VOTE | 694 fans

Monde virtuel de Castle

Pas sans toi

Créateur : billy1 
Date de création : 03.10.2018 à 17h05

Message du créateur :
Fic OCC . Que se passe-t-il quand tout ce à quoi vous vous raccrochiez a disparu?

Cet épisode compte 9 paragraphes

Afficher l'épisode

Avec toi


-Je n'arrive pas à dormir la nuit

-Je ne pense pas que l'usage des médicaments soit bien utilisés dans votre cas , vous avez déjà des …

-Non, je ne veux pas de médicaments, en tout cas, pas plus que ce que j'ai déjà, soupira-t-il , les yeux cernés et rougis, les épaules affaissés et le regard mélancolique.

Il avait l'impression de ne pas avoir dormit depuis une décennie. Chaque jour qui passait était un enfer sur terre pour lui, il avait du mal à commencer une nouvelle journée, à simplement respirer. Tout était démunie de sens sans elle. Il avait l'impression d'être dans un gouffre, un gouffre dans lequel il ne pourrait pas sortir... sans elle.

-Que souhaitez-vous alors Richard?

Levant les yeux avec un regard larmoyant, il voulait lui dire « juste elle », tout ce qu'il voulait c'était « elle », mais ce désir était presque dénué de sens . Il se sentait complètement abattu par la situation, par ces séances de thérapies hebdomadaires qu'il jugeait inutile alors il murmura désemparer :

-Je voudrais que vous me disiez ce que je dois faire

-Vous savez que les raisons de ces séances sont pour que vous trouviez seul votre voix. Je peux vous aider, je….

-Je suis ici depuis un an . Un an,…un an, sans dormir sans elle, sans la voir sourire, ou rire, un an à me demander si je suis fou d'attendre encore ou pire d'y croire encore. Je n'en peux plus. Je n'y arrive plus. Je n'ai pas besoin que vous m'aidiez à trouver ma voix, je veux simplement que vous me donniez la solution. Je ne peux plus continuer comme ça, vous ne le voyez pas?

-Mr Castle vous ai-je déjà expliquer les étapes du deuil?

-Je ne suis pas en deuil, Beckett….Kate est encore en vie! S'exclama-t-il sur un ton tellement abattu à force de le répéter à tout son entourage qu'on penserait qu'il a dû mal à y croire lui-même. Elle est en vie. Pourquoi tout le monde me parle de deuil!

-Comme vous me l'avez souligné, cela fait déjà un an. Les médecins, les études, tout indique qu'après plus de six mois dans le coma, personne ne se réveille.

-Alors quoi? On arrête tous les soins et on la laisse mourir sous prétexte que les études nous démontrent que personne ne se réveil ?

-Richard, je…

-Vous la connaissez. Vous savez qui est ma femme. Elle est Kate Beckett, elle ne meurt pas devant une balle, ou dans un congélateur, ou devant une bombe sale ! Vous la connaissez ! sanglota Rick, le cœur brisé devant le regard attristé de Burke qui le voyait se débattre semaine après semaine après l'accident. Elle est Kate Beckett, elle ne peut pas mourir…..Vous attendez, elle ne peut pas mourir, reprit-il difficilement en sentant ses poumons manquer d'air et la bile remonté.

- Oui, je vous entend, Richard, abdiqua le thérapeute démuni devant sa détresse.

XXXXXX

- Alors j'ai dit à Gina que mon contrat avec elle était terminée. Je sais…j'aurais dû le faire depuis longtemps, sourit-il en observant chacun de ces traits.

- Espo est passé hier avec Lanie, je crois qu'ils sont de nouveaux ensemble…je sais, ça ne me regarde pas et je ne devrais pas fouiller, mais quand même, tu n'es pas un peu curieuse ? ….

- Je….., soupira-t-il en ne la voyant pas réagir. Kate ? tu m'entends, chérie ? tu m'entends ?

XXXXXXXX

Alors, on arrive à la phase cruciale...blanc ou bleu, Beckett? demanda-t-il en brandissant deux rouge à ongles devant le corps endormie de sa femme.

C'était la fin d'après-midi et il se retrouvait seul avec Kate. Les visites se faisaient de plus en plus rare désormais. Les gars n'arrivaient plus à entrer dans la chambre et regarder leur supérieure, leur amie dans le coma. Lanie, elle, passait trois fois dans la semaine mais ces visites se faisaient de plus en plus courte. Seul Martha, Jim et Alexis passaient régulièrement voir Beckett. Tantôt pour un peu de lecture, tantôt pour lui parler et converser de leur journée, tantôt pour simplement être présent pour elle.

Rick, lui, ne quittait que très rarement le chevet de sa femme. Il venait tous les jours, tous les après-midi et tentait par ses mots , par ses gestes d'établir un contact avec elle. Mais les jours, les semaines, commençaient à peser sur son coeur et il avait de plus en plus de mal face à cette solitude.

- Allez, va falloir me le dire, sinon, je vais devoir prendre la décision tout seul...allez, Beckett, blanc ou bleu ?

L'observant encore quelques secondes, il soupira en ne la voyant toujours pas réagir. Elle était allongée, les yeux clos, les cheveux tressés en train de dormir paisiblement. Déposant ses effets sur la table de chevet, Rick se gratta la nuque et murmura abattu :

- On va partir sur le blanc, je sais que le bleu tu n'y tiens pas vraiment.

Lentement, il s'installa sur une chaise près d'elle et lui découvrit les membres inférieurs pour lui caresser tendrement le bout des pieds. Sans sans apercevoir, il commença à pleurer silencieusement en se demandant encore combien de temps il arriverait à tenir sans elle.

XXXXXXX

Six mois plus tard.

Assis comme à son habitude depuis des mois, il caressait tendrement la main de sa femme en lui racontant sa journée. Il avait espoir que quelque part, le son de sa voix guiderait Beckett et qu'un jour , elle se réveillerait.

La dernière étude en date sur ce sujet démontrait que certain patient était capable de se remémorer des conversations qu'ils avaient entendu dans le coma. Alors, comme un rituel bien huilé, il lui contait chacune de ses journées, de ses fantaisies ou de ses maladresses avec l'espoir de la voir se réveiller, ou lui sourire ou simplement rouler des yeux à ces élucubrations.

Mais ce rituel qui avait commencé comme un espoir était de plus en plus douloureux pour lui. Il avait de plus en plus de mal à y croire, à faire face à toute cette situation. Les jours, les semaines, les mois se succédèrent et son état était toujours le même.

Un an et demi à l'attendre, un an et demi à se battre avec le corps médical pour continuer les soins, à affronter ses proches qui tentait vainement de lui faire prendre conscience de la situation, un an et demi à vivre un cauchemar vivant.

Pleurant silencieusement, il l'observait les yeux clos , le visage apaisé, et les cheveux toujours brossé avec soins. Elle semblait endormie et bien loin de ses préoccupations. Le cœur brisé, il renifla en avalant douloureusement sa salive , tout en lui murmurant :

-Je sors de chez Burke…qui aurais cru que j'ai passé plus de temps de thérapie que toi ?…,déglutissant en repensant à leur conversation, il hésita à continuer avant de dire:

-Tout le monde s'inquiète pour moi…pour mon état psychologique….je leur dirais bien d'aller au diable, de s'occuper de leurs petits maux et de me laisser en paix, …..nous laisser en paix, mais…je ne peux pas. Je ne peux pas parce qu'il commence à envisager de placer Lily. Kate, il faut que tu te réveils. Tu m'avais promis que la prochaine fois que je referais ça, je ne serais pas seul. Tu m'as promis , Kate. Alors, s'il te plait réveil toi, ne m'oblige pas à choisir entre toi et Lily…s'il te plaît.

XXXXXXXXX

Cinq mois plus tard.

-Alors, moi je prend la tasse rose à paillette et toi celle avec des coccinelles ?

-Oui! sourit Lily affublé d'un costume de fée avec des ailes dans le dos et entourées de toutes ces peluches pour le thé de l'après midi avec son père.

-Tu es sûre que tu ne veux pas la tasse rose ? sourit Castle en la voyant froncer des sourcils tout en étudiant les deux tasses.

Lily était une petite fille pleine de malice et très très active. Elle était un joli mélange de Rick et Kate. Brune aux yeux bleus, la silhouette élancée de sa mère et les cheveux mi-long, elle était aussi gourmande que Rick mais avec pris du côté de sa mère pour la réflexion. A chaque sourire, chaque froncement de sourcil de sa part, Castle sentait son ventre se noué face à l'image qu'elle lui renvoyait. Elle ressemblait à Kate….même un peu trop à son gout.

-Lily, déglutit-il, le ventre noué, en la voyant toujours silencieuse avec le même regard que Beckett

-Non, sourit-elle avec le même sourire ravie que sa mère lui lançait quand elle était heureuse. Je veux les coccinelles !

-Va pour la tasse rose à paillette pour moi alors, bougonna Rick en commençant le service de thé. Alors qui veut de la tisane Mesdames? ajouta-t-il en direction de toutes les peluches sur le sol

-Moi, moi !

-Les invités d'abord, jeune fille, rit-il devant son enthousiasme.

Alors qu'il allait commencer son rituel, la sonnerie de la porte le stoppa dans ses activités et il soupira.

-Qui ose interrompre le thé des Castle? fit-il dramatiquement pour faire sourire sa fille

-gram's!

-non, chérie, elle est allée faire du shopping alors elle ne rentrera qu'à l'aube

-Lexi!

-Hum, hum…allons voir , jolie fée, sourit-il en se levant avec des ailes sur le dos, une tiare sur la tête et des paillettes sur le visage.

Heureux, il s'étira avant de partir ouvrir et découvrit Jim à la porte , le visage fatigué, l'air soucieux malgré un sourire timide.

-c'est l'heure du thé avec ma petite fille ? demanda le patriarche devant l'accoutrement de son gendre

-Oui, bonjour Jim, rentrer

-bonjour Richard, sourit-il, usé par le poids de ces deux dernières années. Comment ça va Lily Bug ?

-Papi ! s'exclama folle de joie , la petite en renversant quelques peluches sur le passage pour aller embrasser son grand-père

-hey, chérie, soupira tendrement Jim en l'enlaçant dans les bras tout en humant son odeur pour se sentir moins briser.

A chaque fois qu'il prenait Lily dans ses bras, il avait le même rituel. Il l'enfermait dans une tendre étreinte, fermait les yeux et tentait par le biais de sa petite-fille de retrouver un peu de sa fille aussi. Ce spectacle attristait toujours Rick. Son beau-père avait déjà dû faire face à la perte de sa femme et il devait aujourd'hui, faire le deuil de sa fille.

Déglutissant devant cette image, Rick inspira fortement pour se redonner bonne figure, et demanda sur un ton qu'il souhaitait joyeux:

-Jim, souhaitez-vous un café ?

-Oh, je ne veux pas déranger, je suis juste venu discuter et ….

-Vous êtes à la maison. Vous ne ne nous déranger pas, pas vrai cacahuète?

-Oui! sourit la petite en sortant de l'éteinte de son grand-père pour repartir jouer avec ces poupées.

-Dans ce cas , je ne refuserais pas un café

-Je dirige le chemin, sourit Rick en partant à la cuisine pour commencer le service.

Un brin anxieux et d'une infinie tristesse par rapport à la discussion qui allait avoir lieu, Jim se gratta maladroitement le cou de lassitude. Ses deux dernières années avaient été en enfer pour lui. Il avait dû affronter le coma de sa fille, la naissance de sa petite fille et la descente aux enfers de son gendre avec tellement d'impuissance que le désir de retomber dans l'alcool avait été parfois irrésistible.

La vie était si injuste. Sa fille aurait mérité de vivre une once de bonheur, elle aurait mérité de connaitre sa fille, elle aurait dû avoir droit de construire sa vie de famille. Au lieu de ça, il la regardait dépérir dans son lit d'hôpital jour après jour le cœur meurtri.

-Jim? l'interpella Rick en le voyant toujours au milieu du hall dans ses pensées

-Oh, pardon, s'excusa le patriarche , le ventre noué et des cernes aux yeux.

Inspirant doucement, pour se donner du courage , il sourit à sa petite-fille qui disputait MonKey Bonky pour avoir mangé tous les cookies et se dirigea près de l'ilot de la cuisine, ou Castle l'attendait en l'étudiant.

-Alors que me vaut le plaisir de votre visite? demanda l'écrivain en lui offrant sa tasse de café et un sucre.

-Je suis allée voir Kathie , aujourd'hui

-Un souci? L'hôpital ne m'a pas appelé et…

-Non, non, tout va bien, Richard, enfin…c'est toujours la même chose, soupira-t-il vaincu.

Hochant silencieusement de la tête, Castle ferma quelques secondes les yeux, en sentant son cœur s'emballer. Il n'était pas allé voir Kate depuis deux jours. Le docteur Burke ainsi que le pédopsychiatre de l'hôpital l'avaient informé que Lily ne devrait pas être aussi souvent au chevet de sa mère. Qu'inconsciemment la petite aurait plus tard des difficultés à assimiler les choses et qu'il n'était pas bénéfique pour un enfant de son âge de passer son temps dans les couloirs des hôpitaux à attendre le réveil de sa mère.

S'il avait régulièrement occulté leur propos, le temps et les mois passés lui firent réviser ses idées. L'état de Kate était inchangé et les questions de Lily étaient de plus en plus fréquentes et précises. Elle avait de plus en plus de mal à rester dans la chambre de sa mère et demandait fréquemment pourquoi elle ne se réveillait pas comme blanche-neige et la belle au bois dormant. Pourquoi sa mère ne voulait pas la voir et si elle était douloureuse.

Après moult hésitations, Rick avait ralenti les visites à l'hôpital pour le bien être de sa fille et devait attendre que sa mère ou Alexis puisse la garder pour rester au chevet de sa femme.

-J'ai vu le médecin Kobalt aujourd'hui, continua sur un ton incertain le patriarche

-hum

-Il m'a notifié qu'à la fin du mois, on en sera à deux ans.

-Je n'ai pas besoin de ce médecin pour savoir quand j'ai perdu ma femme ou pour connaitre la date d'anniversaire de ma fille.

-Je le sais, je le sais, temporisa Jim qui savait par expérience que cette conversation risquerait d'être houleuse.

-Mais? insista Rick qui sentait que son beau-père était sur la réserve au sujet de cette situation.

-Je ne pense pas que Kathie aurait souhaité ce genre de vie. Ça fait deux ans, Richard, et rien n'indique qu'elle se réveillera.

-Alors quoi? On arrête tout? pesta-t-il en regardant du coin de l'œil Lily jouer l'air de rien

-Je sais que vous l'aimez, je n'aurais pas pu mieux espérer pour ma fille mais rendons nous à l'évidence….. Kathie n'aurait pas souhaité ce genre de vie pour elle, pour vous ou pour Lily. Il s'agissait aussi de ma fille, ma fille et…

-Je ne peux pas, Jim. Je ne peux pas arrêter….c'est au-dessus de mes forces.

-Laisse-moi prendre la décision dans ce cas, fils.

A la demande de son beau-père, Rick releva brusquement la tête pour le dévisager. Venait-il de lui demander d'être le décisionnaire des soins de Kate? venait-il de sous-entendre qu'il arrêterait les soins de sa fille pour le soulager de cette décision?

Complètement pris au dépourvu par cette demande, il déglutit douloureusement en écoutant Jim lui confesser avec une extrême tristesse :

-Je ne veux pas lui dire au revoir. Kathie….Kathie était tout ce qui me restait …mais ce n'est pas la vie qu'elle aurait choisi….tu le sais, au fond de toi, tu le sais. Elle était indépendante et forte, elle n'aurait pas souhaité qu'on la veille jour après jour sur un lit d'hôpital. Même si je sais que je ne pourrais jamais me relever de la perte de ma fille, il est temps que nous commencions à prendre conscience que…

-Elle n'est pas morte, il y a encore de l'espoir et…

-Elle est partie Richard. Elle n'est plus là et on va devoir sans faire une raison. Ma petite fille est partie….ta femme est partie, pleura silencieusement le patriarche en sentant son cœur se briser en mille morveux à la vue de Rick. Je suis désolé mais Kathie est partie , il y a deux ans. Ma petite fille n'aurait pas voulu cette vie là...deux ans, Richard, il est temps de la laisser partir en paix.

Il avait l'impression de se voir des années en arrière à la mort de Johanna, sauf que cette image que lui renvoyait Castle était infiniment plus douloureuse. Sa fille ….était morte et voir son gendre qu'il considérait comme son fils aussi anéantit était pire que sa propre douleur à l'époque.

XXXXXXXX

Une semaine plus tard.

Assis l'un à côté de l'autre dans ce vaste bureau médical, Castle écoutait le cœur brisé les explications du docteur Kovacs sur l'arrêt des soins de Kate.

Il avait l'impression que son monde s'écroulait.

Assis à ses côtés ; Jim peinait à retenir ses larmes. Le médecin leur expliquait que l'euthanasie n'était pas légalisé dans le pays et mais qu'il pouvait faire en sorte d'alléger les souffrances de Kate , en arrêtant certains médicaments et en laissant la nature reprendre son droit.

A ces mots, il sentit son gendre se crisper et grimacer de douleur. Abattu lui aussi, il lui prit la main d'un geste paternel pour lui montrer son soutien et ne la lâcha pas jusqu'à la fin de l'entretien.

Ils avaient convenu d'arrêter les médicaments dès le lendemain mais le médecin leur avait expliquer qu'il faudrait surement attendre des jours voir des semaines.

Complètement démuni, il observa Rick hocher simplement la tête, et se lever sans un mot avant de signer fébrilement la feuille de limitation thérapeutique.

Fermant les yeux, Jim inspira deux fois avant de se donner le même courage et d'apposer sa signature auprès celle de son gendre.

Les yeux rougis, le visage ravagé par les larmes, Rick observait avec une douleur intenses les mots écrits sur le papier :

« arrêt des soins médicalisés de Madame Katherine Castle née Beckett. Refus de réanimer. Seuls les soins de conforts et d'hygiène sont autorisés »

Sentant la bile lui remonter au fond de la gorge, il sortit brusquement du bureau pour retrouver les toilettes pour homme, ou il régurgita son petit déjeuner tout en pleurant et se maudissant.

Comment avait-il pu perdre espoir ? Comment avait-il pu signer ça ?

Le retour dans la chambre de Kate fut le plus douloureux qu'il est eu à faire. Il culpabilisait pour ses actions, il culpabilisait de ne pas avoir pu empêcher l'accident, il culpabilisait de l'avoir laissé sortir ce jour-là, il culpabilisait pour tout….

Assis près de sa femme, il lui prit la main et se mit à pleurer en lui demandant pardon sous les yeux démunis de Jim:

-Pardon, Kate….pardon…. je suis désolé….je t'aime, chérie, je t'aime…je suis vraiment désolé.

XXXXXX

Deux semaines, plus tard

Endormis de son côté du lit sans déborder de celui de sa femme, Castle dormait. Il n'arrivait pas à rester endormi plus de quatre à cinq heures par nuit depuis l'accident mais depuis la signature d'arrêt des soins, son sommeil s'était encore plus de réduit.

Il avait l'impression d'avoir pris dix ans tous les matins. Ces cernes étaient de plus en plus difficile à masquer et son rasage laissait à désirer. Il déambulait tristement dans la chambre de Kate tous les jours en lui murmurant les mêmes mots :

- Allez, si tu dois te réveiller c'est maintenant…allez, Kate…

Les nuits étaient toujours les mêmes. Les cauchemars ne s'estompaient pas et la culpabilité grandissait d'heures en heures.

C'est donc complètement endormi, en boule sur un côté du lit qu'il se réveilla en sursautant en attendant la sonnerie de son téléphone. Les yeux somnolent mais les gestes vifs, il se releva brusquement le cœur tambourinant en reconnaissant la sonnerie de l'hôpital et répondit anxieusement au bout de quelques secondes :

-Castle

-Mr Castle , bonsoir, je suis désolée de vous appeler au milieu de la nuit mais vous devez vous rendre rapidement au chevet de votre femme.

-Qu'est-ce qui se passe? déglutit-il les mains tremblantes

-Je n'ai pas droit de donner de nouvelles par téléphone. Nous vous attendons dans sa chambre, monsieur.

-Est-ce qu'elle est…est-ce qu'elle est partie? pleura Rick en sentant un gouffre s'ouvrir

-Monsieur, vous devriez venir. Je suis désolée, je ne peux pas vous en dire plus à son sujet par téléphone, souhaitez-vous que j'en informe le deuxième contact sur la liste des appels? Il est notifié qu'il s'agit de Mr Beckett, son père ?

-Je…non…enfin….je ne sais pas, balbutia-il les mains tremblantes, le visage ravagé par les larmes.

-Mr Castle, vous…

-Appelez-le,…je serais là dans quelques minutes, l'interrompit Rick en raccrochant le cellulaire pour se laisser tomber au sol.

-Kate….mon dieu Kate….non, sanglota Rick en tombant les genoux sur le parquet tout en sentant la nausée le prendre.


billy1  (03.10.2018 à 17:06)
Message édité : 08.11.2018 à 03:04

Pas sans toi...chapitre 2


Il avait l'impression de marcher à reculons. Chacun de ses pas étaient lourds. Ses pleurs ne se tarissaient pas depuis qu'il avait reçu l'appel téléphonique de l'hôpital. Sa respiration était de plus en plus saccadée, il avait l'impression de manquer d'air.

Comment avait-il pu arrêter les soins ? Comment avait-il l'abandonner ?

Inspirant en sanglotant, il sentit une légère pression sur son avant-bras et sans lever le regard sur sa mère qui se trouvait à ses côtés, il murmura d'une voix brisée par le chagrin:

- Je l'ai tuée, j'ai tué Kate

- Richard, fulmina la matriarche en se stoppant au milieu de ses couloirs froids et hostiles. Ne soit pas ridicule, tu…..

-Comment ai-je pu faire ça, comment ai-je pu l'abandonner, gémit-il en reniflant sans cesser sa marche funèbre. Comment j'ai pu lui faire ça?

Levant les yeux sur la démarche précaire de son fils, Martha sentit son cœur se briser un peu plus.

Elle avait pensé être prête à la nouvelle. Deux ans à attendre l'inévitable, pourtant quand elle s'était réveillée face aux sanglots de son fils, Martha avait senti la nausée la prendre, une de celle qui vous donne envie de vomir et d'hurler de douleur en même temps. Les sanglots de son fils était si intense qu'elle sut à la minute même ou elle l'entendit que Katherine était partie.

Celle qu'elle avait appris à aimer comme sa fille, la mère de sa dernière petite fille et la femme se son fils unique les avait laissé après deux ans de lutte acharner.

Sentant son courage s'amoindrir à chaque pas qu'elle avait repris pour rejoindre son fils, elle se figea face à l'image devant elle. Assis devant la porte de Kate, la tête entre ses mains, se trouvait Jim Beckett en pleurs. Elle pouvait voir ses épaules se lever et s'affaisser à chacune de ses respirations anarchiques.

Comment le monde pouvait-il être si cruel ? Comment pouvait-on perdre sa fille et sa femme ? Comment son fils pourrait-il se relever de la mort de Kate ? Comment allait-elle faire face à la perte de celle qu'elle considérait comme sa fille ?

Les yeux embués par les larmes, elle retint un nouveau sanglot en repensant à tous les après-midi shopping qu'elle avait eu l'occasion de faire avec Beckett, a toutes ses conversations auprès d'un thé ou d'un café qu'elles avaient partagé, à l'annonce de leur mariage puis à celle de sa grossesse de Lily. Elle pouvait entendre son rire, voir son sourire. Au fil des années, elles s'étaient rapprochées , Beckett était devenue Kate aux yeux de Martha. Elle était devenue la fille qu'elle n'avait jamais eue. Déglutissant de douleur, elle leva le regard sur son fils et le vit murmurer face à la vue de Jim, comme si on lui arrachait un membre :

- Non, non…qu'est-ce que j'ai fait.

