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Monde virtuel de Castle

Course contre la mort

Créateur : jogeo1 
Date de création : 25.12.2017 à 09h23

Message du créateur :
5 années se sont passées depuis la tentative de meurtre de Caleb Brown. Kate et Rick se sont retirés dans le New Jersey, où ils coulent des jours heureux avec leur fille de 4 ans.

Cet épisode compte 16 paragraphes

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5 années se sont passées depuis la tentative de meurtre de Caleb Brown. Kate et Rick se sont retirés dans le New Jersey, où ils coulent des jours heureux avec leur fille de 4 ans. Une personne de leur passé va réaparaître et va replonger Kate dans une enquête qui va devenir la plus terrifiante de sa carrière. Une course contre la montre pour arrêter le monstre qui pourrait mettre sa famille en danger.

 

CHAPITRE 1 :

 

 

Hormis la famille de la victime, peu de gens s'étaient intéressés au premier meurtre, en Octobre. Les policiers s'étaient attaqués à l'affaire avec leur habituelle ténacité mais, au bout d'un mois, le dossier avait été enfoui dans un tiroir et ils étaient passés à autre chose car ils ne tenaient ni suspect, ni mobile.

Et puis en novembre, une autre victime avait été découverte. Elle avait été tuée de la même manière, éventrée, et la police de New York se dit qu'elle avait sur les bras un meurtrier cyclique. La presse parvint aux mêmes conclusions et le cirque médiatique commença.

Lorsque le tueur frappa de nouveau en décembre, les journaux parlèrent tout naturellement de l'éventreur de New York. Le maire, malgré sa calvitie, s'arrachait les cheveux, les habitants de la ville le harcelèrent et il s'en prit au commissaire de police principal qui passa elle même sa mauvaise humeur sur le capitaine de la douzième circonscription en charge de l'affaire. On promit des résultats mais l'hiver fit place au printemps, et le meurtrier courrait toujours. Le mois de Mars touchait à sa fin, six meurtres impunis plongeaient la ville dans la terreur et une seule question occupait les conversations : où le tueur allait il frapper et qui serait sa prochaine victime ? Celles-ci étaient toutes de profils très différents, aussi bien des hommes que des femmes de tout âge. La population vivait dans la terreur et le meurtrier continuait à tuer méthodiquement, inexplicablement, ne laissant derrière lui aucun indice.

 

 

********

 

  • Je veux que Kate Beckett soit réintégrée, dit le maire sur un ton qui n'encourageait pas la contradiction.

Mais le commissaire principal, Victoria Gates était si choquée par cette déclaration qu'elle en oublia l'imprudence d'une controverse avec son patron.

  • Vous ne parlez pas sérieusement Whit. Pas après ce qui lui est arrivé.

Whit Bowman se cala dans son fauteuil arborant l'expression patiente qu'il réservait habituellement à ses conférences de presse.

  • C'était il y a 5 ans, et d'ailleurs je crois savoir qu'elle va bien maintenant.

  • Là n'est pas la question, elle a fait une sérieuse dépression et...

  • Cette histoire de dépression a été très largement exagérée si vous voulez mon avis.

  • Exagéré ? Elle et son mari ont été agressés à leur domicile et laissés pour mort ? Elle a décidée de démissionner après le drame et rien de ce que je pourrais lui dire ne la fera revenir chez nous, et en toute franchise je ne me vois pas lui demander.

  • Mais je veux que vous essayiez quand même. Dois je vous rappeler que nous avons six meurtres sur les bras, que ce dément court toujours et que vous n'avez aucun résultat ?

  • Ce n'est pas vrai, lança Victoria sans grande conviction. Nous faisons des progrès. En fait nous progressons un peu chaque jour.

  • Gardez ces foutaises pour la presse, conseilla Whit. Vous n'avez rien. Tout ce que vous savez c'est qui n'a pas tué ces pauvres gens et rien de plus.

  • Mais enfin pourquoi Beckett ?

  • C'était un bon flic, avec de l'instinct. Et elle n'en est pas à son coup d'essai. Si ma mémoire est bonne c'est grâce à elle et à son équipe qu'un autre tueur en série qui courrait depuis des années a été neutralisé. Comment s'appelait t-il déjà ?

  • Jerry Tyson, alias le triple tueur. Je sais, j'y étais et croyez moi ça n'a pas été une partie de plaisir. Elle a bien faillit y rester cette fois aussi.

  • Je ne veux pas le savoir, je me fiche de comment vous vous y prendrez mais je veux Beckett sur cette affaire dès demain. Fin de la discussion.

Whitney Bowman se représentait à la mairie en Novembre, et il n'était pas question qu'un psychopathe se mette en travers de sa route. Il voulait les meilleurs sur cette affaire et cela Victoria le comprenait aisément, et Beckett était un choix qui s'imposait. C'était le meilleurs lieutenant avec lequel il lui avait été donné de travailler, mais c'était aussi son amie et elle ne voulait pas la mettre dans une situation difficile juste pour sauver les fesses du maire. Mais voilà, des personnes mourraient. Demain on serait le 1er Avril et l'éventreur repartirait à la recherche de sa prochaine victime, elle n'avait pas le choix, les enjeux de cette partie étaient trop élevés. Chaque meurtre était un défi lancé à la police, la sommant de trouver dans ses rangs, un adversaire digne de jouer contre lui.

 


jogeo1  (25.12.2017 à 09:26)

CHAPITRE 2

 

Il était 7h00 du matin et la ville de Hoboken commençait tout juste à s'éveiller. Alors que la plupart des habitants étaient encore bien au chaud sous leur couette, repoussant jusqu'à la dernière minute, le moment où il faudrait se lever et affronter cette nouvelle journée, deux personnes s'étaient levées à l'aube et s'affairaient dans leur cuisine. Celle-ci était devenue un vrai champ de bataille. Il y avait des gamelles vides qui s'entassaient dans l'évier et de la farine partout.

Lily Castle, du haut de ses quatre ans, avait décidé de préparer le petit déjeuner pour faire une surprise pour l'anniversaire de son père, et si Kate veillait au grain, la petite refusait catégoriquement son aide. Elle était grande à présent et voulait se débrouiller toute seule. Elle avait pressé le jus d'orange avec ses petites mains et préparé la pâte pour les pancakes. Kate avait du se montrer ferme quand sa fille avait insisté pour faire cuire la pâte.

  • Mais je veux le faire toute seule !! Trépignait elle.

  • Il en est hors de question jeune fille. La gazinière n'est pas un jouet, tu es trop petite.

  • Ce n'est pas vrai. Je suis une grande.

  • N'insiste pas.

  • Mais...

  • Lily ! Fit Kate d'un ton qui ne permettait aucune discussion.

  • Ce n'est pas juste ! Bouda la jeune Castle en croisant les bras sur sa poitrine.

  • C'est vrai, mais la vie ce n'est pas toujours juste, c'est comme ça et tu devras t'y faire.

Devant l'air malheureux de sa fille Kate ne put s'empêcher d'avoir un pincement au cœur, elle n'aimait pas lui faire de la peine. Elle lui sourit en lui ébouriffant les cheveux.

  • Allez arrête de bouder, va plutôt chercher ton cadeau.

A l'idée d'offrir son cadeau à son père, sa petite frimousse s'illumina, et elle oublia aussitôt les pancakes. Elle se précipita dans les escaliers, pour aller chercher son paquet dans sa chambre, sous le regard attendrit de sa mère.

  • Ne fais pas trop de bruit, tu vas le réveiller.

 

Dix minutes plus tard, le plateau du petit déjeuné prêts, les filles se dirigeaient vers l'étage. Lily tenait fermement son paquet comme si celui-ci était un trésor qu'on aurait pu lui dérober à tout moment. Elle l'avait choisi spécialement pour son père, l'avait payé avec ses faibles économies et en était très fière.

Quand Kate poussa la porte de la chambre, celle-ci était encore plongée dans le noir, seuls quelques rayons de soleil filtraient à travers le store. Rick devait encore dormir profondément, mais plus pour très longtemps. A peine franchie le seuil de la pièce, Lily se rua sur le lit en hurlant :

  • Joyeux anniversaire papa !!

Quelle ne fut pas sa déception, lorsque sa mère tira le store et qu'elle s'aperçut que son père n'était plus dans son lit.

  • Mais...il est pas là. Fit elle de sa petite voix triste.

Elle n'eut pas le temps d'ajouter autre chose, que son père, qui s'était caché sous le lit, surgit comme un diable de sa boîte et se jeta sur elle. Elle poussa un cri de surprise puis éclata de rire alors que Rick commençait à la chatouiller.

  • Papa arrête !!

Kate restée à côté de la fenêtre affichait un grand sourire sur son visage. Elle ne se lassait jamais de les voir évoluer tous les deux, ils étaient toute sa vie.

  • Qu'est ce qu'on a dit a propos de tes réveilles en fanfare, mademoiselle ? Fit Rick après avoir enfin relâché sa proie.

  • Je n'ai pas le droit de rentrer dans votre chambre sans frapper. Je sais ! mais là c'est pas pareil, aujourd'hui c'est un jour spécial.

  • Ah oui ? Qu'est ce qu'il a de spécial ce jour ?

  • Ben c'est ton anniversaire !! fit elle comme si c'était une évidence.

  • Tu en es sûr ?

  • Ben oui. Alors avec maman on t'a fait une surprise.

Kate approcha alors avec le plateau qu'elle déposa délicatement sur le lit.

  • Petit déjeuné au lit.

  • Et j'ai aidé à tout préparer. Fit Lily fièrement.

  • Merci les filles, c'est trop gentil.

Il déposa un baiser sonore sur la joue de sa fille puis embrassa tendrement sa femme en mettant sa main devant les yeux de Lily.

  • Arrête bougonna t-elle. Je vous ai déjà vu faire ça plein de fois.

  • Et si on attaquait ce petit déjeuné ? Fit Rick en se frottant les mains.

  • Non !! faut ouvrir ton cadeau avant !! Protesta vivement Lilly.

  • Ah bon ? Parce qu'il y a un cadeau en plus ? Je suis vraiment gâté.

  • Ben oui. Tiens.

Elle lui tendit le petit paquet qu'elle avait soigneusement emballé elle même. Il ne ressemblait pas à grand chose mais elle en était toute fière.

  • C'est moi toute seule qui a fait le paquet.

Rick déballa son paquet sous le regard impatient de Lily qui n'en perdait pas une miette. Il poussa un cri d'étonnement en découvrant ce qu'il y avait à l'intérieur.

  • C'est moi qui a choisi !

  • Oui je vois ça.

Le paquet contenait une cravate d'un genre tout à fait unique. Elle était jaune fluo avec d'énormes flamants roses imprimés dessus. Avec ça, c'est sûr qu'il ne passerait pas inaperçu.

  • Elle te plaît ?

  • Si elle me plaît ? Laisse moi te dire que c'est la plus belle cravate que j'ai jamais vu. Je l'adore.

  • Tu vas la mettre pour ta prochaine dédicace ?

  • Bien sûr ! Merci mon trésor.

Il attrapa sa fille pour lui faire un câlin.

  • Allez, Minouchette, il est temps d'aller te préparer pour l'école. Fit Kate.

  • Je suis vraiment obligée d'y aller aujourd'hui ?

  • Et oui, tu es vraiment obligée. Allez file ! Je te rejoins dans cinq minutes.

A contrecœur, Lily quitta le lit de ses parents et se dirigea vers sa chambre en ronchonnant.

  • C'est pas juste. On devrait pas aller à l'école le jour de l'anniversaire de son papa.

Rick et Kate ne purent s'empêcher de rire devant la mine boudeuse de leur fille.

  • Elle attends ce jour depuis une semaine, elle était impatiente de t'offrir ton cadeau.

  • En parlant de cadeau ? Il est où le tien ?

  • Patiente, tu l'auras ce soir.

  • Qu'est ce que c'est ? Tu peux au moins me donner un indice.

  • C'est pas vrai, tu es pire que ta fille. Rigola Kate.

  • Peu importe, de toute manière il ne pourra pas être aussi chouette que celui que je t'ai fais pour ton anniversaire.

  • Ah oui ! Tu crois ça ?

  • C'est sûr, j'ai mis la barre très haut.

  • Et bien nous verrons ça ce soir. Je nous ai réservé une table en ville, chez Stéphano. On déposera Lily chez Alexis avant de s'y rendre, elle est enchantée de passer la nuit chez sa sœur, et ensuite je t'aurai rien que pour moi.

  • C'est un programme alléchant. J'ai hâte fit il en l'embrassant.

Il se saisit ensuite de sa fourchette et prit une bouchée de pancakes. Kate éclata de rire quand elle vit l'expression de Rick.

  • Les pancakes aussi, elle les a fait toute seule hein ?

  • Oui. Grimaça Kate.

  • Non c'est super, on ne met jamais assez de coquilles d’œufs dans les nôtres.

  • Maman !!

  • Je crois que le devoir m'appelle. Profite bien de ton petit dej.

Kate déposa un dernier baiser sur sa joue avant d'aller rejoindre sa fille pour l'aider à s'habiller.

 

Ce matin il avait été décidé que c'était Rick qui amènerait Lily à l'école. L'établissement scolaire se trouvait à trois blocs de maison de chez eux et dès qu'il faisait beau comme aujourd'hui, ils s'y rendaient à pied. A la porte, Kate donna ses dernières consignes avant d'embrasser sa fille puis elle attira son mari vers elle alors que hors de portée de voix, Lily virevoltait et tournoyait dans l'allée.

  • A quelle heure doit tu être à l'université, précisément ?

  • Pas avant dix heure

  • Alors ça te laisse presque une heure, dit elle en jetant un regard plein de sous entendus.

  • Parfaitement exacte Mme Castle répondit Rick d'une voix qui feignait la désinvolture. Vous aviez quelque chose en tête ?

  • Peut être bien Mr Castle.

En souriant, elle déposa un petit baiser sur ses lèvres.

  • On pourrait se faire un petit aperçu de notre soirée ?

  • Lily risque de se poser des questions si je lui demande de courir tout le long du chemin de l'école, non ?

  • File, lui ordonna t-elle en le poussant vers la porte.

 

A peine sa petite famille partie, Kate se décida à aller ranger la cuisine. Lily n'avait pas ménagé ses efforts pour sa surprise et elle avait du pain sur la planche si elle voulait remettre tout en ordre avant le retour de Rick.

A peine venait elle de se mettre à la tâche que la sonnette retenti. Machinalement Kate regarda sa montre, il était tout juste 8 heure et Rick était parti il y a moins de dix minutes, il ne pouvait pas déjà être de retour à moins qu'il ait expédié sa fille à l'école au pas de course. Cette idée la fit sourire. Il en serait tout à fait capable. Il était vrai que depuis l'arrivée de Lily, ils avaient beaucoup moins de temps à se consacrer l'un à l'autre. Ils devaient jongler, entre leurs emplois du temps respectifs et leur fille et cela n'était pas toujours simple. Si Rick s'était remis à l'écriture, il avait également accepté après sa longue convalescence un poste à mi temps à l'université de New York où il donnait des cours de littérature policière 3 fois par semaine. Kate, elle, avait repris ses études de droit après la naissance de Lily, et faisait de l'assistance juridique depuis près d'un an maintenant.

Ils étaient donc tous les deux très occupés et les rares instant qu'ils pouvaient voler étaient précieux. Heureusement qu'ils pouvaient toujours compter sur Martha ou Alexis comme ce soir, pour pouvoir se faire une soirée romantique de temps en temps.

Quand elle ouvrit la porte d'entrée, elle se retrouva face à face avec un fantôme de son passé auquel elle ne s'attendait pas.

  • Bonjour Kate !

 


jogeo1  (29.12.2017 à 22:08)

CHAPITRE 3 :

 

Elle se trouvait dans un petit salon chaleureux décoré avec simplicité mais beaucoup de goût. Sur le manteau de la cheminée, s'alignait une série de cadres. La photo d'un mariage, d'une maman tenant pour la première fois son bébé dans ses bras, d'une famille souriante et heureuse réuni devant un sapin de noël ou encore celle d'une petite fille souriante. Victoria se saisit de ce dernier cliché et elle l'admirait encore quand Kate réapparut dans la pièce tenant un plateau avec deux tasses de café fumant, qu'elle déposa sur la table basse.

  • C'est Lily ? Demanda Victoria. Qu'est ce qu'elle a grandi !! Ça lui fait quel âge maintenant ?

  • Elle a eu quatre ans en janvier.

  • Déjà ! Comme le temps passe vite.

Elle reposa la photo à sa place et vint s'asseoir sur le canapé en face de Kate.

  • En tout cas vous avez une magnifique maison.

  • Merci. On s'y sent très bien.

  • Et comment va la petite famille ?

  • Bien, tout le monde va très bien.

  • Et votre nouveau travail vous plaît ?

  • Pourquoi êtes vous là Victoria ? Fit Kate pour couper court à cet échange de banalités.

  • Pardon ?

  • Ça va faire 2 ans qu'on a quitté New York et vous n'avez jamais donné signe de vie depuis. Je doute que vous passiez dans le coin seulement pour me complimenter sur mon intérieur.

  • Toujours aussi perspicace je vois. Écoutez Kate, je ne vais pas y aller par quatre chemins, j'ai besoin de vous. Avez-vous entendu parler de l'éventreur de New York ?

  • C'est le Connecticut pas l'autre bout du monde. Bien sûr que j'en ai entendu parler, les journaux ne parlent que de ça depuis des mois. Mais je ne vois pas le rapport avec moi.

  • Je suis ici parce que le maire vous veut sur cette enquête.

  • J'ai démissionné, dois je vous le rappeler ? Je ne fais plus parti de la police.

  • Un flic reste un flic, Kate, c'est dans vos gênes.

  • Allez vous en Victoria.

