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Monde virtuel de Castle

Best Friends

Créateur : billy1 
Date de création : 07.01.2018 à 18h48

Message du créateur :
Et s'ils avaient eu un passé commun avant leur première rencontre ? Et si la soirée de lancement de Derrick Storm leur servait de tremplin pour se retrouver ? FIC OCC .

Cet épisode compte 5 paragraphes

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Une Histoire OCC enfin par entièrement. Et si, notre Caskett ne s'était pas connue à la soirée de lancement de Derrick Storm, et s'ils avaient eu un passé avant ? Et si cette soirée de lancement avait été l'occasion de renouer les liens ? Comment l'histoire se serait-elle déroulée ?

Pour le besoin de cette histoire, Castle et Kate ont le même âge. Je ne change rien à leur histoire, à leurs conquêtes, je reprend les bases et j'ajoute ma sauce.

J'espère que l'idée vous plaira, trouver des histoires qui n'ont pas déjà été traité représente un chalenge alors...Bonne lecture, on se retrouve plus bas.


Best Friends.


Mars 2009, quelques heures avant la Book Party de « Tempête de feu », de nos jours

Debout devant l'étagère remplie de ses livres, vêtu de son costume-cravate noir , Rick contemplait avec nostalgie l'ensemble de sa carrière. Avec plus d'une dizaine de romans policiers à son actif à seulement trente et un ans, il était l'auteur le plus en vogue sur la grande pomme, en ce moment. Les aventures de Derrick Storm se vendaient comme du petit pain, il était le maître du macabre comme le surnommait le monde de l'édition. Il avait tout pour lui, l'argent, la gloire et une fille extraordinaire.

Pourtant ce soir, comme à chaque Book Party à laquelle il assistait, son coeur se pinçait en espérant la voir. Il était là grâce à elle, grâce à sa mère, grâce à ce pan de sa vie dont elle avait été la première investigatrice. C'est elle qui l'avait poussé à croire en son rêve, elle qui avait été présente dès les premiers instants...elle qui lui avait donné un réel sentiment d'appartenance….. elle était sa meilleure amie…l'amour de sa vie.

La gorge nouée par l'émotion , il détourna le regard pour tomber sur une vieille photo de lui entouré de sa famille d'adoption. Cette photo avait un arrière- goût amer en bouche. Elle lui rappelait combien il avait été aimé, combien il aurait pu être heureux avec elle…..combien il avait perdu.

Les yeux emplis de larmes, il sortit de sa transe en entendant la voix de sa mère qui se dirigeait dans sa direction, un verre de Chardonnay à la main :

-Tu devrais l'appeler
-Qui ça ?
-Richard, ne joue pas aux idiots, on sait tous les deux que tu ne l'es pas.

Elle le voyait se débattre avec ses sentiments, ses souvenirs tant de fois ces dernières années , que son coeur se serrait un peu plus chaque jour. Elle aussi regrettait cette jeune fille qu'il pleurait silencieusement depuis plus de dix ans. Regrettait cette étincelle dans les yeux de son fils qu'elle seule arrivait à faire naitre.

Soupirant devant cette énième tentative de sa part, il mit les mains dans ses poches et se retourna pour contempler sa mère. Vêtue d'une magnifique robe émeraude, elle lui souriait tendrement.

-Appelle-la.
-Non
-Pourquoi ?
-Tu sais pourquoi .
-Non, je ne le sais pas. Tu évites sans arrêt le sujet quand il s'agit de Katherine.
-Mère!
-Elle te manque.
-Je ne l'ai pas vue depuis des années. Je le vis très bien.
-En es-tu sûr ? Parce que depuis ce jour dont on ne peut pas parler, tu t'es...
-Oh arrête , on dirait une vieille réplique d'Harry Potter. Kate n'est pas Voldemor, nous pouvons très bien en parler ou même prononcer son nom.
-Ah oui? Alors dis-moi ce qu'il s'est passé entre vous deux ?
-Rien… la vie nous a simplement éloignés, mentit Rick en détournant le regard.

Il mentait, il le savait. Il pourrait très facilement l'appeler….il avait son numéro de téléphone, il savait où elle travaillait…mais…la peur, l'appréhension de sa réaction et les années l'en avaient dissuadé. Leur dernière altercation l'avait brisé, il avait décidé de lui laisser du temps et de l'espace, mais après des appels de sa part restés dans l'absence de réponse et l'indifférence totale, il avait simplement abandonné.

- Oh rien que ça ? ..Pour un auteur de bestsellers, ton histoire manque un peu de vérité...Richard, depuis que Katherine n'est plus dans ta vie, tu t'es renfermé.
-Je ne me suis pas renfermé, ronchonna, de mauvaise foi, Castle en s'installant sur son fauteuil de bureau. J'ai vécu. Je suis devenu un auteur célèbre, je me suis marié, j'ai eu un enfant et…
-Et pourtant tu n'arrives pas à combler le vide qu'elle a laissé. Tu sais….peut-être qu'elle aussi n'arrive pas à combler ce vide. Vous étiez si proches. Je me souviens encore que Johanna disait….
-C'est du passé, déglutit-il difficilement en repensant, les larmes aux yeux, à la mère de Kate qu'il avait appris à aimer comme la sienne.
-Continue de le nier si tu veux, soupira Martha devant son nigaud de fils
-Et puis, elle pourrait faire le premier pas aussi
-Sérieusement ? Je pensais que la trentaine t'avais fait oublier les querelles de bac à sable...et puis as-tu oublié de qui l'on parle ?
-Non, soupira Rick
-Ecoute, je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous, Kiddo….mais vous vous êtes séparés à un endroit de la vie de Katherine où elle aurait eu besoin de toi.
-J'ai été là pour elle ! c'est elle qui….
-Elle a perdu sa mère
-Je le sais ! Je me souviens très bien de ce moment-là , je te le rappelle!
-Richard…prends ce téléphone, appelle-la et ôte moi de ce joli visage cette tête d'enterrement , ajouta-t-elle en faisant demi-tour. On sait tous les deux qu'elle ne viendra à cette book party sans un petit coup de pouce.

Dix années…elle ressassait ce même monologue depuis dix ans. Elle ne comprenait toujours pas ce qui avait pu se passer entre Katherine et son fils. La mort de la mère de cette dernière avait pu entacher leur relation, mais de là à couper tout contact ? Elle ne comprenait pas, mais elle espérait que, pour une fois, son fils écouterait ses conseils.

Elle savait pertinemment que la mort de la mère de Kate avait joué dans leur relation , tout comme la venue au monde de sa petite fille mais elle avait espéré que leurs querelles, leurs différends pourraient trouver une solution après toutes ces années.

Toujours assis en face de son bureau, Rick caressait du bout des doigts son téléphone. Pourrait-il l'appeler ? Pouvait-il faire ce premier pas ? Dix années….dix années à se demander comment elle allait….dix années à tenter de se souvenir du son de son rire, de la chaleur de ses étreintes, de l'odeur de sa peau….. dix années à pleurer cette relation perdue.

Il avait de ses nouvelles par son père. Jim lui avait annoncé qu'elle était désormais lieutenant de police à New-York. Il savait où la trouver….Son père lui avait même donné son numéro de téléphone un jour, dans l'espoir qu'il ferait le premier pas.

Rick faisait la une de tous les journaux, la page six était une habitude pour lui...et elle, elle était lieutenant…..si elle voulait des nouvelles de sa part , elle saurait où le trouver. Les mains tremblantes, il se demandait qu'elle serait sa réaction…

Fatigué, il se gratta la nuque en fermant les yeux, et se laissa envahir par l'un de ses nombreux souvenirs…..

Été 1988.

Debout au milieu du parc, Richard observait avec attention son nouvel environnement.
Sa mère venait de faire l'acquisition d'un pavillon dans le côté Est de Manhattan.

Dire que le petit garçon, âgé de 8 ans à peine, n'était pas emballé était un euphémisme. Il avait dû dire au revoir à tous ses amis et son école, pour se retrouver au milieu de personnes totalement inconnues.

La maison que venait d'acheter sa mère était non loin du parc où il se trouvait. Sa mère était une actrice, et avec la nomination à un Tony pour une pièce de Shakespeare dans laquelle elle était apparue, Martha Rodgers avait décidé de placer ses économies dans un petit pavillon, non loin de la périphérie de la grande pomme, afin de s'assurer à elle et à son fils unique un avenir confortable.

Richard n'avait que sa mère. Il n'avait jamais connu son père. Après une seule nuit, son géniteur était parti au petit matin en laissant sa mère seule et enceinte.
N'avoir pas connu son père avait été handicapant les premières années de sa vie, mais il avait réussi à faire de cette faiblesse une force.

Les yeux toujours dans le vague, il en fut sorti par la voix de sa mère :

-Oh regarde, il y a même des balançoires
-Ouais, ronchonna toujours le petit garçon en tapant dans un caillou
-Ne fais pas cette tête. On est au milieu d'une rue remplie de maisons, tu vas vite trouver des amis
-J'avais des amis…
-Richard, soupira Martha, épuisée par cette guerre incessante avec son fils. Si j'ai acheté cette maison, c'est pour nous….pour ton bien.
-On était bien là-bas
-Et bien devine quoi? On sera encore mieux ici. Plus besoin de monter tous ses escaliers à longueur de temps et plus besoin non plus d'entendre Mr Kubiac sous sa douche. Je te jure que cet homme m'a fait perdre la raison un bon nombre de fois avec tout le vacarme qu'il pouvait engendrer.

Elle ne voulait pas se battre avec lui. Le déménagement était déjà une sacrée épreuve quand on était mère célibataire, alors voir son fils, si peu enthousiaste devant le pavillon qu'elle venait de s'offrir, agaça l'actrice .

Elle comprenait très bien que Richard était réticent à l'idée de se faire de nouveaux copains ou de changer d'école, mais elle savait aussi qu'à cet âge-là les enfants s'acclimataient très bien dans un nouvel environnement.

L'observant quelques secondes encore, elle sortit de ses pensées en entendant une petite voix derrière elle :

-Bonjour….vous êtes la nouvelle voisine ?
-Je…oui, sourit Martha, en découvrant une petite brunette aux yeux verts, vêtue d'une salopette bleu et d'un tee-shirt violet.
-Les messieurs qui portent vos cartons vous réclament
-Oh miséricorde…je ne peux pas avoir cinq minutes pour souffler, s'exaspéra Martha, alors que la petite l'observait avec méfiance en fronçant les sourcils, devant les grands geste de l'actrice.
-Je suis Martha,….et voici mon fils Richard…Richard, soupira la matriarche en le voyant toujours aussi boudeur. Dis bonjour.
-Bonjour, ronchonna Rick
-Bonjour…je suis Kate…Kate Beckett.
-Eh bien enchantée de faire ta connaissance, jeune fille. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je vais aller voir ce que veulent ces messieurs.

Sans ajouter un autre mot, Martha laissa son fils avec la nouvelle voisine, en espérant que la petite pourrait redonner le sourire à Rick.

-Tu n'as pas l'air très content d'être ici
-Non
-Pourquoi ?
-Je connais personne ici, soupira le petit garçon aux yeux bleus.

La tristesse de son nouveau voisin toucha Kate. S'avançant de quelques pas, elle l'observa une demi seconde avant de lui sourire et de lui tendre la main :

-Eh bien moi c'est Kate
-Je sais
-J'ai huit ans et toi ?
-Pareil , soupira le petit garçon.

Mars 2009, de nos jours, appartement de Kate Beckett.

Son téléphone portable à l'oreille, et les mains encombrées d'un carton d'archives du douzième, Kate pénétrait dans son appartement sous les remontrances de son père :

-Kathie, on pourrait y aller ensemble
-Je ne peux pas, j'ai des choses à….
-Je croyais que tu étais sur le chemin du retour
-Je le suis, s'exaspéra la lieutenant , mais je….
-Kathie, je suis certain que Richard aimerait te voir, tenta une nouvelle fois son père.

Déposant le carton qu'elle portait à bout de bras sur son ilôt central , Kate soupira en fermant les yeux. Elle aussi aurait aimé le voir….elle aurait aimé pouvoir lui parler et s'excuser pour les mots qu'elle avait eus à son égard, pour tous les nombreux appels en absence qu'elle avait ignorés de sa part.

Dix années…..elle avait passé dix années à le vouloir à ses côtés. Elle avait eu tellement besoin de lui…..il était son meilleur ami…l'homme qu'elle avait aimé…..mais elle avait laissé la perte de sa mère et son chagrin l'éloigner.

Son entêtement et sa fierté l'avaient poussée à s'éloigner de lui, et désormais après dix années, elle ne savait pas comment faire le premier pas.

Elle ne se voyait pas l'appeler ou même venir à sa book party de ce soir. Elle était terrifiée de sa réaction ….et s'il désapprouvait et ne voulait pas la voir ? Toutes ces questions, elle se les posait à chaque évènement dans lequel il apparaissait et où elle désirait le rejoindre.

Kate avait suivi de loin sa carrière, à travers les journaux, les dires de son père et des merveilleuses histoires qu'il publiait. Elle connaissait tous les livres du grand Rick Castle, elle était une de ses premières fans…..mais elle ne se sentait pas le courage de lui faire face…..pas après leur dernière altercation, pas avec les mots qu'elle lui avait crachés sous le poids de la douleur et du rejet…pas après avoir ignoré ses appels…..et la naissance d'Alexis.

Les remords lui serrèrent le coeur, et dans un énième soupir, elle murmura à son père :

-Je ne peux pas…..pas comme ça, papa.
-Kathie….ta mère aurait voulu que….
-Je le sais…..je le sais….mais pas comme ça.

Ouvrant les yeux en se grattant la nuque, elle lui déclara, tout en se raclant la gorge :

-Je dois te laisser. Profite de ta soirée
-Veux-tu que je lui dise quelque chose de ta part ? proposa gentiment Jim, en espérant qu'un jour l'un des deux arrête leurs chamailleries.

Il s'en voulait de ne pas avoir remédié à leur problèmes dès le début…..il s'en voulait d'être tombé dans la boisson en oubliant Kate…il regrettait toutes ces années où il aurait pu leur faire entendre raison…..et aujourd'hui, quelque part, il n'osait pas aller contre eux, pas avec le passif qu'il avait eu lors de la mort de sa femme.

Pesant le pour et le contre de cette question qu'il lui avait posée un nombre incalculable de fois, Kate posa le regard sur sa photo d'obtention de diplôme de fin d'année, où elle siégeait le sourire aux lèvres près de Rick et de ses parents. Ils étaient si jeunes…..si insouciants à cette époque….ils pensaient que leur amitié survivrait à tout.

-Kathie ? répéta Jim en attendant patiemment une réponse positive de sa fille.

Lui laisser un mot de sa part ? Que devait-elle dire ? Félicitions pour ce nouveau roman ? Bravo pour ta carrière d'écrivain? je suis fière de toi ? Ma mère serait fière de toi aussi ? …..comment va ta fille ? Comment vas-tu ?

Mon dieu…..toutes ces questions étaient si futiles et dénuées de sens après plus de dix ans….ils avaient grandi ensemble, aimé ensemble, pleuré ensemble, mais après plus d'une décennie d'absence , ils avaient évolué l'un sans l'autre, et ce passé auquel elle se raccrochait n'existait plus….ils n'étaient plus Kate et Rick. Il était devenu un auteur célèbre alors qu'elle était une simple flic…..ils n'étaient plus d'une même monde….elle devrait juste abandonner cette idée.

-Kathie ?
-Je…..non... Ne lui dis rien
-Kathie, tu….
-Bonne soirée papa, le coupa-t-elle, la boule au ventre, avant de raccrocher.

Les mains sur son ilot central, les épaules affaissées par le chagrin, elle ferma les yeux en se laissant envahir par un nouveau souvenir….

Juillet 1994, année de leur 15 ans.

Allongés sur le sable, près du lac qui borde la cabane familiale des Beckett, Kate se laissait bercer par le bruit du clavier de son meilleur ami. Les vacances d'été venaient tout juste de débuter et comme un rituel bien huilé depuis leur dix ans, Kate et Rick passaient quelque jours ensemble dans le chalet, à lire, se promener, ou pêcher en compagnie de Jim et Johanna. 

Mais si cette idée était attrayante étant enfant , elle commençait à peser pour les jeunes adolescents qu'ils étaient.

- Maddie va à la soirée de Tomy ce soir et nous...on est là

- Hum, répondit Rick concentrer sur son ordinateur

- Comme si a quinze ans , on voulait chasser les grenouilles

- Hum

- Tu m'écoutes au moins ? gémit Kate , en observant son meilleur ami, en short kaki et débardeur blanc, concentrer plus sur don clavier que sur ces jérémiades .

- Oui, je t'écoutes, soupira Rick. Tu préfères chasser autre choses que les grenouilles

- Exactement, sourit-elle le sourire aux lèvres. Rick ? Qu'est-ce que tu écris ? ajouta-telle en le voyant à nouveau les yeux sur son écran.

Depuis leur plus tendre enfance, ils ne s'étaient plus quittés .Au fil des années, Rick était devenu un membre à part entière de sa famille. Il n'était plus le voisin de la rue d'à côté , non , il était comme le frère qu'elle n'avait jamais eu….il était son meilleur ami.

Du fait des absences répétées de Martha dues à son emploi, Richard passait énormément de temps avec la famille Beckett. Johanna et Jim étaient comme des parents de substitution. Il mangeait fréquemment chez Kate, et partait avec elle pour de longs week-end au chalet familial.

-Un roman
-Un roman? rien que ça, sourit-elle désabusé par la légèreté de sa réponse
-Enfin….une ébauche, rectifia-t-il en soupirant devant son écran
-Et depuis quand écris-tu un roman sans me le dire ?
-Ce n'est pas non plus le scoop du siècle, c'est juste quelque lignes, rétorqua Rick, avant d'ajouter, devant son air outré. Ta mère m'a offert un livre pour mon anniversaire
-Casino Royal, je le sais, je l'ai choisi avec elle, affirma Kate , désormais tout ouïe devant ses explications, alors que son ami fermait son ordinateur portable pour le déposer à ses côtés.
-Oui…..et j'ai adoré. Tu vas penser que c'est bête mais…..ça m'a donné l'envie d'écrire ma propre histoire.
-Une histoire d'espionnage ?
-Plutôt un livre d'enquête…..enfin je ne sais pas, plus j'écris et plus je me dis que c'est idiot, soupira-t-il
-Moi je trouve ça super

Elle était sincèrement heureuse pour lui….étonnée, mais heureuse. Lui, si peu sûr de lui, si timide par moments à dévoiler des pans de sa vie, s'abandonnait à écrire. Stupéfaite par cette idée , elle se rassit un peu plus confortablement, et lui rétorqua :

-Je pourrai le lire quand tu auras fini ?
-Non
-Non ?
-Kate, c'est nul….
-Ne dis pas ça. Je suis certaine que tu es doué pour ça
-Doué? Je n'ai que quinze ans….
-et alors ? Tu pourrais être un prodige de l'écriture
-Je….
-Tu as peut-être trouvé ta voie
-L'écriture ? sourit-il, incrédule, alors que ses yeux bleus ressortaient davantage avec les rayons du soleil
-Oui.
-Je crois que tu es, et seras la seule à le penser, affirma-t-il, en riant devant la mine sérieuse de sa meilleure amie.

Vexée qu'il ne prenne pas cette conversation au sérieux, elle soupira de frustration avant de lui rétorquer:

-Tu penses que mon rêve de devenir la plus jeune femme à présider la cour suprême est stupide et inimaginable ?
-Non….bien sûr que non…mais écrivain ? Sérieusement ? reprit-il en retirant son sourire de son joli minois
-Tu es tout aussi capable que moi. Si c'est ce que tu aimes, alors pourquoi pas ?

Réfléchissant à l'argumentation de Kate, Richard se laissa choir à l'arrière sur sa serviette de plage, et lui sourit en murmurant :

-Peut-être que tu pourras le lire quand j'aurai terminé…

Et elle l'avait lu...ainsi que tous les autres romans qu'il avait publié par la suite. 