-Richard, tu.., sanglota-t-elle

-Kate, je suis désolée, Kate, pleura Rick en entra dans la chambre de Beckett sans tenir compte de l'appel de Jim derrière lui et resta figer, le cœur brisé.

Là devant lui, se trouvait le lit vide de sa femme, entouré de quelques infirmières. Le sourire aux lèvres, elles discutaient tout en refaisant le lit vide de Kate.

Perdu et en colère face à toute cette situation, il demanda rageusement en observant chaque recoin de la pièce comme s'il espérait la voir apparaître :

- Ou est ma femme ?

-Mr Castle, on….. ;

-Ou est-elle ! hurla-t-il face à son lit vide. Vous n'aviez pas le droit de la déplacer ! Vous ne pouvez pas attendre que les gens qui l'aime puisse lui dire au revoir, vous ne pouvez pas….

-Elle est en train de passer des examens, Richard, l'interrompit, les yeux rougis mais un sourire aux lèvres Jim, d'une main sur l'épaule

-Vous ne pouvez pas….je…..quoi ? balbutia-t-il , le visage ravagé par les larmes alors que Martha hoquetait derrière lui de surprise

- Elle passe un examen et…

- Un examen ? Quel examen ? Pourquoi Kate passe un examen à ….trois heures du matin !

- Elle s'est réveillée, fils, souffla le patriarche en le prenant dans ses bras tellement forts que la respiration de Castle se bloqua. Elle est réveillée, Richard. Kathie s'est réveillée.

A l'annonce de son beau-père, Rick se figea en tentant d'assimiler ses propos. Sa femme était partie à un examen à trois heures du matin parce qu'elle était réveillée ? Étais-ce une blague de mauvais goût? Les gens étaient-ils aussi cruels pour lui faire endurer ça ? Relevant le regard, il tomba sur sa mère qui pleurait de joie derrière Jim.

-J'ai eu la même réaction que toi mais quand je l'ai vue, je…..

- Tu l'as vue ? le coupa Rick en sortant de son étreinte pour le dévisager

Il sentait que son cœur battait à un rythme effréné, que son estomac se nouait à chaque parole et que la position debout, face à toute ce yoyo émotionnel était plus que précaire.

-Oui. Elle était au bout du couloir avec une batterie d'infirmière. Elle était réveillée, fils, pleura Jim tout sourire. Elle était réveillée…ma Kathie.

- Réveillée ? je….tu es sûr ? parce que….

- Je t'assure que je ne suis pas sénile, rit-il face au regard stupéfait et craintif de Rick . Elle m'a pas parlé et…..

-Elle t'a parlé ? déglutit Rick qui n'arrivait toujours pas à y croire

- Oui. Elle était fatiguée mais elle m'a reconnue.

Castle le dévisagea quelques secondes en se demandant si tout ceci pouvait être vrai. Jim semblait si heureux et euphorique, que lorsque l'idée que Kate pouvait bel et bien être réveillé, il se laissa choir sur le sol, les genoux a terre en tentant de chercher son air. Apeurer en l'observant se mettre à terre de peur qu'il ne fasse un malaise, Jim et Martha crièrent :

-Richard !

- Qu'a-t-elle dit ? pleura-t-il en inspirant pour trouver l'oxygène qui semblait lui manqué depuis deux ans.

- Richard, on devrait peut-être aller te chercher un brancard ou l'une de ces chaises qui donne pour les patients, je….

-Qu'a-t-elle dit ? répéta-t-il sur un ton impatient

-Oh… pas grand-chose, juste « papa » et « mal ».

-Mal ? Elle a mal ? s'inquiéta-t-il soudainement

-Le médecin a dit que c'était normal. Que ses muscles s'étaient enquilosés depuis deux ans malgré les heures de kinésithérapeute et qu'il faudrait certainement des semaines de rééducation, voir même des mois

-Mais… elle est réveillée ?

-Oui, fils, elle est réveillée, sourit en larmes, Jim, avant de s'agenouiller pour reprendre Rick dans les bras et le serrer tendrement.

XXXXXX

Assis dans le couloir, il regardait d'un œil attentif son gendre faire les cent pas depuis plus d'une heure. Martha était partie chercher un café et avertir Alexis de la situation depuis plusieurs minutes déjà en sentant sa patience s'amoindrir face aux aller-venues de son fils unique.

-Combien de temps, encore ? pesta Rick qui n'avait toujours pas vu sa femme ou eu de nouvelles

-Je ne sais pas, soupira Jim en sentant Richard à fleur de peau

-Il ne faut pas des heures pour faire un examen ? Et s'il y avait un problème ? Et s'il était de nouveau dans le coma ? Et si….

-Richard ! le stoppa le patriarche sévèrement en le dévisageant. Respire et calme-toi.

- Me calmer ? Me calmer ? Ma femme s'est réveillée après deux ans de coma et je…

-T'agiter ne fera pas remonter Kathie plus vite et tu commences à …

-Pour Madame Katherine Castle ? les interrompit un médecin , en blouse blanche, d'une cinquantaine d'année , un dossier à la main.

Levant leur regard dans un synchronisation parfaite, Jim et Rick se précipitèrent à son encontre en répondant d'une même voix :

-Oui !

-Bonjour, je suis le Dr Pierce. C'est moi qui est pris en charge Madame Castle depuis son réveil , commença le médecin avant de faire une pause pour les laisser assimiler l'information.

Fatigué par toute cette attente , Castle l'observa quelques secondes avec impatiente avant de le questionner sans relâche devant son manque d'élocution :

- Comment va ma femme ? Est-elle réveillée ? a-t-elle dit quelque chose ? Mon beau-père me dit qu'elle est douloureuse, lui a-t-on donné quelque chose ? Je….

- Oula , doucement, doucement, temporisa la blouse blanche en lui souriant. Il va falloir penser à respirer et à vous calmez

- C'est ce que je m'efforce de lui dire, grommela Jim en tendant la main au corps médical. Bonjour, je suis Jim Beckett, le père de Kate et voici Richard Castle son mari.

- Bonjour, Mr Beckett, comme je le disais je suis le médecin de garde de cette nuit. Je dois dire que je n'ai jamais eu de cas comme ceci durant ma carrière, mais je suis heureux de vous annoncer que contre tout attente et par miracle, votre fille s'est réveillée.

- Tout un coup ? comme ça ? s'étonna Rick qui bouillonnait de d'interrogation et de stress

- Non, son réveil a du se faire par pallier. Mais comme elle n'était plus reliée au matériel médical, en raison de son arrêt thérapeutique , il a fallu attendre des signes extérieurs. Elle a commencé a bougé doucement puis à gémir, ce qui a alerté les infirmières. Après quelques heures à l'observer, on a remarqué une ouverture des yeux.

- Après quelques heures ? On aurait pu être au courant depuis un moment !s'indigna Castle qui avait l'impression d'avoir perdu un temps énorme

- Nous souhaitions être certains avant de vous alerter en pleine nuit. Comme je vous le disais, le cas de votre femme est extrêmement rare, c'est une rescapée.

Hochant simplement la tête en déglutissant , les yeux emplis de larmes, il tenta de temporiser le tremblement de ses mains face à cette nouvelle inattendue. Kate s'était réveillée. Après des jours, des semaines, des mois et des années à attendre, à la supplier, à garder espoir, elle s'était enfin réveillée.

- Après plusieurs examens, il en résulte que votre femme est un mystère médical, ajouta le Dr Pierce en les observant absorber toutes les informations avec attention et angoisse.

- Un mystère médical ? s'inquiéta Jim

- Elle est totalement réveillée désormais et pleinement consciente de son entourage. Les différents examens que nous avons menés nous indiquent que tout est normal. Malgré deux ans de coma, elle n'a pas perdu le sens du langage, ces gestes spatio-temporel sont cordonnées, elle peut mobiliser tous ses membres malgré la douleur due aux années d'alitement.

- Elle va bien alors ?

- Oui….Sur le plan physique, elle aura des répercussions. Elle aura besoin d'aide pour marcher et pour tous les gestes de la vie quotidienne pendant quelques semaines, le temps que ces muscles se remettent à fonctionner sans douleur

- Je…elle va bien, soupira soulagée Rick en dévisageant le médecin et son beau-père comme s'il s'imaginait un plein rêve.

- Elle va bien, sur le plan physique comme je le disais….mais sur le plan psychologique

- Quoi ? qu'est-ce qu'elle a ?

- Rien de grave, temporisa le médecin devant leur regard inquiet. Madame Castle est restée plonger dans un coma pendant deux ans, il est normal de voir des troubles apparaître. Je suis même étonné qu'il n'y en est pas d'autres.

- Quels genres de troubles ?

- Eh bien , commença le médecin en cherchant ses prochains mots avec soins. Votre femme était fatiguée , on a dû la soulager pour la douleur, elle s'est donc rendormie pendant l'examen mais…

- Elle est de nouveau dans le coma !

- Non, non , elle dort simplement. Son corps a subi un traumatisme énorme et elle doit se reposer pour récupérer un maximum.

- Alors quel est le problème avec Kate ?

- Ces réponses à nos questions étaient clairs et précises, mais face à son épuisement , on n'a pas encore pu donner une estimation de son état psychologique.

- En d'autres termes ? s'agaça Jim qui sentait que le médecin tournait au tour du pot

- En d'autres termes, Madame Castle semble avoir perdu quelques mois , peut-être quelques années de mémoire immédiate.

- Je…..elle a perdu la mémoire ? s'estomaqua Castle

- Cette perte peut être induite par son coma et peut-être tout a fait réversible. Dès les premières heures du matin, je contacterais un neurologue qui pourra nous éclairer sur son cas, mais comme je vous le disais, elle est la première patiente connue dans cet hôpital ou dans cet état à s'être éveillée au bout de deux années. On devra faire des recherches sur les cas antérieures et…

- Combien de temps ?

- Pardon ?

- Combien de temps , ma femme a perdu ?

- Oh …eh bien….

- Combien de temps ! s'impatienta Rick au bord de l'épuisement psychologique

- Richard, calme-toi, fils

- Nous n'avons pas terminé notre bilan neurologique mais d'après ces réponses, elle savait qu'elle se nommait Katherine Beckett mais n'avait pas l'air de connaitre son nom de femme.

- Elle …quoi ?

- Madame Castle pense être en juillet 2010.

A l'annonce du médecin, Rick fit trois pas en arrière complètement estomaquer. Son cœur arrêta de battre, ses poumons de respirer et il tenta de calmer son stress qui lui dictait qu'elle ne se souvenait pas d'eux. Elle ne se souvenait pas d'eux…et encore moins de Lily. Comment étais-ce possible? Comment avait-elle oublier huit années de sa vie?

- Est-ce permanent ? s'inquiéta Jim devant le teint blanchâtre de Rick

- Je préfère attendre le neurologue pour vous répondre. Son bilan psychologique et son expertise des différents clichés que nous avons effectué au scanner, nous en dira plus.

- Très bien. Peut-on aller la voir ?

- Oui, oui. Comme je vous le disais, elle dort suit au calmant que nous lui avons administrer. Il serait bon de la laisser se reposer mais rien de ne vous empêche de veiller sur sommeil.

- Très bien…je vous remercie

- On se voit dans quelques heures, conclu le Dr Pierce avant de les quitter au milieu des couloirs de l'hôpital.

Fermant les yeux en tentant de calmer ses battements cardiaques, Jim inspira quelques secondes avant de se tourner pour observer son gendre, totalement effarer et figer sur place. Ses mains tremblaient, son regard était perdu dans le vide et des larmes silencieuses coulaient le long de ses jours.

Se grattant la nuque, il s'avança lentement vers Rick et lui murmura :

- Elle est réveillée

- Je sais

- Tout n'est pas réversible

- On ne le sait pas

- Richard, soupira Jim

- Ça va, ça va, mentit-il en reniflant. Je suis sous le choc de toutes ces nouvelles, c'est tout. Je suis ….ça va. Elle est réveillée, c'est tout ce qui compte.

- Bien. Et je suis certains que dans quelques temps, tout lui reviendra. Il n'est pas possible que Kathie t'oublie.

- Hum

- Mais…heu….si jamais, le processus est plus long que l'on ne l'espère

- Oui ? soupira Castle en levant les yeux vers Jim

- Elle t'aime Richard. Elle n'a jamais aimé quelqu'un d'autre comme toi.

- Elle ne s'en souvient juste pas

- A toi de l'aider à s'en souvenir. Tu es son mari, elle va devoir y faire face, alors à toi de l'aider. Si en se réveillant, elle se croit toujours en 2010, elle va paniquer. Elle va avoir besoin de toi.

- Je ne crois pas que le moi de 2010 va l'enchanter, gémit-il le coeur brisé

- Elle va avoir besoin de son mari, de son partenaire

- Oui….je vais juste devoir lui dire que l'écrivain égoïste et playboy qu'elle pense connaitre actuellement, l'a épousé et qu'ils ont une petite fille ensemble. A part ça, tout ira bien, dit-il dépité en se remémorant qui était Kate Beckett quand il la connu

- Richard, tu…..

- Elle est réveillée, elle est en vie, c'est tout ce qui m'importe pour le moment. Le fait qu'elle se croit en 2010 n'est qu'une broutille, je veux dire, elle est réveillée, tenta-t-il de rationaliser pour apaiser toutes ses craintes

- Oui, mais….

- J'ai juste besoin d'aller la voir pour l'instant. Peut-on y aller ?

- Oui, oui, fils….vas-y donc, je vais attendre Martha avant de te rejoindre.

- Très bien, inspira Rick en séchant ses larmes.

- Tout va bien se passer

- Oui, mentit-il une seconde fois avant de partir lentement, le cœur brisé et anxieusement rejoindre sa femme.

Tout se basculait dans sa tête. Il pouvait revivre tous les moments qu'ils avaient passé depuis qu'ils se connaissaient, les bons comme les mauvais. Il pouvait aussi se revoir en train de prier pour son réveil, tous les jours ces dernières années. Il avait l'impression d'être égoïste. Elle était en vie, elle était réveillée, elle allait bien, alors pourquoi la perte de ces huit dernières années étaient-elles si insurmontables pour lui ?

Il était terrifié. Terrifier de devoir refaire face à la Kate Beckett de 2010. Terrifier de l'effrayer et de la voir fuir. Terrifier de tout refaire, de recommencer leur histoire.

Plus ses pas avançaient jusqu'à sa chambre, plus il ralentissait. Le Dr Pierce avait dit Juillet 2010. Elle se pensait à leur premier été durant leur partenariat, grimaçant à cette estimation, il repensa à l'ouverture du cas de sa mère, à sa colère et à tout le ressentiment qu'elle avait à son encontre.

Les mains tremblantes, il n'osa pour ouvrir la porte. Il n'osa pas faire face. Beckett était réveillée mais Kate, sa femme était partie…..mon dieu, comment allait-il faire face ? Comment allait-il pouvoir expliquer ça à Lily ? Et pire, comment allait-il dire à Kate Beckett qu'elle était la mère de son enfant et qu'ils étaient mariés?



billy1  (07.10.2018 à 19:17)

Il l'avait veillé pendant des heures. Des heures interminables, ou chaque respiration, chaque battement de cœur de sa part étaient étudiés, disloqués de prêt. Il n'avait jamais senti son cœur battre autant depuis des années. Sa femme était réveillée. Il n'en revenait toujours pas.

Le regard fixé sur le visage endormi de Kate, il sursauta quand la porte de sa chambre s'ouvrit pour laisser entrer une horde de médecin et d'infirmières.

Fatigué, il se leva suivit de près de son beau-père et écouta le Dr Pierce annoncé :

- Je tenais à vous présenter, le Dr Sheperd. C'est un médecin spécialisé en neurologie.

- Bonjour docteur, sourit gentiment, les yeux cernés Jim Beckett en observant le jeune médecin d'une quarantaine d'année, lui sourire en retour.

- Bonjour, soupira Castle en hochant simplement de la tête.

- Bonjour. Comme le disais le Dr Pierce, je suis spécialisé en neurologie . J'ai pu étudier les différents scanner de Madame Castle, et d'après les résultats, je peux d'ores et déjà vous dire que votre épouse est une miraculée. Elle n'a aucun déficit neurologique.

- Aucun à part son amnésie, marmonna, toujours sur le choc, Castle

- Oui. Je souhaitais tout d'abord faire un examen minutieux auprès d'elle afin d'évaluer par moi-même cette amnésie. Mais, je tenais à vous informer que d'après les recherches que j'ai pu effectuer, l'amnésie peut être corrigé.

- Ce n'est pas permanent alors ? reprit Castle soulagé, le sourire enfin sur les lèvres.

- Madame Castle est le quatrième cas de coma dépassé qui s'est réveillé après un an. Sur les trois autres cas, deux d'entre eux ont retrouvé la mémoire dans les mois qui suivirent.

- Deux sur trois. Et la troisième ? renchérit Jim en voyant les épaules de son gendre s'affaisser

- Comme je vous le disais, votre fille est une miraculée. On ne peut que faire des estimations à ce stade. On a que très peu de cas, la médecine est donc peu avancée sur la question.

- Est-ce que la durée de son coma peut influencer sur sa perte de mémoire ? Je veux dire….est-ce que les deux personnes qui ont retrouvé la mémoire avait un coma plus prolongé que la troisième ? demanda Rick.

- Je ne vais pas vous mentir. Plus le coma est long, plus les risques sont nombreux. Mais pour le moment, on doit juste évaluer les pertes de mémoires de Madame Castle et avisez ensuite.

Hochant simplement la tête, Rick se retourna pour observer sa femme, les yeux clos, toujours endormis. Il était fatigué. Fatiguer de ces deux dernières années, fatiguer de devoir vivre dans le brouillard. Il souhaitait juste la voir ouvrir ses yeux et lui sourire comme avant. Fermant les yeux, en sentant son estomac se noué à l'idée qu'elle ne souvenait pas d'eux, il sortit de sa transe, avec la question de Jim au médecin :

- Quelles sont les conduites à tenir à son réveil ? Doit-on lui dire la vérité ? Elle est mariée et ne s'en souvient pas apparemment… et ma fille a donné naissance à ma petite-fille au moment de l'accident, elle n'a donc pas connaissance de l'existence de sa propre fille.

- Vous ne devrez pas la surchargez en information. Répondez simplement à ses questions, le plus succinctement possible et sans lui mentir. Elle va être perdue et terrifier en se rendant compte de sa perte de mémoire, il n'y a donc pas besoin de l'effrayer encore plus en la laissant dans le brouillard…..mais trop lui en dire, risque aussi d'altérer sa perception de la vérité.

- C'est-à-dire ?

- Dites-lui qu'elle est mariée. Mais attendez ces prochaines questions. Elle demandera peut-être la date du mariage, des anecdotes à ce sujet et vous lui répondrez. Mais si vous donnez toutes ses informations sans qu'elle ne le demande, elle risque de se mélanger les idées. Sa mémoire risque de revenir et on ne voudrait pas qu'elle freine son processus de guérison parce que sa charge mentale est trop surchargée. Elle aura besoin d'y aller lentement à son rythme. Elle aura besoin de vous deux pour l'aider.

- Donc, je ne mens pas au sujet de notre fille ? déglutit Castle nerveusement

- Non. Elle est mère, elle a le droit de savoir. Mais ne la brusquer pas à une rencontre si elle ne la réclame pas. Comme je le disais, il faut y aller…

- Lentement…à son rythme, acquiesça-t-il douloureusement.

XXXXXXXXXXX

Les heures puis les jours suivirent, avec des signes d'éveils notable. Kate se réveillait puis se rendormait en murmurant le nom de la personne qu'elle observait. Son corps était éreinté, ses muscles atrophiés, elle était dans un état de fatigue extrême.

Les médecins avaient averti Rick qu'il lui faudrait certainement plusieurs jours avant de pouvoir rester éveiller pour tenir une conversation.

Il était impatient mais aussi anxieux à cette idée. Comment allait-elle réagir ? Pouvait-elle retrouver la mémoire avant son réveil ? Qu'allait-elle lui dire ?

Ces questions tournaient sans cesse dans sa tête, jusqu'à un matin….cinq jours après les premiers signes d'éveil.

Il préparait le petite déjeuner de Lily quand Jim l'appela pour lui dire qu'elle était réveillée.

- Je….réveillée ? déglutit-il en posant la fourchette devant lui tout en observant sa fille lui sourire.

La petite brunette buvait son cacao dans son pyjama violet et l'observait tout sourire.

- Oui. Le neurologue est avec elle en ce moment pour évaluer son état. Tu devrais venir.

- Qu'a-t-elle dit ? demanda-t-il anxieusement

- Elle m'a demandé pourquoi elle était là, pourquoi elle avait si mal

- Oh

- Le médecin lui explique les grandes lignes….mais elle est réveillée, Richard

- J'arrive…..j'arrive, déclara Castle en raccrochant

XXXXXXXXX

- Comment ça va chérie , sourit Jim en entrant les yeux rougis dans sa chambre après la sortie du médecin.

Selon son examen approfondi et les différents cas étudiés, il serait très difficile pour Kate de se remémorer ses années manquantes. Son coma prolongé et le flou médical à ce sujet ne permettait pas de donner des espoirs pour le moment.

Il préconisait de dire la vérité quand elle le réclamerait, de l'habitué à son environnement habituel pour stimuler sa mémoire et de l'entourer un maximum. Il l'avait aussi avertit que les personnes qui se réveillaient avec des pertes amnésiques étaient souvent colérique et triste face à cette situation. C'était un traumatisme et comme tout traumatisme, ces personnes devaient apprendre à faire le deuil de leur perte de mémoire.

Face à son diagnostic, Jim hocha simplement la tête en redoutant la réaction de son gendre. L'amnésie serait peut-être permanente….Comment Richard allait-il réagir à la situation ? Comment Kathie allait-elle agir envers lui et Lily ? Il connaissait sa fille…..si elle était sa Kathie avec huit années en arrière, elle allait se murer et fuir, elle allait éloigner Richard autant qu'elle le pouvait. Le cœur brisé, il inspira calmement pour contenir toutes ses incertitudes et pénétra dans la chambre pour tomber sur le regard démuni et perdue de sa fille.

Elle était assise, les cheveux emmêlés, les yeux rougis, les mains tremblantes et la respiration haletante. Quand son regard tomba sur celui de son père, elle inspira largement comme pour contenir toutes ses émotions et lui murmura :

-Hey papa

-Hey…papa, répéta tout sourire Jim pour tenter de calmer la panique qu'il apercevait dans ses yeux. Mon Dieu, je ne pensais pas t'attendre redire ces mots un jour

Fermant les yeux à sa déclaration, elle tenta de garder ses larmes. Elle ne pleurerait pas. Pas devant le médecin et encore moins devant son père. Il en était hors de question…elle ne pleurerait pas. Depuis ce matin, tout était bouleversé. Elle s'était réveillée éreinter, totalement à bout de force, avec chaque partie de son corps douloureuse. Son père lui avait sourit et avait tellement pleurer qu'elle ne comprenait pas ce qui se passait et pourquoi elle était ici.

Ces derniers souvenirs remontaient au diner qu'elle avait eu en tête avec Will. Ils étaient allés au restaurant et avait ensuite prolongé la soirée chez elle. Elle ne comprenait pas comment elle avait pu passer des bras puissants et musclés de Will dans son lit à un lit d'hôpital.

Le médecin était ensuite venu et tout s'écroula pour elle. Elle avait eu du mal à enregistrer ses explications mais les grandes lignes étaient couvertes : accident. Coma. Deux ans. Amnésie….amnésie.