  • Non, parce que les meurtres eux ne s'en iront pas. Il y a un tueur fou en liberté et, même si j'enrage de l'admettre, nous ne sommes pas plus avancé qu'il y a six mois. Le maire pense que vous êtes la personne qu'il nous faut pour arrêter ce massacre et je suis d'accord avec lui.

  • Il y a un tas d'autres flics compétents, adressez vous à eux. Ce n'est pas mon problème.

Intérieurement, Kate était révoltée par ce qu'elle venait d'affirmer. Sa déclaration était en contradiction avec sa vocation de policier, mais elle avait cessé de se sentir flic le jour où elle avait commencé à faire plus de mal que de bien autour d'elle. A cause d'elle et de son obstination, son mari avait été gravement blessé et sa fille avait bien failli ne jamais voir le jour. Jamais plus elle ne mettrait la vie de sa famille en danger et c'est ce qui risquait de se reproduire si elle reprenait du service dans la police.

  • Écoutez Kate, je sais ce que vous avez traversée mais...

  • Vous ne savez rien du tout au contraire ! Vous n'avez pas passé des semaines à vous demander si la personne que vous aimiez le plus au monde allait mourir à cause de vous ! Vous n'avez pas faillit perdre votre bébé ! Vous n'avez pas assisté à la détresse de votre mari durant les trois années qu'ont duré sa rééducation. Est ce que vous saviez qu'il n'avait pas put prendre sa fille dans ses bras avant ses six mois ?

  • Je sais que vous avez souffert, tout les deux. Je le sais croyez moi et je ne serais pas venu vous demander un service aussi grand si j'avais eu le choix.

Kate se leva du canapé et eut un sourire sans joie à l'intention du commissaire.

  • Gardez le contact Victoria, qu'on puisse se voir plus souvent.

  • Attendez ! Fit Gates.

A bout d'arguments, elle sortie une feuille de papier de sa poche.

  • Le mois dernier, il nous a laissé ceci, épinglé sur le corps d'Erin Selway. Nous n'en avons rien dit mais regardez Kate. Si vous pouvez lire ça et continuer à refuser de nous aider, je m'en vais et je vous laisse en paix.

Kate contempla un long moment la feuille de papier pliée en quatre. Une simple photocopie de la lettre laissée par l'éventreur. Puis finalement, elle prit la note des mains de Victoria et la déplia.

« Aux personnes concernées,

franchement messieurs, je suis déçu. Même si je ne m'attendais pas à être capturé, j'espérai vous sentir plus près. Ce n'est plus du tout amusant. Peut-être que deux victimes en Avril vous stimulerait ?

A propos, la presse pourrait elle arrêter de me surnommer l'éventreur de New York, je mérite quelque chose de plus original, ne croyez-vous pas ? »

 

L'arrogance du ton écœura Kate. Six personnes étaient mortes parce qu'un psychopathe dédaigneux s'ennuyait, considérant les êtres humains comme des pions dont il se jouait, dont il disposait avant de les rejeter. Et si il exécutait sa menace, le nombre de mort allait doubler mensuellement.

  • Ce qui est arrivé il y a cinq ans, n'était pas de votre faute Kate. Vous n'avez fait que votre devoir et une importante organisation criminelle a été démantelée grâce à vous. Vous avez sauvée beaucoup de vie et nous vous en seront à jamais reconnaissant mais si vous refusez de nous aider à capturer ce tueur, ou du moins d'essayer, vous aurez le prochain meurtre sur la conscience jusqu'à la fin de vos jours.

  • Ce n'est pas juste, ce que vous faîtes.

La réponse qu'elle avait faite à sa fille un peu plus tôt dans la matinée quand elle avait prononcé les mêmes mots lui revint en mémoire.

  • Votre équipe vous attend.

  • Si j'accepte, et j'ai bien dis si, ce serait sous mes conditions. Finit elle par dire.

  • Tout ce que vous voudrez.

  • Si je vous aide c'est juste en tant que consultante, il est hors de question que je réintègre la police.

  • Je n'y vois pas d'inconvénient.

  • Ce sera juste pour cette enquête. Et encore une chose. Je refuse que ma famille soit exposée. Pas un mot à la presse sur mon implication dans cette affaire.

  • Alors, je peux dire au maire que vous êtes des nôtres ?

  • Je vous promets simplement d'y réfléchir. Je dois en parler à Rick, je ne prendrais pas cette décision sans lui.

  • D'accord mais n'attendez pas trop longtemps, on est en avril et il va recommencer à tuer.

  • Demain, laissez moi jusqu'à demain.

 

Sur le chemin de l'école Lily était toute guillerette, et elle racontait à son père tout ce qu'elle allait pouvoir faire le soir avec sa grande sœur. Elle était si bavarde, en même temps elle avait de qui tenir, que le trajet jusqu'à l'école paru encore plus court qu'à l'habitude. Arrivée devant la grille de l'école, Lily lâcha la main de son père.

  • C'est bon, on est arrivé, tu peux t'en aller maintenant !

  • Tu ne veux pas que je t'accompagne jusqu'à ta classe ?

  • Non c'est bon. Je suis une grande fille maintenant, je peux préparer ton petit déjeuner et aller dans ma classe toute seule.

  • C'est vrai mais je pensais entrer dans l'école moi aussi et rester assis à côté de toi pendant une heure ou deux.

  • Tu peux pas faire ça !

  • Et pourquoi ? J'aimerai bien m'asseoir avec toi dans la classe.

  • Parce que tu es trop grand d'abord et puis maman n'aime pas quand tu t'approche trop de la maîtresse.

  • Maman a dit ça ?

  • Oui. Même qu'elle a dit à tata Lanie que si cette grande gigue siliconée continuait son cirque elle allait voir de quel bois elle se chauffe. Dit ça veut dire quoi ?

  • Ça veut simplement dire que maman n'aime pas qu'on touche à ses affaires.

  • Comme quand je ne veux pas prêter ma poupée à Sarah Grâce ?

  • C'est ça. Rigola Rick.

  • Je peux y aller maintenant ?

  • Oui file.

  • Salut papa, dit elle avant de partir en courant.

Lily ne regarda pas une seule fois en arrière. Elle fonça pour rattraper ses amies. Castle resta planté là un moment, la regardant se faire engloutir par le flot des écoliers et une vague de tristesse l'envahit. Sa fille grandissait trop vite. Déjà elle refusait qu'il l'accompagne jusqu'à sa classe, bientôt elle ramènerait des petits copains à la maison. Alors qu'il était perdu dans ses pensées, à sa grande surprise Lily se retourna et lui fit un signe de la main. Il leva la main à son tour. Finalement tout n'était pas encore perdu.

Sur le chemin du retour il marcha d'un pas enthousiaste. Sa femme l'attendait, probablement dans leur lit. Il parcouru les dernières dizaine de mètre en courant et remonta l'allée de la maison à toute jambe ne remarquant pas la Toyota gris métallisée garée sur le trottoir.

Rick franchit la porte d'entrée et découvrit Kate dans le canapé du salon, en face d'une femme qu'il ne reconnu pas immédiatement. Elles se levèrent toutes les deux à son arrivée et Kate se dirigea vers lui.

  • Regarde chéri, qui est venu nous rendre une petite visite.

Rick se tourna alors vers Victoria pour lui tendre la main.

  • Monsieur Castle ! C'est un réel plaisir de vous revoir.

  • Victoria ! Vous passiez dans le quartier je suppose ? Fit il méfiant.

Puis il lui fit comprendre qu'il souhaitais qu'elle lui accorde un instant avant de poursuivre puis il se tourna vers Kate.

  • Je peux te parler une minute ?

  • Excusez-nous.

  • Non, je vous en prie, j'allais m'en aller de toute façon. Merci pour le café Kate. Je vous dis à demain ?

  • Oui, à demain. Fit Kate lançant un regard inquiet vers son mari.

Kate raccompagna Victoria sur le perron. Une fois celle-ci partie, elle retourna dans le salon où Rick n'avait pas bougé d'un centimètre.

  • Qu'est ce qu'elle te voulait ?

  • Elle veut mon aide sur une affaire en cours.

  • Et bien sûr tu as refusé, et si tu dois la revoir demain c'est juste en souvenir du bon vieux temps ?

  • En fait...

  • Kate !

  • J'ai juste dis que j'allais y réfléchir !

  • Oh alors je n'ai aucun soucis à me faire ? Et on peut savoir de quelle affaire il s'agit ?

  • Celle de l'éventreur de New York.

  • Un tueur psychopathe, évidement.

  • Mais enfin, ce serait juste pour leur donner un coup de main, juste pour une enquête, je ne vois pas pourquoi tu en fais toute une histoire.

  • Si j'en fais toute une histoire, comme tu dis, c'est parce que je te connais. Tu vas te plonger corps et âme dans cette affaire et tu ne lâcheras pas quitte à te mettre dans la ligne de mire.

  • Ça n'arrivera pas, pas cette fois.

  • Tu en es certaine ?

  • ...

  • Mais enfin tu n'es plus dans la police, je croyais que cette vie là était derrière toi ?

  • Et c'est le cas.

  • Alors pourquoi tu veux faire ça? Je croyais qu'on était heureux, que tu étais heureuse ?

  • Bien sûr qu'on l'est, ça n'a rien à voir avec nous, ne mélange pas tout mais il y a un assassin dehors, et tu voudrais que je le laisse continuer à tuer en toute impunité ?

  • Tu dis que tu vas y réfléchir mais à parement ta décision est déjà prise.

  • Essaies de comprendre.

  • Comprendre quoi ? Que tu préfères courir après des criminels plutôt que de t'occuper de ta famille ?

  • Tu es injuste, je vous ai toujours fait passer avant tout toi et Lily et ce ne serait que pour cette fois !

  • Tu sais quoi ? Vas y, fais comme tu veux !

Il ne lui laissa pas le temps de répliquer, il attrapa sa veste dans l'entrée et se dirigea vers la porte.

  • Où est ce que tu vas ? Demanda Kate inquiète de sa réaction.

  • J'ai un cours à préparer.

  • Attends ! Rick !

Mais trop tard, la porte d'entrée avait déjà claquée.

Kate maudit intérieurement Victoria Gates et le maire. Si seulement ils avaient pu l'oublier elle serait tendrement enlacée dans les bras de son mari à l'heure qu'il est au lieu de se retrouver seule devant une porte close à culpabiliser.

Elle ne pouvait pas en vouloir à Rick, sa réaction était prévisible et naturelle. Après tout ce qu'ils avaient traversés pendant et après l'affaire Locksat, il n'aspirait qu'à une vie tranquille et paisible loin du 12ème district. Une vie qu'ils vivaient maintenant depuis près de 2 ans, dans l'un des quartiers les plus riche et les plus prisé de Hoboken à la périphérie de New York avec leur fille, leur petit miracle à eux que même la cruauté de Mason Wood et de Caleb Brown n'avait pas réussi à leur enlever.

Oui, ils étaient heureux et l'annonce qu'elle avait prévu de lui faire ce soir pour son anniversaire allait renforcer leur bonheur. Dieu en est témoin, elle n'avait aucune envie de mettre sa vie si parfaite en péril mais avait elle le droit de laisser un criminel en liberté, un assassin sans au moins essayer de l'arrêter ?

 


jogeo1  (05.01.2018 à 10:39)

Attention chapitre avec une scène [-18]. Bonne lecture.

 

CHAPITRE 4 :

 

Après le départ de Rick, Kate avait eu beau essayer elle n'avait pas réussi à s'ôter leur dispute de la tête. Elle s'était alors plongée dans son travail en vain et au bout de deux heures de recherches infructueuses elle éteignit son ordinateur. Pas la peine d'insister, elle n'arriverait à rien aujourd'hui. Ayant une bonne quantité de tension nerveuse à évacuer, elle enfila une tenue de sport et se décida à aller courir. D'ordinaire elle parvenait à faire le vide et à fixer son attention sur sa respiration et le martèlement de ses pieds contre le bitume, mais ce jour là elle en fut incapable. Elle était déchirée entre son devoir de flic et son devoir d'épouse et de mère et n'arrivait pas à prendre de décision. Elle aurait voulu en reparler avec Rick une fois que celui-ci serait calmé mais il avait ignoré tous ses appels. Elle attendrait donc qu'il rentre mais cette attente lui pesait et elle en avait perdu l'appétit. Elle se demandait même si il ne fallait pas mieux annuler leur réservation pour ce soir, ni l'un ni l'autre n'étant plus vraiment d'humeur romantique.

Vers quatre heure elle alla récupérer Lily à l'école. Elle l'emmena se dépenser au parc avant de rentrer à la maison. Les rires de Lily alors que Kate la poussait sur sa balançoire lui remirent du baume au cœur et l'aidèrent finalement à prendre sa décision.

Elles étaient ensuite rentrée à la maison où Kate avait préparé le goûter de sa fille.

Lily était désormais en train de paresser sur le canapé, devant un dessin animé pendant que Kate prenait une longue douche. Sous le jet d'eau brûlant elle ferma les yeux et son esprit vagabonda, et la ramena 5 ans en arrière, dans le bureau du médecin qui s'était occupé de Rick après la fusillade.

  • « La balle a touché l'artère sub claviaire, il y a eu très forte hémorragie interne et arrêt cardiaque. Votre époux a souffert d'anoxie, c'est un manque d'oxygène dans le cerveau et c'est cette anoxie qui a causé son coma.

  • Mais il est réveillé maintenant, il va aller mieux n'est ce pas ?

  • Le cerveau est très mystérieux. Bien que votre époux semble avoir la capacité de se remettre, on ne peut pas dire jusqu'à quel point ni combien de temps cela peu prendre... Madame Castle, vous devez comprendre que cette anoxie a causé beaucoup de dégâts.

  • Quels dégâts ? Déglutit péniblement Kate.

  • Mme Castle, Richard ne peut plus parler, il ne peut pas bouger, l'appareil moteur ne fonctionne plus très bien, sa mémoire peut être profondément affectée.

  • Mon dieu !

  • Nous en saurons plus dans un mois ou deux mais ce sera un long et difficile rétablissement. Certainement qu'un jour tout reviendra à la normale mais nous n'en avons aucune garantie. Il peut aussi ne plus jamais retrouver la parole ou la coordination des membres, jamais. »

Un frisson la parcouru de la tête aux pieds, elle se pelotonna sur le carrelage et laissa l'eau la transpercer comme une myriade d'aiguilles brûlantes. Peut être ainsi la glace qui charriait ses veines finirait elle par se dissoudre.

Ce fut la sonnerie du téléphone qui la tira de sa torpeur. Elle essuya une larme qui avait roulée sur sa joue du revers de la main, ferma les robinets et s'enveloppa dans un drap de bain avant de se précipiter dans sa chambre pour répondre. Elle espérait tellement que ce soit Rick qu'elle ne laissa même pas son interlocuteur se présenter

  • Rick ?

  • Comme c'est mignon, vous êtes mariés depuis quoi ? 7 ans, vous avez un gosse et tu attends encore ses appels avec impatience comme une collégienne.

  • Salut Lanie ! Soupira Kate

  • Un problème ? ça n'a pas l'air d'aller. Demanda aussitôt Lanie au son de la voix de son amie.

  • C'est rien, c'est juste qu'on s'est disputé ce matin.

  • Qu'est ce qu'il a encore fait ?

  • Ce n'était pas de sa faute cette fois mais de la mienne.

  • Ne fais pas cette tête là !

  • Comment tu peux savoir la tête que je fais d'abord ?

  • Parce que tu es ma meilleure amie et que je te connais par cœur. A chaque fois que tu te dispute avec ton bel écrivain, on dirai que c'est la fin du monde. Tu veux en parler ?

  • Non pas vraiment.

  • Allez ! De toute façon je suis sûr qu'il t'a déjà pardonné et si ce n'est pas le cas, il le fera quand il verra la robe T que tu as prévu de porter ce soir.

  • La robe T ?

  • Et bien oui, T comme tentatrice !

Lanie l'avait persuadée d'acheter cette robe, la robe T lors d'une virée shopping entre copines. Il lui fallait cependant reconnaître que c'était un modèle époustouflant. C'était une simple robe à bretelles, au décolleté profond, taillée dans une étoffe soyeuse d'un bordeaux intense qui lui allait à merveille.

  • Je ne suis même plus sûr qu'on sorte ce soir, alors !

  • Mets la robe !

  • Pourquoi tu appelais au fait ? Demanda alors Kate pour changer de sujet.

  • C'était pas important laisse tomber. Allez je te laisse te pomponner pour ton homme, je t'appellerais demain pour savoir si ma robe à fait son effet.

  • Lanie !

  • Bonne soirée. Fit cette dernière d'un ton enjoué avant de raccrocher.

Kate décrocha la robe « T » de son cintre et la contempla. Vraiment adorable. Lorsqu'elle la passa et en remonta la fermeture éclair, le tissus léger comme l'air, au contact très agréable, tomba à merveille sur les contours de son corps. Le bas de la robe était découpé de façon irrégulière, et à certains endroits le tissus lui découvrait largement les genoux accentuant la longueur de ses jambes.

Elle compléta sa tenue avec une pair de sandale à talons et à lanières. Elle se contempla dans le miroir et sembla satisfaite du résultat. Puis elle fouilla dans ses tiroirs jusqu'à trouver le châle de soie noire frangé qu'elle avait rapporté d'Italie deux ans plus tôt. Ils s'étaient offert ce voyage comme une seconde lune de miel à la fin de la convalescence de Rick. En le posant sur ses épaules de la façon adéquate, il lui couvrait élégamment le dos et la poitrine. Ses seuls bijoux étaient un pendentif en diamant monté sur une chaîne en platine et une pair de clou d'oreilles assortis.

