta-t-il de rationaliser pour apaiser toutes ses craintes

- Oui, mais….

- J'ai juste besoin d'aller la voir pour l'instant. Peut-on y aller ?

- Oui, oui, fils….vas-y donc, je vais attendre Martha avant de te rejoindre.

- Très bien, inspira Rick en séchant ses larmes.

- Tout va bien se passer

- Oui, mentit-il une seconde fois avant de partir lentement, le cœur brisé et anxieusement rejoindre sa femme.

Tout se basculait dans sa tête. Il pouvait revivre tous les moments qu'ils avaient passé depuis qu'ils se connaissaient, les bons comme les mauvais. Il pouvait aussi se revoir en train de prier pour son réveil, tous les jours ces dernières années. Il avait l'impression d'être égoïste. Elle était en vie, elle était réveillée, elle allait bien, alors pourquoi la perte de ces huit dernières années étaient-elles si insurmontables pour lui ?

Il était terrifié. Terrifier de devoir refaire face à la Kate Beckett de 2010. Terrifier de l'effrayer et de la voir fuir. Terrifier de tout refaire, de recommencer leur histoire.

Plus ses pas avançaient jusqu'à sa chambre, plus il ralentissait. Le Dr Pierce avait dit Juillet 2010. Elle se pensait à leur premier été durant leur partenariat, grimaçant à cette estimation, il repensa à l'ouverture du cas de sa mère, à sa colère et à tout le ressentiment qu'elle avait à son encontre.

Les mains tremblantes, il n'osa pour ouvrir la porte. Il n'osa pas faire face. Beckett était réveillée mais Kate, sa femme était partie…..mon dieu, comment allait-il faire face ? Comment allait-il pouvoir expliquer ça à Lily ? Et pire, comment allait-il dire à Kate Beckett qu'elle était la mère de son enfant et qu'ils étaient mariés?



billy1  (07.10.2018 à 19:17)

Il l'avait veillé pendant des heures. Des heures interminables, ou chaque respiration, chaque battement de cœur de sa part étaient étudiés, disloqués de prêt. Il n'avait jamais senti son cœur battre autant depuis des années. Sa femme était réveillée. Il n'en revenait toujours pas.

Le regard fixé sur le visage endormi de Kate, il sursauta quand la porte de sa chambre s'ouvrit pour laisser entrer une horde de médecin et d'infirmières.

Fatigué, il se leva suivit de près de son beau-père et écouta le Dr Pierce annoncé :

- Je tenais à vous présenter, le Dr Sheperd. C'est un médecin spécialisé en neurologie.

- Bonjour docteur, sourit gentiment, les yeux cernés Jim Beckett en observant le jeune médecin d'une quarantaine d'année, lui sourire en retour.

- Bonjour, soupira Castle en hochant simplement de la tête.

- Bonjour. Comme le disais le Dr Pierce, je suis spécialisé en neurologie . J'ai pu étudier les différents scanner de Madame Castle, et d'après les résultats, je peux d'ores et déjà vous dire que votre épouse est une miraculée. Elle n'a aucun déficit neurologique.

- Aucun à part son amnésie, marmonna, toujours sur le choc, Castle

- Oui. Je souhaitais tout d'abord faire un examen minutieux auprès d'elle afin d'évaluer par moi-même cette amnésie. Mais, je tenais à vous informer que d'après les recherches que j'ai pu effectuer, l'amnésie peut être corrigé.

- Ce n'est pas permanent alors ? reprit Castle soulagé, le sourire enfin sur les lèvres.

- Madame Castle est le quatrième cas de coma dépassé qui s'est réveillé après un an. Sur les trois autres cas, deux d'entre eux ont retrouvé la mémoire dans les mois qui suivirent.

- Deux sur trois. Et la troisième ? renchérit Jim en voyant les épaules de son gendre s'affaisser

- Comme je vous le disais, votre fille est une miraculée. On ne peut que faire des estimations à ce stade. On a que très peu de cas, la médecine est donc peu avancée sur la question.