Comment avait-elle pu perdre huit années de sa vie ? Comment avait-elle pu rester dans un coma pendant deux ans ? Qu'avait-elle oublié ?

Elle se sentait démunie, perdue et révoltée. Le médecin lui souriait, tentait de lui expliquer avec des mots simples mais quand il lui demanda si elle avait des questions, elle avait simplement hoché négativement de la tête de peur de pleurer.

- L'amnésie peut être temporaire. Ne vous inquiétez pas Mme Beckett, assura-t-il en prenant garde à ne pas révéler son nom de femme de peur d'activé une attaque de panique chez sa patiente.

Il était ensuite reparti en lui assurant que ses douleurs seraient rapidement calmés par les médicaments et laissa ensuite entrer son père.

A son regard, le boomerang des révélations du médecin lui revint en pleine face. Il la contemplait comme un fantôme. Tout ceci était dingue, complètement fou. Elle devait rêver, elle était en plein cauchemar et elle allait se réveiller auprès de Will….putain, elle était censé être avec Will !

- Kathiebug, tu vas bien ? s'inquiéta Jim en la voyant les yeux clos pour retenir ses larmes

- Oui, murmura-t-elle en sentant son cœur battre à mille à l'heure

- Hey, je suis là, chérie, je suis là, chuchota son père désemparé devant sa tristesse.

Doucement, il se rapprocha et lui caressa tendrement la joue. A cette sensation, elle se répéta « ne pleure pas » « ne pleure pas » « pas maintenant, pas ici ».

- Je suis là, Kathie

Inspirant fortement, en sentant son estomac se noué, elle ouvrit les yeux pour tomber sur le sourire réconfortant et chaleureux de son père. Comment avait-elle pu perdre huit ans de sa vie. Son père avait vieilli, il était marqué par les années, il semblait aussi éreinté et à bout de force. Déglutissant devant ce constat, elle espérait que ces deux dernières années de coma ne l'avait pas fait replongé dans la boisson .

- Kathie, chuchota Jim en la sentant en proie à ses émotions

Malade, nauséeuse, elle avait l'impression que son cœur pourrait sortir de sa poitrine tant elle était terrifier. A bout de force, elle demanda d'une voix rauque pour tenter de calmer son rythme cardiaque :

- Alors…deux ans, hein ?

- Oui….deux ans, chérie…tu m'as manqué, tu as maqué à tout le monde.

Hochant de la tête en se mordillant la lèvre pour cacher sa tristesse, elle se demanda ce qu'elle avait raté….huit années…..mon dieu, huit ans…..Qu'avait-elle fait ? Qu'était-elle devenue ? Était-elle toujours lieutenant de police ? Cette seconde chance avec Will avait-elle fonctionnée ? L'avait-il attendu pendant ses deux années de coma ?

Tout était tellement surréaliste qu'elle sentit son estomac se noué. Huit années….Huit années…bon dieu, elle avait perdu huit années ! « ne pleure pas, ne pleure pas.. »

XXXXXXXXX

Ses mains tremblaient, son cœur palpitait à cent à l'heure, ses jambes flageolaient….Rick Castle était terrifié…..complètement apeuré devant la chambre de sa femme. La tête sur la chambranle de la porte, il inspirait et expirait pour tenter de trouver l'air qui lui manquait.

Elle était là …derrière cette porte….et elle était réveillée. Réveillée et toujours amnésique selon le médecin. Il l'avait appelé sur le chemin de l'hôpital, il souhaitait savoir, savoir comment agir avec elle, savoir si elle allait bien, savoir si…si c'était sa femme derrière la porte ou…Beckett.

- Mr Castle ? Tout va bien ? s'inquiéta une infirmière en le voyant figer contre cette porte

- Heu…oui, bredouilla-t-il en se reculant penaud. Je…..je prenais juste une minute, avoua-t-il en se frottant sa barbe de trois jours.

- Tout ira bien, Monsieur…..elle est réveillée, sourit gentiment Sarah.

Elle l'avait vu pleurer tellement de fois au chevet de sa femme qu'elle se sentait soulager pour lui. Il l'avait veillée, s'était occupé d'elle avec tellement d'amour et de tendresse qu'elle espérait qu'un jour elle pourrait trouver un homme comme lui.

- Oui, elle est réveillée, acquiesça Rick anxieusement avant de toquer trois coups puis entrer dans la chambre.

XXXXX

Dès ses premiers pas, il se figea devant l'image qu'il avait en face de lui. Là, se trouvait devant lui, Kate Beckett, la femme de sa vie, assise dans son lit auprès de son père et qui l'observait. Elle n'était pas endormie, les yeux clos …non, elle était assise et son regard émeraude fut la première chose qu'il aperçut.

- Oh mon dieu, souffla-t-il soulagée et en pleurs. Oh mon dieu, tu es réveillée, tu es vraiment réveillée.

- Ca..Castle ?

Au son de sa voix, il sentit son cœur manqué un battement. Après deux ans d'attente, elle était là en face de lui…et réveillée.

- Castle ? répéta Kate en fronçant des sourcils

Il avait changé…huit années l'avaient changé…il semblait plus mature, plus posé….mais une question émanait depuis son entrée dans sa chambre. Que faisait Rick Castle ici ? Elle l'avait banni du commissariat après avoir ouvert le dossier de sa mère, …elle l'avait banni de sa vie…alors pourquoi pleurait-il en face d'elle ? Pourquoi avait-elle l'impression que son monde était sur le point de changer.

- Richard, rentre donc, déclara gentiment Jim en caressant la main de sa fille pour calmer son flot de questions.

A l'appellation de son père, elle fronça un peu plus les sourcils. Richard ? Il le connaissait ? …..Oh mon dieu, il le connaissait. Tous ses sens de flics étaient en éveil désormais.

- Je…..Comment vas-tu ? balbutia Rick pris au dépourvu par son regard subitement glacial et interrogatif

- Bien….pour quelqu'un qui sort du coma. Qu'est-ce que vous faites ici, Castle ? demanda-t-elle excéder de ne rien comprendre

- Je suis venue te voir.

- Me voir ?

- Ecoute, je sais que tu penses qu'on est fâché, tenta-t-il maladroitement en se sentant complètement démuni devant elle.

Elle l'observait avec tellement d'animosité et d'incompréhension, qu'il sentait son courage partir en fumée. Elle détestait….il la connaissait parfaitement….chaque regard, chaque posture, il l'avait étudié tellement de temps qu'il pouvait en un seul regard, dire à cet instant, que Kate Beckett , le détestait.

- Kathie, chérie, calme-toi

- Je pense que j'ai été assez clair la dernière fois qu'on s'est vu, ajouta-t-elle en le dévisageant toujours sans tenir compte de la remarque de son père. Je vous ai dit qu'on était fini.

- Heu…pas vraiment, grimaça Rick en se remémorant les mots du médecin qui lui disaient de dire la vérité. La dernière fois qu'on s'est vu, tu m'as préparé un brunch avant de partir rejoindre Lanie et Alexis

- Pardon ?

- Kathie, il te manque huit ans, tu te souviens ? argumenta péniblement Jim devant le regard glacial de sa fille sur son gendre.

A sa déclaration, elle dévisagea son père. Huit années….Putain, elle avait perdu huit années mais comment avait-elle pu passer de bannir Rick Castle à lui faire un brunch ? Etais-ce une blague ?

- Kate, je..heu…

- Qu'est-ce que j'ai loupé ? cracha-t-elle démunie et effrayée en sentant sa vie lui échapper.

- Pardon ?

- Pendant ces huit années ?

- Je…huit ans, c'est long et… , bredouilla Rick complètement terrifié devant son regard

- Les grandes lignes Castle, je suis sûr que pour un écrivain ce n'est pas si dur, enfin si vous êtes toujours écrivain !

Au ton qu'elle lui lança, Rick déglutit alors que Jim se leva en embrassant la tempe de sa fille pour lui murmurer :

- Doucement, Kahiebug…..Laisse le s'exprimer…Je vais vous laisser tous les deux

- Non, papa, je…

- Kathie, laisse-lui une chance de s'expliquer. Je sais que tu es perdue et terrifiée, mais…. je lui fais confiance et toi aussi.

- Que…quoi ?

- Dis-lui la vérité, Richard, continua Jim en s'éloignant

- Papa ! tenta-t-elle une nouvelle fois en ne souhaitant pas être seul avec Castle

- Heu..la vérité, couina-t-il en entendant la porte se refermer derrière lui comme un couperet.

Les mots de son père ne firent qu'augmenter sa fréquence cardiaque. Son père connaissait Castle, il le nommait même par son prénom, il lui faisait confiance. Bon dieu mais qu'est-ce qui lui manquait ? Relevant le regard pour l'observer, elle sentit son estomac se nouée un peu plus.

Il la contemplait avec tellement d'anxiété, d'adoration et …d'amour qu'elle referma ses yeux de peur et déclara en sentant les larmes montées :

- Les grandes lignes, Castle

- Je…oui, les grandes lignes, déglutit Rick en faisant quelques pas pour venir la rejoindre auprès de son lit.

Ce n'est pas les retrouvailles qu'il avait imaginé pendant ses deux dernières années. Elle semblait si contrariée et apeurée, qu'il ne savait plus comment agir avec elle. Comment lui dire qu'ils étaient mariés alors qu'elle était si farouchement opposée à sa présence ? Comment lui avouer que sa vie sans elle n'avait plus de sens, quand elle ne se souvenait même pas d'une vie commune ? Comment lui dire simplement « je t'aime » ?

S'installant sur la chaise, autrefois, occuper par Jim, il observa silencieusement sa main droite et déglutit devant l'ironie. Elle portait toujours son alliance….leur « always »…..et pourtant, il ne s'était jamais sentit aussi éloigné d'elle. Il avait l'impression que ce « bond » dans le passé serait leur dernier voyage…..que les murs qui se trouvaient autour de son cœur ne serrait jamais abattu…..qu'il n'y arriverait pas cette fois-ci.

- Les grandes lignes, Castle, répéta impatiente Beckett , le ventre noué, en ouvrant les yeux pour le voir sursauter devant elle.

- Je…..d'accord, que veux-tu savoir ?

Tout…...rien…tout….. je ne sais pas, étaient toutes les réponses qu'elle souhaitait lui donner. Elle voulait savoir pourquoi il la tutoyait, pourquoi son père le connaissait, pourquoi elle était censée lui faire confiance alors que chaque fibre de son corps le détestait, pourquoi il était là et pas Will. Pourquoi…..elle avait l'impression qu'ils étaient devenus plus ? Sentant les larmes remontées, sa fatigue la submerger, elle ravala sa salive et déclara d'une voix qu'elle espérait sûre et neutre:

- Je travaille toujours au douzième ?

A sa question, il releva le regard de surprise. Huit ans ? et tout ce qu'elle demande c'est son statut professionnel ? Il était sous le choc et encore plus terrifier, parce qu'en une seule question il savait que c'était bien Beckett devant lui et non Kate. Elle était en train de se protéger en montant un nouveau mur, il pouvait le voir à travers son regard, sa posture…..Elle le toisait comme un criminel dans sa salle d'interrogation…..son cœur se brisa …..ses mains se mirent à trembler et de peur d'éveiller ses soupçons, il s'accrocha aux accoudoirs du fauteuil pour donner bonne figure.

Comment pouvait-il avoir l'impression de perdre sa femme une deuxième fois ?

- Castle ? grinça-t-elle paniquée.

Elle savait qu'elle venait de le blesser. Il la regardait avec tellement de douleur, qu'elle commença à se demander si ce n'était pas Castle qui l'avait attendu pendant deux ans…..oh mon dieu, non….oh mon dieu, non….Elle ne pouvait pas s'être rabaisser à ça. Elle n'était pas une de ces bimbos ou un nouveau numéro sur son tableau de chasse…..

- Je.. Oui. Tu es…. enfin jusqu'à l'accident , tu étais toujours au douzième…..tu en étais le capitaine, souffla-t-il sans faire attention aux répercussions de cet aveu.

- Capitaine ? Je suis devenue Capitaine ? répéta-t-elle surprise en tentant de ne pas laisser son angoisse culminer

- Oui

- Capitaine du douzième ? répéta-t-elle incrédule

- Hum…

- Eh bien moi qui pensais que Montgomery ne prendrait jamais sa retraite, …Evelyne doit être aux anges, pensa-t-elle à haute voix, en tenant de cacher sa nervosité.

Capitaine ? Elle était Capitaine du douzième….Un élan de fierté la transporta. Elle avait évolué et certainement fait ses preuves pour en arriver là. Secrètement, elle espéra être un aussi bon capitaine que Roy. Prendre sa relève était un sacré challenge selon elle. Curieuse, elle enchaîna la seconde question sans faire attention au teint blême de Castle :

- Et les gars ? Travaillent-ils toujours ensemble ?

- Esposito a pris ta place après l'accident. C'est un poste d'intérimaire, le temps que tu te remettes.

- Pendant deux ans ? fit-elle estomaquée que ce poste puis-être rester à la vacance

- On ne voulait pas d'un remplaçant… , pas temps que….., soupira Castle démuni qu'elle ne lui pose pas une seule question sur lui, sur eux.

- Oh

- Ecoute, je…j'ai besoin de savoir…quelle est la dernière chose dont tu te souviennes ? demanda-t-il avec le peu de courage qui lui restait.

Il avait besoin de se situer dans le temps. Il était pratiquement sûr qu'elle était restée à l'été après leur première année. A cette dispute qu'ils avaient eu après le cas de sa mère mais il espérait ….qu'il avait tort.

- Ce que je me souviens ?

- Oui…

Souhaitant le rabrouer pour cette question qu'elle supposait être personnel, elle se ravisa en pensant qu'il était le seul ici à pouvoir combler son amnésie. Son père lui avait dit qu'elle pouvait lui faire confiance et elle avait la désagréable sensation qu'il y avait plus entre eux. Se mordant la lèvre inférieure, elle hésita à dire la vérité quand il lui murmura en semblant comprendre son hésitation :

- J'essai juste de savoir ou tu en es pour combler le vide. Kate, je t'assure que tu peux me faire confiance.

- Te faire confiance ? Je pense l'avoir fait quand je t'ai dit de ne pas ouvrir le cas de ma mère.

Le voyant baisser la tête, elle inspira en avouant excédée de ne pas avoir le contrôle sur sa vie :

- Très bien, la dernière chose dont je me souviens c'est Will Sorensen.

A sa remarque, il releva les yeux et lui murmura timidement :

- A l'hôpital ? Après la fusillade ?

- Pas vraiment, répondit-elle agacée

Fronçant les sourcils, il chercha dans sa mémoire. Elle avait parlé du cas de sa mère, mais aussi de Sorenson…Il ne comprenait pas ou elle se situait. Après s'être disputer sur l'ouverture du dossier, il ne souvenait pas que Kate est recroisée le chemin de Will.

Le voyant complètement perdu, elle toisa du regard ,avant de prendre son courage à deux mains, et ,de poser la question qui la bouleversait depuis son entrée dans sa chambre :

- Est-ce qu'on couche ensemble ?

- Je…pardon ?

- Est-ce qu'on couche ensemble? Pourquoi es-tu ici Castle ? Pourquoi dois-je te faire confiance ? Pourquoi connais-tu mon père ? Pourquoi…

- Parce que je t'aime, la coupa-t-il en la sentant au bord de la panique face à ce flot d'interrogation

A son teint blême, ses yeux terrifiés et sa posture rigide, il sut que ce n'était pas la réponse qu'elle souhaitait entendre. En une fraction seconde, elle le dévisagea encore plus qu'il n'était possible.

- Kate, je…..

- Est-ce que c'est réciproque ? couina-t-elle désemparer

- Je...Oui

Fermant les yeux, elle inspira plusieurs fois. Ils s'aimaient ? Comment était-ce possible ? Elle était censée le détester, elle était censée être avec Will. Ses mains tremblèrent, ses larmes commençaient à couler sans qu'elle ne puisse les stopper et quand elle sentit la main de Rick sur la sienne, elle sursauta en arrière comme s'il l'avait brûlé.

Ouvrant les yeux, elle le vit en pleurs à ses côtés, le regard fixé sur son annulaire droit. Et à cet instant…elle sentit son monde s'écrouler. Une bague….elle était mariée, elle était mariée à Rick Castle ! Comment était-ce possible ? Comment avait-elle pu dire oui à cet homme ? A ce playboy de la page six ? Comment avait-elle pu être le numéro 3 des Madame Castle ? Comment avait-elle pu….

- Kate, écoute, je…..

- Allez-vous-en, sanglota-t-elle comme un animal blessé.

Mon dieu, pourquoi s'était-elle réveillée ? Pourquoi n'était-elle pas restée coma ? Pourquoi la vie était si injuste ?

- Kate,

- J'ai dit dehors ! dehors ! hurla-t-elle en gémissant de douleur face à ses mouvements qui contractèrent ses muscles.

- Calme-toi, tu vas te faire mal, pleura Rick en tentant de l'apaiser

- Ne me touchez pas !

- Kate

- Allez-vous en Castle !

Ces pleurs lui transpercèrent le cœur et le brisa un peu plus. Doucement, il recula en levant les mains comme un signe de reddition et lui murmura :

- Je vais chercher les infirmières et ton père, je…

- Allez-vous en , gémit-elle. Allez-vous en…..


billy1  (13.10.2018 à 10:30)

Pas sans toi...


Elle avait refusé toutes les visites depuis le départ de Castle. Malgré les efforts de Rick ou de Jim pour contourner cette interdiction, les médecins avaient été clair avec eux :

- Elle a besoin de temps. Il faut aller à son rythme. Laisser là prendre du recul face à la situation.

Prendre du recul ? Oh, il pouvait certainement le faire ou même le comprendre mais il s'agissait de Katherine Beckett.

La dernière fois qui lui avait laissé le temps et l'espace dont elle avait besoin , il s'était écoulé un été entier…un été de désillusion et de tristesse. Et à cette époque, Kate Beckett était sa meilleure amie, elle avait des sentiments pour lui….seulement aujourd'hui ? ….aujourd'hui , elle le déteste , elle ne sais pas combien ils sont extraordinaire ensemble…..aujourd'hui, elle est sa femme, et il ne peut plus se permettre d'attendre plus.

Il la connait, plus le temps passe, plus elle monte un mur entre eux qui sera bientôt infranchissable.

Alors, il avait négocié trois jours. Trois jours sans visite. Trois jours ou il accepterait de lui donner le temps qu'elle désirait. Mais après ce laps de temps, elle devrait faire face à quelqu'un. Si ce n'est pas lui, alors son père ou Lanie, mais il ne pouvait pas pas se permettre plus de temps. Sa femme était réveillée…

XXXXXXXX

Pendant trois jours , Kate s'était reclue dans le mutisme. Elle hochait simplement de la tête aux questions des médecins ou des infirmières et se terrait au fond de son lit lors des séances avec le psychiatre, un certain Dr Burke que Rick avait engagé.

Malgré les efforts du médecin, qu'elle connaissait apparemment, elle refusait le dialogue.

Elle était complètement démunie et sous le choc depuis son réveil. Elle n'arrêtait pas de se demander comment avait-elle pu épouser Rick Castle ? Comment avait-elle pu perdre la mémoire ? Pourquoi ….pourquoi la vie était aussi injuste.

Le fait qu'elle ne puisse pas se mobiliser comme elle le désire la retranchait un peu plus dans le mutisme. Les infirmières étaient obligées de lui accomplir les gestes de conforts et de nursing, le temps que ces muscles fonctionnent correctement. Elle avait l'impression d'être impotente et invalide et elle détestait ça.

Le ventre noué, les yeux rougis, elle ne cessait de regarder l'extérieur qui donnait sur un parc arboré avec un regard vide.

Mariée…elle était mariée.

Fermant les yeux en sentant la nausée la prendre une nouvelle fois, elle gémissait en se mordant la lèvre inférieure. Tant de choses lui manquaient encore. Elle avait encore tellement de questions mais n'osait plus demander. La première était, comment s'était déroulée l'accident dans lequel elle avait plongé dans le coma ? Etait-ce à cause de cette cicatrice au milieu de sa poitrine qu'elle avait découvert lors de la toilette avec les infirmières ?

Un tir à bout portant. Elle s'était fait abattre et cette constation lui brisa un peu plus le cœur. Elle n'en avait aucun souvenir à part des restes de stigmates qui parsemaient son corps.

La cicatrice au niveau de son bas ventre ne lui échappa pas non plus. Elle avait l'impression de ne pas connaitre son propre corps. Malgré tous ses efforts à tenter de retrouver la mémoire, elle se réveillait toujours avec les mêmes questions sans réponses chaque matin. Que lui était-il arrivé pendant ses huit années?

Seulement aujourd'hui était différent. Aujourd'hui, cela faisait trois jours que ces visites avaient été interrompus sur ces ordres mais elle savait que Castle avait exigé que la personne de son choix viendrait quoi qui l'en coûte la rencontrer aujourd'hui.

Pourquoi se prenait-il ! Elle avait le droit de rester seule si elle le désirait. Elle avait le droit de se lamenter sur son sort après avoir perdu huit années de sa vie, elle avait le droit de faire ses propres choix !

Fatiguée et irritée, elle soupira quand elle entendit le DR Shepherd entré dans sa chambre :

- Bonjour, Me Castle

- C'est Beckett, siffla-t-elle pour la centième fois au médecin

- Comment allez-vous aujourd'hui ? demanda-t-il sans tenir compte de sa remarque.

A sa question, elle tourna la tête en direction du par cet l'ignora totalement comme à chaque rencontre.

- Vous avez de la visite aujourd'hui. Je sais que vous êtes contre l'idée d'avoir des visiteurs mais pour votre rétablissement, il va falloir commencer à retrouver une vie sociale.

- Foutez-moi la paix

- La colère est normale, l'incompréhension aussi. Je peux comme je vous le disais hier, vous mettre en contact avec des personnes qui ont vécu ce que vous vivez actuellement

- Foutez-moi la paix, siffla-t-elle une nouvelle fois , les yeux noirs

Inspirant tranquillement, le médecin déposa une liste en papier sur sa table de chevet puis lui déclara :

- La kinésithérapie va débuter aujourd'hui, par des petits exercices. Cela vous demandera beaucoup d'effort et se sera douloureux. On adaptera un traitement en fonction. Si tout se passe bien d'ici deux semaines, vous pourrez vous mobiliser à l'aide des cannes et…

- Deux semaines ! fit-elle outrée et le cœur lourd

- Madame Castle, vous avez….

- C'est Beckett ! Détective Kate Beckett ! cracha-t-elle, énervée et à bout de force

- Vous avez subi traumatisme, continua le médecin sans tenir compte une nouvelle fois de sa remarque.

Après une synthèse entre médecins et le Dr Burke, ils avaient convenu de mettre Kate devant la réalité. Son psychiatre craignait qu'elle ne se retranche et qu'elle ne fuit le problème. Il était donc convenu qu'il la nommerait par son nom de femme quelque soit sa réaction pour le moment.

- Votre corps a besoin de temps pour récupérer. Vous êtes une miraculée

- Tu parles, grogna-t-elle

- Pardon ?

- Une miraculée dans un lit complètement impotente et amnésique !

- La rééducation avec le kiné va régler le problème de mobilité quand à l'amnésie , nous allons commencer le traitement dès le début de l'après-midi

- Ah oui ? Et comment ? dit-elle en levant les yeux en l'air avec ironie

Elle avait l'impression de se noyer. Elle se sentait seule et désemparée mais en même temps, elle refusait de voir du monde. Elle était en colère et complètement terrifiée depuis son réveil. Comment allait-elle redevenir le lieutenant Kate Beckett ? ou plutôt le capitaine Beckett ? Comment allait-elle faire face à son mari…à Castle , quand tout ce qui l'animait était de la rancœur et le seul souvenir de sa nuit avec Will….