Quand elle redescendit au rez de chaussé Lily était absorbé par son dessin animé préféré, la reine des neiges qu'elle regardait en boucle depuis que ses parents lui avaient acheté le DVD. Kate plia son châle sur le dos d'une chaise et alla la rejoindre au salon alors qu'on entendait la fameuse chanson « Libéré »

  • Alors minouchette, comment tu me trouves ?

  • Ouah maman ! T'es trop belle ! Presque aussi belle qu'Elsa.

  • Presque ?

  • Ben oui ! Elle c'est une princesse !

  • Où avais-je la tête. Allez file te préparer pour aller chez Alexis, papa va bientôt arriver.

  • Mais c'est pas encore fini ! Objecta l'enfant.

  • Tu n'as cas le mettre dans ton sac, tu finiras de le regarder là bas. Allez file.

Lily obéi sans faire d'histoire, et se précipita dans les escaliers en fredonnant le générique du film.

  • Et ne court pas dans les escaliers !

Kate retirait le DVD du lecteur quand le bruit de la clé dans la serrure retentit. Elle éteignit la lumière et alla à la rencontre de Rick dans le hall.

  • Salut !

  • Salut !

Rick fixait Kate du regard, dans l'attente de reproches qui ne vinrent pas.

  • Qu'est ce que tu regardes comme ça ? Finit elle par demander.

  • Toi.

  • Et ?

  • Tu es magnifique !

  • Merci. Je ne savais pas si tu aurais encore envie de sortir ce soir.

  • Écoutes Kate, pour ce matin, j'ai mal réagi, je n'aurai pas dû partir comme ça, je te demande pardon.

Il lui tendit un bouquet de fleur en même temps qu'il s'excusait. Soulagée, Kate le serra dans ses bras, chuchotant à son oreille.

  • C'est moi qui suis désolée.

Il l'enlaça à son tour et elle pressa sa tête sur sa poitrine.

  • J'appellerais Gates demain matin pour lui dire qu'elle ne compte pas sur moi.

Il la serra un peu plus fort contre lui.

  • Tu en es sûre ?

  • Certaine ! C'est la bonne décision.

Elle s'écarta de lui, les yeux rougis.

  • Toi et Lily êtes plus importants que n'importe quel travail.

  • Alors pourquoi est ce que tu pleurs ? Fit il en essuyant du pouce une larme qui menaçait de couler.

  • C'est juste l'émotion. Je n'aime pas quand on se dispute. Je suis un peu trop sensible ces derniers temps, c'est tout. C'est certainement à cause de ma...

Un vacarme assourdissant provenant du haut de l'escalier l’interrompit juste à temps. Comme un seul homme, Rick et Kate levèrent les yeux et aperçurent leur fille en haut de l'escalier traînant derrière elle un sac plus gros qu'elle.

  • Mais qu'est ce que tu fabriques ? Demanda Kate à la petite.

  • Rien, j'ai fais mon sac.

  • Mais enfin qu'est ce que tu as mis là dedans ? Demanda son père à son tour.

  • Ben c'est mes affaires !

  • Tu ne pars que pour une nuit, tu n'es pas obligée d'emmener ta chambre tu sais. Répondit Rick

La fillette fit mine de réfléchir puis d'un seul coup s'écria :

  • Mince, j'ai oublié quelque chose.

Elle repartit en courant dans sa chambre.

  • Je crois que je ferai mieux d'aller voir, qui sait ce qu'elle va encore inventer. Fit Kate amusée à son mari.

Il se pencha vers elle et l'embrassa sur le front.

  • D'accord. Je vais me changer. Je n'en ai pas pour longtemps.

Ils montèrent l'escalier ensemble puis se séparèrent sur le palier de l'étage. Alors que Rick tourna à gauche vers sa chambre pour aller prendre une douche rapide et se préparer pour sa soirée en tête à tête avec sa femme, Kate se saisit du sac que Lily avait laissé sur le sol et tourna à droite vers la chambre de sa fille.

 

Après de longues et difficiles négociations, Kate avait réussi à convaincre Lily de laisser quelques affaires sur place. Elle laissa dans son sac un pyjama, une tenue de rechange pour le lendemain, sa peluche Olaf sans laquelle elle n'arrivait pas à s'endormir, un livre pour que sa sœur lui lise une histoire et un ou deux jeux pour qu'elle puisse s'amuser. Tout le reste retrouva sa place sur les étagères et dans l'armoire.

Ils prirent la route une demie heure plus tard vers New York où Alexis vivait toujours. Après le drame qui avait touché sa famille, elle avait laissé tombé définitivement ses activités au sein du cabinet de détective privé de son père qui avait été repris d'une main de maître par Hayley, qui le faisait prospérer, et avait reprit ses études de droit. Elle avait récemment obtenue son diplôme et avait décroché un stage rémunéré au bureau du procureur. Certes le salaire était minable mais elle espérait que son stage débouche sur une embauche. Elle voulait se battre pour obtenir justice pour les victimes, comme sa belle mère l'avait fait avant elle. Contrairement à Kate qui avait enquêté sur les crimes, elle voulait poursuivre les criminels pour que plus jamais des hommes comme Mason Wood ne revoit la lumière du jour.

Pendant les trois années difficiles durant lesquelles son père s'était battu pour retrouver la santé, elle avait été là à chaque instant le soutenant ainsi que Kate dans cette difficile épreuve. Elle s'était occupée de Lily comme un mère et un lien indéfectible s'était tissé entre les deux jeunes Castle.

Lily était donc toute excitée en arrivant à l'appartement de sa grande sœur et ses parents eurent du mal à canaliser son énergie. Ils lui firent promettre d'être bien sage et d'écouter tous ce qu'Alexis lui dirait puis souhaitant bonne chance à son aînée, Rick l'embrassa et prit sa femme par la taille et la guida vers la sortie.

 

La soirée au restaurant s'était passée à merveille. Ils avaient dîné en terrasse, dégusté du homard tout en admirant les lumières de la ville. Ces deux New-yorkais pure souche ne se lassaient jamais de ce spectacle. Si ils s'étaient retirer en banlieue deux ans plus tôt afin de commencer une nouvelle vie loin de New York et de ses crimes, loin du drame qu'ils avaient vécu, ils aimaient revenir de temps en temps se ressourcer dans la grande ville et voir leurs amis. Ils y avaient pleins de merveilleux souvenir même si Rick en avait oublié une partie. Sa mémoire lui jouait encore des tours, mais Kate et tous les gens qu'il aimait étaient là pour l'aider à combler les blancs.

Kate était désormais dans sa chambre, contemplant leur jardin par la baie vitrée. Elle était perdue dans ses pensées quand Rick apparut sur le seuil de la porte deux flûtes de champagne à la main. Alors qu'elle lui tournait le dos, il se dirigea vers elle puis lui butina le coup de baiser. Détendue, elle se laissa aller contre lui.

  • On est bien ici, c'est si tranquille.

  • C'est vrai.

Il lui tendit sa coupe de champagne et elle plissa les yeux.

  • essaierais tu de me soûler ?

  • Absolument. C'est mon anniversaire tu dois te plier au moindre de mes désirs.

  • Vraiment !

Elle éclata d'un rire joyeux, souleva son verre, le porta à sa bouche et trempa à peine les lèvres dedans avant de le poser sur la commode.

  • Je n'ai pas besoin d'être soûle pour t'offrir une nuit que tu n'oublieras pas de sitôt.

Le désir de Rick se réveilla brusquement et il posa son verre à côté de celui de Kate.

  • Dans ce cas moi non plus.

Il l'attira près de lui, l'observa un instant, s'émerveillant du spectacle qu'elle lui offrait, les courbes de son visage, sa bouche sensuelle.

  • Je t'aime Kate.

Elle passa les bras autour de son cou et lui sourit.

  • Je t'aime aussi.

Elle posa la main sur sa joue et l'embrassa, longtemps, avec passion. Les mains de Rick glissèrent le long de son dos puis sans que leur lèvres ne se quittent, il la serra d'avantage contre lui.

Avec le plus grand empressement, ils se mirent à se déshabiller l'un l'autre. Rick attrapa la fermeture éclair dans le dos de Kate. L'ouvrir lui fut aussi difficile que de cesser de l'embrasser assez longtemps pour se concentrer sur ce qu'il faisait. De son côté Kate tentait de lui ôter sa chemise. Il s'écarta pour pouvoir la faire glisser par dessus sa tête. Quand il la prit de nouveau dans ses bras, elle sentit sa peau brûlante contre la sienne. N'étant toujours pas venu à bout de cette fichu fermeture éclair, il essaya de se reconcentrer sur sa tâche, mais Kate ne lui facilitait pas le travail. Elle s'était mise à l'embrasser dans le cou et lui caressait le dos.

  • Tu y tiens beaucoup à cette robe ? Le truc, là... il est coincé.

  • Le truc ?

  • La fermeture éclair

  • Je la déteste cette robe, lâcha t-elle.

Rick sourit car elle semblait aussi impatiente que lui. Certes, cette robe seyait à merveille à Kate, mais si il le fallait il la réduirait en lambeau. La fermeture céda enfin et coulissa...jusqu'au bas de ses reins. Il laissa courir ses doigts le long de l'ouverture jusqu'à atteindre un minuscule bout de dentelle noire. Kate passa les bretelles de sa robe par dessus ses épaules et la laissa glisser à terre. Ils terminèrent de se déshabiller et se laissèrent tomber ensemble sur le lit. Rick l'entoura de ses bras, la fit rouler sur le dos puis referma sa bouche sur son sein. Kate saisit alors sa tête à deux mains pour qu'il continue. Cela n'avait rien de nouveau pour elle mais à chaque fois c'était follement excitant. Elle aimait les caresses de Rick, le plaisir insensé qu'il éveillait en elle. Elle se pressa contre lui, oubliant tout sauf ses baisers qui l'enflammaient. Puis elle l'obligea à relever la tête et ravit sa bouche.

  • Viens.

Elle l'attira un peu plus à elle, pour sentir sa peau, ses muscles contre elle.

  • Viens en moi, répéta-t-elle.

  • Nous ne sommes pas pressés.

Il redescendit vers ses seins si ferme.

  • J'ai besoin de te goûter, murmura-t-il.

Et c'est ce qu'il fit, somptueusement. Il se régalait avec tendresse, finesse, légèreté.

Elle se mit à trembler tandis qu'il explorait son ventre, lui caressait les cuisses. Elle se cambra. Quand il plongea paresseusement la langue dans sa chaleur, elle poussa un cri.

  • Encore...

Affamé à présent, il la dévorait. Et il continua encore et encore jusqu'à ce qu'elle parvienne au faîte du plaisir.

Puis il remonta le long de son corps et glissa en elle.

  • Encore insista-t-elle, nouant les jambes autour de sa taille pour l'attirer plus profondément en elle.

Elle croisa son regard et vit l'étincelle dans ses yeux, l'envie qu'il avait d'elle. Elle se mit à bouger sous lui.

Il serra les poings, sa respiration s'accéléra tandis qu'il plongeait de plus en plus vite, de plus en plus fort. Il avait l'impression que son cœur allait exploser. Mais elle soutenait l'allure, se jetant contre lui avec une énergie démentielle. Ses ongles se plantaient dans son dos, ses épaules, ses hanches. Délicieuses petites griffures.

Il la sentit jouir. Il cueillait ses cris et ses gémissements, poursuivant leur chevauchée passionnée jusqu'à l'explosion.

Le corps de Kate se tendit vers la limite extrême du plaisir. Cette fois, il la rejoignit et la jouissance les étreignit au même instant, sublime, immense et majestueuse.

Il s'effondra sur elle, pris de vertige.

  • On devrait faire ça plus souvent, articula t elle à bout de souffle au bout d'un moment.

  • Donne moi une minute et...

Elle parvint à rire.

Soudain il se redressa.

  • Pourquoi tu ris ? Je suis très sérieux.

Elle se redressa à son tour et vint déposer un tendre baiser sur ses lèvres.

  • Ne bouge pas, je vais te chercher ton cadeau.

Il la retint par le bras alors qu'elle s'apprêtait à se lever.

  • Tu es la seule chose dont j'ai besoin.

  • Celui là est spécial.

Elle l'embrassa une dernière fois puis se leva, pour rejoindre la salle de bain. Quand elle réapparut quelques minutes plus tard, elle portait un négligé de soie bleue. Elle s'assit au bord du lit.

  • Joyeux anniversaire, mon amour, dit elle en lui tendant une enveloppe décorée de stickers brillants en forme de cœur.

Rick remarqua qu'elle trépignait. Il s'en amusa et décacheta l'enveloppe. Il en sortit une photo. Il n'en croyait pas ses yeux.

  • C'est ce que je pense ? Fit il sous le choc, comprenant enfin l'hypersensibilité de sa femme ces derniers temps.

  • Oui, tu es content ? Demanda Kate qui n'arrivait pas à déchiffrer son expression.

Surprise, déception ou grande joie ?

  • si je suis heureux ? Demanda t-il abasourdi.

  • Je sais que c'était pas prévu mais...

Il s'approcha de Kate et la serra très fort dans ses bras.

  • Je suis l'homme le plus heureux du monde.

  • C'est vrai ? Fit elle soulagée.

  • Chérie, c'est le plus beau cadeau qui soit. Jamais je ne pourrais rivaliser avec ça.

  • Si ça peut te consoler, tu as quand même pas mal participé.

Ils s'embrassèrent avec une passion renouvelée et, sans lâcher Kate, Rick posa sur le coin de la table de chevet l'échographie du nouveau membre de la famille.

 


jogeo1  (12.01.2018 à 19:57)

CHAPITRE 5

 

Castle ouvrit un œil et s'étonna de l'heure affichée sur l'écran de son réveil : 10 h 10. Il tâta le lit à la place de Kate, qui était vide. Il s'étira et se saisit de l'échographie posée sur la table de chevet. Un sourire illumina aussitôt son visage. Il n'en revenait toujours pas, il allait de nouveau être papa.

La vie pouvait être si imprévisible parfois. Il y a à peine 4 ans, il avait baissé les bras persuadé que sa vie était terminée, que plus jamais il ne serait heureux, et pourtant.

Quand il repensait à cette époque comme ce matin, une boule se formait inéluctablement au creux de son estomac. Il se rendait compte alors à quel point il avait fait vivre un calvaire à ses proches alors que ceux-ci essayaient simplement de l'aider. Il avait été égoïste, aveuglé par sa propre souffrance, ne faisant aucun cas de celle des autres.

Fixant toujours l'échographie qu'il tenait dans la main il se revit dans leur loft de New York quelques jours après sa sortie de l'hôpital.

Alors que Kate était montée depuis quelques minutes à l'étage et que Lily alors âgée de 8 mois s'amusait dans son parc, il avait entreprit de se faire un café. Tout se passait bien jusqu'à ce qu'il tente d'attraper une tasse dans le placard. Celui-ci étant hors de sa portée il avait essayé de se lever en prenant appui sur son fauteuil. Le fauteuil avait alors basculé l'entraînant dans sa chute.

Alertée par le bruit et les pleurs de sa fille, Kate s'était précipitée en bas pour découvrir Rick par terre.

  • Chéri tu t'es fait mal ? Demanda t-elle inquiète tout en essayant de l'aider à se rasseoir dans son fauteuil.

  • Non ça va. Bougonna t-il.

Puis s'apercevant qu'il s'était coupé à la main avec un morceau de verre de la cafetière qui s'était brisée dans la chute, elle avait saisit un torchon pour l'appliquer sur la plaie.

  • Tu t'es coupé, je vais désinfecter la plaie.

  • Laisses, c'est rien.

  • Je vais juste...

  • fiche moi la paix ! rétorqua-t-il sèchement en retirant brusquement sa main de celle de Kate.

Surprise par ce soudain accès de colère, Kate recula.

  • Comme tu veux.

Elle se dirigea vers le parc où Lily pleurait toujours, et prit sa fille dans ses bras pour la consoler.

  • Chut, mon ange, maman est là. Fit elle tout en la berçant dans ses bras.

  • Elle va bien ? S'inquiéta alors Rick devant les pleurs persistant de sa fille.

  • Oui, ne t'en fais pas, elle a eu peur c'est rien.

  • Ma propre fille a peur de moi.

  • Elle n'a pas peur de toi, elle ne te connaît pas, c'est tout. Mais tu es rentré maintenant, vous allez faire connaissance, tout va s'arranger.

  • Comment tu peux dire une chose pareille. Regarde moi je ne suis même pas fichu de me préparer un malheureux café, comment je pourrais m'occuper de ma fille ?

  • Donne toi encore un peu de temps.

  • Et combien de temps encore il va te falloir pour te rendre compte que jamais je ne sortirai de ce fauteuil ? Jamais je ne remarcherai.

  • Bébé, je sais que c'est frustrant mais tu as fais des progrès considérables en 1an et les médecins disent que tu as toutes les chances...

  • Ne me prends pas pour un imbécile s'il te plaît. dix pour cent, j'ai dix pour cent de chance de pouvoir remarcher un jour, voilà ce que les médecins disent. Je ne suis pas encore sourd.

  • C'est vrai mais tu sais quoi, dix pour cent, je prends. Dix pour cent c'est une chance, de l'espoir.

  • Kate je t'en prie...

  • Si à la météo, j'entends qu'il y a dix pour cent de chance qu'il pleuve aujourd'hui, alors je prends un parapluie, parce que dix pour cent pour moi c'est assez pour croire que c'est possible... Et si tu ne devais jamais remarcher alors on fera avec, ça ne changera pas mes sentiments pour toi et je serai toujours là pour toi.

  • Et tu traîneras partout ton handicapé de mari ? Vous seriez bien plus heureuse sans moi.

  • Qu'est ce que tu racontes ?

  • Tu aurais dû le laisser m'achever ce jour là.