2009, de nos jours, appartement de Kate.

Sortie de ses pensées par la sonnerie de son téléphone, Kate sursauta avant de répondre, en soupirant :

-Beckett
-Yo ! On a un meurtre
-Déjà ? Je viens tout juste de rentrer, soupira-t-elle, en reprenant en mains ses clés et son insigne
-Les meurtriers n'attendent pas, et c'est notre nuit de garde
-Je le sais.

- Ce cas va te plaire...la fille est recouverte de pétale de rose...c'est hallucinant

- Espo, arrête de t'extasier devant un meurtre c'est flippant. Envoie-moi l'adresse sur mon téléphone, et appelle Ryan, ajouta-t-elle en raccrochant.

Après un dernier regard sur sa photo de promo, Kate referma la porte de son appartement en se maudissant pour son manque de courage. Elle devrait l'appeler…..elle devrait faire le premier pas. Elle devrait laisser toutes ses peurs derrière elle et simplement discuter avec son meilleur ami...


 


billy1  (07.01.2018 à 18:51)

CHAPITRE 2.


-Meurtre, mystère, macabre... Comment un policier au sang froid implacable, une femme fatale, et le canon glacé d'un revolver nous tiennent tant en haleine et réussissent à nous maintenir éveillés jusqu'aux premières heures du matin ? Encore une fois, l'alchimie est là, et ce soir nous célébrons le maître du roman policier en fêtant la sortie de son dernier livre, "Tempête de Feu », déclarait l'éditrice et ex-femme de Richard devant une assemblée de pleine de fans.
-Le dernier chapitre et la sensationnelle conclusion de la série policière du héros Derrick Storm que nous adorons tous. J'ai l'honneur de vous présenter le maître incontesté du macabre, Rick Castle !

Debout au milieu de la foule dans son smoking noir Armani et ses lunettes de soleil sur le nez, Rick s'amusait avec ses nombreuses admiratrices. Le sourire aux lèvres, il continuait à faire perdurer l'image qu'il véhiculait depuis de nombreuses années : un homme à femmes.

Lui, si timide et si peu sûr de lui durant son adolescence, avait changé du tout au tout avec le succès. L'image d'un père de famille sérieux et pantouflard ne faisait pas vendre, comme lui notifiait à chaque sortie officielle sa maison d'édition.

Pour vendre, il se devait de vendre aussi une image. Celle d'un jeune auteur de trente ans, père de famille, qui adorait s'amuser et qui croquait la vie à pleines dents.

C'était la raison de son enthousiasme feint ce soir. Un sourire aux lèvres, un stylo à la main, il proposait à ses nombreuses fans des autographes, sans rien lâcher de son côté charmeur.

Un peu plus loin, assis au bar avec un verre d'eau à la main, Jim Beckett observait du coin de l'oeil celui qu'il avait appris à aimer comme son propre fils. L'image qu'il véhiculait dans ces soirées et dans les magazines était tellement loin de celle du garçon qu'il avait pratiquement élevé avec sa femme.

Soupirant devant une énième poitrine que Rick signait, il se laissa emporter dans l'un de ses souvenirs.

Flashback.

-Il va falloir penser à agrandir la cabane, songea Jim, en observant de loin sa fille unique, allongée sur le sable en maillot de bain avec Rick à ses côtés.
-Une chambre de plus ? répéta, intriguée, Johanna en levant un sourcil. Si c'est une proposition pour agrandir la famille, je suis désolée de te dire que je suis trop vieille pour ça.
-Quoi ? non…..et puis tu n'es pas trop vieille, sourit-il en la contemplant amoureusement sur son rocking chair, un livre à la main. Dois-je te rappeler à quel point tu m'as enchanté hier soir?
- Non, murmura-t-elle en l'admirant aussi.

Jim et Johanna étaient mariés depuis presque vingt ans. A quarante trois ans, ils avaient tout pour être heureux. Une carrière professionnelle d'avocat enrichissante et une vie de famille bien remplie. Katherine Hougton Beckett était leur seule et unique fille. Après la naissance de leur merveille, ils avaient décidé d'un commun accord d'attendre quelques années avant de réitérer l'expérience, mais la vie en avait décidé autrement. Après plusieurs fausses couches, Johanna avait abandonné l'idée d'agrandir la famille.

Ils avaient alors acheté un petit chalet en bord de lac, pour profiter pleinement de tous les instants de la vie avec leur fille chérie.

La venue de Rick dans leur vie était devenue comme une évidence au fur et à mesure des années. Il était le fils qu'ils n'avaient jamais eu. Lui et Kate s'entendaient à merveille depuis leurs huit ans.

C'est donc surprise que Johanna observait son mari près de la vitre du chalet, en train de scruter leurs deux adolescents.

-Pourquoi une troisième chambre alors ? demanda-t-elle, toujours autant intriguée
-Kathie grandit…..enfin…elle a changé
-Changé ?
-Et je suis sûr que Rick s'en est aperçu, argumenta le patriarche en bougonnant, alors que sa femme souriait à son explication.
-Oh oui, il l'a remarqué. Tu as vu comme il la regarde, il est mignon
-Non, il n'est pas mignon, il est en rut !
-en rut ? tant que ça ! se mit-elle à rire. Ce n'est pas un animal, Jim
-Non, c'est un prédateur ! Crois-moi, j'ai été à cet âge là. Et je ne pense pas que Richard s'émerveille du cerveau de notre chère fille.
-Tu es….ridicule. Et puis, elle aussi a peut-être remarqué que Richard a grandi ?
-Que veux-tu dire ? fit Jim, effaré , le visage blême
-Il a grandi…..énormément. Ce n'est plus le petit garçon à qui j'apprenais à faire des cookies. Il est un homme…fort séduisant.
-Oh mon dieu, je vais de ce pas faire cette troisième chambre !
-Jim, tu crois vraiment que cette troisième chambre les empêchera de se rapprocher s'ils le décident ?
-S'il touche à Kathie, je le tue !
-Jim! fit-elle outrée
-Quoi? J'aime ce gamin, vraiment….mais….mais…..
-Mais quoi ?
-Mais….. pas ma fille !

Souriant en se mordant la lèvre inférieure devant la mine déconfite de son mari, Johanna se leva de son fauteuil, en déposant son livre pour venir lui prendre la main avec une infinie tendresse.

Les yeux dans les yeux, elle tentait de trouver les mots qui apaiseraient les peurs de son cher et tendre, quand le cri de leur fille à l'extérieur les surprit tous les deux.

Dehors, posée comme un sac à patate sur une des épaules de Richard, Kate se débattait avec ses pieds et ses mains, pour ne pas partir à l'eau.

-Ne fais pas ça ! hurlait-elle en lui tapant le dos
-Alors ….dis-le !
-Non,je ne le dirai pas !
-Allez, Kate…sinon…..c'est le plongeon, l'avertit Rick, tout sourire , en tentant de maintenir comme il le pouvait son amie qui gigotait dans tous les sens.
-Non ! non ! et …..non !
-Ok…..alors….un…deux…..
-Ne fais pas ça ! Je te jure que tu vas le regretter !
-Et trois…..c'est parti pour le grand…..Aie ! Aie! Aie ! cria Rick, alors que Kate lui pinçait de toutes ses forces l'oreille droite en se contorsionnant. Pomme ! Pomme ! Pomme ! Hurla-t-il sous le regard amusé de Jim et Johanna.

Doucement, Richard déposa au sol Kate, qui souriait fièrement,les cheveux aux vent, alors que ce dernier se tenait l'oreille en gémissant de douleur.

-Tu m'as mutilé
-Tu n'as qu'à m'écouter ! Quand je dis non, ! c'est non ! Et mutilé? Sérieusement ? ricana Kate, les mains sur ses hanches, en le lorgnant sans vergogne dans son maillot de bain.

Rick était un adolescent très bien bâti. Ses larges épaules et sa taille donnaient à Kate un sentiment de sécurité, depuis des années, mais ces dernières semaines, elle commençait à l'observer sous un oeil différent. Les deux jeunes enfants de huit ans avaient bien grandi pour laisser place à deux jeunes adultes…..séduisants et attirants.

-Oui ! Je vais être sourd ! bougonna-t-il en se frottant l'oreille, alors que Beckett riait devant son air théâtral.
-Il faut toujours que tu exagères
-Tu plaisantes , j'espère !
-Non, d'ailleurs si tu ne fais pas carrière dans l'écriture, pense au théâtre.
- Tu….je…..
-Oh et au fait…..à défaut d'être sourd, tu vas être mouillé
-Mouillé ? répéta-t-il, intrigué, avant qu'elle ne pose ses mains sur son torse pour le pousser dans l'eau.

Perdant l'équilibre devant l'assaut de Beckett, Rick tenta de garder les pieds sur le ponton en vain. Après un dernier regard surpris, il plongea les fesses les premières dans l'eau froide du lac, sous le rire de Kate et ses parents.

-Tu es une diablesse ! s'écria Rick, en sortant la tête de l'eau.
-Tu vois, sourit Jo en caressant la main de son mari. Elle sait se défendre.
-Je le sais…..mais…..il pourrait lui briser le coeur. De tous les garçons qu'elle risque de rencontrer, il risque d'être le seul avec ce pouvoir là. 
-Elle pourrait aussi lui briser le coeur, rétorqua Jo. Ta fille n'est pas des plus innocentes...je pense même qu'elle a plus de chance de dévergonder Rick que l'inverse. 
-Mais…..
-Et si Rick devait être son premier grand amour, je pense qu'on aurait pu trouver pire, non ?
-Je…..attends, attends…..ne me dis pas que tu cautionnes…qu'ils…..tous les deux…..entre eux! balbutia-t-il
-Jim, ils ont quinze ans…..dans un an ou deux…..ça va arriver. Peut-être pas avec Richard….. mais, ta fille va devenir une femme tôt ou tard.

Déglutissant devant cette information, Jim lâcha du regard sa femme pour observer sa fille et Rick à l'extérieur, en train de se chamailler gentiment. Ils avaient l'air complice….mais de là à accepter la future sexualité de sa fille….., pensait-il, alors que les caresses de sa femme sur sa main se faisaient de plus en plus appuyées.

-Je vais lui parler, murmura-t-elle pour tenter de le rassurer
-A qui ? A Richard ? fit-il, étonné, en scrutant sa femme tout sourire
-Non….à notre fille. Je te laisse le loisir de discuter avec Richard de ces choses-là…..entre hommes…si Martha est d'accord, bien entendu.
-Tu veux que je lui parle de sexe, gémit-il, la boule au ventre
-Si tu préfères en discuter avec Kathie, je te laisse…..
-C'est bon, c'est bon, capitula le patriarche.
-et s'il te plaît, ne lui fais pas peur. Discute avec lui comme si s'était ton fils.
-Facile à dire quand le dit fils pourrait être celui qui….à ma fille.
-Raison de plus pour lui expliquer, le respect, l'attente et surtout l'attention.
-Oh mon dieu, soupira-t-il, en relâchant la main de sa femme pour partir en direction du placard dans le hall du chalet
-Que fais-tu ?
-Je prends mon porte-feuille. J'ai besoin de planches pour cette troisième chambre
-Jim
-Quoi ? Je veux bien lui parler, mais il est hors de question que mon bébé dorme à côté d'un adolescent en rut ! 
-Tu sais, c'est peut-être ta fille qui est en rut
-Ok…..une troisième chambre et une salle d'eau sans eau chaude pour leur rafraîchir les idées ! déclara-t-il en sortant du chalet. Tu vas voir, Jo, c'est dans mes cordes.

Amusée par son air contrarié, Johanna contempla quelques instants les adolescents en face d'eux. Ils avaient grandi…..Jim avait raison….mais contrairement à lui, elle espérait qu'un jour sa fille puisse rencontrer un homme comme Rick. Car malgré tout…..il était toujours là pour elle…quoi qu'il arrive.

Fin du Flashback.

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Dans un immeuble de New-York, vers 21 heures.

-ça va te plaire, sourit Espo, en apercevant sa supérieure arriver d'un pas décidé sur le pallier de l'appartement de la victime.

Javier Esposito et Kévin Ryan étaient les deux co-équipiers de Beckett. Au fil des années, ils avaient tissé des liens d'amitié tous les trois ainsi qu'avec la légiste Lanie Parish. L'équipe de Kate était l'une des plus efficaces en matières de clôture d'enquête sur la circonscription du douzième de New-York.

-Pourquoi ça ?
-On a affaire à un romantique. La victime est recouverte de pétales de roses mec ne sait pas moquer d'elle.
-Il y a deux choses qui ne vont pas dans ta phrase,Javier, rétorqua Beckett, les mains sur les hanches
-Quoi donc ?
-Victime et romantique, assura-t-elle, en passant devant l'hispanique pour entrer à son tour dans l'appartement. Il n'y a rien de romantique a avoir des pétales de roses sur...

- Lanie dit que c'est mieux que du chocolat ou du miel, ça ne colle pas au moins, la taquina-t-il

- Sérieux ? la dévisagea-t-elle avec ces prunelles émeraude. Elle est morte ...alors un peu de respect.

- Lanie va très bien et...

- Espo!

- Ok, ok, abdiqua-t-il un petit sourire aux lèvres , les mains dans ses poches en suivant sa supérieure à l'intérieur.

- Alors…qu'est-ce qu'on a ?

Depuis qu'elle était devenue lieutenant police, Kate Beckett observait le même rituel à chaque affaire. Elle traitait chacune de ses victimes avec le plus de respect qu'elle pouvait leur accorder. A chaque pas qu'elle entreprenait devant une nouvelle enquête, son cerveau lui rappelait douloureusement pourquoi elle était ici….Et ce qu'elle avait perdu.

Le visage déterminé à rendre justice pour la victime, elle écouta avec attention le résumé d'Esposito, sous les yeux de Ryan qui les rejoignait.

- Allison Tisdale, 34 ans, diplômée de la FAC de New York, elle travaillait dans le social.
-Sympa pour une assistante sociale, déclara Beckett en observant avec attention l'appartement de la victime.

Le luxe y était omniprésent, des meubles, à la décoration, en passant par les baies vitrées du salon qui surplombait la grande pomme.

-Une fille à papa, rétorqua Ryan
- Les voisins se sont plaints de la musique, et comme elle répondait pas... ils ont envoyé le gardien pour vérifier.

Marchant toujours en direction de la scène de crime, Kate se figea en découvrant le corps de la victime, allongée sur le sol avec un tournesol sur chaque oeil et le corps recouvert de pétales de roses. Elle connaissait cette mise scène, elle l'avait lue des centaines et des centaines de fois dans un de ces livres. La boule au ventre, elle déglutissait devant le rapport d'analyse de Lanie.

-Il lui a même acheté des fleurs…..qui a dit que le romantisme était mort, déclara le médecin légiste, en souriant à l'arrivée de son amie.
-Tu vois, j'avais raison, Beckett, sourit, tout heureux Espo, sans tenir compte du regard effrayé de sa supérieure sur le corps devant elle.
-Aucune trace de lutte, elle devait connaitre son agresseur , ajouta Lanie, en levant le regard sur son amie pour la voir pétrifiée devant elle. Tu vas bien ?
-Je…oui…autre chose à part les roses? déglutit-elle difficilement
-Deux balles dans la poitrine….un petit calibre. Beckett , tu es certaine que tu vas bien ? s'inquiéta-t-elle en se levant pour la es livide...on dirait que tu viens de voir un mort.
-Je…..oui…

Comment était-ce même possible? Comment sur des centaines d'auteurs de bestsellers sur Manhattan, le tueur avait-il pu imiter l'une de ses scènes ?
Putain de merde ! pensa-t-elle , la boule au ventre et le coeur serré devant tout ce que cette victime impliquait pour elle.

Devant la mine complètement déconfite de sa meilleure amie, le médecin légiste retira ses gants, et murmura doucement, pour ne pas attirer les regards sur elles :

-ça va sweety ?
-S'il-te-plaît, dis-moi qu'elle a été violée
-Je….pardon?, blêmit Lanie devant la requête de Beckett
-Des traces de viol ? de lutte ? de….
-Kate, il n'y a rien de tout ça. Qu'est-ce que tu as ?
-ça y est je l'ai ! s'écria Ryan, en s'approchant de la scène de crime, fier de lui, sous les yeux de son coéquipier et en faisant sursauter les filles.
-Qu'est-ce que tu as, bro ?
-Je sais où j'ai déjà vu cette mise en scène. Les fleurs sur la victime, les tournesols, les deux balles…..ça ne vous dit rien ? argumenta l'irlandais, alors que Kate sentait la nausée lui retourner l'estomac
-Heu…..non, répondit, incrédule, Javier
-C'est pas vrai, tu ne lis jamais, toi !
-Ben contrairement à toi, je passe mon temps libre à faire des choses de grandes personnes
-Des choses ? Et tu te dis une grande personne avec un vocabulaire pareil?
-Les gars , stop, gémit Beckett devant leur perpétuelles chamailleries
-C'est lui qui a commencé
-Non, c'est….
-J'ai dit stop !
-Ok, ok, abdiqua penaud Ryan toujours le calepin à la main et le stylo. Tout ça pour dire que c'est dans un des livres de Richard Castle, ronchonna ce dernier, mécontent de s'être fait rabrouer.
-Oh…mon dieu, souffla Lanie, en comprenant la lividité du teint de son amie à ses côtés
-Oh mon dieu , quoi? s'agaça Javier, qui ne comprenait toujours pas.

Les deux mains sur ses tempes, Kate cherchait une solution pour avancer dans l'enquête sans avoir à le rencontrer. Elle pourrait éviter tout le truc de la mise en scène et voir ou ça la mènerait ? non…le meurtrier s'était donné beaucoup de mal pour retranscrire la scène…..il devait être fan.

A cette constatation, elle blêmit un peu plus en pensant qu'il pourrait être visé. Etait-il possible qu'il soit sa prochaine victime ? Que son meilleur ami soit en danger, lui aussi?

-Kate, chérie…..
-On va devoir interroger tout le voisinage, Ryan tu peux t'en charger ? l'interrompit Beckett, en tentant de cacher son trouble
-Oui
-Espo, concentre-toi sur la victime. Ses comptes bancaires, ses horaires de boulot…..la totale
-Ok…..et toi ?demanda le latino, en dévisageant la légiste et sa supérieure
-Moi, je vais aller interroger l'auteur du bouquin.
-Heu….tu veux qu'on appelle le central pour une adresse, ou….
-Non, je sais où il se trouve, soupira Kate, avant de faire demi tour et sortir de l'appartement.

Elle avait besoin de temps …elle avait besoin de vomir…elle avait besoin….elle ne savait pas de quoi elle avait besoin, mais de tous les scénarios qu'elle avait imaginés pour leurs retrouvailles, une enquête sur un meurtre n'en faisait pas partie.

Le dos contre l'immeuble de la victime , à l'abri des regards, elle prit de grandes inspirations pour calmer son rythme cardiaque qui s'emballait sous l'effet de la panique.

Book Party de « Tempête de Feu ».