- Plus vous serez en contact avec des personnes que vous connaissez, plus vos chances de retrouver la mémoire seront grande, déclara le Dr Sheperd en la sortant de ses pensées. J'ai donc laissé la liste de toutes les personnes qui souhaitaient vous rendre visite et…

- Je ne veux voir personne

- Vous avez une heure pour faire votre choix. Une seule personne de cette liste pendant une heure de visite.

- Vous vous moquez de moi ?

- Si vous ne souhaitez pas choisir, votre mari sera la première personne à entrer. On réitérera cet exercice tous les jours, jusqu'à ouvrir les visites à tout le monde en fin de semaine.

Serrant les draps avec rage, Kate sentait sa colère culminée. Ne pouvait-elle pas rester tranquille ? Ne pouvait-elle pas choisir ce qu'elle désirait ? Ce n'était pas une enfant !

Fusillant du regard son médecin, elle le vit simplement hocher de la tête avant de sortir de la chambre pour la laisser seule face à son choix.

XXXXXXXXX

Le regard fixé sur les platanes à l'extérieur de sa chambre d'hôpital, Kate fulminait en se sentant traiter comme une enfant. Elle avait l'impression de n'avoir aucun contrôle de sa vie et de ne pas pouvoir prendre des décisions par elle-même .

L'heure des visites allaient bientôt démarrée, et elle sentait son estomac se noué et ses larmes réapparaître. « Ne pleure pas, ne pleure pas », se répéta-t-elle comme un mandarin usé.

Elle avait envie de crier, d'hurler mais ce sentait totalement impuissante face à la situation.

Quand la porte de sa chambre s'ouvrit pour laisser entrer la visite qu'elle avait choisie , elle ne tourna même pas la tête et resta fixé sur ces foutus platanes.

- Comment vas-tu chérie ? demanda d'une voix fatiguée et lasse son père en s'installant sur le fauteuil à sa droite.

- …

- Kathie ?

- Je suis fatiguée, avoua les larmes aux yeux Kate sans lâcher le parc de vue

- Le médecin dit que tu refuses les médicaments pour dormir

- Je…..Je….

- Oui ?

- J'aurai préféré ne jamais me réveiller, hocqueta-t-elle en sanglotant en brisant le cœur de son père par ses paroles.

Deux ans à attendre, deux à prier un réveil de sa fille et désormais il se sentait totalement démuni face à sa détresse. Doucement, il se leva pour venir l'enlacer tendrement et lui chuchota :

- Moi, je suis heureux de pouvoir enfin discuter avec toi Kathiebug

- Papa, pleura Beckett en fermant les yeux

- Tu m'as manqué…..ma petite fille m'a manqué.

XXXXXXXX

Une semaine et demi s'était déroulée depuis sa première visite. Après un plaidoyer de son père, Kate avait accepté les prises des médicaments, les séances de kiné mais à la seule et unique condition : elle pouvait choisir ou refuser ses visites.

Après moult hésitation et avec une discussion avec Rick, Jim avait accepté. Tous les deux n'étaient pas dupe, ils savaient que Beckett tenterait comme elle le pouvait d'éloigner Castle, mais son bien être primait sur les sentiments de l'écrivain.

Pendant une semaine et demi, il avait observé les gars, Lanie et Jim rendre visite tous les jours à sa femme sans pouvoir rentrer dans la chambre. Kate avait été très claire, elle ne voulait pas voir Martha, Alexis et Rick.

Attristé et blessé par la situation, Castle avait néanmoins remercié sa fille et sa mère pour leur patience. Contrairement à lui , elles comprenaient la réaction de Kate. Elles n'étaient que des étrangères pour le jeune lieutenant. Elles avaient épaulé Castle comme elle le pouvait depuis plus d'une semaine.

Kate, elle , avait fait énormément de progrès. Elle avait mit toute sa rancœur, sa colère dans sa rééducation et après plus d'une semaine et demi de kiné intensive, elle pouvait enfin se tenir debout pour des petits trajets à l'aide de cannes.

Elle n'avait posé aucune question d'ordre personnel au grand dam de Rick. Elle avait seulement demandé aux gars comment elle était devenue Capitaine ou à Lanie , si sa nouvelle vie professionnelle lui plaisait. Mais à aucun moment, elle n'avait demandé depuis combien de temps elle était mariée ou si elle était heureuse.

La seule question personnelle vint au bout de cinq jours, quand elle demanda à son père par quel genre d'accident elle avait fini dans le coma. Sans rentrer dans les détails de la naissance de Lily, Jim lui avait expliqué qu'une voiture l'avait renversé quand elle traversait avec Alexis et Lanie. Pour protéger, sa belle-fille et sans réfléchir, elle l'avait poussé hors de la chaussée et avait pris sa place.

Beckett avait hoché de la tête et avait simplement changé de sujet. Son père était complètement perdu face à ses agissements. Le médecin lui déclarait qu'elle avait juste besoin de temps pour prendre en compte la réalité, mais l'entêtement de Kate à fuir dès le premier obstacle effrayait Jim.

Elle avait une fille et elle n'en avait aucune idée. Lily méritait de connaitre sa mère. Après une semaine et demi sans la voir, la petite commençait à la réclamer à son père qui paniquait à chacune de ses demandes. Comment dire à une petite fille de deux ans que sa mère s'était enfin réveillée mais qu'elle ne pouvait pas encore aller la voir ?

XXXXXXX

Mais aujourd'hui cela faisait une semaine et demi que Kate refusait chacune des visites de Rick ou d'un des membres de sa famille et son père commençait à perdre patience. Il s'apercevait très bien du dilemme qui devait faire rage dans la tête de sa fille. Connaitre la vérité mais sans y faire face. Elle était une détective, l'une des meilleures mais avait toujours eu du mal dans sa vie privée.

Alors aujourd'hui quand elle démarra la conversation sur sa rééducation , Jim la coupa en lui déclarant :

- Richard est dans la salle d'attente depuis des heures.

- Il peut rentrer chez lui

- Chez vous, la reprit-il en la voyant baisser le regard. Il est ton mari. Il a le droit d'être prêt de toi , surtout après l'enfer qu'il a vécu pendant deux ans, tu….

- Je ne veux pas le voir, je ne veux rien avoir à faire avec lui, cracha-t-elle apeurer à l'idée de devoir faire face à la réalité.

Pendant plus d'une semaine, elle avait observé l'alliance qui trônait, avant à son annulaire droit ,et qu'elle avait soigneusement retirer. Elle n'arrivait pas à faire face à la situation et encore moins à en discuter. Malgré toutes ses questions sur sa vie qui la taraudait, Beckett était pétrifiée. Tout ce qu'elle savait c'était qu'elle était mariée à un playboy millionnaire, que son accident avait été causé par une voiture pour sauver la vie d'Alexis et que son corps était meurtri par des cicatrices. Toutes ces données étaient accablantes et difficile à gérer pour elle en plus de sa rééducation.

Elle avait donc fait le choix de se focaliser sur la kinésithérapie, de pouvoir retrouver son indépendance avant d'attaquer une nouvelle bataille.

L'observant la regarder d'un œil noir, Jim soupira en se grattant la nuque et lui déclara :

- Tu agis comme une enfant bornée et égoïste.

- Pardon ? siffla-t-elle

- Tu m'as très bien entendu, Katherine. Tu agis comme si tu étais seule au monde. Et tu n'es pas seul. Tu as tous tes amis et tu as une famille

- Je le sais !

- Tu le sais ? Alors ou sont Martha, Alexis ou Richard ?

- Ils ne sont pas ma famille !

Sentant toute sa patience s'envoler, Jim lui annonça sans préambule :

- Martha t'a veillé pendant deux ans chaque matin, elle n'a pas arrêté de te parler , et bien avant ton coma, elle a été la mère que tu as perdu

- Non, tu…

- Alexis, …bon dieu, Kathie, tu t'es jetée devant une voiture pour cette fille ! Elle est plus que la fille de ton mari. Cette gamine a passé les deux dernières années à te faire la lecture ! Et je ne parle pas de Richard qui ressemble à une loque humaine

- Ne me parle pas de Castle

- Pourtant quelqu'un va devoir t'en parler, s'impatienta Jim. Ton mari n'a pas quitté ton chevet pendant ces deux dernières années et encore moins ces derniers jours, il est comme une sangsue devant ta chambre.

- Richard Castle n'est pas mon mari. Je n'arrive même pas à comprendre comment j'ai pu épousé ce…

- Comment tu as pu ? la coupa-t-il abasourdi par ses propos. Eh bien, laisse-moi te dire une chose jeune fille, Richard Castle est le gendre rêver, il t'aime tellement que parfois sans est écrasant. Alors si tu arrêtais un peu d'agir comme une enfant, tu verrais ce qui a juste devant tes yeux. Il est plus que cet écrivain dont tu te souviens, il est ton ami, ton partenaire et ton mari. Et si tu n'arrives pas à me faire confiance sur ce point, essai un peu de te faire confiance.

- Me faire confiance ? Hoqueta-t-elle perturbée par les remontrances peu habituelles de son père.

- Tu as toujours dit que tu n'épouserais qu'un seul homme. Que tu n'étais pas faite pour plusieurs mariages. Et c'est ce que tu as fait, Kathie….tu as épousé l'homme que tu aimais, l'homme de ta vie. Tu sais , tu ne te souviens pas de lui mais je me souviens de ce que tu m'as dit quand tu l'as épousé, …..tu m'as dit que ta vie n'avait aucun sens avant lui. Que désormais ta vie s'était lui.

Fermant les yeux aux mots de son père qui lui transperçaient le cœur, elle se demandait comment avait-elle pu aimer quelqu'un à ce point ? Comment pouvait-elle aller de l'avant quand ce quelqu'un était Richard Castle ?

Sentant ses larmes coulées sur sa joue, elle renifla puis entendit la chaise de son père grincer :

- Ce n'est pas moi qui devrait être ici….c'est lui. C'est l'homme qui n'a pas cessé un seul jour de t'aimer, celui qui t'a tenu la main même quand personne ne voulait plus y croire. C'est l'homme qui t'a tenu la main, brosser les cheveux, murmurer sans cesse des mots pendant plus de deux ans. Et il mérite tellement plus que de l'indifférence.

- C'est trop dur papa, murmura-t-elle en ouvrant les yeux pour le voir près de la porte

- Essai plus fort. Ta mère disait toujours que la vie ne donne jamais rien qu'on ne peut supporter.

- Je…

- Tu es en vie. Tu es en vie et tu n'es pas seule. Apprend à connaitre cette vie que tu as oublié et arrête de te terrer comme un animal blessé. Si tu veux retrouver ces huit années, laisse Richard t'aider.

Et sans un autre mot, il sortit de la chambre de sa fille en inspirant le cœur brisé. Il ne se souvenait pas d'avoir été un jour aussi dur envers elle. Même le jour elle avait ramené ce punk qui sentait le chien mouillé sur sa Hartley n'avait pas été pire. Il avait l'impression d'être un mauvais père. Elle avait besoin de son soutien, de son aide et tout ce qu'il avait fait été de la réprimander.

Inspirant en sentant son estomac se noué, il observa quelques secondes la porte close de sa fille et hésita sur la marche à suivre. Devait-il rentrer à nouveau et s'excuser pour ses paroles ? Ou simplement la laisser réfléchir ? Il ne savait pas plus comment agir, comment faire pour aider sa fille et son gendre. Détournant le regard, il aperçut Richard assis comme toujours dans la salle d'attente , la tête entre ses mains et les épaules affaissées. Depuis combien de temps était-il là ? Avait-il au moins dormir ou manger ?

Il avait l'impression que Richard se noyait de jour en jour. Le réveil de Kathie aurait dû être une bénédiction, une joie à célébrer, au lieu de ça, il avait hurlé sur sa fille et observer démuni son gendre perdre pied face à la situation.

Ravalant sa peine, il partit le rejoindre avec un sourire qu'il espérait authentique et le vit relever les yeux brusquement dès son arrivée :

- Comment va-t-elle ? A-t-elle encore besoin de sa canne pour marcher ou…

- Je l'ai un peu bousculée, avoua Jim en s'installant près de lui.

- Bousculée ? Elle est tombée, paniqua Rick en se relevant

- Non, Richard, calme-toi. J'ai seulement dit à ma fille d'arrêter de faire l'enfant. Espérons que sa porte ses fruits.

- De faire l'enfant ?

- Une semaine et demi…ça fait plus d'une semaine qu'elle te met à l'écart alors que…

- Je peux attendre. Le plus important c'est sa santé

- Non, tu ne peux pas attendre, tout comme Lily ne peut plus attendre. Kathie va devoir savoir tôt ou tard qu'elle est mère et…

- Elle ne veut pas de moi alors de notre enfant, soupira Castle, la boule au ventre

- Je sais, mais que se passera-t-il quand elle apprendra la vérité et qu'elle sera qu'on le lui la cacher depuis des semaines. Le médecin a dit qu'elle devait le savoir.

- Je sais, je ne sais simplement pas quoi faire….elle n'est pas …

- Elle n'est pas quoi ? demanda doucement Jim en sentant Rick abattu

- Elle n'est pas la femme que j'ai épousée, elle n'est pas celle qui souhaitait un enfant….pour le moment elle est juste le détective Beckett..et elle est effrayée…..

- Richard, je…..

- Mr Castle ? l'interrompit une infirmière qui entrait dans la salle d'attente

Levant le regard sur la soignante, Rick se leva en cherchant du regard la chambre de Kate pour voir s'il y avait un souci et répondit:

- Oui ?

- Votre femme vous réclame

- Je…Pardon ? reprit-il estomaqué alors que Jim souriait de soulagement

- Votre femme vous réclame, Monsieur.

- Vous êtes sûre ? Je veux dire…elle a dit quoi ? déglutit Castle en dévisageant l'infirmière puis Jim

Il n'en revenait pas. Il était enfin autorisé à aller la voir ! Après une semaine et demi d'attente insupportable, de doutes, de craintes et de pleurs, il pouvait aller voir Kate ?

- Elle m'a dit, « dîtes à Richard Castle que je l'attends ».

- Oh

- Je vous remercie, déclara Jim en se levant pour ajouter aussi. Je savais qu'elle n'était pas aussi butée.

- Vous le saviez ?

- Oh, eh bien, disons que je l'espérais, se reprit-il en voyant son gendre sourire, le cœur moins lourd.

XXXXXXXX

Les paroles de son père l'avaient énormément touché. Jamais encore il ne l'avait réprimandé de la sorte. Fermant les yeux en tentant assimiler chacun des mots de Jim , Kate les ouvrit brusquement face au raclement de gorge hésitant qui résonna dans sa chambre. Là, face à elle, se trouvait Rick Castle. Ses yeux étaient cernés, sa barbe n'avait pas été rasé depuis plusieurs jours et son regard semblait…..paniquer.

- Je….l'infirmière a dit que tu souhaitais me voir ? demanda timidement Rick ,les mains dans les poches et le regard craintif.

L'observant quelques instants, elle comprit la signification des paroles de son père. Rick Castle avait l'air apeuré et anéantie en même temps, il ne ressemblait en rien au Castle de ses souvenirs. Son air sûr de lui, son sourire de playboy et son regard taquin avait laissé place à un homme brisé qui avait l'air d'attendre…

Fronçant les sourcils à ce constat, elle le dévisagea encore quelques secondes avant qu'il n'ajoute fébrilement :

- De toute évidence , l'infirmière s'est trompée, je suis désolé…je ne voulais pas te déranger, je vais retourner dans la salle d'attente et…

- Restez, le coupa-t-elle en soupirant

- Je…quoi ?

- J'ai dit restez, déglutit-elle anxieusement en baissant le regard en triturant les draps de ses mains.

Elle ne savait pas pourquoi elle se sentait aussi intimider devant lui. Etais-ce à cause de cette manière totalement inconnue pour elle qu'il avait de la contempler. Il l'observait comme si elle était la septième merveille du monde et cette constation l'ébranla un peu plus.

Doucement, elle releva les yeux en se mordillant la lèvre inferieure et lui murmura en le voyant complètement stupéfait devant elle :

- Je suis prête…je vous écoute

- Tu…Heu…. Tu es prête pour quoi ? balbutia-t-il nerveusement

- Prête pour entendre l'histoire.

- L'histoire ?

- Hum….Vous savez…il y a toujours une histoire, Il y a toujours une série d'évènements qui donne un sens à chaque chose, je crois que c'est ce que vous disiez…..Alors….Je connais le début de l'histoire…la fin mais je suis prête à entendre le reste de cette histoire.

Et rien qu'avec cette simple phrase, le poids qui se situait sur les épaules de Rick Castle s'envola. Elle était prête pour l'écouter, pour une explication. Il savait que ce n'était qu'un petit pas, qu'elle n'était pas prête pour plus, pour eux…mais à cet instant, en connaissant Kate Beckett, ce petit pas qu'elle venait de faire ressemblait au monde…elle lui offrait le monde.

Souriant timidement, il s'approcha doucement d'elle avant de s'installer sur la chaise qu'avait occupé Jim et lui déclara :

- Tu as raison, il y a toujours une histoire…alors par ou souhaites-tu que je commence ?

- Heu….. par le commencement.

- Le médecin a dit que pour ne pas endommagé ta guérison, je dois simplement répondre à tes questions de façon succinctes, avoua-t-il nerveusement de peur qu'elle ne se rétracte. Je…dis moi tes derniers souvenirs et avec quelques questions, je peux te donner les éléments qui te manque.

Levant les yeux au ciel, à nouveau agacer, elle soupira. Elle n'avait pas envie de s'épancher sur ses souvenirs , elle avait toujours eu du mal à ses confier mais les paroles de son père résonnaient dans sa tête et elle marmonna :

- Tout ce dont je me souviens, c'est…enfin…..

- Dis-moi, sourit-il pour la mettre à l'aise, heureux de la voir .

Elle avait l'air tellement mieux. Elle pouvait bouger sans grimacer, ses yeux semblaient plus reposer et la façon dont elle l'observait faisait battre son cœur à mille à l'heure. Elle était époustouflante.

- Castle, je ne pense pas que soit une bonne idée. Je…

- Dis-moi, Kate, insista-t-il

- Je…ok…Mes derniers souvenirs sont avec Sorenson, chuchota-t-elle honteusement en le voyant blêmir. Je me souviens de vous avoir banni du poste et ensuite….on s'est donné une nouvelle chance avec Will…Je me souviens d'avoir été avec lui avant mon réveil…..et maintenant , je... je suis mariée…à vous. Comment est-ce possible ? Comment avons-nous pu nous marier ?

- Kate, soupira Castle en la sentant paniquer. On ne sait pas marier en quelques jours….

- Non ?

- Oh non…. si ça peut te rassurer , tu m'as fait attendre pendant quatre ans.

Fronçant les sourcils à sa déclaration, elle déglutit face à la suite de ses aveux :

- Mais on était heureux….et vraiment amoureux. Je sais que tu as cette image de playboy dans la tête….mais j'ai changé, tu m'as changé, plaida-t-il, le cœur berne. On était heureux, Kate .

- C'est juste que…..je ne sais pas comment faire, avoua-t-elle péniblement

- Comment faire quoi ?

- Comment être ta femme, la « Kate » que tout le monde attend. Je ne suis pas ta femme, Castle….. Je ne veux pas te blesser mais…..je ne sais pas si un jour, je pourrais être à nouveau ta femme.

Déglutissant à ses mots, il ferma ses yeux quelques secondes pour reprendre contenance et lui chuchota :

- Tout ce que je veux , c'est que tu ailles bien . Pour le moment seul ta rééducation compte. Le reste n'est que détail. Je ne te demande pas d'être ma femme.

- Castle

- Pas de pression…. On peut simplement être amis…..juste amis...mais s'il te plait, ne m'éloigne pas.

La détresse dans sa voix, dans sa posture rendit la nausée à Beckett. Comment l'homme de ses souvenirs avaient-ils pu devenir aussi loyale et attentionné. Elle avait l'impression d'être en monstre à cet instant….son père avait raison…..Rick Castle avait changé.

- Kate ?

- Vous pensez qu'un jour ….je pourrais me souvenir ?

- Je l'espère.

Inspirant fortement, elle se mordit la lèvre inférieure et chuchota :

- Ok, …amis…..je veux bien commencer par là

- Bien, soupira dépiter Castle.

- Alors….il y a-t-il autre chose que je devrais savoir ? sourit-elle pour alléger un peu l'ambiance pesante.

Elle se sentait plus détendue et moins sur la défensive. Les mots de Rick , son regard l'avaient en quelque sorte apaiser. Amis….ils pouvaient être amis. Elle était prête à essayer pour le moment. Son père avait raison, elle agissait comme une enfant et s'il elle souhaitait un jour récupérer ces huit années, elle devrait faire face à cette nouvelle vie…..ce qui impliquait Rick Castle et sa famille.

L'observant se tortiller à ses mots, elle fronça les sourcils et lui demanda :

- Castle ?

- Heu…..avant qu'on continue, il faut que tu saches quelque chose

- Quoi ?

- Je…. Tu…..on a…. enfin…tu…

- Allez Castle, je crois que le pire est derrière nous. Je veux dire qu'il y a-t-il de pire que de se réveiller amnésique et marier à toi...sans t'offenser, bien sûr.

- Eh bien...on a une fille…on a une fille ensemble, avoua en grimaçant Rick

- Je…pardon !


billy1  (18.10.2018 à 09:39)

- Une fille, hocqueta-t-elle interdite et paniquer en le dévisageant

- Ne panique pas

- Je ne panique pas, siffla-t-elle totalement terrifier par cette nouvelle.

Pas paniquer ? Il se moquait d'elle ? Comment ne pas paniquer quand on lui annonçait qu'elle avait une fille et que ses souvenirs étaient ceux de sa soirée avec Will Sorenson ! Elle n'était pas paniquée, elle était complètement terrifiée. Après plusieurs jours de travail intensif en kiné , elle avait simplement espérer pouvoir reprendre un peu le contrôle de sa vie en étant plus autonome et désormais on lui annonçait qu'elle était mère ?

- Kate, soupira Castle en se frottant la nuque embarrasser. Je te connais, tu paniques …et c'est normal….mais Lily réclame sa mère et il va falloir que je lui dise que tu es réveillée et…

- Lily, le coupa-t-elle sidérée , les larmes aux yeux, devant cette nouvelle information.

Elle avait une fille….. Lily. Elle se sentait partager par tout un flot d'émotions et de questions en même temps. Quel âge avait-t-elle ? A quoi ressemblait-elle ? Était-elle une bonne mère ? Tout se chamboulait dans sa tête. Son souffle se coupait à chacune de ses respirations.

- Lily Johanna Castle, murmura Rick, le cœur tambourinant en redoutant sa réaction.

Il savait qu'il aurait dû être un peu plus diplomate dans son annonce mais plus les jours passaient et plus il se demandait comment parler de leur fille alors qu'elle ne se faisait même pas à l'idée d'être avec lui. Il se sentait tout aussi perdu et terrifié qu'elle et il commençait à perdre patience.

Les mains tremblantes, il l'observa déglutir et digérer son information avant de chuchoter, la voix rauque en triturant ses draps et le visage empli de larmes :

- Elle a quel âge ?

- Je…..deux ans…..elle aura deux ans, dans une semaine.

A sa déclaration, elle releva les yeux brusquement et le fixa comme interdite. Deux ans ? Elle va avoir deux ans ? Comment se pourrait-il quel est eu un enfant alors qu'elle se trouvait dans le coma ? Comment était-ce même possible.

Sentant toutes ses questions non dites et sa panique culminée, Castle l'éclaira doucement :

- Lors de l'accident, tu étais enceinte de 7 mois.

- Non

- Le bébé allait bien et les médecins me disaient qu'un réveil était possible. On a attendu mais au huitième mois, une césarienne a été organisé afin d'éviter les conctractions. Lily est née, le 5 juillet 2016 à 8h32.