  • Je t'interdis de dire ça ! S'énerva t-elle à son tour. Ce qui t'es arrivé est horrible et injuste et tu as le droit d'être en colère, d'en vouloir à la terre entière, mais ne redis jamais une chose pareil !... Il y a des gens qui t'aimes, qui compte sur toi ! J'ai besoin de toi ! Tes filles ont besoins de toi !...Et si toi tu n'y crois plus finit elle en larmes, nous ont croient en toi alors ne nous laisse pas tomber.

Elle était monté coucher Lily le laissant seul face à ses démons et il avait extériorisé sa rage et sa frustration en cassant tout ce qui s'était trouvé à sa porté sur le comptoir de la cuisine.

Ce soir là il avait insisté pour qu'on le ramène à l'hôpital, ne supportant plus d'être un poids pour les siens.

 

Il avait loupé tellement de choses, la grossesse de Kate, la naissance de Lily, ses premiers pas... Caleb Brown lui avait volé trois ans de sa vie, et jamais il ne les récupéreraient mais voilà qu'aujourd'hui on lui donnait une nouvelle chance. Une chance d'être le père qu'il aurait tellement aimé être pour Lily.

 

Après s'être douché et habillé, il descendit dans la cuisine. Il s'arrêta dans l'encadrement de la porte et trouva Kate assise le téléphone posé devant elle sur la table. Elle semblait livide.

  • Bonjour beauté. Tu es debout depuis longtemps ?

  • Bonjour. Fit elle souriant timidement. Un moment. Tu dormais si bien, je n'ai pas eu le cœur de te réveiller.

Il se servit une tasse de café, puis s'approcha de Kate et lui déposa un baiser sur les lèvres, puis il s'assit près d'elle à la table de la cuisine. En posant la main sur la sienne, il s'aperçut qu'elle tremblait.

  • Qu'est ce qui se passe ? tu es toute pâle, tu ne te sens pas bien ? Tu veux que j'appelle le médecin ? Demanda t-il inquiet.

  • Non. Ne t'inquiète pas. C'est juste que...j'ai appelé Gates.

  • Je vois. Et comment elle a pris la nouvelle ?

  • Elle est déçu mais elle comprends.

  • Alors qu'est ce qui ne va pas ?

  • Ils ont trouvé un autre corps ce matin, et je me dis que peut être que...

  • Peut être que tu aurais pu l'empêcher c'est ça ? Tu crois vraiment que ça aurait fait une différence pour ce malheureux si tu avais accepté hier ?

  • Non tu as raison. N'en parlons plus. Aujourd'hui c'est samedi, et si on faisait une sortie en famille ? On pourrait passer la journée à Coney Island, Lily n'a encore jamais été à la fête foraine, je suis sûr qu'elle va adorer.

 

 

En effet Lily était aux anges et passait une merveilleuse journée avec ses parents. Ils étaient passé la prendre chez Alexis, peu avant le déjeuné et avaient mangé un sandwich dans central parc avant de prendre la direction de Coney Island.

L'endroit était bondé. Des centaines de gens grouillaient autour d'eux, des parents avec de jeunes enfants ou des adolescents, des grands parents traînant leurs petits enfants derrière eux, quand ce n'était pas l'inverse.

Lily repéra au loin un kiosque qui vendait des glaces et en réclama une à sa mère.

  • Non minouchette, il est trop tôt pour une glace. Tu en auras une tout à l'heure.

  • Mais je suis sûr que papa en veut une lui. Répliqua la petite espérant amadouer son père.

Celui-ci était prêt à céder comme d'habitude mais il se ravisa en croisant le regard de Kate.

  • Maman a dit tout à l'heure, tu ne veux pas essayer un manège avant ?

  • D'accord. On peut essayer celui-là ? Demanda t-elle en montrant une montagne russe du doigt.

Le manège que Lily avait désigné était gigantesque. Rick leva les yeux et observa les wagons qui grimpaient péniblement la première colline avant de dévaler la pente à toute vitesse, sous les hurlements des passagers hystériques qui agitaient frénétiquement les mains dans le vide.

  • Je crois qu'on va attendre encore un peu pour celui-là. Et pourquoi pas celui-la là bas. Fit il en lui montrant un carrousel.

  • Mais ça c'est pour les bébés ! Et moi je suis plus un bébé !

Sentant la crise arriver, Kate s'accroupit auprès de sa fille pour lui murmurer quelque chose à l'oreille. Celle-ci opina de la tête puis s'empara de la main de son père.

  • Viens papa, ne t'inquiète pas.

Elle tira sur le bras de Rick et l'entraîna vers le carrousel.

Ils enchaînèrent les tours de manège les uns après les autres, Lily essayant tour à tour les différents supports avec son père. Kate restée sur la terre ferme prenait des photos à n'en plus finir. Ces petits moments tous les trois était son bien le plus précieux et elle voulait en garder une trace indélébile.

Alors qu'ils entamaient leur dixième tour, elle décida de faire une pause et elle alla s'asseoir sur un des bancs autour du manège à côté d'une femme d'une soixante-dizaine d'année qui regardait les enfants s'amuser.

  • Vous avez là une bien adorable famille. Fit celle-ci en lui souriant.

  • Merci.

  • Ils ont l'air de s'amuser comme des petits fous.

  • C'est vrai. Je ne sais pas lequel des deux s'amuse le plus. Vous êtes là avec vos petits enfants ?

  • Non, malheureusement, mon mari est décédé avant que nous ayons la chance d'avoir des enfants et je ne me suis jamais remariée.

  • Je suis triste d'entendre ça.

  • J'aime venir ici de temps en temps, les cris de joie de tout ces enfants me mettent du baume au cœur et me permettent d'oublier toute les horreurs qui se passent dans le monde. Tenez, encore ce matin j'ai entendu à la radio que l'éventreur avait fait une nouvelle victime. Ça me fait froid dans le dos qu'à notre époque des choses aussi horribles puisse encore arriver. Et on se demande ce que fait la police.

  • Vous savez je suis sûr qu'ils font de leur mieux.

  • Et bien ce n'est pas assez. Si vous voulez mon avis, ce sont des incapables. Il doit bien y avoir quelqu'un capable d'arrêter ce malade ?... Allons bon, je vous ennuie avec toutes mes histoires, je vous laisse profiter de votre petite famille. Bonne journée à vous.

  • A vous aussi.

La femme se leva et disparue dans la foule laissant Kate seule sur le banc. Sans qu'elle ne sache pourquoi, les paroles de la vieille femme l'avait blessée.

  • Tout va bien ? Demanda Rick qui venait de la rejoindre sans qu'elle ne s'en aperçoive.

  • Quoi ? Fit elle surprise.

  • Tu as l'air ailleurs, tout va bien ?

  • Oui très bien. Où est Lily ?

  • Oh elle a trouvée une copine d'école, elle est avec elle et sa maman. Moi je fais une pause. Si j'entends encore une fois la musique de ce fichu manège, je vais piquer une crise. En tout cas, pour quelqu'un qui ne voulait pas y monter, on ne peut plus l'en faire descendre maintenant. Qu'est ce que tu lui as raconté pour qu'elle cède aussi facilement ?

  • Que tu étais mort de trouille à l'idée de monter sur le grand manège et que si elle y allait tu allais te sentir très mal.

  • Très malin.

  • Merci

  • Mais pour ton info, je n'ai pas peur de ce machin, je monte dedans quand tu veux.

  • Bien sûr ! Je sais que tu n'as peur de rien toi mon chéri.

Elle déposa un rapide baiser sur sa joue.

  • Qui c'était ?

  • Qui ?

  • La vieille femme avec laquelle tu discutais.

  • Une femme qui passait par là, pourquoi ?

  • Tu avais l'air perturbée quand elle est partie.

  • Ce n'est rien.

  • Je suis un expert en « ce n'est rien » et ça ce n'était pas rien.

  • D'accord, elle me parlait de l'éventreur. Elle pense que la police est incompétente, et ça c'est la version édulcorée. Je sais ce que tu vas dire : que je ne fais plus partie de la police et que je ne devrais pas me sentir visée mais pourtant c'est le cas.

  • Tu penses pouvoir l'arrêter, n'est ce pas ?

  • Ce n'est pas ce que j'ai dis.

  • Non, mais c'est ce que tu penses.

  • Bon peut être que ça m'a traversé l'esprit, une minute, rien qu'une minute...mais j'ai pris ma décision et...

  • Vas y ! La coupa t-il.

  • Quoi ? Fit elle surprise. Mais enfin, hier tu disais que je ne devais pas le faire.

  • Je sais ce que j'ai dis hier. Et je n'ai toujours pas envie que tu le fasses...mais toi tu en as envie et je n'ai pas le droit de t'en empêcher, ce serait égoïste de ma part.

  • Rick écoutes...

  • Non toi écoutes moi. J'ai bien réfléchi. Tu as abandonné ta carrière pour moi. Pendant presque trois ans tu as tout porté sur tes épaules sans jamais te plaindre. Tu as été là pour moi et pour Lily alors que moi je ne pouvais pas. Je n'en serais pas où j'en suis aujourd'hui si tu n'avais pas été là, je n'y serai jamais arrivé sans toi Kate. Alors c'est à mon tour d'être là pour toi, de te soutenir, quel que soit ton choix. Si tu penses pouvoir arrêter ce tueur, alors vas y. Même si ça me fait peur, même si je préférerais te garder auprès de moi, je vais me faire une raison. Je veux le faire pour toi.

  • Tu sais que je t'aime toi ! Fit elle avant de l'embrasser tendrement.

  • Mais il y a quand même une condition.

  • Laquelle ?

  • Tu dois me promettre de ne prendre aucun risque pour toi et pour le bébé.

  • C'est promis. Je vais juste les aider dans leurs recherches, je ne quitterais pas le poste. Et puis Gates m'a promis de ne pas ébruiter ma participation. Rien ne pourra arriver.

  • Mais si il y a le moindre problème...

  • Je laisse tomber.

  • Juré ? Demanda t-il en lui tendant son petit doigt.

  • Juré. Répondit-elle en croisant son petit doigt au sien.

Puis elle se pencha vers lui et l'embrassa à nouveau. Un baiser lent et profond comme une respiration.

  • Merci de me laissez essayer. Je te revaudrais ça.

  • Mais j'y compte bien. Lui sourit-il. Tu devrais y aller, je m'occupe de Lily.

Elle fit un dernier signe de la main en direction de sa fille puis s'éloigna au pas de course.

  • Où elle va maman ? Demanda Lily qui s'était enfin décidé à quitter le manège.

  • Elle doit aller travailler.

  • Mais on a pas fait de manège toutes les deux. Fit elle avec sa moue boudeuse.

Pour lui faire oublier le départ de sa mère et effacer cet air malheureux qu'elle venait d'afficher sur son jolie petit minois, Rick tenta une diversion qui s'avéra très efficace.

  • Quelqu'un n'avait pas parlé d'une glace ?

  • Si ! Moi ! Répliqua aussitôt Lily en sautant sur place. Soudainement elle avait retrouvé sa joie de vivre.

Père et fille partir main dans la main en quête d'une glace au chocolat alors qu'au même moment Kate hélait un taxi pour le poste de police du douzième district, son poste de police.

 


jogeo1  (19.01.2018 à 18:57)

CHAPITRE 6

 

Evy Kincaid fixa les tâches colorées qui dansaient sur l'écran de son ordinateur. Il n'était que 15 heures et déjà ses épaules lui faisaient mal et ses doigts étaient engourdis d'avoir tapé avec tant de frénésie sur le clavier. Pire encore, sur son bureau, la pile de fiches consacrées à l'éventreur ne diminuait absolument pas. Dès qu'elle avait fini de taper un rapport ou un compte rendu d'interrogatoire, deux autres prenaient leur place. Comme toute l'affaire, le travail d'Evy était long, frustrant et apparemment sans fin.

Quand elle avait été affectée au douzième, quelques semaines seulement après sa promotion au rang de détective seconde classe, elle avait bien cru démarrer une carrière. Hélas, quelqu'un avait dit au capitaine qu'elle tapait cent mots/minute et qu'elle était brillante sur un ordinateur. Depuis, elle n'était jamais sorti officiellement du commissariat. Elle n'avait pas vu les lieux d'un seul crime ni interrogé un seul témoin et on ne l'encourageait pas à émettre des hypothèses. Elle passait toutes ses journées à intégrer les rapports des autres détectives, à les référencer en terme d'informatique et à se plaindre.

  • j'ai choisi la police pour enquêter et non pour taper sur un clavier grommela t-elle sans s'adresser à personne en particulier. Quitte à ne faire que cela, autant le faire ailleurs pour un salaire décent.

  • Tu parles encore toute seule ? Demanda Ryan assis à son bureau. Un de ces jours, les types en blouse blanche viendront te chercher.

Elle le gratifia de plusieurs battements de cils accélérés.

  • Mais tu viendras héroïquement à mon secours, n'est ce pas Kevin ?

  • Je crois qu'avant que cette affaire finisse, tout le poste sera interné.

Ils furent interrompu par un vacarme assourdissant provenant du bureau du capitaine.

  • Pourquoi font-ils tous ce bruit ? Demanda Evy désignant la porte du bureau où se disputaient le commissaire principal Gates et leur capitaine.

Paul Adamson, une des dernières recrues du poste, déplaça son siège à roulettes jusqu'à eux.

  • Vous n'êtes pas au courant ? Il paraît qu'Esposito va être remplacé.

  • Pourquoi est ce qu'on ne me dit jamais rien à moi. J'adore les cancans. Qui va être notre nouveau chef ? Demanda Evy

  • C'est n'importe quoi ! Répliqua aussitôt Ryan sur la défensive.

  • Je sais que c'est ton pote et puis ce n'est qu'une rumeur, t'énerves pas mais...

Avant qu'il ne puisse aller plus loin, les portes de l'ascenseur s'ouvrir.

  • Ça par exemple... ! Murmura Ryan.

  • Qui est ? Tu la connais ? Demanda Paul son regard rivé sur la magnifique jeune femme qui venait de faire son apparition et que le commissaire s'empressait de venir saluer. Elle lui faisait penser à une actrice de feuilleton policier.

  • C'est Kate Beckett. Elle a quitté la police il y a cinq ans. Jamais je n'aurai cru la revoir ici.

  • Beckett, dit Evy, ce nom m'est familier...Oh ! Bien sûr ! Elle a été mêlée à une histoire de fusillade, n'est ce pas ?

  • Oui, une histoire vraiment tragique. Elle enquêtait sur une organisation criminelle quand l'un de ses membres à pénétré chez elle par effraction et à tiré sur son mari. Elle a riposté et lui a collé quatre balles dans le corps. Elle a été légèrement touchée mais son mari lui...

Ryan avait l'estomac serré à l'évocation de ce douloureux souvenir. Il n'oublierait jamais ce qu'il avait ressenti ce jour là quand il avait été informé du drame. Ils étaient en train de fêter leur victoire sur Locksat quand la terrible nouvelle était tombée.

  • maintenant je me rappelle, murmura Evy. Elle a démissionné peu après. Est ce qu'elle a décidé de reprendre le harnais ?

  • Je pense qu'on lui a demandé de revenir.

Gates et Beckett venaient d'entrer dans le bureau d'Esposito mais on pouvait voir à travers les lamelles du store vénitien. Esposito gesticulait et Ryan imaginait sans peine ce qui se disait. Gates était de dos, apparemment impassible malgré les vociférations d'Esposito, lequel venait probablement d'apprendre qu'on le remplaçait.

  • Alors c'est comme ça, après tout ce que j'ai fais pour ce poste, un seul faux pas et on me dégage !

  • Il n'a jamais été question de vous dégager voyons. Kate est juste là pour aider et non pour prendre votre place.

  • Ce pauvre capitaine Esposito ne s'en sort pas alors on appel la cavalerie à la rescousse, quelqu'un de plus compétent !

  • Ne le prends pas comme ça Javier. Personne ne met en doute tes compétences. Essaya de le calmer Kate sans y parvenir. Victoria s'est juste dit qu'un œil neuf ne ferait pas de mal.

  • C'est ça ! Fit Esposito d'un ton sarcastique avant d'ouvrir la porte du bureau brutalement attirant tous les regards.

Son sang froid semblait ne tenir qu'à un fil. Gates traversa la salle sur ses talons alors que Kate fermait la marche plus calmement. Cette dernière s'arrêta sur le seuil du bureau tandis que Gates tonnait dans un silence si complet qu'on eut entendu tomber un trombone :

  • Écoutez tous ! J'ai une déclaration à vous faire. L'ancien capitaine Kate Beckett a acceptée de se joindre à nos efforts pour appréhender l'éventreur. Elle est ici en tant que consultante et secondera le capitaine Esposito.

Un murmure de surprise courut dans la pièce et Gates éleva la voix pour faire taire les commentaires.

  • Le dévouement dont votre capitaine fait preuve dans cette affaire n'est pas en cause mais le maire et moi même avons demandé l'aide de madame Beckett afin qu'elle nous apporte son expérience. En effet, comme ceux qui la connaisse le savent déjà, elle n'en est pas à son coup d'essai. Elle a résolu bon nombre d'affaires aussi délicates que celle-ci et je suis sûr nous conduira à l'arrestation de l'éventreur.

Esposito serra les dents. Il tourna les talons et sortit en coup de vent alors que Gates se tournait vers Kate.

  • Ils sont à vous.

  • Merci. Fit Kate avant de s'adresser aux officiers. Bonjour à tous. Je sais que vous avez énormément de travail alors je serai brève. Comme l'a mentionné le commissaire Gates, j'ai procédé à un bon nombre d'arrestations dans ma carrière de flic mais ces arrestations n'ont été possibles que grâce à un formidable travail d'équipe. On arrive à rien tout seul. Alors si quelqu'un à des idées, des théories, je veux les connaître. Si votre tante Gertrude est un peu parano et voit l'étrangleur en rêve, je veux le savoir. Je suis ouverte d'esprit, croyez moi niveau théories loufoques je suis allée à bonne école et plus rien ne peu me surprendre mais parfois même la plus folle des théories peu conduire à l'assassin. Alors n'hésitez pas. En attendant, reprenez ce que vous étiez en train de faire.