- Est-ce que la durée de son coma peut influencer sur sa perte de mémoire ? Je veux dire….est-ce que les deux personnes qui ont retrouvé la mémoire avait un coma plus prolongé que la troisième ? demanda Rick.

- Je ne vais pas vous mentir. Plus le coma est long, plus les risques sont nombreux. Mais pour le moment, on doit juste évaluer les pertes de mémoires de Madame Castle et avisez ensuite.

Hochant simplement la tête, Rick se retourna pour observer sa femme, les yeux clos, toujours endormis. Il était fatigué. Fatiguer de ces deux dernières années, fatiguer de devoir vivre dans le brouillard. Il souhaitait juste la voir ouvrir ses yeux et lui sourire comme avant. Fermant les yeux, en sentant son estomac se noué à l'idée qu'elle ne souvenait pas d'eux, il sortit de sa transe, avec la question de Jim au médecin :

- Quelles sont les conduites à tenir à son réveil ? Doit-on lui dire la vérité ? Elle est mariée et ne s'en souvient pas apparemment… et ma fille a donné naissance à ma petite-fille au moment de l'accident, elle n'a donc pas connaissance de l'existence de sa propre fille.

- Vous ne devrez pas la surchargez en information. Répondez simplement à ses questions, le plus succinctement possible et sans lui mentir. Elle va être perdue et terrifier en se rendant compte de sa perte de mémoire, il n'y a donc pas besoin de l'effrayer encore plus en la laissant dans le brouillard…..mais trop lui en dire, risque aussi d'altérer sa perception de la vérité.

- C'est-à-dire ?

- Dites-lui qu'elle est mariée. Mais attendez ces prochaines questions. Elle demandera peut-être la date du mariage, des anecdotes à ce sujet et vous lui répondrez. Mais si vous donnez toutes ses informations sans qu'elle ne le demande, elle risque de se mélanger les idées. Sa mémoire risque de revenir et on ne voudrait pas qu'elle freine son processus de guérison parce que sa charge mentale est trop surchargée. Elle aura besoin d'y aller lentement à son rythme. Elle aura besoin de vous deux pour l'aider.

- Donc, je ne mens pas au sujet de notre fille ? déglutit Castle nerveusement

- Non. Elle est mère, elle a le droit de savoir. Mais ne la brusquer pas à une rencontre si elle ne la réclame pas. Comme je le disais, il faut y aller…

- Lentement…à son rythme, acquiesça-t-il douloureusement.

XXXXXXXXXXX

Les heures puis les jours suivirent, avec des signes d'éveils notable. Kate se réveillait puis se rendormait en murmurant le nom de la personne qu'elle observait. Son corps était éreinté, ses muscles atrophiés, elle était dans un état de fatigue extrême.

Les médecins avaient averti Rick qu'il lui faudrait certainement plusieurs jours avant de pouvoir rester éveiller pour tenir une conversation.

Il était impatient mais aussi anxieux à cette idée. Comment allait-elle réagir ? Pouvait-elle retrouver la mémoire avant son réveil ? Qu'allait-elle lui dire ?

Ces questions tournaient sans cesse dans sa tête, jusqu'à un matin….cinq jours après les premiers signes d'éveil.

Il préparait le petite déjeuner de Lily quand Jim l'appela pour lui dire qu'elle était réveillée.

- Je….réveillée ? déglutit-il en posant la fourchette devant lui tout en observant sa fille lui sourire.

La petite brunette buvait son cacao dans son pyjama violet et l'observait tout sourire.

- Oui. Le neurologue est avec elle en ce moment pour évaluer son état. Tu devrais venir.

- Qu'a-t-elle dit ? demanda-t-il anxieusement

- Elle m'a demandé pourquoi elle était là, pourquoi elle avait si mal

- Oh

- Le médecin lui explique les grandes lignes….mais elle est réveillée, Richard

- J'arrive…..j'arrive, déclara Castle en raccrochant

XXXXXXXXX

- Comment ça va chérie , sourit Jim en entrant les yeux rougis dans sa chambre après la sortie du médecin.