- Oh mon dieu, pleura Beckett

- Elle te ressemble tellement, renifla Rick en l'observant en larmes devant lui. Elle est tellement intelligente...elle a tes yeux et tes mimiques…quand elle me sourit, j'ai l'impression de te voir. Les gars la surnomme mini Beckett

Fermant les yeux en sentant la nausée la prendre, Kate sentit son cœur se briser un peu plus. Comment avait-elle pu oublier son propre enfant ? Comment avait-elle pu accoucher ainsi ? Elle n'avait jamais vu Lily. Les mains devant sa bouche en sentant son estomac spasmé, elle avait l'impression que le monde s'écroulait autour d'elle. Combien avait-elle encore oublié ?

Elle s'était mariée avec Castle et avait eu un enfant avec lui….Mon Dieu, son père avait raison, elle avait dû réellement l'aimer pour en arriver à ce stade dans une relation. Un enfant ! Bon Dieu, elle avait un enfant !

Sanglotant, elle vit Rick se lever pour venir lui apporter de l'eau . Reniflant, elle murmura d'une voix brisée :

- On a une fille

- Oui. Tu devrais boire quelque chose ou….

- La cicatrice sur mon bas ventre, c'est ça alors ?

Hochant simplement de la tête pour le lui confirmer, il la vit fermer les yeux et respirer de façon anarchique. Elle semblait totalement paniquer, comme si elle revivait son SPT.

- Kate, respire….respire

- Ou est-elle ? …Ou est Lily ?

- A la maison…au loft avec Alexis.

Il s'arrêta et l'observa le fixer d'une manière si douloureuse et confuse qu'il manqua une respiration. Jamais encore , il ne l'avait vu aussi démunie et perdue. Baissant son regard, il peut la voir serrer les draps de son lit comme pour avoir un point d'ancrage. Qu'avait-il fait ? Il aurait dû attendre, il aurait dû lui dire plus tard. Elle venait à peine de considérer le fait de lui donner une chance et il lui donnait une autre occasion de fuir.

Sentant sa bouche s'assécher, il déglutit et murmura :

- Je suis désolé, j'aurai dû attendre. Ecoute, le plus important c'est ton rétablissement. Le reste peu attendre.

Une fille ? Elle avait une fille ? Lily…son cœur battait à vive allure et elle tentait avec une énergie s'en faille à se souvenir. Comment pouvait-on oublier son propre enfant ? Quel genre de mère était-elle ? Elle devrait se souvenir de sa grossesse, de ses nausées, de ses envies nocturnes…..avait-elle eu au moins l'un de ses symptômes ?

Elle se sentait déboussoler et anéantie. Une fille…..elle avait une fille. Relevant le regard sur Castle, elle entendit qu'à demi-mot son discours et referma les yeux douloureusement.

Respire, respire, souffla-t-elle dans son esprit avant de sursauter face à la main de Rick sur la sienne. Ouvrant de nouveau les yeux sur lui, elle put voir tout son désespoir, ses craintes et ses peurs. Il semblait terrorisé et inquiet. Ses doigts caressaient doucement les siens en une chaleur douce et diffuse, et elle se surprit à aimer ça.

- Kate, ça va aller, déglutit-il en sentant ses doigts contre les siens

- Parle moi d'elle, pleura-t-elle éreintée face à toutes les émotions qui la chamboulait

- On peut attendre, le plus important c'est ton rétablissement et…

- Parle moi de Lily, insista-t-elle en reniflant.

- Ok, ok, abdiqua-t-il apeuré en retirant sa main de la sienne et en la laissant avec un froid instantané. Je….je dois avoir une ou deux photos sur moi, veux-tu les voir ?

Hochant simplement de la tête, elle entoura de ses bras son buste pour retrouver un peu de la chaleur perdu à l'éloignement de Castle, et l'observa retirer une image de son portefeuille avec beaucoup d'hésitation.

Son regard bleu la contemplait avec tellement de crainte , qu'elle lui murmura pour tenter de l'apaiser et de refreiner ses propres battements cardiaques :

- J'ai toujours aimé ce prénom…Lily , je veux dire.

- Je sais…..c' … toi, qui la choisit.

- Moi ?

- Hum. Il était le seul prénom féminin sur ta liste.

- On a fait une liste, déglutit-elle les yeux fixés sur cette image qu'il tenait toujours.

Mon dieu, elle était réellement arriver à ce genre de relation. A celle ou l'on se marie par amour, ou l'on fait des enfants, ou le quotidien nous submerge….elle faisait des listes avec Rick Castle !

- Oui. Tu ne voulais pas savoir le sexe du bébé et on se chamaillait sur les prénoms

- On se chamaillait, hein ? renifla-t-elle

- Oui, tu es plutôt têtue, sourit-il pour la taquiner alors qu'elle levait les yeux aux ciels .Tu as donc décidé d'établir une liste pour filles et garçons, on devait les étudier et les mettre en commun le soir ou l'accident est arrivé

- Oh, soupira-t-elle douloureusement

- A la naissance de notre fille…..je….disons que ça m'a aidé que tu n'es mis qu'un seul nom

- Tu aurais pu la nommer selon ta liste, rétorqua Kate en pensant à tout ce que Castle avait dû supporter

- Ça ne semblait…pas…. Juste. Tiens, ajouta-t-il fébrilement en lui donnant la dernière photo en date de Lily.

En pleurs, elle attrapa de façon hésitante l'image que Castle lui tendit et son souffle se coupa devant le joli sourire aux yeux bleu d'une petite fille avec des ailes de fées. Elle avait les cheveux couleurs châtains et ça ressemblance avec elle était tellement frappante qu'elle ferma les yeux quelques secondes face au tsunami d'émotions qui l'emporta.

Mon dieu, il avait raison. Lily lui ressemblait tellement. Elle avait le même sourire, les mêmes cheveux. Elle avait l'impression de se voir enfant.

- Kate, déglutit Rick nerveusement

Une fille, elle avait une fille. Comment était-ce même possible. Elle n'avait jamais envisagé la maternité et désormais elle était mère ?

- Respire, calmement, tenta Castle

- Je….j'arrive pas à y croire, renifla-t-elle en ouvrant les yeux pour tomber sur le regard inquiet de Rick. Comment a-t-on pu avoir un enfant ?

Sa question la déstabilisa. Il n'y avait pas de colère dessous, juste une interrogation, avec tellement de peur, que Castle soupira en se grattant la nuque et lui murmura :

- Je sais que ça peut te sembler inimaginable mais….je…..

- Oui ?

Elle était paniquée, complètement démunie face à ce lot de révélations, mais la photo qu'elle maintenait entre ses doigts et le regard tellement abattu de Rick l'obligèrent en revoir en compte ses motivations. Elle était mariée et elle était maman. Il y avait une petite fille qui comptait sur elle désormais, et malgré toutes ses peurs, toutes ses craintes, elle ne pouvait pas nier son existence. Elle avait une fille et elle avait besoin de Rick pour comprendre et appréhender la situation désormais.

- Dis-moi, chuchota-t-elle en le tutoyant ce qui ne lui passa pas inaperçu.

- La Kate que je connais….celle à laquelle je me suis mariée, avec laquelle j'ai passé ses huit dernières années souhaitait plus que tout une famille

- Je n'arrive pas à y croire, souffla-t-elle dans un murmure à peine audible

- Lily n'était pas accident. Elle a été voulu…tu la désirais tellement…je….je…

- Oui ?

- Kate, soupira-t-il le cœur lourd. Je sais que depuis ton réveil, tu as l'impression d'être dans un cauchemar….tu as besoin d'aide pour les différents actes quotidiens, on sait tous les deux combien tu aimes ton indépendance, tu es marié à cet écrivain qui t'a blessé et désormais tu as une fille. Je sais que c'est beaucoup de choses à prendre en compte, que tu vas avoir besoin de temps et d'espace pour te relever mais….n'éloigne pas Lily. Ce n'est qu'une enfant. Elle a besoin de sa mère.

- Elle ne me connait même pas, soupira-t-elle abattue en imaginant sa petite fille grandir auprès d'une mère dans le coma

- Elle te connait. Depuis sa naissance, je lui parle de toi

- Castle, ce n'est pas ….

- Elle a dormi près de toi pendant plus d'un an et demi. Tous les jours, elle se blottissait contre ton flanc pour faire sa sieste. Son premier mot a été maman et non papa. Vous n'avez peut-être pas eu une relation normale toutes les deux mais il n'empêche pas que c'est ta fille et elle a besoin de toi, elle a besoin de sa mère.

Fermant les yeux sur sa tirade, elle déglutit douloureusement. Tous ses souvenirs d'enfance lui revinrent en mémoire. Elle pouvait y voir apparaitre sa mère, un livre à la main en train de lui lire son histoire du soir, ou avec un fouet pendant la fameuse après-midi du mercredi pour la recette au cookies entre filles…..soudainement elle se demanda si sa fille mangeait ce genre de choses ou si elle avait besoin d'une histoire pour s'endormir.

Elle se sentait dépasser et bouleverser en même temps. Comment pouvait-elle être une mère alors qu'elle n'avait aucune idée de comment gérer la situation ?

Rick, quand à lui observait silencieusement toutes les traits contrariés de son visage. Sa femme était une pure inconnue pour lui et il sentait la nausée le prendre. Comment pouvait-il être à nouveau une famille alors qu'elle se débattait sur ces émotions ? La beckett de son passé l'effrayait à un tel point qu'il se demandait s'il avait encore la force de se battre pour eux.

Ces dernières semaines, dernières années avaient été épuisantes et stressantes mais jamais dans ces rêves les plus fous, il aurait pensé que Kate se réveillerait amnésique. Il se sentait partager entre ses sentiments et sa colère. Car oui, il était en colère.

En colère contre ce stupide accident qui avait fait basculer sa vie, en colère contre l'univers, en colère contre le corps médical qui ne lui apportait pas de réponses, en colère contre Kate , contre lui…il souhaitait juste récupérer sa femme et pouvoir sentir enfin un peu de paix dans sa vie.

Inspirant fortement en l'observant toujours les clos, il ajouta d'une voix rauque et briser :

- Prend le temps qu'il te faut. Je ne veux pas te pousser à rencontrer Lily si tu ne le désires pas.

- Castle, ce n'est pas ça, soupira-t-elle en ouvrant les yeux pour le voir , droit comme un « i », le regard fixé sur elle

- C'est quoi alors ? Tu ne peux pas faire face à la situation ? Tu ne peux pas t'imaginer qu'on est pu avoir un enfant ensemble ? Tu ne peux pas…

- Je ne sais pas comment être une mère pour elle, le coupa-t-elle en séchant ses larmes

- Elle a deux ans. Elle a juste besoin d'amour et de câlin. Je…je ne veux pas te forcer, j'ai juste besoin de savoir ce que tu souhaites faire à propos d'elle.

- Ce que je souhaite faire ?

- Elle demande à venir te voir. Ça va faire bientôt dix jours qu'elle ne t'a pas vu et ….

- Oh, soupira-t-il en culpabilisant.

Une semaine et demi qu'elle se terrait en ne souhaitant voir personne, une semaine et demi qu'elle se lamentait encore qu'une petite fille de deux ans l'attendait. Sa culpabilité montait de seconde en seconde.

Mordillant sa lèvre inferieure, elle observa à nouveau cette petite brune aux yeux bleu qui souriait à l'objectif. Comment sa vie avait pu basculer ainsi ? Marier et avec une famille. Inspirant fortement, elle murmura d'une voix mal assurer :

- Demain

- Demain ? reprit surpris Rick en ne comprenant pas le sens de ses propos

- Emmène-là demain

- Je….tu es sûre

- Oui….. je ne sais pas comment être sa mère ou comment agir avec toi. Tout est si….déstabilisant mais tu as raison ….ce n'est qu'une enfant.

- Je…merci

Il ne savait pas pourquoi il la remerciait. Merci, de laisser entrer Lily dans sa vie ? Merci de ne pas ériger un mur plus haut que le mont blanc ? Merci de faire un effort….

- Mais…ne le prend pas mal…..mais j'ai besoin de temps pour le reste, avoua-t-elle hésitante

- Le reste ?

- Ce truc de famille…..notre mariage…j'ai besoin de temps. Je ne te connais pas…..enfin cette nouvelle version de toi met inconnue et j'ai besoin….. de temps.

- Prend tout le temps qu'il te faudra, déglutit Rick en ayant l'impression de revenir du temps de son tir.

Elle le regardait avec la même crainte, la même hésitation qu'à l'époque. Elle ne lui faisait pas confiance, elle n'avait aucun sentiment à son égard et à cet instant, il su que la Kate Beckett qu'il avait épousé était partit. Il devrait faire face avec le détective Beckett, il devrait mettre à nouveau ses sentiments à l'arrière et il ne savait pas s'il en était capable dorénavant.



 

Désolée pour l'attente. C'est la course entre le stage, mes révisions, les vacances des enfants et le rhume de la semaine dernière. Sans compter sur la gastro de mon ainé. Le chapitre est donc plus court et j'espère avoir le temps d'en écrire davantage cette semaine. 


billy1  (29.10.2018 à 11:56)

Chapitre 6



 

Elle n'avait pas fermé l'œil de la nuit. L'image d'une petite fille brune avait obnubilé toutes ses pensées. Elle n'arrivait toujours pas à croire qu'elle était maman. Elle avait passé les deux dernières semaines à s'angoisser pour un mariage dont elle ne se souvenait pas et elle se trouvait désormais terrifier à l'idée d'être mère. 

Les yeux cernés, le cœur tambourinant, elle observa une nouvelle fois l'heure sur la pendule dans la chambre en entendant Lanie la sermonner :

- Arrête de t'inquiéter, ta fille est un amour

- Ma fille est une inconnue pour moi

- Ah toi, d'arranger ça, assura son amie en haussant les épaules d'un air désinvolte. Tu as une seconde chance, sweety. Une chance de connaitre cette adorable petite fille qui fait chavirer notre cœur depuis sa naissance. Lily est un amour et tu vas pouvoir le découvrir par toi-même

- Et si…..elle ne m'aimait pas , chuchota Kate , la boule au ventre en pensant à toutes les raisons pour laquelle elle n'avait pas fermé l'œil de la nuit

- Pas possible. Cette gamine s'accroche à toi depuis sa naissance. Castle n'a pas arrêté de l'emmener près de toi, de lui parler de toi. Elle faisait toutes ses siestes près de toi.

- Ce n'est pas très sain , grimaça Kate

- Hum….Castle était l'ombre de lui-même. Il passait tout son temps près de toi, à te parler, à te supplier de te réveiller, avoua Lanie en tentant de plaider pour la cause de Rick. Tu veux que je te dise, tu as trouvé la perle rare. Tu as un mari vraiment formidable.

Elle était passée plutôt par le loft, ce matin, avant de rejoindre Beckett. Elle avait pu discuter avec Castle qui lui avait expliquer l'accord qu'il avait passé avec Kate. Amis…simplement des amis. Et la métisse avait pu voir toute l'étendue de son désarroi et de sa peine. Elle n'avait jamais vu un homme aussi amoureux et dévoué. Après deux ans d'attente, sa femme se réveillait pour le repousser sans ménagement.

Même si Lanie avait tenté d'apaiser Rick en lui parlant des différentes possibilités pour que sa mémoire revienne, elle avait bien ressenti son scepticisme et aussi une forme de résiliation dans ses propos.

Alors ce matin, le maquillage à la main pour tenter d'atténuer les cernes de Kate, elle essayait de faire attendre raison à sa meilleure amie en lui avouant tout ce que Rick avait fait pour elle :

- Il te lisait des livres

- Des livres ? répéta curieusement Beckett qui avait dû mal à voir Rick Castle faire ce genre de chose

- Tous les derniers Nikki Heat et certains de James Patterson

- Tous les derniers Nikki Heat ? s'estomaqua-t-elle

- Oui, sweety

- Ça veut dire qu'il y en a plusieurs ?

- Oh, tu as inspiré beaucoup cet homme.

- Oh mon dieu

- Ils sont géniaux. Il allie avec maîtrise l'art du crime et de la romance.

- La romance ? Quelle romance ?

- Entre Nikki et Jameson Rook, répondit Lanie comme si c'était évident.

Elle n'avait jamais eu l'occasion de lire une seule page de cette saga qui lui était consacré. Elle se souvenait juste que Castle lui avait octroyé le nom d'une Strip-teaseuse et que son alter égo était selon l'auteur maligne mais assez garce .

Mais les propos de son amie l'angoissèrent. Une saga…..il avait écrit une saga sur elle et avait même inventer une romance entre leurs alter égo. Déglutissant, à cette pensée, elle se demanda si cette romance était écrite sur des faits réels.

- Et je dois dire, ajouta Lanie sans se rendre compte du teint blême de Kate, que ces deux-là sont chauds comme la braise. La page 105 de son premier livre m'a pratiquement donné un orgasme.

- Du sexe ! Il a écrit une scène de sexe !

- Une ? Chérie, je t'ai dit qu'il t'avait écrit une saga !

- Oh mon dieu, soupira-t-elle en se prenant la tête entre les mains.

Voilà pourquoi elle ne souhaitait pas de relation avec lui. Elle avait toujours tenue à ce que sa vie privée reste privée et désormais elle devait être à la une de tous les tabloïds et même son intimité était exposée dans ces romans. Le ventre noué, elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Comment avait-elle pu épouser Rick Castle ? Comment avait-elle pu aimer cet homme ?

- Ne t'inquiète pas, ce qu'écris Castle dans ces romans n'a rien à voir avec la vraie vie

- Comment le sais-tu, gémit Beckett , toujours les yeux clos et la tête entre ses mains

- Parce que tu me l'as dit. Tu m'as toujours dit que la réalité surpassait la fiction…..et puis Castle t'aime tellement qu'il ne ferait jamais une telle chose

- La réalité dépasse la fiction ? Mais tu as dit que cette scène de sexe t'avait presque donné un orgasme ? déglutit-elle en relevant le regard sur son amie tout sourire

- Oui, alors imagine comme je suis jalouse

- Lanie !

- Quoi ? rit la métisse. Ton mari est un vrai étalon!

- Ce n'est pas drôle !

- Ce n'est pas drôle, c'est organisme, la taquina-t-elle. D'ailleurs, après deux ans de coma , tu n'as pas envie de....

- Je te jure que si tu finis cette phrase, je te mets une balle entre les deux yeux, la coupa Kate, horrifiée à l'idée de penser à Castle de cette manière là 

XXXXXXXXX

 

- Richard arrête donc de t'agiter, le réprimanda pour la cinquième fois Martha en apercevant son fils faire les cent pas dans la cuisine.

- Je ne suis pas agité, bougonna-t-il anxieusement.

- Katherine va adorer Lily

- Hum

- Quoi ? tu en doutes ?

Levant les yeux sur sa mère, il se frotta la nuque tout en murmurant :

- Ce n'est plus la femme que j'ai épousé

- Sottise !Elle a un peu perdu la mémoire mais…

- Un peu ? Elle m'a carrément oublié. Elle a oublié à quel point nous étions amoureux, à quel moins nous étions extraordinaire ensemble

- A toi de lui le rappeler, chéri, tenta Martha qui le sentait de plus en plus démuni depuis le réveil de Kate.

A la remarque de sa mère, il soupira et baissa honteusement la tête. Lui le rappeler ? Par moment, il se disait que c'était possible, qu'il pouvait aisément refaire tomber ce mur qui protégeait le cœur de sa femme mais à d'autres moments, il avait l'impression que c'était impossible. Il se sentait fatiguer d'avance. Comment devait-il réagir quand l'amour de sa vie ne se souvenait plus de lui et le repoussait de toutes ses forces ?

- Richard, ne me dit pas que tu ne veux même pas essayer ? déglutit sa mère en le voyant tergiverser devant elle

- Pour le moment seul sa santé m'importe et le bien être de Lily.

- Richard, tu….

- Si Kate accepte Lily se sera un bon point

- Ne dis pas des balivernes. Katherine va adorer Lily et dans quelques temps, elle se souviendra de toutes ces années.

- Hum…je ne sais pas. J'ai discuté avec son médecin et étudier les différents cas qui se rapprochait de la situation de Kate et les chances qu'elle se remémore des souvenirs sont infimes voir même impossible.

- Alors quoi tu veux abandonner ? Dois-je te rappeler que c'est toi qui nous a tous pousser à y croire encore, que c'est toi qui t'es battu pour elle pendant deux ans et maintenant qu'elle est réveillée , tu vas laisser une petite amnésie se mettre entre vous deux ?

- Une petite amnésie ? cracha-t-il vexé et éreinté. Ma femme ne se souvient pas de moi ! Elle est de nouveau ce flic froid et rigide qui veut à tout prix éloigner les autres d'elle. Je ne dis pas que j'abandonne mais j'ai besoin de temps. Je…..

- Papa ? l'interrompit Lily qui se trouvait dans les bras d'Alexis en haut des escaliers

- Oui, cacahuète j'arrive

- Cette conversation n'est pas terminée

- Si elle l'est ! s'agaça Castle qui en avait marre des réprimandes des uns et des autres. 

XXXXXXXXXX

 

- Alors dis-moi, tu as mis ta plus belle robe, Lilybug, sourit Jim en contemplant avec tendresse sa petite fille dans les bras de Richard à l'hôpital

- Maman est réveillée ! s'exclama innocemment la petite de toutes ses dents

- Oui, maman est réveillée, chuchota Rick en lui embrassant la joue.

Il avait passé sa matinée à lui expliquer que sa maman était réveillée et qu'elle souhaitait la voir. Avec des mots simples, il avait tenté de lui faire comprendre la nouvelle situation en espérant que la petite du haut de ses deux ans assimile ses propos.

- Je ne savais pas que tu passais si tôt, je vais attendre à la cafétéria, suggéra le patriarche à son gendre tout en ébouriffant les cheveux de sa petite fille

- Lily était impatiente de voir Kate

- Elle a bien raison et je suis sûr que maman est impatiente de te voir

- Oui ! sourit la petite en observant les couloirs blancs qui menaient tout droit à la chambre de sa mère.

Anxieusement Rick, la cala un peu plus contre lui en espérant que Beckett ne la repousse pas. Il n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Il avait redouté cette confrontation jusqu'aux premières heures du matin. Quelle réaction Kate allait-elle avoir ? Comment Lily réagirait devant sa mère réveillée ? il tentait de calmer son stress en se disant que tout irait bien mais une petite voix dans sa tête lui murmurait que Beckett pouvait ne pas réagir comme il le désirait.

D'un tendre baiser, il caressa le dos de sa fille tout en humant son odeur de vanille, avant de déclarer à son beau-père :

- Vous devriez venir avec nous

- Non, c'est un temps pour tous les trois. Vous méritez un peu de temps en famille

- Vous faites partit de cette famille, d'ailleurs vous êtes la seule personne de cette famille dont Kate se souvient, soupira , la boule au ventre, Castle.

- Richard… je suis certain que Kathie se souviendra de toi, tenta Jim en sentant son beau-fils à fleur de peau.

- Hum…..ça y est , on y est, prête cacahuète ? déglutit Rick en montrant du regard la chambre de Kate à sa fille

- Prête ! prête !

- Je repasserais dans une heure, sourit Jim. Embrasse maman pour moi, d'accord, Lilybug ?

- Oui papi !...allez papa !

- Je crois qu'elle est impatiente

- Oui, soupira en souriant Castle avant de frapper trois petits coups à la porte.

XXXXXXXXXX

Fermant les yeux en inspirant calmement , Kate se répétait inlassablement depuis le départ de Lanie, qu'elle devait se calmer. Il s'agissait juste d'une petite fille de deux ans, elle pouvait y faire face. Elle avait l'habitude d'être confronter à des criminels muti-récidiviste ce n'était pas une gamine qui allait l'effrayer ?