Alors que tout le monde rejoignait son poste de travail, Adamson ne bougea pas d'un millimètre les yeux toujours fixés sur Kate qui elle avait prit la direction de la salle de pause.

  • Tu as entendu la dame. Au boulot le somma Ryan avant de prendre la direction de la salle de pause à son tour.

  • Cette nana est incroyable. Ne put s'empêcher de dire Adamson. C'est quand elle veut, où elle veut.

Cette réflexion lui valut les foudres d'Evy qui le frappa violemment à l'épaule.

  • Ark ! Tu es dégoûtant ! Râla t-elle avant de retourner à son ordinateur.

 

Kate se servit un café, ajouta un sachet de sucre vanillé, une dose de crème puis mélangea le tout et goûta. Elle eut une grimace et fit des yeux le tour de la salle. Rien n'avait vraiment changé ou presque.

  • Hey ! Ça fait plaisir de te revoir. Fit Ryan en la serrant dans ses bras.

  • C'est gentil mais je te rappel qu'on a dîné chez toi la semaine dernière. Le chambra Kate.

  • Tu sais très bien ce que je veux dire. Enfin pourquoi tu ne nous as pas prévenu ?

  • Ça c'est décidé à la dernière minute, je n'ai pas eu le temps.

  • En tout cas c'est génial, on va reformer notre équipe comme au bon vieux temps.

  • J'apprécie ton enthousiasme, malheureusement j'ai bien peur que tu sois le seul que cette nouvelle ravie.

  • Tu veux parler d'Esposito ?

  • Difficile de ne pas avoir remarqué sa sortie fracassante.

  • Ne fais pas attention. Il est sur les nerfs à cause de cette affaire, la presse ne lui fait pas de cadeaux tu sais.

  • C'est si moche que ça ?

  • Pire. Cet espèce de malade joue avec nous depuis des mois et on a aucune piste. Rien ne lie les victimes entre elles, il les choisie au hasard. Impossible de dire où il frappera à nouveau. Bref c'est un cauchemar.

  • Très bien, alors si on en croit son calendrier, on a un mois pour l'arrêter avant qu'il ne fasse sa prochaine victime, alors au boulot.

  • Par quoi tu veux commencer ?

  • Est ce que tu peux me rassembler toutes les pièces à conviction trouvées sur les lieux des crimes ?

  • C'est comme si c'était fais.

  • Merci. Je vais aller voir où en est Lanie de l'autopsie de la dernière victime.

Elle but une autre gorgée de café et grimaça encore.

  • Il n'y a plus personne qui sache faire de café buvable ici ?

  • C'est le boulot du consultant ça il me semble, non ? Fit Ryan malicieusement avant de partir s'acquitter de sa tâche.

 

 

Lorsque Kate poussa la porte de la morgue elle tomba nez à nez avec Lanie qui s'apprêtait à sortir.

  • Alors ce n'était pas qu'une rumeur ! Fit la légiste n'étant pas surprise de la présence de son amie.

  • Comment tu peux déjà être au courant, je suis arrivée il y a à peine dix minutes.

  • On ne peut rien me cacher à moi, tu le sais bien.

  • Ryan t'a appelé, c'est ça ?

  • C'est possible... Mais enfin qu'est ce que tu fais ici ?

  • Gates m'a demandé un coup de main.

  • Elle est pas gonflée. Et toi tu as accepté !!

  • Mais enfin pourquoi tout le monde en fait toute une histoire. J'ai été flic et même un bon flic il me semble. Je sais ce que je fais.

  • La dispute avec Castle hier, c'était pour ça alors ?

  • J'avoue que sur le coup il n'a pas été très emballé mais on en a discuté et même si il est encore sur la réserve, il me soutien.

  • Alors ma robe à fait son effet. Tu vois, qu'est ce que je t'avais dis !

  • Ça n'a rien à voir avec la robe. J'ai un mari adorable et compréhensif sur qui je peux compter.

  • Alors il ne s'est rien passé d'intéressant hier soir ?

  • Eh...fit Kate en rougissant.

  • Ah je le savais qu'avec cette robe tu ferais un malheur. Et c'était comment ? Racontes.

  • Est ce qu'on peut revenir à la raison de ma visite ici ?

  • Oui désolée. Le corps est par ici.

Lanie désigna une table d'autopsie, sur lequel une forme recouverte d'un drap blanc était allongée. Avant de soulever le drap, elle prit un temps d'arrêt.

  • Ce n'est vraiment pas joli à voir, tu es sûre d'être prête pour ça ?

  • Lanie !!

  • Ok je n'ai rien dit

Kate ne put qu'être de l'avis de la légiste quand celle-ci découvrit le corps. Elle étudia le visage du défunt. Le tueur n'y avait pas été de main morte avec sa pauvre victime. Il lui avait coupé les cheveux avec brutalité, laissant des touffes éparses et d'innombrables entailles. Ses joues étaient constellées de petite brûlures circulaires. Mais le tueur avait concentré l'essentiel de son énergie et de sa créativité sur le corps.

  • On sait qui c'est ?

  • Pas encore, il n'avait aucun papier sur lui. J'ai envoyé ses empreintes au labo, espérons qu'ils trouverons une correspondance.

  • Qu'est ce que tu peux me dire sur ses blessures.

  • Comme pour les autres, il a des marques de ligatures aux poignets et aux chevilles. Son corps porte beaucoup d'estafilades, de plaies perforantes, de traces de brûlures et de coups. Les coins de sa bouche sont irrités et entaillés ce qui tente à prouver qu'il a été bâillonné...Kate ce pauvre type a été torturé pendant des heures. Il s'est peut être écoulé une journée entière ou plus, avant que ça cesse d'être amusant. Et à ce moment là...c'est cette large blessure en travers du ventre qui l'a achevé. Mais il aura fallut un certain temps avant qu'il ne meurt d'hémorragie. Un temps affreusement long.

  • Une idée de l'heure de la mort ?

  • Je dirai hier soir. Je n'en suis qu'à l'examen préliminaire, je serai plus précise une fois l'autopsie terminée...Tu es vraiment sûr de vouloir faire ça Kate ? Ce que ce type est capable de faire...

  • C'est pour ça qu'il faut qu'on l'arrête.

  • Je te tiens au courant dès que j'ai du nouveau.

  • Merci Lanie.

Oui il fallait qu'elle arrête ce monstre, elle s'en fit la promesse en quittant la morgue.

 


jogeo1  (26.01.2018 à 20:18)

CHAPITRE 7 :

 

Il était plus de vingt deux heures et Kate n'était toujours pas rentrée. Rick essaya de la joindre son son portable pour la deuxième fois mais tomba à nouveau sur la messagerie après la septième sonnerie.

  • Kate c'est encore moi. Je commence à m'inquiéter. Rappelle moi dès que tu peux.

Il reposa le combiné sans fil sur son socle et s'adossa au plan de travail.

Il venait de terminer de ranger la cuisine et lui avait laissé une part de lasagne dans le frigo. Lui même n'avait quasiment pas touché à son repas, trop inquiet. Savoir sa femme courir après un dangereux psychopathe ne le rassurait pas et l'absence prolongée de Kate commençait vraiment à lui peser sur les nerfs. Il essaya tant bien que mal de se rassurer. Il n'y avait certainement pas de quoi s'inquiéter. Elle avait pu s'attarder à New York pour prendre un café avec ses anciens collègues qu'elle n'avait pas revu depuis longtemps. Il y avait peut être des problèmes de circulation sur la voix express. Il suffisait d'un véhicule en panne sur la bande d'arrêt d'urgence pour semer la pagaille.

Ce qui n'expliquait pas pourquoi elle ne prenait pas ses appels. Elle n'entendait peut être pas son téléphone enfouit dans son sac ou alors elle était tellement absorbée par cette enquête qu'elle n'avait pas vu le temps passer. Cette dernière hypothèse paraissait la plus probable mais cela ne le rassura en rien. Il ne put s'empêcher de repenser, la boule au ventre, à l'époque où elle courrait après le meurtrier de sa mère, ou encore celle de sa croisade contre Locksat. Elle n'avait pas hésité, alors, à mettre sa vie entre parenthèses et en danger pour traquer et arrêter les coupables.

Il s'efforça de ne plus y penser. C'était le passé et Kate lui avait promis que les choses seraient différentes cette fois et il lui faisait confiance pour ça. Et puis, à bien y réfléchir, elles ne pouvaient que l'être. Elle était enceinte et jamais elle ne ferait quoi que ce soit qui puisse mettre la vie de son bébé en péril. Elle avait eu trop peur de perdre Lily à l'époque. Si seulement elle avait su qu'elle attendait leur fille, tout aurait été différents, et elle aurait laissé tombé sa vendetta, il en était persuadé.

Il entendit des pas légers dans l'escalier qui le firent sortir de sa réflexion. Lily apparut dans la cuisine, serrant dans ses bras sa peluche. Il jeta un coup d’œil à l'horloge murale, elle affichait vingt deux heures quinze.

  • Qu'est ce que vous faîtes encore debout jeune fille ?

  • J'arrive pas à dormir !

  • Et pourquoi ça ?

  • Maman ne m'a pas fait mon bisou.

  • Elle n'est pas encore rentrée mais je lui dirai qu'elle monte t'embrasser dès qu'elle arrive.

  • Mais si je suis en train de dormir, je saurais pas qu'elle m'a fait un bisou.

  • Et si je montais te raconter une histoire, ça t'aiderai à t'endormir ?

  • Oui

  • allez viens.

Il la prit dans ses bras et ils montèrent l'escalier. Une fois dans la chambre de Lily, il la recoucha bien au chaud dans son lit et la borda. Il alla ensuite chercher une chaise, s'installa au chevet de sa fille et se saisit du livre de cendrillon posé sur la table de chevet.

  • Tu te souviens où on en était ?

  • Quand cendrillon quitte le bal.

  • Ah oui, c'est vrai.

Rick tourna les pages jusqu'au passage voulut et reprit sa lecture :

  • « Majesté ! Majesté !

  • Que veux tu ?

  • La jeune fille s'est enfuie.

  • Quoi ? Hurla le roi. Tu l'as laissée partir !!!

  • Mais...Sire...

  • Et mon fils ?

  • Justement ! Elle a perdu cette chaussette et le prince à promis d'épouser la première qui pourra la mettre. »

  • Non ! C'est pas ça l'histoire ! Le coupa Lily morte de rire.

  • Ah non ?

  • Non ! Elle a pas perdu une chaussette !

    Tu en es sûr ?

  • Oui !!

  • alors elle a perdu quoi ?

  • Une chaussure !!

  • Mais oui ! C'est toi qui as raison ! Où avait je la tête ?

Il reprit sa lecture, sous l'oreille attentive de Lily qui ne manquait pas de le reprendre à chaque fois qu'il laissait libre court à son imagination et qu'il détournait quelque peu l'histoire originale. Il faut dire qu'elle la connaissait par cœur, son père lui ayant déjà lu une bonne vingtaines de fois.

  • « Ils vécurent heureux très longtemps et eurent beaucoup d'enfants ». Lu Rick avant de fermer le livre.

  • Encore une fois ! Le somma Lily toujours pas décidée à dormir.

  • Non il est tard, c'est l'heure de faire dodo maintenant.

  • Mais maman est pas encore là !

  • Elle va bientôt arriver. Allez pose ta tête sur l'oreiller, sers bien Olaf contre toi et ferme les yeux.

  • Papa ?

  • Oui chérie.

  • Tu peux rester.

  • Je ne bouge pas. Allez endors toi.

Elle qui prétendait ne pas être fatiguée, elle s'endormit en moins de dix minutes. Rick l'embrassa sur le front et tendis la main vers l'interrupteur.

  • Bonne nuit mon ange.

En sortant de la chambre il ferma la porte tout doucement.

Si Lily avait finit par s'endormir, il savait pertinemment que lui ne trouverait pas le sommeil tant que Kate ne serait pas rentrée.

 

 

Kate avait passé le reste de l'après midi à étudier les pièces à conviction que Ryan avait fait sortir des scellés et à compulser les rapports d'autopsies des différentes victimes. Elle ne put s'empêcher de pester en parcourant ces rapports. Aucune trace de sang ni d'empreinte de l'assassin. Il avait effacé ses traces méticuleusement. Les agents en charge du dossier avaient fait un travail impeccable ne laissant rien au hasard, elle n'avait rien trouvé même pas un petit détail qui aurait pu leur échapper. Elle commençait à se demander si ils avaient vraiment besoin d'elle.

Un coup frappé à la porte lui fit relever la tête de ses dossiers. Devant elle se tenait une jeune femme dans l'encadrement de la porte.

  • Excusez moi de vous déranger mais...

  • C'est du café ? Demanda soudain Kate ayant remarqué le gobelet fumant qu'elle tenait dans la main.

  • Heu oui. Vous travaillez depuis des heures je me suis dis que peut être...

  • Entrez je vous en prie.

  • Merci. Fit la visiteuse en lui tendant le gobelet.

Kate absorba prudemment une gorgée. A la seconde où le savoureux breuvage entra en contact avec ses papilles gustatives, elle se détendit.

  • Chez Ernie, n'est ce pas ?

  • C'est ça.

  • Il fait le meilleur café de la ville, c'est à peu près la seule chose qui me manque depuis que je ne travaille plus dans le centre. dit Kate en goûtant de nouveau.

  • Détective Evelyn Kincaid, se présenta cette dernière en lui tendant sa main ouverte par dessus le bureau. Mais tout le monde m'appelle Evy.

Kate l'accepta la serrant chaleureusement.

  • Eh bien Evy, vous avez le don de tomber au bon moment. J'avais vraiment besoin d'une pause. Mais dites moi, vous restez toujours aussi tard ?

  • Généralement. J'espère qu'un jour quelqu'un le remarquera et me nommera capitaine.

  • Devenir Capitaine c'est votre but ?

  • Pour l'instant mon but immédiat est de réussir à quitter mon ordinateur de temps en temps. Quelqu'un à découvert que je peux faire à peu près tout ce que je veux avec cette machine. Depuis je n'es pas revu la lumière du jour.

  • Chaque poste est important vous savez.

  • Ce n'est pas mon avis. Je suis un bon détective et j'aimerai le prouver. Toutes les informations qui sont arrivée à ce bureau sont passées par moi. J'ai tout référencé et indexé. Je connais tous les éléments de cette enquête sur le bout des doigts. La seule chose que je n'ai pas faite, c'est aller sur les lieux du crime et interroger les témoins potentiels. Des tas de gens compétents travaillent sur ces meurtres, mais ils ne disposent que de fragments de l'image globale. Moi je garde tout ici dit elle en se tapant le front. Donnez moi ma chance et je vous aiderai à trouver la solution.

  • Evy, je serai ravi d'échanger avec vous sur cette affaire. J'ai encore beaucoup de lacunes et vous me serez d'une aide précieuse.

  • Merci madame.

  • Mais il est tard. Je vais rentrer chez moi et vous devriez en faire autant. On se voit lundi et on en reparle ?

  • D'accord. A lundi. Fit Evy heureuse que quelqu'un la prenne enfin au sérieux.

Kate eut un grand sourire en la voyant s'éloigner si enthousiaste. Evy Kincaid était pétillante, intelligente et impatiente. Dans une certaine mesure elle lui faisait penser à elle à ses débuts. Autrefois son insigne lui suffisait à elle aussi. Il représentait tout pour elle. Ce n'était plus le cas à présent.

Elle prit son téléphone pour appeler un taxi et fit la grimage en découvrant qu'elle avait reçu plusieurs appels en absence. Elle avait coupé sa sonnerie en arrivant au poste et avait oublié de la remettre. Rick devait être dans tous ses états. Le connaissant, il avait du imaginer tous les scénarios possibles et imaginable pour expliquer son silence. Elle s'empressa de composer son numéro puis se ravisa. Il était tard et peut être que fatigué d'attendre il avait fini par aller se coucher dans quel cas elle allait le réveiller. Elle opta pour un SMS plus discret. Il ne le réveillerait pas si il dormait mais le rassurerait dans le cas contraire. «Désolée mon cœur, je n'ai pas vu l'heure. Je serai là dans trois quarts d'heures. Je t'aimes. » La réponse ne tarda pas à venir. « Je crois que je vais être obligé de te punir. Tu seras privée de sortie le soir. » Cette réponse la fit sourire et elle ne put s'empêcher de répondre à son tour. « Je saurai me faire pardonner. » « J'ai hâte de voir ça. Sois prudente sur la route. Je t'aimes. »

Elle rassemblait ses affaires quand on frappa à nouveau à la porte de son bureau ou plutôt de son placard. Dans la pièce il y avait tout juste la place à mettre un bureau et deux chaises.

  • Alors cette première journée ? Demanda Ryan en passant la tête par l’entrebâillement de la porte.

  • J'ai survécu.

  • Tu as trouvé quelque chose d'intéressant ? Fit il en désignant la pile de dossier qui s'entassait sur le bureau.

  • Nada.

  • C'est frustrant hein ? Je ne compte plus les heures supplémentaires que j'ai faites depuis le début de cette affaire. Je ne sais même plus à quoi ressemble ma femme et mes gosses.

  • Et Jenny est d'accord avec ça ?

  • C'est sûr qu'elle aimerait me voir plus à la maison mais elle comprend l'enjeu alors elle est patiente. Et comment Castle prend ton retour au poste ?

  • Il se fait du souci, mais lui aussi comprend.

  • On a vraiment épousé des perles rares... Je te raccompagne chez toi ?

  • Non c'est gentil. Vas retrouver ta perle rare, j'ai appelé un taxi, il m'attend en bas.