Selon son examen approfondi et les différents cas étudiés, il serait très difficile pour Kate de se remémorer ses années manquantes. Son coma prolongé et le flou médical à ce sujet ne permettait pas de donner des espoirs pour le moment.

Il préconisait de dire la vérité quand elle le réclamerait, de l'habitué à son environnement habituel pour stimuler sa mémoire et de l'entourer un maximum. Il l'avait aussi avertit que les personnes qui se réveillaient avec des pertes amnésiques étaient souvent colérique et triste face à cette situation. C'était un traumatisme et comme tout traumatisme, ces personnes devaient apprendre à faire le deuil de leur perte de mémoire.

Face à son diagnostic, Jim hocha simplement la tête en redoutant la réaction de son gendre. L'amnésie serait peut-être permanente….Comment Richard allait-il réagir à la situation ? Comment Kathie allait-elle agir envers lui et Lily ? Il connaissait sa fille…..si elle était sa Kathie avec huit années en arrière, elle allait se murer et fuir, elle allait éloigner Richard autant qu'elle le pouvait. Le cœur brisé, il inspira calmement pour contenir toutes ses incertitudes et pénétra dans la chambre pour tomber sur le regard démuni et perdue de sa fille.

Elle était assise, les cheveux emmêlés, les yeux rougis, les mains tremblantes et la respiration haletante. Quand son regard tomba sur celui de son père, elle inspira largement comme pour contenir toutes ses émotions et lui murmura :

-Hey papa

-Hey…papa, répéta tout sourire Jim pour tenter de calmer la panique qu'il apercevait dans ses yeux. Mon Dieu, je ne pensais pas t'attendre redire ces mots un jour

Fermant les yeux à sa déclaration, elle tenta de garder ses larmes. Elle ne pleurerait pas. Pas devant le médecin et encore moins devant son père. Il en était hors de question…elle ne pleurerait pas. Depuis ce matin, tout était bouleversé. Elle s'était réveillée éreinter, totalement à bout de force, avec chaque partie de son corps douloureuse. Son père lui avait sourit et avait tellement pleurer qu'elle ne comprenait pas ce qui se passait et pourquoi elle était ici.

Ces derniers souvenirs remontaient au diner qu'elle avait eu en tête avec Will. Ils étaient allés au restaurant et avait ensuite prolongé la soirée chez elle. Elle ne comprenait pas comment elle avait pu passer des bras puissants et musclés de Will dans son lit à un lit d'hôpital.

Le médecin était ensuite venu et tout s'écroula pour elle. Elle avait eu du mal à enregistrer ses explications mais les grandes lignes étaient couvertes : accident. Coma. Deux ans. Amnésie….amnésie.

Comment avait-elle pu perdre huit années de sa vie ? Comment avait-elle pu rester dans un coma pendant deux ans ? Qu'avait-elle oublié ?

Elle se sentait démunie, perdue et révoltée. Le médecin lui souriait, tentait de lui expliquer avec des mots simples mais quand il lui demanda si elle avait des questions, elle avait simplement hoché négativement de la tête de peur de pleurer.

- L'amnésie peut être temporaire. Ne vous inquiétez pas Mme Beckett, assura-t-il en prenant garde à ne pas révéler son nom de femme de peur d'activé une attaque de panique chez sa patiente.

Il était ensuite reparti en lui assurant que ses douleurs seraient rapidement calmés par les médicaments et laissa ensuite entrer son père.

A son regard, le boomerang des révélations du médecin lui revint en pleine face. Il la contemplait comme un fantôme. Tout ceci était dingue, complètement fou. Elle devait rêver, elle était en plein cauchemar et elle allait se réveiller auprès de Will….putain, elle était censé être avec Will !

- Kathiebug, tu vas bien ? s'inquiéta Jim en la voyant les yeux clos pour retenir ses larmes

- Oui, murmura-t-elle en sentant son cœur battre à mille à l'heure

- Hey, je suis là, chérie, je suis là, chuchota son père désemparé devant sa tristesse.

Doucement, il se rapprocha et lui caressa tendrement la joue. A cette sensation, elle se répéta « ne pleure pas » « ne pleure pas » « pas maintenant, pas ici ».