Insufflant à nouveau de l'air, elle sentit son cœur s'accélérer face aux trois coups à la porte. Il était là…..avec elle…..elle se sentait paniquer et pas du tout prête à y faire face. Ouvrant les yeux avec un air apeuré, elle vit la porte s'ouvrit lentement.

- Respire, respire, marmonna-t-elle la boule au ventre avant que son souffle se coupe devant la vue qu'elle avait.

Là, à quelques mètres d'elle se trouvait Rick Castle avec une petite brunette aux yeux bleus dans les bras. La petite tenait fermement le cou de son père et l'observait sans rien dire.

Déglutissant, Kate sentit son cœur se gonfler face à cette petite fille qui lui ressemblait tant.

- Hey, ça va ? murmura craintivement Castle qui avait peur de trop pousser

- Oui, hocqueta Beckett en sentant des larmes arrivées.

Mon dieu, qu'elle était belle. Avec sa robe jaune à pois blanc et sa petite veste assortie, Lily était à croquée.

- Regarde cacahuète , maman est réveillée, déglutit Castle en pensant ne jamais voir ce moment arriver

Contemplant sans un mot sa mère, Lily sursauta quand elle vit Kate se réinstaller un peu mieux dans son lit pour l'accueillir.

- Hey, doucement, chérie

- Maman bouge, chuchota la petite sans lâcher des yeux sa mère

- Oui, maman bouge, elle est réveillée tu te souviens ?

Hochant simplement de la tête, sans lâcher l'étreinte réconfortante de son père, Lily cacha son visage dans le cou de Rick qui lui caressa le dos.

- Allons voir maman de plus prêt, tenta-t-il en s'approchant de Kate pour venir s'installer sur la chaise près de son lit.

Séchant une larme qui avait passé la barrière de ses yeux, Beckett renifla en sentant à nouveaux ses émotions à fleur de peau. Elle n'arrivait toujours pas à croire que la petite fille qui se trouvait dans les bras de Rick Castle et qui ressemblait à un vrai petit ange était sa fille.

Se mordant la lèvre inférieure, elle releva les yeux de Lily pour tomber sur Rick qui l'observait. Il tenait toujours avec tendresse leur fille mais il était comme en attente de quelque chose. Fronçant les sourcils pour étudier son comportement, elle le vit resserrer ses bras autour du corps de Lily comme si il tentait par cette action, surement inconsciente ,de la protéger.

Légèrement blesser par le peu de confiance qu'il semblait lui accorder au sujet de sa réaction envers Lily, Kate sentit à nouveaux les larmes lui monter aux yeux. Comment tout ceci pouvait-il être aussi difficile ? Pourquoi ne pouvait-elle pas avoir un peu de paix depuis son réveil ?

Les mains légèrement tremblantes , elle se racla la gorge pour se donner un peu de contenance et murmura d'une voix rauque empli d'émotions :

- Hey, Lily

Mon dieu, que c'était dur de prononcer simplement cette phrase. Elle avait l'impression que son estomac se nouait de plus en plus, que ses yeux s'embuèrent de plus en plus et qu'à contrario, son coeur se gonflait de plus en plus grâce à cette petite fille. Maman, elle était maman. 

Au son de la voix de sa mère, la petite releva le visage et sourit à Rick en lui déclarant :

- Maman parle !

- Ben oui que maman parle, ricana son père, le coeur noué par toutes les émotions qui le transperçaient. Et toi, pourquoi ne lui parles-tu pas. Tu montres à maman comme tu es une grande fille ? tenta-t-il en sentant que Kate était terrifiée mais en attente d'un geste de sa part

- Oui

Souriant toujours, la petite se réinstalla sur les genoux de son père en faisant face à Beckett et l'étudia quelques secondes en fronçant les sourcils. A ses mimiques, Kate inspira fortement face à la similitude de ses actions avec sa fille. Elle avait l'impression de se voir devant son tableau blanc face à une énigme.

- Coucou maman

- Coucou…..Lily, répondit Kate en refrénant un sanglot pour ne pas effrayer la petite.

Maman, elle l’appelait maman. Toute cette histoire était surréaliste. 

- Maman.. beaucoup….beaucoup….do'mi…..comme la belle au bois …..comment papa ?

- La belle au bois dormant, cacahuète, déglutit Castle

- Oui, comme.... ça, assura la petite en contemplant sa mère.

- Je sais …et je suis désolée d'avoir mis autant de temps pour me réveiller, chuchota péniblement Beckett devant le regard innocent de sa fille

- pas g'ave, papa là…..hein papa ?

- Oui, Cacahuète, papa était là.

XXXXXXXXXXX

 

Lily était restée une bonne partie de l'après-midi auprès de Kate. Si la petite restait encore réticente envers Beckett, elle n'avait pas hésité à lui parler et à lui montrer les dessins qu'elle créait pendant que Castle et Jim conversaient dans la chambre.

Kate, elle , n'avait quitté que très rarement sa fille des yeux. Elle était totalement sous le charme de cette petite mini-elle.

Mais après plus de trois heures à rester dans une chambre d'hôpital, la petite montrait des signes de fatigue et commençait à s'agiter. Ne souhaitant pas trop pousser le premier jour, Rick avait préféré la ramener au loft en promettant à Kate tout comme à Lily de revenir le lendemain.

Hochant la tête péniblement, Beckett sentit son cœur se briser en voyant sa fille s'éloigner. à lui demandant de ne pas se rendormir Comment pouvait-elle être aussi attaché à quelqu'un en aussi peu de temps ? Elle en avait le souffle coupé. Cette petite fille venait de capturer son cœur avec ses sourires, ses rires et ses mots. Kate n'avait qu'une hâte , pouvoir sortir de cet établissement afin de profiter un maximum de Lily. Connaitre tout de cette petite merveille. 

Elle se sentait encore mal à l'aise sur la conduite à tenir. Elle n'avait jamais été à l'aise avec les enfants, mais Lily lui donnait l'envie d'essayer. Elle voulait réellement pouvoir être un jour la mère qu'elle méritait.

Soupirant en voyant sa fille lui faire un coucou de la main, elle entendit Rick lui déclarer d'un air penaud :

- Je suis sûr que d'ici demain, elle voudra monter sur le lit pour un câlin

- C'est bon…je comprend, sourit contrite Kate en ne souhaitant faire culpabiliser personne mais le cœur serré à l'idée de ne pas pouvoir embrasser la petite

Hochant de la tête, Castle s'approcha d'elle , la petite dans ses bras et posa doucement ses lèvres sur sa joue avant de chuchoter :

- Merci

- Pour…quoi ? déglutit-elle devant cette odeur de menthe poivré qui lui retourna le cœur

Son baiser brûlait encore sur sa peau. Elle avait des papillons dans le ventre juste avec ce simple geste. Hésitante et intimider par sa proximité, elle le contempla lui rétorquer doucement :

- Pour cette après-midi

- Merci à toi, déglutit Kate en le voyant faire trois pas en arrière pour reprendre sa distance,  avant de saluer son père

- Jusqu'à demain ?

- A demain, Castle, sourit Beckett en se souvenant de cette réplique

- A demain, Kate.

Et sans un autre mot, il sortit de la chambre avec sa fille sous le bras ;qui déclara tout sourire :

- A 'main, maman !

- A demain Lily.

La porte se referma en laissant derrière elle un grand vide sur Kate. Le ventre noué, elle ferma les yeux en sanglotant avant d'entendre son père se lever et lui chuchoter :

- Ça va aller, Kathie....ça va aller, chérie. 

Et pour la première fois depuis son réveil, elle pouvait y croire. Ça irait….elle n'avait aucun autre choix car aujourd'hui, elle avait une fille…elle avait Lily.

XXXXXXXXXX

Trois semaines , plus tard .

 

C''est le cœur léger et le sourire aux lèvres, avec Lily dans les bras, que Rick arrivait vers la chambre de Kate.

Depuis trois semaines, Beckett semblait faire des progrès de jour en jour. Elle se mobilisait dorénavant toute seule et avait de moins en moins besoin d'aide. Seuls les gestes pour monter les bras étaient encore difficile à accomplir tout comme marcher pendant plusieurs minutes, mais à part ça, la kiné se passait à merveille et elle semblait de plus en plus forte chaque jour.

Sa relation avec Lily était aussi beaucoup plus tendre. La petite allait et venait auprès de sa mère sans hésitation dorénavant même si elle gardait toujours son père en vue.

Kate, elle , se sentait un peu plus à l'aise dans ces gestes envers la petite et adorait passer ces après-midi auprès d'elle à faire des coloriages ou à lui lire des histoires. 

C'est donc ravi et un peu moins soucieux, que Castle s'aventura dans l'hôpital avant d'être stopper au coin du couloir par le médecin de Kate :

- Bonjour Monsieur Castle

- Bonjour docteur, sourit Rick en tenant toujours Lily dans les bras

- Je viens juste de voir votre femme

- Un souci ?

- Oh, non aucun, au contraire. Je viens de lui donner l'autorisation de sortie.

- Pardon ? fit pris de court Rick

- Dans trois jours, elle pourra sortir de l'hôpital et avec une bonne kiné, je pense que dans un mois ou deux, si elle le souhaite, elle pourra reprendre le travail. Elle aura toujours besoin d'une aide psychologique cependant.

- Ce n'est pas un peu prématuré après deux de coma ? s'inquiéta Castle

- Mme Castle est une force de la nature. Vous devriez voir les efforts qu'elle prodigue dans chaque séance de Kinésithérapie. Sortir d'ici, lui donnera l'impression d'avancer. Elle en a besoin, d'ailleurs elle en est ravie.

- Ravie ?

- Oui. Je vous laisse la rejoindre, sourit gentiment le médecin avant de laisser Rick au milieu du couloir complètement pris au dépourvu.

Rentrer ? Elle allait pouvoir rentrer à la maison ? Au loft avec lui et Lily ? Lily allait enfin vivre avec sa mère ? Ils allaient enfin reformer une famille ?

Il n'arrivait pas à en croire ses oreilles. Kate rentrait à la maison. IL était surpris mais tellement ravi qu'il se mit à sourire d'un air béat. Ces trois dernières semaines, Beckett avait été beaucoup plus ouverte avec lui. Il avait réellement l'impression qu'elle se faisait de plus en plus à l'idée d'être en couple avec lui alors la voir revenir à la maison pourrait peut-être accentuer les choses.

Heureux, il embrassa la joue de sa fille tout en rejoignant la chambre de Kate avant de se stopper devant la discussion qu'il entendait derrière la porte :

- Tu plaisantes, là , Kathie ?

- Non. Il est hors de question que je vive avec Castle chez lui

- Chez vous, rectifia Jim démuni

- Chez lui. Il est une chose de sourire et d'être cordiale , il en est une autre de vivre avec lui.

- C'est ton mari et le père de ta fille.

- Je le sais ! Mais je ne suis pas prête. Si tu ne veux pas que je viennes chez toi, j'irai seule chez moi.

- Ne soit pas stupide. Tu as vendu ton appartement, il y a des années et le médecin a dit que tu sortais à la seule condition de ne pas être seule

- J'irai chez Lanie, alors, rétorqua-t-elle

- Et Lily ? Tu ne veux pas apprendre à la connaitre ? tu ne veux pas être présente au coucher de la petite ou pour son bain ? Tu as déjà tellement manquer de choses

- Tu crois que je ne le sais pas, cracha-t-elle. Tu crois que je ne sais pas que je ne connais pas ma fille! Si je fais tous ces efforts, c'est pour elle. Si je me lève, chaque matin, c'est pour elle. Je ne sais pas si cette chose entre Castle et moi va fonctionner, mais je suis sûre d'une chose, je ne suis pas prête de jouer à Mme Castle pour le moment!

- Tu.......

- Tu rentres à la maison, les interrompit Rick, furieux et fatigué en entrant dans la chambre avec un regard noir. Tu rentres à la maison , il est hors de question que tu ailles chez Lanie ou ton père. 

 

 


billy1  (06.11.2018 à 18:45)
  • Je te demande pardon ? répéta-t-elle hébéter devant l’air autoritaire et sans appel de Rick Castle
  • Tu m’as très bien comprise, siffla-t-il excéder et à bout de nerfs.

Depuis le réveil de Kate, il avait tenté de rester calme et d’être compréhensif face à la situation dans laquelle se trouvait sa femme. Il avait gardé ses distances malgré ses sentiments, il avait souri quand il avait simplement envie de pleurer, il lui avait donné de l’espace quand elle l’avait repoussé mais désormais il ne pouvait plus se taire.

Il était fatigué, énervé et frustré face à toute cette situation. Les médecins lui avaient déclaré maintes et maintes fois que les chances pour que Beckett retrouve la mémoire pouvait être en grande partit augmenter si elle se trouvait dans un endroit familier. Et le loft était cet endroit, il était sa maison et il était désormais hors de question qu’il remette en cause sa guérison devant son entêtement à fuir ses problèmes.

Depuis presque désormais trois semaines et demi , il avait laissé Alexis et Martha en dehors de cette chambre mais aujourd’hui, il commençait à se demander s’il avait eu raison d’aller dans le sens de Kate.

Il connaissait sa femme, quand elle avait peur, elle paniquait et fuyait. Si autrefois, il lui avait laissé le temps et l’espace qu’elle réclamait au détriment de ses sentiments, aujourd’hui il n’avait pas le même luxe. Aujourd’hui, il avait une petite fille qui comptait sur lui et qui avait besoin de sa mère et il avait aussi Alexis qui culpabilisait énormément pour l’accident.

Il était donc temps qu’il se batte pour ses enfants même si cela voulait dire éloigner Beckett un peu plus.

  • Je vais aller prendre Lilybug pour un chocolat chaud, s’enquit Jim en se levant devant l’air glacial de la pièce
  • Tu n’as pas besoin de…
  • Merci Jim, la coupa Rick en s’approchant de son beau-père pour lui donner Lily . Tu vas aller avec grand-père un moment cacahuète
  • Papa fâché ? demanda la petite en observant les traits tirés de son père et le regard meurtrier de sa mère à son égard
  • Non papa n’est pas fâché. Il veut juste discuter avec maman
  • Moi au..ssi
  • Tu pourras le faire après. Promis, sourit Castle en embrassant sa joue.
  • Allez Lilybug, allons boire ce chocolat chaud, souffla Jim en ouvrant la porte et en s’éloignant le cœur en berne face à cette tête de mule de fille.

Fermant la porte derrière le père de Kate, Rick inspira plusieurs fois pour tenter de calmer ses nerfs quand il entendit la voix de Beckett qui lui glaça le sang :

  • Pour qui te prends-tu pour me dicter ma conduite
  • Pour ton mari 
  • Tu n’es pas mon….
  • Je suis ton mari !....... même si l’idée d’être en couple avec moi te déplait tellement que tu as dû retirer ton alliance du doigt, siffla-t-il contrarier en observant sa main droite.

Depuis son réveil et l’annonce de leur relation, il avait vu la bague qui ornait fièrement son annulaire droit depuis des années disparaitre un beau matin. S’il n’avait rien dit à l’époque malgré toute la peine et les questions que ce simple geste démontrait à son égard, il ne pouvait plus se taire désormais. Plus les jours passaient et plus Beckett l’éloignait.

  • Je ne suis pas prête à être ta femme, siffla tout aussi énerver Kate face à cette situation.

Elle ne comprenait pas pourquoi il était aussi excéder, pourquoi il pensait avoir une quelconque autorité sur ces décisions et pourquoi tout le monde la traitait comme une petite fille. Elle était amnésique, oui, mais pas impotente !

  • Oh, ça je l’ai bien compris et je ne te demande pas d’agir en tant que telle. Mais on a une fille ensemble. Une fille ! et il est hors de question que je te laisse prendre le temps qu’il te faut pour digérer la nouvelle quand chaque seconde compte pour ton rétablissement.
  • Je…..
  • Les médecins, les anciens patients, tous affirment que tu dois être confronter à ton quotidien. ET je suis désolé de te l’apprendre, mais JE suis ton quotidien, tout comme le loft ou Alexis et mère. Tu ne veux pas être ma femme, bien, mais tu vas retourner à la maison auprès de ta famille et de ta fille. Je dormirais dans la chambre d’amis, je te laisserais en paix mais il est hors de question que je te laisse encore t’éloigner. Lily te réclame tous les jours et après deux ans, elle mérite un peu plus de considération.
  • Comment peux-tu….
  • Comment je peux quoi Kate ? Comment je peux demander à ma femme de rentrer à la maison ? Comment je peux te demander de penser à notre fille ? soupira-t-il déçu et démuni. Tu ne te souviens pas de nous, je le comprends mais……tu ne m’aurais pas épousé si tu n’avais pas de sentiments pour moi, tu ne m’aurais pas épousé si tu ne me faisais pas confiance. Alors s’il te plait, fais-moi confiance, rentre avec nous au loft, apprend à connaitre Lily et si dans quelques semaines, quand tu auras retrouvé toutes tes forces, tu ne veux toujours pas vivre avec nous, je ne te pousserais pas.

Déglutissant devant sa tirade, elle baissa le regard sur sa main droite ou trônait à son réveil une magnifique alliance ainsi qu’une bague de fiançailles. Castle avait raison, elle ne l’aurait pas épousé sans sentiment. Déboussoler et à fleur de peau, elle se mordilla la lèvre inférieure en pesant le pour et le contre de sa demande quand elle l’entendit murmurer faiblement :

 

  • Ce n’est pas une tentative pour te reconquérir. Je veux juste……je veux juste être certain qu’on aura mis toutes les chances de ton côté pour ton rétablissement. Je……si tu veux partir dans quelques semaines, je ne me battrais pas avec toi.

Il avait l’air tellement démuni. Le regard au sol, les épaules affaissées et les mains dans les poches, que Kate déglutit douloureusement face à l’image qu’il lui renvoyait. Fermant les yeux, elle chuchota anxieusement :

  • D’accord
  • D’accord ? répéta-t-il confus et surpris en relevant le regard sur elle
  • D’accord mais si je veux partir dans quelques semaines
  • Je te laisserais, la coupa Rick, les yeux rougis en pensant qu’elle le ferait .

Elle partirait…..il le savait. Dès qu’elle aurait repris des forces, il devra la laisser partir. Comment la vie pouvait-elle être aussi injuste avec lui ?

  • Et pour Lily ? ajouta Kate en souhaitant mettre toutes les cartes sur la table
  • Lily ?
  • Si….. je pars….me laisseras-tu la voir ?
  • Tu es sa mère, bien sûr que tu pourras la voir. Je ne sais pas comment on fera et « si » on le fera mais…..si tu décides qu’on n’est pas assez, que je ne suis pas assez, Lily n’a pas à souffrir de tout ça. On fera les choses correctement, avoua Castle, le cœur brisé.
  • Bien

XXXXXXXXXX

 

C’est donc un brin anxieuxe, qu’elle se retrouvait en face de la fenêtre de sa chambre en attente de Castle pour sa sortie.

Elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Tout se chamboulait dans sa tête. Elle allait devoir aller vivre au loft, devoir apprendre à ne plus vivre seule et à faire certainement des concessions, mais surtout devoir faire face à tout ce qu’elle avait oublié.

Fermant les yeux en sentant son estomac se noué d’anticipation, elle repensa à la visite d’Alexis et de Martha la veille au soir quand Rick lui avait suggéré de leur faire face maintenant plutôt que le lendemain.

Si elle n’avait pas été très enthousiaste au début, les voir avait été un électrochoc. La petite rouquine aux yeux bleus de ces souvenirs ,était devenue une magnifique jeune femme qui étudiait à Columbia. Elle avait pu aussi voir toute la détresse et la tristesse d’Alexis qui culpabilisait encore énormément pour l’accident.

La jeune fille avait dû s’excuser un bon nombre de fois malgré les protestations de Kate et les yeux larmoyants de Rick.

Beckett savait que l’accident qui l’avait mené au coma avait été causé à cause d’une voiture qui avait faillit percuter Alexis et qu’elle s’était donc interposé pour sauver la vie de la jeune femme. Ce qu’elle ignorait en revanche et qu’elle découvrit ce sont toutes les répercussions que cet acte avait eu sur cette famille.

Alexis avait culpabilisé pendant les huit dernières années pour le coma de Kate et culpabilisait dorénavant pour son amnésie.

Rick, lui, ne savait pas s’il devait en vouloir à Beckett pour avoir tenté de sauver la vie de sa fille.

Quant à Martha, les traits des années avaient fait son œuvre et on pouvait aisément voir la fatigue et l’inquiétude jonchés son visage.

Kate n’avait jamais pris en compte la détresse de cette famille. Elle avait passé les dernières semaines à ses replier sur elle-même sans penser aux répercussions sur autrui. Si nier l’évidence avait été facile ses derniers jours, le fait d’être confronter à tout ça, à dû lui faire admettre qu’elle avait désormais une famille……une famille qui avait attendu son réveil depuis des années et qu’elle avait fait souffrir par la suite.

La boule au ventre, elle inspira une nouvelle fois pour tenter de calmer le stress qui culminait depuis plusieurs minutes , quand une voix incertaine et intimidé la sortie de ses songes :

  • Hey…..tu es prête ?

Se retournant, elle trouva Castle à la porte de sa chambre, les deux mains dans les poches, vêtu d’un jean et d’un pull en cachemire bleu qui faisait ressortir son regard azur.

D’un simple hochement de tête, elle s’avança vers le lit fébrilement pour prendre son sac de voyage quand elle se stoppa devant la main de Rick sur la sienne :

  • Je vais le faire
  • Tu es sûre, déglutit-elle en sentant des frissons dans son dos rien qu’à l’effleurement de sa peau contre la sienne
  • Tu ne vas pas me priver du peu de virilité que j’ai…..n’est-ce pas Beckett ? Sourit-il pour la taquiner.

Lui non plus n’avait pas dormit la nuit. Il avait passé son temps, à se tourner et à se retourner, en se demandant qui c’était une bonne chose qu’il pousse Kate à venir cohabiter avec eux si elle ne le désirait pas. Il avait aussi redouté sa réaction ce matin.

Mais quand il l’avait vu, debout en face de la fenêtre, avec son jean noir et sa chemise blanche, il avait senti les larmes lui monter aux yeux. Elle était vivante et elle allait enfin sortir de cet hôpital. Après deux ans à prier tous les dieux de cette terre, à chercher les meilleures spécialistes, sa femme était réveillée et vivante.

  • Si c’est simplement pour ton égo, je veux bien te laisser les sacs à porter, sourit timidement Kate en éloignant sa main de la sienne.

Quand la chaleur de sa main disparu, Rick déglutit. Il avait une telle envie de la prendre dans les bras, de humer son odeur, de pouvoir……. ;pouvoir simplement par un contact physique se rendre compte qu’elle était là…..vivante. Il avait serré cette main tous les jours depuis deux ans et désormais il avait l’impression que même ce simple contact lui était refusé.

Ne voulant pas la pousser et créer des frictions avant son retour à domicile, il prit de nouveau sur lui, et lui demanda en relevant ses derniers mots :

  • Heu…les sacs ?
  • Déjà …fatigué, Castle ?
  • Non, non…c’est juste qu’en disant les sacs, tu en suggères un bon nombre. Pour être certain, de combien de sacs parle-t-on ? demanda-t-il en se tournant pour découvrir quatre autres sacs près de sa penderie.
  • Apparemment, tu es encore plus une fashion victime que moi. Deux ans dans le coma, a porté des pyjamas et je me retrouve avec une tonne de vêtement
  • Oh….je voulais simplement que tu sois à l’aise….et il y a aussi tous les produits de beauté, avoua-t-il penaud, en se rendant compte qu’elle n’avait pas tort.