Ils se dirigeaient tous les deux vers l'ascenseur quand ils stoppèrent devant le bureau d'Esposito. Celui-ci était au téléphone et semblait énervé par ce que son interlocuteur venait de lui apprendre.

  • Il est encore parti pour passer sa nuit au poste. C'est un bon capitaine, tu sais mais cette affaire est en train de le détruire. Et contrairement à nous il n'a personne qui l'attend à la maison pour lui faire oublier toutes ces horreurs.

  • Et je suppose que ma venue n'arrange pas les choses.

  • Vous devriez parler.

  • Je ne crois pas qu'il ai envie d'entendre ce que j'ai à lui dire. Enfin tu as bien vu sa réaction cet après midi.

  • Il a été pris par surprise. Écoutes je sais qu'il peut être bourru par moment et il ne l'avouera probablement jamais mais il a besoin de toi... Tu ne crois pas qu'il serait temps d'enterrer la hache de guerre ? j'en ai assez d'être coincé entre mes deux meilleurs amis.

  • Eh ! c'est lui qui s'est fâché.

  • Je sais mais il faut bien que l'un de vous fasse le premier pas. Cinq ans c'est assez long, tu ne crois pas ?

  • Très bien je vais lui parler, mais ne t'attends pas à un miracle.

Alors que Ryan reprit son chemin, elle resta plantée un moment à observer le capitaine du douzième. Elle ne comprenait toujours pas comment deux personnes qui avaient été si proches par le passé avaient pu s'éloigner autant. Javier était l'un de ses plus vieux amis, il avait toujours été là pour la soutenir et réciproquement. Elle n'oublierait jamais ce qu'il avait fais pour elle lors de l'affaire du sniper qui avait terrorisé New York il y a de cela plus de neuf ans maintenant. Sans lui et Rick elle n'aurait jamais tenu le coup. Oui il avait toujours été là pour elle mais après la tentative de meurtre de Caleb quelque chose avait changé. Il était devenu plus distant, il semblait lui en vouloir. Sans doute la jugeait elle responsable de ce qui était arrivé. Elle a bien essayé de lui parler à l'époque mais il était resté évasif et avait fini par ne plus prendre ses appels. Elle en avait beaucoup souffert et peut être aurait elle dût insister d'avantage mais avec sa grossesse qui ne se passait pas très bien et l'état de santé plus que préoccupant de Rick elle avait laissé tombé pour se consacrer à sa famille.

Mais Ryan avait raison, cinq ans c'était bien assez long, il était temps de crever l’abcès. Elle prit une bonne inspiration et s'élança à l'assaut. Elle trouva Esposito absorbé par son écran et heurta légèrement l'encadrement de la porte afin d'attirer son attention.

  • Es ce que je peux te parler ?

  • Tiens mais c'est le meilleur capitaine que le douzième ai jamais connu !

  • Tu peux arrêter un peu avec ça.

  • Est ce que je dois en conclure que la grande Beckett n'a toujours pas élucidé l'affaire. Je suis déçu.

  • Comme tu veux, je croyais qu'on pourrait parler comme deux adultes mais je vois que c'est impossible.

Elle s'apprêtait à quitter la pièce quand :

  • Qu'est ce que tu fais ici Kate ?

  • Je suis venue aider, je te l'ai dis.

  • Non, ce que je veux savoir c'est pourquoi maintenant ? Tu as eu cinq ans pour revenir et tu ne l'as pas fais alors pourquoi maintenant ?

  • Je ne sais pas. Peut être que j'avais besoin de me prouver à moi même que j'en étais encore capable.

  • Rentre chez toi. On s'en sort très bien sans toi depuis cinq ans, on a pas besoin de toi.

Ces paroles lui firent du mal et elle ne s'incrusterait pas si on ne voulait pas d'elle mais avant de partir elle était bien décidée à comprendre comment ils en étaient arrivé là. Un jour ils étaient une équipe uni et puis...

  • Très bien, puisque c'est ce que tu veux je vais m'en aller. Je ne vais pas t'imposer ma présence plus longtemps mais avant, je voudrais juste savoir pourquoi est ce que tu m'en veux autant ? Qu'est ce que j'ai fais de si terrible, dis le moi ?

  • Tu es partie Kate ! Finit il par cracher.

  • Quoi ?

  • Tu étais notre capitaine, on avait confiance en toi, on aurait donné notre vie pour toi et toi tu nous a laissé tomber.

  • Comment tu peux dire une chose pareille ! Si je suis partie c'est parce que mon mari avait besoin de moi. Ma famille avait besoin de moi.

  • Mais nous aussi on était ta famille et tu ne t'es même pas retournée.

Elle n'en revenait pas de ce qu'elle venait d'entendre. Comment pouvait on être aussi égoïste.

  • Et où est ce que tu étais toi ?! Enragea alors Kate devant les propos injustes d'Esposito. Où est ce que tu étais alors que ma vie était en train de s'effondrer !... Alors que l'un de tes amis était en train de lutter pour la sienne ?... Combien de fois tu es venu le voir à l'hôpital ?... Tu dis que je t'ai laissé tomber mais qu'est ce que tu as fais toi ?

Kate quitta le bureau furieuse les larmes aux yeux claquant la porte derrière elle.

 


jogeo1  (02.02.2018 à 22:19)

CHAPITRE 8 :

 

La silhouette de la maison qui était devenue la leur il y a un peu plus de deux ans maintenant se dressa devant elle. A cette heure tardive, elle était plongée dans l'obscurité. Elle éprouva soudain une irrépressible envie d'être chez elle. Son refuge, où elle trouverait l'apaisement, l'espace et le temps nécessaire pour s'aérer la tête.

Le taxi la déposa devant l'allée, elle paya le chauffeur puis passa la porte d'entrée. Elle suspendit son manteau sur le poteau sculpté de l'escalier, parce qu'il était à porté de main et qu'elle n'avait plus la force de le ranger dans le placard. Elle grimpa ensuite les escaliers. Arrivée à l'étage, elle entrouvrit légèrement la porte de la chambre de Lily. Elle avait l'air d'un petit ange endormit et Kate dû lutter contre l'envie d'aller l'embrasser. Elle referma doucement la porte pour ne pas la réveiller et alla dans sa chambre. Elle se dirigeait à pas de loup vers la salle de bain quand tout à coup la pièce s'éclaira. Rick qui venait d'allumer s'assit dans le lit.

  • Tu es enfin rentrée.

  • Désolée, je ne voulais pas te réveiller.

  • C'est rien, je ne dormais pas de toute manière. Alors comment ça c'est passé ?

Elle soupira puis s'assit sur le bord du lit et retira ses chaussures.

  • Je n'y retournerai pas. Lança t-elle avant de s'éclipser dans la salle de bain pour enfiler une chemise de nuit.

De retour dans la chambre elle se glissa dans le lit près de Rick.

  • Tu avais l'air si enthousiaste cet après midi. Il s'est passé quelque chose ? Lui demanda t-il

  • Je ne suis pas à la hauteur, c'est tout. Finit elle par répondre ne voulant pas évoquer son altercation avec Javier.

  • C'est quoi ces âneries ? Tu es la meilleur enquêtrice que je connaisse.

  • Peut être avant mais ce n'est plus le cas. Il y a un tas d'enquêteurs chevronnés sur cette enquête, ils n'ont pas besoin de moi.

  • Ce n'est pas ce que Gates avait l'air de dire. Elle ne serait jamais venue te relancer jusqu'ici si elle pensait...

  • Mais enfin c'est quoi ton problème ?

  • Quoi ? Fit il surpris.

  • Tu devrais être ravi que je laisse tomber.

  • C'est vrai que je n'aimes pas te savoir sur cette affaire, et c'est sûr que je ne pleurerai pas si tu décidais d'arrêter... Je veux juste m'assurer que tu le fais pour de bonnes raisons et que tu ne le regrettera pas par la suite mais j'ai l'impression qu'il y a quelque chose que tu ne me dis pas.

  • Qu'est ce que tu peux être pénible quand tu t'y mets. Ronchonna t-elle.

  • Je sais mais j'ai promis de te soutenir et c'est ce que je fais alors tu vas me dire ce qui c'est passé oui ou non ?

  • Rien d'important, je t'assure.

  • Là je ne suis pas certain d'être le plus pénible des deux.

  • On ne veut pas de moi au poste. Voilà tu es content ?

  • Et par on tu veux dire...

  • Esposito.

  • Même si vous vous êtes perdu de vue c'est ton ami, je suis sûr que tu te fais des idées. Tu as dû mal interpréter. 

  • Ah oui ! Et tu interpréterais ça comment toi ? « Rentre chez toi Kate on se débrouille très bien sans toi depuis cinq ans, on a pas besoin de toi. »

  • Dis comme ça... En même temps tu aurais dû le voir venir.

  • Tu en fais exprès de m'énerver ce soir ?

  • Non ! Mais écoutes, il est sur cette affaire depuis quoi ? Six mois ? Et il n'a toujours aucune piste. Là il apprend que son patron et le maire doutent qu'il puisse arriver à la résoudre un jour et qu'ils ont demandé à son prédécesseur, qu'il sait très compétent, de venir à son secours. Crois moi, son ego de mâle en a prit un sacré coup.

  • Vu sous cet angle

  • Et en plus tu es nettement plus sexy que lui.

  • Tu veux bien arrêter de plaisanter, c'est sérieux !

  • Je sais. Viens par là.

Rick lui passa un bras autour de la taille et l'attira contre lui.

  • Et comment ça c'est terminé ?

  • Je lui suis rentrée dedans et j'ai claquée la porte.

  • Bien joué. Laisses tout ça reposer jusqu'à demain, tu prendras ta décision à ce moment là. Fit il en déposant un baiser sur son front.

  • Hum. Et comment c'est passé ta journée ? Vous vous êtes bien amusés ?

  • C'était chouette mais tu nous as manqué. Lily t'a réclamée toute la soirée.

  • Vous aussi vous m'avez manqué. Tu veux que je me fasse pardonner ?

  • J'envisageais plutôt de te faire culpabiliser encore un peu histoire d'alourdir ta dette et d'accumuler d'énormes intérêts, mais je suis plus que disposé à t'aider à alléger ta conscience tout de suite.

  • Tu es toujours plus que disposé.

Les yeux plantés dans les siens, elle fit courir sa main sur la poitrine de Rick puis le long de son ventre, jusqu'à le sentir dur et brûlant entre ses doigts.

  • tu vois ? Comment les hommes font ils pour vivre avec un truc pareil ?

  • C'est notre éternel fardeau.

  • Ce truc ne fait que quelques centimètres et pourtant il règne sur votre cerveau et votre ego et peut vous faire perdre tout bon sens.

  • Quelques centimètres ? Rétorqua t-il faussement vexé.

Kate éclata de rire.

  • Je savais que ça te titillerait.

  • Utilisé convenablement ce « truc » peut aussi régner sur le cerveau et l'ego d'une femme et lui faire perdre tout bon sens.

  • Oh ! et j'imagine que tu vas me montrer comment l'utiliser convenablement.

  • Et comment !

Il roula au dessus d'elle. Elle s'enroula autour de lui, détendue et pleine d'allant.

  • Je t'aimes murmura t-elle à son oreille.

Puis elle referma ses lèvres sur les siennes. Elle l’accueillit en elle, s'ouvrit à son ardeur brûlante et ils oscillèrent ensemble au rythme des vagues de plaisir, doigts entremêlés, cœur contre cœur.

Lorsqu'ils abandonnèrent leur étreinte, elle se blottit contre lui, s'accrocha à sa chaleur, à sa silhouette, huma son parfum puis ses lèvres s'incurvèrent contre la gorge de Rick.

  • Je suis pardonnée ?

  • Plutôt deux fois qu'une.

Elle laissa échapper un petit rire nasal puis son esprit dériva vers le sommeil. Rick lui caressa le dos tandis qu'elle s'abandonnait puis ne tarda pas à la rejoindre dans les bras de Morphée.

 

L'absence de Kate dans leur lit, lui parut bizarre à son réveil, à sept heures et demie et puis il entendit un bruit étrange venant de la salle de bain.

  • Kate chérie, est ce que tout va bien ?

N'obtenant pas de réponse il se leva et gagna la salle de bain. Il poussa la porte doucement et découvrit Kate pencher au dessus de la cuvette des toilettes. La pauvre était en train de vomir tripes et boyaux. Il se pencha près d'elle et passa une main affectueuse dans son dos jusqu'à ce que sa nausée passe.

  • ça va mieux ? Demanda Rick alors qu'elle se relevait.

  • C'est passé.

Elle alla au lavabo, se rinça la bouche et s'aspergea d'eau le visage.

  • Tu es sûre ? Tu es toute pâlotte. Insista-t-il visiblement très inquiet.

  • Oui ! Je suis enceinte, les nausées matinales c'est normal. Pour Lily c'était pareil les premiers mois, ne t'en fais pas.

A l'évocation de la première grossesse de Kate, une ombre passa sur le visage de Rick, ce qui n'échappa pas à la jeune femme. Elle savait à quel point il était frustré de ne pas avoir été là pour elle quand elle attendait Lily et à chaque fois qu'ils venaient à parler de cette époque, le même voile de tristesse assombrissait ses magnifiques yeux bleus.

Mais le passé était le passé, les regrets ne servaient à rien, ce qui comptait c'était le présent et aujourd'hui il était là. Il allait être aux petits soin pour elle comme elle l'avait été pour lui.

  • je serai quand même plus rassuré si tu retournais t'allonger. Tu es rentrée tard hier soir et tu as besoin de repos.

  • Mais je ne suis pas fatiguée et puis de toute façon Lily ne va pas tarder à se lever.

  • Il n'y a pas de mais qui tiennent. Moi je vais m'occuper de notre fille pendant que toi tu prends soin de celui-là. Fit il en lui caressant tendrement le ventre.

  • Tu es sûr ?

  • Parfaitement. Maintenant allez oust au lit.

  • Oui maman.

Elle retourna sagement se coucher. Après tout une grasse matinée de temps en temps ne pouvait pas faire de mal.

  • Tu veux que je te monte quelque chose à grignoter ? Demanda Rick avant de descendre préparer le petit déjeuner de Lily.

  • Merci mais je n'ai pas très faim pour le moment. Je crois que je vais suivre ton conseil et essayer de dormir encore un peu.

  • Sage décision. Si tu as besoin de quoi que ce soit...

  • C'est gentil.

  • Repose toi bien. Fit il avant de déposer un baiser sur son front.

Dès qu'il fut parti, elle ferma les yeux. Avant de sombrer dans un sommeil réparateur elle repensa à sa discussion de la veille avec Javier. A la question qu'il lui avait posée. Pourquoi était elle revenue au juste ? Sa vie était parfaite comme elle était. Elle avait un mari qu'elle adorait, une petite fille merveilleuse, bientôt un bébé, un travail qui lui plaisait et une magnifique maison. Tous ce dont on peu rêver alors pourquoi cette soif de justice qu'elle croyait définitivement vaincu avait refait surface tout à coup ?

 

La voiture était garée dans la rue depuis maintenant plus d'une heure et son occupant fixait la maison depuis tout ce temps, cherchant le courage nécessaire pour aller frapper à la porte. Son altercation avec Kate la veille lui avait fait perdre le sommeil. Les paroles de la jeune femme l'avaient touché et avaient fait remonter en lui des souvenirs du passé, des souvenirs dont il fallait l'avouer, il n'était pas très fier.

Au poste, l'ambiance n'était plus vraiment la même depuis le drame, et si Kate semblait s'être remise physiquement de sa blessure, tout le monde était encore très inquiet pour Castle toujours dans le coma. Les gars enchaînaient les enquêtes mais sans Kate et Castle ils n'y prenaient plus vraiment de plaisir.

Les deux premiers mois, ils étaient passés tout les soirs après leur service à l'hôpital prendre des nouvelles et soutenir Kate qui passait toutes ses journées au chevet de son mari. Et à chaque fois les nouvelles étaient les mêmes : état stationnaire, aucune amélioration. Puis les visites de Javier avaient commencées peu à peu à s'estomper pour devenir de plus en plus rares trouvant à chaque fois un prétexte pour reporter la prochaine.

Contre toute attente, trois mois et dix jours après que Caleb lui ai tiré dessus Castle se réveilla enfin. Si les médecins restaient encore sur la réserve, Ryan était persuadé que tout allait finir par redevenir comme avant. Castle allait se remettre et lui et Kate seraient bientôt de retour au douzième. Il en était intimement convaincu. De toute manière il ne pouvait pas en être autrement. Esposito lui été beaucoup moins optimiste. Il avait perdu tout espoir pour l'écrivain. Il comprenait que ce soit encore trop difficile pour Kate de l'admettre mais Castle ne serait plus jamais le Castle qu'ils avaient connu et aimé. C'est pour cela qu'il avait de plus en plus de mal à se rendre à l'hôpital voir ses amis espérer en vain. Attendre une chose qui n'arriverait probablement jamais.

Un soir, environ deux semaines après le réveil de Castle, alors qu'ils venaient de clore une enquête difficile et qu'ils s'apprêtaient à quitter le poste, Esposito proposa à Ryan d'aller boire un verre histoire de se changer les idées.

  • Ce sera pour une autre fois, j'ai promis à Kate de passer. Tu n'as cas venir avec moi, ça fait plus d'une semaine que tu n'as pas mis les pieds à l'hôpital.

  • Peut être plus tard, j'avais oublié, j'ai quelque chose de très important à faire ce soir.

  • Ah oui ! Plus important que de rendre visite à un ami à l'hôpital ? Fit Ryan déçu que son ami se défile une fois de plus.

  • Ne me regarde pas comme ça, je t'ai dis que j'irai plus tard.

  • Mais il serait content de te voir et...

  • Ah oui ! C'est lui qui te l'a dit ?