- Je suis là, Kathie

Inspirant fortement, en sentant son estomac se noué, elle ouvrit les yeux pour tomber sur le sourire réconfortant et chaleureux de son père. Comment avait-elle pu perdre huit ans de sa vie. Son père avait vieilli, il était marqué par les années, il semblait aussi éreinté et à bout de force. Déglutissant devant ce constat, elle espérait que ces deux dernières années de coma ne l'avait pas fait replongé dans la boisson .

- Kathie, chuchota Jim en la sentant en proie à ses émotions

Malade, nauséeuse, elle avait l'impression que son cœur pourrait sortir de sa poitrine tant elle était terrifier. A bout de force, elle demanda d'une voix rauque pour tenter de calmer son rythme cardiaque :

- Alors…deux ans, hein ?

- Oui….deux ans, chérie…tu m'as manqué, tu as maqué à tout le monde.

Hochant de la tête en se mordillant la lèvre pour cacher sa tristesse, elle se demanda ce qu'elle avait raté….huit années…..mon dieu, huit ans…..Qu'avait-elle fait ? Qu'était-elle devenue ? Était-elle toujours lieutenant de police ? Cette seconde chance avec Will avait-elle fonctionnée ? L'avait-il attendu pendant ses deux années de coma ?

Tout était tellement surréaliste qu'elle sentit son estomac se noué. Huit années….Huit années…bon dieu, elle avait perdu huit années ! « ne pleure pas, ne pleure pas.. »

XXXXXXXXX

Ses mains tremblaient, son cœur palpitait à cent à l'heure, ses jambes flageolaient….Rick Castle était terrifié…..complètement apeuré devant la chambre de sa femme. La tête sur la chambranle de la porte, il inspirait et expirait pour tenter de trouver l'air qui lui manquait.

Elle était là …derrière cette porte….et elle était réveillée. Réveillée et toujours amnésique selon le médecin. Il l'avait appelé sur le chemin de l'hôpital, il souhaitait savoir, savoir comment agir avec elle, savoir si elle allait bien, savoir si…si c'était sa femme derrière la porte ou…Beckett.

- Mr Castle ? Tout va bien ? s'inquiéta une infirmière en le voyant figer contre cette porte

- Heu…oui, bredouilla-t-il en se reculant penaud. Je…..je prenais juste une minute, avoua-t-il en se frottant sa barbe de trois jours.

- Tout ira bien, Monsieur…..elle est réveillée, sourit gentiment Sarah.

Elle l'avait vu pleurer tellement de fois au chevet de sa femme qu'elle se sentait soulager pour lui. Il l'avait veillée, s'était occupé d'elle avec tellement d'amour et de tendresse qu'elle espérait qu'un jour elle pourrait trouver un homme comme lui.

- Oui, elle est réveillée, acquiesça Rick anxieusement avant de toquer trois coups puis entrer dans la chambre.

XXXXX

Dès ses premiers pas, il se figea devant l'image qu'il avait en face de lui. Là, se trouvait devant lui, Kate Beckett, la femme de sa vie, assise dans son lit auprès de son père et qui l'observait. Elle n'était pas endormie, les yeux clos …non, elle était assise et son regard émeraude fut la première chose qu'il aperçut.

- Oh mon dieu, souffla-t-il soulagée et en pleurs. Oh mon dieu, tu es réveillée, tu es vraiment réveillée.

- Ca..Castle ?

Au son de sa voix, il sentit son cœur manqué un battement. Après deux ans d'attente, elle était là en face de lui…et réveillée.

- Castle ? répéta Kate en fronçant des sourcils

Il avait changé…huit années l'avaient changé…il semblait plus mature, plus posé….mais une question émanait depuis son entrée dans sa chambre. Que faisait Rick Castle ici ? Elle l'avait banni du commissariat après avoir ouvert le dossier de sa mère, …elle l'avait banni de sa vie…alors pourquoi pleurait-il en face d'elle ? Pourquoi avait-elle l'impression que son monde était sur le point de changer.

- Richard, rentre donc, déclara gentiment Jim en caressant la main de sa fille pour calmer son flot de questions.