Au regard qu’il lança vers les sacs, elle se rendit compte qu’elle l’avait une nouvelle fois blessé. Cet homme avait été là pendant plus de deux ans, il avait fait en sorte qu’elle ne maque de rien et elle venait juste d’admettre qu’il en avait trop fait. Soupirant, en se sentant gauche et maladroite avec lui, elle déglutit avant de lui avouer timidement :

  • Castle….je sais que j’aurai du te le dire depuis longtemps mais …merci
  • Merci ? ….Pourquoi ? fit-il surpris en l’observant se mordiller la lèvre inférieure nerveusement
  • Pour ….avoir été là pendant deux ans. Mon père m’a dit ce que tu avais fait. Alors….merci.

Souriant devant sa mine intimidée, il hocha simplement la tête en répondant avant d’être interrompu :

  • Toujours
  • Mme Castle ?

L’arrivé de l’infirmière coupa leur échange, et c’est mal à l’aise avec ce patronyme que Kate avait encore du mal à répondre , qu’elle murmura :

  • Oui ?
  • Je vous dépose vos effets personnels. Vous y retrouverez certains papiers.
  • Bien, merci, déglutit Beckett en ouvrant l’enveloppe pour découvrir ces effets personnels avant de froncer les sourcils. Heu….Excusez-moi ?
  • Oui ?
  • Il n’y avait pas une bague avec une chaine ?

Depuis son réveil, elle n’avait pas cessé de se demander ou était passé la chaine et la bague de sa mère. Elle avait supposé qu’ils avaient dû la lui retirer au moment de l’accident et qu’elle les retrouveraient à sa sortie de l’hôpital, mais devant l’enveloppe pratiquement vite qu’elle avait sous les mains, elle en déduit qu’elle avait au tort :

  • Heu….selon le listing, vous n’êtes pas entrée …
  • Tu ne les portais pas lors de l’accident , l’interrompit Rick en montrant d’un signe de la tête reconnaissant à l’infirmière qui se chargerait de lui expliquer .

Il ne lui était jamais venu à l’esprit que la bague pouvait lui manquer. Elle l’avait retiré depuis des années maintenant et il en avait même oublié que Kate ignorait tout ce que ceci comportait. Le meurtre de sa mère……

  • Je….tu es sûr ? Parce qu’il s’agit de l’alliance de ma mère et je ne la quitte jamais, alors…
  • L’alliance ainsi que la chaine se trouve dans ton coffre à bijou au loft, la coupa Rick en observant l’infirmière sortir de la pièce pour leur laisser de l’intimité
  • Je….je ne portais pas la bague, murmura-t-elle perplexe en baissant le regard au sol.

Pourquoi ne portait-elle pas la bague ? Elle ne l’avait jamais quitté. Tout ceci n’avait aucun sens, pensa-t-elle.

  • Kate, soupira Rick en se rendant compte de toutes les conversations qu’il n’avait pas encore eue, de toutes les choses qui lui manquaient.

Il n’avait pas pris conscience de toutes les choses qu’elle avait oublié. Et la résolution du meurtre de sa mère en faisait partie, tout comme la mort de Montgomery. Sentant son estomac se noué à l’idée de la blesser une nouvelle fois avec un flot d’information, il tenta de répondre à ses questions en gagnant un peu de temps :

  • Tu ne portes plus la bague de ta mère. Tu n’en as plus besoin…..je…..on va rentrer et je t’expliquerais tout à la maison
  • Je n’en ai plus besoin ? pourquoi ?
  • Viens, on va rentrer et…
  • Pourquoi Castle ? le coupa-t-elle paniquer à l’idée de ne pas savoir.

Elle ne retirait jamais la bague de sa mère. Elle était ce qui lui rappelait ce qu’elle avait perdue. C’était ce qui la définissait, ce pourquoi elle était flic, ce pourquoi elle se battait. Alors pourquoi la retirer, pourquoi la…

  • Tu as résolu son meurtre, la coupa dans ses pensées Rick, en se dandinant mal à l’aise
  • Je…quoi ?
  • L’assassin de ta mère………tu l’as trouvée….enfin on l’a trouvé. C’est fini, Kate. L’assassin de ta mère a été condamné et justice lui a été rendue.
  • Je……j’y suis arrivée, hoqueta-t-elle en pleurs, une main sur la bouche en sentant son ventre se noué et la nausée la prendre
  • Oui, déglutit Rick devant l’intensité de son regard.

Il aurait souhaité la prendre dans ses bras et l’aider à assimiler ses mots, par ses gestes, ses caresses, ses baisers, mais la façon avec laquelle elle recula d’un pas le fit revoir ses intentions. Elle était toujours sur ses gardes avec lui, elle supportait à peine sa présence alors la prendre dans ses bras n’était pas négociable malgré son envie ou son désir. 

Fermant les yeux en sentant les larmes lui monter lui aussi aux yeux, il tenta de chasser au loin sa tristesse. Sa femme lui manquait….énormément. Il n’aurait jamais cru qu’un jour son réveil puisse être aussi douloureux. Finalement, une Kate amnésique pouvait être pire qu’une Kate dans le coma. Son toucher, son odeur lui manquaient. Il avait l’impression d’être un paria pour elle.

Soupirant, il releva le regard sur elle pour la découvrir en larmes, les mains autour de son buste comme pour se protéger. Son cœur se brisa un peu plus à ce constat.

  • On devrait y aller, Lily va nous attendre
  • Qui ?
  • Pardon ?
  • Qui a tué ma mère ? sanglota Beckett qui avait l’impression de perdre un peu plus de son identité à cet instant.

Comment pouvait-on lui enlever encore un peu plus d’elle à cet instant. Elle avait l’impression de ne plus se connaitre. Elle avait résolu le meurtre de sa mère, elle s’était mariée et avait construit une famille……comment avait-elle pu arriver jusque-là ?

  • Rentrons, je ……..je t’expliquerais tout à la maison.
  • Mais, je……
  • A la maison, Kate, inspira Rick en lui prenant son sac sans la lâcher du regard.

Inspirant fortement, elle renifla en l’observant quelques secondes. A la maison…..elle allait rentrer à la maison. Avançant de quelques pas, elle se stoppa à quelques pas de lui. Levant les yeux devant la différence de taille, elle le contempla avant de lui murmurer :

  • Qui ?
  • Kate, tu………le sénateur William Braken, soupira-t-il vaincu face à l’intensité de son regard. Je sais que tu dois avoir une tonne de questions, et je te promets d’y répondre mais pas ici….pas maintenant……s’il-te-plait , plaida-t-il en la contemplant baisser les yeux au sol.

Attendre…encore. Elle avait envie de dire non. De connaitre toute l’histoire, mais au ton qu’il employa, elle comprit que cette histoire n’était pas une de celle que l’on conte dans une chambre d’hôpital. Inspirant pour tenter ses larmes, elle chuchota désemparer :

  • Tu connais vraiment tout de moi ?
  • Je……oui…..comme tu connais ……connaissais tout de moi, déglutit Rick en sentant cette délicieuse odeur de cerise qui lui brisa un peu plus le cœur.

Il suffirait d’un seul geste pour simplement la toucher, pour simplement être prêt d’elle. Pourtant, toujours sur la retenue, il l’observa simplement et l’entendit murmurer timidement :

  • Merci
  • Pour ?
  • Être là malgré…….tout ce qui se passe. Merci Castle.

Elle savait qu’il prenait énormément sur lui pour ne pas la brusquer. Elle le voyait dans ses postures, dans ses gestes, dans ses regards , dans toutes ses attentions depuis son réveil. Il agissait comme un ami, comme un mari, comme……si elle était la personne la plus importante dans sa vie.

Elle savait qu’elle ne pourrait pas lui donner ce qu’il avait perdu, ne pourrait pas être la personne qu’il désirait mais à cet instant, elle devait le remercier.

Déglutissant, Rick murmura sans bouger pour ne pas briser le moment :

  • Toujours
  • Toujours ? répéta-t-elle en fronçant les sourcils
  • Toujours Kate. Je serais toujours là.
  • -……….
  • Allez, rentrons à la maison.

 

 


billy1  (13.11.2018 à 09:14)

Chapitre 8 .


Debout devant le taxi qui l'avait ramené au loft, il y a quelques secondes, Kate observait sans un mot l'immeuble qui la surplombait pendant que Rick déchargeait le véhicule anxieusement.

Le trajet de l'hôpital jusqu'à la maison s'était fait calmement, Kate avait souri, répondu cordialement à chacune de ses questions malgré son stress qui augmentait de secondes en secondes à l'idée de devoir faire face à tout ce qu'elle avait oublié.

Elle était heureuse et soulagée de quitter cette chambre au mur blanc et si impersonnelle pour retrouver l'air frais de Manhattan. Mais, elle redoutait d'avoir le même sentiment d'inconfort dans ce loft, dans cette maison qui n'était pas la sienne.

Déglutissant en se demandant comment toute cette nouvelle vie allait se dérouler, elle sortie de ses pensées par la voix de Rick qui lui déclara :

- On y va ?

Hochant simplement de la tête, elle inspira avant de s'avancer vers Castle pour l'aider avec les sacs mais ce dernier recula d'un pas en lui murmurant :

- Mon plaisir

- D'accord, souffla-t-elle en le suivant doucement tout en contemplant ces lieux d'un œil nouveau.

Tout respirait le luxe, elle se demandait pourquoi tout ceci la dérangeait alors qu'avant elle n'en avait cure. Elle avait l'impression d'être oppressé devant toute cette richesse. C'était si loin de son monde à elle.

Quand Edouardo, le concierge s'approcha avec un sourire jusqu'aux oreilles, Beckett fronça les sourcils alors que ce dernier lui déclara :

- Madame Castle , c'est un plaisir de vous voir

- …Merci, répondit-elle timidement en baissant les yeux

- Monsieur Castle, laissez-moi prendre vos bagages

- Merci Edouardo.

Déposant les valises près du majordome, Rick posa tendrement sa main sur le bas du dos de Beckett pour l'inciter à avancer ,mais cette dernière surprise, se figea à ce rapprochement et douloureusement, il retira sa main en balbutiant :

- Désolé….je..l'habitude.

- Ce n'est pas grave, déglutit-elle en se sentant gauche et mal à l'aise.

Rentrant dans l'ascenseur, elle l'observa garder une présence respectable avec elle et elle se sentit encore plus confuse. Comment allaient-ils arriver à retrouver ce qu'ils avaient perdu ? Le voulait-elle vraiment ? Comment pouvaient-ils surmonter ça?

Soupirant, en contemplant les étages défilés, elle demanda à Rick pour tenter d'alléger l'ambiance :

- Alors…..hum…tu es riche, c'est bien ça ?

Souriant à cette réplique qu'il avait déjà entendu lors de leur premier week-end en amoureux, il lui répondit l'air de rien :

- Pas autant que James Patterson, mais on n'a pas à se plaindre

Se mordant la lèvre inférieure gênée par le sous-entendu du « nous » à sa déclaration, elle se demanda à quoi devait ressembler sa vie avec lui. Faisait-il compte commun ? ou avait-elle gardé son indépendance financière…..et si oui, comment faisait-elle pour payer le loyer de cet appartement ?

Perdu devant un nouveau flot de questions, elle en sortie par la sortie de Rick de l'ascenseur qui lui demanda :

- C'est bon tu es prête ?

- Oui…. ; enfin non…...attend, s'inquiéta-t-elle soudainement en observant cette porte rouge en face d'elle

- Un souci ?

- Tu n'as pas organisé de fête ou…un truc dans le genre

- Heu….non. Tu aurais voulu ? rétorqua Castle , inquiet en ne la voyant pas réagir. Je suis désolé, j'ai pensé que tu voulais simplement te retrouver en famille.

- Castle, c'est parfait, avoua-t-elle soulager en inspirant fortement comme si elle avait été en apnée depuis plusieurs minutes.

- Tu es sûre ? Parce qu'il est encore temps, je peux appeler les gars, Lanie et….

- Non, non…..un peu d'intimité, c'est tout ce dont j'ai besoin

- Sûre ?

- Ne me le fais pas répéter une seconde fois ou je te tire une balle entre les deux yeux, sourit-elle , les mains dans les poches légèrement intimidée.

- Bien, dans ce cas, je ne vais pas pousser ma chance, rit Rick , heureux de leur joute verbale.

Ils n'avaient pas discuté avec aussi peu de tension depuis tellement de temps qu'une simple phrase de Kate, un simple geste pouvaient égayer sa journée. Le cœur gonflé d'amour pour cette femme, il la contempla quelques secondes se dandiner maladroitement devant lui, les mains dans ses poches et les yeux au sol avant de lui déclarer gentiment :

- Allez, allons-y, Lily t'attend de pied ferme.

Et sans un autre mot de sa part, il ouvrit la porte du loft, d'une main tremblante en songeant qu'après plus de deux ans, sa femme rentrait à la maison.

Il avait l'impression que cela faisait une éternité, que c'était même dans une autre vie, qu'un matin , elle s'était levée en lui disant « à tout à l'heure »…

Flashback.

Se frottant les yeux en baillant, dans son bas de pyjama noir et son tee-shirt blanc, Rick tentait de se réveiller après avoir découvert qu'il se trouvait seul dans son lit.

Il était seulement huit heures du matin et il avait espéré pouvoir dormir un peu plus ce matin, mais malgré son congé maternité , Kate Beckett était décidée à se lever aux aurores malgré ses huit mois de grossesse.

Les yeux à peine ouvert, il percuta un fauteuil du salon et maugréa dans sa barbe avant de se stopper dans ses jérémiades pour observer curieusement sa femme.

Assise sur un tabouret de l'îlot central, devant son décaféiné, elle mangeait avec envie un cornichon trempé dans ce qui semblerait être du beurre de cacahuète, grimaçant devant cette vue, il l'entendit lui dire comme si de rien n'était :

- Tu es tombé du lit, Babe ?

- Heu….. non…..mais toi , tu as du te cogner la tête , gémit-il en l'observant recommencer son manège

- Hum…quoi ?

- Kate….tu vas bien ?

- Oui, pourquoi ?

- Heu…..non que je juge tes goûts alimentaire mais là, chérie…si je peux me permettre , c'est….écœurant

- Dixit celui qui mange une omelette avec du chocolat.

- Oui mais….

- Tu sais quoi, en y réfléchissant bien , je suis sûre que mes goûts culinaire plus que précaire en ce moment son dû à ce mini toi qui pousse en moi, rétorqua-t-elle en terminant son cornichon avant de boire son café sous le regard dégoutté mais intrigué de Rick.

- Tu crois ?

- J'en suis certaine.

- Cool. Cosmo va donc adorer ma guimauvelette

- Arrête donc d'appeler notre enfant ainsi et il est hors de question que tu le nourrisses avec ….des œufs au chocolat, sourit-elle en se levant doucement pour laver sa tasse avant de venir le rejoindre pour l'enlacer tendrement

- Et les chamallows, n'oublis pas les chamalows, Beckett, sourit Rick toujours ravi de tenir sa femme dans ses bras.

Malgré le début de son huitième mois de grossesse, Kate était rayonnante. La grossesse lui allait à ravir et élançaient encore un plus sa silhouette. Rick ne se laissait pas de la contempler avec amour et émerveillement.

Souriant à sa remarque, elle se leva sur ses orteils pour atteindre doucement ses lèvres et lui murmura :

- Arrête de dire des bêtises et dis-moi bonjour, plutôt.

- Bonjour, Madame Castle, susurra Rick en posant sa bouche sur la sienne.

- Bonjour, Monsieur Castle, chuchota-t-elle en accentuant le baiser avant de s'éloigner en entendant la porte d'entrée s'ouvrir.

Fin du Flashback.

C'était l'un des derniers souvenirs qu'il avait de Kate. Sa fille était venue la chercher, elle s'était donc préparée et avait promis de revenir pour le déjeuner. Son sourire avait été la dernière chose qu'il avait vu avant l'appel de Martha quelques heures plus tard, pour l'avertir de l'accident.

- Maman ! s'écria la petite Castle en se levant du canapé à tout allure pour venir enlacer les jambes de sa mère totalement surprise.

- Hey….Lily, déglutit Beckett qui avait encore du mal à agir avec elle.

Observant les alentours en caressant le dos de sa fille, elle aperçut Martha et Alexis au salon qui se levaient pour venir les rejoindre et son père près de la cuisine.

Arquant un sourcil devant ce constat, elle murmura à Rick qui était juste derrière elle :

- En toute intimité, hein ? Tu as invité mon père ?

- Je n'ai pas menti. Simplement la famille, rétorqua-t-il en levant les épaules nonchalamment alors que son cœur se gonflait face à sa révélation.

La famille…il englobait son père dedans. Jim faisait parti de la famille de Castle. Émue, elle allait dire merci quand les bras réconfortants de Martha l'encerclèrent :

- Bienvenue à la maison, Katherine

- Merci Martha

- Gram's ! rit Lily prise en sandwich entre le corps de sa mère et celui de sa grand-mère

- Ma faute, Kiddo, sourit, les larmes aux yeux la matriarche en contemplant enfin le tableau qui se dessinait sous ses yeux.

Sa belle-fille était rentrée à la maison….enfin.

- Hey….je suis contente que tu sois de retour, avoua timidement Alexis en restant sur la réserve avec elle.

Depuis l'accident, elle n'avait eu de cesse de culpabiliser. Elle aurait dû être à la place de Kate, elle n'aurait pas enlevé l'amour de sa vie à son père ou une mère pour Lily. Mais malgré le réveil de Beckett, elle s'en voulait toujours énormément pour toutes les répercussions que cet accident avait engendré à toute sa famille.

Désormais, elle ne savait plus comment agir avec sa belle-mère.

- Merci, Alexis, répondit poliment Kate alors que Lily tendait ses bras

- Por'te maman ! por'te !

- Lily , maman ne peut pas te….

- Laisse, viens là toi, sourit Kate en serrant les dents juste pour s'agenouiller à hauteur de sa fille. Maman va faire un câlin.

- Doucement, Kate, s'inquiéta Castle qui savait qu'elle n'avait pas pleinement récupérer de son coma et que certains gestes lui étaient encore difficile.

- Chut ! papa ! maman câlin, sourit de toutes ces dents la petite en serrant fort sa mère

- Oui, chut ! Castle, déglutit Beckett face à cet élan de tendresse qui la prit de court

XXXXXXXXX

Debout devant la commode de la chambre de Rick, Kate observait en silence les lieux. Elle était revenue au loft, i peine une heure et la fatigue commençait à se faire sentir. Avec prévenance, Castle lui avait suggéré d'aller se reposer avec l'aide de Lily qui n'arrêtait pas de contempler sa mère depuis son retour.

Assise au milieu du lit, son doudou contre sa poitrine, elle regardait sa mère observer avec beaucoup d'intérêt toutes les photos qui se trouvaient dans ce lieu inconnu pour elle.

Les larmes aux yeux, les épaules affaissées, elle se rendait compte de tout ce qu'elle avait oublié. Son histoire avec Rick et sa fille. Devant elle, jonchait des dizaines de photos sur un tableau ou toute la famille Castle était mis en avant avec elle.

Du bout des doigts, elle caressa en souriant tristement à une image de Lily âgée à peine de quelques jours, allongées sur le buste de sa mère. On aurait dit que mère et fille dormait paisiblement. La photo aurait été magnifique si Kate en avait un souvenir.

Déglutissant, en observant une autre photo de Rick et elle tout sourire près d'une plage, elle sortie de ses songes par le raclement d'une gorge.

- Tu as besoin d'aide Kathiebug ? demanda son père en entrant timidement dans cette chambre qui lui était inconnu.

Castle avait eu la bonne idée de convier son beau-père à la venue de Beckett au loft. Il espérait que Kate y trouve un peu de réconfort et d'apaisement.

Jim lui était heureux de pouvoir être là mais la tristesse dans le regard, le sourire de sa fille ,lui donnait mal au ventre. Il s'apercevait bien tout comme Rick que Kate tentait de faire bonne figure et d'être poli avec Martha, Alexis et même Lily.

Elle se trouvait plonger totalement dans un monde qui lui était inconnu et elle semblait tellement …..mélancolique que Castle n'osa pas proposer son aide de peur de la voir fuir avec Jim à la moindre occasion.

Alors avec beaucoup de pudeur, il s'était simplement retiré de l'équation en proposant à son beau-père d'aider Kate à ranger ses affaires pendant qu'il faisait un brin de rangement.

- Tu veux me border, papa ? sourit Beckett , les mains tremblantes dans les poches en se retournant pour voir son père la contempler

- Ce serait un privilège, jeune fille

- Je pense….que je peux me débrouiller

- Maman dodo ? demanda Lily en prenant sa sucette

- Pas tout de suite. Tu veux faire dodo, Lily ? s'inquiéta Kate en la voyant bailler

A quelle heure dormait une enfant de cet âge ? Devait-elle faire une sieste ? Ou la laisser éveiller ? Paniquer à l'idée devoir prendre en charge la petite, elle vit son père venir à son secours :

- LilyBug, papa a mis Cendrillon dans le salon

- Cend'illon ?

- Oui. Tu veux aller le voir ?

- Oui ! s'exclama tout sourire la petite en descendant doucement du lit avant de se stopper. Maman ? Venir ?

- Maman va discuter un peu avec grand-père. Elle viendra plus tard, concéda Jim en sentant sa fille perdue devant toutes ces photos qui lui étaient inconnues

- D'acc'ord…..

Avec un dernier sourire, elle sortie de la pièce en traînant son doudou au sol et Jim referma la porte soigneusement en contemplant Kate devant lui. Sa fille si forte et si indépendante, semblait totalement accablée à cet instant, comme si tout le poids du monde tenait sur ses épaules. Il savait qu'elle prenait énormément sur elle pour ne pas courir alors doucement il lui avoua pour entamer la conversation :

- Elle me rappelle tellement toi à ton âge

- Hum, concéda Kate en observant une autre photo de Lily sur la commode.

Le fait de se retrouver dans le loft, dans la chambre de Rick entourer de tous ses souvenirs et de sa fille serra un peu plus le cœur de Beckett. Elle se demandait si un jour elle serait à la hauteur de toutes les attentes des uns et des autres, si elle pourrait se remémorer ses huit années.

Soupirant en se mordant la lèvre inférieure, elle vit son père s'approcher d'elle en étudiant les mêmes photos et lui déclarer :

- Je sais que toutes ses images doivent un peu plus te frustrer mais si tu as des questions, des interrogations, je suis là….comme Richard.

- Je sais, soupira Kate en prenant un cadre photo qui représentait sa photo de mariage.

- Dis-moi, Kathie, tenta-t-il une nouvelle fois en la voyant au bord des larmes

- C'est juste que c'est surréaliste…Je suis mariée...j'ai une famille...je ne sais plus qui je suis. Je ne me reconnais plus.

- Tu es toujours la même. Richard a juste permis à t'aider à faire la paix avec une partie de toi.

- Une partie de moi ?

- Hum…tu es plus ouverte, plus souriante…..j'ai l'impression de retrouver ma fille avant …..avant le décès de ta mère.

Déglutissant devant cette information, elle reposa la photo sur la commode et murmura :

- Castle m'a dit qu'on avait trouvé son assassin

- C'est vrai…..je ne sais pas ce qui peut vous arrêtez quand vous êtes ensemble.

- Une amnésie, peut-être ? soupira-t-elle en observant une nouvelle fois la chambre.

- Tu….

- Je sais qu'il y a une chance que je retrouve la mémoire mais …..si je ne le faisais pas, papa?

- Kathie, ne soit pas …..

- Papa, pleura-t-elle complètement abattue. Si je ne me souvenais plus jamais…..qu'est-ce que je vais faire ?

- Tu reprendras le cours de ta vie. Ses huit années perdues sont celle qui ont définie la personne que tu étais devenues mais elles ne sont pas celle qui définira qui tu veux être vraiment.