Il venait de terminer son discours devant ses fans. Il avait continué à sourire, à signer des autographes sans jamais montrer sa lassitude.
Fatigué, il s'était isolé à l'abri des regards pour appeler sa fille de dix ans, qui se trouvait à une pyjama party chez sa meilleure amie, quand son éditrice rentra dans sa loge avec un agacement non feint :

-Quel espèce d'idiot tue le personnage principal d'un de ses best-sellers !
-Heu…..citrouille, je te rappelle demain matin avant de venir te chercher
-D'accord papa…..dis bonjour à Gina
-Heu….oui, chérie. Fais de beaux rêves.
-toi aussi, termina amusée Alexis, avant que Rick ne raccroche en dévisageant son ex-femme.
-Le mot intimité , tu ne connais pas ?
-Oh arrête, Richard ! Comment as-tu pu tuer Derrik !
-Est-ce mon éditrice vampirique qui s'inquiète pour son compte en banque ou ma sangsue d'ex-femme ? rétorqua-t-il, le sourire aux lèvres, pour ne pas lui montrer son agacement
-Alors c'est ça ta façon de te venger ? Tu me punis en tuant la poule aux oeufs d'or?
-Oh je t'en prie, je sais bien que je suis mesquin et inconscient, mais à ce point là, ce serait exagéré
-Ah ? Alors pourquoi ?
-Derrick Storm était devenu ennuyeux…..j'avais l'impression de bosser
-Pauvre biquet ! il avait l'impression de bosser, siffla-t-elle, excédée par ses arguments . Il y avait d'autres solutions, tu aurais pu le mettre à la retraite ou l'estropier , ou le faire engager dans un cirque , ah mais non, bien sûr, tu n'as pas pu t'empêcher de lui mettre une balle dans la tête !
-Eh oui, une vraie boucherie, la balle l'a défiguré, répondit-il, fier de lui, en prenant une flûte de champagne qui se trouvait près d'un buffet. Mais ne t'inquiète pas, ce n'est pas Derrick Storm , la poule aux oeufs d'or, c'est Rick Castle. J'ai écrit une demi-douzaine de best-sellers avant lui , tu penses que je n'en suis plus capable ?
-Oh , je n'en sais rien, tu ne devais pas me rendre un manuscrit, il y a déjà deux mois.?
-ça ne se commande pas, le génie
-Ah oui, vraiment? Et la page blanche, Richard ? Tu devrais un peu penser à bosser, plutôt que de t'amuser !
-C'est…..
-Et qu'on soit clair, si d'ici trois semaines, je n'ai rien sur mon bureau, Black Pawn te demandera de rembourser l'avance que l'on t'a accordée. Alors…..il était ennuyeux, hein? siffla-t-elle, avant d'ouvrir la porte de la suite, et de lui cracher avant de partir: et retourne à la fête, les fans ont besoin de voir le grand Rick Castle avant sa chute !
-Vipère ! siffla Castle, avant de se laisser choir sur un fauteuil derrière lui.

Sa flûte de champagne à la main, les épaules lâches, le regard posé sur la couverture de « Tempête de Feu », Rick soupira en fermant les yeux. Il était épuisé…..et surtout sans imagination. Depuis des mois, il n'arrivait plus à écrire…..c'était comme si son art s'était envolé. Tuer Derrick Storm n'avait pas été une décision prise à la légère, elle était mûrement réfléchie. Mais il ne pouvait plus continuer de relater les histoires de cet agent encore et encore. Il s'ennuyait…..il avait besoin d'une nouvelle inspiration.

Soupirant, le coeur lourd, il sortit de ses pensées quand deux coups à la porte retentirent :

-Va-t-en , Gina !
-Ce n'est que moi, fils, répondit timidement Jim, en ouvrant la porte pour voir Richard, totalement accablé, affalé sur une chaise. Tout va bien ?
-Oui, oui. Bonsoir Jim, je suis content de te voir, sourit Rick, en tentant de cacher sa peine tout en venant enlacer celui qu'il avait considéré comme un père pendant des années.
-Alors ? des soucis avec Gina ? le taquina le patriarche
-C'est une vipère…tu aurais dû me prévenir que toutes les femmes sont vides et perfides…..et effrayantes
-Pas toutes
-C'est vrai, concéda à regret Castle, en jetant son verre et la bouteille de champagne à la poubelle. Les Beckett sont certainement une espèce rare.
-Tu devrais peut-être chercher une fille disons plus…. naturelle la prochaine fois, une fille à ton image.
-Naturelle ?
-Oui….la seule femme qui aurait pu être digne d'être une Beckett , tu l'as laissée s'envoler.
-Kyra est partie, rétorqua Rick, amusé que Jim lui donne des conseils, même après toutes ces années.
-Tu mérites d'être heureux
-Je le suis…vraiment
-Bien. Mais pour ce que ça vaut, je ne veux pas m'imposer ou te donner des conseils non-sollicités, mais….
-oh non…..la derrière fois que tu as employé ce ton, tu m'as pratiquement menacé de me couper mes attributs si je touchais à Kate
-Je t'ai aussi dit de traiter toutes les femmes avec respect et ….
-Je sais, je sais…..mais elles n'ont pas toutes eu le même conseil apparemment , soupira Rick, déçu.

Il avait espéré pouvoir offrir à Alexis le genre de famille qu'il n'avait pas eue dans son enfance, le genre de famille avec un papa et une maman qui s'aimaient, mais ses espoirs avaient été déçus quand il avait découvert la mère de sa fille avec un autre homme au lit.

Jamais encore il n'avait ressenti pareille rage envers quelqu'un , en une fraction de seconde Meredith avait balayé sa famille. Il lui en voulait encore énormément…..c'est à cause d'elle qu'il avait retenté sa chance, des années plus tard, avec Gina pour donner à Alexis une mère, mais c'est surtout à cause de Meredith…..de son histoire avec elle, qu'il n'avait plus revu ou entendu le son de la voix de sa meilleure amie.

Lassé par la gente féminine, Rick vagabondait de lit en lit sans exposer son coeur désormais. Il était un auteur célèbre , il avait réalisé son rêve mais quelque part sa mère avait raison…le manque de Kate dans sa vie n'avait jamais été comblé.

Se frottant la nuque avec un air misérable sur le visage, il avoua à Jim , les mains dans ses poches :

-Elle me manque
-Je sais, fiston
-Elle va bien ? …..Elle est heureuse ?

Il n'osait que très rarement questionner Jim au sujet de sa fille. Sans doute par respect envers lui, Rick ne souhaitait pas être la cause d'un conflit entre Jim et Kate, mais aussi par peur. Par peur de souffrir en entendant, par son père d'adoption, que la femme qu'il aimait était heureuse avec un autre.

-Elle va bien….elle semble heureuse. Son métier lui prend beaucoup de temps.
-hum
-Tu devrais l'appeler, je suis certain que Kathie aimerait que tu….
-Je le sais, mentit-il, en pensant à tous ses nombreux appels en absence des années plus tôt. Je vais devoir te laisser pour un petit bain de foule. Plus vite ma présence ne sera plus requise, plus vite je pourrais retourner à la maison et voir Alexis.
-Très bien, concéda Jim, qui ne voulait pas imposer sa présence.

Sa relation avec Richard avait toujours été ambiguë . Il l'aimait comme un fils, mais leur passé commun n'avait pas été de tout repos. Rick représentait le meilleur ami de Kate, mais aussi le seul homme sur cette terre à pouvoir la blesser. Il avait toujours pensé que Richard serait le grand amour de Kathie, mais leur côté tête de mule et leur jeune âge avaient eu raison d'eux. La mort de Johanna avait joué un tournant dans leur relation.

Il avait vu Rick s'éloigner après, semblait-il, une redoutable dispute avec Kate. Pendant des mois, il n'avait plus revu le jeune garçon, et un matin, il s'était présenté à sa porte avec un nourrisson emmitouflé dans ses bras, et un sourire aux lèvres.

Le jeune homme avait été très fier de présenter sa petite merveille : Alexis Johanna Castle, mais la démarche peu sûre du patriarche, combiné avec la senteur d'alcool et l'état plus que douteux de sa maison, avait fait fâner le joli sourire de l'auteur.

Rick avait alors éloigné sa fille pour la protéger, il avait tenté de joindre Kate qui n'avait jamais daigné répondre à ses appels, et il avait ensuite donné une chance à Jim de s'en sortir.
C'est Castle qui l'avait trainé en centre de désintoxication, après une discussion très humiliante pour le patriarche.

Rick lui avait rappelé qu'il avait une fille, et que sa femme aurait très certainement été déçue par son comportement. Qu'il n'était pas un ivrogne, mais un père de famille, qu'il avait des responsabilités et que ce n'était pas dans une bouteille qu'il veillerait sur Kate.

Si Jim Beckett était sobre depuis 10 ans, c'était grâce à Rick , grâce à ses mots, et grâce à Kate qui l'avait poussé à être un meilleur père….à redevenir le papa qu'elle connaissait.

Rick et Jim s'était revus alors plusieurs fois au fil des années, autour d'un café, pour discuter. L'auteur avait fait promettre au patriarche de ne jamais révéler à sa fille que c'était lui qui avait pris en charge tous ses soins médicaux, il ne voulait pas que Kate se sente redevable de quoi que ce soit.

S'il avait aidé Jim, c'était à cause de cette image de père qui lui avait donnée, à cause de Johanna…à cause de cette famille qu'il avait formée avec eux.

Seulement leur relation, sans Johanna ou Kate à leurs côtés, avait alors semblé dénuée de sens. Les deux hommes, tout en pudeur, avaient du mal à communiquer. Les frictions entre Castle et Beckett y jouaient grandement.

Rick s'était éloigné peu à peu de lui pour oublier tout ce qu'il lui rappelait, tout ce qu'il avait perdu…..il s'était éloigné pour oublier Kate et panser ses blessures.

-Je suis heureux que tu aies pu venir…..vraiment. Mère est là , tu l'as aperçue ?
-Non, mais je vais aller la saluer avant de partir , sourit Jim, toujours content de pouvoir converser avec Martha
-Cherche près du bar ou près d'un homme sans alliance, le taquina Rick en grimaçant
-Richard, s'offusqua Jim
-Je plaisante, je plaisante…enfin pour le bar
-Tu es impossible. Martha à le droit de s'amuser aussi
-Oh pour ça, elle est très bonne, rit-il en ouvrant la porte de sa loge. A très vite ?
-Oui
-Bien. Merci encore pour tout Jim
-Merci à toi, et prends soin de toi, fils.

Après un hochement de tête, Rick s'engouffra dans le couloir de l'hôtel où se tenait la réception de sa book party. Le coeur lourd, comme après chaque discussion avec Jim, il tentait de ne pas se laisser submerger par le flot de souvenirs qui envahissaient. Les mains dans les poches, il releva les yeux devant les flashs qui crépitaient à quelques mètres de lui, et il soupira en pensant comme à chaque soirée de ce type :

- S'il te plait, viens ce soir.

A l'extérieur, devant l'hôtel de la Book Party.

Assise dans sa crown Victoria, la tête sur le volant, elle tentait de calmer sa respiration en écoutant les conseils bienveillants de son amie au téléphone :

-C'est l'occasion rêvée de renouer vos liens
-En l'interrogeant sur un meurtre, gémit Kate
-Oui ! Non…..heu….je ne sais pas. Il est auteur de romans policiers, je suis certaine que ta démarche va lui plaire.
-Lanie, je ne l'ai pas vu depuis plus de dix ans….douze pour être exacte, je ne pense pas qu'il sera ravi d'être interrompu en pleine séance de dédicaces sur poitrines.
-Ne sois pas médisante…..et puis, ça fait des années que tu cherches une excuse pour l'aborder, la voilà .

Lanie connaissait toute l'histoire de Kate et Rick. Un soir de grande beuverie, la lieutenant s'était épanchée sur son amour de jeunesse, sur ce meilleur ami qu'elle avait fait fuir des années auparavant. Les larmes aux yeux, elle lui avait expliqué à quel point il lui manquait, à quel point elle mourait d'envie de le revoir…à quel point elle s'en voulait de l'avoir évincé de sa vie.

Alors voir Kate si hésitante aujourd'hui, agaçait quelque peu la légiste. Ce n' était plus une adolescente qui avait fait une erreur, c'était une jeune femme, un détective d'homicide, elle pouvait très bien gérer les retombées de leur rencontre.

-Je ne veux juste pas que mon enquête en pâtisse. Montgomery risquerait de me retirer l'affaire au vu de mon implication avec un témoin, ou….
-Et nous y voilà, après seulement cinq minutes de conversation à coeur ouvert, tu débites déjà des répliques de série B.
-Je…..
-Montgomery ne te retirera pas l'affaire, et s'il te plait, de quelle implication avec le témoin parle-t-on? Parce qu'a part avoir été ton ami d'enfance , il y a des lustres, il est juste ton auteur préféré désormais. Kate…arrête de fuir et agis comme une adulte.
-Facile à dire, rumina-t-elle, en relevant le visage pour observer l'engouement de la soirée de loin.
-Va discuter avec ton ami.
-Je…..
-A plus tard , la coupa la légiste, en raccrochant pour ne pas lui donner une raison de plus de se lamenter.

Désormais totalement seule dans l'habitacle de sa voiture, Kate ferma les yeux quelques secondes en repensant à ses derniers mots à son égard :

-Va-t-en, dégage ! Je ne veux plus jamais te revoir ! 

Comment avait-elle pu être aussi méchante ? Pourquoi ne lui avait-elle pas laissé une chance de s'exprimer ? pourquoi n'avait-elle pas répondu à ce fichu téléphone par la suite ?

Emergeant de ses pensées à cause d'un klaxon dans la rue, Beckett sortit de sa voiture, en prenant son insigne, son arme et son courage, et partit en direction de la book party.

Elle allait juste revoir un vieil ami….tout se passerait bien. Enfin , elle l'espérait…..


billy1  (08.01.2018 à 20:24)

CHAPITRE 3.


Debout le sourire aux lèvres avec sa flûte de champagne à la main et un stylo dans l'autre, Rick conversait tranquillement avec sa mère.

Avec les années, ils s'étaient rapprochés l'un de l'autre. Durant son enfance, Richard avait légèrement jalousé Kate et sa famille. Il aurait aimé pu avoir le même lien avec sa mère, mais le travail de Martha et son statut de mère célibataire ne leur laissaient guère le temps et le loisir de passer des moments ensemble. Il avait donc grandi auprès de la famille Beckett, avant de se rapprocher au fil des années de sa mère. La naissance d'Alexis avait aussi beaucoup favorisé leur lien.

-Jim est ici, il voulait te saluer avant son départ, confia Rick, toujours déstabilisé par sa rencontre avec le père de Kate.
-Je l'ai rencontré. On a bavardé quelques instants, mais il devait rentrer chez lui
-Je t'en prie , ne me dis pas que tu lui as parlé de Kate, gémit-il , en sachant pertinemment que leurs deux parents espéraient les rapprocher tôt ou tard.
-Non, se défendit, sourire aux lèvres, Martha en hochant de la tête à un homme derrière Rick. Nous nous sommes résignés avec les années
-Bien
-Mais…..
-Le sujet est clôt. Et puis que regardes-tu depuis tout à l'heure ? demanda Rick, en se retournant pour voir un homme d'âge moyen sourire dans leur direction.
-Il n'y a pas que toi qui as le droit de prendre du plaisir
-Mère, tu…..
-chut, chut, pas si fort, j'ai peut-être encore une chance

La dévisageant pendant quelques secondes, Rick déposa son verre sur le comptoir en s'accoudant, la tête basse, pour soupirer :

-Du plaisir…..je ne prends plus te plaisir depuis des mois.
-Richard
-Gina me harcèle pour un nouveau chapitre, et…..et…..rien.
-Comment ça, rien ?
-Je n'y arrive plus. Je n'arrive pas à trouver une idée ou une trame de fond…..c'est comme si l'écriture me fuyait.
-Ne sois pas si dramatique, tenta Martha en le voyant aussi accablé. Et puis, pourquoi avoir tué le personnage principal de ton livre si tu n'as plus…..
-Parce que je m'ennuyais, avoua-t-il, la boule au ventre.
-Tu t'ennuyais ?
-Oui…..rien qu'une fois, j'aimerais qu'on vienne me voir pour me dire un truc nouveau.

XXXXXXXXXXX

Inspirant, expirant, lentement , Kate tentait de cacher son stress en arborant fièrement son insigne de flic, et en gardant la tête haute devant la foule qui s'était amassée pour rendre hommage à son auteur favori.

Depuis sa sortie de la voiture, elle cherchait vainement une phrase à lui dire….un début de conversation qui ne serait pas gauche ou maladroit après autant d'années, mais toutes ses idées la faisaient grimacer au fur et à mesure de ses pensées.

« Salut, Rick, comment vas-tu ? »….peut mieux faire, pensait-elle
« Hey…tu m'as manqué »…..trop direct
« Eh bien, je ne pensais pas qu'autant d'années étaient passées, regarde-toi »….définitivement nul.

A chaque pas qu'elle faisait sur le sol de cette hôtel de luxe, elle réfléchissait à la façon d'aborder cette discussion, qui serait sans nul doute gênante et mortifiante. Elle était seulement soulagée d'être venue seule pour cet interrogatoire. Si elle avait dû emmener Espo ou Ryan….ou pire, des officiers avec elle, elle ne savait pas dans quel état de lividité elle se trouverait à cet instant.

Les gens riaient, discutaient, et l'alcool coulait à flot, ses yeux observaient avec beaucoup d'attention tout ce qui entourait désormais la vie de son meilleur ami. Les bimbos, l'argent, les tenues chics…..ils s'étaient tellement éloignés depuis la dernière fois qu'ils s'était vus.

Soupirant, elle releva le regard pour tenter de le trouver quand son cellulaire se mit à sonner.

-Beckett
-Je viens de voir tous les voisins, commença Ryan en entrant dans le commissariat. Personne n'a rien vu. Aucun bruit suspect non plus. La probabilité qu'elle connaissait son agresseur est élevée.
-Ok, très bien. Aide Espo avec les comptes bancaires, histoire de voir comment une assistante sociale pouvait vivre dans pareil luxe.
-Bien. Tu as interrogé l'auteur du livre ?
-Pas encore, je le cherche et je…..je…., balbutia-t-elle en l'apercevant, de dos, à côté de sa mère près du bar
-Beckett ?
-Je ….je te rappelle, Ryan
-Ok, tu es sûre que tout va bien ?
-Oui….je…..à tout à l'heure, déglutit Kate, en raccrochant, sans lâcher Castle du regard.

Il avait l'air tellement….grand et imposant…..tellement adulte. Elle ne l'avait plus revu depuis ses dix-neuf ans…..ils avaient grandi en douze ans. Kate ne savait pas pourquoi elle semblait si effrayée par cette constatation. Elle l'avait vu dans des dizaines de magazines au fil des années, dans des interview télévisuelles, mais le voir en chair et en os à quelques mètres d'elle rendait toute cette absence réelle.

La boule au ventre, elle sentit la nausée la prendre. Doucement, elle se rapprochait de Rick en tentant de trouver quoi lui dire quand elle entendit une bride de sa conversation avec sa mère :

- Parce que je m'ennuyais
-Tu t'ennuyais ?
-Oui…..rien qu'une fois j'aimerais qu'on vienne me voir pour me dire un truc nouveau.

Un truc nouveau? Ok…elle pouvait le faire….elle pouvait lui donner ça. Inspirant grandement pour se donner du courage, elle lui tapota le dos doucement, en tentant de réprimer le frisson qui l'envahit à ce simple contact, et lui déclara de sa voix la plus sûre :

-Mr Castle?
-Où voulez-vous que je signe ? répliqua Rick, le sourire aux lèvres, en se retournant pour blêmir de surprise ensuite
-Lieutenant Kate Beckett de la police de New-York, j'aurais quelques questions à propos d'un meurtre commis plus tôt dans la soirée.

Un sourire timide aux lèvres, son insigne à vue d'oeil de Rick, elle tentait de ne pas se désintégrer devant le regard stupéfait qu'il lui donnait.

Son stylo toujours à la main, il la dévisageait comme s'il apercevait un fantôme. Ses longs cheveux bruns avaient laissé place à un joli carré, ses yeux étaient toujours aussi verts, mais avait perdu de leurs éclats, de leur innocence, mais à part ça, elle était toujours la même….toujours aussi grande, toujours aussi belle…..elle était Kate Beckett, et son coeur palpitait devant la vison qu'elle lui renvoyait.

Perdus dans les yeux l'un de l'autre, ils tentaient de ne pas se perdre devant leurs nombreux souvenirs communs quand la voix de Martha derrière Rick les firent sursauter :

-Katherine, chérie, tu es venue….mais regarde-toi, sourit la matriarche en l'enveloppant dans une étreinte. Tu es toujours aussi ravissante, darling

Plus de dix ans qu'elles ne s'étaient plus revues. Martha se souvenait encore de ce jour funeste où elle avait embrassé pour la dernière fois sa jeune voisine. On venait tout juste de mettre en terre sa mère. Kate, alors âgée de dix neuf ans, se tenait droite comme « i », les yeux dans le vague, comme si tout ceci n'était pas réel. Doucement, l'actrice l'avait entourée de ses bras pour lui apporter un peu de réconfort, alors que son fils pleurait silencieusement aux côtés des Beckett. Elle n'aurait jamais pu penser à cet instant que ce serait la dernière fois qu'elle la voyait.