A l'appellation de son père, elle fronça un peu plus les sourcils. Richard ? Il le connaissait ? …..Oh mon dieu, il le connaissait. Tous ses sens de flics étaient en éveil désormais.

- Je…..Comment vas-tu ? balbutia Rick pris au dépourvu par son regard subitement glacial et interrogatif

- Bien….pour quelqu'un qui sort du coma. Qu'est-ce que vous faites ici, Castle ? demanda-t-elle excéder de ne rien comprendre

- Je suis venue te voir.

- Me voir ?

- Ecoute, je sais que tu penses qu'on est fâché, tenta-t-il maladroitement en se sentant complètement démuni devant elle.

Elle l'observait avec tellement d'animosité et d'incompréhension, qu'il sentait son courage partir en fumée. Elle détestait….il la connaissait parfaitement….chaque regard, chaque posture, il l'avait étudié tellement de temps qu'il pouvait en un seul regard, dire à cet instant, que Kate Beckett , le détestait.

- Kathie, chérie, calme-toi

- Je pense que j'ai été assez clair la dernière fois qu'on s'est vu, ajouta-t-elle en le dévisageant toujours sans tenir compte de la remarque de son père. Je vous ai dit qu'on était fini.

- Heu…pas vraiment, grimaça Rick en se remémorant les mots du médecin qui lui disaient de dire la vérité. La dernière fois qu'on s'est vu, tu m'as préparé un brunch avant de partir rejoindre Lanie et Alexis

- Pardon ?

- Kathie, il te manque huit ans, tu te souviens ? argumenta péniblement Jim devant le regard glacial de sa fille sur son gendre.

A sa déclaration, elle dévisagea son père. Huit années….Putain, elle avait perdu huit années mais comment avait-elle pu passer de bannir Rick Castle à lui faire un brunch ? Etais-ce une blague ?

- Kate, je..heu…

- Qu'est-ce que j'ai loupé ? cracha-t-elle démunie et effrayée en sentant sa vie lui échapper.

- Pardon ?

- Pendant ces huit années ?

- Je…huit ans, c'est long et… , bredouilla Rick complètement terrifié devant son regard

- Les grandes lignes Castle, je suis sûr que pour un écrivain ce n'est pas si dur, enfin si vous êtes toujours écrivain !

Au ton qu'elle lui lança, Rick déglutit alors que Jim se leva en embrassant la tempe de sa fille pour lui murmurer :

- Doucement, Kahiebug…..Laisse le s'exprimer…Je vais vous laisser tous les deux

- Non, papa, je…

- Kathie, laisse-lui une chance de s'expliquer. Je sais que tu es perdue et terrifiée, mais…. je lui fais confiance et toi aussi.

- Que…quoi ?

- Dis-lui la vérité, Richard, continua Jim en s'éloignant

- Papa ! tenta-t-elle une nouvelle fois en ne souhaitant pas être seul avec Castle

- Heu..la vérité, couina-t-il en entendant la porte se refermer derrière lui comme un couperet.

Les mots de son père ne firent qu'augmenter sa fréquence cardiaque. Son père connaissait Castle, il le nommait même par son prénom, il lui faisait confiance. Bon dieu mais qu'est-ce qui lui manquait ? Relevant le regard pour l'observer, elle sentit son estomac se nouée un peu plus.

Il la contemplait avec tellement d'anxiété, d'adoration et …d'amour qu'elle referma ses yeux de peur et déclara en sentant les larmes montées :

- Les grandes lignes, Castle

- Je…oui, les grandes lignes, déglutit Rick en faisant quelques pas pour venir la rejoindre auprès de son lit.

Ce n'est pas les retrouvailles qu'il avait imaginé pendant ses deux dernières années. Elle semblait si contrariée et apeurée, qu'il ne savait plus comment agir avec elle. Comment lui dire qu'ils étaient mariés alors qu'elle était si farouchement opposée à sa présence ? Comment lui avouer que sa vie sans elle n'avait plus de sens, quand elle ne se souvenait même pas d'une vie commune ? Comment lui dire simplement « je t'aime » ?