  • Non... répondit Ryan embarrassé.

  • Je ne vois pas comment vu qu'il ne peut plus parler, ni bouger. Il ne se souvient même pas de nous.

  • Alors quoi ? Il n'est plus assez bien pour toi alors tu le laisses tomber ?

  • Je ne supporte plus de le voir dans cet état, d'accord ! C'est trop dur.

  • Parce que tu crois que ce n'est pas dur pour moi ? Et Kate ? Ce n'est peut être pas dur pour elle ?... Moi aussi ça me fait mal au cœur de le voir comme ça mais son état est provisoire.

  • Tu n'arrêtes pas de dire ça mais la vérité c'est que tu n'en sais rien. Les médecins eux même n'en savent rien... Il s'est peut être réveillé mais il ne va pas bien Ryan ! Alors combien de temps encore on va devoir jouer cette comédie ?... faire comme si tout allait aller pour le mieux maintenant ?... Parce que ça ne va pas aller mieux et tu le sais aussi bien que moi au fond mais tu ne veux pas l'admettre...Kate non plus n'est pas prête à entendre la vérité et moi je ne peux plus être en face d'elle et continuer à faire comme si tout allait s'arranger. Je suis désolé.

Il attrapa sa veste et sorti précipitamment du poste. Il fit une longue ballade en voiture dans les rues de New York pour finalement se retrouver quelques heures plus tard devant la chambre de Rick. Il était près de 20 heures et les couloirs de l'hôpital étaient déserts. Il savait que Kate était parti il y a peu, il avait attendu discrètement dans le hall jusqu'à ce qu'il la voit sortir et maintenant il était planté là devant cette porte depuis plus de dix minutes n'osant pas la franchir. C'est une infirmière qui venait pour des soins qui le trouva là perdu dans la contemplation de cette porte close.

  • Tout va bien monsieur ?

  • Pardon ?

  • Ça va faire dix minutes que vous êtes planté devant cette porte. Si vous ne vous dépêchez pas un peu vous allez passer l'heure des visites.

  • Je suis désolé, vous avez raison, il est tard je repasserai un autre jour.

L'infirmière s'émut devant la détresse visible de ce visiteur et l'attrapa par le bras avant qu'il ne se sauve.

  • Attendez ! Je sais que ce n'est pas facile mais croyez en mon expérience, plus vous ferez traîner ce moment et plus ce sera difficile encore. Allez venez, il ne va pas vous mordre vous savez.

Esposito se laissa entraîné dans la chambre par l'infirmière et se dirigea d'un pas hésitant au chevet de son ami.

  • Richard, vous avez de la visite.

Castle fixa Javier d'un regard désespéré ce qui mis le latino encore plus mal à l'aise qu'il ne l'était déjà.

  • Il n'est pas très bavard pour le moment, mais ça va s'arranger. Fit l'infirmière avec un sourire qui se voulait réconfortant.

Elle termina de changer la perfusion puis s'éclipsa discrètement laissant son patient avec ce visiteur visiblement très troublé. Il ne savait pas quoi dire et Rick continuait à le fixer sans avoir l'air de le reconnaître.

  • Salut Castle. Finit il par articuler. Je... je...je suis désolé, vraiment désolé

Submergé par l'émotion il n'avait pas pu continuer et avait prit ses jambes à son cou comme si sa vie en dépendait. Il avait traversé les couloirs de l'hôpital en courant et s'était précipité vers la sortie pour ne plus jamais y remettre les pieds.

 

 

Il avait été faible et lâche et n'avait plus eu le courage d'affronter le regard de Kate après ça. Et même après que l'état de Castle se soit visiblement amélioré, il était trop tard, le mal était fait, il ne pouvait plus revenir en arrière.

Il avait perdu ses amis ce soir là. Lui qui se prenait pour un gros dur n'avait pas été à la hauteur, loin de là. Il les avait laissé tombé au moment où ceux-ci avaient eu le plus besoin de lui. Il se dégoûtait pour ça mais avec le temps il avait fini par réussir à vivre avec ce sentiment de culpabilité. Du moins jusqu'à hier. Quand il s'était retrouvé en face de Kate tout était remonté à la surface et une fois de plus il avait été lâche. Au lieu d'affronter ses démons et de reconnaître ses tords, il s'en était pris à elle. Avait rejeté la faute sur elle. Il était bien plus facile d'en vouloir à quelqu'un d'autre que d'admettre ses faiblesses.

Mais voilà, il en avait assez, il voulait pouvoir de nouveau se regarder dans une glace c'est pour cela qu'il s'était retrouvé à l'aube devant la maison des Castle. Il avait tourné mille fois dans sa tête ce qu'il allait leur dire mais repoussait sans cesse le moment fatidique.

Il se donna encore dix minutes. Dix minutes et j'y vais.

 


jogeo1  (09.02.2018 à 22:08)

CHAPITRE 9 :

 

Rick et Lily étaient dans la cuisine et prenaient leur petit déjeuner devant une appétissante assiette de gaufres, le petit déjeuné préféré de Lily. Mais ce matin la jeune Castle ne semblait pas aussi enthousiaste qu'à l'accoutumé devant les délicieuses pâtisseries, préoccupée par un autre sujet.

  • Je peux aller lui faire un bisou ?

  • Non

  • Mais pourquoi ?

  • Parce que maman se repose, et si tu montes tu vas la réveiller.

  • Mais je ferais attention.

  • J'ai dis non.

  • Mais je veux la voir.

  • Et bien tu la verras tout à l'heure. Tu n'es pas bien avec moi ?

  • Si mais on a été tous les deux hier, aujourd'hui je veux maman.

  • Écoutes ma puce, je sais que maman te manques, à moi aussi elle me manque mais...

  • C'est pas pareil, toi tu l'as vu hier soir et tu as pu lui faire un bisou, pas moi.

  • Eh oui ! Et quel bisou pensa t-il le sourire aux lèvres.

  • Et puis pourquoi elle était pas là d'abord ? elle est toujours là maman pour me border d'habitude.

  • Maman doit faire un travail alors elle risque d'être absente un peu plus souvent de la maison pour quelques temps.

  • C'est nul !

  • Je trouve aussi mais c'est très important pour maman.

  • Pourquoi ?

  • Parce qu’il y a une méchante personne qui a fait du mal à des gens et avec ses amis elle va l'attraper pour qu'il ne recommence plus jamais.

  • Ces gens ne reverront plus jamais leur maman ?

  • Non chérie.

  • C'est triste.

  • c'est vrai, c'est très triste c'est pour ça que maman doit le faire tu comprends ?

  • Je crois. Mais si elle n'y arrive pas ?

  • A attraper le méchant ? Aucune chance, elle est bien trop forte. Allez maintenant finis ton petit déjeuné.

  • Après je peux aller voir les dessins animés en attendant que maman se réveille ?

  • Et pourquoi tu ne prendrais pas ton assiette pour aller les regarder tout de suite ?

  • Maman veut pas qu'on mange devant le télé.

  • Mais qui va lui dire ? Pas moi en tout cas.

  • Moi non plus !

  • Allez files.

Lily descendit de sa chaise puis attrapa son assiette et se précipita dans le salon. Finalement être avec papa avait des avantages certains se dit elle. Il ne se fâchait jamais et avec lui tout ou presque était permis.

Rick la regarda disparaître dans le salon, en lui rappelant quand même de bien faire attention de ne pas en mettre partout. Il savait qu'il lui cédait un peu trop de choses mais il était comme ça et n'y pouvait rien. Que ce soit avec Alexis, Kate ou Lily, il n'avait jamais su résister aux femmes de sa vie. Il se surpris à espérer avoir un petit garçon cette fois. Même si il adorait ses filles un autre mâle dans la famille serait le bien venu.

Un coup discret frappé à la porte le fit sortir de sa rêverie. Il regarda sa montre et se demanda qui pouvait bien venir frapper à leur porte à neuf heures un dimanche matin. Certainement pas sa mère qui faisait une croisière pour célibataire et qui ne devait rentrer que dans quelques jours. Quant à Alexis, elle n'était jamais si matinale le dimanche. Un deuxième coup le décida à aller ouvrir avant que ce visiteur impromptu ne finisse par réveiller Kate.

En se dirigeant vers la porte d'entrée, il jeta un rapide coup d’œil dans le salon, Lily semblait absorbée par ce qu'il y avait à l'écran et ne semblait pas avoir entendu qu'il y avait quelqu'un à la porte.

De l'autre côté de celle-ci, leur visiteur était très tendu et s'apprêtait à faire demi-tour quand la porte s'ouvrit enfin.

Quel ne fut pas la surprise de Rick en découvrant Esposito devant sa porte. Ce dernier se balançait d'une jambe sur l'autre comme un petit enfant gêné par la situation et semblait être prêt à déguerpir à la première occasion. Rick décida de s'amuser un peu aux dépends du latino, après tout cela lui ferait les pieds, il l'avait bien cherché.

  • Bonjour, est ce que je peux faire quelque chose pour vous ?

  • Heu...

Alors qu'il avait répété pendant plus d'une heure dans la voiture ce qu'il dirait, il fut soudain déboussolé par les propos de Rick. Ryan lui avait bien dit qu'il avait encore quelques petits trous de mémoire concernant son passé mais il n'aurait jamais imaginé qu'il ne se souvienne toujours pas de lui.

Il avait réussit son coup et mis Esposito encore plus mal à l'aise qu'il n'était déjà ce qui l'amusa beaucoup intérieurement et il aurait bien continué ce petit jeu encore un peu mais il prit pitié du policier.

  • Vous vous êtes perdu peut-être ? Je dis ça car vous ressemblez étrangement à une personne que j'ai bien connu par le passé mais ça fait tellement longtemps que...

  • Ok très drôle ! Fit Javier qui venait de comprendre qu'il s'était fait avoir.

  • Bonjour Espo. Alors que nous vaut l'honneur de ta visite ?

  • J'ai besoin de parler à Kate. Elle est là ?

  • Je ne suis pas sûr qu'elle ait très envie de te voir après ce que tu lui as dis hier soir.

  • C'est justement pour ça que je suis là, je voudrais m'excuser.

  • Très bien entre.

Rick se poussa pour le laisser passer.

  • Tu n'as qu'à attendre ici, elle est là haut, je vais la chercher.

 

Dans la chambre Kate dormait encore profondément et Rick s'en voulait de la réveiller mais si il ne le faisait pas, c'est elle qui risquait de lui en vouloir. Après l'avoir regardée dormir quelques minutes, il se décida. Il s'assit doucement sur le rebord du lit et la secoua délicatement en posant une main sur son épaule.

  • Kate, chérie.

  • Hum, salut ! Sourit elle tout en s'étirant.

  • Tu as bien dormi ?

  • Comme un bébé. Tu avais raison, ça m'a fait un bien fou.

  • Tant mieux parce qu'il y a en bas quelqu'un qui voudrait te parler.

  • Qui ? Demanda t-elle encore un peu endormie.

  • Javier

  • Qu'est ce qu'il fait là ? fit t-elle en se redressant tout à coup dans le lit parfaitement réveillée à présent. Tu as vérifié si il était armé avant de le laisser entrer chez nous ?

  • Non. Sourit il à son tour. Je crois qu'il est venu faire amande honorable. Tu devrais le voir on dirai un petit garçon venu confesser une grosse bêtise.

  • Ok. j'arrive.

 

Pendant ce temps, Esposito resté dans le hall d'entrée, détaillait ce qui l'entourait. Le vaste vestibule comportait au centre un magnifique escalier incurvé et des doubles portes qui devaient donner sur des pièces, de part et d'autre de l'entrée. Celles de droites, entrouvertes laissaient voir un salon. Il s'avança jusque sur le seuil et tomba nez à nez avec une petite frimousse aux yeux verts qui le dévisageait. Elle avait le même regard inquisiteur que Beckett devant un suspect durant un interrogatoire.

  • Hey, salut ! Toi tu dois être Lily ? Fit-il à l'enfant qui le mettait mal à l'aise.

  • Oui ! Et t'es qui toi ?

  • Moi je suis Javier Esposito, un ami de ton papa et de ta maman.

  • Mais je t'ai jamais vu ! Pourquoi ?

  • Heu...

  • Toi aussi tu étais à l'hôpital ?

  • Quoi ? Demanda t-il surpris par cette question.

  • Quand j'étais un tout petit bébé, mon papa était très malade alors il était tout le temps à l'hôpital et je le voyais jamais.

  • Non je n'étais pas à l'hôpital. Fit il gêné.

  • Alors t'étais où ?

  • Lily arrêtes d'embêter le monsieur

  • Maman !! cria la petite avant de se jeter dans les bras de sa mère qui venait d'apparaître au bas des escaliers suivit de Rick.

  • Bonjour Kate.

  • Qu'est ce que tu veux ? Demanda t-elle plus froidement qu'elle ne l'aurait voulu devant sa fille.

  • Je suis juste venu m'excuser pour hier et pour...

  • Pourquoi tu t'excuses ? Tu as fais une bêtise ? L'interrompit Lily essayant de comprendre la conversation des grandes personnes.

  • Lily vient, on va aller faire de la balançoire fit Rick en lui tendant la main.

  • Non Castle attends ! Je vous dois des excuses à tout les deux.

  • Vas mettre ton manteau chérie, je te rejoins dans cinq minutes.

Lily fila comme le vent pour aller jouer dehors laissant les adultes dans le hall d'entrée. Esposito regarda ce petit bout de femme s'éloigner d'un pas décidé. C'est fou comme elle ressemblait à sa mère ne put-il s'empêcher de penser.

  • Elle est adorable.

  • Elle a de qui tenir. Fit Rick dans une tentative vaine de détendre quelque peu l'atmosphère.

Quoique Javier avait à leur dire, il était plus qu'évident que celui-ci était très stressé et ne savait pas par où commencer et il ne devrait pas compter sur Kate pour l'aider. Elle était toujours furieuse contre lui après les propos qu'il lui avait tenus la veille et ne se priva pas de lui montrer.

  • Ecoutes Espo, on est dimanche et j'aimerai bien passer cette journée en famille alors dis ce que tu as à dire qu'on en finisse.

  • Je suis désolé 

  • Tu es désolé ? Et c'est tout ? Le rabroua t-elle. Tu as fais tout ce chemin pour ça ? Tu n'aurais pas dût te donner tant de peine.

  • Je sais que c'est loin d'être suffisant après la manière dont je me suis comporté et que mes excuses arrivent un peu tard mais je regrette sincèrement et je ne sais pas quoi dire de plus.

  • Tu pourrais commencer par me dire pourquoi ? Pourquoi un de mes meilleurs amis, un ami sur lequel je croyais pouvoir compter, nous a laissé tomber au moment où on avait le plus besoin de lui ?

  • Kate. Fit doucement Rick en posant une main réconfortante sur l'épaule de sa femme qu'il sentait à fleur de peau

  • Je veux savoir pourquoi ? Peut être que tu pensais qu'après tout je l'avais bien cherché. Tout le monde m'avait mis en garde contre Locksat mais je n'ai pas écouté alors...

  • Non ! Bien sûr que non ! Jamais je n'ai pensé une chose pareille !

  • Alors quoi ? Tu avais mieux à faire ?

Kate était de plus en plus bouleversée et semblait ne plus pouvoir arrêter de déverser ce qu'elle avait sur le cœur depuis des années. Rick commençait à s'inquiéter pour sa femme, tout cet énervement ne devait pas être bon pour elle dans son état et il tenta de mettre fin à la discussion avant que celle-ci ne dégénère d'avantage.

  • Javier, je crois que tu devrais partir.

  • Non ! Je veux entendre son excuse, alors...

  • Tu veux savoir pourquoi ? La vérité c'est que je suis un lâche ! Le courageux Esposito à eut la trouille. J'aurais dû être là pour vous il y a cinq ans mais je me suis enfuis. J'ai eu peur de te voir mourir Castle et que tu ne t'en relèves pas cette fois Kate et je n'ai pas eu le courage d'affronter la situation et...ensuite il était trop tard, comment j'aurais pu vous regarder en face après ça. Mais je jure devant dieu qu'il n'y a pas eu un seul jour depuis sans que je me déteste d'avoir été aussi lâche... et de te revoir hier Kate, cela m'a rappelé à quel point j'avais été minable et...

  • Espo. Fit Kate dorénavant calmée.

Sa colère s'était mue en compassion après les aveux douloureux de Javier. Jamais elle n'aurait imaginée qu'il puisse souffrir à ce point lui que rien ne semblait pouvoir atteindre.

  • Non attends Kate, laisses moi finir. Je sais que tu dois me détester, que vous devez me détester tous les deux et je vous comprends, je ne méritais pas votre amitié. Ce que j'ai fais est inexcusable mais j'espère sincèrement qu'un jour vous trouverez au fond de vous la force de me pardonner.

Il s'excusa une dernière fois de les avoir dérangés un dimanche matin et leur demanda de dire au revoir à Lily pour lui avant de prendre la direction de la sortie. Rick et Kate se regardèrent un moment et ils comprirent qu'une fois de plus ils étaient sur la même longueur d'ondes.

  • Esposito attends ! L'interpella alors Rick avant que ce dernier n'ai franchi le seuil. Venir ici nous dire tout ça n'a pas dût être facile et il fallait beaucoup de courage...Si j'ai bien appris une chose c'est que la vie est trop courte pour vivre dans le passé et les regrets.

Il avait dis cela en lui tendant la main. Javier regarda cette main tendue puis le visage de son ami et compris ce que ce geste voulait dire. Malgré toutes ses erreurs il lui pardonnait. C'est ému qu'il serra cette main en signe de paix et de rédemption. Kate les avaient rejoins devant la porte.

  • Je ne pardonne pas aussi facilement que lui.

  • Je comprends

  • Mais pour toi je suis prête à faire une exception.

  • je...merci.