Flashback.

Un joli ciel bleu contrastait avec un froid glacial en ce 13 janvier 1999. Les yeux rivés sur la pierre tombale de sa mère, Kate restait figée. Elle avait l'impression d'être dans un terrible cauchemar. Tout ceci ne pouvait pas être réel. Elle n'avait pas pu perdre sa mère…non pas elle…..

Les bras ballants, les cheveux au vent, elle observait, la boule au ventre, le cercueil descendre sous terre sous les pleurs de son père à ses côtés.

Ils étaient censés passer les fêtes ensemble, ils étaient censés diner au restaurant ce soir-là…..comment tout ceci avait pu se terminer ainsi?

Elle revivait encore et encore sa dernière conversation avec sa mère ce matin- là, comme si elle pouvait trouver un élément qui lui permettrait de croire que tout ceci n'était pas vrai.

-Kathie, allez, lève-toi, sourit joyeusement ce matin Johanna, en entrant dans la chambre de sa fille à 8 heures du matin
-C'est trop tôt, ronchonna la jeune femme
-Il n'est jamais trop tôt pour un brunch avec sa mère. Allez, je dois être au tribunal dans une heure et j'aimerais passer un peu de temps avec toi
-Maman….on s'est vues pendant dix jours, râla en baillant la jeune Beckett
-Oui, et je ne sais toujours pas pourquoi ma fille est toujours un coeur à prendre
-Si tu penses que me réveiller à l'aube va délier ma langue, tu te trompes
-Non…..mais ne me force pas à demander à Richard
-N'importe quoi, soupira-t-elle en ronchonnant en pensant à son meilleur ami.

La rentrée scolaire à Stanford avait été extrêmement dure pour Kate. En peu de temps, tout ses repères avaient été chamboulés. Sa famille n'était plus là, et Rick…..Rick n'était pas allé à l'université. Son premier roman avait été publié quelques jours avant les grandes vacances d'été, et son agent de l'époque lui avait assuré que les études étaient dorénavant une chose à mettre en suspens. Sa carrière d'auteur allait exploser et il n'aurait pas le temps de s'abandonner sur les bancs de l'université.

Ils avaient dû alors gérer la distance comme ils le pouvaient. Mais les cours, la cadence de ses journées mélangées avec les horaires discontinus de Rick les avaient légèrement éloignés.
Lui, qui avait promis de venir la voir au moins deux ou trois fois avant les vacances hivernales, n'avait pu se déplacer qu'une seule fois le temps d'un week-end.

Leurs soirées téléphone s'étaient elles aussi espacées au fur et à mesure de la publication du livre de Richard. Il était sous les feux des projecteurs et n'avait pas une minute à lui pour souffler.

Lors de la dernière conversation téléphonique qu'ils avaient eue, Rick lui annonçait qu'il prenait du bon temps avec une jeune actrice en herbe du nom de Meredith. Quelque part, Kate jalousait cette jeune femme qui pouvait passer du temps avec son meilleur ami. Elle, qui croulait sous les livres, n'avait guère le temps pour une amourette de passage.

C'était donc ravie qu'elle était rentrée à la maison pour les vacances de Noël. Rick était présent et ils avaient pu passer du temps ensemble.

-Pourquoi cet air si renfrogné ? sourit Johanna, qui savait que l'éloignement avec Richard était difficile pour tous les deux.
-Pour rien, mentit-elle en se frottant les yeux, avant de sortir de son lit en s'étirant de tout son long sous les yeux attendris de sa mère.
-Tu sais qu'il t'aime
-Qui ça ?
-Richard
-Maman, bougonna Kate, en cherchant un bas de jogging à enfiler.
-Il est malheureux sans toi. Je t'assure.
-Il s'amuse avec ...une certaine...Meredith , crois-moi, il y a plus malheureux que lui.
-Kathie, tu….
-Et puis c'est juste un ami, râla-t-elle devant l'entrain que sa mère mettait à vouloir les mettre en couple.
-hum, hum, acquiesça Johanna en se levant pour lui embrasser le front. Ton père était juste un ami aussi.
-Maman!
-Ok, ok…..allez, rejoins-moi en bas, tout le monde n'a pas la chance de pouvoir faire la grasse matinée.
-tu parles d'une grasse mat...
-Kathie ?
-Oui, gémit-elle dans l'attente d'une nouvelle boutade.
-Je t'aime, chérie.

Elles avaient ensuite déjeuné ensemble avec son père, en riant et en se mettant d'accord avec l'heure du diner au restaurant. C'était la dernière fois qu'elle avait vu sa mère.

Les yeux emplis de larmes, elle sortit de sa torpeur par la douce étreinte de Martha qui l'enveloppa de ses bras.

-Je suis désolée, darling.
-Martha
-Je suis là…..quand tu veux …..à tout moment, déglutit difficilement la matriarche en pensant à son amie en terre.

Doucement elle relâcha l'étreinte de la mère de Rick qui lui embrassa le front avec tant d'amour que Kate voulait la repousser violemment. Elle n'avait pas besoin de ça, elle avait juste besoin de sa mère, de ses brunchs, des ses matins matinaux, de ces conversations mère-fille, elle avait seulement besoin de son étreinte…..elle voulait juste sa mère.

Déglutissant en posant les yeux sur les inscriptions en face d' elle: « Vincit Omnia Veritas », elle sentit la nausée la prendre et la terre s'ouvrir sous elle. Mon dieu, c'était réel , elle avait perdue sa mère. La tristesse l'envahit et elle se sentit partir. C'est les bras de Rick autour de sa taille, qui la ramenèrent à la réalité. Doucement dans le creux de l'oreille , il lui murmura, en sanglotant sans lâcher sa prise sur elle :

-Kate, je suis là, je suis là….
-Rick….elle est morte…., sanglota-t-elle en sentant ses jambes la lâcher. 
-Je sais ….je suis là…..Toujours, Kate. 

Fin du Flashback.

-Merci Martha, sourit Kate, en sentant les larmes lui monter aux yeux en se remémorant ça dernière étreinte avec la mère de Rick.

Le froid, le cercueil de sa mère, les larmes , les cris de détresse de son père, la bouteille de whisky au sol et la descente aux enfers qui s'étaient ensuite déchainés pour sa famille la frappèrent de plein fouet. Le coeur meurtri, elle entendit Martha réprimander son meilleur ami à côté d'elle.

-Richard, trésor, dis quelque chose. Tu voulais quelque chose de nouveau…..ça c'est nouveau, assura cette dernière, en relâchant son étreinte pour observer son fils toujours sans aucun mouvement près d'elle.
-Heu….oui, bien sûr…..où sont mes manières, balbutia-t-il sous le choc. Je….je ne m'attendais pas à te voir….Je suis content de te voir, rectifia -t-il devant le regard qu'elle lui lanç que content.
-Moi aussi.

Les yeux dans les yeux, ils se sourirent en tentant de ne pas se laisser envahir par leurs mauvais souvenirs. Doucement, elle se rapprocha de lui. Son regard bienveillant, son sourire ravageur qu'il ne portait que pour elle l'attirèrent comme au bon vieux temps. Tous leurs bon moments leurs revinrent en un seul regard : leur rencontre, leur fou rire, leur premier baiser, leurs bêtises…..tout….

D'un tendre regard, elle le contempla avec une seule envie…..pouvoir plonger sa tête dans sa cou et profiter de sa grande carrure pour un câlin. Ils n'étaient plus du même monde, mais ils étaient toujours les mêmes : Kate et Rick ...et cela devait suffire, non ?

Le sourire aux lèvres avec le même désir qu'elle, Castle lui demanda timidement sans oser la toucher:

-Puis-je t'offrir un verre ?
-Oh….non…..désolée, gémit-elle, en se souvenant de la raison de sa présence ici. Je suis en service.
-En service?
- Un meurtre a été commis plutôt dans la soirée et j'ai besoin de t'interroger, tu te souviens ?

Au froncement de sourcil qu'il lui lança, Kate comprit que ses mots avaient été mal interprétés. Souriante, elle tenta de lui expliquer :

-Tu n'es pas suspect, mais le meurtrier à …..
-Tu es venue juste pour le boulot alors ? la coupa-t-il, le coeur brisé.
-je…..non…..oui…enfin , je veux dire au début oui, mais….
-Vas-y, pose tes questions, Beckett, je ne voudrais pas abuser de ton temps si précieux, cracha-t-il, vexé

Douze années a attendre qu'elle lui fasse un signe, qu'elle l'appelle, et elle venait avec une enquête et un interrogatoire? Il se sentait blessé plus qu'autre chose. Les mains dans ses poches, le visage renfermé , il l'observait blêmir à ses mots.

-Richard, trésor, tu devrais peut-être prendre le temps de l'écouter….
-Mère, je pense que le célibataire que tu contemplais tout à l'heure s'impatiente, la coupa-t-il, avec un regard qui lui en disait long. Et pour ce qui concerne le temps, je pense que j'ai été assez patient, non ?

Soupirant devant sa tête de mule de fils, elle hocha simplement de la tête avant de venir embrasser une nouvelle fois Kate tout en lui murmurant :

-J'espère te revoir très vite. 595 Broome Street. Tu seras toujours la bienvenue.
-Merci Martha, déglutit-elle, en observant l'air glacial de Rick sur elle.

Lentement la matriarche s'éloigna pour leur donner plus d'intimité, alors que Castle s'installait sur un tabouret de bar en lui déclarant :

-Je vous écoute détective
-Rick ne fais pas ça, je…..
-Douze ans et tu oses débarquer à ma book party pour un meurtre ?
-Je…..ok, je sais que le timing n'est pas de mon côté mais…
-Je ne veux pas savoir
-Castle, je…..
-On était censés être ami. On était censés être…..
-Je sais
-Et maintenant regarde-nous, on est des parfaits étrangers , soupira-t-il, le coeur lourd, en passant à la raison de sa présence.

Alors qu'elle allait répliquer en lui disant que désormais elle souhaitait tout connaitre de sa vie , qu'elle était désolée pour son attitude, elle fût interrompue par une jeune femme brune , tailleur et talons aiguilles, qui embrassa la joue de Rick en lui murmurant quelque chose à l'oreille, la réponse de Castle lui glaça le sang :

-Non, c'est juste une détective qui veut me poser des questions sur un meurtre.

Juste une détective ? Elle avait été Kate, pour lui…..elle avait été sa meilleure amie. Elle l'avait vu grandir, pleurer, rire…..et maintenant elle était juste un détective ? La colère de ce nouveau rejet envahit tout son corps, et elle lança à Rick et à sa conquête du moment, sur un ton sévère :

-J'ai besoin que tu me suives au poste pour un interrogatoire
-Sérieusement ? Tu ne peux pas me poser tes foutues questions ici ?
-Non, j'ai besoin d'un enregistrement pour….
-De mieux en mieux, râla-t-il en se levant. Paula, peux-tu faire avancer ma voiture à l'entrée que je termine cette mascarade au plus vite?
-Richard, je ne pense pas que quitter la fête à cet instant est une bonne idée, et ….
-Dois-je vous rappeler que je souhaite interroger votre ami ? la coupa, excédée, Kate en montrant une nouvelle fois son insigne. Et pas besoin de voiture supplémentaire, je t'escorterais au commissariat pour…..
-Je croyais que je n'étais pas suspect
-Tu ne l'es pas, mais….
-Alors pas besoin de prolonger notre temps ensemble, Beckett, n'est-ce pas ?

D'une main, il sortit les clefs de sa voiture en la foudroyant du regard. Comment avait-elle pu venir pour l'interroger ? Pourquoi ne pouvait-elle pas faire semblant et passer un bon moment avec lui ? Qu'avait-il fait de si horrible pour qu'elle le blesse encore après toutes ces années?

Elle était là pour son boulot…..pas pour lui. La boule au ventre, le coeur en miettes, il releva le regard sur l'assemblée en cachant toute la tristesse qui l'envahissait à cet instant. Après un dernier sourire surfait , il sortit de la pièce en laissant Kate, complètement prise au dépourvu, derrière lui.

XXXXXXXX

Le trajet vers le commissariat ne lui avait jamais paru aussi long. Elle se détestait de l'avoir blessé une nouvelle fois, mais elle jugeait sa réaction excessive. Elle était là pour l'enquête, oui, mais avant tout pour lui.

Finalement le meurtre d'Alisson Tisdale n'avait été qu'une excuse pour aller le voir, et aujourd'hui elle était heureuse d'avoir pu rencontrer son ami.

Soupirant en pensant à l'interrogatoire qu'elle devrait mener , elle cherchait une solution pour lui expliquer la situation sans l'envenimer un peu plus.

XXXXXXXX

Debout dans l'ascenseur qui le menait au douzième, Rick tentait de contenir sa colère. Il avait tellement espéré de leur rencontre après plus de dix années d'absence, qu'il était désormais blessé qu'elle fasse enfin ce pas au nom du travail.

Il espérait avoir signifier quelque chose dans son passé, mais apparemment il s'était trompé encore une fois.

Le coeur lourd, il fit ses premiers pas dans le commissariat quand une voix qu'il connaissait bien l'interpella :

-Rick Castle, que me vaut le plaisir de ta venue, ici ?
-Roy, répondit le sourire crispé Castle. Un petit contretemps, rien de grave.
-Dis-moi pas que ça implique un cheval car tu sembles un peu trop habillé cette fois-ci
-Touché
-Alors, trêve de plaisanterie, ricana le capitaine en lui tapotant amicalement l'épaule. Mes officiers m'ont fait un briefing de la situation, il s'agit juste d'un petit interrogatoire. D'ailleurs où se trouve le lieutenant Beckett ?
-On a pris deux voitures différentes…pas bon pour la presse, argumenta-t-il devant son regard interrogatif.

Il ne voulait pas s'épancher sur sa relation avec Kate, il voulait juste en finir avec ceci, et noyer son chagrin dans une bonne bouteille de Scotch. La démarche lourde et fatiguée , il suivait son ami dans les couloirs du poste quand son regard se troubla sur un objet qu'il n'avait pas vu depuis des années.

Les mains tremblantes, il caressa avec hésitation la famille d'éléphants qui se trouvait sur le bureau de Kate. Il n'avait pus vu ce bibelot depuis la dernière fois qu'il avait retrouvé Johanna à son bureau pour un dernier conseil. Les larmes aux yeux, il soupira en repensant à cette conversation.

Flashback.

-Que me vaut le plaisir de ta venue, chéri, sourit Johanna Beckett , en tailleur gris , ses lunettes sur le nez, avec un sourire bienveillant.
-Je te dérange? demanda, peu sûr de lui, Rick deux gobelets de café à la main
-Tu sais bien que toi ou Kathie êtes les deux seules personnes à pouvoir arriver à l'improviste sans me déranger.
-Et Jim
-Oh, mon mari doit avoir une excuse. Tu apprendras ça plus tard, pouffa-t-elle en venant l'embrasser, pour le saluer. Comment vas-tu chéri ?
-Je vais bien. Le livre fait son effet et la maison d'édition souhaite un contrat d'exclusivité avec moi, assura-t-il en lui tendant son café tout sourire.
-Oh, donc tu es venu parce que tu as besoin d'un avocat pour le contrat ?
-Eh bien….
-Et tu penses pouvoir me payer en caféine ? sourit-elle, taquine. Je sais que le droit commun paye mal, mais de là à être soudoyée en grains de café. ..
-Le café est simplement là pour le plaisir, assura Rick
-Je le sais, trésor. Je te taquine. Alors, tu as besoin de mes talents ?
-En quelque sorte, gémit-il, en s'installant sur la chaise en face d'elle.

Au froncement de sourcil qu'elle lui lança,il sut qu'il était démasqué. Johanna Beckett avait un don particulier pour sonder le plus profond de son être. Son regard ancré dans le sien, elle déposa son café vanille en lui déclarant :

-Quelle bêtise as-tu faite ?
-Oh je…..eh bien…..je…..
-Dis-moi que tu n'as pas remis une vache sur le toit d'un immeuble, je pensais avoir été claire à l'époque pour…..
-Ce n'est pas ça
-Ok…vas-y , je t'écoute.
-Heu….je ne sais pas par quoi commencer, soupira-t-il, mal à l'aise.

Il avait pensé que venir lui parler de ses problèmes résoudrait tout, mais finalement , maintenant, il était terrorisé à l'idée de la décevoir. Il ne savait pas vers qui se tourner. Kate lui hurlerait dessus sans aucun doute, Jim lui ferait un sermon d'anthologie, et sa mère….il ne voulait pas voir à quel point il serait une déception pour elle…..résigné, il avait décidé de se tourner vers la seule personne en qui il avait confiance, après Kate.

Le regard sur le jeune homme qui se trouvait en face d'elle, Johanna commençait à s'inquiéter. Elle ne l'avait jamais vu assis peu sûr de lui. Depuis que Kate était partie à Stanford, Richard n'était passé que très rarement les voir. 

La publicité autour de l'écrivain lui prenait tout son temps, et elle avait l'impression de ne l'avoir vu que quelques fois depuis septembre.

- Si tu commençais par le commencement. Une bonne histoire a toujours besoin d'une introduction.
-Ok…..oui…..c'est vrai, concéda Rick, en se levant pour prendre en main un bibelot représentant une ribambelle d'éléphants dans sa main.

Observant l'objet avec beaucoup d'attention, il déglutit en avouant fébrilement :

-J'ai rencontré une fille…elle s'appelle Meredith.
-Je le sais, Kathie m'a parlé d'elle ce matin , sourit la matriarche, pour calmer l'anxiété du jeune homme
-Elle l'a fait ?
-hum. C'est bien pour toi. Je ne vois pas pourquoi tu sembles si …..perturbé. Ce n'est pas la première fille que tu rencontres. Non ? 

Rick était étonné que Kate ait discuté de Meredith avec Johanna. Quand il lui avait parlé de sa nouvelle petite amie, Beckett avait l'air dubitative et non convaincue par sa relation. Il avait donc pensé que son amie avait clairement compris la nature de sa relation avec Meredith : simplement le plaisir. 

- Richard, de quel conseil as-tu besoin ?
-Il faut me promettre de ne pas crier, gémit-il en pensant qu'il aurait peut-être dû en parler à Kate avant.

Ils avaient passé pratiquement toutes les vacances d'hiver ensemble. Ils s'étaient de nouveau rapprochés et il avait peur de sa réaction maintenant. Il aurait aimé pouvoir en parler à Kate mais il savait qu'il la blesserait involontairement. Déglutissant devant le regard de Johanna, il l'entendit lui déclarer, avec une voix maternelle et pleine d'amusement:

-As-tu tué quelqu'un?
-non !
-As-tu forcé cette jeune fille a….
-Non! s'offusqua-t-il alors qu'elle lui souriait
-Alors rien de ce que tu pourras me dire me fera….
-Je l'ai mise enceinte, la coupa-t-il alors qu'elle se figea à ses mots. Je…je vais être papa…..elle m'a appelé ce matin pour….me le dire. Est-ce que ça va ? demanda-t-il inquiet en la voyant passer par toutes les couleurs.
-Je…..peux-tu répéter ?
-Je vais être papa , grimaça-t-il alors qu'elle se levait en hurlant tout en se pinçant l'arête du nez
-Richard Alexander Rodgers ! Qu'est-ce que tu n'as pas compris du cours sur la protection !Je pense avoir passer assez de temps avec Kathie et toi sur ce sujet !
-Je me suis protégé mais la capote a explosé et…..et…..
-Et tu la mise en enceinte !
-Tu as promis de ne pas crier
-Je ne crie pas ! je m'exprime !
-Je…qu'est-ce que je vais faire ? murmura-t-il, désemparé.

Il n'avait jamais eu l'intention d'avoir une relation suivie avec cette actrice rousse . Il avait besoin d'une distraction après que Kyra l'ait laissé tomber. Il avait juste besoin de s'amuser un peu, et de profiter pleinement de la vie.