S'installant sur la chaise, autrefois, occuper par Jim, il observa silencieusement sa main droite et déglutit devant l'ironie. Elle portait toujours son alliance….leur « always »…..et pourtant, il ne s'était jamais sentit aussi éloigné d'elle. Il avait l'impression que ce « bond » dans le passé serait leur dernier voyage…..que les murs qui se trouvaient autour de son cœur ne serrait jamais abattu…..qu'il n'y arriverait pas cette fois-ci.

- Les grandes lignes, Castle, répéta impatiente Beckett , le ventre noué, en ouvrant les yeux pour le voir sursauter devant elle.

- Je…..d'accord, que veux-tu savoir ?

Tout…...rien…tout….. je ne sais pas, étaient toutes les réponses qu'elle souhaitait lui donner. Elle voulait savoir pourquoi il la tutoyait, pourquoi son père le connaissait, pourquoi elle était censée lui faire confiance alors que chaque fibre de son corps le détestait, pourquoi il était là et pas Will. Pourquoi…..elle avait l'impression qu'ils étaient devenus plus ? Sentant les larmes remontées, sa fatigue la submerger, elle ravala sa salive et déclara d'une voix qu'elle espérait sûre et neutre:

- Je travaille toujours au douzième ?

A sa question, il releva le regard de surprise. Huit ans ? et tout ce qu'elle demande c'est son statut professionnel ? Il était sous le choc et encore plus terrifier, parce qu'en une seule question il savait que c'était bien Beckett devant lui et non Kate. Elle était en train de se protéger en montant un nouveau mur, il pouvait le voir à travers son regard, sa posture…..Elle le toisait comme un criminel dans sa salle d'interrogation…..son cœur se brisa …..ses mains se mirent à trembler et de peur d'éveiller ses soupçons, il s'accrocha aux accoudoirs du fauteuil pour donner bonne figure.

Comment pouvait-il avoir l'impression de perdre sa femme une deuxième fois ?

- Castle ? grinça-t-elle paniquée.

Elle savait qu'elle venait de le blesser. Il la regardait avec tellement de douleur, qu'elle commença à se demander si ce n'était pas Castle qui l'avait attendu pendant deux ans…..oh mon dieu, non….oh mon dieu, non….Elle ne pouvait pas s'être rabaisser à ça. Elle n'était pas une de ces bimbos ou un nouveau numéro sur son tableau de chasse…..

- Je.. Oui. Tu es…. enfin jusqu'à l'accident , tu étais toujours au douzième…..tu en étais le capitaine, souffla-t-il sans faire attention aux répercussions de cet aveu.

- Capitaine ? Je suis devenue Capitaine ? répéta-t-elle surprise en tentant de ne pas laisser son angoisse culminer

- Oui

- Capitaine du douzième ? répéta-t-elle incrédule

- Hum…

- Eh bien moi qui pensais que Montgomery ne prendrait jamais sa retraite, …Evelyne doit être aux anges, pensa-t-elle à haute voix, en tenant de cacher sa nervosité.

Capitaine ? Elle était Capitaine du douzième….Un élan de fierté la transporta. Elle avait évolué et certainement fait ses preuves pour en arriver là. Secrètement, elle espéra être un aussi bon capitaine que Roy. Prendre sa relève était un sacré challenge selon elle. Curieuse, elle enchaîna la seconde question sans faire attention au teint blême de Castle :

- Et les gars ? Travaillent-ils toujours ensemble ?

- Esposito a pris ta place après l'accident. C'est un poste d'intérimaire, le temps que tu te remettes.

- Pendant deux ans ? fit-elle estomaquée que ce poste puis-être rester à la vacance

- On ne voulait pas d'un remplaçant… , pas temps que….., soupira Castle démuni qu'elle ne lui pose pas une seule question sur lui, sur eux.

- Oh

- Ecoute, je…j'ai besoin de savoir…quelle est la dernière chose dont tu te souviennes ? demanda-t-il avec le peu de courage qui lui restait.