- Je ne sais même pas comment être une mère, renifla-t-elle. Tout ce que je sais faire c'est être flic

- Tu apprendras comme tout le monde

- Et…Castle…Qu'est-ce que je ferais avec Castle ?

- Kathie, on n'en ai pas encore là et…..

- Je ne veux faire de mal à personne. Je veux juste…je veux juste que ce cauchemar se stoppe. Je le vois dans chacun de ces regards, dans chacun de ces gestes...il est tellement...amoureux de moi, papa que ça m'effraie. J'essaie vraiment, j'essaie vraiment de me souvenir de lui ...de nous...mais et si...et si je ne me souvenais jamais? Qu'est qu'on fera? Qu'est-ce que je ferais?

- Alors tu apprendras à le connaitre, assura Jim en venant enlacer sa fille tendrement

- Par moment…je me demande pourquoi je me suis réveillée, renifla-t-elle paniquer dans le cou de son père.

A sa dernière phrase, le cœur de Rick manqua un battement. Tapis dans l'ombre à côté de la porte qui s'était mal refermé, il sentit le gouffre de ces dernières semaines s'ouvrir un peu plus face à la tristesse de sa femme.

- Il n'avait eu aucune intention d'écouter à la porte, il était simplement venu proposer son aide finalement après un énième sermon de sa mère, mais quand il entendit les mots de Kate, il s'était arrêter dans son élan « . Si je ne me souvenais plus jamais…..qu'est-ce que je vais faire ? …. je me demande pourquoi je me suis réveillée »


billy1  (20.11.2018 à 09:17)

Chapitre 9.


Debout devant la bibliothèque de Rick, Kate observait en silence le nombre de livres qu'il avait écrit, en caressant du bout des doigts presque pieusement chacun de ses derniers sans les déloger.

Cela faisait maintenant deux jours qu'elle avait rejoint Castle au loft et elle commençait tout doucement à prendre ses marques. Elle avait situé ou se trouvait ses affaires dans la penderie, ou les couverts étaient disposées dans la cuisine et quel était le rythme de vie de Lily.

Mais malgré toutes ses petites choses, elle n'avait pas encore déclenché un seul souvenir à son plus grand désarroi. Alors cette après-midi, après avoir couché Lily pour la sieste avec l'aide de Rick, elle était venue vagabonder dans son bureau en espérant titiller sa mémoire.

Toute cette histoire l'exaspérait au plus haut point. Elle pouvait voir dans les regards de Rick à quel point il l'aimait, dans chacune des photos exposées au loft à quel point, elle l'avait aimé, Lily et leur mariage en étaient la preuve alors pourquoi sa tête refusait de s'en souvenir !

Fatiguée, les yeux cernés à force de pleurer silencieusement la nuit, elle déglutissait devant la saga des Nikki Heat. Huit livres…il avait écrit huit livres sur elle, huit putains de livres ! Derrick Storm n'avait jamais eu cet honneur. Inspirant, en caressant fébrilement le premier tome des doigts, elle se demanda si elle aimerait Nikki autant que Derrick.

- Une envie de lecture ? demanda Castle, les mains dans les poches à l'entrée de son propre bureau en la voyant froncer les sourcils devant ses ouvrages.

Il avait couché Lily avec l'aide de Kate puis était partit à la cuisine boire un café afin de lui laisser un peu d'espace. Il ne voulait pas trop la presser. Il sentait dans chacun de ses gestes, chacun de ses regards qu'elle essayait…vraiment mais que tout ceci devenait de plus en plus dure pour elle. Il avait envie de la prendre dans les bras pour la rassurer, pour lui montrer que quoi qu'il advienne, il sera là mais son amnésie, son désir de vouloir partir si jamais elle ne se souvenait pas et les mots qu'elle avait échangé avec son père deux jours auparavant le refrénait.

Il se sentait éreinté et désabusé par toute cette situation. Sa femme était réveillée, était présente avec lui dans le loft sauf que…..sa femme n'était pas sa femme.

Les yeux rougis, il avait inspiré en observant son café avant de prendre son courage à deux mains et de la rejoindre :

- Oh..je …non.désolé, tu veux écrire ? Je vais aller…

- Kate, détends-toi, sourit-il, le cœur lourd en la voyant toujours paniquer à l'idée de faire quelque chose de mal.

Il souhaitait qu'elle se sente à l'aise, qu'elle se sente chez elle. Qu'elle ne se sente pas contrite autour de lui .

- Je…je voulais voir si ces livres déclencheraient quelque chose, avoua-t-elle en s'arrachant les cheveux

- Le médecin a dit qu'il faudrait du temps

- Je sais…je sais…..mais deux ans…je crois que tu as assez attendu, que Lily a assez attendu…et…

- Je t'attendrais une vie entière s'il le fallait, la coupa-t-il en la voyant déglutir devant lui. Mais….pour le moment ce qui compte c'est ton rétablissement. Ne t'inquiète pas pour moi, je suis un grand garçon quant à Lily…elle est déjà contente que tu sois là. Ça suffit pour le moment.

L'observant fatiguée et à bout de nerfs face à toute cette situation, il entra doucement dans le bureau pour venir la rejoindre et lui murmura pour tenter d'apaiser ses peurs :

- Tu sais ce qu'il te ferait du bien ?

- Non, soupira Kate

- Un bain

- Un bain ? répéta-t-elle incrédule en le dévisageant

- Hum…un bain avec un bon verre de vin et…

- Il est deux heures de l'après-midi, c'est un peu tôt pour boire

- Il n'est jamais assez tôt pour un bon rouge, sourit-il avant de s'éloigner pour atteindre un livre sur l'étagère d'en face. Et un bon livre, je crois que tu n'as pas démarré la saga des Nikki Heat ?

- Combien de livres as-tu ?

- Dans la saga ? Ou dans la bibliothèque….

- En double, le coupa-t-elle. Toute la saga des Nikki Heat, des storms…est en double. En fait chacun de tes romans sont en double , je savais que tu avais un égo démesuré mais de là…

- Tes romans, la coupa-t-il amusé en voyant qu'elle le taquinait

- Quoi ?

- Quand on a emménagé, tu as apporté tes romans….je ne les ai pas en double, c'est simplement que as très bon goût, Beckett… On dirait que mon égo n'est pas si démesuré, hein ?

- Ne te flatte pas non, plus, sourit-elle en le rejoignant pour découvrir sa collection de roman

- Pas besoin, ta bibliothèque le fait bien assez pour moi. Regarde tous ces bons livres !

- Ah, ah très drôle, ronchonna Kate en prenant le premier Nikki Heat tout en contemplant d'un air songeur la couverture.

Elle n'osait pas l'ouvrir. Elle avait dans les mains , le premier Niiki Heat….d'il y a huit ans. Tout se bousculait dans sa tête, ses souvenirs, son angoisse à l'idée de la publication du roman qui aurait dû intervenir dans quelques jours dans sa mémoire, des mots de Rick à l'époque « plutôt maligne mais assez garce.. »

- Le premier a été classé dans le top 10 pendant plus de six mois, chuchota Rick en sentant son odeur de cerise lui titiller les narines

Elle était près trop près. Elle semblait tellement perdue, tellement fragile mais tellement belle à cet instant, qu'il déglutit en la contemplant.

- Hum…et….est-ce que je les ai aimé ? murmura-t-elle timidement

- C'est une plaisanterie ? dois-je te rappeler à quel point, tu es fan ? Sérieux, tu as aimé « pas de fury en enfer », alors Nikki Heat est le saint graal à côté.

- Bien sûr, sourit Kate en observant toujours la couverture. Ou avais-je la tête ? …..Alors…je suis plutôt maligne et assez garce, hein ? osa-t-elle demander, la boule au ventre.

Elle souhaitait savoir à quel point ses livres étaient tirés de la réalité. Jusqu'à quel point la fiction s'est mêlée à la réalité. Elle espérait qu'à travers ses livres des souvenirs se déclencheraient. Se mordant la lèvre inférieure, en passant une mèche de cheveux derrière son oreille, elle vit Rick la contempler quelques secondes, avant de lui sourire tendrement et lui rétorquer :

- Elle est extraordinaire….tu es extraordinaire.

Déglutissant devant l'intensité de son regard, de ses mots, elle baissa les yeux sur le livre avant de murmurer :

- Je pense que je vais aller débuter ce chef-d'œuvre.

- Prends ton temps, chuchota Castle qui tentait de garder ses mains dans ses poches pour ne pas l'étreindre et la faire fuir.

- Je…oui….à tout à l'heure

XXXXXXXXXXXXX

Assise sur le tapis au milieu du salon, Kate s'étirait doucement avant sa séance de Kiné. Lily s'était réveillée de la sieste, il y a quelques minutes et s'était installée près de sa mère en tentant d'imiter ses gestes sous le regard amusé de Rick à la cuisine.

- Ça..maman ?

- Oui, Lily, sourit Beckett en la voyant lever les bras au ciel comme elle.

- Je crois qu'on va avoir une nouvelle sportive dans la famille, rit Castle émerveiller par la vision qu'il avait sous les yeux

- Tu pourrais venir nous rejoindre aussi

- Moi ? Oh non merci, ce genre de sport ne m'attire pas

- Ce genre de sport ? Est-ce qu'il y a au moins un sport qui t'attire ? souffla Kate ne sentant une douleur dans le dos l'irradier.

Le moindre mouvement ou geste pouvait par moment la clouer sur place. Le médecin lui avait indiquer que ce genre de douleur pouvait être fréquente dans ce genre cas mais qu'il s'estomperait avec de la kiné et du temps.

- Oh, il y a bien un sport que j'affectionne et tu sais quoi, il est en tandem

- Ah oui, inspira-t-elle sans prêter attention à sa remarque suggestive

- Hum. D'ailleurs c'était notre sport préféré…des heures et des heures d'entraînements…intensifs mais ô combien relaxant par la suite.

A l'intonation de sa voix, son regard posé sur elle , elle comprit enfin le sens de ses mots. Rougissante à l'idée d'être avec Castle dans ce genre de position, elle déglutit en l'entendant lui rétorquer :

- Tu veux qu'on reprenne l'entrainement ensemble ?

- Je…..tu…, s'estomaqua-t-elle en posant tendrement ses mains sur les oreilles de Lily. Tu parles de sexe devant notre fille ! murmura-t-elle outrée

- Sexe ? qui parle de…oh, sourit-il pour la taquiner. Je te parlais de course à pied, tu sais ce sport que tu exerces depuis tes quinze ans ? Mais Beckett….si tu veux préfère qu'on…

- Tais-toi ! le coupa-t-elle rouge de honte alors que la sonnerie de la porte retentit dans le loft. S'il te plaît , tais-toi

- Comme tu veux, ricana Castle en allant ouvrir. Mais je suis quand même outré, je ne te pensais pas si coquine.

- Co'ine maman ?

- Castle !

XXXXXXXX

Assise sur le sol du bureau, elle coloriait tout en observant son père marmonner en direction du salon. Le kiné était venu pour démarrer les premières séances avec Kate depuis une heure et Rick maugréait dans sa barbe tout en observant la scène.

Beckett était allongée sur le sol, toute suante, le débardeur légèrement relevé et se laissait manipuler par David qui lui étirait le bras afin de soulager la pression.

- Doucement, il ne faut pas aller trop vite

- Dans combien de temps pourrais-je récupérer ? demanda-t-elle haletante alors qu'il soulevait ses jambes pour éviter certainement des crampes

- Oh, je pense qu'à cette allure dans un mois ou deux tout sera rentrer dans l'ordre

- Deux mois !

- Mme Castle, vous…

- Appelez, moi , Kate…..ou Beckett, ronchonna-t-elle en le voyant sourire à sa demande

- Kate, vous sortez de deux ans de coma, votre corps à besoin de temps

- Et moi, j'ai besoin de reprendre ma vie en main. Je suis détective, je ne peux pas me permettre de me prélasser toute la journée

- Rien ne vous empêche de retourner au travail dans quelques jours, assura ce dernier en faisant hérisser les poils de Rick

- Mais le médecin a dit que…

- Vous pouvez certainement éviter le terrain, non ?

- Heu…oui, je suppose…je suis capitaine maintenant, alors….surement, réfléchit Beckett alors que David déposait les jambes de Kate au sol, en laissant ces mains un peu trop longtemps au goût de Rick

- On va intensifier nos séances. Je vous verrais, trois fois par semaines et on avisera dans deux semaines.

- Hum…..d'accord, soupira-t-elle en grimaçant

- Doucement. Les exercices vont vous donner des courbatures et accentuer certaines douleurs. Du repos, un bain et des massages sont efficaces.

- Je sais

- Voulez-vous que j'ajoute des massages à nos séances, j'ai une formation de….

Avant que ce jeune kiné termine sa question, Castle attrapa Lily et lui indiqua que maman avait terminé.Il ne savait pas pourquoi mais il se sentait menacer. Peut-être parce que cet homme avait plus touché sa femme que lui les deux dernières années , ou parce qu'il lui rappelait un peu trop l'ex de Beckett. Quoi qu'il en soit, il n'était pas du tout d'accord pour que ce David pose les mains sur sa femme. .

- Maman !

- Hey…Lily, souffla avec difficulté Kate qui avait du mal à s'en remettre

Elle avait réellement mal de partout. Cette idée de massage était plus que tentant à cet instant-là. Tout son corps la brulait et la tirait, elle avait l'impression d'être une grand-mère après un marathon. Soupirant en poussant quelques mèches de cheveux, elle vit Rick arriver et déclarer :

- Hey, cette vagabonde m'a coupé l'herbe sur le pied

- Ce n'est pas grave , on avait fini, sourit Kate en voyant Lily s'allonger pour commencer des exercices d'étirements

- Sûr ?

- Certain, ajouta David en tendant la main à sa patiente pour l'aider à se mobiliser. Je proposais à Kate des séances de massage pour alléger ces douleurs

- Tu as mal ? s'inquiéta Rick en tentant de maîtriser sa jalousie face ce kiné trop proche de sa femme à son gout.

Il n'était pas d'un naturel jaloux, il faisait confiance à Kate, à leur amour mais depuis son réveil tout avait changé, leur relation était ébranlée et il se sentait menacé sur beaucoup de point. Elle n'était plus sa femme douce et aimante, elle était de nouveau le détective Beckett prête à reprendre du service et avec ceci son indépendance.

Et ce kiné n'aidait pas à apaiser ses doutes. Il était grand, brun aux yeux verts avec un sourire charmeur. Il ressemblait beaucoup à Josh Davidson et ça agaçait fortement Rick.

- Ça va, soupira Kate en relâchant la main de David. Un peu courbaturé mais rien de bien méchant.

- Il ne sert à rien d'endurer, continua le kiné en rangeant ses affaires. La prochaine fois, on rajoutera une demi-heure de plus et je vous masserais.

- Ben voyons, maugréa Rick doucement.

Souriant à l'air bougon de Castle, Kate fit mine de ne pas avoir entendu et acquiesça simplement de la tête avant de saluer son kiné.

- A dans deux jours ?

- A dans deux jours, assura-t-elle en le voyant partir

- Au revoir, jeune fille

- Au'voir

Sans un autre mot, le jeune homme sortit de l'appartement sous les yeux atterrés de Rick :

- Et moi ? il ne me dit pas au revoir

- Il a dû oublier, répondit Beckett en remarquant à qu'elle point elle était suante

Son débardeur collait à sa peau, des gouttes de sueur perlaient sur son front et ses cheveux étaient collant. Fatiguée, elle soupira en grimaçant en sentant des crampes aux jambes

- Hum, tu parles. Je ne l'aime pas ce type.

- Moi, je le trouve sympa, et il me fait bien bosser, sans parler du fait qu'il n'est pas moche à regarder

- Tu….que…tu es marié, s'indigna paniquer Rick en la voyant lever un sourcil

- Oui, mais je peux quand même regarder le menu, non ?

- Le..menu !

- Je plaisante, Castle…tu es si facile, rit Kate en s'agenouillant près de Lily pour la chatouiller. Ton papa est si crédule, chérie

- Pa'pa, ricana la petite sous les assauts de sa mère alors que Castle restait toujours blême et figer. A'ête ma'man

- Arrête, on dit arrête, sourit-elle en venant lui picorer tendrement la joue. Comment on dit chérie ?

- A'ête

- Arrête

- Arrête, articula Lily en fronçant les sourcils pour réfléchir à ses mots

- Oui, c'est bien chérie, acquiesça Kate en levant les yeux sur son partenaire.

Il avait les mains dans les poches avec un air soucieux et abattu. Soupirant, en voyant sa mine de chien battu, Kate se releva en grimaçant pour partir le rejoindre et lui déclara :

- Je ne me souviens pas de nous

- Je le sais, déglutit douloureusement Castle

- Mais….je sais qui je suis…..et si je t'ai épousé c'est que je devais t'aimer, avoua-t-elle péniblement. Je ne sais pas encore ou tout ceci va nous mener, je ne te promets pas que tout redeviendra comme avant mais….j'essaie…j'essaie vraiment.

- Je sais

- Si tu veux que je change de kiné

- Non

- Non ? sourit-elle en le voyant regretter déjà ses paroles

- Non, soupira Rick. Si tu te sens à l'aise avec ce jeune prépubère, je ne veux pas aller à l'encontre de ton rétablissement

- Prépubère ? tu y vas fort, pouffa-t-elle en le voyant esquisser un sourire

- Oui, je suis certain qu'un jour tu te souviendras que c'est d'un homme mature et robuste dont tu as besoin

- Hum…espérons, acquiesça-t-elle en observant ses yeux s'illuminés. Mais en attendant que cet homme mature et robuste dont j'ignore le non arrive, je vais aller me changer en attendant Lanie.

- Je suis cet homme robuste et…..Lanie ?

- Mam'an, re'gade, s'exclama Lily en faisant des roulades sur le tapis

- Une vraie gymnaste….j'ai appelée Lanie pour me donner un coup de main sous la douche, avoua Beckett en contemplant sa fille faire des pirouettes.

Lily était tellement joviale et souriante que sa compagnie devenait vite addictive. Kate n'aurait jamais pensé pouvoir sentir son cœur se gonfler à chaque sourire ou parole de sa fille et pourtant plus le temps passait, plus son affection grandissait. Elle avait un besoin de proximité avec elle qu'elle n'arrivait pas à comprendre.

- Heu….je ne comprends pas. Tu as besoin de Lanie pour la douche? Ou tu veux Lanie avec toi dans la douche ? la taquina Castle en faisant mine d'y penser.

Il ne comprenait pas pourquoi Kate avait besoin de son amie pour la douche. Ces deux derniers jours, il l'avait vu évoluer dans le loft sans avoir besoin d'aide malgré toutes ses demandes. Beckett avait déjà utilisé la salle de bain par deux fois, alors la venue de la métisse était un mystère qu'il le préoccupait. Ne souhaitant pas être trop pressant, il préféra la taquiner pour obtenir ses réponses.

- Parce que toi et Lanie dans cette douche est sexy et…Pomme ! Pomme ! Pomme !

- Pervers ! sourit-elle en relâchant son nez

- Aïe ! ça fait mal ! tu vois ça ne m'avait pas manqué ce genre de violence, grimaça-t-il en se frottant le visage

A sa remarque, elle l'étudia quelques secondes en fronçant les sourcils et lui répliqua :

- Quoi ? Je ne te frappe plus ?

- Non, je suis ton mari, je pourrais porter plainte contre violence conjugal

- C'est n'importe quoi, comment je faisais alors pour te faire taire ?

- Oh pour ça, tu as trouvé une autre manière beaucoup plus efficace, déglutit Rick en la lorgnant de la tête au pied.

Les yeux écarquillés face à sa réplique, elle le repoussa d'une main en lui déclarant rouge comme une pivoine :

- Castle, arrête de me regarder comme si tu m'avais déjà vue nue

- Heu…..ben en fait…

- Ne finis pas cette phrase, siffla-t-elle, rouge de honte en se mettant les mains devant les yeux. Surtout ne finis pas cette phrase.

- D'accord, rit-il. D'accord….mais juste pour être clair pourquoi as-tu besoin de Lanie ?

- Mes cheveux….j'ai besoin de Lanie pour me laver les cheveux, j'ai encore du mal à lever les bras, avoua-t-elle difficilement en soupirant

- Oh….je ne savais pas…mais si tu as besoin, je peux t'aider

A sa demande, elle baissa les yeux sol gênée. Elle ne voulait pas l'éloigner à nouveau mais elle n'était pas encore prête pour franchir ce cap-là. Elle commençait tout juste à accepter cette nouvelle vie de famille, à être un peu plus l'aise auprès de lui mais de là , à l'accepter aussi près de son intimité…non, ce n'était pas possible.

Sentant sa gêne, il recula d'un pas en comprenant le sens ambigu de sa demande. Il n'avait pas voulu sous-entendre un quelconque rapprochement, il souhaitait simplement l'aise sans arrière-pensée.

- Je ne voulais pas dire prendre une douche ensemble, souffla-t-il en sentant l'ambiance conviviale s'envoler à nouveau. Je voulais juste aider…je veux dire, je peux te laver les cheveux au-dessus de la baignoire ou…..

- Je…..je suis désolée…mais….

- Tu serais plus à l'aise avec Lanie, la coupa vaincu Rick qui se rendit compte que même son toucher était inconsidérable.

- Castle, j'essai mais…..j'ai besoin de plus de temps.

- Tu as raison, prend tout le temps que tu souhaites, souffla-t-il , le cœur lourd, en baissant le regard tout en prenant la fuite vers son bureau.

- Castle, attend

- On se voit plus tard, Kate.


 


billy1  (02.12.2018 à 20:52)

Activité récente
Actualités
[Jeu - Quartier Manifest] Décollage Imminent

[Jeu - Quartier Manifest] Décollage Imminent
Un siège vacant est disponible sur le quartier Manifest! Alors que l'avion 828 vient d'atterrir sur...

[Nathan Fillion] The Rookie se poursuit ce mardi!

[Nathan Fillion] The Rookie se poursuit ce mardi!
Ce mardi, 11 décembre, Nathan Fillion est de retour sur ABC pour un nouvel épisode de The...

Stana Katic parmi les plus populaires sur Twitter!

Stana Katic parmi les plus populaires sur Twitter!
Chaque année Twitter fait un bilan et dresse divers palmarès. Parmi ceux-ci, Twitter Canada a...

[Nathan Fillion] Audiences du 7e épisode de The Rookie

[Nathan Fillion] Audiences du 7e épisode de The Rookie
Ce mardi 4 décembre, la diffusion de The Rookie, la nouvelle série de Nathan Fillion, se poursuivait...

[Seamus Dever] Titans sur Netflix le 11 janvier!

[Seamus Dever] Titans sur Netflix le 11 janvier!
C'est le 11 janvier que Titans, dans laquelle joue Seamus Dever, arrivera sur la plateforme Netflix...

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage
Téléchargement
Partenaires premium
HypnoRooms

Flora12, Aujourd'hui à 10:50

Le quartier Revenge attend vos votes avec son tout nouveau sondage !

Xanaphia, Aujourd'hui à 10:59

Pour info les derniers épisodes inédits de Quantico et Seal Team sont disponibles sur 6play !

sabby, Aujourd'hui à 12:05

Vous êtes invités à venir ouvrir la nouvelle case du double calendrier de l'Avent sur Empire On vous attend

Locksley, Aujourd'hui à 12:05

Une nouvelle catégorie d'HypnoCards a été lancée : "Celebrity". Prix : 20 HypnoZ par carte !

Locksley, Aujourd'hui à 12:06

Un bon prétexte pour commencer votre collection d'HypnoCards si ce n'est pas encore fait Bon WE !

Viens chatter !

Change tes préférences pour afficher la barre HypnoChat sur les pages du site