Après seulement quelques mois de relation avec elle, ils avaient décidé de faire un break pour rejoindre Kate pour les vacances scolaires. Meredith le fatiguait avec ces nombreuses facéties, et il espérait que ces quelques jours loin d'elle lui ferait ouvrir les yeux. Mais ce matin , elle l'avait appelé…et il allait être papa.

Dire qu'il était terrorisé était un euphémisme . Il allait avoir 20 ans dans seulement quelques mois, il avait espéré plus de la vie…il avait espéré avoir un jour un enfant avec une personne qu'il aimait profondément…il avait toujours cru, espéré avoir cet enfant avec Kate. Elle était sa meilleure amie, elle était la femme qu'il aimait depuis son adolescence .

Sentant la nausée le prendre, il se laissa choir sur la chaise derrière lui, la tête en avant , il sentit les mains chaudes et affectueuses de Johanna qui lui entourèrent le visage pour le regarder dans les yeux.

-Richard...est-ce que tu l'aimes ?
-Je…..je…..
-Dis-moi, chéri, déglutit la matriarche devant son air si apeuré
-Pas comme Kate, avoua-t-il péniblement.

Les yeux dans les yeux, il tentait de trouver le courage de faire face à toute cette situation. Il était le nouvel auteur en vue sur Manhattan, son livre « sous une pluie de balles » faisait un tabac dans le monde de l'édition…..il était censé acquérir plus d'expérience et attendre que Kate termine ses études. Il avait espéré pouvoir avoir la chance de lui exprimer l'étendue de ces sentiments par la suite, mais…mais il allait être papa, et il ne voulait pas donner à cet enfant la vie qu'il avait eue.

Son enfant méritait d'avoir un père et une mère. Les yeux larmoyants , il murmura dans un sanglot :

-J'ai tout foutu en l'air, hein?
-Non, non, non…..chut, ça va aller, chéri, assura Johanna en l'enveloppant tendrement .

Sa tête contre le ventre de la mère de Kate, il inspirait doucement cette odeur de cerise que seules les femmes Beckett dégageaient. De ses mains , il s'agrippa à ses hanches et laissa ses émotions l'envahir. Il était terrifié…..apeuré devant l'avenir qui se profilait devant lui.

D'une douce caresse, elle balaya ses cheveux tendrement en lui demandant :

-Est-ce qu'elle veut garder le bébé?
-Je…..je ne sais pas…..
-Richard, il va falloir que tu discutes avec cette jeune fille
-Je sais
-Il va falloir que tu prennes tes responsabilités quoi qu'elle décide
-Je sais
-Mais tu n'es pas obligé de rester avec la mère de cet enfant si tu ne le désires pas.
-Je…..
-Tant que tu es là pour elle et le bébé, c'est bien.
-Je ne peux pas faire ça, soupira-t-il en gémissant contre son ventre. Je resterai avec elle , si elle veut le bébé.
-Trésor, tu as le temps de prendre ta décision, mais quoi que tu décides, je serai là ainsi que Jim.

Ses pleurs redoublèrent devant l'étendue de l'amour qu'elle lui portait. Sentant le jeune homme, qu'elle considérait comme son fils, perdre pied, elle lui embrassa les cheveux en lui chuchotant :

-La vie ne donne jamais rien qu'on ne peut encaisser
-J'ai peur
-Tout va bien se passer…
-Ma mère va tellement être déçue….tu dois tellement être déçue, gémit-il en relevant le regard sur la femme qu'il considérait comme sa propre mère.
-Je suis fière de toi, tu m'entends ? Je suis un peu…..en colère par la situation, mais je ne serai jamais déçue. Tu as accompli tellement de chose, Richard, tu es extraordinaire.
-Extraordinairement stupide , rumina-t-il
-Non…..tu es juste humain, sourit-elle, les larmes aux yeux, en lui caressant tendrement la joue. Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer. …..mais chéri…
-Oui?
-Il va falloir en parler à Kathie
-Oh mon dieu, soupira-t-il , la boule au ventre, à l'idée de la décevoir elle-aussi
-On va diner ce soir au restaurant, veux- tu te joindre à nous pour…
-Non,non….je…..j'ai juste besoin d'un peu de temps…..je vais parler avec Meredith
-Bien, sourit-elle pour lui donner le courage dont il avait besoin.

Doucement il sortit de son étreinte, et se leva en essuyant d'un revers de la main les larmes qui jonchaient son visage. D'un regard confiant, elle lui murmura en prenant les éléphants qu'il avait pris plus tôt dans les mains:

-J'ai toujours pensé que ces éléphants étaient comme ma famille, déclara-t-elle en caressant du bout des doigts les 5 mammifères. Ils sont comme ma famille, il y a moi, Jim, Kathie , toi….et j'ai attendu de nombreuses années pour nommer le dernier….tu as peut-être trouvé le nom de celui-là avec ce bébé, avoua-t-elle, pour le faire sourire.
-Un bébé…je vais avoir un bébé.
-Ne t'inquiète pas, je serai là à chaque moment…..chaque instant près de toi. Tout ira bien, trésor.

Fin du Flashback.

Elle n'a jamais pu tenir sa promesse. Le soir même Johanna Beckett fut assassinée dans une ruelle sombre, et, avec elle sa famille partit en fumée.

La boule au ventre, Rick prit les éléphants en main en caressant le dernier du troupeau, tout en murmurant :

- Alexis.
-Tout va bien, Rick ? s'inquiéta le capitaine, devant la mine défaite de son copain de poker.
-Oui…je…., balbutia l'auteur, avant de se retourner pour apercevoir Kate derrière lui, figée devant les mammifères dans ses mains.


billy1  (10.01.2018 à 13:59)

Tout d'abord, désolé pour l'attente, je prépare des concours et entre le travail et les enfants , c'est pas toujours simple de trouver du temps. 

Ensuite, ce chapitre n'a pas pu passé à la correction pour le moment, je m'excuse donc des fautes de grammaires ou d'orthographes qui jalonneront votre lecture. 

Si vous préférez attendre la correction, elle devrait arriver dans le week-end. 

Bonne lecture, on se retrouve plus bas...


Chapitre 4.


Le dos vouté , les épaules affaissées, le visage entre ses mains, Rick tentait de garder sa peine pour lui. Revoir les éléphants de Johanna l'avait attristé énormément . Il repensait toujours avec tristesse à cette femme qu'il avait appris à aimer comme une mère. Sa mort avait été une tragédie pour lui et il ne pouvait pas imaginer comment Kate pouvait se sentir à ce sujet. Lui...il avait eu Alexis, il avait eu quelqu'un qui l'oblige à se lever chaque matin, alors que Kate...elle avait été seule.

Avec le temps, il pensait que la peine s'amoindrirait que le chagrin se tasserait pour laisser place à un joli souvenir mais…..la façon avec laquelle elle avait été arraché aux siens sans même un adieu était certainement l'une des nombreuses causes de son déni. Il l'avait pleuré à de nombreuses reprises au cours de ces années mais sa perte avait été plus prononcée lors de certaines occasions : ses mariages, la naissance de sa fille, à chaque parution de livre...et tous ces moments ou il aurait eu besoin d'elle pour un conseil.

Ses souvenirs se bousculaient dans sa tête, et il ne savait plus quoi penser de la situation. Douze années à attendre un signe de la part de Kate et elle était enfin là. Pas pour les bonnes raisons mais elle était là. Rick soupira en pensant à ce que Johanna dirait dans pareils moments :

-Tu la connais, mieux que personne, ne referme pas la porte...

Oui, il la connaissait mieux que personne, du moins c'est ce qu'il pensait….et cette connaissance si accrue de Kate le terrifiait. Il ne voulait pas la perdre à nouveau…..il ne le supporterait pas. Il avait enfin une chance de connaitre ces raisons, de pouvoir s'expliquer avec elle et de pouvoir repartir sur de bonnes bases. Mais le désirait-elle aussi ?

Les yeux clos, il déglutissait en appréhendant le reste de la soirée. D'ici peu elle allait l'interroger sur un meurtre qui avait eu lieu plutôt ce soir et ensuite quoi? Ils repartiraient chacun de leur côté comme si de rien n'était ? Toutes ces années auprès d'elle n'avait donc aucune valeur pour elle?

Il avait l'impression que toute son enfance, toute son adolescence avait été faussé. S'arrachant les cheveux à trop réfléchir, il sursauta devant l'entrée de son amie dans la salle d'interrogatoire.

Debout contre la porte , elle s'affaissa des dossiers à la main contre le mur. Depuis son arrivée au commissariat, elle avait retourné le problème dans tous les sens, elle ne voulait pas une nouvelle friction, elle ne souhaitait pas le voir partir à nouveau en dehors de sa vie, mais ces propos et son attitude à son égard la refroidissaient quelque peu.

Une détective ? sérieusement ? C'est tout ce qu'elle était pour lui ? C'est tout ce que ces années d'adolescence avait représenté pour lui ?

Après avoir consigné Esposito et Ryan au visionnage de l'immeuble d'Alisson Tisdale, elle avait vérifié que l'entretien qui se déroulerait entre ces deux murs resterait à huit clos seulement. Elle ne voulait pas que sa vie privée alimentent les ragots du poste mais en même temps elle ne souhaitait pas le laisser partir sans une réelle explication. Tout ceci était le contraire de Beckett...du détective qu'elle avait forgé au fur et à mesure des années. Elle ne laissait personne l'atteindre et seul la justice comptait. Mais ce soir...ce soir, ce n'était pas Beckett qui allait mené l'interrogatoire, s'était Kate...et ça la terrifiait.

Lanie avait raison, elle avait assez attendu…..trop attendu…..il était temps de crever l'abcès.

Mâchouillant sa lèvre inférieure sans le lâcher du regard, elle s'aperçut qu'il semblait tout aussi blessé, tout aussi perdu qu'elle. Yeux dans les yeux, ils se scrutèrent comme pour mieux visualiser les empreintes du temps sur eux. Ils étaient adultes, ils étaient plus mature...

Soupirant devant cette constation, elle l'entendit lui murmurer sur un ton incertain mais plus amicale :

-Le carré te va bien

-Quoi ?

-Ta coupe de cheveux….je crois que c'est la seule coupe que tu n'es pas essayée à l'adolescence, sourit-il en se laissant choir à l'arrière. Je crois qu'on est passé par toutes les couleurs et toutes les longueurs...mais le carré te va bien.

Il ne voulait plus se battre, il ne souhaitait pas d'un nouveau combat, pas après toutes ces années, pas avec leur passé. Ils avaient grandi, ils étaient censé être adulte non ? ils étaient censés se comporter convenablement …..

-Je….oui, fit-elle prise au dépourvue par son changement d'attitude en fronçant les sourcils tout en l'étudiant.

L'observant encore quelques secondes, Rick attendait qu'elle fasse le prochain pas. Il ne voulait pas, non plus faire tout le travail, il ne voulait pas se bercer d'illusion, avoir trop d'espoir. Parce que quelque part, au fond de lui, il ne supportait pas que son amie ne se soit déplacée que pour le travail et uniquement le travail. Il attendait un signe, un mot de sa part qui lui démontrerait qu'il avait tort.

Inspirant profondément, elle baissa la tête devant son regard compatissant et plein d'attente. Elle savait ce qu'il faisait….elle le connaissait mieux que personne…..il lui donnait du temps….il lui laissait le choix de la prochaine manoeuvre…..de la prochaine direction de leur relation.

Pendant toute son adolescence, il avait été le gouvernail de leur relation, l'épaule sur laquelle elle pouvait compter, et ce soir…il lui laissait une nouvelle fois le choix..

Le regard sur le dossier qu'elle avait entre ses mains, elle ferma les yeux en se rappelant ces mots, qu'il lui avait répété inlassablement dans le passé :

-Je suis là, Kate…..toujours.

La gorge nouée par l'émotion qui la submergeait à cet instant, elle releva la tête pour tomber sur le même regard azur qu' à ses quinze ans, il l'observait avec le même amour , la même tendresse qu'autrefois.

Une légère barbe et un visage plus carré , plus mature , lui donnait un air tellement sexy qu'elle resta quelques secondes à le contempler séduite devant l'image qu'il lui renvoyait.

Pensant qu'elle hésitait sur la marche à suivre, il soupira résigner et débuta à nouveau la conversation dans le sens qu'elle le souhaitait dès le début :

-Alors un meurtre ? Dois-je m'inquiéter ou….

-Je….non, non , pas du tout. Tu es juste ici en tant que….heu…..

-Témoin ? parce que je n'ai rien vu, se défendit-il

-Aide…..comme une aide. Le meurtrier s'est inspiré d'un de tes bouquins, confia-t-elle en soupirant une main dans ses cheveux, en sentant que le ton de la conversation avait changé.

-Alors, tu veux que….

-Ecoute, je suis désolée, l'interrompit-elle, la boule au ventre, en déglutissant devant son regard

Surpris au début par des excuses qu'il ne pensait jamais entendre, il attendit quelques minutes pour en savoir plus mais quand il s'aperçut qu'elle cherchait encore ses mots, il s'exaspéra et lui demanda :

-Désolé ? Pourquoi ? Pour avoir attendu douze ans pour venir me voir ? Pour avoir surgit à ma book party pour le travail et uniquement pour le travail ? Ou pour m'avoir fait croire pendant toute mon adolescence qu'on était plus que tes simples voisins ? Qu'on était une famille ? Parce que tu vois, Kate, je ne sais pas pourquoi tu es désolée, souffla-t-il exaspérer.

-Je….je crois que je suis désolée pour tout ça, fit-elle désabusée.

Levant un sourcil à sa déclaration , il ne lâcha pas du regard. Elle semblait tellement plus mature, tellement plus….froide que dans ces souvenirs. L'éclat de gentillesse et d'insouciance qui brillait autrefois dans ces belles iris avaient laissé place à un grand vide sans non. Et quelque part, ça l'intriguait encore plus...elle semblait si mystérieuse.

Le pied contre le mur sur lequel elle s'était adossé, Kate semblait complètement prise au dépourvu par la situation. Fatiguer et lasse de devoir l'attendre encore et encore , Rick lui lança :

-Pourquoi ?

-Pourquoi quoi ?

-Pourquoi ne pas avoir répondu à mes appels ? Pourquoi avoir rompu nos liens ?

-Je venais de perdre ma mère et tu….

-Je l'ai perdu aussi…je l'aimais comme ma propre mère.

-Rick

-Je n'ai rien de fait mal, siffla-t-il vexé par le poids des années . J'ai essayé de faire au mieux. Que voulais-tu que je fasses ? Que j'abandonne mon enfant?

-Non

-On ne s'était rien promis…tu étais partis à Stanford….on n'était pas un couple ou…..

-J'étais partie faire mes études et tu …..tu…..

-Quoi ?

- Tu nous a oubliés, murmura-t-elle sur un ton presque inaudible.

Déglutissant devant le regard qu'il lui lança, elle se mâchouilla nerveusement la lèvre inférieure. Comment toute cette conversation avait-elle pu prendre un tournant aussi dramatique ? Elle voulait s'expliquer, présenter ces excuses mais bon sang, il avait lui aussi des torts.

N'avait-il pas compris ces mots avant son départ à l'université ? N'avait-il pas compris qu'elle commençait à tomber amoureuse….en fait, elle le savait…..elle avait compris que ces sentiments n'étaient plus platonique lors de leur tout premier baiser mais ensuite Kyra était arrivée et elle n'avait pas voulu s'immiscer.

Flashback. 

-Je crois que tu as oublié de prendre Choubaka, sourit avec nostalgie Rick en lui tendant la peluche qu'il avait vaillamment gagné à la carabine , il y a deux ans.

-Je…., fit-elle embêtée et surprise en mâchouillant sa lèvre inférieure alors qu'il l'étudiait le coeur en berne.

Dans quelques minutes, elle allait refermer la porte de sa chambre et partir…..elle allait s'envoler loin de lui dans cette université et il avait la désagréable impression qu'il la perdrait comme il avait perdu Kyra au début de l'été.

Le visage abattu, il se tenait maladroitement dans son jean bleu ciel et son tee-shirt blanc alors que Kate portait un jean slip noir et un débardeur vert. 

-Je ne pensais pas emmené Choubaka, avoua-t-elle en voyant son regard passé de la tristesse à l'effarement. 

-Tu ne peux pas l'abandonner

-Rick, c'est juste une peluche

-Ce n'est pas…..ce n'est pas juste une peluche, marmonna-t-il théâtralement en soupirant.

Elle savait très bien ce qu'il tentait de faire: il retardait l'échéance. Il ne voulait pas la voir partir, elle non plus d'ailleurs. Imaginer ,ne serait ce qu'un seul instant, une journée sans lui, l'angoissait totalement. Mais, elle devait aller à l'université, et lui…lui devait devenir ce grand auteur dont la presse commençait déjà à parler.

Son livre était prévu seulement dans un mois dans les librairies mais certains éditeurs et journalistes avaient eu la primeur de le lire et tous étaient d'une même avis : ce jeune auteur allait faire un tabac dans le monde de l'édition.

Elle était fière de lui…..réellement. A seulement dix huit ans, il allait vivre son rêve mais quelque part au fond d'elle , elle était attristée. Ils étaient censés aller à l'université ensemble, ils étaient censés ne pas se quitter et aujourd'hui, dans sa chambre, elle allait lui dire au revoir.

Ses parents patientaient gentiment en bas le temps qu'elle termine sa dernière valise avec Rick. Ils l'emmèneraient ensuite à l'aéroport sans Richard. Kate ne supportait pas l'idée de devoir lui dire au revoir là-bas….elle ne supportait pas l'idée de le quitter tout court. 

Grattant sa nuque en repoussant quelques mèches rebelles sur son épaule, elle l'entendit lui avouer:

-Choubi , c'est un peu…..la base de notre amitié, une sorte de troisième personne dans notre duo improbable.

-N'importe quoi, sourit-elle alors qu'il relevait les yeux sur elle avec incrédulité. Oh allez, tu vas pas me dire que cette peluche est réellement la base de notre amitié. J'aurai pensé te connaissant que tu aurais jouer sur les sentiments, les rires ou notre foie inébranlable sur l'autre pour tenter de me faire….

-Il représente nos souvenirs, la coupa-t-il heureux qu'elle rentre dans son jeu.

-Nos souvenirs ? répéta-t-elle intriguer en lui souriant

-Oui….il a été là la première fois ou j'ai réussit à te battre à un jeu. Et ça tu vois, c'est un exploit.

-La carabine n'est pas vraiment un jeu, c'est …..

-Et il a été là, lors de notre première vraie dispute, ajouta-t-il en la voyant écouter attentivement. Il a été là quand je te faisais réviser…

-Je TE faisais réviser, assura-t-elle peinée en repensant à tous leurs moments commun

-Il était toujours là lors de ta première cuite. Et quelle cuite !Tu te souviens comme j'ai du te porter dans ta chambre sans alerter tes parents et qu'ils nous on surpris l'un sur l'autre dans ce lit parque j'avais trébucher sur tes satanés talons? La tête de ton père…j'ai cru qu'il allait me tuer et toi…toi tu n'arrêtais pas de glousser avec nos jambes complètements emmêlées.

-rhô c'était drôle

-Drôle? C'était le moment le plus terrifiant de ma vie. J'ai vraiment cru qu'il envisageait de me lancer au dessus de l'Hudson

-Mais non…..je pense plus qu'il envisageait cette solution quand il m'a surpris en train de t'embrasser quelques semaines plus tard.

-C'est vrai, rit-il en repensant à cette histoire et à la tête de Jim à ce moment-là. D'ailleurs, Choubi était toujours là pour ça.

-Alors quoi? J'emporte cette peluche au nom de tous nos souvenirs ? argumenta Kate en le voyant se lever pour lui tendre son précieux doudou.