Il avait besoin de se situer dans le temps. Il était pratiquement sûr qu'elle était restée à l'été après leur première année. A cette dispute qu'ils avaient eu après le cas de sa mère mais il espérait ….qu'il avait tort.

- Ce que je me souviens ?

- Oui…

Souhaitant le rabrouer pour cette question qu'elle supposait être personnel, elle se ravisa en pensant qu'il était le seul ici à pouvoir combler son amnésie. Son père lui avait dit qu'elle pouvait lui faire confiance et elle avait la désagréable sensation qu'il y avait plus entre eux. Se mordant la lèvre inférieure, elle hésita à dire la vérité quand il lui murmura en semblant comprendre son hésitation :

- J'essai juste de savoir ou tu en es pour combler le vide. Kate, je t'assure que tu peux me faire confiance.

- Te faire confiance ? Je pense l'avoir fait quand je t'ai dit de ne pas ouvrir le cas de ma mère.

Le voyant baisser la tête, elle inspira en avouant excédée de ne pas avoir le contrôle sur sa vie :

- Très bien, la dernière chose dont je me souviens c'est Will Sorensen.

A sa remarque, il releva les yeux et lui murmura timidement :

- A l'hôpital ? Après la fusillade ?

- Pas vraiment, répondit-elle agacée

Fronçant les sourcils, il chercha dans sa mémoire. Elle avait parlé du cas de sa mère, mais aussi de Sorenson…Il ne comprenait pas ou elle se situait. Après s'être disputer sur l'ouverture du dossier, il ne souvenait pas que Kate est recroisée le chemin de Will.

Le voyant complètement perdu, elle toisa du regard ,avant de prendre son courage à deux mains, et ,de poser la question qui la bouleversait depuis son entrée dans sa chambre :

- Est-ce qu'on couche ensemble ?

- Je…pardon ?

- Est-ce qu'on couche ensemble? Pourquoi es-tu ici Castle ? Pourquoi dois-je te faire confiance ? Pourquoi connais-tu mon père ? Pourquoi…

- Parce que je t'aime, la coupa-t-il en la sentant au bord de la panique face à ce flot d'interrogation

A son teint blême, ses yeux terrifiés et sa posture rigide, il sut que ce n'était pas la réponse qu'elle souhaitait entendre. En une fraction seconde, elle le dévisagea encore plus qu'il n'était possible.

- Kate, je…..

- Est-ce que c'est réciproque ? couina-t-elle désemparer

- Je...Oui

Fermant les yeux, elle inspira plusieurs fois. Ils s'aimaient ? Comment était-ce possible ? Elle était censée le détester, elle était censée être avec Will. Ses mains tremblèrent, ses larmes commençaient à couler sans qu'elle ne puisse les stopper et quand elle sentit la main de Rick sur la sienne, elle sursauta en arrière comme s'il l'avait brûlé.

Ouvrant les yeux, elle le vit en pleurs à ses côtés, le regard fixé sur son annulaire droit. Et à cet instant…elle sentit son monde s'écrouler. Une bague….elle était mariée, elle était mariée à Rick Castle ! Comment était-ce possible ? Comment avait-elle pu dire oui à cet homme ? A ce playboy de la page six ? Comment avait-elle pu être le numéro 3 des Madame Castle ? Comment avait-elle pu….

- Kate, écoute, je…..

- Allez-vous-en, sanglota-t-elle comme un animal blessé.

Mon dieu, pourquoi s'était-elle réveillée ? Pourquoi n'était-elle pas restée coma ? Pourquoi la vie était si injuste ?

- Kate,

- J'ai dit dehors ! dehors ! hurla-t-elle en gémissant de douleur face à ses mouvements qui contractèrent ses muscles.

- Calme-toi, tu vas te faire mal, pleura Rick en tentant de l'apaiser

- Ne me touchez pas !

- Kate

- Allez-vous en Castle !

Ces pleurs lui transpercèrent le cœur et le brisa un peu plus. Doucement, il recula en levant les mains comme un signe de reddition et lui murmura :

- Je vais chercher les infirmières et ton père, je…

- Allez-vous en , gémit-elle. Allez-vous en…..


billy1  (13.10.2018 à 10:30)

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