S'en suivit d'une accolade entre deux amis enfin retrouvés.

 


jogeo1  (16.02.2018 à 21:09)

CHAPITRE 10 :

 

Une fois les démonstrations d'affection terminées, tout le monde s'était installé autour de la table de la cuisine devant un café. Ils avaient discuté de choses et d'autres durant cinq minutes puis la conversation avait glissé sur l'affaire. Se sentant de trop, Rick les avaient laissé parler boutique et était sorti dans le jardin rejoindre Lily. On pouvait entendre les cris de joie de la petite alors que son père la poussait toujours plus haut sur la balançoire.

  • Tu as appris du nouveau ?

  • On a eu un retour sur les empreintes de la dernière victime.

Espo sorti son smartphone de sa poche et communiqua à sa partenaire les informations affichées à l'écran.

  • Il s'appelait Dorian Kuper. Trente huit ans, célibataire, il vivaient seul. Il a une adresse dans l'Upper west side. Il faisait parti de l'orchestre du Metropolitan Opéra. Premier violoncelliste.

  • De la famille ?

  • Il n'avait que sa mère. J'ai réussi à la joindre, elle est en déplacement pour son travail, elle rentre par le prochain vol. elle m'a promis de passer au poste demain.

  • Pauvre femme. Il n'y a rien de pire que de perdre un enfant.

Machinalement elle avait tourné le regard vers la fenêtre de la cuisine qui donnait directement sur le jardin. Sa fille riait aux éclats et un frisson la parcouru. Si jamais il devait arriver malheur à son enfant, jamais elle ne s'en remettrait. Javier aperçut son trouble et son regard se tourna également sur le jardin. Lily avait lâché la balançoire et désormais elle courait, son père faisant mine d'essayer de l'attraper.

  • Il a l'air en forme. Finit par dire Esposito se rappelant la dernière fois qu'il avait vu son ami inerte allongé sur son lit d'hôpital.

  • C'est vrai. Fit Kate. Il a travaillé très dur. Ça n'a pas été facile tous les jours mais il s'est accroché.

  • Si seulement j'avais... les remords l'assaillirent de nouveau.

  • N'en parlons plus tu veux. Le passé c'est le passé.

  • Alors qu'est ce qu'on fait ? Je veux dire pour l'enquête ?

  • On reprend tout à zéro. Chaque meurtre doit être épluché à la loupe une nouvelle fois et par une équipe différente de la première. Je me charge du dernier.

  • Tu ne veux pas plutôt superviser les équipes ?

  • Ça c'est le boulot du capitaine et d'après ce que j'ai vu hier après midi, il le fait à la perfection. Je te l'ai dis, je n'ai aucunement l'intention de reprendre mon poste.

  • J'ai vraiment été nul hier ?

  • Je ne te le fais pas dire. Mais il y a encore un petit problème.

  • Lequel ?

  • J'ai promis à Rick de ne pas me mettre en première ligne. Je n'irai pas sur le terrain, je travaillerait uniquement du poste alors il me faut quelqu'un de compétent pour être mes yeux et mes oreilles.

  • Et tu penses à quelqu'un en particulier ?

  • Qu'est ce que tu penses de l'officier Kincaid ?

  • C'est un bon flic très prometteur avec une bonne intuition mais un peu trop impatiente.

  • Elle qui croyait que tu ne l'avais pas remarquée. C'est elle que je veux.

  • Mais elle n'a aucune expérience sur le terrain.

  • Il faut bien apprendre un jour. Et puis on a besoin de tout le monde sur le pont. Il y a forcément un détail qui nous a échapper. Il a forcément fait une erreur.

  • Et si ce n'est pas le cas ?

  • Alors il ne nous restera plus qu'à prier pour sa prochaine victime.

Esposito avait accepté l'invitation à déjeuner de Rick et ils avaient passé un agréable moment tous les trois se remémorant les bons souvenirs du passé. Lily buvait littéralement les paroles de celui qu'elle appelait déjà tonton Javier. Elle apprit ainsi comment son père avait un jour aidé à arrêter un méchant en se déguisant en zombie ou encore fait à tout le monde remonter le temps jusque dans les années 70. Jamais elle n'aurait pensé qu'être policier pouvait être aussi amusant.

Quand Javier était parti dans l'après midi Kate se sentait plus sereine que la veille. Revivre quelques enquêtes de son passé, lui avait fait beaucoup de bien et lui avait rappelé à quel point elle avait pu aimer son métier. Elle était décidée plus que jamais à arrêter l'éventreur.

Alors qu'elle venait de border sa fille pour la nuit, elle profita que Rick lui lisait une histoire pour s'éclipser dans le bureau pour revoir quelques éléments de l'enquête avant d'aller se coucher.

Avant de quitter le poste la veille, elle s'était envoyé les dossiers de l'enquête par mail. Elle pris place dans le fauteuil de Rick et s'installa devant son ordinateur. Elle ouvrit sa boîte mail et téléchargea les fichiers. Une nouvelle fois, elle étudia les dates de naissance des victimes, les crédits bancaires, les dépenses courantes, les affiliations politiques.

  • Des étrangers. Ils n'ont absolument rien en commun.

Puis elle pinça les lèvres en notant certaines dépenses.

  • Bon, deux d'entre eux aimaient les jeux vidéos. Elle soupira. Comme à peu près 70 % de la population.

Elle téléchargea un nouveau dossier, celui de la dernière victime. Celui-ci comportait plusieurs photos et était plus lourd que les fichiers précédent. Elle s'enfonça un peu plus dans son fauteuil tandis que l'ordinateur triturait sa cervelle informatique. Quand la porte du bureau s'ouvrit, elle faillit rougir en apercevant Rick.

  • Qu'est ce que tu fais ?

  • Rien. Je lisais juste mes mails mais si tu as besoin de ton ordinateur ?

  • Il est tout à toi.

Il la rejoignit et s'assit sur le bord du bureau.

  • Qu'est ce que c'est ?

  • Disons quelques éléments de l'enquête que je me suis envoyée.

  • Ôtes moi d'un doute. Tu n'es que consultante, sortir des éléments d'une enquête du poste, ce n'est pas un délit ? Sourit-il.

  • Comme si ça t'avais déjà arrêté toi ?

  • Touché.

Il continuait à sourire.

  • Oh et puis arrête de ricaner.

  • Moi, ricaner ?

Il se leva et souriant de plus belle, il l'attrapa par la taille et déposa un baiser à la base de son cou.

  • Tu ne vois pas que je suis en train de travailler, alors arrête de me déconcentrer tu veux.

Mais elle se pencha instinctivement vers lui. Les mains de Rick remontèrent sur ses seins.

  • C'est encore plus excitant, murmura-t-il en lui embrassant le cou à nouveau. Tu ne veux pas qu'on enfreigne d'autres lois ?

Il était en train de lui effleurer la joue du bout des lèvres quand l'ordinateur émis un bruit. Les photos du corps de la dernière victime de l'éventreur s'affichèrent à l'écran ce qui fit l'effet d'une douche froide à Castle et lui coupa toute envie.

  • Mon dieu Kate ! Ils n'ont jamais parlé de ça aux infos.

Il faisait allusion aux différentes traces de tortures présentent sur le corps de la victime.

  • Ce type ne s'est pas contenté de les tuer, il s'est amusé avec eux avant. C'est un vrai malade !

Il n'avait soudain plus l'air amusé du tout.

Kate s'en voulu immédiatement, il se faisait assez de soucis comme ça, jamais il n'aurait dût voir ces photos.

  • Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ?

  • Je sais que tu te fais du soucis, je ne voulais pas en rajouter.

  • Comment un être humain peut infliger ça à un autre être humain ?

Il n'arrivait pas à détacher son regard des ces horribles photos.

  • Je ne sais pas mais je te promets que...

  • Qu'est ce que c'est ? Fit il soudain, son regard ayant été accroché par un détail sur une des photos.

  • Quoi ?

  • Regarde là, sur son bras.

Kate se saisit de la souris de l'ordinateur et zooma tant qu'elle pu sur la zone de la photo que lui indiquait Rick

  • On dirait...

  • Un cœur. Finit il pour elle.

Juste en dessous de l'aisselle de la victime, le tueur avait pris le temps de graver soigneusement un cœur dans la chair. Il faisait entre deux ou trois centimètres de côté et était aussi précis qu'un tatouage. On distinguait des initiales à l'intérieur. Un E au dessous d'un D. Avec tout le sang et les contusions, elle l'avait raté.

  • D pour Dorian ? Demanda Rick qui connaissait le nom de la victime par les infos du soir.

  • Possible. C'est peut être un message.

  • McQueen, taillait des chiffres dans la chair de ses victimes, se remémora Rick, pour que les flics sachent combien il en avait tué. Peut être qu'il s'agit de la signature de ce E. Que E choisit sa victime et développe dans sa tête une sorte de relation perverse et délirante avec elle...

  • Et comme ce genre de relation ne finit jamais bien, le tueur frappe, ligote, bâillonne, torture, tue...

  • Puis inscrit dans la chair ce cœur avec à l'intérieur son initiale par dessus celle de la victime.

Kate hocha la tête. Une bonne théorie.

  • Ça se tient. Seulement j'ai lu tous les rapports d'autopsie, il n'est mentionné aucun cœur sur les autres victimes. Lanie les aurait forcément vu comme je suis sûr qu'elle va voir celui là lors de l'autopsie.

  • Peut être que le tueur évolue. Il vous défit de l'attraper en vous donnant un indice.

  • C'est possible. Et ça collerait avec la lettre qu'il a laissé. Demain je dois voir la mère de Dorian Kuper au poste, si il connaissait quelqu'un dont le nom commence par un E, elle le connaît peut être.

  • C'est un peu maigre non ? Grimaça Castle.

  • C'est vrai mais c'est la seule vrai piste que nous ayons.

Elle fit une capture d'écran de la photo du cœur qu'elle avait agrandi puis éteignit l'ordinateur avant de se tourner vers Rick.

  • J'ai un peu de temps devant moi, maintenant...

soudain très intéressé, il haussa un sourcil dans un mouvement qui lui était familier et qu'elle adorait.

  • Vraiment ?

Elle se mit en devoir de déboutonner sa chemise.

  • Quelle loi voulais tu enfreindre déjà ?

  • Plusieurs, en fait.

Avec un rire, il la prit dans ses bras.

 

 

Cette horrible affaire était enfin terminée, ils étaient sains et saufs et allaient enfin pouvoir reprendre une vie normale. Finit d'avoir peur. C'est soulagée que Kate s'assit sur le bord du lit pour enlever ses chaussures. Tout ce qu'elle désirait à cet instant précis, c'était prendre une bonne douche, le bon petit déjeuné que Rick allait leur préparer et dormir pendant un mois blottit dans les bras de son mari. Elle se sentait tellement lasse depuis un peu.

  • Eh Beckett ?

  • Oui

  • Si Mason avait un incinérateur dans le sous sol, pourquoi n'a t-il pas mis le corps de Caleb dedans ?

A peine Rick venait-il de lui poser cette question qu'elle entendit un bruit sourd qui lui fit relever la tête.

  • Castle ?

Il lui sembla ensuite entendre une voix, une voix qui fit parcourir un frisson d'angoisse dans tout son être. Instinctivement elle se saisit de son arme de service et retourna en vitesse au salon. C'est là qu'elle découvrit l'impensable. Rick gisait là au milieu de la cuisine, Caleb le menaçant de son arme s'apprêtant à l'achever. Elle s'entendit hurler le nom de son mari puis sans réfléchir, elle se rua sur Caleb, lui tirant dessus encore et encore, ne cherchant même pas à se mettre à l’abri. A cet instant sa vie à elle n'avait aucune importance, elle ne pouvait plus que penser qu'à Rick étendu là, perdant son sang, elle devait le sauver, il fallait qu'elle le sauve.

Caleb s'effondra, touchée à plusieurs reprises et c'est à cet instant qu'une douleur lui vrilla le ventre et qu'elle s'effondra à son tour. Une des balles de Brown l'avait atteinte à l'abdomen. Rick, il fallait qu'elle rejoigne Rick. Elle rampa jusqu'à lui, puis lui prit la main. Elle la serra aussi fort que possible, comme si elle pouvait lui donner le peu de force qu'il lui restait. Ils restèrent là allongés, agonisant main dans la main quelques minutes et soudainement Rick relâcha la pression, et sa main retomba inerte sur le sol.

  • Rick ? Reste avec moi, murmurait-elle à bout de force, reste avec...

Kate se réveilla en sursaut dans l'obscurité. Elle venait de faire un de ses horribles cauchemars durant lesquels elle revivait la fusillade qui avait bien faillit coûter la vie à son mari et à son bébé. Heureusement ce jour là elle avait réussi à puiser dans le peu de forces qui lui restaient et avait réussi à ramper jusqu'au téléphone pour prévenir les secours avant de perdre connaissance à son tour.

Elle garda les yeux fermés un moment essayant de se calmer. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas refait ce cauchemar, des mois. Ce pourrait il que sa nouvelle grossesse fasse ressortir ses angoisses, ou alors était-ce cette enquête ? Ce soir ils avaient travaillé ensemble, échafaudant une théorie comme par le passé. Sur le moment elle s'était sentie rassurée et sereine mais maintenant elle se demandait si elle avait bien fait de le mêler à cette affaire. Elle se renfonça dans le lit, épuisée. La migraine la guettait. Elle se nicha contre Rick toujours endormi. Sentir le rythme de son cœur sous sa paume la calmait. Elle resta longtemps éveillée, écoutant sa respiration puis s'abandonna enfin au sommeil.

Elle fut réveillée à sept heures par un message de Javier. Il avait réuni les troupes et organisé une réunion pour leur faire part du nouveau plan d'attaque qu'ils avaient élaboré la veille. Elle devait être au poste deux heures plus tard.

Elle fila sous la douche et descendit vingt minutes plus tard dans la cuisine. Rick était en train de préparer le petit déjeuné. Elle déposa furtivement un baiser sur sa joue avant de chiper un beignet dans l'intention de le manger dans la voiture sur le chemin du poste mais il lui attrapa le poignet.

  • Tu es pressée ?

  • J'ai une réunion au poste d'ici une heure et demie pour briefer tout le monde, et puis ensuite je dois voir la mère de la dernière victime. Pourquoi ?

  • J'aurai espéré que tu prendrais au moins le temps de prendre ton petit déjeuner avec nous.

  • Je suis désolée, tu sais que j'aurai adorée mais...

  • Tu dois y aller je sais. Fit il d'un air plus que déçu.

  • Qu'est ce qui ne va pas ?

  • Rien, c'est juste que...tu n'as repris cette enquête que depuis deux jours et j'ai déjà l'impression que tu ne penses plus qu'à ça. Tu ramènes du travail à la maison, tu pars aux aurores...

  • Il est 7 heures et demi, n'exagère pas.

  • Tu sais très bien ce que je veux dire.

  • Mais enfin tu étais d'accord, c'est même toi qui m'as poussée à accepter et maintenant j'ai l'impression que tu essaies de me faire culpabiliser.

  • Bien sûr que non c'est juste que...

  • Que quoi ?

Le ton commençait à monter malgré eux quand un bruit de pas dans les escaliers endigua leur dispute.

Lily apparut dans l'encadrement de la porte en pyjama et les cheveux en bataille.

  • Pourquoi vous vous disputez ? Demanda t-elle peinée regardant tour à tour ses deux parents.

  • On ne se disputait pas chérie, on discutait un peu fort c'est tout.

  • Salut ma princesse. Fit Rick en la prenant dans ses bras. Tu as bien dormi?

Elle se contenta d'un hochement de tête.

  • Alors vous êtes pas fâchés ?

  • On est pas fâché. Allez, dis au revoir à maman, elle doit aller travailler.

  • Déjà.

Elle affichait sur son visage la même mine triste que Rick cinq minutes plus tôt. Décidément ces deux là ne lui facilitaient pas la tâche.

  • Oui mais je te promets que je ne rentrerais pas tard et que cette après midi on passera un moment rien que toutes les deux.

  • Promis ?

  • Promis. A ce soir mon bébé.

  • Non ! Je suis plus un bébé.

  • C'est vrai, pardon. Au revoir ma grande fille.

Elle lui dévora le visage de bisous ce qui la fit se tordre de rire toujours dans les bras de son père.

Elle l'embrassa une dernière fois puis embrassa Rick.

  • A ce soir. Je vous aimes.

Elle se retourna une dernière fois vers ses deux amours avant de disparaître le cœur lourd. Elle savait que leur problème n'était pas réglé et qu'ils devraient reprendre cette conversation ce soir mais pour le moment elle s'efforça de mettre cette dispute avortée dans un coin de sa tête pour pouvoir se concentrer essentiellement pour les prochaines heures sur son affaire.

De son côté Rick ne se sentait pas mieux. Elle avait raison, il l'avait encouragée à reprendre son activité au sein de la police de New York. Il était persuadé qu'il serait capable de vaincre ses angoisses mais quand il avait vu ces photos hier soir, la cruauté dont le tueur après qui elle courait était capable, toutes ses certitudes s'étaient envolées et sa peur avait finit par reprendre le dessus plus forte que jamais. Seulement maintenant il était trop tard, il ne pouvait plus lui demander de faire marche arrière sans risquer de faire exploser son couple.

Il ne lui restait plus qu'une seule chose à faire.

 


jogeo1  (23.02.2018 à 19:54)

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Enfaite c'est Supersympa qui t'engueule a chaque fois ar tu mange pas les 5 fruits et légumes + les produits laitiers

LaFriteFan, Hier à 21:26

"Les produits laitiers sont nos meilleurs amis pour la viiiiiiiiiiiiiiie"

Supersympa, Hier à 21:26

Jack Bauer est un guignol !^^

LaFriteFan, Hier à 21:27

Et oui, ma maman c'est supersympa xD

Viens chatter !