-Disons que si jamais tu es trop occupé entre tes cours et tous les mecs du campus, chuchota-t-il le coeur lourd alors qu'elle roulait des yeux . Tu auras toujours une pensée pour ton voisin de New-York à chaque fois que tes yeux se poseront sur lui. Et…., ajouta-t-il en espérant que son argumentation ne soit pas réfuter. J'ai lu une étude démontrant que d'emporter un objet qui évoquait un souvenir heureux avec soit ,lors d'un départ ,procurait du réconfort quand les choses n'allaient pas.

Soupirant devant son air triste et tourmenté, elle prit Choubaka dans ses mains en l'observant quelques minutes avant de lui rétorquer sur le ton de la confidence:

-Tu sais que je n'ai pas besoin d'une boule poilu pour me souvenir de toi ?

-Hum

-Que tu es plus qu'un simple voisin ?

-Hum

-Et que je ne pars pas à l'autre bout du pays sans donner de nouvelles

-Tu ne peux pas le savoir

-Rick, je vais juste…..

-Tu vas démarrer une nouvelle aventure. L'université s'est excitant et exaltant et moi…..moi , je vais commencer ma tournée de livre alors…..je ne t'en voudrais pas si tu n'avais pas le temps ou…..

-Je ne suis pas Kyra, le coupa-t-elle blessée qu'il puisse même envisager qu'elle coupe les ponts si facilement avec lui. 

-Je sais…et ça ….ça fait encore plus mal. Dire au revoir à Kyra s'était dure mais toi , Kate, déglutit-il difficilement en la regardant tendrement. Toi….si je devais te perdre , je ne m'en remettrais pas.

-Tu ne me perdras pas…..jamais, assura-t-elle en le prenant dans les bras pour humer sa délicieuse odeur de menthe poivré.

Les mains dans son dos, il resserra son emprise sur elle tout en posant son front sur sa tête. Les yeux clos , il tentait de garder ses larmes pour lui. Il avait peur…il était terrifié…..pour la première fois de sa vie, il allait devoir affronter le lendemain sans Kate Beckett à ses côtés. Le coeur en berne, l'estomac noué par l'angoisse, il l'entendit lui murmurer :

-Personne ne te remplacera Rick…personne.

Elle aussi était terrifiée. Elle avait peur de le perdre. Peur qu'il ne retrouve une Kyra sur son chemin, peur de devoir le perdre à cause de la célébrité. Qu'était-elle comparée à toutes ces groupies qu'il risquerait d'avoir après la sortie de son livre ?

Elle avait peur de partir et de ne pas le retrouver à son retour. Elle l'aimait…..réellement. Mais elle n'osait pas lui avouer ces mots. Il venait tout juste de rompre avec Kyra et elle ne voulait pas l'effrayer avec ces sentiments.

Les mains tremblantes sur son torse, elle se recula d'un pas pour tomber sur son regard azur et lui sourit en tentant de lui cacher l'étendue de sa tristesse :

-Je vais devoir y aller

-Je sais, déglutit-il en lorgnant sur ses lèvres plus que tentante.

Il voulait l'embrasser…..il voulait sentir encore et encore la caresse de sa bouche sur la sienne…..mais elle allait partir et il ne voulait pas l'effrayer…..pire encore, lui faire penser que ce baiser n'est qu'un acte pour la faire rester.

D'une caresse sur la joue, il lui chuchota :

-Un appel par jour et je passe te voir au moins une fois par mois

-C'est le deal, chuchota-t-elle en retenant ses larmes

-Ok

-Et tu ne fais pas de bêtise quand je suis à des kilomètres

-Promis, sourit-il. Les bêtises, ont les fait ensemble. 

-Ok…donc ce n'est pas un au revoir, soupira-t-elle en sentant les larmes montées

-Non…..c'est juste un « à très bientôt, j'espère »

-à très bientôt, j'espère?

-Hum…..Pour un écrivain c'est banal de dire « bonne nuit », sourit-il sans la lâcher du regard, tandis qu'à très bientôt , j'espère, c'est….plus prometteur

-Un écrivain, hein ? Tu n'as pas encore un livre en bibliothèque et tu te nommes un écrivain ? 

- Ne soit pas méchante, gémit-il devant sa répartie. Oh, en parlant de ça, ajouta-t-il en lâchant son étreinte pour attraper un livre dans sa sacoche et le lui tendre.

-Qu'est-ce que c'est ? sourit-elle en lisant le titre du bouquin

-Je t'avais promis que tu lirais un jour mon livre…..

-Je croyais que tu ne voulais pas que je le lise avant sa publication ? fit-elle heureuse et surprise

-Ouais, eh bien…..en tant que muse de l'auteur, tu as…..

-Oh arrête de dire ça

-Tu m'as donné mon nom de plume !

-Eh s'il te plait, quand tu deviendras riche et célèbre , ne raconte jamais comment j'ai pu te donner ce nom, gémit-elle rouge de honte en repensant à ça

-Oh allez, ce serait flatter un peu plus mon ego vis à vis des médias…ou pas, se rétracta-t-il devant son regard.

-Kathie, on va rater le vol ! cria au rez-de chaussée, la voix de sa mère ce qui les firent sursauter.

Hésitant et maladroit, ils se toisèrent du regard avant que Kate n'ouvre à nouveau son sac pour y enfouir le livre de son ami et la peluche de Chubaka. Nerveuse et à fleur de peau, elle l'entendit murmurer :

-On devrait descendre

-Non

-Non ? Tu as décidé de rester avec moi et…..

-Tu vas rester ici…..et je vais y aller, le coupa-t-elle des trémolos dans la voix

-Kate, non, je….

-S'il te plait , c'est déjà assez dur comme ça.

-Mais je

-On se voit à la fin du mois et d'ici là on s'appelle.

A l'intonation de sa voix, il comprit qu'elle tentait de garder ses larmes pour elle. Soupirant, il s'avança près d'elle et l'enlaça une dernière fois avant de lui chuchoter sur le front :

-Tu vas être extraordinaire à la fac…tu es extraordinaire

-T'es pas mal, non plus, sourit-elle en relevant le regard sur lui pour tomber sur ses lèvres plus que tentantes. Rick ?

-Oui ?

-S'il te plaît…..ne m'oublis pas. Quoi qu'il arrive , ne nous oublis pas. 

-Jamais…..tu es….inoubliable, Kate Beckett, murmura-t-il en lui caressant la joue.

Lentement, elle se leva sur ses baskets et vint déposer ses lèvres sur les siennes quand la porte de sa chambre s'ouvrit sur un Jim Beckett blême :

-Sérieusement ? encore ? Vous avez décidé de me donner une crise cardiaque jusqu'à la fin ?

Au ton de son père, Kate lâcha les lèvres de Rick et se mit à rire à l'incongru de la situation alors que Castle la contemplait avec amour et dévotion.

-Qu'est-ce qui a de si drôle ? gémit Jim qui avait toujours dû mal à voir sa fille grandir. 

-Choubika…Choubi était là aussi pour ça…..il a raison, il est vraiment une troisième personne dans cette relation.

-Quoi ?

-Rien, ricana-t-elle encore en se tournant vers Rick. A très bientôt ?

-A très bientôt, déglutit-il en alors qu'elle lui embrassait la joue avant de partir avec son père.

Sans un autre regard pour lui, elle referma la porte de sa chambre alors que Jim portait son dernier bagage. Elle ne pouvait plus se retourner…..si elle le faisait….elle resterait avec lui…..pour …toujours.

Elle espérait juste qu'il est compris à quel point elle l'aimait….A quel point il était important dans sa vie ?

Fin Du Flashback. 

Apparemment, elle s'était trompée. Parce qu'à cet instant,il la regardait avec tellement de froideur qu'elle ne reconnut pas son meilleur ami.

Fatiguée, elle ferma les yeux en tentant de calmer ses émotions quand elle l'entendit lui murmurer amèrement :

-Tu me reproches d'avoir choisi ma famille, d'avoir tenté un avenir avec Meredith, mais c'est toi qui est partit et…..

-Ce n'est pas ça

-Si ça l'ait. Elle venait de piquer ton bon et loyal labrador et ça ta vexer

-Comment peux-tu…..comment….

-Je t'ai attendu toute mon adolescence, Kate. Je t'ai vu sortir avec tous ces types sans broncher ,et, quand je tourne la page, tu me remarques ?... Sérieusement ? …plus j'y pense et plus je me dis que c'est simplement ton ego qui en a pris un coup, cracha-t-il sous le poids de la tristesse.

Devant cette nouvelle attaque, elle voulut reculer comme si le poids des mots l'avaient blessé. Alors c'est ce qu'il pensait ? Après toutes ces années ? Fronçant les sourcils , elle allait contrer ses arguments avec force et colère quand son capitaine les interrompit en rentrant dans la salle d'interrogation avec un sourire aux lèvres:

-Beckett ?

-Oui, sursauta-t-elle devant l'intrusion

-Il y a un souci ? fit-il suspicieux en les voyant totalement bouleverser l'un et l'autre.

-Non…..je…..Je dictais simplement ces droits à Mr Castle, mentit Kate en observant Rick la dévisager.

Mr Castle ? Alors c'était ça ? Elle ne voulait même pas reconnaitre devant son patron qu'il se connaissait ? La rage au ventre , il serra les accoudoirs de sa chaise avec tellement de force que ses phalanges blanchissaient à vue d'oeil. Il avait besoin de se calmer, il avait besoin de reprendre contenance.

-Très….bien, acquiesça Montgomery, non convaincu en les observant encore.

-Tout va bien, Capitaine, répéta Kate avec plus de conviction en serrant son dossier contre son buste.

Elle ne voulait pas étaler sa vie privée, elle ne souhaitait pas que l'affaire lui soit retiré parce qu'elle connaissait Rick. Le dos droit, les yeux rivés sur son capitaine, elle l'entendit lui déclarer:

-Ok, je souhaitais juste me joindre à vous pour l'interrogatoire. Rick est un ami. Alors ou en étiez-vous?

Désabusé et embêté par cette situation, Rick souhaitait dire à Roy que toute allait bien, qu'il pouvait retourner à ses préoccupations mais ce mensonge inclurait de devoir passer encore du temps avec Kate…..et il ne savait pas s'il avait encore la force de discuter…..se disputer avec elle.

Il avait tellement mis d'espoir dans ses retrouvailles que sa peine obscurcie son jugement et sans attendre que Kate ne répond, il déclara sur un ton nonchalant :

-Le lieutenant Beckett m'informait q'un meurtre avait eu lieu plutôt dans la journée.

Bien, je n'ai rien manqué, sourit Roy en s'installant en face de l'auteur tout en tirant la chaise -à Kate pour qu'elle en fasse de même.

Effarée de devoir mener désormais l'interrogatoire sous les yeux de son capitaine, elle mit quelques secondes avant de remarquer le regard de Montgomery sur elle qui lui montrait des yeux sa place. Déglutissant, elle rencontra le regard froid et peiné de Rick avant de s'exécuter et de commencer en lui montrant une photo de la victime:

-Mr Castle , reconnaissez-vous cette femme ?

-Je…

-Beckett, vous ne commencez pas l'interrogatoire par les antécédents de Mr Castle ? sourit amusé Roy en lui montrant le dossier de Rick.

-Je pensais que je n'étais pas suspect, se méfia l'écrivain sous les yeux fatigués de Kate

-C'est juste la routine. et je ne peux pas faire cette interrogatoire sans tes antécédents, le taquina Montgomery.

A la dernière soirée poker que Castle avait organisé chez lui, il s'était vanté auprès du capitaine, du commissaire et de quelques autres auteurs que son casier judiciaire était une perle rare. Roy s'était tellement trouvé intrigué par ses anecdotes qu'il avait effectué quelques recherches dès le lendemain et ce soir…dans cette salle, il jubilait de montrer ses trouvailles.

- Ok, très bien , soupira Kate en ouvrant le dossier pour lire les notes tout en déclarant sur un ton professionnel et détaché.

- Mr Castle, vous avez un casier bien rempli pour un auteur de Best Seller . Conduite contraire aux bonnes moeurs, refus d'obtempérer…..

-Vous savez ce que c'est que les mecs, le coupa sur un ton hautain Rick peu enthousiaste par la suite des festivités en espérant couper cours à cette inquisition.

-Je vois que vous avez aussi volé le cheval d'un policier, ajouta Kate en fronçant les sourcils devant ce fait.

Il avait volé un cheval ? Quelle idée ? pensa-t-elle

-Emprunter, rectifia-t-il en soupirant

-Ah, fit-elle les yeux ronds en lisant la suite du dossier. Et vous étiez tout nu sur le cheval ?

Le contemplant quelques secondes, Kate le dévisagea en pensant qu'elle aurait aimé assisté à la scène. Rick nu sur un cheval devait être intéressant. Elle ne pouvait pas comprendre qu'elle idée lui était passé par la tête pour accomplir une telle chose. Elle avait l'impression que les rôles avent été échangé depuis son départ à l'université, lui si sérieux était devenu insouciant et drôle…alors qu'elle…elle s'était perdue dans les ténèbres.

Relisant les notes sur le canasson, elle se rappela la fois ou il l'avait appelé pour lui dire qu'il était renvoyé après avoir mis une vache sur le toit de l'école, c'était quelques mois avant son départ et juste quelques semaines avant sa rencontre avec Kyra.

Flashback. 

Fier…..et éreinté étaient les deux adjectifs qui le caractérisait à cet instant. Le bal de promo de fin d'année se déroulerait dans une semaine et il avait besoin d'une excuse pour ne pas y assister.

Il souhaitait simplement y aller pour contempler Kate lors de cette soirée. Mais son rendez-vous était tombé à l'eau et elle avait décidé d'aller écouter du slam en ville. Rick avait tenté de lui avoué ses sentiments ou du bien ses projets de l'accompagner mais elle lui avait rétorqué avoir pris beaucoup de sa personne pour que Dobra Dobkins sorte avec lui, et qu'il était donc inconcevable pour elle qu'il annule ces plans.

En réalité, elle était déçue….après l'avoir plus qu'aider à sortir avec son rendez-vous, Kate s'était rendu compte des sentiments qu'elle portait à son meilleur ami. Triste et abattue de ne pas avoir ouvert les yeux avant, elle s'était séparée du quaterback de l'école et avait décidé de fuir le bal de promo pour ne pas assister à l'amourette de Rick.

C'est donc avec une idée lumineuse et un brin ingénieuse que Castle avait trouvé comment échappé au bal de promo et par la même occasion à la fin de l'année. Son livre « sous une pluie de balles » serait bientôt publié et il devait annoncé à Kate qu'il ne l'accompagnerait pas à Stanford malgré sa bourse scolaire.

Il avait donc décidé de quitté l'école secondaire avec brio et ingéniosité. Après quelques coups de fil , il avait réussit a faire hisser sur le toit de l'école un bovin avec les couleurs du lycée. Si l'idée lui avait paru amusante sur le coup , elle l'était beaucoup moins après le sermon du proviseur, Mr Donan…..et le regard de désolation de sa mère avait fini par faire déglutir Rick.

-Non mais à quoi pensais-tu ! Une vache sur un toit !

-Heu…je pensais pas

-Richard ! Il va falloir loué une grue ou je ne c'est quoi pour libérér le pauvre animal et le clou du spectacle est que tu es renvoyé jusqu'à la fin de l'année scolaire.

-Techniquement la fin est dans un mois, grimaça-t-il devant le regard que Martha lui lança

-Et tu trouves ça drôle, en plus ?

-Non, je…..

-Tu es punis jeune homme

-Punis ? s'étonna-t-il tellement peu habitué à de telles réprimandes de sa mère

-Oui! deux week-ends de suite à la maison , reprit-elle fermement

-Mais, c'est le bal du lycée la semaine prochaine et…..

-Bal ou tu es congédié

-Et on avait prévu de fêter la fin de l'année scolaire avec Vegas avec les copains et Kate le week-end d'après

-Eh bien, tu le fêteras dans ton lit !

Oui, il n'avait pas prévu tout ça. Mais le rire de Kate dans le combiné quand il lui avait expliqué ce qu'il avait fait afin qu'on garde une trace de lui dans les annales du lycée valut ces deux week-ends…..surtout qu'il s'était débrouillé pour éviter la punition.

Fin du Flashback. 

-et à chaque fois toutes les charges ont été abandonné, déclara Kate amusée par les idées loufoques de son ami

-Que voulez-vous le maire est un de mes plus grand fan sans compter le Capitaine, argumenta-t-il lasse et fatigué de devoir lui parler d'un meurtre sans évoquer leurs différents. Alors, suis-je ici pour ce canasson ou pour cette…..Alyson Tisdale? ajouta-t-il en observant la photo sous le regard peiné de Kate.

Il ne pouvait plus supporter de la contempler ainsi…il ne pouvait plus être près d'elle sans ….l'avoir véritablement. Le coeur tambourinant, il déclara en tentant de cacher le flot d'émotions qui l'irradiait :

-Jamais vu

-Tu…..vous êtes sûr ? se reprit- Kate alors que Montgomery leva un sourcil à son manquement

-Sûr, grinça Rick. Jamais vu , qui est-elle ?

-Vous êtes certain ? vous auriez pu la voir pendant une dédicace , un gala de charité ?

-C'est possible , soupira Rick en voyant bien ou elle désirait en venir.

Levant le regard sur elle pour la contempler encore quelques secondes, il ajouta avec un sourire dédaigneux ce qui hérissa le poil de Kate :

-Je ne l'ai pas connu bibliquement, si c'est ça qui vous interresse

-Très bien, inspira Beckett en tentant de garder son calme alors qu'il avait l'air de s'amuser d'elle. Et ce type ? ajouta—t-elle en lui montrant une seconde photo. Marvin Fisc, petit avocat spécialisé en droit fiscal

-Désolé mais les avocats avec qui je traite prenne 500 dollars de l'heure minimum,répondit-il en se pinçant les lèvres.

Curieusement cette situation commençait à l'amuser. Il pouvait voir l'énervement de Kate culminer de seconde en seconde. IL la connaissait par coeur. Elle fronçait les sourcils, passait un mèche derrière son oreille et surtout…..elle le regardait avec « Le » regard. Amusé de pouvoir l'embêter, il lui sourit comme un idiot en espérant l'exaspérer un peu plus alors que Montgomery profitait du spectacle.

-Maintenant, je peux savoir qu'elle est le rapport avec moi ?

-On la retrouver mort assassiner, il y a deux semaines, assura Kate en sortant une nouvelle photo du dossier. Je n'avais pas fait le rapprochement avant de voir la scène de crime d'Allison Tisdale, ce soir.

L'amusement qui rayonnait sur son visage disparu au moment ou Rick posa son regard sur le corps sans vie de la victime. Fasciné et intrigué, il prit le cliché en main en déclarant pensivement :

-Des fleurs pour ta tombe.

La victime était exactement présentée comme il l'avait décrit dans son livre. Déglutissant, il observa ensuite la mise en scène du meurtre de Marvin Fisc alors que Kate commentait l'air soulagé qu'il prenne enfin l'affaire au sérieux :

-et voilà comment on a retrouvé , Marvon Fisc, copie conforme de « pas de furie en enfer ».

Observant la scène quelques secondes, Castle releva son regard pour retomber sur l'émeraude de ceux de Beckett. La douleur et la peine lui revint comme un boomerang et il murmura en ricanant :

-On dirait que j'ai un nouveau fan

-Oui, sauf que cette fois c'est un vrai taré

-Vous n'avez pas l'air taré pour moi, contra-t-il alors qu'elle fronçait des yeux en le dévisageant.

-Quoi ?

-Pas de furie en enfer ?Une bande de satanique assoiffé de sang, je vous en prie, il n'y a que les irréductibles groupies qui l'ont lu celui-là

-Il marque un point Beckett, sourit le capitaine alors qu'elle roulait des yeux

-Est-ce que par hasard une de vos groupies vous a déjà envoyer des lettres ? des lettres bizzares, rectifia-t-elle devant un nouveau regard amusé.

-Malheureusement , elles le sont toutes ce sont les risque du métier

-Oh je pensais que se serait les ampoules au doigt avec le frottement du clavier, murmura-t-elle en se mordant la lèvre inférieure.

Enervée, fatiguée mais aussi exaspérée, c'étaient les mots qui pouvaient caractériser le lieutenant Beckett à cet instant face à l'amusement évidant de son ami. Elle ne comprenait pas pourquoi il semblait si enjoué et si prompt à lui faire perdre son sang froid, mais après un regard sur son capitaine, elle commença à penser qu'elle aussi pouvait jouer à ce jeu.

-Les ampoules ? Non, pas pour moi.

-tu m'étonnes, marmonna dans sa barbe Kate en repensant à toutes ces années ou son père avait tenté en vain de lui faire tenir un marteau entre les mains.

-Si le lieutenant Beckett te pose cette question ,intervint Roy, c'est parce que par moment on se rend compte que le …..

-Tueur tente de rentrer en contact avec son obsession, termina Rick sans lâcher du regard Kate.

Elle avait la même lueur dans les yeux que lorsqu'elle était ado et qu'elle était agacée, elle se mouvait de la même manière qu'autrefois... pourtant…..sa posture et son regard était différent…ils étaient froids, sans vie…et ça l'intriguait encore et toujours.

-Je me suis beaucoup interressé au comportement des psychopathes et à leurs méthodologies , argumenta-t-il devant le regard intrigué du capitaine.

-Ah oui ? répondit ironiquement Kate sans le lâcher du regard

-J'écris des romans policiers alors je fais des recherches. On vous a déjà dit que vous avez des yeux magnifiques? sourit-il en espérant voir apparaître cette ride au-dessus de son front une nouvelle fois.

-J'imagine que vous ne voyez pas d'inconvénients à ce qu'on vérifie votre courrier, siffla-t-elle alors qu'il se réjouissait.

Contrarier et prête à lui mettre une balle entre les yeux, elle récupéra tout le dossier qui se trouvait en face d'elle en se faisant la réflexion que l'interrogatoire n'irait nul part. Il état évident qu'il s'amusait d'elle et que leur situation ne jouait pas en leur faveur.

-Faites comme chez vous , répondit-il sur un ton nonchalant avant de blêmir en l'observant se lever pour clore l'interrogatoire.

Pourquoi était-il aussi peiné de la voir a nouveau partir ? C'est ce qu'il souhaitait non ? Pourquoi ne pouvait-il pas se résigner à l'oublier ? Toutes ces interrogations se bousculaient quand elle l'entendit lui déclarer en lui tendant sa carte :

- Mr Castle ravi d'avoir conversé avec vous. Si vous avez d'autres choses à partager sur l'affaire , n'hésitez pas à me contacter.

-Seulement pour l'affaire ? déglutit-il en la voyant regarder son capitaine qui souriait de la situation.

-Au revoir, Mr Castle, soupira Kate qui ne savait pas comment agir en présence de son supérieur.

Il avait passé tout le long de l'interrogatoire à l'exaspérer à la pousser à bout et maintenant quoi ? Il demandait une explication? Le coeur en berne, elle prit le dossier en main alors que son Capitaine se levait et elle commença à partir de la salle en espérant pouvoir prendre du recul sur la situation. Ces mots tournaient en boucle encore et encore :

« Elle venait de piquer ton bon et loyal labrador et ça ta vexer »

La main sur la porte , elle sentit son coeur chuté sous le flot de souvenir quand il lui déclara toujours dos à elle :

- Détective Beckett ?

- Quoi ? soupira Kate sans se retourner

-A très bientôt, j'espère.

Les larmes aux yeux, l'estomac noué et les mains tremblantes, elle déverrouilla la porte et sortie avant de se donner en spectacle devant son supérieur.


billy1  (11.01.2018 à 21:15)

CHAPITRE 5.


La tête entre ses mains, elle inspirait doucement pour calmer le flot d'émotions qui la parcouraient à cet instant.
Comment avaient-ils pu être si proches avant et si éloignés désormais ?
Comment pouvait-il être si inconscient des sentiments qui l'animaient à l'époque ?
Comment pouvait-il croire qu'elle le percevait comme un gentil toutou ?

Le nœud dans l'estomac qu'elle ressentait depuis le début de la soirée ne faisait que se serrer davantage au fur et à mesure des heures. Leur rencontre, l'interrogatoire n'avaient été que des échecs cuisants.

Elle lui en voulait tellement pour cette amertume qu'il avait envers elle. Elle savait qu'elle avait des torts, mais il en avait aussi. Elle était amoureuse de lui…réellement, et elle venait de perdre sa mère.
Comment était-elle censée réagir à sa nouvelle ?
Comment pouvait-elle faire face au désastre de sa vie sans aucune rancune ?

La gorge nouée, elle soupira fortement en posant les yeux sur une photo de la victime. Les roses sur son corps, les tournesols sur ses yeux, et le positionnement du corps étaient exactement retranscrits comme dans le livre de Rick. Comment une assistante sociale et un avocat pouvaient-ils être en lien ?

Les yeux fatigués, elle les releva pour découvrir son Capitaine en train de revenir de la salle d'interrogation, seul...sans Rick.

Complètement alerte désormais, elle scrutait chaque recoin du commissariat du regard à la recherche d'une certaine silhouette, quand la voix de Montgomery la fit sursauter:

-Un souci, Beckett ?
-Heu…..non
-Vous en êtes certaine?

Il trouvait son comportement extrêmement étrange depuis son retour au preccint. Elle semblait sur ses gardes et beaucoup plus émotive, il aurait même juré que quelque chose se passait entre Richard et son lieutenant quand il était arrivé pour suivre l'interrogatoire.

Intrigué, il l'observa quelques secondes, quand elle lui répondit sur un ton qu'elle désirait indifférent, mais qui sonnait bien autrement :

-Où est Mr Castle ?
-Il est rentré
-Rentré ? Mais je ne l'ai pas vu sortir du…..
-Je l'ai laissé emprunter l'issue de derrière. C'est un problème ? ajouta-t-il devant son visage blême.

Parti…il était parti…..enfin il avait fui par l'issue de secours. Comment avait-il pu ? Comment avait-il pu partir comme ça ? Elle n'avait pas espéré une grande conversation, ni même un regard, mais son départ dans l'arrière-cour du commissariat avait un arrière-goût d'adieu.

L'estomac noué, elle tentait de garder bonne figure quand elle entendit Montgomery lui dire :

-Il ne souhaitait pas faire la une du Ledger. Un ou deux journalistes trainent déjà devant l'accueil du commissariat.
-Castle qui ne souhaite pas faire la page six ? C'est comme entendre que le Pape n'est pas catholique, marmonna-t-elle amèrement, en se levant pour enfiler son manteau.

A la réplique de son lieutenant, Montgomery eut à cœur de rectifier ces dires. Rick Castle était devenu au fur et à mesure des années, un ami et il n'aimait guère les propos sans justifications de son lieutenant.

-C'est un bon gars. Il se donne une image publique complètement fausse. Croyez-moi , Beckett, je connais Rick depuis des années maintenant , je n'ai jamais vu un homme aussi simple et loyal . Et pour couronner le tout….c'est un père formidable. Il se comporte parfois comme un gamin ou un playboy, mais ce sont juste des automatismes pour cacher une plus grande souffrance, assura Roy, avant de la laisser seule devant son bureau.

Pourquoi cette déclaration lui faisait-elle aussi mal ? Pourquoi avait-elle l'impression que son capitaine venait de remuer un couteau dans une vieille plaie ? Certainement parce que ces mots frappaient trop près de ses regrets.
Le Capitaine le connaissait mieux qu'elle désormais….il connaissait Richard Castle dans l'intimité, il connaissait sa fille…..alors qu'elle , elle ignorait tout ça.

C'était elle qui le connaissait le mieux, à une époque….c'était elle sur qui il pouvait compter…..et maintenant, elle devait entendre qui était réellement Richard Alexandre Rodgers d'une autre personne.

Les yeux en larmes, elle sortit du commissariat pour rentrer chez elle. Elle avait envie de pleurer, d'hurler….elle avait envie de retourner à cette époque où la vie était tellement simple avec lui…..où, d'un simple regard , elle le comprenait. Elle avait juste envie de retrouver son meilleur ami.

XXXXXXXX

Refermant la porte de son loft à Manhattan, Rick déposa son manteau dans l'entrée, en repensant à son entretien avec Kate. Tout ceci était tellement faux…tellement loin d'eux. Il n'avait jamais eu l'impression de ne pas être désiré dans sa vie, et pourtant ce soir…il avait la désagréable impression qu'elle aurait préféré ne pas être auprès de lui.

Il savait que son comportement n'avait pas été des plus cordiale,mais elle l'avait blessé avec ce fichu interrogatoire, et en niant leur relation à Roy.

Le regard fatigué, la démarche lourde, il se traînait jusqu'à la cuisine quand la voix de sa mère le fit sursauter derrière lui :

-Alors comment ça s'est passé avec Katherine !
-Mère, siffla Rick, excédé devant l'intrusion de sa mère
-Elle est ravissante et…..
-Mal, ça s'est mal passé, l'interrompit-il, pour couper court à son entrain.

Martha avait toujours eu de l'affection pour Kate. Elle était la belle-fille qu'elle aurait souhaitée pour lui. Il le savait bien, car à chacun de ses mariages, elle le lui l'avait subtilement placé avant d'aller à l'autel.

Il savait très bien que son passé avec Beckett n'était pas sans conséquence pour Martha ou pour Jim. Eux aussi avaient fait les frais de leur altercation. Chacun avait dû indirectement choisir un parti, et en toute logique, les deux parents avaient fait le choix de leur enfant. Mais à chaque évènement spécial, ou chagrin d'amour de l'un ou l'autre, Jim et Martha avaient tenté de glisser un mot à ces deux têtes de mules.

C'est donc sans surprise que Rick remarqua que sa mère ne relevait pas le désastre de sa soirée:

-Tu devrais l'appeler, maintenant que vous avez repris contact.
-Je n'ai pas repris contact , j'ai été arrêté
-Interrogé, le reprit Martha en soupirant.
-C'est la même chose. Si ce meurtrier n'avait pas copié mes livres, elle ne se serait jamais déplacée.
-Tu as raison, acquiesça Martha, au grand étonnement de Rick. Mais peut-être qu'elle attendait juste le moment adéquat ou….
-Pourquoi faut-il toujours que tu insistes quand il s'agit de Kate ?
-Et pourquoi n'insistes-tu pas ? Vous n'êtes plus des enfants.
-Ce n'était qu'une amitié de gamin. On a grandi, on n'a plus rien en commun.
-Richard
-Elle ne me veut pas dans sa vie.
-C'est ce qu'elle t'a dit ? fit, stupéfaite, la matriarche
-Non….mais elle me l'a très bien fait comprendre. Elle ne m'a pas présenté comme ami à son Capitaine, mais comme Rick Castle, l'écrivain, ronchonna Rick, désabusé, en se laissant choir sur son sofa, la tête entre ses mains.

Souriant devant cette perche que venait de lui lancer son fils, Martha s'installa en face de lui, et lui répondit gentiment :

-Elle n'a peut-être pas envie de mêler vie professionnelle et vie privée …..ou elle ne désire peut-être pas que son Capitaine lui retire l'affaire, au vu de votre implication….
-Mais….
-Et dois-je te rappeler que tu l'as présentée de la même manière à Gina?
-Quoi ?
-Tu as dit, « ce n'est qu'un lieutenant », depuis quand Katherine Beckett est seulement un lieutenant à tes yeux ? …..Je pense que tu devrais balayer devant ta porte avant de juger son comportement.

Effaré devant les mots de sa mère, Rick ouvrit et referma la bouche plusieurs fois. Elle n'avait pas tort. Il avait eu exactement le même comportement qu'elle. Il ne pouvait pas lui reprocher un automatisme de défense qu'il avait lui aussi appliqué.

Fatigué devant la situation, il marmonna :

-Elle a changé
-Toi aussi
-Oui….mais elle est différente…..elle est….
-Oui?
-Elle est froide et….distante. Elle n'est plus la Kate que je connais.
-Elle a perdu sa mère
-Je le sais, mais….
-Et elle a été seule pour faire face à sa perte. Elle a peut-être besoin de quelqu'un pour lui rappeler comment la vie peut être belle.
-Mère, soupira Rick en sentant où elle désirait en venir.
-Si tu ne le fais pas pour elle, fais-le pour Johanna. Là où elle se trouve, je suis sûre qu'elle ne cautionne pas vos agissements.
-C'est un coup bas
-Je ne te demande pas de l'épouser, je te demande juste une explication en tête à tête, et si tu juges que son amitié n'en vaut pas la peine, j'arrêterai de te harceler.

Au regard que Rick lui lança, Martha sourit en lui déclarant, avant de se retirer dans ses pénates pour le laisser à sa réflexion:

-Dois-je réellement te rappeler qui est Katherine Beckett ?

Non, bien sûr que non. Il n'avait pas besoin qu'elle le lui rappelle. Il savait très bien qui était Kate Beckett, et c'était le problème. Elle lui avait manqué pendant plus de dix ans….son sourire, son rire, ses discussions, ses étreintes, ses rituels…..tout chez elle lui avait énormément manqué. La main sur cellulaire, il déglutit en repensant à la façon dont il venait de la quitter.

Il avait été lâche…..et idiot. Elle méritait plus qu'une sortie furtive par la porte de derrière. Mais, est-ce qu'une simple discussion pouvait balayer douze années d'indifférence ? Et souhaitait-elle réellement une explication avec lui ?

Se frottant le visage vigoureusement, il soupira avant de prendre son téléphone fébrilement, en se demandant pourquoi il écoutait encore les conseils de sa mère.

XXXXXXX

Allongée de tout son long dans son lit, les cheveux encore humides de sa douche , une serviette le long du corps , elle observait en pleurant silencieusement la peluche poilue de Star Wars qui se trouvait à ses côtés.

Douze ans…comment avait-elle pu attendre autant de temps avant de lui faire face ? Comment avait-elle pu devenir une étrangère à ses yeux ? Comment avait-elle pu oublier ce qu'il représentait à ses yeux ?
Soupirant, elle essuya son visage ravagé par les larmes en repensant à leur premier baiser :

Flashback.

ETE 1995

-Tu crois qu'il est gay?
-Qui ça ?
-Rick, soupira Maddie, en lorgnant sans vergogne sur le meilleur ami de Kate qui pianotait dans un coin, à l'abri des regards, sur son ordinateur.
-N'importe quoi, rit Beckett devant la nouvelle absurdité de son amie.

Assise sur les gradins du stade de foot, Kate et Madison prenaient le soleil, tout en se délectant de la vue qu'elles avaient devant elles. Les joueurs de l'équipe de football de leur lycée faisaient quelques étirements, et ne manquaient pas de flirter du regard avec elles de temps à autres.

Madison était une fille très populaire au lycée. Sa jovialité et son dynamisme n'étaient pas pour déplaire. Son physique n'était pas en reste, et même si Kate se comparait parfois à elle en ne se trouvant pas assez amusante ou mignonne, elle et Maddie étaient les meilleures amies.

Leurs caractères opposés en faisaient un duo hors du commun, selon Rick. Kate était la douceur, la raison, alors que Maddie était tout le contraire.

Beckett avait beaucoup hésité à rejoindre Maddie en cette fin d'après-midi, car elle avait pas mal de devoirs qui l'attendaient, mais la jovialité et l'enthousiasme de son amie avaient mis à mal très vite toutes ses résolutions.
Après tout, on était jeudi soir et la fin de semaine approchait à grand pas. Elle aurait tout le loisir de rattraper son retard ce week-end.

-Et puis pourquoi as-tu cette idée absurde ? reprit Kate en souriant timidement à Brad Kolt, le quaterback de l'école, qui lui faisait signe de la main
-Il m'a repoussée, soupira Maddie, en repensant à son baiser avorté à l'arrière des gradins, la semaine dernière . Tu te rends compte ? Personne ne me repousse.
-Je…quoi ?
-Il m'a repoussée, tu es sourde ou quoi ? …. Rhô ne fais pas cette tête, ce n'est pas parce que tu ne veux pas sortir avec lui que moi aussi, je dois être punie. L'amitié a ses limites.
-Punie ? la dévisagea-t-elle dorénavant, en oubliant le joli quaterback.
-Kate, il est canon ! Genre ….Canon ! Je ne comprends pas pourquoi tu ne tentes pas ta chance. A toi, il ne te refuse rien.
-N'importe quoi…..et puis de toute manière, je ne veux pas sortir avec Rick
-Ah oui et pourquoi ? A moins que tu aies un quelqu'un en vue ?
-Parce que…parce que….c'est Rick….je le connais depuis que j'ai huit ans, et tu ne devrais pas jeter ton dévolu sur lui.
-Tu as quelqu'un en vue ! s'exclama, amusée, Maddie en l'observant de plus près.
-Non
-Si! Allez Becks ! Crache le morceau !

Baissant le regard sur ses chaussures, Kate se triturait les doigts maladroitement, alors que sa meilleure amie observait le terrain de foot avec les yeux ronds.

-Je n'y crois pas !
-Quoi ? s'exaspéra Kate
-Brad Kolt ! Tu as des vues sur le quaterback du lycée !
-Je n'ai pas de vues sur…
-Rhô allez, avoue ! Pourquoi le mec le plus populaire du lycée te fait signe ? Et comment se fait-il que je ne l'aie pas remarqué avant ? ronchonna-t-elle
-Peut-être parce que tu n'arrêtes pas de bavasser, sourit Kate
-Je ne bavasse pas! Je raconte simplement à ma meilleure amie à qui mon coeur appartient
-A qui ton coeur appartient ? rit désormais Beckett. C'est si ….dramatique!
-Arrête de rire ! Il me plaît ….vraiment. Je pense que je pourrais tomber amoureuse de lui….et lui , il est gay.
-Il n'est pas gay, insista Kate en prenant la défense de son ami. Il est juste occupé avec son écriture. Et puis arrête donc de dire que tu es amoureuse.
-Hey!
-Maddie, tu es amoureuse toutes les semaines, soupira-t-elle devant l'air outrée de son amie, en passant une de ses mèches rebelles derrière les oreilles
-Ce n'est pas vrai
-Ah oui? Tu oublies ….Joe, Kyle, Andrew, Steve..
-Tu vas arrêter de nommer tous mes désastres sentimentaux, se lamenta la jeune blonde , une main sur le front, d'un air dramatique
-Désastres sentimentaux ? Maddie, on a seulement 16 ans et tu es déjà tombée plus souvent amoureuse que Meg Ryan dans tous ses films réunis
-Méchante!
-Et puis laisse Rick tranquille, bougonna Kate, une nouvelle fois en observant son meilleur ami complètement fasciné devant son ordinateur.
-Pourquoi ? Je croyais que tu ne le voulais pas
-Ce n'est pas le cas.
-C'est vrai, toi tu veux Brad, et apparemment il n'est pas contre non plus.
-ll m'a simplement souri, relativisa Kate, en tentant de cacher sa déception.
-Un sourire ? Un signe de la main, oui ! Je suis certaine qu'il va te demander de l'accompagner à la fête d'Andrew, samedi soir.
-En parlant de ça…, grimaça la brunette
-Non, non , non ! tu ne peux pas me laisser tomber !
-Parles-en à mes parents
-Tu n'as qu'à dire que tu es la maison
-Maddie, soupira Beckett. Ils ne sont pas nés de la dernière pluie.
-Alors dis que tu es chez Rick. Ils ne disent jamais non quand tu es chez lui.

Au regard qu'elle lui lança, Maddie fronça les sourcils et lui rétorqua :

-Quoi ?
-Tu penses vraiment que mon père va me laisser seule avec Rick , un samedi soir et pour toute une nuit ?
-Ce ne serait pas la première fois
-Oh arrête. La dernière fois, on avait….onze ans
-Pourquoi avez-vous….
-La puberté ? les hormones ? Ma poitrine qui devenait évidente aux yeux de mon père ? Ou le mot adolescent ? En tout cas , toutes ces choses réunies ont fait que les soirées pyjama chez Rick se sont stoppées.
-ça craint
-Oui. Je ne parle même pas de la troisième chambre que mon père à créée à la cabane cette été.

Levant le regard sur le terrain de foot, Kate contempla du coin de l'oeil le jeune Brad en train de s'étirer. Elle avait vraiment espéré pouvoir passer la soirée de samedi soir avec lui. Il était sympathique, et toujours enclin à lui rendre service ces dernières semaines. Perdue dans ses pensées, elle en fut sortie par la voix de sa meilleure amie :

-Dis la vérité à ton père…dis-lui que Rick est gay et que ta virginité est sauve
-Maddie!
-Quoi ? Il n'a pas besoin de savoir que Brad Kolt risque de te dépuceler sa….
-Si tu finis cette phrase , je jure que je t'étrangle!
-Ok, ok, rit, amusée, Maddie devant la pudeur de son amie.
-Et arrête de rire !
-C'est bon Becks, j'arrête.
-Et arrête de dire que Rick est gay. Ce n'est pas parce qu'un garçon refuse tes avances qu'il est forcément gay.
-Toujours prompte à défendre la veuve et l'orphelin. De toute manière, moi je te le dis, ton Rick est gay. D'ailleurs , en y réfléchissant, je crois ne l'avoir jamais vu avec une fille avant. Un mec aussi canon , ne peut pas rester célibataire. On a quoi 16 ans, pas 40 ans!
-Alors, tu es automatiquement gay si tu ne sors pas aussi souvent que toi ?
-Oui!
-Tu es impossible, soupira Kate, en observant au loin son ami fermer son ordinateur portable et se lever pour partir.

La discussion qu'elle venait d'avoir avec Maddie l'avait remuée. Son amie n'avait pas tort sur une chose. Elle n'avait jamais vu sortir Rick avec une fille.
Alors qu'elle fréquentait un bon nombre de garçons depuis quelques mois, elle n'avait jamais eu l'occasion de voir son meilleur ami en faire autant.
. Et entendre Maddie avancer son homosexualité la bouleversa quelque peu. Elle commençait à se demander si c'était vrai….et si c'était le cas , pourquoi il ne le lui l'avait jamais avoué? Ne lui faisait-il pas confiance ?

Intriguée, elle se leva à son tour en prenant sa sacoche, et déclara à Maddie, qui fronçait déjà les sourcils devant son action :

-Je dois y aller. J'aimerais réviser mon cours de littérature
-Dis-moi que tu te moques de moi!
-Non, pourquoi ? sourit Kate qui savait très bien ce que la jeune blonde avait en tête
-On est jeudi , Kate ! Tu ne peux pas partir sans regarder les gars devant leurs séances d'abdos ! Et Brad risque de mal le prendre.

Les jeudis soirs étaient toujours les mêmes. Les filles s'installaient sur les gradins pour refaire le monde, mais aussi pour baver littéralement sur les joueurs de l'équipe de foot qui s'exerçaient à faire des pompes sans les lâcher du regard…enfin sur Maddison.

C'est d'ailleurs l'un de ces jeudis soirs, que Brad Kolt avait remarqué les jolis yeux émeraudes de la jeune Beckett.
Souriant devant l'air outré de Maddie, Kate lui répondit sur un ton taquin:

-Brad Kolt n'est pas le centre du monde, et s'il est vraiment intéressé, il trouvera un moyen pour m'inviter en dehors de ces séances d'abdos.
-Tu reconnais donc que tu attends une invitation ? sourit malicieusement Maddie
-Je ne reconnais qu'une seule chose…je ne suis pas désespérée au point d'attendre pendant des heures un simple geste de la main
-Tu es dure, là Becks
-Hum, hum…..à demain ?
-à demain, ronchonna Madison, en s'installant un peu mieux sur les gradins pour ne rien rater du spectacle.

XXXXXXXXXXXX

Son livre de littérature entre ses mains, un crayon en papier entre ses lèvres, elle ne cessait d'observer Rick qui se trouvait sur le sol de sa chambre, l'ordinateur sur ses genoux et les doigts sur le clavier.

Après son entrevue avec Maddie, Kate était rentrée pour trouver Rick assis sur le perron de sa maison en train de siroter un thé glacé. Après avoir discuté quelques minutes avec lui, elle lui avait proposé qu'il se joint à elle pour réviser dans sa chambre.

Mais plus les minutes passaient, plus elle était tentée d'engager la conversation. Elle maudissait Maddie et ses idées farfelues…..et encore plus, elle se maudissait de pouvoir même envisager que son amie est raison.

Le regard fixé sur Rick, elle sursauta devant sa mine amusée quand il lui rétorqua le sourire aux lèvres :

-Arrête de me regarder…c'est effrayant.
-Pardon, déglutit-elle en posant ses yeux sur son livre.

Souriant devant son air soudainement timide, Rick ferma son ordinateur portable pour la contempler quelques secondes. Ses cheveux châtains descendaient jusqu'à mi-dos dorénavant, son bronzage de cet été lui donnait un teint halé et ses traits si fins lui faisaient chavirer le cœur.

Depuis quelques mois, ses sentiments à l'égard de Kate avaient changé. Il la voyait sous un autre regard. Elle était belle….trop belle…..et il avait peur de l'effrayer. Kate était populaire à l'école, elle changeait régulièrement de petit-ami et passait énormément de temps à sortir…..alors que lui…..il avait toujours la tête dans ses bouquins et il avait l'impression d'être gauche en permanence.

Troublée par ce crayon qu'elle mâchouillait depuis plusieurs minutes, il la vit relever les yeux et le regarder avec temps de tendresse et de dévotion, qu'il sentit son coeur s'accélérer. Souriant, en pensant que c'était peut-être sa chance d'avoir cette conversation qu'il redoutait depuis des mois, il blêmit devant sa question sortie de nulle part :

-Tu es gay ?
-Je…Quoi…..pardon ?
-Oublie-ça…c'était mal placé et…..oublie, gémit-elle en posant à nouveau ses yeux sur son livre de littérature rouge de honte.

Mais à quoi pensait-elle bon sang ! Lui demander s'il était gay ! Elle se sentait au comble de la gêne . Jamais encore , elle n'avait espéré pouvoir trouver un trou de souris et s'y cacher.

Rick lui la regardait avec des yeux ronds comme des soucoupes. Gay ? Venait-elle réellement de lui demander s'il était gay ? Il ne savait pas s'il devait rire de la situation ou se sentir offensé mais quand il observa avec qu'elle force elle s'obstinait à ne pas lever les yeux, il décida de la sortir de sa misère en lui déclarant , une main dans les cheveux :

-Je ne suis pas gay
-tu n'as pas a…tu es sûr? fit-elle surprise et intriguée en grimaçant automatiquement à sa dernière question.
-Je suis sûr…et pourquoi sembles-tu si persuadée que je sois gay ?
-Je…..laisse tomber, soupira Kate, qui s'en voulait d'avoir une nouvelle fois écouté les élucubrations de Maddie.
-Kate, plaida Rick, en l'observant se dandiner, mal à l'aise sur son lit.
-A cause de Maddie….
-Maddie? Qu'est-ce que Maddie vient faire dans la conversation ?...Kate ? répéta-t-il en la voyant mâchouiller nerveusement sa lèvre inférieure. 
-Elle m'a raconté que tu l'avais repoussée sous les gradins la semaine dernière et…..
-Et tu t'es dit que j'étais gay ? fit-il outré et surpris
-Non….non….c'est elle qui s'est mis ça dans la tête
-Apparemment elle n'est pas la seule
-C'est pas ça….mais…..ok, elle m'a fait douter…..mais elle n'a pas tort sur certains points, déglutit-elle devant son regard. Tu…..je…..je ne t'ai jamais vu avec une fille….alors que moi, je…..
-Je suis peut-être plus discret, cracha-t-il, vexé
-Je…d'accord, acquiesça-t-elle, en se levant pour déposer son livre sur son bureau, alors qu'il se levait lui aussi du sol pour ajouter.
-Je ne suis pas gay
-Ok , très bien.

Baissant la tête, elle se frotta la nuque en lui tournant le dos. Comment cette conversation avait-elle pu tourner ainsi ? Elle ne voulait pas le blesser ou le vexer…elle souhaitait juste lui dire qu'elle ne le jugerait pas sur son style de vie. Déboussolée, elle soupira en lui murmurant :

-Si jamais c'était le cas, je ne te jugerais pas ou….
-Je ne suis pas gay! l'interrompit-il avec plus de force, alors qu'elle déglutissait devant son regard.
-Ok, je te crois.
-Bien
-Bien.

Mal à l'aise, elle se retournait une nouvelle fois pour ranger ses affaires, quand elle l'entendit lui avouer :

-J'ai éloigné Maddie parce que je ne voulais pas qu'elle se moque.

Anxieux…terrifié…..étaient les maitres mots qui qualifiaient le jeune Rick Castle à cet instant. Il sentait bien que son amie n'était pas dupe et qu'elle ne croyait qu'à moitié ses dires. il voulait lui expliquer pourquoi il était toujours célibataire, mais il était terrorisé à l'idée qu'elle se moque de lui aussi.

-Quoi ? fit, surprise, Kate en se tournant pour le voir se tortiller les mains dans ses poches.
-Je ne veux pas qu'elle se moque de moi….et toi, non plus.
-Rick, je ne vais pas me moquer de toi , si tu es…..
-Je ne suis pas gay. Je suis juste…..nul, soupira-t-il, la boule au ventre
-Nul ?
-J'ai embrassé Kylie Smith, il y a deux mois.
-Et? fit-elle, désormais intriguée, en levant un sourcil
-Et…..ça c'est mal passé. Je suis nul à ça….
-N'importe quoi , sourit-elle, attendrie devant sa mine de chien battu
-Elle me l'a dit, grimaça-t-il en repensant à cet instant désastreux
-Je suis sûre que tu as mal interprété ses mots et…..
-Mon dieu, arrête ça tout de suite, c'était un désastre, répéta-t-il, en posant des guillemets sur sa phrase avec ses doigts.
-Oh…..
-Oui, oh, gémit-il, en se laissant choir sur le lit de Kate, la tête entre ses mains. Je suis vraiment…..nul à ça.

Souriant devant son air si misérable, elle s'avança vers lui et lui murmura :

-Tu ne peux pas te laisser abattre par une mauvaise expérience
-Si …..oh si, crois-moi
-Rick, je suis certaine que moi aussi, j'ai été nulle lors de mon premier baiser
-Mais personne ne t'a fait la remarque
-Tu devrais ré-essayer
-Une humiliation par an, ça me suffit.
-Je pensais que tu voulais inviter Dobra Dobkins au bal de promo dans quelques semaines, tenta Kate, pour le sortir de sa misère
-Et alors….

Il ne voulait pas réellement emmener cette fille au bal. Mais Kate lui avait déjà avoué espérer que le quaterback de l'école l'accompagnerait, il ne se voyait pas donc pas y aller seul, et la voir au bras de ce footballeur pendant qu'il siroterait du punch tout seul.

-Le bal de promo se termine par un baiser, argumenta-t-elle gentiment
-Pas forcément
-Et avant ça, pour l'emmener au bal, il faudrait sortir avec elle…Rick, ce n'est qu'un baiser, sourit-elle devant son air accablé.
-Facile à dire quand personne ne se moque de toi, grinça-t-il mortifié, les mains sur son visage.

Embêtée par le désarroi de son ami, Kate réfléchit quelques secondes avant de lui déclarer :

-Ok, lève-toi
-Quoi?
-Lève-toi, j'ai dit

Soupirant, il s'exécuta en se plaçant devant elle, alors qu'elle lui prenait les mains et lui murmurait sur un ton moins certain :

-Embrasse-moi
-Pardon?
-Embrasse-moi….promis, je ne rirai pas.
-Non
-Rick, je vais juste te montrer que tu n'as pas besoin d'être effrayé. Allez, ce n'est qu'un baiser….et c'est moi.

Un baiser ? Ce n'était pas seulement q'un baiser pour lui ? C'était….c'était les lèvres de Kate, le corps de Kate…..c'était le saint graal. Déglutissant , en observant sa bouche puis ses yeux , il la vit se lever sur la pointe des pieds et lui chuchoter :

-Ne me fais pas supplier.

Doucement ses lèvres entrèrent en contact avec elle. Le baiser était doux…..et délicieux mais il était tellement stressé de faire mauvaise impression qu'il se retira en gémissant d'appréhension:

-Alors ?

Souriant devant son air si peu sûr de lui, elle lui caressa la joue et captura ses lèvres à nouveau. Elle voulait le rassurer, elle voulait pouvoir l'aider, alors sans lui laisser le temps de se rétracter, elle poussa sa langue à l'intérieur de sa bouche. Ses mains sur sa nuque, elle s'abandonnait au baiser quand il commença à bouger sa langue dans tous les sens et à saliver plus que de mesure. Elle avait l'impression qu'il tentait de la noyer.

Grimaçant, elle s'éloigna de lui et lui déclara doucement pour ne pas le vexer :

-Tu vas trop vite
-Pardon?, sourit-il sur un nuage… ….c'est toi qui a mis la langue, et…..
-Tu bouges ta langue trop vite et tu salives trop, ajouta-t-elle, alors qu'il blêmissait. Eh, ce n'est pas grave, on va ré-essayer et….
-Non, non….c'est bon, dit-il découragé d'avoir raté son premier baiser avec Kate.

Il pensait qu'elle avait apprécié, mais au regard qu'elle lui lança, il comprit qu'il était vraiment nul à cet exercice.

-Rick…..un baiser c'est comme une…..danse. On doit jouer sur le même tempo . Tu n'as pas besoin d'accélérer le mouvement. Suis juste…mon rythme.
-Je…..
-Allez, embrasse-moi à nouveau
-Kate, soupira-t-il alors qu'elle posait ses mains sur ses hanches.
-Si tu veux emmener Dobra Dobkins au bal, ou embrasser Maddie sous les gradins, embrasse-moi.

C'est toi que je veux embrasser, pensait-il…..c'est toi…..et seulement regard sur elle , il déglutit devant autant de beauté et de bonté. Doucement, il déposa ses lèvres sur les siennes en attendant qu'elle quémande l'entrée de sa bouche. Le baiser fut plus doux…..moins bâclé, et doucement, il se laissa bercer par la langue de Kate.

Son odeur de cerise, son corps plaqué contre le sien et son baiser si enivrant firent perdre tout ses sens à Rick.

Kate, elle n' était pas en reste. Si le premier baiser avait été un désastre , le second était simplement magique. La langue de Rick dansait à merveille avec la sienne et quand il la plaqua contre son corps tout en mordillant sa lèvre inférieure, elle ne put retenir un gémissement.

Les mains sur sa nuque, elle accentua le baiser, alors que les mains de Castle descendaient doucement sur le bas de son dos. Leurs souffles se mêlèrent, leurs respirations s'accélérèrent, et quand elle sentit sa langue pousser encore plus loin dans sa bouche, elle crut défaillir. Mon dieu, il apprenait vite et bien…..

Comment un simple baiser pouvait la transporter aussi loin, aussi haut ? Comment cette Kylie avait-elle pu se moquer de lui?

Alors que tous ces sentiments se bousculaient en elle, elle sortit de sa torpeur en entendant le cri effaré de son père qui se trouvait sur le seuil de la porte :

- Qu'est-ce que vous faites ? Jo ! …Jo…oh mon dieu, il faut que tu montes !

Et en une seule phrase, leur instant était passé. Rick avait reculé de plusieurs pas en baissant le regard, honteux, alors qu'elle tentait de s'expliquer avant que son père ne fasse une attaque :

-Du calme, je lui apprenais seulement en embrasser
-Oh mon dieu ! Jo ! Maintenant ! hurla-t-il en les dévisageant. Et tu comptes lui apprendre d'autres choses ?!

Elle ne faisait que lui apprendre…..cette phrase poussa tous les espoirs de Rick au loin. Il avait cru pendant un bref instant que le baiser lui avait plu…..réellement plu. Il aurait juré l'avoir entendu gémir…..mais ses mots , après ce qui avait été un moment extraordinaire, l'avaient profondément blessé.

Elle ne ressentait rien pour lui…il devait se faire une raison. Il devrait inviter cette Bobra Dobkins avant que son coeur ne se fasse piétiner.

Kate, elle était complètement retournée par leur baiser. Elle n'avait jamais imaginé que son corps pouvait être si puissant, que ses lèvres pouvaient êtres si coquines et que ses râles pouvaient être si sexy…..c'est à partir de cet instant-là qu'elle avait commencé à regarder Rick d'un nouvel oeil.

-Qu'est-ce qui se passe ici, soupira Johann , son attaché case encore en main
-Ta fille apprenait à Rick à embrasser
-Oh
-Je vous jure que ça n'allait pas aller plus loin, tenta Castle, mortifié, en prenant ses affaires au sol
-Plus loin ? Mais que pensais-tu pouvoir faire avec ma Kathie ? répondit froidement Jim
-Papa ! c'est bon. On s'embrassait , on ne faisait rien de mal
-Non, ce n'est pas bon, vous êtes consignés !
-Pour un baiser ! hurla Kate
-Consignés , c'est bien, acquiesça-t-il devant le regard noir de Kate. Quoi ? C'est mieux que démembré ou….
-Ne sois pas idiot ! Maman, s'il te plait, peux-tu raisonner papa !

Elle se souvenait très bien de ce moment et de celui qui suivit. Son père l'avait dévisagée pendant des jours, alors que sa mère lui avait fait tout un discours sur le sexe et la protection. Quant à Rick…..elle avait espéré que ce baiser avait signifié autant pour elle que pour lui, mais elle avait eu tort.

Deux jours après, il sortait avec Dobra Dobkins, laissant Kate seule et amoureuse…..

Fin du Flashback.

Le regard dans le vague, elle soupira en repensant à ce pan-là de sa vie. Leur premier baiser avait été une révélation pour elle. Rick Rodgers était devenu tellement plus pour elle par la suite…mais la vie ne leur avait pas donné l'occasion, ou la chance, de se rapprocher.

Observant Chewbacca à ses côtés, elle ruminait dans sa barbe en se levant pour trouver une tenue adaptée pour la nuit, quand son téléphone sonna.
Au son de la sonnerie, elle se figea, elle connaissait très bien son interlocuteur. Quand son père lui avait glissé discrètement le numéro de téléphone de Rick sur un papier bristol, Kate avait beaucoup hésité à l'enregistrer. Mais après moult et moult hésitations, elle avait sauté le pas, en lui ajoutant une sonnerie bien spécifique, celle de son film préféré : Star Wars.
Le cœur tambourinant, les mains tremblantes, elle déglutit avant de lire le message qu'il lui avait envoyé :

- Hey…..c'est Rick. Puis-je t'appeler ?


Et voilà un nouveau chapitre entre deux jours de boulot. J'espère qu'il vous plaira. Bonne soirée à tous et toutes et merci pour vos commentaires. A très vite.


billy1  (Avant-hier à 20:25)

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kazmaone, Avant-hier à 23:31

Les enfants, sérieux, le suspense me tue pour le vote du thème de Terminator ! Votez POSITIF please, que je puisse enfin dormir ! Merci

kazmaone, Avant-hier à 23:32

Et pour ceux qui savent pas comment faire, il faut aller dans"Préférences" sous votre pseudo . voilà voilà, merci à toutes et à tous !

choup37, Hier à 00:38

Déjà voté kaz!

ptitebones, Hier à 16:37

Bonjour! Un nouveau sondage a été mis en ligne sur le quartier UnReal. La photo du mois est également en vote. N'hésitez pas à passer! Merci !

choup37, Hier à 23:43

Une nouvelle bannière est en cours de vote pour Merlin! Elle a des couleurs inhabituelles, mais est magnifique, alors on a besoin de votre soutien

HypnoBlabla

Supersympa, Hier à 22:22

Salut Daisy. Ca va ?

Daisy2860, Hier à 22:22

Oui et toi ?^^

Supersympa, Hier à 22:23

Très bien merci.

Daisy2860, Hier à 22:24

Je suis rentrée du boulot a 19 h et j'ai commencé a 8 h ce matin

Daisy2860, Hier à 22:24

j'ai la tête qui allait explosé tellement que j'avais mal au crâne

Viens chatter !